VOID
14 oet. 1800, mort à Paris le 6 oct. 1887. Sorti fort jeune de l'école de droit, il entra dans la diplomatie et fut successivement secrétaire d'ambassade en Espagne et en Autriche, puis -ous-directeur et ensuite directeur politique au ministère des affaires étrangères. 11 abandonna volontairement cette position le jour même du coup d'Etat et ne s'occupa plus que de littérature. — Collaborateur de la Tlevue des Deux-Mondes, il y publia entre autres choses, VHist. des deux Pitt (1846, 2 vol. in-8°). Déjà, pendant son séjour en Espagne, il avait étudié le théâtre de ce pays, et avait donné le résultat de ses appréciations dans un volume intitulé Théâtre espagnol, qui commença à faire aimer en France les auteurs d'oulre-Pyrénées. Mais son ouvrage le plus important est VHist. de la Restauration (18 vol., 1860-'77, in-8°) écrite avec des matériaux recueillis dans sa jeunesse et empreinte de sentiments royalistes. Cette œuvre obtint deux fois le grand prix Gobert el lui ouvrit en 1873, les portes de l'Académie française, où il lut élu en remplacement du comte de Ségur.
VIELMUR, ch.-l. de cant., arrond. et à 14 kilom. 0. de Caslres (Tarn), sur l'Agout; 800 hab.
VILLAINES-LA JUHEL, ch.-l. de cant., arrond. et à 28 kilom. E. de Mayenne (Mayenne); 2.000 hab.
VILLAMBLARD, ch.-l. de cant., arrond. et à 23 kil. N.-E. de Bergerac (Dordogne) ; 1,200 hab.
VILLENEUVE-SAINT-GEORGES, comm. du cant. de Boissy-Saint-Léger, arrond. et à 16 kilom. N. de Corbeil (Seine-et-Oise), près de la rive droite de la Seine; 2.000 hab.
VILLENEUVE SUR-YONNE, ch.-l. de cant., arrond. et à 17 kilom. N.-O. de Joigny (Yonne), 4.000 hab.
VILLERS-BRETONNEUX, commune du cant.
de Corbie (Somme), arrond. et à 16 kilom. Ë. d'Amiens; 5.500 hab. Le 27 novembre 1870, h; village de Villers-Bretonneux fut le centre d'une bataille, livrée par environ 25.000 hommes de l'armée du Nord, sous les ordres du général Farre, à 38.000 Allemands commandés par von Goeben et soutenus par une formidable artillerie. La lutte se continua jusqu'à la nuit. Les munitions venant à manquer et les Allemands ayant établi, près du village de Cachy, une batterie qui prenait les Français en flanc, le général Farre donna l'ordre de battre en retraite sur Arras, et l'ennemi entra dans Amiens.
VIN. — Législ. La fabrication des vins provenant de la fermentation des raisins secs venus de Grèce ou d'Asie Mineure, a pris en France une extension assez importante pour que les viticulteurs, déjà bien éprouvés et même en partie ruinés par les ravages du phylloxéra, aient demandé à être protégés contre cette nouvelle concurrence. C'est pouruoi la loi du 17 juillet 1S89 (art. 12) a rendu plicables aux fabriques de raisins secs les is concernant la visite des brasseries et disleries et la fabrication des cidres et poirés. n outre, dans les villes sujettes au droit d'enée, les fruits secs destinés à la fabrication du vin sont imposés à raison de 100 kilogr. de fruits secs pour trois hectolitres de vin. — La loi du 26 juillet 1890, plus rigoureuse encore, porte que les raisins secs destinés aux fabricants et entrepositaires ne peuvent circuler que munis d'acquits à caution; et elle soumet les fabricants de vin; de raisins secs à un droit de licence de 125 fr. Les raisins secs destinés à la consommation personnelle et ae famille sont admis à circuler gratuitement en vertu de laissez-passer. Les vins de raisins secs sont frappés par hectol. d'un droit de 40 centimes par degré de richesse alcoolique jusqu'à
