‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 304 sur 639 · SOUP · texte numérisé non relu

SOUP

SOUR

cernent du repas : il était ivre des ta soupe, mour, de regret. — Désirer ardemment, rc

— L.v SOUPE FAIT LK SOLDAT, le soldat nourri simplement, mais abondamment, est plus propre aux fatigues du métier. — S'emporter comme une soupe au lait, se mettre facilement et promptement en colère : au moindre mot, il s'emporte comme une soupe au lait. — Un

CBEVAL SOUPE DE LAIT, SOUPE AU LAIT; UN PI- GEON SOUPE DE LAIT, OU DE PLUMAGE SOUPE DE

LAIT, un cheval qui est est d'un blanc tirant sur l'isabelle ; un pigeon de la même couleur.

— Soupe au vin, soupe au perroquet, soupe A perroquet, des tranches, des morceaux de pain dans du vin. — Se dit aussi d'une tranche de pain coupée fort mince : une soupe de pain. En ce sens, on dit Tailler la soupe, couper du pain par tranches pour en faire do la soupe.

* SOUPENTE s. f. (lat. suspc/itio; de suspendere, suspendre). Assemblage de plusieurs larges courroies cousues l'une sur l'autre, et servant à soutenir le corps d'une vSitjfe : une des soupentes du cabriolet est cass^. — Se dit également de longues et larges bandes de cuir croisées, qui servent à maintenir, à suspendre un cheval dans l'appareil qu'on nomme travail. — Retranchement pratiqué en planches ou en maçonnerie, dans la hauteur d'une cuisine, d'une écurie ou d'un autre lieu, pour loger des domestiques, ou pour quelque autre usage : il couche dans une soupente.

' SOUPER v. n. Prendre le repas ordinaire du soir : on vous attend à souper.

' SOUPER ou Soupe s. m. Repas ordinaire du soir : ou leur servit un magnifique souper.

— Après-souper. (Voy. Après-souper.)

SOUPÈSEMENT s. m. Action de soupeser.

' SOUPESER V. a. Lever un fardeau avec la niam, et le soutenir pour juger à peu près combien il pèse : vous croyez que cela n'est pas lourd, soîipesez-le un peu pottr en juger.

* SOUPEUR s. m. Celui qui est dans l'usage de souper : il y a aujourd'hui peu de soupeurs.

' SOUPIED s. m. Voy. Sous-pied.

* SOUPIÈRE s. f. Vase large et profond, qui a ordinairement deux anses, et dans lequel on sert la soupe : une soupière de faïence, de porcelaine, d'argent.

' SOUPIR s. m. [sou-pirr] (lat. suspirium). Respiration plus forte et plus longue qua l'ordinaire, causée souvent par quelque passion, comme l'amour, la tristesse, etc.; soupir de douleur, d'amour, etc. — C'est l'objet de SES soupirs, se dit d'une fille, d'une femme dont quelqu'un est fort amoureux. — Dernier soupir, dernier moment de la respiration, ie dernier moment de la vie : je vous servirai, j'aurai de la reconnaissance jusqu'à mon dernier soupir, jusqu'au dernier soupir. — Rendre LE dernier soupir, LES DERNIERS SOUPIRS, mourir. Recevoir, recueillir les derniers soupirs de quelqu'un, l'a.ssister à ses derniers moments. — Mus. Pause, silence qui équivaut à une noire : prenez garde en chantant à bien marquer, à bien observer ces t^oupirs. — Signe avant à peu près la forme d'une virgule, qui marque l'endroit où l'on doit faire un soupir: il y a un soupir marqué en cet endroit-là. — On dit aussi, Demi-soupir, quart de soupir, selon la différeacedes pauses. {Voy. Musique.)

* SOUPIRAIL, AUX s. m. [l mil] (rad. soupirer). Ouverture pratiquée à la partie inférieure d'un édifice, pour donner de l'air, pour donner du jour à une cave ou à quelque autre lieu souterrain : faire un soupirail.

