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reuses. Enfin on transplante celles des fleurs citées plus haut qui, semées dans le mois précédent, sont assez vigoureuses pour supporter l'opération.
AYMAR-BRESSION (Pierre), écrivain, né à Metz en 1815, mort à Bois-Colombes (Seine) en 1875. Ses principaux ouvrages sont : Le Canotier parisien (1843, iu-12) ; Exposition de
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1849(1849, in-8°); Fécondation artificielle des poissons (1851, in-8°); Exposition universelle de 1855 (l85o-'56, in -8») ; Exposition de 1857, (in-8°); Exposition de 1867 (1868-69 2 vol. in-8°).
AZÉRABLES, village du cant. et a 14 kil. de la Souterraine (Creuse); 200 hab. Beau lumulus entouré d'un fossé.
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AZIB-ZAMOUM, village créé par les réfupiél Alsaciens-Lorrains en 1873, au milieu d'un paysage pittoresque, sur les derniers contreforts de l'Atlas, à 75 kil. d'Alger.
AZYGITE s. f. (préf. privât, a ; gr. zugos, lien). Bot. Genre de champignons qui se développent en automne sur les bolets pourris.
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BABA. — La pâte du baba n'est autre que de la pâte à brioches un peu plus claire. Ajoutez-y un demi-verre de vin de Madère ou de rhum, une bonne pincée de safran en poudre, environ 30 grammes de raisin de Corinthe bien épluché, moitié de cédrat confit coupé en filets, 30 grammes de sucre. Mêlez bien le tout. Versez dans un moule beurré, deux fois trop grand pour ce qu'il doit contenir, ou simplement dans une casserole également beurrée ; laissez reposer et gonfler dans un lieu chaud: puis, quand il sera bien gonflé, faites-le cuire à feu doux une heure ou dans le four une demi-heure.
BABAUD-LARIBIÈRE (Léonidel, homme politique et publicisle, né à Confolens (Charente) en 1819, mort à Perpignan en 1873. Avocat au barreau de Limoges, il publia de nombreux articles politiques dans les journaux de la région, fut nommé en 1848 commissaire de la République pour le département de la Charente. Ce déparlement l'ayant envoyé siéger à la Constituante, il y prit place parmi les membres de la gauche. Ne s'étant pas déclaré partisan de la politique napoléonienne, il ne fut plus réélu et renlra dans la vie privée en 18i9. 11 publia une Histoire de la Constituante (2 vol. in-18) et plusieurs autres ouvrages politiques, dont les plus connus sont: Etudes historiques et administratives (Confolens, 2 vol. in-8°), Lettres Charent aises (Angoulême, 1885- 1888, 2 vol, in-8°). Pendant le gouvernement de la Défense nationale, Babaud-Laribière fut préfet de la Charente; plus tard, il fut envoyé à la préfecture des Pyrénées-Orientales.
BAC s. m. Hortic. Caisse cylindrique en bois, qui a la forme d'un seau ou d'un baquet.
BACCALAURÉAT. — Législ. La réforme de l'enseignement secondaire classique est toujours vainement attendue. Elle est bien difficile à réaliser, en présence d'habitudes invétérées, qui datent, en grande partie, de la fondation de l'Université. Ainsi que nous le disions dans le Dictionnaire (t. Ier, p. 377), les esprits les plus sérieux ont reconnu que les réformes de détail seraient insuffisantes, aussi longtemps que ledit enseignement tendra vers un but presque unique, qui est le baccalauréat, examen encyclopédique, toujours soumis à l'aléa d'épreuves peu concluantes. 11 y a donc lieu de regretter que les améliorations que le Conseil supérieur de l'instruction publique a votées dans sa séance du 30 juillet 1890 et qui ont été mises en vigueur par un décret du 8 août suivant, ne soient pas plus importantes Le vieux système qui a toujours donné de si mauvais résultats est encore en vigueur jusqu'à nouvel ordre, sauf
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les changements dont nous allons parler et qui ne touchent en rien à l'enseignement secondaire spécial ni au baccalauréat qui lui est affecté. — La bifurcation qui permettait aux élèves de l'enseignement secondaire classique de choisir, à la sortie de la classe de troisième, entre les lettres et les sciences, est reculée de deux années et reportée après la classe de rhétorique. Un baccalauréat de l'enseignement secondaire classique est substitué aux trois baccalauréats es lettres, es sciences et es sciences restreint. Les épreuves de ce baccalauréat unique sont divisées en deux parties, La première partie doit être subie après la classe de rhétorique. Elle comprend d'abord deux