‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 443 sur 639 · TONE · texte numérisé non relu

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vation du son des instruments : ces insti~uments sont sur le ton de l'Opéra, au ton de la chapelle. — Fig. Sa maison lst montée sl-r ce TON-LA. telle est la manière dont on y vit, dont les dépenses y sont rég-lées, etc. — Fig-. Se METTRE AU TON DE ouELQu'cN, Se Conformer à lui pour les idées, le iang-ajre. les goûts : jfc n'ai jamais pu me mettre a son ton. — Peint. Se dit des teintes, suivant leur dillérente nature et leur différent degré de force ou d"éclat : tons obscurs; tons clairs. — Méd. Etat de tension, d'.lasticité ou de fermeté naturel aux différents organes du corps : les cordiaux donnent du ton à l'estomac.

TONAL, ALE adj. Qui a rapport à la tonalité, TONALEMENT adv. Mus. Conformément au ton.

* TONALITÉ s. f. Mus. Propriété caractérisliqued un ton, qualité d'un morceau écrit dans un ton bien délerminé : la note sensible et l'accord parfait déterminent la tonalité.

* TONARION s, m. Antiq. Flûte avec laquelle on donnait le ton aux orateurs.

•TONDAISON s. f. Voy. Tonte.

•TONDEUR, EUSE s. Celui, celle qui tond: prendre des tmdeurs à la journée pour tondre des troujjeaux. — Tondeuse s. f. Machine qui sert a tondre les étoffes de laine, les animaux, etc.

* TONDRE V. a. (lat. tondere). Je tonds, tu tonds, il tond; noui tondons, etc. Je tondais. J'ai tondu. Je tondis. Je tondrai. Tonds, tondez, etc. Couper la laine ou le poil aux bêtes : tondre les brebis, les troupeaux. — Fig. et fam., Tondre la brebis de trop près, mettre des impôts trop lourds sur le peuple. — Se LAISSER tondre LA LAINE SUR LE DUS. Supporter patiemment des injustices, des vexations, des exactions. — Tondrl les draps, les feutres, etc., en couper les poils de manière à les rendre plus unis et plus ras. — Tondre une PALISSADE, la rendre unie eu coupant les feuilles et les branches qui débordent : vous ferez épaissir cette palissade en la tondant. — Se du quelquefois lam., en parlant des personnes, et signilie, couper les cheveux de près avec des ciseaux : il est noucellement tondu.

— Tondre un homme, le faire moine. ^Vjcux.J

— Prov, et iig. Il tondrait sur un œuf, se dit d'un avare qui veut épargner sur les plus petites choses,

* TONDU, UE part, passé de Tondre. — Prov. et hg., li n y avait que trois tondus et UN pelé, se dit en parlant d'une réunion peu nombreuse, où il n'y avait que des gens de peu de considération. Dans cette phrase, ToNDO est employé subtantivement. Prov. et flg. A brebis to.ndue Dieu uesure le vent, Dieu ne nous envoie pas plus d allliclions que nous n en pouvons supporter.

TONE (Theobald-Wolfe), révolutionnaire irlandais, né en 17b3, mort le 19 nov. l'ïQS. Insent au barreau de Londres eu 1789, il chercha à établir une union entre les catholiques et les dissidents irlandais contre le gouvernement, et en 1791, il fut un des fondateurs du premier club des Irlandais unis {United Irishmen), à Belfast. En 1792, il devint secrétaire et agent du comité catholique. En 1795, il alla aux Etats-Unis, et en France en 179b pour se concilier l'appui du Directoire. H reçut une commission de chef de brigade en juillet, et il accompagna la Hotte à destination de la baie de Bantry, flotte qui fut dispersée par les tempêtes. En 1797, Tone fut attaché à l'armée de Moreau, et en 1798 il accompagna une petite escadre dirigée sur ! li-lanoe ei qui fut battue par une escadre anglaise. Tone fut pris et condamné à être pendu; mais il se tua dans sa prison. Son fils, Wilham-Theolbald-Wolfe Tone, a publié son autobiographie et ses écrits politique

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l'armée française, et, après la chute de Napoléon, dans celle des Etats-Unis, Il est l'auteur de l'Etat civil et politique de l'Italie sous ht domination dés (îoths (1813) et de l'Ecole de la C'tvalerie (1833).

