PASSER ONE PIÈCE DE MONNAIE D'UNE MAIN DANS
l'autre d'une manière invisible. Empruntera quelqu'un de la société deux pièces de 1 franc, à deux personnes différentes même, pour plus grande preuve d'absence de compérage.
Prenez l'une de ces pièces d'abord avec le pouce et le médius de votre main droite et, annonçant que vous la placez dans la main gauche, que vous fermez aussitôt, rapprochez les deux mains, ayant soin dans ce mouvement de ramener votre doigt du milieu de la main droite vers la paume de cette main, en y portant la pièce de monnaie, que vous retiendrez là, par une légère pression de la paume du pouce, au lieu de la mettre dans la main gauche comme vous l'avez annoncé; après quoi, redressez un peu vos doigts de manière à ce que, en n'en laissant voir aux spectateurs que le dos, votre main droite paraisse vide. Prernez alors le second franc delà main droite, que vous porterez ensuite derrière votre dos : et avec votre main gauche fermée, que vous agiterez devant vous, non sans accompagner ces simulacres fantastiques des contes en l'air les mieux inventés, donnez l'ordre à la pièce de monnaie qui est censée s'y trouver, de passer dans la main droite, en prononçant d'un ton de commandement n'admettant pas de réplique le mot :« Passez! > Au même moment, pour compléter l'illusion, vous faites sonner 1 une contre l'autre les deux pièces qui n'ont point quitté votre main droite ; puis ramenant celle-ci devant vous, vousjetez d'un air de triomphe modeste vos deux francs sur le tapis aux applaudissements de la société. Ce petit tour n'a l'air de rien, cependant il est plus difficile qu'on ne croit, et l'on fera bien : 1» de l'essayer longuement dans le silence du cabinet avant d'affronter le soleil d'une publicité dangereuse; 2° de ne point répéter immédiatement malgré les bis les plus chaleureux. Il faut se rappeler aussi que la pratique seule peut amener à placer prestement une pièce de monnaie, tenue au bout des doigts, dans la paume de la main, et à l'y maintenir solidement, de manière à permettre d'ouvrir cette main assez pour que le spectateur ne doute pas qu'elle est vide. Pour cela, on se servira toujours du doigt du milieu, ou de celui de l'annulaire, la pièce légèment maintenue par le pouce, et c'est ainsi qu'il faudra la Axer à son poste de combat. — Autre méthode roua faire passer une pièce de monnaie d'unb main dans loutre. Dans cette autre méthode, l'habileté de l'opérateur est évidemment moindre, mais le résultat ne paraîtra pas peut-être aussi satisfaisant à tout le monde. La voici, en tout cas : l'opérateur demande, comme dans le tour précédent, deux pièces de monnaie, mais il s'est préalablement muni d'une troisième pièce semblable, qu'il garde fixée dans le creux de sa main droite. Il lui suffit alors de prendre de chaque main une des pièces étalées sur la table, de sorte qu'il y a bien indubitablement une p'.ècc dans la main gauche de l'opérateur, au moment où il s'assied — car il s'assied — devant sa table; et pour preuve, après un lambeau de discours de circonstance, il rouvre cette main et montre que celte pièce y est toujnurs et ne paraît pas devoir en sortir de littil. Ihefermecettemainaussitôt, la ramène
sansaffectationprès du bord de la table, lâche la pièce sur ses genoux, où se trouve élendu un mouchoir — qu'il fera prudemment de ne pas oublier ; puis, ramenant ses deux mains fermées à hauteur convenable, il écarte les bras par un mouvement brusque, ordonne à la pièce de la main gauche d'aller rejoindre sa camarade de la main droite, qui s'ennuie dans sa solitude, et faisant résonneries deux pièces de la main droite, les jette ensuite sur la table en ouvrant en même temps la main gauche pour montrer qu'elle est vide. — La pièce envolée. Vous prenez un foulard, le franc que vous avez demandé vous ayant été accordé avec empressement; ce foulard, vous retendez sur la table, vous placez la pièce de monnaie au milieu, vous pliez le foulard pardessus, priant au besoin un spectateur d'y poser le doigt afin de s'assurer que la pièce y est toujours. Cette vérification faite à la satisfaction de tous et de vous particulièrement, vous prenez le foulard par un coin, vous l'enlevez brusquement en le dépliant, et vous le secouez vigoureusement: la pièce est envolée! Toute la magie de ce tour, qui obtient toujours un très grand succès quand il est bien exécuté, consiste a coudre préalablement un franc dans un coin du foulard en question. Lorsque vous étendez votre foulard, vous placez ostensiblement la pièce de monnaie au milieu ; mais, pour commencer à le plier, vous placez d'abord le coin dans lequel l'autre pièce est cousue et vous reprenez la seconde sans être vu, — ce qui est facile, — et la retenez dans la paume de votre main droite. Vous ramenez alors les autres coins du foulard sur le premier... C'est à ce moment, et non une seconde plus tôt, que vous priez celui de vos spectateurs qui vous montre le visage le plus incrédule de vouloir bien s'assurer que la pièce de monnaie se trouve toujours dans le foulard que vous continuez à plier avec le plus grand soin. Il y manque rarement, et s'assure en effet, en palpant longuement, que c'est une pièce d'un franc qui se trouve là. Alors, vous enlevez le foulard, vous le secouez et... vous savez le reste. Mais il s'agit maintenant de rendre la pièce à la personne qui vous l'a prêtée et qui trouverait le tour incomplet, peut-être même peu délicat, si elle ne rentrait dans ses fonds. C'est à vous de choisir dans les tours que nous vous indiquerons celui qui vous semblera le plus convenable à vous sortir de peine, en faisant inopinément reparaître cette pièce dans le récipient le plus improbable. De même, vous pouvez, dès le début, indiquer où la pièce ainsi envolée se sera arrêtée, en fin de compte — et de vol. — Autre méthode. Au lieu du foulard préparé qui vous aura servi dans le tour précédent, vous auriez pu employer un foulard n'ayant reçu aucune préparation en procédant de la manière suivante : vous placez le plus ostensiblement possible votre franc au milieu du foulard posé bien carrément devant vous; et vous ferez bien, dans ce cas, d'obtenir de la personne qui vous a prêté cette somme modique de poser son doigt sur la pièce en question en la laissant visible aussi longtemps que possible, mais seulement, lorsque vous aurez ramené le coin du foulard qui pend à votre droite sur cette pièce, et que vous l'y aurez fixé à l'aide d'un peu de cire que vous aurez pris l'innocente précaution de placer sous l'ongle du pouce de votre main droite. Cela fait, vous réunissez les autres coins du foulard au premier, en commençant par celui qui est à votre gauche. Un petit discours bien approprié vous permet de saisir sans affectation le coin qui se trouve dessus avec vos deux mains, que vous faites glisser vivement jusqu'à ceux qui se trouvent dessous, dont l'un adhère à la pièce de monnaie; quand vous tenez ferme ce dernier dans votre main droite, il ne vous reste plus qu'à secouer votre foulard ocur prouver que, malgré
toutes les précautions, la pièce incorrigible s'est encore envolée. — La pièce enveloppée