SON SAINT-CRÉPIN, PORTER TOUTSO.N SAINT-CRÉPIN
perdre, porter tout ce qu'on a. Cette façon de parler vient de ce que les cordonniers qui courent le pays portent leurs outils dans un sac ([u'ils appellent un snint-erêpin.
CRÉPIN et CRÉPINIEN (Saints), saints que les cordonniers ont pris pour patrons, morts vers 287 après J.-C. Si l'on en croit la tradition, ces deux Romains, (jui étaient frères, se réfugièrent en Gaule pendant la persécution de IJioclétien, prêchèrent l'Evangile à Soissons et gagnèrent leur subsistance en faisant de la cordonnerie. Fête le 2.5 octobre.
* CRÉPINE s. f. (rad. crêpe). Sorte de frange qui est tissue et ouvragée parle haut : crépine d'urgent. — wJargon. Bourse: passe-moi la crépine.
CRÉPINS s. m. pi. Menues fournitures de cordonniers.
* CRÉPIR v. a. Enduire de crépi.
' CRÉPISSAGE s. m. Action de crépir.
CRÉPISSOIR s. m. Outil servant à crépir.
' CRÉPISSURE s. f. Le crépi d'une muraille. On dit ordinairement, crépi.
CRÉPITANT, ANTE adj. Qui crépite.- Rals CRiirnANT, bruit de la respiration qui se produit dans la pneumonie au premier degré.
•CRÉPITATIONS, f. Bruit redouble d'une
flamme qui pétille, d'un corps qui brûle cti pétillant. — Chir. Bruit que produisent par leur frottement mutuel les frag-ments d'un os fracturé.— Méd. Bruit, produit par l'air dans les cellules des poumons, caractéristique de la pneumonie et de l'emphysème.
CRÉPITER v. n.(lat. CJ-epito-e, fréquentatif, de crepare, faire du bruit). Pétiller, faire entendre un bruit sec et fréquent. - .Méd. Faire entendre une sorte de râle, quand la respiration est embarrassée.
* CREPON s. m. Sorte d'étoffe de laine ou de soie, qui est un peu frisée, et qui ressemble au crêpe, mais qui est beaucoup plus épaisse: crépon de laine. — »v Crépons, petits paquets de faux cheveux dont le-; femmes se servent pour faire boulier leurs chignons.
" CRÉPU, UE arij. (rad. crêpe) Crêpé, très fris.\ Ne se dit guère que des cheveux : les néyres ont les cheveux crépus. — Bot. Feuille CRÉPUE, feuille dont le bord est ondule et plein de peliles rides foil rapprochées.
* CRÉPUSCULAIRE adj. Aslron. Qui appartient au crépuscule : Iumié7-e crépusculaire. — Cercle crépusculaire, cercle de la sphère que l'on suppose passer par le degré où se trouve le soleil quand le crépuscule cesse.
* CRÉPUSCULE s. m. (lat. crcpuseulum). Lumière qui précède le lever du soleil ; celle ([ui resie après le soleil couché jusqu'à ce que l.i nuit soileiilièremcnl close: le crépuscule du niai in ; le crépuscule du soir.
CRÉPY ou Crespy en-Laonnais, Crispeiuw, ville du dép. de l'Aisne, cant. el à 1 1 kil. N.-O. de Laon; 1,711 hab. 'l'railé du 18 sept. I.ï41, entre François 1'^'' el Charles-Quint. Le roi de France renonça à ses prétentious sur Naples, Milan, la Flandre, le Piémont et la Savoie (oii il conservait néanmoins Pignerol elMontinélian). L'empereur dut évacuer la Champagne el perdit ses droits sur la Bourgogne.
CRÉPY ou Crespy-en-'Valois, ch.-l. de cant., arr. et à22 kil, U. de Senlis (Oise), 4.381 bah. Munies d'un châleau construit au x' siècle el habité par plusieurs rois de France.
CREQUI, commune du cant. deFruges (Pasde-Calais); 1,145 hab. Ruines du château qui iipparlint à la famille de Créqui.
CRÉQUI, famille féodale qui a fourni plusieurs personnages célèbres et qui s'estéteinle en 1801.