iix degrés et de 60 centimes pour les vins portant de dix à quinze degrés. Au-dessus de 15 degrés, le produit est soumis à la surtaxe des vins alcoolisés. Tous les liquides provenant de la fermentation des raisins secs avec d'autres fruits ou matières sacebarifères sont assimilés à l'alcool. Un décret du 7 octobre 1890, indique les conditions d'après lesquelles doivent être établis et réglés les comptes de matières premières et de fabrication ouverts par la régie à chaque fabricant de vins de raisins secs; et il détermine les diverses obligations imposées aux fabricants pour l'exécution de la loi du 26 juillet précédent. — En dehors du point de vue fiscal, le législateur acru devoir prendre des mesures rigoureuses afin de prévenir certaines fraudes dans le commerce du vin. Tel a été le but de la loi du 14 août 1889. Aux termes de cette loi, nul ne peut expédier, vendre ou mettre en vente, sous la dénomination de vin, un produit autre que celui de la fermentation des raisins frais. Les vins de seconde cuvée, provenant de la fermentation des marcs de raisins frais avec addition de sucre et d'eau, et les mélanges de ces produits avec le vin, dans quelque proportion que ce soit, ne peuvent être expédiés, vendus ou mis en vente que sous le nom de vin de sucre. Le produit de la fermentation des raisins secs avec de l'eau ne peut être vendu que sous la dénomination de vin de raisins secs; et il en est de même du mélange de ce produit avec du vin. Les fûts ou récipients contenant des vins de sucre ou des vins de raisins secs, doivent porter en gros caractères : € Vin de sucre » ou « Vin de raisins secs ». Les livres, factures, lettres de voiture, connaissements doivent contenir les mêmes indications. De plus, en vertu de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1891, les vins de marc de raisins frais, mélangés avec le vin, dans quelque proportion que ce soit, ne peuventêtre vendus que sous le nom de vins de marc, ou s'il y a addition de sucre, sous le nom de vins de sucre. Ceux qui ont contrevenu à ces prescriptions sont punis d'une amende de 25 à 500 fr. et d'un emprisonnement de dix jours à trois mois. Les tribunaux peuvent admettre des circonstances 'atténuantes et, parsuite, réduire ces peines; mais, en cas de récidive, celle de l'emprisonnement doit toujours être prononcée. Enfin toute addition au vin, au vin de sucre, au vin de raisins secs, au vin de marc, soit au moment de la fermentation, soit après de matières colorantes quelconques, de produits chimiques, de chlorure de sodium audessus d'un gramme par litre, ou encore du produit de la fermentation ou de la distillation de figues, caroubes, fleurs de mosvra, clochettes, riz, orge et autres matières sucrées constitue une falsification de denrées alimentaires, dont la répression légale a été indiquée par nous au Dictionnaire, t. Ier, p. 542. — La loi du 1 1 juillet 1891 fixe à deux grammes de sulfate de potasse ou de soude par litre, la tolérance accordée pour les vins plâtrés etelle inflige aux délinquants une amende de 16 fr. à 500 fr., et un emprisonnement de six jours à trois mois, ou seulement l'une de ces deux peines. Cette même loi dispose que les fûts ou récipients contenant des vins plâtrés, à quelque degré que ce soit, doivent en porter l'indication en gros caractères. — Le nouveau tarif de douanes adopté par la Chambre des députés remplace le droit de douane, qui était avant 1892 de 4 fr. 50 par hectolitre, par une taxe proportionnelle au degré alcoolique. Au-dessous de onze degrés, cette taxe est fixée à 1 fr. 20 par degré et par hectolitre, au tarif maximum, et à 0 fr. 70 au tarif minimum. A onze degrés et au-dessus, ce sont les droits de dosage sur l'alcool qui doivent être appliqués dans la proportion du degré alcoolique des vins importés en France. — Suivant les termes du projet de loi présenté à la Chambre des députés par le gouvernement, le 21 mars
1891, l'exercice des débits de boissons serait supprimé et les droits de détail et de circulation sur les vins et les cidres, seraient remplacés par un droit général de consommation sur ces boissons et sur l'alcool. C'est là un nouveau système d'impôt des boi-sons. Il est à désirer qu'il ait un meilleur succès que tous les projets présentés antérieurement en cette matière. Ch. Y.