épreuves écrite-, éliminatoires, et qui sont : 1° une version latine, et 2° une composition française; puis six épreuves orales, savoir : 1» l'explication d'un texte grec, 2° l'explicalion d'un texte latin, 3° l'explication d'un texte français, 4° l'explication d'un texte allemand ou anglais, suivie d'un thème oral ou d'un entretien, 5° une interrogation d'histoire et de géographie, et 6° une interrogation sur les éléments des mathématiques. — Les candidats qui ont obtenu le certificat d'aptitude correspondant à la première partie des épreuves, ont encore à subir, l'année suivante, la deuxième parlie, dont le certificat d'aptitude, joint à celui de la première partie, donne droit au diplôme de bachelier de l'enseignement secondaire classique. Mais cette deuxième partie des épreuves se subdivise en troisséries, entre lesquelles les candidats ont à choisir; et les diplômes sont spécialement délivrés selon la série. La première série (Lettres, Philosophie) donne lieu d'abord à une épreuve écrite qui consiste en une dissertation française sur un sujet de philosophie, puis, a moins d'élimination par cette composition, à trois épreuves orales qui sont : 1° une interrogation sur la philosophie, 2° une interrogation sur l'histoire contemporaine, et 3° une interrogation sur les éléments de la physique, delà chimie et de l'histoire naturelle. , Les épreuves de cette série concordent avec le Iprogramme de la classe de philosophie des lycées. Pour la deuxième série (Lettres, Mathématiques), l'épreuve écrite consiste en une composition de mathématiques, et les épreuves orales sont : 1° une interrogation sur les mathématiques, 2° une interrogation sur la physique, 3° une interrogation sur la chimie', 4* une interrogation sur l'histoire contemporaine, et 5° une interrogation sur la philosophie. Les dites épreuves ont pour base le programme de la classe de mathématiques élémentaires des lycées. Pour la troisième série (Lettres, Sciences vhysiquts et naturelles^, le pro-
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| gramme des épreuves doit être ultéreiurement déterminé par un règlement particulier. — Les candidats ont le droit, mais non l'obligation, de produire, en se faisant inscrire pour les épreuves, un livret scolaire, résumant les notes qui leur ont été données dans le cours des études par leurs professeurs, soit dans l'Université, soit dans les institutions libres, soit dans l'éducation particulière. Cette production ne peut avoir lieu que devant la faculté dans le ressort de laquelle se trouve l'établissement dont émane le livret. — D'autres avantages sont accordés aux candidats par le nouveau règlement. Ainsi, pour les épreuves écrites, autres que la version latine, il est donné trois sujets différents, entre lesquels chaque candidat a le droit de choisir. En outre, le candidat qui, ayant été déclaré admissible après les épreuves écrites, a échoué ensuite aux épreuves orales, est admis à se représenter, l'année suivante, à ces dernières épreuves, sans être tenu de recommencer les épreuves écrites, mais à la condition que ce soit devant la même faculté. Toutes ces dispositions nouvelles ont été rendues applicables à compter de la session de juillet-août 1891 ; mais les diplômes de bachelier es sciences peuvent être délivrés selon le système précédentjusqu'à la session de novembre 1894 exclusivement. f,;a. Y.)
BACCARAT (le). — Ce jeu très dangereux, qui parait être d'origine italienne, fut introduit en France vers le règne de Charles VIII. Depuis cette époque, il a ruiné chaque année des milliers de personnes. Il se joue entre un banquier et un nombre variable de joueurs nommés pontes. Lamoitiédes pontesoccupent la droite du banquier; les autres se mettent à sa gauche. On se sert de deui jeui de 52 cartes; chaque figure vaut 10; les autres cartes valent les points qu'elles indiquent, sauf le dix qui n'a aucune valeur. Chaque ponte débute par disposer devant lui l'enjeu qu'il veut exposer sur le coup, et le banquier couvre chaque enjeu d'une somme égale. Ensuite un ponte mêle les cartes, le banquier les mêle de nouveau si bon lui semble, et les fait couper soit par un autre ponte, soit par une personne de lagalerie,àson choix. Avant decommencer la distribution, il a le droit de brûler un certain nombre de premières cartes, pourvu qu'il en ait prévenu la galerie et les pontes avant de donner à couper. Ceci fait, il distribue 2 cartes à chacun des. pontes et à lui-même, en commençant parla droite et en les donnant une à une. Chacun examine son jeu et additionne le point de ses deux cartes ; le meilleur point est celui qui se rapproche le plus de 9 ou de 19, comme une dame et un neuf, qui font 19. ou un sept et un deux, qui