•CREQUIER s. m. Prunier sauvage. Est resté terme de blason où il ressemble à un chandelier à sept branches. — Crésalol. (V. S.)
* CRESANE s. f. [kre-2a-ne].'Voy. Crassane.
* CRESCENDO adv. [kress-ain-do] (mol ital.). Mus. En renforçant, en enflant par degrés les sons de la voix ou des instruments : ce passage diiit être exécuté crescendo. — S'emploie aussi comme substantif masculin : cette ouverture se termine par un admirable crescendo. — Quelquefois dans le langage ordinaire, signifie, en augmentant: sa mauvaise humeurva crescendo. Dans cette acception, il est familier et ne se dit guère que par plaisanterie.
CRESCENTIE s. f.[kre-sain-si] {deCrescenzi, agronome italien du xiii" siècle). Bot. Genre de bignoniacées, type de la tribu des crescentiees, comprenant une dizaine d'espèces d'arbrisseaux, qui croissent dans l'Amérique tropicale.
CRESCENTIE, ÉE adj. [krô-sain-si-é]. Bot. Qui ressemble ou qui se rappoiteàlacrescentie. — s. f. pi. Tribu de bignoniacées, ayant pour type le genre crescen lie elà laquelle appartient le genre calebassier.
CRESCENTINI (Girolamo) [kré-chain-ti'-nij.
Célèbre soprano italien, né près d'Urbin, vers 1700, mort à Naples en IS46. Entré au théâtre en 1788, il fut accueilli avec le plus grand en-
CRES
CRÈT
Ihousiasrae dans toule l'Europe, et vint a Paris de 1806 à 1812. 11 a composé un très beau recueil d'exercices de vocalisation musicale.
CRESCENZI (Pietro de\. [dé-kré-chain'-dzi], astronome italien, néaBolot'ne en li'.ill, mort eii 1320. Son Opus runiUum commodorum (Âugsbourg, 1471), a été traduit en plusieurs langues. — Crésol. (V. S.)
CRESPIN (Jean), Crispinus, imprimeur, né à .\rras, refueié à Genève vers 1348, mort de la peste en la72; a puhlié unexcellentlexique grec et latin, l.i60, in-fol.
CRESSERELLE ou ' Crécerelle s. f. (nom lire du cri de cet oiseau". Ornith. Espèce de faucon très commun en France, où on lui donne aussi le nom A'cmoucket et celui d'épereier des alouettes. Le mâle mesure 38 cenlimèlres de long sur bfi centimètres d'enverpure; son bec bleuâtre est noir à la pointe. 11 a les tarses jaunes, le dessus du corps roux
d'eau, et l'on renouvelle temps.
CRESSY.Voy. Crécy.
CREST [kièsslt], ch.-l.
37 lui. O.de Die(Drôme;
582 bab.
li taire.
jelie-ci de temps en
de cant., arr. et à sur la rive droite de sert
Tour romane qui
CrcssercUc (Tianunculus alauduiius).
tacheté de noir; le dessous blanc avec des taches noi'-es allongées; la tête et la queue d'un gris cendré. La femelle, un peu plus grosse que le mâle, ne porte pas le même plumage; ses parties rousses sont plus claires et finement rayées de noir; elle est rousse en dessous avec des taches noires; sa queue roussâtre est barrée de noir. Elle lait son nid au printemps, dans les maisons abandonnées, dans les vieilles tours ou sur les arbres les plus élevés des forêts ; elle y pond cinq ou six oMifs rougeâtres, plus foncés aux extréniiics, longs de 33 millimètres. Les jeunes naissent couverts d'un duvet blanc.
CRESSICULTEUR s. m. Celui qui cultive le cresson.
* CRESSON s. m. (anc. haut ail. ftresso). Bot. Genre de» cruinfères, tribu des arabidées dont l'espèce la plus connue crolldausleseaux vives et se mange ordinairement en salade, ou avec du rôti. — C'est une herbe vivace, haute de 30 à 40 centimètres, à tigesrameuses, creuses tendres, cannelées; à feuilles ovales, divisées, pleines de suc; à fleurs petites, blanches, en grappes terminales. — Méd. Le suc de cresson est employé contre le scorbut et les scrofules à la dose de 60 à 100 gr. — Cresson ALÉNOis. (Voy. Alénois).— Cresson amer, nom vulgaire d'une sorte de cardamine. — Cresson DE fontaine, cresson proprement dit. — Cresson de chien, sorte de véronique. — Cresson DORÉ ou cresson DEROCHE, synon.de dorine et de saxifrage doré. — Cresson d'Inde ou DU Pérou, capucine. — Cresson des ruinks, passerage. — Cresson de terre, vélar précoce.