TONGA ou îles des Amis, archipel de la Polynésie, dans roctan Pacifique du S., entre 18° et 23» lat. S. et entré 176° et 177° long. 0. Ce gioupp, découvert en 1643, par le navigateur hollandais Tasman, fut visilé par Cook, qui, se trompant sur le caractère de ses habitants, le nomma archipel des Amis, 11 se compose de 32 grandes îles et loO petites, dont 30 sont inhabitables; 967 kil. carr., 18,S00 habitanis Les îles, presque entièrement de formation corailleuse, sont entourées de dangereux récifs; quelques-unes sont d'origine volcanique, et l'on trouve un volcan enactiviléàTouloua.OnlesdiviseenilesTonga an S., Iles Hapaï au centre el ibs Vavao au iN. Le climat est sain, mais 1res humide: les tremblements de terre el les ouragans sont fréquents. La flore ressemble à celle des Iles Fidji. L'île principale est Tongatabou, ou île Sacrée, longue de 30 kil. et laVge de 20 kil. Le meilleur port, Port-Refuge dans l'île Vavao, est très fréquenté par les baleiniers anglais et américains. C'est dans le port de Béa, sur l'Ile Tongatabou, que le capitaine anglais Croker l'ut battu par les indigènes en 1840. Les insulaires forment un heureux contraste avec ceux des îles Fidji; presque tous sont chrétiens et obéissent a un roi indigène protestant, appelé George.

TONGOUSE. Voy, Toungouze.

TONGRES anc. Aduatuca; llam. Tongeren; ail. Tandem, ville du Liinbourg (Belgique), à 18 kil. N.-O.deLiège, surleGe'er; 8,823 hab. Blanchisseries. Tongies fut pillé par Attila en 4o0, détruit par les Normands en 881, et par Charles leTéméraire en I4b0; pris en 1672 par les Français, démantelé en 1673, saccai-'é par les mêmes en 1677, Eglise Nolre-ûanie, curieux monument du style ogival primitif. Aux environs, fontaine de Pline, ainsi nommée à cause de la description qu'en donne cet écrivain.

TONICITE s, f. Etat de ce qui est tonique. TONIFIANT, ANTEadj, Qui tonifie.

TONIFIER V. a. Méd. Donner du ton.

* TONIQUE adj. Méd. Se dit du mouvement de contraction insensible des fibres du corps vivant, qui leur donne successivement diflérents degrésde tension. —Se dit égalementdes remèdesqui augmentent graduellementl'aclivite de nos organes, de nos tissus, — Se dit de la note principale ou fondamentale d'un ton, d'un mode ; utesi la note tonique dans le ton d'ut. — s. f. Mus. Note Ionique. La tonique et la dominante. — s. m. Méd. On donne le nom de toniques aux lerrugineux, aux analeptiques et en gênerai aux substances qui augmentent la lorce des organes, comme les amers. Le quinquina, le houblon, la gentiane, la petite icutaurée, le Colombo, sont des tuniques.

* TONKA s. m. Bot. Nom spécifique du coumarouna odorant {coumurouwi odorata ou dipttryx odorata), grand arbre de la famille des légumineuses, qui croit dans la Guyane, où il atteint une hauteur de "20 m. Ses fruits, nommes fèves de tonka, sont employés en parfumerie, à cause de leur odeur qui rappelle celle du foin fraîchement coupé. On les met dans les tabatières pour communiquer leur parfum au tabac à priser.