* SOUPIRANT s. m. Amant, celui qui a.5pire à se faire aimer d'une femme : elle a beaucoup de soupirants. (Fam.)

* SOUPIRER V. n. Pousser des soupirs, faire des soupirs : soupver de doideur, d'à-

chercher avec passion; et, en ce sens, if est ordinairement suivi de laprépo-ition .\près: il y a longtemps qu'il soupirait après cette place, qu'il soupirait après cela. — S'emploie dans le même sens, avec la préposition pour : il sonpire pour cette femme, pour cette fille. — Soupirer v. a. Exprimer par des soupirs : soupirer ses peines. — Exprimer sur un mode plaintif:

El quoi ! c'est quand il r.tut redrinhlrr d'énergie Que Darbaroux soupire une molle éiégiL-.

PossAno. Charlotte Corday, acte \\\, se. i»*.

Tantôt vous soupiriez mes peines.

Tantôt Yous chantiez mes pl.iisirs.

Malbbrbb.

SOUPIREUR. ÉUSE s. Personne qui soupire.

• SOUPLE adj. (lat. sub, sous; plicatus, ployéj. Flexible, maniable, qui se plie aisément sans se rompre, sans se gâter: voilà du cuir fort souple; en voilà d'autre qui n'est guère souple. — Se dit aussi des personnes et de certains animaux qui ont une grande facilité à se mouvoir : il faut être bien souple pour faire de pareils tours. — Docile, complaisant, soumis, qui a l'humeur accommodante, l'esprit flexible aux volontés d'autrui : il a ruiné sa fortune, faute d'avoir été assez souple. — Prov. Cet homme est souple comme UN Gant, il s'accommode à tout ce qu'on veut: [iresque toujours cela se dit en mauvaise part, pour signifier une complaisance servile.

• SOUPLEMENT adv. D'une manière souple,

avec suupies-e. (Peu us.)

• SOUPLESSE s. f. Flexibilité, facilité à se mouvoir, a se plier : la souplesse du jonc, de l'osier. — Fig. Tours de souplesse, moyens subtils, adroits, cachés, artificieux, dont certaines gens se servent pour arriver à leurs fins : c'est un homme dangereux dans les affaires, dans le commerce, il faut se donner de garde de ses tours de souplesse. — Se dit quelquefois, fig., en parlant de l'esprit, du style, de la voix : il a beaucoup de souplesse dans l'esprit. — Docilité, complaisance, soumission, flexibilité aux volontés d'autrui: avoir de la souplesse dans les affaires, dans le commerce du monde.

• SOUQUENILLE s. f. [sou-ke-ni-ieu ; Il mil.]. Espèce ae surtout fort long, fait de grosse toile, et qu'on donne ordinairement aux cochers et aux palefreniers, pour s'en couvrir quand ils pansent les chevaux: donner une souquenille à un cocher.

SOUQUER V. a. [sou-ké]. Mar. Raidir un cordage, une amarre pour lui donnerplusde

force.

• SOURCE s. f. (rad. lat. surgere. surgir). Eau qui commence à sourdre, à sortir de terre en certain endroit pour prendre son cours vers un autre; et endroit, lieu d'où l'eau sort: ce ruisseau ne provient pas des pluies, c'est une eau de source, qui coule de source. — Source intermittente, source qui coule pendant un certain temps, et qui cesse ensuite de couler pendant un autre temps, pour recommencer à couler de nouveau, et ainsi de suite. — Se dit, fig., des pays qui sont abondants, fertiles, en certaines choses, et qui les répandent au dehors : la Champagne et la Bourgogne sont les sources des bons vins. — Principe, cause, origine, premier auteur de quelque chose, d'oùquelque chose procède: ce fatal événement est la source de tous nos maux. — Je tie.ns cette nouvelle de bonne SOURCE, je la tiens de personnes qui doivent être bien infornites. — Se dit, dans un sens particulier, des textes originaux : cet historien a puisé dans les meilleures sources. — Les SOURCES DE LA VIE, les princii'aux organes, néces.-aires à la vie : un mal qui empoisonne tes sources de la vie. — Théol. Lls sources de LA GRACE, les sacrements. — Cela coule de SOURCE, se dit en parlant de ce qu'une par-