* CRESSONNIÈRE s. f. Lieu baigné d'eau où croit le cresson. On fait des cressonnières artificielles dans dos baquets à demi remplis de terre; on y plante le cresson que l'on couvre
la Drôme; de prison mi
* CRÉSUS s. m. [kré-zuss] (de Crésus, n. pr.). Se dit souvent, dans le langage familier, d'un homme extrêmement riche : c'est un Cnsiis.
CRÉSUS. fils d'Alyatte, roi de Lydie, auquel il succéda vers l'an "571 av. J.-C. 11 fut le dernier roi de ce pays. Les tributs auxquels il soumit les Grecs de l'Asie Mineure, et l'exjiloitation des mines d'or et des sables aurifères du Pactole, lui donnèrent d'immenses richesses. 11 élendit ses conquêtes jusqu'à la rivière Halys. Astiage, roi des Mèdes, chassé par son petit-lils Cyrus, implora le secours de Crésus. Celui-ci a"près avoir olfert 20 millions à l'oracle de Delphes, en lui demandant s'il devait ou non secourir Astiage, reçut de cet oracle une réponse ambiguë, et se fit battre à Tymbrée en 548. Après cette défaite il se renferma dans Sardes sa capitale; en b/»;;, il y fut assiégé, fait prisonnier et condamné à être brûlé. Etant sur le bûcher, il prononça trois fois le nom de Solon, qui lui avait dit un jour» qu'avant sa mort personne ne pouvait être appelé grand ou heureux i>. Si l'on en croit .Xénophon, Cyrus épargna le monarque vaincu, dont il fit son conseiller et son ami. — Crcsyl, Crésylol, etc. (V. S.)
• CRÉTACÉ, ÉE adj. (lat. creta, craie). Géol. Qui est ou qui tient de la nature de la craie ; terrain crétaeé. — Groupe crétacé, série de roi'hes stratifiées constituant la division supérieure de la formation secondaire. Ce groupe contient les dernières couches dans les(iuelles on trouve des restes fossiles d'animaux dont les espèces sont entièrement éteintes; il est divifé en groupe supérieur et en groupe inférieu;-.
CRÈTE. Voy. C.indie et (V. S )
• CRÈTE s. f. (lat. crista). Morceau de chair rouge, ordinairement dentelé, qui vient sur la tète des coqs et des poules, et de quelques autres oiseaux : belle crête; ç/rossa crête. — Huppe que quelques oiseaux ont sur la tête : la crête d'une alouette. — '^\g. el fam. Lever LA crête, s'enorgueillir, s'en faire accroire : il commence à lever la crête, et à vouloir faire l'entendu. Signifie aussi, se montrer, paraître avec plus de hardiesse. -- Baisser la CRÊTE, perdre de son orgueil, de sa vigueur, de ses forces. — Rabaisser la crête a otel-
QU'UN, LUI DONNER SUR LACHETE, rabattre l'Ol'-
gueii de quelqu'un, le mortifier. — Bot. CiiÉTE-DE-coy, plante fort commune dans les prés, dont la tlour est en casque, et dont les graines sont bordées d'une large membrane.
— La partie relevée qui se trouve sur la tête de quelques reptiles et de quelques poissons.
— Crête DE MûKUE, certains endroits du dos de la morue, vers la tète. — l'ar anal. Lu haut de la terre qui est relevée sur le bord des fossés, dans les champs : la crête d'un fossé. — La partie la plus élevée d'une montagne, d'un rocher, d'une grosse vague : il n'a pu monter jusqu'à la crête du rocher. —
— Pièce de fer élevée en forme de crête sur un casque ou sur quelque autre coiifure semblable : la crête d'un morion, d'un armet, d'un casque. — Archil. L'ensemble des tuiles faîtières d'un toit. — Anat. Se dit de plusieurs saillies osseuses : la crête de l'elkmoide; la crête du tibia. — w. Chir. Créte-de-coo, excroissance charnue qui se forme dans certaines maladies sur quelipies parties du corps.
