SONN
son : li's vêpres sonnent à la paroisse. — Sonner v. a. Tirer du son d'une cloche, d'une sonnette, etc., lui faire rendre du son : sonner les cloches. — Indiquer, marquer, annoncer quelque office de l'église par le son des cloches : snnner la mcsse^ — Absol. Sonner pour les morts. — Sonner ses gens, sa FEMME DE cuAMBRE, etc., sonner la sonnette pour faire venir ses domestiques, sa femme de chambre, etc. — Sonner a la porte de quelqu'un, tirer un cordon suspendu à la porte extérieure d'un appartement, et mettre en mouvement par ce moyen une sonnette placée dans l'intérieur, afin de se faire ouvrir : on sonne à votre porte. — Ne sonner mot, ne dire mot : tel etit mon projet, mais je vous prie de n'en sonnermot. — Chasse. Se dit des ditl'érentes manières do sonner du cor, de la trompe : sonner le débucher. — Se dit, de même, des différentes manière de sonner de la trompette : sonner la rharge. — Sonner a cheval, sonner pour faire monter à cheval la cavalerie.
SONNERAT(Pierre),naturalisteetvoyageur, né à Lyon en 174.=i, mort à Paris en -1814. A partir de 176S, il explora les mers de l'Inde et de la Chine et revint en France en 1803. C'est lui qui a introduit l'arbre à pain, le cacao et le man^'oustan aux iles de France et de Bourbon. Il a laissé: Voyagea la Nouvelle- Guinée {l'iô, in-i"); Voyage aux Indes orientales et à ht Chine de 1774 a 1781 (1806, 4 vol.]
* SONNERIE s. f. Son de plusieurs cloches ensemble : ily a une bonne sonnerie dans telle église; la grosse sonnerie; la petite sonnerie. — Totalité des cloches d'une église : la sonnerie de cette église a coûté cher. — Toutes les pièces qui servent à faire sonner une montre, une pendule : il y a quelque chose à faire à la sonnerie. — Dill'érenls airs que sonnent les trompettes d'un régiment. — Sonnerie électrique. (V. S.)
* SONNET s. m. [so-nè] (dimin. de son). Ouvrage de poésie, composé de quatorze vers distribués en deux quatrains et en deux tercets : les quatrains sont sur deux rimes seulement. Le sonnet anacrt'outique se compose de vers octosyllabiqiies. Les plus anciens spécimens des sonnets italiens sont dus à Lodovico Vernaccia (vers 1200), mais on fait remonter leur invention à Gui d'Arczzo (vers 1024); Pétrarque a porté cette forme poétique à sa plus haute perfection.
Despréaux dit que le dieu des vers(Apollon),
Voulant pousser à bout tous les rimeurs françoi?, loventa du sonnet les rigoureuses lois ; Voulut qu'en deux quatrains de mesure pareille, La rime avec deux sons frappât huit fois l'oreille; Et qu'ensuite six vers artistementrangés. Fussent en deux tercets par le sens partagés. Surtout tle ce poërae il bannit la licence; Lui-même en mesura le nombre et la cadence; Défendit qu'un vers f.iibie y put jamais entrer, Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer. Du reste il l'enrichit d'une beauté suprême: Un sonnet sans défaut vaut seul un long poëme.
Il est impossible de donner plus élégamment la règle de la forme, de l'arrangement et des qualités des rimes du sonnet. Voici deux exemples de sonnets fiançais, choisis parmi ceux qui passent pour des chefs-d'œuvre du genre :
Sonnet de Jean Hesnault (adressé à Colbert):
Ministre avare et làohe, esclave malheureux. Qui gémis sous le faix des affaires publiques. Victime dévouée aux chagrins politiques, Fantôme respecté sous un titre onéreux ;
Vois combien des grandeurs le comble est dangereux ! Contemple tie Fouqtiet les funestes reliques ; Et tandis qu'à sa perte en secret tu t'appliques, Crains qu'on ne te prépare un destin plus affreul I
Sa chute, quelque jour, le peut être commune; Crains ton poste, ton rang, la cour et la fortune ; Nul ne tombe innocent d'où l'on te voit monté.
Cesse donc d'animer ton prince à son supplice, Et, près d'avoir besoÎD de toute sa bonté. Ne le fais pas user de toute sa justice.