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sonne dit ou écrit d'une manière naturelle, facile, ou conformément à son génie, au caractère de son esprit, aux sentiments de son cœur : il écrit facilement, cela coule dr source. — Mai-. La soiuce du vent, le point d'où il souffle. — Législ. « Lorsqu'une source vient à jaillir naturellement dans un fonds, sans que la main de l'homme y ail contribué, les propriétaires des fonds inférieurs sont tenus de recevoir les eaux de cette source, et ils ne peuvent élever aucun ouvrape pour en empêcher l'écoulement. Ils n'ont pas droit à réolanier une indemnité, à moins que la source ne soit due au travail de l'homme, par exemple, s'il s'agit d'un puils artésien. D'un autre côté, le propriétaire du fond? dans lequel se trouve une source n'est pas tenu de laisser écouler les eaux hors de ce fonds, el il a le droit de les absorber entièrement, sauf dans les deux cas suivants : i" lorsque le propriétaire d'un fonds inférieur a acquis le droit de recevoir les eaux, soit en v.Mtu d'un litre, soit par la prescription consistant en une jouissance non interrompue pendant trente années à partir du jour où il a terminé des ouvrages apparents destinés ;i faciliter la chute et le cours de l'eau dans sa propriété; 2° lorsque la source fournit aux liahilanls d'une commune ou d'un hameau l'eau qui leur est nécessaiie. Mais si les habitants n'ont pas acquis par titre ou par prescription l'usage de celte eau, le propriétaire de la source peut réclamer une indemnité, laquelle est réglée par experts (C. eiv. 640 à Hi'i). Dans le cas où la source artificielle créée sur un fonds résulte de travaux de drainage, le propriétaire des terrains drainés peut, moyennant une indemnité préalable, conduire les eaux souterrainement ou à ciel ouvert sur les propriétés qui séparent ses terrains d'un cours d'eau ou de toute autre voie d'écoulement (L. lujuin 18b4).» (Gh.Y.)

' SOURCIER s. m. Celui qui prétend avoir des moyens particuliers pour découvrir des sources.

* SOURCIL s. m. [sour-.si](lat. siipercilium). Poil qui est en forme d'arc au bas du front, au-dessus de l'œil : soureil noir, clair, épais, touffu. — Se f.mke lks sourcils, les accommoder, les ajuster. — Fig. Froncer le sourcil, montrer sur sou visage de la mauvaise liunicur, du mécontentement : aussitôt qu'on lui parle de cela, il fronce le sourcil.

' SOURCILIER, 1ÈRE adj. [sour-si-li-é].

Anal. (Jui a rapport aux sourcils : muscle sourcilitr.

SOURCILLER v. n. [Il mil.] (fr. source). Jaillir, sortir de terre en petites sources.

• SOURCILLER v. n. [Il ml!.]. Remuer le sourcil en sijne de mécoiitenlcmenl, d'impatience, etc. Ne s'emploie ordinairement qu'avec la négative : cet écolier n'ose pas sourciller devant .son maître. — Il a entendu

CETTE MAUVAISE NOUVELLE SANS SOUP.CILLKR, IL n'a pas SOUnCILLi: QUAND ON LUI A PRO.NUNCÉ

SON AiiHÈT, Il n'a' laissé paraître alors aucune marque d'altération sur son visage.

SOURCILLEOSEMENT adv. En sourcillant.

* SOURCILLEUX, EUSE adj. Haut, élevé.

No sempluiê cjur Ijg. et fiuétiq., el n'est guère usité que dans ces phrases : Monts

SOURCILLEUX ; MONTAGNES SOURCILLEUSES. — L'n

front soubcilleux, un front où se peinl l'org-iicil. Il veut dire aussi, un front empreint de tristesse, un fruul chagrin, inquiet.