'CRÈTE, EE adj. Qui a une crête -.un coq bien crête.
CREU
CRÉTEIL[i mil.], commune du cant. et à 4 kil. de Cliarenton-le-Ponl ;4,208bab.Comliat du 17 sept. 1870. Château moderne.
• CRÉTIN s.m.!(all. kreidling). Méd. Celui qui est affecté de crétinisme : la plupart des crétins sont sourds et muets. — Fam. cl fig. C'est UN crétin, sedit d'un homme stupide. — ■ Encycl. Le crétin est un individu chez lequel une idiotie partielle ou complète se joint à une grande difformité physique. Les signes caractéristiques du crétinisme sont : une large face, une tournure grossière, un corps trapu, une poilrine étroite, des memlires petits et dillormes, des genoux saillants, des pieds plats et un ventre aussi mou qu'une mamelle. Les crétins peuvent à peine marcher, comfuendre ou s'exprimer. Leur nombre dans les districts subalpins est efl'rayant. Dans quelques localités de la Suisse, de la Prusse rhénane, et dans les cantons alpins de France et de Savoie, il y a des villages où il n'existe pas un homme sain de corps et d'esprit. Les recensements des dernières années ont prouvé que l'Europe contenait plus de 50,000 crétins, alors que les établissements de bienfaisance qui leur sont destinés ne pouvaient en contenir plus de 2o0. Le D' Guggenbûhl a le premier tenté le traitement systématique du crétinisme, à Abendberg, eu 1839, mais son essai et ceux de plusieurs autres n'ont pas produit de résultats.
CRÉTINEAU-JOLY f(Jacques), publiciste et directeilr de plusieurs joui'uaux monarchistes des départements, né à Fontenay (Vendée), le 23 sept. 1803, mort en déeembie 1874. .\ publié une Histoire de la Vendée militaire (lS40);une Histoire delà compagnie de Jésus, elc.
CRÈTINISER v. a. Rendre stupide. — Se orétiniser, v. jir. Devenir stupide.
* CRÉTINISME s. m. Méd. Maladie qui règne dans les gorges de quelques montagnes, surtout parmi les goitreux, etquiest caractérisée par une sorte d'abrutissement, joint à une conformation vicieuse de certains organes. — Fam. et fig. Coniplèle imbécillité.
CRETOIS. OISE s. et adj. Habitant de la Crète; qui appartient a ce pays ou àses habitants : Epiménide dit : tous les Cretois sont des menteurs.
• CRETONNE s. f. (de Crcton, nom de celui qui fabriqua le premier cette toile). Sorte de
chaîne de chanvre
toile cretonne
des environs de Lisieux.
*CRETONSs.m.pl.(rad. crête). Résidu delà fonte du suif et de la graisse dos animaux, dont on fait ordinairement des pains qui servent il nourrir les chiens.
CREULLY, ch.-l. de cant.. arr. et à 18 kil. N.-U. de Caen (Calvados); 677 hab. Eglise romane; vieux château fort, monument remarquable de l'architecture du moyen âge.
CREUSE. I. Rivière qui naît au village de Croz (arr. d'Aubusson, Creuse). arrOsé Clairvaux, Aubusson, traverse le déparlonie'nt de l'Indre, sépare celui d'Indre-et-Loire de celui delà Vienne, et va se jeter dans la Vienne un peu au-dessous deCrozant, après un coilrs de 268 kil. Encaissée entre des roches sombres et escarpées, elle s'y est creusé un lit qu'elle ronge incessammentet c'està cetravail qu'elle doit sort nom. En été, elle denieurerait à sec, sans les digues et les barrages qui retiennent ses eaux. Au temps des pluies, et à la fonte des neiges, elle reçoit d'impétueux torrents qui, roulant d'escarpement en escarpement, arriventjusqu'à elle en formant mi Ile bruyantes cascades. — Ses princijiaux aftlucnts sont :1a Bouzanne, la Claise el, l'Anglin.— II. Déparlemi'iit centra! de la France, formé d'une grande partie de la provinee de la Marche el
toile blanche très forte, à
et à trame de lin. — Adjectiv.
