‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 337 sur 503 · NAJA · texte numérisé non relu

NAJA

cartes à son chois. Comme il n'y a ni atout ni renonce, on peut jouer sur une carte d'une couleur la carte suivante d'une autre couleur. Celui qui a mis un roi peut ensuite recommencer par où bon lui semble. Quand le joueur placé à droite de celui qui a jeté une série ne possède pas de carte supérieure suivante, le tour de jouer passe à son voisin de droite et ainsi de suite ; el si nul ne peut jeter la carte nécessaire, celui qui a jeté une série recommence par où il veut. La levée appartient à celui qui, en dernier lieu, a joué une carte supérieure aux autres; et alors, sans se préoccuper de savoir si c'est sou tour, il rejoue de nouveau pour ne s'arrêter qu'à la carte qui, dans son jeu, n'est pas suivie d une carte immédiatement supérieure; etla même marche continue jusqu'à ce que l'un des joueurs ait gagné le coup en se débarrassant de toutes ses cartes. Les autres joueurs abattent leurs jeux et chacun paie au vainqueur un jeton pour chaque carie qui leur reste ; on peut même convenir que chaque perdant paiera au gagnant un jeton pour chaque point que présenteront les cartes restantes : alors les figures comptent pour dix points. Quand un joueur se défait de toutes ses cartes sans qu'un joueur venant après lui n'ait pu trouver I occasion d'en abattre une seule, cela se nomme le grand opéra, et il ramasse tout ce qui se trouve sur le tableau ; de plus, on peut convenir que chacun des autres lui paiera un jeton par carte restante ou même par point restant.

NAJAC (Exmle-Fernand, coure de}, au-

NAPO

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leur dramatique, né à Lorient le 14 décembre 4828, mort le 11 avril 1889. 11 fit ses études a Paris et s'y fixa. 11 a donné à divers théâtres un grand nombre de vaudevilles, de comédies, de livrets d'opérettes, même de drames, le plus souvent en collaboration avec MM. Edmond About, Ch. Deulin, Scribe. Grange, Delacour, Ed. Martin, Deeoureelle, Meilbac, Nus, Hennequin, etc. — Nous citerons : Chassé aux lions U852); un Mari en 150 (1853); une Soubrette de qualité (1854); une Croix dans la cheminée, Deux Veuves pour rire (1855); le Réveil du mari (1856); Monsieur et Madame Rigolo (1857) : Plus on est de fous...; Mam'zelle Jeanne, opérette, musique de M. L. Cohen (1858); la Clé sotis le paillasson, la Fête des loups, la Fille de trente ans (1859) ; Jeune de cœur, le Capitaine Bitterlin (1800); la Poule et ses Poussins; la Beauté du Diable, op. com., musique de M. J. Alarv; un Mariage de Paris (1861); Vente au profit des pauvres, Gaètana, collaboration anonyme (1862); les Oiseaux en cage (1864); Bégaiements d'amour, op. com., musique d'Albert Grisar (1865); Nos Gens; Au pied du mur; Bettina, op. com., musique de M. L. Cohen (1866); Petit Bonhomme vit encore, opérette, musique de M. L. Délies; Histoire ancienne (1868); Retiré des affaires (1869); Calomnie, opérette, musique de M. 'l'en Brink (1870); Garçon de café, opérette, musique de M. Adrien Taléxy; le docteur Rose, op. bouli'e, musique de Federico Ricci; Nany. comédie en 4 actes, au Français (1872); Nos Maîtres, I acte (1873Ï; la dernière Poupée, 1 acte, Lea, drame en 3 actes, adaplé de l'anglais, de M. Dion Boucicault (1875); Bébé, comédie en 3 actes (1877), etc.— M. Emile de Najac a publié : le Théâtre des Gens du Monde; Madame est servie (1875, 2e édit.); l'Amant de Catherine (1876).

NANIFICATI0N s. f. Néol. Action de nanifier, de rendre nain: la nanification des arbres est pratiquée au Japon.

NAP1F0RME adj. (lat., napus, napi. navet; franc., navet. )Bot. Dont la forme rappelle celle d'un navet.