TONKIN, Tonquin ouTong-King, ancienne province du royaume dAiinam, cédée à la France par le traité de Hué (25 août 1883), sur la côte orientale de la péninsule indochinoise, bornée par la Chine au N., par les terres du Laos français, à l'O., l'Annam,

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la mer de Chine, àl'E. ; entre 20° et 23° lat N et entre 102° et 106° long. E.; d'une longueur d environ 400 kil. de l'E. a l'O.; d'une largeur d environ 3o0 kil.: 165,200 kil, carr • lo millions d hab, Cap, Hanoï, grande ville, peuplée d environ 100,000 h„ et formée de 108village.set7 cantons; c'était jadis la capitale de tout le royaume d'Annam sous la dynastie de Lé, qui occ.mn le trône a partir de 1428, - Villes princ, : Hniphong, de création toute récente, contenant de 8 000 a 10,000 hab. Cette ville date du traité de commerce signé entre la France et l'Annam en 1875; de misérable bourgade novée dans la vase, elle devint, en peu de temp* le f^rand port et l'entrepôt du Tonkin,- onv a fait de grands travaux de terrassement pour la rendre habitable, Sontay, un peu au .N -0. de Hanoï, près du Song-Koï, ancien quartier gênerai des Pavillons-Noirs protégé par une forteresse, à 2 kil. du Ueuve, souvent menace par nos troupes, attaqué le 14 déc 18s3 par une armée de 8,000 hommes sous les ordres de I amiral Courbet, et finalement pris le 17, après une résistance énergique de quatre jours, BacNinh, à 35 kil. 0,-N,-0 de Hanoï, sur la route de Hanoï à Lang-Son an milieu d'un pays couvert de rizières pris parles Français le 12 mars 1884. Lany-Son, à 14a kil, N.-E. de Hanoï, près de la Irontièiv de Chine. Nam-Dinh. cap. de la prov. du même nom, dans le Tonkin méridional. Eong-Hoi a :!o kil. N.-N.-O. de Soutay. — Au N le territoire est montagneux; mais à l'E. et'au bord de la mer, il est presque partout uni ou faiblement ondulé, — Le fleuve Boutée ouSonj/- Kol (voy. SoNG-KûïJ,coursd'eau le plus considérable du Tonkin, prend sa source dans le Vunnan (Chine), entre sur le territoire tonkinois a Laokay. Il reçoit deux grands aflluents : a droite, la rivière iSoire ou Song-da- Oiang, qui le rejoint à Hong-Hoa; à gauche la rivière Claire ou Lo-Giang, qui afflue a Sontay. Un peu au-dessous de cette dernière ville, a 25 kil. de Hanoï, il détache, sur sa rive droite, un premier embranchement appelé le Day ; au S. de Hong-Ven, il se subdivise en su branches. Toutes ses embouchures sont obstruées par des bancs et coupées par des barres qui en rendent l'accès difficilejusquici, celle du Day a été seule pratiquée! — La richesse minérale du Tonkin est très considérable ; on y trouve l'or dans le lit de plusieurs cours d'eau; l'argent el le cuivre y sont également abondants. Des mines de fer, de charbon, d'étain et de sel gemme ne sont pas moins précieuses, et l'on y rencontre l'ambre, l'antimoine, le kaolin, le marbre, etc. — Le principal produit agricole du pays estleru, base de la nourriture des india'e-

(Washmgton, lSi6), Ce fils fut officier dans | au S., et le golfe du f.jiikin, grand bras de

nés; mais le Tonkin exporte aussi des fruits et des épices. Toutes les vallées du Ueuve Houge et de sss aifluents, et principalement les territoires du vaste triangle ou delta, loriné par les divers bras du fleuve, sont livres à la culture la mieux comprise; aucune parcelle de terrain n'est restée inutilisée; partout le sol est creusé de rizières, protégé par des digues, sillonné de levées qui portent les chemins d'un village à l'autre. Le mais vient lort bien dans les terrains prives d'eau et l'on cultive l'igname, la patate et ia pomme de terre, ainsi qu'une quantité de lei.'umes très diUerenls de ceux d'Europe. Les'fruiis sont nombreux et variés : bananes, oranges, Lmons, mangues, goyaves, ananas, grenades, mangoustans, anones, etc. Lebambou pousse partout, et l'on y rencontre le cocotier, le mûrier blanc, l'arbre à thé, le tabac, le bétel, le coton, le ricin, le muguet, le rosie»'. Les hauteurs, partout boisées, recÈlent des essences encore peu connues, parmi lesquelles on distingue le teck et le bois d'aigle. ^ Le tigre se tapit dans les jungles, i'élépbant sauvage, le buffle, le rhinocéros, le sangjier et une infinie variété de singes sont autant

