‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 26 sur 639 · RANE · texte numérisé non relu

RANE

des choses un prix exorbitant. (Peu us. dans les deux sens.!

* RANÇONNER v. a. Mettre à rançon. Dans cette acceptir>n. il n'est euère usité qu'en parlant d'un vaisseau de guerre ou d'un corsaire qui reiàche un bâtiment marchand, moyennant une certaine somme : cet armateur, dajis sa course, a rançonné tant de bâtiments. — Se dit, par ext., des gens de guerre et autres qui exigent de force ce qui ne leur est point dû : l'ennemi, en entrant dans la ville, a r'inçonné les habitants. — Fig. Exiger de quelqu'un plus qu'il ne faut pour quelque chose, en se prévalant du besoin où il est. ou du pouvoir qu'on a sur lui : je ne veux point loger dans cette auberge, on y rançonne tout le monde.

RANÇONNEUR, EUSE s. Celui, celle qui rançonne, en exigeant plus qu'il ne faut pour le prix ou le loyer de quelque chose dont on a besoin : cet aubergiste est un rançonneur. (Fam. et peu us.)

* RANCUNE s. f. (lat. rancoî"). Ressentiment qu'oïl garde ii'une offense : il ne faut point garder de rancune dans le cœur.

Dans l'oubli du passé noyons notre rarv^une.

PoHsiRD. Charlotte Corday, acte l»*", se. ii.

— Fam. Sans rakcune, point de rancune, oublions les anciens torts, les sujets que nous pouvons avoir de nous plaindre l'un de l'autre. — Rancune a part, façon de parler dont on se sert pour exprimer qu'on laisse de côté, au moins pour un temps, le mécontentement qu'on peut avoir contre quelqu'un. On l'emploie aussi, dans un sens réciproque, comme pour convenir que, de part et d'autre, on laissera de côté, au moins pour un temps, toute disposition hostile. — Rancune tenante, ou Rancune tenant, autre façon de parler qui indique qu'on garde son ressentiment, qu'on ne veut pas l'oublier.

RANCUNEUX, EUSE adj. Qui a de la rancune.

* RANCUNIER, 1ÈRE adj. Qui garde sa rancune, qui est sujet à la rancune : c'estun homme rancunier. — s. Cest un r meunier; c'est tme rancunière. (Fam.)

RANDAN, Randanum, ch.-l. de cant.. arr.

et à 2ii kil. N.-E. de Riom (Puy-de-Dôme); 1,700 hab. Château qui a appartenu a jyjmc Adélaïde, sœur de Louis-Phili|:ipe.

RANDON s. m. Source qui coule au milieu des rochers ; torrent impétueux.

Monceaux de neige et grands randons de pluie.

Lk F0STlI!fE.

RANDON (Jacques-Louis-César-Alexandre,

coiiTE;. maréchal de France, né a tir.jiiulile le t^ mars 4795, mort à Genève le 16 janv. 1871. Engagé volontaire sous l'Empire, il fit les campagnes de Russie, de Saxe et de France. En 1838, il fut nommé colonel d'un régiment de chasseurs d'Afrique et mêla pendant 10 ans, son nom àtoules les afl'aires militaires de l'Algérie. Nommé gouverneur général de cette colonie après le 2 décembre, il soumit la Kabvlie en l8o7. Il fut ministre de la guerre de" 1859 à 1867. Il avait été nomme maréchal de France en 18o6.

* RANDONNÉE s. f. Chasse. Tour ou circuit ïiue l'ait autour du même lieu une bête qui, après avoir été lancée, se fait chasser dans son enceinte, avant de l'abandonner. — Fam. et par ext. Faire une grande, une longue randonnée, marcher longtemps, sans s'ar rêler : il m'a fait faire une randonnée qui n'aboutissait ù rien. (Vieux.)