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produisent 9. Après 9 ou 19, les meilleurs points sont: 8 ou 18, 7 ou 17 et 6 ou 16; plus on descend, moins la valeur est grande. S'il y a un joueur dont les cartes forment 9 ou 19, 8 ou 18, il abat son jeu et tous les autres en font autant ainsi que le banquier. Le banquier ramasse les enjeux placés devant les pontes qui ont un point inférieur au sien; il perd avec ceux qui ont un point supérieur et fait coup nul avec ceux dont le point est égal au sien. Quand les pontes ni le banquier n'abattent d'emblée, cela veut dire que nul ne possède 9 ou 19, 8 ou 18 ; alors le banquier offre une 3e carie à qui la veut et s'en donne une à lui-même si bon lui semble. Cette carte se donne toujours à découvert. Ceux qui n'en veulent pas disent : « Je suis content » el quand chacun a reçu une 38 carte ou s'est déclaré content, on abat tous les jeux detous ceux qui ont accepté ; le meilleur point est alors 29; après quoi viennent 28, 27, etc. Celui qui a plus de 29 crève ; il perd de plein droit; le banquier gagne contre les pontes qui ont un point plus faible que le sien ; il perd contre ceux qui en ont un plus fort. Il perd contre tout le monde s'il a plus de 29. Le baccarat est donc un jeu de pur hasard qui exclut toute espèce de combinaison. Le joueur n'a d'autre calcul à faire que de savoir juger s'il doit s'en tenir à son jeu ou demander carte. En général, on doit toujours tirer quand on n'a pas au-dessus de 4; mais il est prudent de s'en tenir à son jeu quand on a 6 ou 16.
BACHELIER. —Pendant la session de juillet-août 1890, devant la seule Faculté de Paris, il s'est présenté: Au baccalauréat es lettres. lre partie : 2,272 candidats ; 2e partie : 1,523. — Au baccalauréat es sciences. Complet:
l,62o ; restreint : 297. — Le jury, un peu plus sévère que les années précédentes a accordé le diplôme à : 970 pour la rhétorique, soit 43 p. 100; 747 pour la philosophie, soit 49 p. 100 ; 599 pour les sciences, soit 36,8 p. 100; 126 pour le restreint, soit 42 p. 100.
BACILLE s. m. [ba-si-le] (lat. bacillus, baguette, petite verge). Micro- organisme présentant l'aspect d'une petite tige microscopique, composé d'une cellule simple, dont la longueur (de 1 à 20 micro-millimètres) égale plus de deux fois l.a largeur, et consistant en un corps protoplasmique granulaire, entoure d'une enveloppe à contours effilés et capable de résister à l'action de beaucoup de réactifs. Ces microbes ont deux modes de reproduction: 1° par fissiparité transversale simple; 2° par la formation de spores qui, sous des conditions favorables, reproduisent la forme du bacillus. Ce qui donne une haute importance à l'étude des bacilles, c'est leur association avec diverses maladies, comme la tuberculose, la lèpre, etc. Les bacilles connus les plus importants sont les suivants: 1° le bacillus ardkracis, que l'on rencontre dans le sani: el les tissus des personnes atteintes de maladies charbonneuses, de pustules mali- . etc. On a remarqué que ces différentes formes de maladies sont communes surtout chez ceux qui travaillent les cuirs, les peaux, les laines, etc.; 2° le bacillus tuberculosis, répandu dans la poitrine, les crachats et les tissus des phtisiques; 3° le bacillus leprx , commun dans les nodules de la lèpre; 4° le bacillus maluiix, découvert dans lesangdes personnes atteintes de la malaria et qui existe dans les marais; 5° le bacillus septicsemix, trouvé dans le sang de souris à qui l'on avait inoculé la septicémie ; 6° le bacille ou bacillus comma, découvert par Koch dans les intestins des cholériques; on trouve aussi un autre bacillus semblable, dans la bouche de ces malades, mais il agit différemment pendant la culturc; 7° le bc des poules; 8° celui de la fU 9° celui de Vérisypéle; 10° celui du purpura hxmorrhagica ;
11° celui de la syphilis; 12° le bacillus alvei, lui cause le faux-couvain des abeilles; 13° le bacillus scarlatinse, découvert par le Dr Edingon, en 1887 ; 14° le bacillus butyricus, dont la présence détermine la fermentation de l'acide butyrique. Enfin, on a découvert deux formelle ces microbes dans le lait; l'une produit la coloration bleue du lait aigri.