• SOURD, OURDE adj. [soiir] (lai. surdus). Qui ne peut entendre, par le vice, le aéfaul, l'obstruction de l'organe de l'ouïe : il est devenu sourd. — .Souiio comme un rox, exlrêmemenl sourd. On dit, dans le même sens, SouBu A n'entendri; PAS Dieu toniver. — Être

SOURD aux rilliJRKS, AUX CRIS, AUX RAISONS, AUX

beUûntrances, être inexorable, insensible,

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inflexilile aux prières, aux cris, etc. — Se dit aussi de certaines choses, pour marquer qu'elles ne retentissent pas autant qu'elles devraient, qu'i'Hes ne rendent pas un son aussi fort qu'elles devraient : cette église, cette salle est sourde. — Bruit sourd, bruit qui n'est pas éclatant : il sort un bruit sourd, on entend un bruit sourd qui sort de celte caverne. — Il court un bruit sourd, on se dit à l'oreille une nouvelle qui n'est pas encore publique ni certaine. — Douleur sourde, douleur interne qui n'est pas aiguë. — Lime sourde, lime qui ne fait pas de bruit quand ou l'emploie. So dit, fig. et fam., d'une personne qui agit secrètement pour quelque mauvais dessein, ou qui, sous un air taciturne, cache de la malignité. — Lanterne sourde, lanterne faite de telle façon, que celui qui la porte voit sans être vu, el qu'il en cache entièrement la lumière quand il veut. — Joaill. Pierre sourde, pierre qui a quelque chose d'obscur, de sombre, de brouillé. — .Se dit au figuré de certaines choses qui se font secrètement, sans bruit, sans éclat; et, dans ce sens, il se prend toujours en mauvaise part : des menées, des pratiques sourdes. — Mathémat. Quantités SOURDES, quantités incommensurables, c' esta-dire, celles qui ne peuvent être exprimées exactement, ni par des nombres entiers, ni par des fractions : la racine carrée de deux est une quantité sourde. — Subslauliv. Un sourd; l'institution des sourds-muets.

'SOURD s. m. Nom donné à la salamandre, dans qufl(jues provinces.

• SOURDAUD, AUDE s. Celui, celle qui n'entend qu'avec ptine : c'est un sourdaud. (Fam.)

SOURDÉAC (Alexandre deRieux, marquis de), un des fomlateuis de l'opéra en France, mort en l(i9o. Il fit construire, en son château du Neubourg (Normandie), une salie de spectacle dans I aquelle on représenta pompeusement, en 1660, la Toison d'Or de Corneille. Sourdéac se ruina en peu de temps.

* SOURDEMENT adv. D'une manière sour.le.

peu retentissante, qui l'ait peu de bruit : le tonnerre gronlait sourdement. -^ D'une manière seciele et cachée : il a fait cela sourdement.

SOURDEVAL, ch.-l. de canl., arr. et à U kil. N. du Mortain (Manche), sur la Sée ; 3,617 bah. Belle fontaine en granit.

* SOURDINE s. f. Ce qu'on met dans une trompette, et à certains instruments de musique pour en affaiblir le son : il faut mettre une sourdine dans cette trompette. — En parlant d'une montre à répétition, se dit d'un ressort qui, étant poussé, retient le marteau, el l'empêche de frapper sur le timbre ou sur la boite de la montre. — A la sourdine loc. adv. et fig. .\vec peu de bruit, secrètement : les ennemis ont délogé à la sourdine.

SOURDIS (Henri d'Escloubead de), prélat français, né en 1593, mort en 164a. Il succéda a son frère comme archevêque de Bordeaux en lOiiQ, fut l'ami de Richelieu, accompagna Louis XllI au siège de la Rochelle en MJiS, comme intendant des vivres et de l'arlillcrie et suivit également le roi en Piémont. Il se distingua également en Espagne (1633) en qualité de directeur du matériel de l'armée.