CREU
CREU
CREV
de quelques tenlloires (lélaolios rlii Limousin, du lîcri'i et do l'Auvergne ; entre les départements du Glii-u-, del Indre, delaHaute-Vienne, de la Gorrèzn, de l'Allier et duPuy-de-Dûme; 5,571 kil.carr.; 279,366 hab. Territoire élevé, dont la charpente se relie aux montagnes de l'Auvergne et du Limousin et dont les points culminants sont le mont Féniers (920 m.), la forêt de Chateauvert (931) et le signal de Grosrlier (900). Fertiles vallées de la Creuse, du Cher, de la Gartompe, de la Vienne et du Thaurion, qui sont s'énéralenient resserrées entre des roches granitiques. Granit, cliarlion de terre, pypse, argile des potiers, fruits, chanvre. Célèbres tapisseries d'Aubusson et de Feiletin. — Ch.-l. Guéret. 4 arr., 'i.T cant., 266 comm. Ressort de la cour d'appel de Limoges et de l'académie de Clermont. Le département fait partie du diocèse de Limoges.
— Ch.-l. d'arr. : Guéret, Aubusson, Bourganeuf ut Buiissac.
CREUSE [kré-u-ze). L Fille de Priam et d'Uecube, épouse d'Enée et mère d'Ascagne. Sé|:iarée de son mari pendant la confusion de la nuit qui suivit la prise de Troie, elle disparut. — IL Fille de Créon; elle fut victime de la vengence de Médée.
* CREUSEMENTS, m. Action de creuser.
• CREUSER V. a. [kreu-zé] (rad. creux). Faire un creux, caver, rendre creux •.m-euser la terre. — Fig. Ciieuskr sa fosse, creuser son T0UBE.1U, altérer sa santé par des excès, se rendre soi-même la cause de sa mort. — Se CREUSER LECEiiVE.\u, sc donnerbcaucoup de peine, de fatigue pour approfondir une matière, pour découvrir ou inventer quelque chose : il s'est creusé le cerveau à chercher la pierre philosophale, la quadrature du cercle. — • Approfondir quelque chose, y pénétrer bien avant : creuser un sujet, une question. — Absol. et sans régime, tant au propre qu'au figuré : creuser en terre. — Se creuser v. pr. Devenir creux : cet arbre se creuse profondément.
" CREUSET s. m. [kreu-zè] (bas lat. crosol- /us). Chim. et Métall. Petit vaisseau de n^atières rét'ractaires, destiné à supporter de hautes températures, et qui sert a faire fondre certaines substances, princioalement les métaux : les creusets déterre, d'argent, de platine. — Se dit en parlant des choses morales qu'on soumet à un examen, qui subissent quelque épreuve : éprouver une pensée au creuset de la raison :
L'homme t'piirc ^n vie .m creuset du malheur.
Amelot. Lnins IX.
— Encycl. Quelques étyraologistes pensent que le nom de creuset vient du latin crus, crucis, croix, à cause de l'habitude où étaient
I les alchimistes de le marquer d'une croix.
. Les creusets affectent des formes diverses et sont faits de dilt'érentes matières suivant le but qu'ils sont destinés à atteindre : les uns sont en argile, d'autres en argije mêlé de sable, ou en plombagine mêlée avec environ la moitié en poids d'argile (pour l'acier). Les creusets de fonte sont souvent employés dans la docimasie des sulfures; ceux de platine dans plusieurs procédés d'analyse.
CREUSOT ou Creuzot (Le), appelé hameau de Charconnières, avant la fondation il.' l'établissement métallurgique de la société Schneider et C'"; ch.-l. de cant., arr. et à 30 kil. S. d'Autun (Saùne-et-Loire) ; 32,U34 hab. Ville toute contemporaine, qui doit son rapide accroissement à la richesse des houillères qui l'entourent, aux forges, ateliers et hautsfourneaux que l'on y a créés.