BACTÉRIE. (Voy. Bactérie dans le Dictionnaire.) — Les bactéries se rencontrent quelquefois en agglomération, formant une masse semblable à de la gelée. On les trouve toujours en nombre immense dans les matières en putréfaction et dans plusieurs liquides en fermentation. Pasteur a prouvé que non seulement elles accompagnent la putréfaction, et la fermentation, mais qu'elles sont en réalité les initiatrices de ces procédés. Do plus elles sont uniformément présentes dans certaines maladies locales et générales, et dans l'esprit de beaucoup de savants elles ont les mêmes relations causatives avec ces maladies qu'avec les fermentations et les putréfactions. Nous donnons ci-dessous quelques variétés de bactéries; 1° le bacterium termo, qui est essentiellement la bactérie de la putréfaction et qui, sous forme de zooglie, produit l'écume iridescente sur les liquides en décomposition; 2°le bacterium tinolea est un peu plus gros que le précédent ; comme lui, on le rencontre dans les matières animales en putréfaction; c'est l'un des organismes que l'on trouve associé aux odeurs putrescentes; 3° le bacterium xanthinum se trouve dans le lait bouilli, où il produit une délicate couleur jaune; 4°le bacterium lactis se rencontre dans le lait ; il y produit l'odeur et le goûl acides. Nous devons mentionner ici une espèce de la tribu des spirobacteria; c'est le spirillum ou obermeiri, découvert par Obermeir dans le sang de malades atteints de fièvre récurrente; il a la forme d'un petit filament spiral, long d'environ 50 millièmes de millimètre; on le considère comme la cause des fièvres qu'il accompagne.
BADMINTON s. m. Espèce de jeu de pelouse dans lequel deux joueurs, armés de raquettes se lancent un volant, qui doit passer à chaque coup par-dessus un filet tendu entre les joueurs, ce qui force les adversaires à jeter le volant à bonne hauteur. Comme au lawntennis, on trace une enceinte; mais elle est bien plus petite, 14 mètres de long sur 7 mè-
tres de large. On y trace aussi une ligne de service à environ 2 ou 3 mètres du filet. Les joueurs doivent envoyer le volant de façon qu'il tombe au delà de cette ligne de service, sinon l'acte de l'avoir manqué ne compte pas pour une faute. 11 suffit donc pour un joueur d'avoir touché le volant pour qu'il n'y ait plus faute, s'il le laisse choir ; il peut toujours affirmer que le projectile serait tombé en dedans de la ligne de service, et c'est là un txand défaut du badminton. Le filet doit avoir 5 pieds de haut dans sa partie la moins élevée, c'e^t-a-dire au milieu, et le volant ne doit jamais le toucher, sinon c'est une faute.
Chaque coup de raquette bien donné compte pour un point ; toute faute fait perdre un ooint; on joue ordinairement en 15 points. Le principal reproche que l'on puisse adresser au badminton, c'est de ne pouvoir être pratiqué sur la pelouse dès qu'il fait du vent; on est alors obligé de se renfermer dans une grande salle.
BAGATELLE. — C'est un très ancien jeu, [ui fut même peut-être l'ancêtre du billard et qui, après avoir été oublié pendant longtemps, semble renaître dans la faveur du public. Sou appareil est bien moins encombrant que celui du billard; il n'exige pas une grande habileté, ce qui est un avantage pour les débutants, et il laisse au hasard une place si large que souvent le joueur le moins adroit est celui qui fait le plus de. points. Les tables de bagatelle varient considérablement de grandeur, les unes pouvant avoir lm,75 de long sur 50 centimètres de large; les autres mesurant jusqu'à 4 mètres de long sur 1 mètre de large; mais ordinairement on se sert des plus petites tables. Elles sont souvent supportées par un solide bâti de bois; et toujours formées d'une plaque de marbre , d'ardoise ou de bois, recouverte d'un tapis de drap vert fortement tendu; elles sont entourées d'un rebord ou bande rembourrée d'une matière élastique, ordinairement aujourd'hui de caoutchouc. Notre fig. 1 représente une table de bagatelle; on remarquera que la bande est circulaire à l'une de ses extrémités, a et 6
■ La queue.
Fig. 3.