VINCENT-DE-TYROSSE (Saint-), ch.-l. de cant., arrond. et à 24 kilom. S.-O. de Dax (Landes) ; 600 hab.
VINDALUM, ville des Cavares, dans la Gaule Narbonnaise, au confluent du Sulgas (Sorgue) et du Rhône.
VINDILIS, aujourd'hui Belle-Ile. L'une des Iles des Venètes, sur la côte N.-O. de Gaule.
VINGTIÈMEMENT adv. En vingtième lieu.
VIOLENCE. — Législ. Nous avons à réparer ici une omission que nous avons faite, dans le Dictionnaire, lorsque nous avons résumé la législation en ce qui concerne les actes qualifiés violences (t. V, p. 618). L'article iSi du Code pénal de 1810 ayant maintenu en vigueur les lois pénales antérieures,dans toutes les matières non réglées par ce code, il eu résulte que les tribunaux de police doivent encore appliquer les articles 605 et 606 du Code des délits et des peines du 3 brumaire an IV, dans les cas où des violences légères ne peuvent être qualifiés coups ou blessures. La peine que le juge de police doit alors infliger au délinquant ne peut être moindre qu'un jour d'emprisonnement ou qu'une amende égale à la valeur d'une journée de travail ; toutefois cette peine ne peut s'élever au-dessus de trois jours d'emprisonnement ou de la valeur de trois journées de travail. Mais c'est au moins le tribunal correctionnel qui est compétent, s'il s'agit soit de violences ayant pour auteur un fonctionnaire putlic, soit do violences adressées à un fonctionnaire ou à un officier ministériel, soit de violences dont les auteurs sont des gens sans aveu, des mendiants ou des vagabonds (Code pénal, 186, 228, 279). Ca. Y.
VITAL (Saint). I, Vitalis, martyr du premier siècle, patron de Ravenne; fête le 28 avril. — II, né près de Bayeux, vers 1060. 11 fonda en 1111, près de Coutances, l'abbaye de Savigny (ordre de Saint-Benoit), en fut le premier abbé et assista au concile de Reims en 1119. Fête le 16 septembre.
VITAL de Blois, écrivain du xn" siècle, auteur d'un poème latin intitulé Q«ero/us(1595); c'est une imitation du Querolus ou Aulutaria de Plaute.
VITAL (Orderic), voy. Okdemc, dans le Dictionnaire.
VIVIERS, ch.-l. de cant., arrond. et à 39 kilom. S.-E. de Privas; 1.800 hab.
V0CATES, peuple de la Gaule Aquitaine,
établi dans le voUinage des Tarusates, des Sossiates et des Elusates, probablement sur le territoire du moderne Tursan ou Teursan.
V0CONTII, peuple puissant et important de la Gaule Narbonnaise, fixé dans la portion S.-E. du Dauphiné et rattaché à la Prov> entre le Drac et la Durance, borné au N. par les Allobroges, au S. par les Salyens . Albioèques. Le pays des Vocontii renfe de larges et belles vallées entourées de montagnes et plantées de vignes. Le? Romains leur permirent de conserver leurs lois, cl quoique leur territoire formât, une provin -n romaine, ils étaient considères comme allies et non comme sujets de Rome.
V0GESUS ou Vosgesus, ancien nom de la chaîne des Vosges.
v"0ID, ch.-l. de cant., arrond. el à 8 kilom.
VOIT
S.-E. de Commercy (Meuse), sur le Fluent; 1.400 hab. Fromages à la crème renommés.