CREUTZ (Gustave-Philippe, comte uk) poète et diplomate suéilois, né vers 1726, mort en ns;;. Envoyé comme ambassadeur à Paris, il y négocia en 1783 un traité de commerce avec Franklin. 11 fut ensuife ministre des af-
faires ('■frangèrcs et chancelior de l'université d'Upsal. Ses poèmes ont été publiés en 179,'i.
* CREUX, EUSE adj. [kreû](bas lat. crosum). Qui a une cavité intérieure : ne bdton est creux.
— Fani. Avoir le ventre creux, le ventre BIEN CREUX, avoir besoin de manger. — Il n'y EN A PAS POUR SA DENT CREUSE, SB dit en parlant d'un repas où il n'y a pas suffisamment à manger pour quelqu'un. On le dit aussi, dans une acception plus figurée en parlant d'un gain qui ne suffit pas à l'avidité de quelqu'un. — Chasse. Trouver buisson creux, ne plus trouver dans l'euceinlc la bête qu'on avait détournée. — Trouver buisson creux, ne pas trouver la personne ou la chose qu'on était allé chendier. — Viande creuse, mets qui ne nourrit point, qui n'est point solide : leséercvisses sont viande creuse pour un homme de bon appétit. Se dit aussi des divertissements qu'on propose à une personne qui a besoin de manger : la musique rst une viande bien creuse pour un homme a/fumé. Se dit encore des choses futiles, et principalement des ouvrages d'esprit où l'on peut puiser une instruction solide : la plupart des romans sont une viande bien creuse pour l'esprit.—- Fig. et fam. Se repaItre de viandes creuses, se remplir l'esprit d'idées chimériques, d'espérances mal fondées. — Fig. Visionnaire, chimérique: esprit creux, idée creuse. — C'est une tète creuse. se dit d'une personne qui a peu d'idées ou peu de bon sens. On dit de même, cerveau
CREUX, CERVELLECREUSE. — SoNNER CREUX, Se dit
des corps dont le son, lorsqu'on les frappe, indique qu'ils sontcreux et vides : cette statue sonne creiix. Dans ces phrases, creux est pris advei'bialeiuent. — Fig. Sonner creux, se dit des personnes et des choses qui ont quelque apparence, mais point de ijualilés réelles : il est beau parleur, mais ses discours sonnent creux. —Gavé, concave : avoir les joues creuses.
— Des yeux creux, des yeux très enfoncés dans la tète : il a les yeux creux. — Songer creux, ne faire que songer creux, rêver profondément à des choses vaines, chimériques. — Songe creux (Voyez celte expression, à son rang alphabétique, dans la lettre S). — Profond. : cette assiette n'est pas assez creuse.
' CREUX s. m. Cavité : faire un creux. — Le creux de la main, la cavité qui se fait dans la paume de la main, quand on la plie un peu. Le creux de l'estomac, cette cavité extérieure qui est entrel'estomac et la poitrine. On dit de même : le creux de l'aisselle, le creux DE la nuque. — Pop. Avoir du creux, un bon CREUX, UN ppAU CREUX, Se dit d'un homme qui chante la basse, dont la voix peut descendre fort bas. On dit de même : c'est un beau creux.
— Art. Moule dont on se sert pour mouler, ou pour imprimer quelque figure de relief : un creux de plâtre. — Fig. Vide, vanité d'une doctrine, d'une opinion : je trouve un grand creux, bien du creux dans cette fiction de l'espi-it.
CREUZER (Georges-Friedrich) [kroït-seur], philologue allemiiiid, né en 17; 1, mort en 18 is. Il fut d'abord prot'cisseur de grec à l\larl)urg, puis do 1804 à 1845, professeur de philologie et d'histoire ancienne à Heidelberg, où en 1807, il prit une part active à la fondation d'un séminaire philologique, devenu depuis très important. Il publia Plolinus et Cicéron, et écrivit beaucoup sur les matières grecques et latines. Hermann Voss, et plusieurs autres combattirent ses théories sur l'extrême antiquité et l'origine orientale des systèmes mytliologiques grecs, théories qu'il avait exposées dans ses Symiolik und .anthologie der alten Votker, besonders der Griechen (4 vol., 1810-'I2),
CREUZNACH [kroïts-nâkhl, ville de la Prusse rhénane, sur la Nahe, à 12 kil. S. de Bingen; 19,500 hab. Aux environs se trouvent les I
sources minérales les plus riches du monde en iode et en brome. Les eaux de Creuznach sont très efficaces dans les maladies scrofu-
leuses.