NAPOLEON s. m. (Jeux). Ce jeu intéressant, qui tut jadis populaire, se joue avec un paquet entier de 52 cartes. Ordinairement, on a deux jeux, comme au whist. Chaque joueur verse à la poule une mise déterminée : le donneur y verse une double mise. On distribue cinq cartes à chaque joueur, qui les prend, les examine et juge si elles sont bonnes ou mauvaises. Le joueur placé à gauche du donneur prend le premier la parole, pour déclarer combien il s'engage à faire de levées ; si son jeu lui parait faible, il passe. Celui qui a la parole peut promettre de faire une, deux, trois ou quatre levées ; mais à moins qu'il déclare Nap, ce qui veut dire qu'il s'engage à faire tous les plis, le joueur suivant parle à son tour, et ainsi de suite, jusqu'à ce que Nap soit déclaré par quelqu'un. Si nul ne déclare Nap, celui qui a promis de faire le plus grand nombre de levées devient le premier à jouer ; la première carte qu'il abat décide quelle couleur sera l'atout. Il a pour adversaires tous les autres joueurs qui s'efforcent de l'empêcher d'obtenir le nombre de levées qu'il a annoncé. S'il réussit, il gagne tout ou partie de la poule, suivant les conditions. Ordinairement, s'il réussit le Nap annoncé, il prend toule la poule ; il en prend les deux tiers ou le quart, suivant qu'il annonce et tait 4, 3, 2 ou 1 levée. Quand il ne fait pas le nombre annoncé de levées, il verse à la poule la somme qu'il eût gagnée s'il eût réussit. Celui qui renonce est Napoléoné, ce qui veut dire qu'il doit payer au premier à jouerune somme déterminée.

NAPOLÉON (Napoléon-Joseph-Charles-Paul- Jérôme Bonaparte, ordinairement appelé le prince), homme politique, né à Trieste le 9 sept. 1822, mort à Rome le 17 mars 1891. 11

était second fils de Jérôme ex-roi de Westphalie, et de sa seconde épouse Catherine de Wurtemberg. Il se fit d'abord nommer prince Jérôme, pour se différencier de son cousin le prince Louis-Napoléon, qui devait devenir Empereur. Sa jeune-se, assez accidentée, se passa en Italie, en Suisse, à l'école militaire de Louisbourg (Wurtemberg), en Angleterre et en Espagne. Autorisé, en 1845, par Guizot, à visiter la France sous le nom de comte de Montfort, il se mit en relation avec les principaux membres du parti démocratique et fut expulsé du territoire au bout de quatre mois. II retourna en Angleterre auprès de son père et obtint de rentrer en 1847. On ne sait s'il fut étranger à la révolution de 1848; ce qu'il y a de certain, c'est que dès le 24 février, on le vit apparaître l'un des premiers à l'Hôtel-de-Ville pour se mettre à la disposition du gouvernementprovisoire,endéclarantque le « devoir d e tout bon citoyen était de se réunira la République >. Peu après il posa sa candidature en Corse, avec une profession de foi républicaine très avancée. Mais élu membre de la Constituante, il vota avec la droite. Il prit la parole pour défendre le « caractère méconnu > de son cousin Louis-Napoléon. Celui-ci, devenu chef du pouvoir executif, le remercia à sa manière en l'éloignant, pour s'en débarrasser; il le nomma, en 1849, ministre, plénipotentiaire à Madrid. C'était un exil déguisé. Le prince Jérôme se fit révoquer, peu après, pour avoir quitté son poste sans autorisation. Il passa, dès lors, à l'extrème-gauche et devint l'un des plus farouches républicains de la Législative, où il avait été envoyé par la Corse. On le surnomma le Prince de la Montagne. Il conserva cette attitude jusqu'au coup d'Etat, époque où il se retira dans la vie privée. Toutefois, en 185-2, lors du rétablissement de l'Empire, il accepta le litre de prince français, l'hérédité éventuelle, un siège au Sénat et au Conseil d'Etat, le grade de général de division, etc. Lors de l'expédition de Crimée, il demanda à partir avec l'armée, et reçut le commandement d'une division d'infanterie du corps de réserve. H assista, sans y prendre part, aux batailles de l'Aima et d'Inkermann et, atteint de dyssenterie, joua un rôle effacé qui devint l'objet des quolibets populaires. Rappelé en France, à la suite d'une brochure où il critiquait le plan de campagne adopté en Crimée, et qui, supprimée en France, fut réimprimée à Bruxelles et traduite en anglais, il devint président de la commission de l'Exposition universelle de 1855. 11 fit ensuite, à bord de la corvette la Reine-Hortense, une longue excursion dans les mers du Nord. Comme plénipotentiaire, en 1867, il mit fin à la contestation relative à Neufchàtel, en décidant la Prusse à renoncer à ses prétentions sur cette ville de Suisse. Ses dissentiments avec l'Empereur étaient profonds et s'aggravaient de rivalités personnelles. Il ne voyait dans son cousin que le lils Verhuel. Il ne s'en cachait pas, et dit un jour au maître de la France « Vous n'avez rien de votre oncle. — Si, répondit l'Empereur, j'ai sa famille ». Le prince alfectait de vivre en libre-penseur. 11 fréquentait des gens de lettres, des hommes politiques et des artistes qui partageaient sa manière de voir et qui se révoltaient, comme lui, contre les commandements de l'Eglise. Il les réunit un vendredi saint et mangea, en leur compagnie, une tranche de saucisson qui devait empoisonner le reste de son existence. Le 24 juin 1858, l'Empereur le nomma ministre de l'Algérie et des colonies. Il épousa, le 30 janvier de l'an née suivante, la princesse Clotilde, fille de Victor-Emmanuel ; et l'on considéra cette union entre un athée et une fervente catholique comme le gage d'une alliance politique de la France avec l'Italie de 1 avenir. Peu de mois après, la guerre éclata avec l'Autriche. Le prince reçut le commandement d'un corps de réserve qui opéra du

