DE Saint-Gblais
féminines et des rimes masculines. La j'ime féminine est celle qui se termine par une syllabe sonore suivie d'un e muet qui ne compte pas dans la mesure du vers ; ex. :
Penses-tu que, sensible à l'honneur de ThéssB, 11 lui cache l'ardeur dont je suis embrasÉB ?
Racine. Phèdre, acte III, se. m.
Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunBSSB Ne m'a jamais appris à faire une bassESsE.
COHNBILLB.
Le muet peut être suivi d'un s, comme dans ces vers :
C'est aux gens mal tournés, c'est aux amints A brûler constamment pour des beauté^ >é\iii
UOLIIRK.
ulgAtRES
trop loin la richesse et de tomber dans la charge ou le calembour. Les rimes vulgaires sont celles qui se composent d'adverbes en ment accouplés, ou d'épithètes en able, en ible, etc. On appelle défectueuses celles qui ne donnent qu'une vague assonance, comme linceul et cercueil. — Les mots terminés en s, a; ou 5 ne peuvent rimer qu'entre eux; l'usage permet pourtant des licences.
Ce discours te surprend, docteur, je l'aperçai. L'homme de la nature est le chef et le roi.
BOILBAD. Sat. VIII.
La mort a respecté ces jours que je te doi. Pour me donner le temps de m'acquitter vers toi. Voltaire. Aizire, acte II, se. 11.
— Voici, pour terminer, les noms que l'on I donne à différents genres de rimes : Rime
— Rime couronnée. (Voy. Couronné.) — Rimes CROISÉES, rimes masculines et féminines mêlées et entrelacées, de façon qu'une rime ne trouve sa correspondante qu'après une ou plusieurs rimes de genre différent :
Non, mes amis, non, je ne veux rien être; C'est là ma gloire; adressez-vous ailleurs; Pour l'Institut Dieu ne m'a pas fait naître. Vous avez tant de poètes meilleurs.
Béranger et l'Académie.
J'ai la cilambre de Sainte-Aulaire, Sans en avoir les agréments :
Peut-être à quatre-vingt-dix ans J'aurai le cœur de sa bergère; Il faut tout attendre du temps Et surtout du désir de plaire.
Voltaire.
Ce genre de rimes convient à l'ode, au sonnet, au rondeau et à la ballade.— Rime kupérièue. (Voy. Empériére.) — Rime enchaînée, celle qui consiste à reprendre le dernier mot du vers précédent pour former le premier mot du vers suivant :
Pour dire au temps qui court Cour est un périlleux passage ; Pas sage n'est qui va en cour.
Des Accords.
— Rime équivoquée, jeu de mots fait sur la rime, soit dans le même vers, soit dans le vers suivant :
De ces vins verds, Atropos a thop os Des corps humains rués en vej's envers. Dont un quidam, dp/'e aux pots a propos, A fort blâmé ses tours pervers tar vers. G. Crétin.
En m'ébattant je fais rondeaux en rime.
Et en rimant, bien souvent je
Bref, c'est pitié entre nous rim
Car vous trouvez assez de rimt
£t quand vous plaît, mieux qu
Des biens avez, et de la rime i
— Rime fraternisée, jeu qui consiste à répéter en entier ou en partie le dernier mot d'un vers au commencement du vers suivant :
lous, Caron,
— Rime kyrielle, celle qui consiste à répéter plusieurs fois le même vers dans un couplet:
Qui voudra savoir la pratique De cette rime juridique.
Saura qu^ bien mise en effet, La kyrielle ainsi se fait.
De plates, de syllabes huit ; Usez-en donc si bien vous duît.
Pour faire le couplet parfait, La kyrielle ainsi se fait.
— Rimes normandes, celles qui riment pour les yeux et non pour l'oreille :
Et quand avec transport je pense m'approcAer De tout ce que les dieux m'ont laissé de plus cher.
— Rimes mêlées, mélange de vers où l'on ne garde d'autre règle que de ne pas mettre de suite plus de deux vers masculins ou plus de deux féminins; c'est le genre qui convient aux fables, aux madrigaux, aux chansons, i certaines idylles, aux cantates, etc. — Rime plates, suite de vers composés alternativement de deux rimes de chaque genre. C'est la combinaison qui convient surtout aux grands vers de 10 et de 12 syllabes, à la