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(1 ciiiicniispoui I lioiiiiur. Dans les mon Ufines dp l'ouest vil un ours de pelile taille, la gazelle, le renard et d'autres bêtes sauvages. Comme animaux domestiques, le Tonkin

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envahi par une armée de révoltés chinois, chassés de leur pays, à la suite de la défaite des Tal-Ping. Cette armée, forte de 4,000 hommes, arriva jusque sur la rive gauche du

nourrit une race de petits chevaux, l'éléphant fleuve Rouge, en face de Hanoï. 10,000 Clii-

domesliqué, le bœuf, le cochon, la poul l'oie, le canard, l'abeille, etc. Le poisscn abonde dans les cours d'eau et dans la mer au.x eaux tièdes; on pêche principalement la sardine et la morue. Les chélouiens sont représentés par d'énormes (orlues, les unes terrestres, les autres fluviatiles ou maritimes. L'ornithologie locale comprend le moineau, la caille, la bécassine, de nombreuses variétés de tourterelles au brillant plumage, des colibris, l'aigle, un gros vautour, lépervier susceptible d éducation pour la pêche, la salangane an nid réputé délicieux, etc. — Les indigènes ou Tonkinois, de même origine que les .\nnamites, sont généralement de taille moyenne, basanés, avec le visage plat et ovale" le nez et les lèvres assez bien proportionnés, les cheveux noirs, longs, épais, ordinairement négligés, sauf chez les bonzes qui se rasent la tète; les dents noiresfcomme l'ébène, à cause do l'habilude où ils sont de mâcher du bétel. Ils vont à demi nus la moitié de l'année. Les riches portent, au lieu de chemise de coton, une soutanelle de soie qui leur pend jusqu'aux genoux, et par-dessus, une longue robe légère. — Dans les villes, presque tout le commerce extérieur appartient à des immigrants chinois. La religion dominante e,sl le bouddhisme; beaucoup de Chinois sont confucianistes: les paysans rendent un culte aux génies tutélaires et vénèrent les ancêtres. Le loiid de la nourriture des indigènes se compose de riz, auquel ils ajoutent un peu de viande de porc, du poisson et des légu mes, le tout arrosé d'une sorte de saumure inlecte, et accompagné de vin de riz. Ils habitent de simples hangars en bois, couverts de feuilles de palmiers; niai> les palais et les pagodes sont de solides constructions en briques. L'industrie tonkinoise, peu développée, consiste à construire des navires; à fabriquer du papier, une encre défectueuse, etc. Le mobilier des habitants est des moins compliqués : une natte étendue sur le plancher de terre ballue; quelquefois un escabeau ou un banc couvert d'une natte ; une table ronde vernie, en forme de tambour, si basse que pour y manger, il faut s'as^eoi^ à terre en croisant les jambes. Tous les mets servis sur la table sont coupés par petits morceaux ; les con- | vives les prennent, et les portent à leur bouche au moyen de deux petites baguettes d'ivoire ou de bois poli, ce qui les dispense de se laver les mains avant ou après le repas ; on ignore absolument l'usage des nappes et des serviettes. — Quant au commerce, ruiné par la guerre et par le nombre toujours croissant des pirates, il n'attend qu'un peu plus de sécurité pour se développer. LeToukin exporte ses produits bruts et importe des objets manuiacUirés, principalement des cotonnades légères aux couleurs vives et variées. En raoy., le total des exportations dans les deux ports de Hanoï et Haïphong est de 9 millions de fr.; celui des importations de 8 millions defr. ; mais il est a remarquer que sur 247 navires entrés à. Haïphong, il y a 85 navires anglais, S8 chinois, ÏJO américains, 27 allemands,1o hollandais et4-2françaisseuleinent. — Hisr. Le Tonkin, jadisGiao-c/iu, fui conquis et civilisé par les Chinois plusieurs siècles avant la naissance de J.-C. .annamites et Chinois se le disputèrent longtemps; il devint libre en 968, obéit successivement à. quatredynasties, retomba sous le joug chinois de 1414 à 14i8, tut ensuite gouverne par la dynastie indigène des Li, jusqu'en 1788, et fut reuui i l'empire d'.\iinaiii en 1802, mais sa souniission a ce pays n'a jamais été complète; il se souleva plusieurs lois. Vers 1865, il fut