côté de Livourne, et qui n'eut pas l'occasion de se signaler, ce qui fournit à la malignité publique, secrètement encouragée par les agents du gouvernement, l'occasion de s'égaver d'un général qui, disait-on, s'était arrêté sur le Pô. Après la signature de la paix de Villafranca, le prince prit au Sénat une position importante comme orateur indépendant. Des discours presque révolutionnaires marquèrent cette période de son existence. A deux reprises, il se prononça contre le pouvoir temporel des papes, avec une ardeur qui lui attira de la part de l'Empereur un désaveu équivalent à une disgrâce (1861). Ses tendances révolutionnaires s'affirmèrent encore plus nettement dans un autre discours qu'il prononça en Corse, le 27 mai 1865, à l'occasion de l'inauguration de la statue de Napoléon Ier en qui il exalta, dans un parallèle peu flatteur pour le second Empire, le génie de la Révolution. Blâmé publiquement par une lettre impériale insérée au Moniteur, le prince se démit de ses fonctions de vice-président du Conseil privé et du Conseil de régence. 11 devint, dès lors, le chef de fait d'un nouveau parti, moitié jacobin, moitié libéral, qui se forma dans l'Empire en opposition avec les idées implantées à la cour et dans les conseils du gouvernement sous l'influence de l'impératrice. LePalais-Royal redevint, comme au temps où Louis-Philippe faisait de l'opposition au gouvernement de la Restauration, un centre de révolte contre le cléricalisme. Après le plébiscite de 1870, qui donna une immense majorité à l'Empire de 1852, le prince fit un voyage dans les mers du Nord. Rentré dès le début de la guerre de 1870, il reçut, de son cousin, la mission d'aller en Italie solliciter le concours de son beau-père, Victor-Emmanuel. La révolution du Quatre Septembre le surprit à Florence. Il revint en 1871, à Ajaccio, où il avait été élu conseiller général ; mais il donna presque aussitôt sa démission, pour mettre fin aux manifestations que provoquait sa présence, et se retira en Italie. Réélu en 1872, il renonça également à siéger et fut expulsé. Aux élections législatives du 20 février 1876, il eut pour adversaire en Corse M. Rouher, qui soutenait le prince impérial : il échoua. Mais l'élection d' Ajaccio avant été invalidée, et le jeune chef de la dynastie impériale ayant déclaré ne vouloir plus lui opposer que l'indifférence et l'oubli, il fut élu le 14 mai suivant. 11 prit place dans les rangs de la gauche et, lors du 16 mai, fit partie de la majorité des 363 républicains qui protestèrent contre ce coup d'Etat. Il fut réélu à Ajaccio. La mort inopinée du prince impérial, le lerjuin 1879, fit du prince Napoléon le chef de la famille Bonaparte et l'héritier des prétentions de la dynastie. Mais ce titre lui fut dénié par la fraction uUramontaine des impérialistes, qui ne pouvait pardonner au prétendant ses opinions de librepenseur. MM. de Cassagnac, Cunéo d'Ornano, Jolibois et plusieurs autres, lui opposèrent son jeune fils, Victor, avec l'agrément de I'eximpératrice. 11 y eut donc deux camps bonapartistes : les Jérômistes et les Victoriens. Les premiers affectèrent d'accepter la forme républicaine autant qu'elle serait l'expression de la volonté nationale, mais lui préféraient plus ou moins ouvertement la dictature, qu'ils appelaient une « République consulaire », dont le prince Napoléon aurait été le chef, en prenant l'engagement de ne faire usage d'aucun acte inconstitutionnel de violence pour convertir le Consulat en Empire. Les Victoriens, au contraire, tendaient au rétablissement pur et simple de l'Empire autocratique, militaire et clérical, tel qu'il a été fondé en 1852. Entre ces deux partis rivaux, la lutte fut vive. Le jeune Victor, entraîné à l'insoumission, finit par se brouiller avec son père, qui ne vit plus en lui qu'un rebelle et le flétrit du titre de « Cocotte à Jolibois », par allusion à

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