• SOURD-MUET, SOURDE-MUETTE adj. Qui,

par suite de la ^urdile, est aussi privé de l'usage de la p.irule, — Subslantiv. L'n sourdmuet; une sourde-muette; l'i7i.stitutiçn des sourds-muets. — Encycl. Chez les sourdsmuets, l'infirmité est la surdité; la mutité n'en est que la oonséquence. La mutité sans surdité est extrèmeraenl rare, el quand elle n'est pas due a un vice de conlurmalion, elle est invariablement un signe d'idiotie. On

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peut naître sourd ou perdre l'usage de l'ouïe par maladie ou par accident; mais la mutilé ne suit ordinairement que la surdité de naissance. Quelques-uns pensent que la surdité est plus répandue dans les pays froids que dans les contrées chaudes et chez les race< caucasiennes plus que chez les autres. Voici le tableau delà proportion des sourdsmuets dans plusieurs Etats civilisés.

Anpleterre.

Belgique .

France . .

Hollande .

Ecosse . .

Irlande. .

Uanemark Luiemboii Prusse .

Sardaigne Suède .

Norvège.

Suisse .

Etats-Unis

— Causes delà surdité. Les causes de la surdité sont ou anté-nalales ou post-natales. Les causes anlé-natales produisent non seulement la surdité congénitale, mais aussi la perle graduelle de l'ou'ie, ou une faiblesse de cet organe qui prédispose à sa perte dès la moindre attaque. Les causes les plus incontestables sont la consanguinité des parents et la transmission héréditaire. C'est pourquoi la surdité, l'idiotie, le crélinisme el le goitre dominent danslesdistrictsmnntagneu\, parce qu'ils sont dus aux inlermariages, devenus inévitables dans une population reiduse et slationnaire ; tandis que la proportion est beaucoup moindre que partout ailleurs, aux Etats-Unis où les habitants voyagent facilement. La transmission héréditaire est beaucoup moins commune que l'on ne pense; c'est à peine si l'on compte un enfant sourd sur 1,600 mariages entre sourds accidentellelement; quand un parent seul est congénitalenient sourd, les chances de produire des I II acts ayant la même infirmité sont de 1 pour 130; et quand l'un et l'autre parents sont congénilalementsourds, la moyenne des enfants sourds est de 1 pour 10. Les causes post-natales prédisposantes à la surdité sont: la fièvre scarlatine, les scrofules, les affectioiissiphylitiquesetla méningite cérébro-spinale,—Lasurditéesl générale ment incurable. Quand elle arrive graduellement, on peut l'arrêlerpar des soins chirurgicaux promptement appliqués; quand elle est congénitale et qu'elle vient de l'hérédité, elle est souvent associée à d'autres infirmités corporelles et mentales. — Histoire de l'éducation des sourds-muets. Chez les peuples priinilit's, les sourds furent considérés comme incapables de recevoir la moindre éducation. Le vénérable Bède décrit un alphabet manuel dans son livre De loquela per gestum digitorum (Ratisboiine, 1532), ouvrage dont les gravures sont probablement les plus anciennes illustrations existantes de daclylolalie. La première tentative systématique faite pour donner de l'inslruclion a celle classe de déshérités est due à Pedro Ponce, moine bénédictin d'Espagne (mort en I,i84). Ou prétend que ses élèves pouvaient à la fois parler facilenienl et comprendre sans difficulté d'après le seul mouvement des lèvres. Bonet écrivit le premierlraitérelalifà l'instrijction desmuets (Madrid, 16i0). Un autre Espagnol, E.-R. d« (Jarrion, qui vivait dans la seconde moitié du XVII" siècle, eut plusieurs élèves, parmi lesquels Emmanuel-Pliilibcrl, prince de Carignaii, auquel il apprit à lira, à écrire et à parler quatre langues. En Italie, on s'oopupa beaucoup de l'anatomie de l'oreille, de la physiologie du langage el de la phonologie, ou étude des sons vocaux. Les principaux;