nois, accourus au secours de l'empereur d'Aiinam, vassal du Céleste-Empire, repoussèrent ces révoltés jusque dans les montagnes de ro., mais ils ne purent les exterminer. Les insurgé? se divisèrent en deux bandes : l'une, connue sous le nom de Pacillons-Jaunes. resta dans les montagnes et s'y dispersa peu à peu : l'autre, celle des Pavillons-Noirs, redescendit dans la plaine, se reforma en recrutant de nouveaux pillards et finit par se rendre maitresse d'une grande partie du cours du fleuve Rouge. — Depuis la conquèle de la basse Cochinehine, le gouvernement français caressait le projet de proliter de l'état déplorable où se trouvait le Tonkin. pour l'ajouter à ses colonies. Le capitaine Doudart de la Grée, chargé d'une mission, partit de Saigon, le 5 juin 1866, remonta le MéKong, explora le pays des Laos et entra dans le Yunnan. En 1873, un négociant français, nommé Dupuis, après avoir exploré presque tout le cours du fleuve Rouge, proposa au contre-amiral Dupré, gouverneur de Cochinchine, de rétablir l'ancienne dynastie des Lé, et de placer le Tonkin sous notre protectorat, sans qu'il en coulât a la France ni un centime, ni un homme. Mais, en même temps, il vendait aux insurgés des armes à tir rapide qui devaient plus tard servir contre nous. D'un autre côlé, il se livrait à la contrebande du sel, si bien que le gouvernement annamite pria le gouverneur de la Cochinchine de rappeler à l'ordre son trop entreprenant compatriote. Le contre-amiral, embarrassé, craignant d être désavoué par le minislère français s'il s'engageait dans une expédition armée, envoya sur les lieux le lieutenant Garnier, pour faire une eiiquêle sur la conduite de Dupuis et sur les plaintes du gouvernementannamite. G^irnier avail carte blanche. Arrivé le o nov. 1873 devant Hanoï, avec une canonnière, des jonques, el un petit corps de débarquement, il parlementa pendant quelques jours, put fait et cause pour Dupuis, et le 20 nov., il attaqua, à brûle-pourpoint el sans déclaration de guerre, la citadelle de Hanoï, vaste carré basliunné, construit, vers la lin du xviii° siècle, par des olficiers français au service de l'empereur Gia-Long. A la tête d'environ 200 hommes, il bouscula plus de 6,000 soldats re- Iranchés dans celte forteresse, dont il s'empara presque sans combat. Après cet acte d'audace, il prit ses mesures pour une restauration de la dynastie de Lé, restaiiraliun vivement désirée par les évêques catholique?, qui conservent, parait-il, dans leurs couveiils deux ou trois représenlanls plus ou moins authentiques de cette famille impériale. Pour luettre son projet à exécution, il lança des expéditions a droite et à gauche, soumit plusieurs villes du Delta, el s'aliéna beaucoup d'esprits, en livrant le peuple à la vengeance des partisansde Lé. D'ailleurs, ilparut donner à son administration un caractère plus religieux encore que politique, et les habitanls, exaspérés, appelèrent à leur secours les PaviUoiis-Noirs. Ceux-ci, heureux d'intervenir dans le Delta, quittèrent Sontay, leur quartier général, et marchèrent résolument sur Hanoï, qu'ils attaquèrent inopiiiémenl le dimanche 21 décembre, pendant que Gaiiiur, après avoir conduit la garnison a la messe, était en pourparlers avec des ambassadeurs annamites. C'est en repoussant celle attaque inattendue que le jeune lieulenanl fut tué pur des l'avillons-.Noirs cachés derrière une digue. Sou cadavre décapité fui retrouvé et rentré a Hanoï; sa mort fut suivie du traité de Saigon (15 mars 1874), qui reconnut implicalement, mais non formellement, notre protectorat sur le Tonkin ; nous dûmes évacuer