CREVAISON s. f. Jargon. Action de crever, de mourir.
CREVANT adj. Jargon. Drôle ou triste, au point de fiire crever de rire ou d'ennui : j'ai
été à cette réun'ion, c'était crevant.
CREVANT-SUR-YONNE Voy. Gravant.
* CREVASSE s. f. Fente qui se fait à une chose quis'entr'ouvre ou qui se crève : ily avait une crevasse à la muraille. — Méd. Syn. de
Gerçure.
* CREVASSER v. a. Faire des crevasses : le froid lui a crevassé les mains. — Se crevasser, v. pr. Devenir crevassé : cette muraille commence à se crevasser.
* CREVÉ, ÉE part, passé de Crever. Subst.
Un gros crevé, une grosse crevée, un gros homme, une grosse femme. — Siilistantiv^ lui termes de tailleur et de couturière , certaines ouvertures pratiquées aux manches des robes de l'omnie ou des habits à l'espagnole. — »» Petit crevé, nom que l'on donna, sous lo second Empire, aux jeunes gcnsqui donnaieiil un grand soin à leur toileltc. On dit aujourd'hui gommcux, poisseux, boudiné, et, dans un certain wiomic., prh ut ti'ux.
' CRÉVE-CŒURs. m. Grand déplaisir, grande douleur mêlée de dépit : quel créve-cœur !
CRÉVECCEUR, ch.-l. de cant., arr. et a 36 kil. N.-O. de Clermont (Oise) ; 2.189 hab. Château du w" sièide, construit en briques.
CRÈVECŒUR, Crepicordium, comm. du cant.
de Marcùiiig (Nord), sur la rive droite de l'Escaut; 2,335 hab. Ancienne seigneurie réunie à la France en 1077.
CRÈVECŒUR (Philippe de) baron d'Es- QUKitiJES, maréchal de France, mort en 1494.11 fut conseiller intime de Charles le Téméraire, puis favori de Louis XL Sa folle impétuosité à la bataille de Guiuegate fit tourner la victoire en défaite. Il signa ensuite le traité d".\rras (I4S-J), qui fit passer aux mains de Louis XI le comté d'Arras et les deux duchés de Bourgogne ; il vainquit le duc Maximilien en Picardie. Charles VUI le nomma maréchal.
CRÈVECŒUR, (Hector Saint-John de), agronome français, né à Caen en 1731, mort en 1813. Il passa six années en Angleterre à étudier l'agriculture et l'économie politique, alla ensuite résider à New-York où il s'établit fermier, fut envoyé comme prisonnier on Angleterre pendant la Révolution, retourna aux Etats-Unis comme consul général do France, et passa ensuite la plus grande partie de sa vie en France. Il a puhfié les Lettres d'un cultivateur américain (2 vol. Paris, 1784), et un récit de son voyage en Pennsylvanie et dans l'état de New-York.
CRÈVE-FAIM s. m. Nom donné dans les régiments aux engagés volontaires par les soldats que le sort a appelés sous les drapeaux.
CREVELDT. Voy. Cp.efeld.