VOITDRE(Art de conduire une). — Voiture a un cheval. Nous supposons que le cheval, harnaché et attelé, est amené et mis à la dis-
fiosition de la personne qui doit conduire, aquelle n'a autre chose à faire que de s'emparer des guides, sauter en voiture et partir. Nous devons donc supposer en même temps que le domestique chargé de ces détails^ a iassé une sérieuse inspection du cheval d'aord, de sa ferrure, de ses harnais avant de
l'en revêtir, mais surtout après, n'oubliant pas le plus insignifiant ardillon; qu'il n'aura pas oublié de visiter aussi la voiture et principalement les roues, les essieux et les ressorts. Malgré cela, nous n'admettons pas que l'oeil du maître soit inutile, et, bien au contraire, nous le jugeons indispensable en dernière analyse; il faut qu'il passe tout en revue avec soin. Entre autres choses paiiiculière-
Fig. 2.
ment recommandables, il s'assurera que les guides sont solidement fixées au mors et placées convenablement; car beaucoup d'accidents n'ont eu d'autre cause que des guides croisées ou emmêlées (lig. 1). Ayant considéré toutes ces choses, il saisit les guides et le fouet de la main droile et, s'aidant de la main gauche, il saute dans la voiture, passant ensuite les guides de la main droite dans la
Fig. 3.
main eauche (fig. 2). — Tenue des guides. Dans 1 art de conduire, ou de mener, la manière de tenir les rênes ou guides diffère de la méthode admise pour l'équitation. Ayant, comme nous venons de le dire, passé les guides de la main droite dans la gauche en i rit en voiture, la personne qui conduit introduit son index entre les deux guides, de manière que la guide gauche se trouve entre l'index et le pouce qui la maintiennent, et la fuide droite entre I index us, l'excé-
dent des guides sortant de la main du côté
VOIT
du petit doigt (fig. 3). S'il s'agit d'arrêter, on ferme les doigts, en opérant une légère traction sur les guides, sans secousse, et surtout sans porter le coude en arrière. Il est bon d'habituer son cheval à s'arrêter à un simple avertissement de la voix, et de ne tirer sur les guides que dans le cas où faute de saisir votre signal ou autrement, il n'obéirait pas à temps. L'arrêt doit être progressif et non subit, si l'on a affaire à déjeunes chevaux; c'est une règle applicable plus ou moins rigoureusement dans tous les cas, mais surtout dans celui-ci; et l'on fera bien de leur laisser huit à dis mètres de champ pour préparer leur arrêt. Lorsqu'on a affaire à un cheval ardent, dans un tournant, enfin dans toutes les situations critiques, la main droite doit toujours se trouver prêle à porter secours à la gauche. Ainsi, les guides tenues comme nous venons de l'indiquer, vous passez le second et le troisième doigt entre elles, où se trouve déjà le premier doigt, et, lâchant doucement la tenue'de la guide droile, vous en laissez l'entière direction à la main droite qui s'en empare, — quoique tenant toujours fermement les deux guides de la main gauche. Ce système donne sur le cheval une très grande puissance. Aussitôt après, on rajuste ses guides : pour cela, on les reprend de la main droite, au-dessus du point où la gauche les maintient, et on les fait glisser de manière à ce que la guide allongée soit ramenée à sa dislance. On conduit à deux mains en tenant les guides de la main gauche, la main droite rapprochée de celle-ci, quoique à une hauteur un peu moindre, tenant la guide droite comme nous venons de l'indiquer, sans la séparer de l'autre et sans que la main gauche cesse de la maintenir fermement. C'est en somme la méthode que nous venons de conseiller pour les situations offrant quelques difficultés, appliquée d'une manière constante au lieu de ne l'être qu'accidentellement. — Le siège. Une bonne position sur son siège est d'une importance aussi capitale qu'une bonne tenue des guides. Il faut avant tout se tenir assis d'aplomb, le plus au milieu possible, le plus possible sur la même ligne horizontale que le cheval. Tenir le corps vertical autant qu'il se peut, en tout cas plutôt légèrement incliné en arrière qu'en