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savants qui s'occupèrent de celle science fuient : Eustachius (1563), et, plus tard, KaLiricius de Padoue. En Angleleri-e il y eut John Wallis (1061), George Daljianio qui publia, en 1661, Ars signovum e[, an 1680, Didascalocophus. L'alphabet niaiiuel imaginé par Dalsarno est la base de l'alphabet an- ■^\:\''~ h deux mains, en usage encore de nos

souu

d'une manière frappante à ceux de quelques tribus sauvages : indication des objets avec le doigt, expression dos émotions réelles ou simulées, imilalion des actions et représentation avec les mains de la forme ou de l'emploi des objets ; quant aux idées abstraites, il est beaucoup plus difficile de les exprimer. — 11 exisle deux alphabets manuels : l'un à

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Alphabet :

jours. En Allemagne, les premiers elTortssont dus à Joachim Pasch, de Brandonburg, qui instruisit sa propre lille au moyen de dessins et de peintures; mais Johann-KonradAmman, médecin suisse de Harlem, est ordinaiiement considéré comme le fondateur du système allemand. Il enseigna l'articulation des sons et décrivit son procédé sous le tilre de Siirdus loquens {I69i). Le Silésien Kerger (1704) fut le premier qui, sur le continent, subordonna l'articulation aux signes. O.-B. Lasius (1715), dans l'éducation qu'il entreprit de plusieurs sourds-muets, essaya de réduire cet art à sa plus crande simplicité et d'établir une relation directe entre les idées et les signes. Il n'employait ni l'articulation, ni les signes, ni ladactylolalie. .Samuel Heinicke (17"29-'90) fonda à Leipzig la première institution publique allemande. La France fut la dernière des grandes nations européennes à s'occuper de l'éducation des sourds-muets. Un juif portugais, Jaeob-Rodriguez Pereira, commença cet enseignement en 1743; mais, tant qu'il vécut, sa méthode resta secrète. Avant l'époque de labbé de l'Epée, l'articulation avait été, pour tous les professeurs, le principal moyen d'instruction, et quelquefois même le seul; et Ion avait employé très peu les gestes. De I Kpée commença gratuitement ses leçons en l7oo. D'abord il imita Vanin, en enseignant au moyen de peintures, et ensuite il essaya de l'articulation ; mais il abandonna bientôt ces deux méthodes pour adopter celle des gestes; son système a été perfectionné par l'abbé Sicard. L'introduction de l'éducation des sourds-muets dans les autres pays d'Europe a été elfecluée généralement par des élèves de Heinicke ou de de l'Epée. — Il existe deux méthodesdistinctes d'instruction pour les sourds-muets : la méthode d'articulation ou méthode labiale et la méthode par signes ou méthode manuelle. La plupart des professeurs ne sont pas d'accord sur les mérites de ces deux systèmes; d'autres les ont combinés. Dans le système élémentaire labial, on enseii-'ne d'abord les sons et quand on a obtenu une parfaite obéissance des organes vocaux, on apprend aux élèves des combinaisons pluslongues et ensuite des phrases. Le lan'gage par signes est basé sur les gestes imaginés par les sourds-muets sans éducation, signes que l'on a trouvés ressemblant

deux mains, employé surtout en Grande-Bretagne et imaginé par Dalgarno. Il imite les formes des lettres capitales romaines, sauf pourles voyelles; l'autre, qui exige seulement l'emploi d'une main, imite les formes des lettres ordinaires; il est antérieur à Boi'.et et est employé partout sur le continent. — Adm. Il L'institution des sourds-muets, fondée à Paris par l'abbé de l'Epée en 1760. et celle