RANDONNER v. n. Se dit d'un lièvre, d'un cerf, etc., qui bal, tourne et entoure le canton dans Icipiel il a été attaqué,

RANELAGH (Le), nom d'un jardin public situé près de Ghelsea (Angleterre) et qui oc-

RAi\G

cupe l'emplacement d'un ancien château construit, vers 1 691 , par le comte de Ranelagh. Ce jardin fut. au siècle dernier, un lieu de rendez-vous pour les amateurs de musique et de danse. — Nom donné, en 1774. à un bal public qui se tenait au bois de Boulogne, près de la Muette, et que les visites de .Marie-Antoinette ont rendu fameux. Une pelouse triangulaire a remplacé cet établissement.

* RANG s. m. [ran] (ail. rang). Ordre, disposition de plusieurs choses ou de plusieurs personnes sur une même ligne ; un rang d'hommes. — Guerre. Une suite de soldats places à côté les uns des autres : le rang est de flanc en flanc, et la file de la tête à la qiicue.

— Entrer dans les rangs d'une armée, être admis, être incorporé dans une armée. On dit de même : J'ai comb.attu, j'ai servi dans vos RANGS : nous l'avons admis dans nos rangs. — Se mettre SUR les rangs, paraître sur les RANGS, être sur LES RANGS, sc présenter au combat, montrer qu'on est prêt à entrer en lice. — Fig. Etre sur les rangs, être en état, en passe, en concurrence pour parvenir à quelque charge, à quelque établissement, etc. : cette place est à donner, tels et tels sont sur lesrangs. On dit aussi. Se mettre sur les rangs, se mettre, se présenter au nombre de ceux qui prétendent à quelque chose. — Place qui appartient, qui convient à chaque personne ou à chaque chose parmi plusieurs autres : ilsprirent séance chacun selon son rang, chacun à son rang. — Opiner, parler a son rang, parler selon son rang, selon la place qu'on occupe.

— Fig. Degré d'honneurqui convient a chacun selon sa naissance ou son emploi : je respecte votre rang, et non votre personne.

Je brûle de me Toir au rang de mes aïeux.

J. Ricms, La Théliaide, acte 111, sc. ti.

— Se dit, en général, des différentes classes de la société : cette révolution a confondu tous les rangs, a effacé la distinction des rangs. — Fig. Place qu'une personne, qu'une chose lient dans l'estime, dans l'opinion des hommes : Platon et Arislote tiennent le premier rang parmi les anciens philosophes. — Mettre au rang, mettre au nombre : ce général peut être mis au rang des plus grands capitaines.

— Prov. Mettre une chose au rang des PÉCHÉS oubliés, ne s'en souvenir plus. — Mar. Vaisseaux du premier rang, vaisseaux à trois ponts. Vaisseaux du second rang, DU troisième rang, vaisseaux qui n'ont que deux ponts. —En rang d'oignon loc. adv. et fam. dont on se sert en parlant de plusieurs personnes qui sont rangées à côté les unes des autres : ils étaient tous en rang d'oignon.

' RANGÉ, ÉE part, passé de Ranger.

Il était sur son char; ses gardes affligés Imitaient son silence, autour de lui rangés. Ràcixe. Phèdre.

— Bataille rangée, combat entre deux armées rangées en bataille. — Un homme rangé, bien rangé, un homme qui a beaucoup d'ordre dans sa conduite, dans ses ali'aires.

* RANGÉE s. f. Suite de plusieurs choses mises sur une même ligne : une rangée d'arbres.

' RANGEMENT s. m. Action de ranger :

le ranijemciit de ces livres l'occupe.

' RANGER v. a. Mettre dans un certain ordre, dans un certain rang : ranger des troupes en bataille.

Je les ai vus déjà tous rangés en bataille.

J. Racine. La Thcbaîde, acte I'^, sc. l**.

— Ranger une chambre, un cabinet, une bibliothèque, etc., mettre chaque chose à sa place dans une chambre, dans un cabinet, dans une bibliothèque. — Ranger sous sa domination, sous sa PL■lssA^•CE, sous ses lois, une ville, une province, etc., la soumettre à son pouvoir. — Ranger quelqu'un a la raison, le ranger a

I SON devoir, l'obliger à faire ce qu'il doit. —

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