* CREVER V. a. (lat. erepare). Faire éclater, rompre, faire rompre avec un effort violent ; le débordement des eaux acrevéla digue. — Giiever UN cheval, le fatiguer si fort qu'il en meure, ou qu'il en reste fourbu. — Grever les yeux, se dit des choses qu'on a sous les yeux, et que cependant on ne voit pas : vous cherchez votre gant, te voilà, il vous crève les yeux. — Crever le CŒUB, causer une grande compassion, mêlée quelquefois d'horreur : ce spectacle me creva le cœur. — Fig. et fam. Soûler, faire boire et manger avec excès : il les creva de boiine chère. — V. n. S'ouvrir, se rompre par un effort violent : le canon creva dès le second coup. — Par exag. Crever d'embonpoint, '.j:;
GimssE, être escessivemcnl gras. — Crevcr D\NS SA PEAU, ê.lfc ?ias à pluinc peau, a ne plus leiiii' dans ses habits. Eprouver quelque "i-and dépit qu'on s'ellbrce de renfermer en soi-même. — Ckeveii de biens, regorger de biens. — Crever de faim, de soif, avoir une grande faim, une grande soif. — Crever de CHVLD, avoir excessivement cliaud. — Crever DE RIRE, rire avec excès. — Crever d'orgueil, DE DÉPIT, de rage, d'envie, etc, êlro rempli d orgueil,de dépit, etc. — v.n.Mourir.Encesens, il ne se ditguère que des animaux : cechien avala dupoiiion et ilen creva. — Cah. Fairecrever le RIZ le faire gonfler à l'eau bouillante. — oe crever v. pr. Eclater : une huile de savon qui voltxje et se crève. — Fig. et fam. Se crever DE travail, de fatigue, travailler avec excès. — Se crever de boire et de manger, ou absolument. SE CREVER. — *v Jargon. Tu t'en ferais CREVER, équivaut dans le langage des vovoiis à l'adverbe jamais.
• CREVETTE s. f. Petit crustacê marin qu'on nomme dans quelques endroits sahcooue, et dans d'autres c/tcurt'«c.— »* Jargon. Femme de mœurs légères; féminin de crevé. CRE'WE [kroû], ville du Cheshirc (Angleterre), à 32 kil. S.-E. de Chester ; 24,3S5bab. Autrefois un villase insignifiant, Crewe est aujourd'hui un centre où se croisent des chemins de fer importants, et où 1 on trouve de vastes ateliers de machines à vapeur, de wagons, ainsi que des forges, etc.
• CRI s. m. Voix haute et poussée avec effort: grand cri; pousser un grand cri.— Se dit quelquefois au singulier des cris pousses par plusieurs personnes à la fois : un cri s'éleva dans lasscmhlée. — Jeter, pousser les hauts CRIS, se récrier, se plaindre hautement : cette innovation fit jeter tes hauts cris. — Voix ordinaire des animaux, et particulièrement des quadrupèdes et des oiseaux : le cri d un ant- ^^^l. — Par anal. Bruit aigre que certaines choses font entendre : le cri de la scie. On appelle cri de l'étain, le petit craquement que ce métal fait entendre lorsqu'on le plie. — Chasse. Chasser a cor et a cri, chasser a grand bruit, avec le cor et les chiens. — Deu^.NDER quelqu'un A COR ET A CRI, le chercher en demandant partout de ses nouvelles. On
dit aussi , DEMANDER UNE CUOSE A COR ET A CRI,
la demander, l'exiger d'une manière pressante. — Proclamation de la part du magistrat, pour défendre ou ordonner quelque chose : cri pour ordonner ou empêcher le cours d'une monnaie. — Par anal. Se dit en parlant des marchands et ouvriers ambulantsqui annoncent à haute voix leur genre de commerce oudindustrie. le prix de ce qu'ils vendent etc. : les cris de Paris; le cri d'un ramoneur. — Se dit également de certaines phrases brèves que l'on prononce à très haute voix, pour donner quelque avertissement, pour exprimer quelque émotion vive, etc. : un cri d'alarme se fit entendre. — Cri de guerre, cri d'armes, ou simplement, cri, se dit de certains mots qu'une nation, une ville, une maison illustre portail écrits sur ses drapeaux, sur les cottes d'armes, et que les gens de guerre, marchant sous ses bannières, avaient coutume de crier en allant aux combats : le cri des Français était Montjoie ^aint-Denis. — Se prend Dg. pour les plaintes et les gémissements des personnes qui sont dans l'oppression, dans l'affliction, etc. : les cris de l'opprimé. — Fig. 'l'oule opinion manifestée hautement ; et alors il s'emploie surtout en parlant de plusieurs personnes qui s'accordent à blâmer, à désapprouver quelqu'un ou quelque chose : il n'y a qu'un cri contre lui. — Le CRI public, l'opinion publique, favorable ou contraire : apaiser le cri public. — N'avoir qu'un cri après quelqu'un, se dit de plusieurs personnes qui en désirent, qui en attendent une autre avec impatience. — Se dit encore, fig., des mouvements intérieurs qui nous pur-