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Hanoï ; il fallut faire partir Dupuis eldésavouer laconduitedeGarnier. L'.\nnam reçut, comme une sorte de compensation. 5 navires de guerre à vapeur, tout neufs, 100 pièces d'artillerie, approvisionnées de 200 coups par pièce, plus 1,000 fusils à tabatière, elSOO.OOO cartouches. Le départ des Français eut pour conséquence une réaction anlicatholique qui coûta la vie à 20,000 personnes. Dupuis, ruiné par ces événements, ne cessa de faire entendre des récriminations, auxquelles le gouvernement resta sourd. Le traité de 1874 ouvrait au commerce étranger plusieurs porls du Delta ; mais ce furent surtout les Anglais et les Allemands qui profitèrent de cette liberté commerciale. Le roi d'Aiinam, Tu-Duc, manifesta plusieurs fois son mauvais vouloir à nos officiers, et, vers la fin de 1878, il demanda au gouvernement chinois des secours contre une bande de rebelles qui s'était emparée de Lang-Son. Des troupes chinoises franchirent donc la frontière du Tonkin, prirent Lang-Son et occupèrent une partie du pays placé sous notre protectorat nominal. L'inexécution du traité de 1874 irrita le gouvernement français, et en juillet 1881, la Chambre vota un crédit de 2,400,000 fr. pour rétablir l'ordre au Tonkin. On organisa à Saigon une nouvelle expédition un peu dans le genre de celle de Garnier, et l'on en confia la directiou au commandant Rivière, qui quitta Saigon le 26 mars 1882, arriva à Haïphong le 1" avril, y embarqua ses soldats sur des navires marchands affrétés d'avance, et débarqua le 3 avril à Hanoï, où il cantonna ses troupes sur la concession française. Comme Garnier, il parlementa pendant quelques jours, puis s'empara tout à coup delà citadelle, qu'il démantela(î3avril), attendit un renfort de 800 hommes et, l'ayant reçu, prit l'oÛensivecontre les Pavillons-Noirs, et les Chinois alliés ensemble. Le 27 mars 1883, il s'empara de iNain-Dinh, y laissa une garnison et rentra à Hano'i, que les ennemis avaient attaqué pendant son absence. Serré de près, il voulut dégager les abords de la place et fit une sortie malheureuse, le 19 mai. L ennemi, embusqué aans les villages situés sur la route de Sontay, opposa une résistance inaccoutumée. Après une heure de lulte, nous fûmes obligés de nous replier. Pendant le désordre de la retraite. Rivière voulut sauver une pièce d'artillerie privée de ses servants, et il fut tué, ainsi que plusieurs officiers. Celle fois, le gouvernement français, trop engagé, ne put désavouerson représentant et la guerre du Tonkin commença. Des mesures énergiques furent prises, des renforts furent envoyés, l'on plaça à la tête de l'administration un commissaire civil, M. Harmand ; on nomma le général Bouël, commandant supérieur des troupes de terre el de mer, avec l'amiral Courbet comme chef de la division navale des côtes du Tonkin (31 mai). Arrivé au Tonkin, le 7 juin, le général Bouël lit garder par des détachements les missions et les missionnaires, dégagea plusieurs villages, remporta divers succès sur les Pavillons-Noirs, organisa une troupe indigène, sous le nom de Pavillons-Jaunes, pendant que l'amiral Courbet débarquait dans la baie de Tourane, repoussait les troupes annamites à Thuan-an et menaçait Hué (21 août). Aussitôt le roi Hiep-Hoa, successeur de Tu-Duc, s'empressa de traiter avec M. Harmand (23 août 1883) et de reconnaître le protectorat de la France, non seulement sur le Tonkin, mais aussi sur l'Annam. Le 23 octobre, l'amiral Courbet fut nommé commaiidant en chef des troupes de terre et de mer, en remplacement du général Bouët, qui n'avait pu s'entendre avec M. Harmand. l.e premier acte de l'amiral fut de se débarrasser (lu commissaire civil, qui dut déposer ses pouvoirs. Le corps expéditionnaire conipreiiait alors 10,000 hommes, sans compter 3,000 auxiliaires tonkinois. L'amiral résolut

