‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 39 sur 568 · CH!L · texte numérisé non relu

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l'été. En général, les Chiliens ne vivent pas vieux. Des maladies pulmonaires, des affections du cœur et du poumon et des dysenteries épidémiques, réduisent la durée moyenne de la vie liumaine. A Santiago, le nombre d'heures de pluie cstde 215 par an ou environ neuf jours; au S. il pleut davantage, mais au N. il tombe encore moins d'eau, et dans le désert d'Atacama on n'en voit presque jamais. Des vents violents et des tempêtes sont fréquents pendant certaines saisons; quant aux tremblements de terre, ils sont ici plus fréquents que dans aucun aulre lieu du globe; on a conservé le souvenir de ceux de 1570, de 1647, de 1730, de 183o, de 1837, de 1851 et de 1871, qui furent les plus destructifs. — Une grande partie du territoire, couverte de hautes montagnes ou d'arides déserls, est tout à fait improductive; mais le sol, quand on peut le labourer, est fertile et produit du blé, de l'avoine, de l'orge, du maïs, du chanvre, des fèves, des pois, des patates, des melons, etc., ainsi que d'excellents fruits : pommes, poires, pêches, oranges, citrons, prunes, abricots, figues, raisins et cerises. Les provinces méridionales fournissent beaucoup de bois de construction. Partout prospère le bœuf, ainsi que le cheval, qui est très dur à la fatigue, et d'excellentes mules. Les moutons, les chèvres et les cochons sont nombreux, mais de médiocre qualité. Les animaux indigènes les plus remarquables sont le guanaco, le pudu, le guamul, le chinchilla et le pichiciego; parmi les oiseaux se dislingue le condor. Les chonos, espèce d'huître, abondent sur la côte, où l'on rencontre aussi le phoque. — Environ la moitié du commerce extérieur a lieu avec la Grande-Bretagne; le trafic est important aussi avec la France. l'Allemagne, les Etats- L'nis.le Pérou, la Bolivie et la république Argentine. La valeur des importations s'élève annuellement à 65 millions de pesos; celle des exportations est de 65 millions. Au Chili, la marine marchande possède 191 navires jaugeant 90,783 tonneaux, y compris 40 vapeurs jaugeant 22,897 tonneaux. L'industrie, peu développée, comprend quelques corderies. des fabriques de toiles, de ponchos, de savon, de suif, etc., des tanneries, des moulins, des distilleries, des poteries, etc. Le charqui, ou bœuf desséché au soleil, est produit en grande quantité. Le Chili compte environ 2,709 kil. de chemins de fer en exploitation et l'on étudie le projet d'une ligne centrale qui doit traverser les Andes et ensuite toute la république Argentine. Au Chili, la longueur des lignes télégraphiques est de 12,691 kil. — Co.NSTnurio.N. D'après la constitution de 1833, le pouvoir exécutif est confié à un président élu pour cinq ans et assisté d'un cabinet de cinq ministres. Les électeurs du président, au nombre de 327, sont nommés par les voleurs ou citoyens payant une certaine taxe et sachant lire et écrire. Le président n'est pas rééligible ; ses appointements sont de 22.500 pesos. Le pouvoir législatif se compose de deux assemblées (sénat et chambre des députés). Le sénat comprend 37 membres, élus pour six ans par diiiliicls et par le suffrage direct des voteurs. La chambre des députés compte 9i membres élus pour trois ans, à raison d'un député par 30,000 habitants, et fraction descendant jusqu'à 15,000 dans chaque dép. Les principaux pouvoirsjudiciaires sont confiés aune cour suprême siégeant à Santiago, à trois cours d'appel (Santiago, Concepcion etla Serenaietàdes cours de départements. Chaque province est gouvernée par un intendant que le présiilent nomme pour trois ans. Hecetles, 58 millions de pesos; dépenses, 67 millions. Dette intérieure, 21 millions; dette extérieure, 47 millions. L'armée se recrute au moyen d'engagements volontaires. L'effectif réglementaire fixé annuellement s'élève a 3,573 hommes et à 490 oUiciers; la garde nationale

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garde nationale compte 42,120 hommes et 935 ofiiciers. Par suite de la guerre avec le Pérou el la Bolivie, l'armée active et la garde nationale ont été assez notablement augmentées. La marine chilienne se compose de la manière suivante :

Chevaux. Canons. Marins. Équipage.