avant; les genoux rapprochés les jambes étendues en avant, les pieds joints et bien appuyés; les coudes au corps sans roideur, tombant naturellement pour mieux dire, le poignet de conduite à hauteur du coude. Sous aucun prétexte, il ne faut se laisser aller à la fantaisie de replier ses jambes sous soi; autrement le moindre cahot de la voiture, une soudaine extension d'allure du cheval suffiraient à faire faire à l'imprudent, un fort joli, mais très dangereux saut de mouton qui l'enverrait prendre sa mesure exacte dans la poussière du chemin. Il nous paraît inutile d'ailleurs d'insister plus longtemps sur la nécessité d'un siège ferme sans roideur el bien équilibré; nécessité trop im périeusu et, en fait, trop sensible pour n'être point comprise sans considérations longuement déduites. — Voiture a deux chevaux. Les remarques ci-dessus s'appliquent plus particulièrement à la conduite d'une voiture attelée d'un seul cheval, quoique la plupart puissent également s'appliquer à la conduite de deux chevaux. D'ailleurs conduire deux chevaux est pius facile que d'en conduire un seul; une dépense de force musculaire un peu plus considérable est nécessaire, à vrai dire; mais, par contre, dans presque toutes les situations délicates, le second cheval aide singulièrement à diriger le premier. Ainsi, supposons que l'un de vos chevaux appuie tout à coup à gauche, — bien entendu ce sera le cheval qui occupera cette place dans l'attelage; — eu opposant à ce mouvement la force de l'autre cheval, auquel vous imprimerez le mouverr"3nl opposé, tant au moyen des guides
VOIT
que par un léger attouchement du fouet en dehors, vous préviendrez certainement une trop grande déviation de la ligne droite. Do même, si un cheval ne veut pas partir imméiiatement, l'autre — généralement — pourra, en partant à propos et délibérément, déterminer le second en tirant dessus. Il ne faut point dans ce cas frapper l'animal rétif, ou du moins il faut attendre pour le corriger qua vous soyez bien convaincu que cela ne causera pas plus de mal que de bien. Il arrive quelquefois qu'en tournant un angle l'un de vos chevaux, sans préciséments'eruporter, étendra excessivement l'allure, en d'autres termes tournera trop vite et trop court; le second, dans ce cas, le modérera nécessairement, en opposant sa calme et régulière attitude à la fougueuse maladresse de son compagnon. Si cette opposition est insuffisante, le fouet a du moins le temps de faire utilement son office. Enfin, nous le répétons, au lieu d'être plus difficile, comme on le croit faute d'expérience, conduire deux chevaux est certainement plus facile que d'en conduire un seul — à moins que celui-ci ait, réunies, toutes les qualités de la race chevaline sans avoir aucun de ses défauts. Mais la conduite de deux chevaux, sous beaucoup de rapports, exige une bien plus grande attention que la conduite d'un seul cheval. Pour ne citer qu'un cas, si vous ne veillez pas sans cesse sur votre attelage, vous pouvez être à peu près assuré que, de vos deux chevaux, il y en aura un qui fera toute la besogne pendant que l'autre ne fera rien du tout — s'il ne se fait pas traîner par son compagnon. — En route. — Le départ. Tenant vos guides comme nous l'avons indiqué, la main droite maintenant la guide droite, déterminez votre cheval (ou vos chevaux) à partir, tant par la parole que par le secours des guides, sentant légèrement la bouche, mais sans tirer dessus et sans les secouer, — moyens sûrs d'arriver promptement à faire un mauvais cheval d'un bon : par exemple, si par suite de tiraillements des rênes la bouche délicate d'un jeune cheval est blessée, il est presque inévitable que cet accident détermine une vive irritation chez l'animal, par l'effet de la douleur qui en résultera; et il en contractera peut-être certains vices, tels que ceux de ruer et de se cabrer, dont il sera fort difficile d'avoir raison par la suite. Une grande patience est donc ici nécessaire. Si le cheval, au début, ne veut pas partir au commandement, il faut envoyer un domestique ou une personne quelconque, le