La masse.
sont deux petits points ou mouches dont l'usage sera expliqué un peu plus loin. Les trous ronds numérotés de 1 à 9 sont autant de cupules creusées dans la table, et d'une grandeur suffisante pour envelopper exactement la moitié de chacune des billes d'ivoire que
Fig. 4. — Posillun île la queue sur la mail! gauche.
l'on emploie à ce jeu. Ces billes sont au nombre de neuf, quatre blanches, quatre rouges et une noire. Il est extrêmement important qu'elles aient absolument le même volume cl le même poids; si l'une pesait plus que l'autre, il serait impossible de calculer l'exacte direction qu'elles doivent prendre après s'être heurtées mutuellement. On frappe les billes soit avec une queue (fig. 2), soit avec une masse (fig. 3). Cette dernière est la plus commode, surtout si la queue n'est pas pourvue d'un procédé. Les masses étant rares aujourd'hui, voici, quand on est forcé de se servir d'une queue, la manière d'y adapter soimême un procédé. On prend un morceau de cuir plus ou moins épais, suivant la grosseur de la queu''; à l'aide d'un canif ou d'un couteau bien affilé, on coupe un petit carré de ce
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cuir. Ensuite, au moyen d'une lime, on râpe le bout de la queue jusqu'à ce qu'elle soit bien unie et bien plane ; on s'assure que celte extrémité forme un plan bien perpendiculaire à la bauteiir de la queue, car la moindre obliquité constituerait un grand défaut. On a de la colle forte chaude : on fait chantier le bout de la queue et le morceau de cuir; on applique un peu de colle sur la surface plane de l'extrémité de la queue et on presse pendant un certain temps celle-ci contre le cuir. Quand la queue et le carré de cuir tiennent ensemble, on laisse sécher et durcir la colle pendant 24 heures, après quoi on pose verticalement la queue sur une planche, de façon que le cuir se trouve pres.^é sur cette dernière, et avec le canif ou le couteau, on coupe le cuir pour l'arrondir bien exactement, en prenant garde d'enlever le moindre copeau de cette dernière. Ceci fait, on polit le cuir au papier de verre, et on le rend moins plissant en le blanchissant a la craie. La grosseur de la queue doit être proportionnée à celle des billes, qui sont très petites; de sorte que les queues de billard ordinaire ne peuvent servir. Notre fig. 4 montre la position dans laquelle on doit tenir la queue. Si l'on fait usage de la masse, le point capital est de pousser la bille et non de la frapper, et l'on doit s'assurer que la masse touche la bille avant de donner le coup qui la pousse. On reconnaît que la masse a frappé quand elle fait entendre un bruit sec en touchant la bille, ce qu'il faut éviter. Avant de commencer une partie, on doit s'assurer que la table est bien de niveau; si elle n'est pas posée à demeure sur un bâti, on la place sur une grande et lourde table, dont on cale solidement les pieds. Pour rero 1 1 naître si la bagatelle est de niveau, on prend cinq ou six billes et on les fait rouler doucement sur le tapis; si elles ont une tendance à se diriger d'un côté plutôt que d'un autre, on plisse quelques feuilles de papier du côté qui a besoin d'être soulevé. La bagatelle donne lieu à plusieurs espèces de parties dont les plus connues sont la partie anglaise, le sans égal, le mississipi et le carambolage. — Partie anglaise. Cette partie peut être jouée par deux ou plusieurs personnes. Dans ce dernier cas, les joueurs doivenl être en nombre pair, afin de se diviser en deux camps égaux. Au début, on place la bille noire sur le point ou mouche marqué a (lig. 1). Le premier joueur place une autre bille sur le point o et il la pousse avec la masse ou la frappe avec la queue, pour l'envoyer vers la bille noire qu'elle doit frapper. Si la bille du joueur manque la bille noire, on l'enlève de dessus la table, qu'elle s'arrête dans un trou ou qu'elle ne s'y arrête pas. Certaines tables de bagatelle se plient en deux au.
milieu pour être plus portatives; on les ouvre au moment de jouer et on les pose sur une table comme il a été dit; alors il se forme toujours un pli sur le tapis, le long de la ligne de fermeture. Chaque bille qui revient en arrière de ce pli est considérée comme morte et enlevée du tapis; c'est pourquoi le joueur prendra garde de toucher trop fort la bille noire, car il est plus important pour elle que pour les autres de ne pas mourir puisque € la bille noire compte double ».Dans le cas où le pli n'existerait pas sur le tapis, on le remplacerait par une ligne transversale tracée au milieu de la table. Toute bille qui saute par-dessus la bande n'est pas replacée dans le jeu. Le but du joueur, au début, est de frapper la bille Doue de manière à l'envoyer dans un trou
Fig. 5.