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de frapper un grand coup. Sonlay, quartier pénoral des Favillons-Noirs, devint son objeolif. A la tête de 7 canonnières, d'environ 8,000 hommes et de toute une lépion de coolies pour les transports, il partit de Hanoï le 10 déc, accompagné d'un grand nombre de chaloupes à vapeur et de jonques. Le 14 déc, à 8 heures du malin, il attaqua la position ennemie, enleva, pendant une lutte très vive de trois jours, des barricades et les forts de Phu-Xa el prit, le 17, la citadelle, sans avoir fait un seul prisonnier pendant cette boucherie de quatre jours. Ce brillant succès engagea le gouvernement français à tenter une campagne définitive. Dès le mois de novembre, de nouveaux renforts furent envoyés au Tonkin ; la Chambre vota, à une forte majorité, de nouveaux crédits, portés à 17 millions. Mais les troupes de terre devant se joindre à celles de la marine, le ministre de la guerre y mit pour condition que les opérations seraient dirigées par un général de division, et le vainqueur de Sontay dut abandonner le commandement en chef au général Millot (12 février 1884). Son successeur se prépara de suite à marcher sur Bac-Ninh, place défendue par l'armée chinoise qui y avait construit plus de 50 forts détachés. Les forces françaises mises en mouvement pour cette opération se composaient de 1 1,000 soldats et de 6,000 coolies ; le général les divisa en 2 brigades : l'une, confiée à Négrier, devait opérer de façon à couper la ligne de retraite de l'ennemi ; la seconde, commandée par Brière de Lisie, devait marcher sur Bac-Ninh par les digues. Ce fut la brigade Négrier qui arriva la première dans la ville, après une série de combats. Bac-Ninh tomba en notre pouvoir le 12 mars; on y prit plusde 100 canons et un grand nombre de drapeaux chinois, aujourd'hui suspendus à la voûte des Invalides. Quelques jours plus tard, l'armée marcha contre Ilong-Hoa, que les Pavillons- Noirs incendièrent et où nous entrâmes sans tirer un coup de fusil (13 avril). Tuyen-Quan n'opposa pas plus de résistance (l'^'' juin). Mais le gouvernement chinois, intervenant, essaya d'arrêter, par voie diplomatique, la marche de nos troupes. Uéjà, par une note du Va nov. 1883, adressée aux puissances européennes, il déclara vouloir maintenir ses droits de souveraineté sur le Tonkin; déjà, le 8 mai 1884, le marquis de Tseng, ambassadeur de Chine à Paris, avait présenté au président de la République ses lettres de rappel. Le cabinet français, attaqué par ses adversaires de la Chambre, qui l'accusaient de lancer le pays dans une aventure, entama des négociations avec le vice-roi du Tchéli et obtint, par l'intermédiaire de M. Fournier, commandant du Volta, la signature d'un traité de paix, conclu à Tien-Tsin, le H mai l8iS4. Parce traité, le Tonkin était reconnu possession française et lestroupes chinoises devaient l'évacuer. Aussitôt le général Millot prit ses mesures pour l'occupation de Lang-Sou, sur la frontière chinoise. Une petite colonne, sous les ordres du lieutenant-colonel Degenne s'avança vers cette ville, par détachements séparés, éclairée par un peloton de chasseurs d'Afrique. Le 23 juin, cette troupe tomba, au delà de Bac-Lé, sur une armée chinoise très supérieure en nombre et parfaitement organisée. Les ennemis barraient la route et te liaient des gorges, dans lesquelles on s'en gagea résolument sous un feu violent. La lutte dura deux jours; mais, à la fin de la journée du 24, Degenne se trouva enveloppé; il avait déjà perdu plus de 100 hommes, tant tués que blessés. Il lui fallut un sang-froid extraordinaire et une grande énergie pour se tirer de cette périlleuse situation ; il y parvint et rentra le 28 juin à Hanoï, sans s'être laissé entamer. A la suite de ce t:uel apens, le cabinet français demanda des explications au gouvernement chinois; celui-ci se retrancha