prendre par la bride et, tout en lui parlant et le caressant, le faire démarrer. S'il prend une direction oblique ou s'il tourne, laissez-le ou faites-le tourner, s'il y a du champ, jusqu'à ce que sa tête se trouve dans la direction convenable; alors de la voix et du fouet faites-le avancer. — Ici, bien entendu, il faut laisser beaucoup au jugement de la personne qui conduit, ainsi qu à l'inspiration venue des circonstances, surtout quant à l'emploi du fouet, dont il convient de ne pas se montrer prodigue à l'excès. Tel cheval d'ailleurs obéira à l'avertissement du coup de fouet, tel autre y répondra par une ruade et ne s'entêtera que plus à ne pas bouger. Comme entre un cheval vicieux, ou disposé à le devenir, et son maître, le résultat poursuivi est l'obéissance finale du premier au second, il importe de tout faire pour en arriver là; et, pour commencer, il est probable qu'il faudra laisser aux choses l'apparence contraire : il faudra sans doute que le maître commence par mettre les pouces, comme on dit, sauf à prendre sa revanche le moment venu. — En route. Le départ effectué tant bien que mal, ayez toujours l'œil ouvert, considérant la carrière devant vous, non seulement afin d'éviter la rencontre des autres voitures, mais pour vous assurer qu'aucun obstacle ne surgit devant, à droite, à gauche : une pierre, un ren-
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Bernent ou une dépression soudaine du sol, qu'il ne s'y montre pas un objet inattendu; d'aspect bizarre, susceptible d'effrayer votre cbeval. Tenez toujours votre cheval bien en main, c'est-à-dire sentant doucement la bouche; faute de quoi faire, vous ne seriez jamais prêt au moindre accident, qui aurait ainsi toute latitude pour devenir grave : si l'animal bronchait, vous ne sauriez le retenir avant qu'il ne soit tombé tout de bon et ne se soit peut-être irrémédiablement couronné; s'il faisait un écart, vous ne pourriez le réprimer à temps, et votre négligence pourrait avoir les conséquences les plus terribles. Mais, tout en tenant votre cheval bien en main, il est une considération qu'il faut toujours avoir présente à l'esprit : si le cheval, en elfet, a la bouche exceptionnellement sensible, il est probable qu'une personne sans expérience qui le tiendrait un peu court, non seulement l'empêcherait d'avancer, mais encore finirait par le mettre hors de lui-même. Or, comme rien n'est plus difficile que de diriger un cheval dont la bouche est sensible à l'eicès, lorsqu'il a mis une fois dans sa tête de suivre une voie différente de celle que vous voulez lui faire prendre, il importe que vous preniez de bonne heure l'habitude de sentir à peine la bouche d'un tel cheval, de manière tout juste à commander les guides, mais pas assez pour lui presser la bouche et l'inquiéter même, sinon lui causer quelque souffrance : c'est ce qu'on appelle conduire d'une main légère, et c'est proprement la perfection de l'art de conduire. Tenir en main de trop près a, avec un cheval dont la bouche est plutôt dure, un effet tout dilférent, mais au moins aussi fâcheux. Il prend ainsi l'habitude de se pendre à vos bras et de pousser sur le mors, de telle sorte que sa bouche finit par devenir tellement calleuse qu'il n'y sent plus rien et que lorsqu'il bronche, à moins d'une dépense énorme de force, vous serez incapable de prévenir sa chute. On peut éviter un si désagréable résultat en prenant de bonne heure l'habitude de conduire légèrement, de manière que le moi s aille et vienne dans la bouche du cheval sans la toucher et surtout en se gardant bien de tirer sur les guides à tout propos. —