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portant un fort numéro ou de la rapproche? de ce trou. Celui du centre, étant marqué 9. serait le meilleur; mais il est très difficile, particulièrement au premier coup, d'envoyer la noire dans le 9, et l'on risque beaueoui en essayant de le faire, de l'envoyer dans le un, le plus mauvais des trous. On recommande donc au joueur de chercher, au début, à pousser la noire sur un côté, préférablemenl sur celui du 8 ; il pourra, en jouant convenablement, faire rebondir sa propre bille dans la direction opposée et l'envoyer dans le trou marqué 7 ; et s'il réussit le 8 par la noire et le 7 par sa propre bille, cela lui fera 23 points d'un seul coup. S'il jouait en sens inverse et envoyait la noire dans le trou 7 et la sienne dans le 8, cela ne lui ferait que 22 au lieu de 23. Un coup est aussi facile que l'autre, en raison de la symétrie du jeu, il est toujours préférable de tenter le point de 23. La bille noire étant placée dans un trou, le joueur doit ensuite essayer de prendre le plus de trous qu'il lui sera possible. Les lignes ponctuées de notre fig. 5 montrent comment on peut obtenir les principaux trous, en frappant toujours d'abord la bande. La grande difficulté, c'est de donner à la bille la force désirable; poussée trop fort, elle ne reste pas dans le trou; le défaut de force la laisse mourir près de la bande. Le 6 et le 4 peuvent s'obtenir directement sans toucher la bande ; mais il est préférable de les jouer comme le montrent nos lignes ponctuées; d'ailleurs, on consultera pour ces trous comme pour les autres, la disposition de la table, qui peut avoir une tendance à verser vers les côtés, et l'élasticité de la bande. Quand le joueur a manqué, au premier coup, d'envoyer la bille noire dans trou, il peut ensuite continuer de jouer sur la noire pour tâcher de la placer dans un trou au coup suivant, ou jouer seulement pour placer ses billes dans des trous; la position de la noire le déterminera à prendre un parti ou l'autre. La plus mauvaise position de la noire se trouve au bout de la table, sous la bande circulaire ; il vaut mieux l'y laisser que de perdre deux ou trois billes à essayer de la déloger; le plus souvent elle tourne autour de la bande sans la quitter. La meilleure marche à suivre, dans ce cas, c'est de prendre d'abord le 7 et le 8; après quoi, on s'occupe de la noire; et si on parvient à la faire passer dans le 9, on a gagné 18 points. La table est ordinairement percée sur ses rebords d'une quantité de petits trous qui servent à marquer. Chaque joueur ou chaque parti est en possession de deux chevilles pour cet objet. Chaque joueur ou chaque parti se sert de billes dont la couleur diffère de celle des billes du joueur ou du parti adverse. Le vainqueur est celui qui arrive le premier à faire un nombre déterminé de points; ou celui qui, dans un certain nombre de tournées, a fait le plus de points. On ne joue pas tout autour de la table, comme au billard ; à chaque coup on place sa bille sur la mouche. — Partie de sans égal. Cette partie se joue à deux seulement; un joueur prend 4 billes blanches ; 1 autre, 4 billes rouges. On place la bille noire sur le point a (fig. 1). Le premier joueur pousse l'une de ses billes, dans l'intention de frapper la noire; son adversaire joue ensuite avec l'une de ses billes et ainsi de suite alternativement chacun une bille Chaque joueur marque pour lui toutes les billes de sa couleur qu'il peut envoyer dans un trou et aussi la noire quand il l'y envoie; mais s'il met dans le trou une bille adverse, elle compte pour son adversaire. Le joueur qui a joué le premier à une tournée, joue le second à la suivante. On joue ordinairement en 25 ou 31 points. — Le mississipi. Pour jouer cetLe partie, on adapte à la table une sorte de pont de neuf arches, comme le représente notre fig. 6. Les arches portent des numéros, de. { à 9. On les pousse vers l'extrémité,
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Fig. 6. — Table de bagatelle pourvue d'un pont du neuf arches.
jusqu'à la courbe formée par le demi-cercle de la bande, de façon que le pont recouvre une partie des trous. On joue les 9 billes, la noire "pouvant compter double, si cela est convenu. Le but est de faire passer les billes sous les arches, après qu'elles ont touché la bande ; toute bille qui passe une arche sans avoir touché la bande compte pour l'adversaire.