public alloue une subvention annuelle à chacune de ces maisons : elle est de 220.000 fr. pour Paris, de 100,000 fr. pour Bordeaux et de .'iO.OOO fr. pour Chambéry. La dUrée de l'enseignement est de six années; elle est en même temps littéraire et professionnelle. Elle comprend depuis un certain temps l'enseignement de la parole articulée qui a eu tant de succès en Amérique et qui permet aux sourds-muets non seuleme.Tt de s'exprimer par la parole, mais aussi de comprendre les mots parlés en regardant les mouvements des lèvres de la personne qui parle. 11 existe, en outre, en France environ soixante maisons particulières de sourdsmuets; ce qui est très insuffisant; car, sur 33,000 sourds-muets, il y en a à peine 2,.ï00 qui reçoivent l'éducation dans les établissements publics ou privés. — Législ. Le sourdmuet qui sait écrire est apte à tous les actes de la vie civile; il peut faire ou accepter une donation; il peut tester dans la forme olographe, et il peut aussi faire un testament dans la forme mystique, pourvu que ce testament soit entièrement écrit, daté et signé de sa main, et que de plus le testateur écrive lui-même sur l'acte de suscription, en présence du notaire et des témoins, que le papier qu'il présente est son testament. Lorsque le sourd-muet ne sait pas écrire, il ne peut faire aucun acte valable, si ce n'est dans la forme authentique, devant un officier public et avec l'assistance d'un interprète assermenté. S'il s'agit d'accepter une donation, cette acceptation doit être faite, au nom du sourd-muet, par un curateur spécialement nommé à cet eflet. Le sourd-muet ne sachant pas écrire ne peut disposer de ses biens par testament; car le notaire qui reçoit un testament public et les témoins présents à l'acte doivent entendre, sans intermédiaire, celui qui dicte ses dernières volontés. (Voy. TKsTAUF.NT.)Le sourd-muet, appelé à déposer

Sourds-muet'. — Alphabet à deux mains,

qui fut ouverte à Bordeaux en 1785 sous la direct! on de l'abbé Sicard, ont été mises au rang

des élablissenients nationaux

en vertu de ia loi des 21-29juilleH791: Il en a été de même en 1860 de la maison des sourdsmuets de Chambéry, à l'époque où la Savoie a été réunie à la France. L'établissement de Paris ne reçoit que des garçons (de 9 à 14 ans); celui de Bordeaux ne reçoit que des filles (de 9 à 1o ans); et celui de Chambéry admet, dans des quartiers séparés, des garçons et des filles (de 10 à 13 ans). Le prix de la pension est à Pans de 1 ,000 fr. par an ; et l'Etat accorde des bourses entières, des demi bourses et des quarts de bourse. Le Trésor

comme prévenu ou commitémoin dans une enquête, danune procédurecriminelle, etc doitécrire sa déposition devant ' le juï-e ou être assisté d'un inlerpiete ayant piété" serment (G. civ. 936, 979; G. inst. crim. 332, 333). » (Gh. Y.)

* SOURDRE V. n. (lat. surgere, jaillir). Sortir de terre. Ne se dit que des eaux, et n'est guère en usage qu'à l'infinitif et à la troisième personne du présent de l'indicatif : c'est un pays fort aquatique. l'<-'au y sourd p«?-<o««.— Sortir, résulter; est seulement d usage à l'infinitif : c'est une affaire, une entreprise dont on a vu sourdre mille malheurs, mille inconvénienis.

SOUR

SOUS

SOUS

* SOURIANT, ANTE adj. Qui souiil ; elle étdil t'itde sotiriante.

■ SOURICEAU s. m. Le petit d'une souris : nn pclil i-iiii! il-, nu.

• SOURICIÈRE s. f. Pièjre, instrument pour pi'tMidri; dr^ siiuris : souricière de '/ois. — Ki?. et fani. Se metthe, se jeter dans la soii- Kicif;RE,sc mettre inconsidérément dans quelque embarras dont on ne peut sortir. — Fig. Piè^e que la police dresse à des malfaiteurs dans quelqu'une de leurs retraites pour les y prendre l'un après l'autre. —Endroit public mal famé qui reste ouvert pendant la nuit et qui' la police tolère.

SOURIQUOIS. OISE adj. Qui appartient à la souris ; (pii lient de la souris.