A quatre chevaux. Pour conduire à quatre chevaux, on doit tenir les guides, toujours dans la main gauche, dans la position suivante : la guide gauche de volée repose sur l'index, la guide droite de volée sur l'annulaire, la guide gauche de timon sur le médius et enfin la guide droite de timon sur le petit doigt (fig. 4). Les guides de limon doivent être un peu plus courtes, au départ, que les guides de volée; ce n'est que lorsque les chevaux de volée tireront franchement sur les traits qu'on égalisera les guides en relâchant nn peu les guides du timon. Lorsqu'il s'agit de tourner, supposons à droite, il faut d'abord prendre soin que les chevaux de timon ne bougent, que ceux de volée n'aient déjà dessiné leur courbe ; pour cela, on s'empare, de la main droite, des guides de volée; et, laissant glisser légèrement la guide gauche, on amène un peu à droite la guide droite, tout en maintenant ferme les guides de timon, principalement la guide gauche. Pour tourner à gauche, naturellement, on s'y prend de même, en s'aidant des moyens inverses. Les principes à appliquer en ce cas sont d'ail-
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leurs exactement les mêmes que dans la conduite à deui chevaux, avec la modification inhérente à la présence des chevaux de volée et qui ressort assez clairement, croyons-nous, de ce que nous venons d'en dire. Les avantages et les inconvénients de la conduite à deux chevaux sont ici, naturellement, doubles; mais il n'y a pas en réalité d'insurmontables difficultés pour quiconque joint à un coup d'oeil sûr une poigne d'une solidité éprouvée. Lorsqu'on rencontre d'autres voitures sur urnroute, et principalement dans les rues des villes populeuses, on est tenu de conserver ou de prendre la droite; il y a des ordonnances de police très sévères — et trop rarement appliquées à notre gré — qui règlent ce pointci, afin d'éviter des accidents dont de malheureux piétons sont encore plus souvent victimes que les voitures ou leurs conducteurs. Cette règle est, au reste, à peu près universelle. Nous ne connaissons que l'Angleterre qui y fasse exception et tienne la gauche de la route, par habitude, â&ns doute, car nous avons entendu maintes fois juger cette méthode mauvaise, et la nôtre, par suite, incomparablement préférable, par des Anglais, habitués depuis leur enfance à cet état de choses, qui n'en poursuit pas moins son cours paisible et encombré. Le fait est qu'aux Etats- Unis c'est la méthode de rouler à droite qui prévaut, et que ce sont les fils légitimes de la old England qui l'ont fait prévaloir. — Du fouet. Un bon conducteur fait rarement usage du fouet. Néanmoins, en cas de besoin, il le
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- Fouet.
lient de la main droite. Il ne doit frapper qu'avec la ficelle du bout; autant que possible, il évitera de se servir de la grosse lanière.
VOIX. — La voix humaine. Pour imiter le mécanisme de la voix humaine, prenez une bobine, et attachez, sur l'une de ses extrémités, deux bandes de caoutchouc, comme le montre la fig. 1. En soufflant sous l'autre extrémité, vous entendrez un son produit par la vibration des bandes de caoutchouc. Vous pourrez obtenir une grossière imitation du cri d'un bébé en portant la paume de la main plusieurs fois avec rapidité sur les bandes pendant leur vibration. Nous avons dans le corps un arrangement vocal assez semblable à cet appareil. La trachée-artère répond au trou de la bobine; ce que nous appelons cordes vocales peut être représente par les bandes de caoutchouc.
Mais on ne rencontre rien ici qui puisse être comparé à la bouche, à la langue, aux lèvres et aux muscles qui les fonl agir; ces parties sont pourtant indispensables pour donner à la voix l'étendue et la qualité qui caractérisent le parler et le chant des humains. Une ou deux des particularités de la voix sont faciles à saisir. La différence entre la voix d'un homme etcelled'unenfantparexemple consiste simplement dans la différence qu'il y a entre une corde longue et grosse et une corde courte et fine; chacun sait qu'une note basse est donnée par la première et une note élevée par la seconde; de sorte que les cordes vocales courtes et fines d'un enfant produisent des sons plus élevés que celles des cordes de l'homme, relativement longues el grosses. On sait, déplus, que la note donnée par une corde dépend de la manière dont la corde est tendue : si elle est comparativement
Fig. 1. — Bobine servant à eipli-
Suer la formation e la voix bumaine.