Quelquefois on place la noire sur son point ordinaire, qui se trouve sous le pont, et alors un joueur ne peut commencer de compter avant de l'avoir touchée. — Le carambolage. Cette manière de jouer est la plus savante ; sur une grande table non creusée de trous, elle ressemble à une partie de billard; mais on la joue ordinairement sur une petite table, semblable à celle nous avons donné la description. On se sert de trois billes : deux blanches et une rouge, ou une blanche, une rouge et une noire. S'il' y a deux billes blanches, l'une d'elles doit porter une marque particulière, comme au billard; mais il est préférable, surtout si l'on joue sur une petite table, d'avoir des billes de trois couleurs différentes; alors on place, au début, la noire sur son point ordinaire h (fig. 7) et la bille de l'un des adversaires en </, qui se trouve entre le trou 5 et le trou 9. En travers de la table, à petite distance du côté où se place le joueur, on tire une ligne représentée par des points sur notre gravure. Le joueur pose sa bille en un point quelconque, à son choix, sur le rectangle compris entre cette ligne et la limite de la table, de son côté. 11 est de rigueur de se tenir en face de cette ligne, de façon que les pieds du joueur ne dépassent pas, à droite ou à gauche, le prolongement des côtés parallèles de la table. Le carambolage se fait en touchant d'abord la bille noire avec la bille du joueur, et ensuite celle de l'adversaire toujours avec la même bille.
Il y a plusieurs espèces de parties, qui dépendent le plus souvent de la construction et de la grandeur de la table. On convient des points que l'on comptera lorsque telle ou telle bille entrera dans tel
Fig. 7.
Fig. 8.
ou tel trou. Ordinairement le carambolage vaut 2 points et si, après le carambolage, la bille noire tombe dans un trou, on ajout'-, aux deux points, le double du numéro du trou; si l'une des deux autres billes, ou si toutes les deux tombent dans un trou, on ajoute le nombre ou les nombres de ce trou ou des deux trous. Le plus haut point que l'on puisse ainsi gagner d'un seul coup est 35, savoir: 2 pour le carambolage; 18, pour la noire dans le trou 9, et 15 pour les deux autres billes dans les trous 8 et 7. Quand le joueur a fait un carambolage, il joue de nou-
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veau, en remettant sa bille en un point quelconque du quadrilatère formé par la ligne transversale et en posant sur le point qu'elle doit occuper toute bille blousée (tombée dans an trou); une bille non blousée reste en place. Quand le joueur manque le carambolage, son adversaire le remplace en mettant sa propre hille dans le quadrilatère et en laissant les autres au point où elles se trouvent. Il est évident que lorsque le carambolage est difficile à faire directement, ou l'essaie en frappant d'abord la bande, ou en toucbant la bande après avoir frappé une bille, pour revenir ensuite sur l'autre bille. Ces sortes de coups, bien plus difficiles qu'au billard, en raison de la courbe que présente la bande à , 'extrémité de la table, demandent une grande nabileié et beaucoup de pratique. Quand une bille lancée, doucement, vient à toucher la bande, elle rebondit de façon que l'angle d'incidence soit égal à l'angle de réflexion. Sur notre fig. 8, l'angle I N P est l'angle d'incidence et P N R est l'angle de réflexion ; la bille, venant en I N, rebondit au N R. C'est sur cette propriété des chocs ou impacts que doit se baser le joueur quand il fait une bande droite. Mais quelle sera la direction d'une bille qui aura frappé une bande courbe? Celte direction sera analogue à la précédente si l'on suppose une tangente menée perpendiculairement au rayon delà courbe. Soit une bille arrivant à la bande courbe dans la direction indiquée par les flèches (fig. 8) et frappant cette bande en a ; elle formera, avec le rayon, un angle de réflexion égal à l'angle d'incidence. La connaissance de cette loi est indispensable au joueur; et de plus, il lui faut, nous le répétons, beaucoup de pratique.
BAGUENAUDIER. La première mention de ce jouet se trouve dans l'ouvrage de Cardan, intitulé De subtilitate libri XXI (Nuremberg, 1650), et traduit en français par Richard Leblanc, sous le titre de la Subtilité et subtiles inventions (Paris, 1556, in-4°). Le mathématicien anglais John Wallis donna plus tard une meilleure description du baguenaudier, dans le deuxième volume de son Traité d'algèbre. De nos jours, un crudit lyonnais, M. Gros, a publié, sur le même sujet, une intéressante brochure : Théorie du baguenaudier, par un clerc de notaire (Lyon, 1872), dans laquelle il débute par démontrer que l'on doit écrire ce mot avec un 0 puisqu'il vient probablement de nœud (nodus) de bagues. D'après lui, de baguenaudier on aurait fait baguenauder, s'amuser à des riens. En effet, le baguenaudier est une de ces ingénieuses futilités dont on ne s'expliquerait pas la vogue séculaire, s'il n'y était altaché aucune idée autre que celle d'un puéril amusement Le baguenaudier est, en réalité, la plus populaire des applications de la progression des nombres. 11 se compose (voy. notre figure) de quatre parties : 1° d'une navette formée d'un fil métallique, ayant la forme d'un rectangle très allongé ; l'une des extrémités est ordinairement munie d'une poignée que l'on tient dans la main gauche; 2° d'une petite planchette à peu près aussi longue et un peu plus large que la navette,
Le baguenaudier.