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derrière un soi-disant malentendu ; mais sa mauvaise foi paraissant évidente, la France lança un ultimatum, le 16 juillet, pour réclamer 2b0 millions d'indemnité. Toutes les tentatives de conciliation, faites par notre représentant Patenôtre, échouèrent malheureusement ; le gouvernement chinois, n'osant rompre définitivement, ollrit i millions pour les victimes de Bac-Lé ; puis il demanda de nouveaux délais, qu'on lui accorda, en posant comme condition que l'escadre française entrerait dans la rivière .Min et mouillerait devant l'arsenal de FouTchéou. L'amiral Courbet, chargé de cette opération, franchit les passes du Min el arriva devant l'arsenal le 12 juillet 1884; il y resta jusqu'au 22 août en présence de la flotte chinoise prête à l'attaque. Sa situation devint encore plus périlleuse à la suite de l'affaire de Kelung, place devant laquelle l'amiral Lespès subit un échec le 6 août. Après mille atermoiements, lecabinet de Paris télégraphia à l'amiral Courbet, par l'intermédiaire de M. Patenôtre, l'ordre d'ouvrir le feu (22 août). Le lendemain, la bataille navale de Fou-Tchéou se livra. Klle nous coula 6 tués et 27 blessés. La flotte ennemie fut anéantie par nos torpilleurs et les forts dé la côte furent réduits au silence. Le 24, l'amiral bombarda l'arsenal, sans pouvoir le détruire; le 2"') et le 26, on attaqua sans beaucoup de succès les batteries de la passe Mingan ; le 27, le 28 et le 29, on éteignit les feux de la passe de Kimpaï, el l'on sortit de la rivière Min. Nous avions perdu 10 tués (dont le lieutenant de vaisseau Bouët-Willaiimez) et 48 blessés (dont 6 officiers). Le général Millot, atteint de maladie, étant rentré en France, ce fut le général Brière de Lisle qui le remplaça comme commandant en chef au Tonkin (30 août). Les Chinois faisaient de grands préparatifs de guerre; il fallut se mettre en mesure de remporter l'avantage. On songea d'abord à prendre comme gage lile de Formose, où l'on espérait meltre en valeur de vastes gisements de charbon. Le 1" octobre, l'amiral Cumbet occupa Kelung, et fut, le 4, forcé de se tenir sur la défensive en présence d'une résistance inattendue, au moment même où l'amiral Lespès subissait un véritaMe échec devant Tamsui. Le ministère français, décidé à en finir, demanda à la Chambre un nouveau crédit de 1 1 millions, qui lui fut accordé, le 28 octobre, malgré les vives critiques de l'opposition. Ce crédit fui voté, surtout sur la nouvelle rassurante que le général Brière de Lisle avait remporté de brillants succès à Kep (eu avant de Bac-Lé) et qu'il y était entré le 9 octobre, aprèsplusieurs jours de combat. Se retournant contre les Pavillons-Noirs qui assiégeaient Tuyen-Quan et avaient livré six assauts à la forteresse de cette place, le général arriva à temps pour sauver l'héroïque petite garnison sous les ordres du commandant Dominé. Pendant cetemps, l'amiral Courbet dcclarait le blocus de Formose el le rendait eti'ectif par de rigoureuses croisières. Pendant que Courbet se tenait forcément dans l'inaclion, le général Négrier remporta sur les Chinois une victoire signalée à Muidop le 5 janv. I S8o. M. Jules Ferry, faisant partager à la Chambre son opinion sur l'empire chinois, qu'il considérait comme une quantité négligeable, fit partir pour le Tonkin des renforts considérables, qui portèrent à 40,000 hommes l'efleclif du corps d'occupation. Dans la nuit du fo au 16 févr. 1881, la flotte de l'amiral Courbet, ayant surpris i navires chinois réfugies dans la rade Sheipou, en flt sauter un par ses torpilleurs ; l'autre se perdit de lui-même. Le général Négrier qui opérait dans le Tonkin, sur la Ironliére chinoise, obtint de brillants avantages et entra à Lang- Son le 13 fév. Poussant en avant, il arriva à Pac-Phé, où il se trouva tout à coup en présence d'une puissante armée 'ennemie, bien disciplinée. Sa brigade, all'aiblie parlescom-

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