lâche, nous en tirons un son bas ; tandis que si elle est très raide, nous en obtenons une note élevée; et entre ces deux étatsdetensionnous avons un grand nombre de notes intermédiaires. D'où il résulte que lorsque les cordes vocales sont tendues, les sons qu'elles émettent sont élevés; et que si elles sont lâches, elles émettent des sonsbas. De ces considérations, on peut conclure que pour produire la voix humaine, il faut réunir les conditions suivantes: 1° Un courant d'air passant dans un tube (la trachée-artère); 2° Des bandes musculaires •Mastiques (cordes vocales), tendues en travers du tube; 3° Le parallélisme des bords des cordes vocales, précisément comme surla bobine (fig. 1); 4° Une tension des cordes suffisante pour produire un son. Parmi l'infinie variété de sons qui se produisent dans la nature, il n'en est peut-être pas qui présente autant d'intérêt que celui de la voix humaine; il n'en est pas qui ait donné lieu à plus de tentatives d'imitation. Les tentatives de Vaucanson éclipsèrent ceux de ses devanciers. Le joueur de flûte, construit par ce célèbre mécanicien, étonna l'Académie des sciences par son merveilleux mécanisme et par la manière exacte dont il reproduisait les tons pour lesquels il avait été fabriqué. En 1741, le même constructeur soumit à l'admiration du public, une autre merveille, un automate qui jouait dufiageolet, pendant que d'une main, il ac-
Fig. 2. — Tubes de voyelles.
compagnait, en battant du tambourin, les vingt tons de son instrument.. En 1779, l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg olfrit un prix pourles meilleures réponses aux questions suivantes : 1° Quels sont le caractère et la nature des sons voyelles A, E, I, 0, U ? 2° Peut-on construire un instrument qui puisse exprimer avec exactitude les sons de ces voyelles ? Kralzenstein remporta le prix et prouva que la voyelle I peut être produite en soufflant par l'extrémité o d'un tube représenté par notre fig. 2, et que chacune des autres voyelles est produite quand on souffle dans l'anche de la partie supérieure des tubes représentés par la même figure. Kempelen, de Vienne, se livra vers cette époque à des recherches sur cette question intéressante et essaya de construire un instrument qui pût reproduire non seulement les voyelles, mais aussi les consonnes, en imitant les sons de la voix humaine. Dans l'instrument qu'il construisit, il copia autant qu'il put les organesde notre voix. La bouche se composait d'un morceau de gomme élastique en forme de cloche: et à l'embouchure se trouvait un nez formé de deux tubes d'étain ce qui permettait de prononcer les consonnes m et n que l'on n'avait pas encore pu produire. L'appareil de Kempelen prononçait distinctement les mots astronomie, opéra, et plusieurs autres. Le son m était produit en fermant la bouche et en laissant ouvertesles deux narin r . artificielles; pour la lettre n, on fermait u i narine. Depuis cette époque, Mical, Will j Wheatstone, etc., s'occupèrent de ce suj e mais pour constater un progrès réel, il loi en arriver au phonographe, qui a réalisé prophétie faite par sir David Bresvster, qui d sait, cinquante ans avant l'invention de c • appareil : t On ne saurait douter qu'avan qu'un siècle se soit écoulé, une machine parlante et chantante sera mise au nombre des conquêtes de la science. » — Plaque parlante. — Au moyen de l'appareil représenté
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sur notre figure 3, et imaginé par W. H. PreeiS8), on fait reproduire par un mince lisque de 1er (d) des sons de la voix humaine, fil de platine très menu (w), attaché au entre du disque \d), aboutit, par l'autre extrémité, à un support (s) muni d'une vis qui le maintient très tendu. Des fils métalliques
Fig 3. — Eipérience de Preece.
mettent les points d et s en communication avec un microphone (M) et une pile électrique (B). Quandon parle devant le microphone, le disque d reproduit les sons. L'électricité, en passant dans le fil de platine u>, l'échauiFe et l'allonge ; comme ce filest extrêmement ténu, il dégage presque instantanément sa chaleur, se refroidit et se tend dès que le courant électrique s'arrête. De sorte que si l'on établit une rapide succession de courants interrompus, le fil de platine, s'allongeaut et se raccourcissant instantanément, communiquera au disque d un léger mouvement de va-et-vient. Quand nous parlons surle microphone m, la quantité d'électricité qui passe dans le fil de platine est