percée, sur sa longueur, de trous équidistanls, dans lesquels passent les tiges dont il sera parlé ci-après ; 3° d'anneaux en nombre quelconque, dont le diamètre est à peu près le double de la largeur de la navette et dont l'épaisseur n'est pas de plus du tiers de celleci ; ou peut donc faire passer la navette dans
BAGU
l'anneau, et un ou deux anneaux de côté dans la navette; 4° de petites tiges métalliques en nombre égal à celui des anneaux ; l'une des extrémités de chaque tige entoure l'un des anneaux ; l'autre extrémité passe et joue librement dans l'un des trous de la planchette, derrière laquelle la tige est seulement retenue par un crochet. Quant le jeu est monté ou levé, comme le montre notre figure, chacune des tiges se trouve passée dans l'intérieur de l'anneau qui suit celui qu'elle retient; la tige du 1er anneau est passée dans le 2e; celle du 2e dans le 3° et ainsi de suite. La tige du dernier anneau ne passant dans aucun autre ; il en résulte une grande différence dans la disposition du premier et du dernier anneau. Quand un, plusieurs ou tous les anneaux sont levés, comme sur notre figure, les parties du baguenaudier sont attachées ensemble. Le jeu consiste à démonter le système, c'est-à-dire à séparer la navette de tout le reste de l'appareil. Pour y parvenir, on prend la navette de la main gauche, tandis que de la droite, on soulève le bas des deux premiers anneaux, on les tire à droite, on les tourne verticament au-dessus de la navette, l'ouverture en face de soi, et on les fait tomber entre les deux branches de la navette. Jusqu'ici, rien que de très simple ; mais c'est à l'anneau suivant que se pose le principe du jouet; si l'on essaie de faire la même opération pour ce 3e anneau, on voit que cela est impossible; tandis que si on attire le 4e vers l'extrémité de la navette, on s'aperçoit facilement qu'il peut se dégager, comme les deux premiers, être soulevé, mis verticalement et rejeté comme eux entre les deux branches de la navette pourretomber en dessous. Cette opération faite, aucun autre ne peut plus bouger; mais le 4e, qui vient d'être baissé ou descendu, peut être remonté, en suivant le sens inverse, c'est-à-dire en passant d'abord de côté entre les branches pour revenir ensuite vers le bout de la navette et reprendre sa position primitive ; remettons-le dans cette position et voyons ce qui empêche le 3e anneau de passer. Procédons par voie de tâtonnement avent d'établir une règle. Pour cela, remontons nos deux premiers anneaux en les faisant d'abord passer ensemble entre les branches de la navette, et en faisant ensuite passer le bout de la navette dans leur ouverture. Après quoi, faisons descendre le 1er anneau seul; nous voyons de suite que le second ne peul descendre seul, mais que le 3e n'éprouve plus aucune difficulté à opérer. Baissons donc le 3e et essayons maintenant de baisser le 4e; cela est impossible. Baissons le 2e (après avoir monté le 1er, avec lequel il doit être descendu) et nous avons, en dessous de la navette, les anneaux 1 , 2 et 3. Quant au 4e il ne peut descendre; essayons pour le 5"; l'opération se fait sans difficulté. Mais ensuite aucun autre anneau ne veut plus descendre. Nous savons déjà comment on fait descendre le 4e; il faut remonter le 3e. En talonnant nous nous apercevons que ce 3e ne peut être levé que lorsque le 2e est levé devant lui et que le 1er est descendu; montons donc les deux premiers, puis descendons le 1er; etle38 n'opposera plus aucune résistance; abaissons le 2e (a l'aide du 1er) et le 4e descendra facilement; relevons le 2e pour faire descendre le 3e; puis abaissons le 2° (toujours avec l'aide du 1er); comptons les anneaux descendus : il y en a cinq. Le 6e refuse de descendre; mais le 7e obéit sans difficulté et il y a 6 anneaux descendus. Maintenant, nous tenons la règle : Un anneau quelconque, sauf le premier, ne peut être monté pu descendu que s'il se trouve placé immédiatement à gauche d'un anneau monté, et si celui-ci est le seul anneau monté, à la droite de l'anneau considéré. Pour descendre le 6e anneau, il suffit donc de remonter le 5e par une série d'opérations inverse de celle qui a été suivie pour sa descente; quand le 5e