' SOURIRE V. n. (fr. sous et rire). Se conjugue comme Rire. Rire sans éclater et seulement par un léger mouvement de la bouche et des yeux : il vint au-dtvant de moi en souriant. — Sourire a quelqu'un, lui témoigner, par un sourire, de l'estime, de la complaisance, de l'affection, etc. : cette dame lui souriait.

Je reçus et je \ois le jour que je respire Sans que père ni mèi-e ait daigné me sourire.

Racine. Jphiffénie, acte II, se. i'«.

— On dit, fig., La fortune lui sourit, le favorise. — Sourire a quelqu'un, se dit aussi des choses qui présentent un aspect agréable, des idées riantes : cette affaire lui sourit beaucoup.

■ SOURIRE s. m. Action de sourire :il avait toujours if sourire sur les lèvres.

' SOURIS s. m, (lai. subrisus). Signifie la même chose que sourire, substantif : mji rfoujs souris.

* SOURIS s. f. (lat. sorex). Quadrupède de la famille des rongeurs, du même genre que le rat, mais plus petit, qui se retire dans les trous des maisons, et qui attaque les grains, la paille, les meubles, etc. : guetter comme le chat fait la souris. — Prov. Il est éveillé

COMME UNE POTÉE DE SOURIS, SB dit d'un jCUnC

enfant fort vif, fort remuant et fort gai. — La montagne a enfanté une soueis, se dit lorsque de grands projets n'aboutissent à rien. — Souiiis qui n'a qu'un trou est bientôt PRISE, quand on n'a qu'une ressource, qu'un expédient, il est difficile de réussir, de se tirer d'alfaire. — On le ferait cacher dans

LE TROU d'une SOURIS, DANS UN TROU DE SOURIS,

se dit d'un homme qui a peur, ou qui est embarrassé. — Fam. On entendrait trotter UNE SOURIS, se dit pour exprimer un grand silence. Couleur Gni> de >ouris, se dit d'un

pèces du !.'"nre mus (Linn.), y compris les , à marquer la situation d'une chose à l'égard ratsdomosliqucs.Laseuleàlaq'uelleon donne d'une autre qui est par-dessus, qui est aulenomdcMHiiisestlepetilanimalfamilierde dessus : lespeuples qui sont sous la ligne. —

nos.maisons(?H»sm«Sci(/MS, Linn.). Sa couleur varie du noir presque absolu au blanc jmr. Les souris bla;i.;hes , ou albinos, ne sont qu'une variét<'' de l'animal ordinaire, mais elles peuvent se reproduire entre elles avec leur particularité. Les « souris chanteuses » ne durèrent pas d'aspect d'avec les sourisordinaires; mais rlles font entendre, surtout la nuit, un --iltlciiiiMit qui ressemble un peu au petit cri du serin. La souris domestique est

Nid et tête de la souris des nioiï^bODs.

originaire d'Europe et de l'Asie centrale ; mais elle est aujourd'hui répandue sur la plupart des régions habitées du globe. Parmi les souris des champs d'Europe, on peut citer \emus sylvaticus (Linn.), qui se trouve dans les champs et les jardins, où il fait de grands dépôts de grain, de noix, de glands, etc., dans des chambres souterraines. La souris des moissons {mus minutas, Pall.) n'a que 2 pouces 1;4 de l'extrémité du nez à l'origim- de la queue, laquelle a environ 2 pouces de plus. Ces souris minuscules font des

Cage à souris

nids de feuilles et de paille dans les tiges du blé encore sur pied ou dans des chardons, et souvent on les met avec la moisson dans les granges, où elles vivent et multiplient. — On a domestiqué une espèce -particulière, la souris blanche, que l'on peut considérer comme l'albinos delà souris commune, mais dont quelques naturalistes font une espèce

Fig. et fam. Ce mariage a été fait sods la cuEMiNÉE; il a été fait clandestinement, sans que les formalités légales aient été remplies. — Fam. Regarder quelqu'un sous le nez, le regarder curieusement et de près, avec quelque marque de mépris, ou iwi manque de respect. — Je le ferai mourir sous le bâton, je l'assommerai à coups de bâton. — Camper,

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