3 Frégalos Win.ices, . . . 2.000 19 572 4.004

4 Corvolk'S 1.140 33 52ô 4.500

2 Cinoimii'irs 140 3 105 412

1 Croiseur 100 ? 48 240

3 Pontons — — 70 3.000

12 Transports — — — —

25 Naviros 3.380 "ii" 1.320 12.216

Cet ell'ectif a été considérablement augmenté pour fa're face aux besoins de la gueire avec le Pérou. — Instructio.n. 1,285 écoles primaires, dont 810 publiques; 85,445 élèves, dont 50,720 garçons et dî dans les écoles publiques. Pour l'instruclioii secondaire, il existe 10 lycées du gouvernement. A la tête du système d'enseignement, se trouve l'Université chilienne, créée à Santiago en 1842. — Religion. La religion catholique romaine est seule reconnue par l'Etat ; mais les autres cultes sont tolérés. Il y a un archevêché à Santiago el des évôchés à la Serena, à Concepcion el à Anaud. — .Monnaies. L"unité monétaire est la piastre d'argent ou peso d'argent, ayant le poids, le titre el la valeur de notre pièce de 5 fr. Le rapport de l'or à l'argent est de 1 à 16,38 ; aussi le peso d'or ne vaut que 4 fr. 72 de notre monnaie ; ses multiples sont l'escudo = 2 pesos ; le doblon = 5 pesos ; le condor = 10 pesos d'or ou 47 fr. 28,43. Les monnaies divisionnaires d'argent sont les 50 cenlavos (2 fr. 50), les 20 cenlavos (1 ff.), le décimo (0 fr. 50), el le 1/2 décimo (0 fr. 25). - Mesures ET POIDS. L'adoption du système métrique français a été décrétée par une loi du 29janv. 1848. Mais on se sert encore généralement des anciens poids et des mesures de Caslille. — Hist. Le Chili fut découvert en 1535 par Diego Almagro, l'un des conquérants du Pérou. Lorsque Almagro eut traverse les Cordillères, les indigènes, considérant les Espagnols comme des êtres supérieurs que protégeait la divinité, réunirent pour leur être agréables, une grande quantité d'or el d'argent, évaluée à 290,000 ducats, présent funeste qui ne fil qu'éveiller la cupidité des étrangers. Dès 1546, les cruels aventuriers avaient réduit la population en esclavage ; ils no rencontrèrent de résistance ocrieuse que du côté de l'Araucanie, au S. du Chili, el entreprirent une guerre sans résultat, qui se tenniua, en d66ii, par un traité reconnaissant l'indépendance des Araucaniens. Une nouvelle guerre contre ces derniers commença en 1723 el dura pendant bO ans; les braves indigènes restèrent libres. Pendant ce temps, la colonie espagnole s'était fortifiée, elle avait formé, avec la race indigène, un mélange de sang qui avait produit le peuple acluel, au milieu duquel la race purement blanche a su conserver sa pré|iundérance. La population, opprimée par l'Espagne, se souleva el se déclara indépendante, le 18 sept. 1810. La lutte commença aussitôt contre les troupes royales et se continua pendant longtemps avec des résultais divers. San Martin ayant remporté une victoire décisive sur les Espagnols le 12 févr. iy'l7 el ceux-ci ayant été complètement massacrés îlans les plaines de Maypu le 5 avril 1818, l'indépendance du Chili fut assurée. Des troubles permanents empêchèrent d'établir une coiistitulion ; on en adopta une en 1828 : mais elle fut renversée le 22 mai 1833 et renipiarée |iar celle qui sulisisle encore. De môme que it» autres répiubliques d'origine espagnole, le Chili vil dans un état de trouble presque perpétuel. Les plus formidables insurrections dalenld'avril 18il oLdescpt. 'ISiil. Celle de l*cdi'o Gallo, commencée en déc. 18;i8, ne fut terminée qu'en avril [H'.i'.t, La paix c.vtérieure fui troublée en 1862 parle soulèvement des Araucaniens, chez lesquels notre compa-

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triote de Tonneins s'était établi avec le titre de roi el le nom d'Aui-élic-.\iitoine l". Ce souverain ay.iiil été capturé, le calme se rétablit. Peu après, le Chili prit fait el cause pour le Pérou en guerre avec l'Espagne, el le 47 sept. 1805, une flotte es]iagnole, commandée par l'amiral Pareja, se ^nontra devant "Valparaisû, qui sert de port à Santiago. Les côtes chiliennes furent bloquées el Valparaiso fui impitoyablement bombardé, par l'amiral Nunez, le 31 mars 1866. L'intervention amicale des Etals-Unis ramena la paix qui fut signée à Washington le 11 avril 1871 Pendant cette lutte, les Araucaniens s'étaient soulevés; ils furent facilement réduits à l'obéissance. Au commencement du mois d'avril 1879, la guerre éclata entre les deux républiques du Chili el du Pérou, Les hostilités eurent pour motif le refus de la pari du Chili de reconnaître le traité signé le 6 févr. 1873, entre le Pérou el la Bolivie ; en ce sens qu'il revendiqua, comme son propre territoire, la côte bolivienne, située entre le 2;i° cl le 24° degré de latitude. Le 21 mai, eut lieu, à la hauteur d'Iquique, un combat naval suivi, le 23, d'un engagement plus sérieux. Le cuirassé péruvien Huascar coula le navire en bois chilien Hesméralda, tandis que le cuirassé péruvien Independencia atterrit en donnant la chasse au navire en bois Cavadonga et reçut au-dessous de la cuirasse un coup de canon qui le désarma. Au bombardement d'Ichiquique, par la flotte chilienne, le 16 juillet 1879, la Hotte péruvienne répondit parle bombardement de Caldera, le 21 du même mois. La réplique fut un second boinbafdement et la destruction d'Ichiquique, le 8 août. Deux cuirassés péruviens boiuliardèrent le port, la ville el la forteresse d'Autofagasla, le 28 août, el Calama, surpris par les Chiliens, fui repris par les forces unies de Bolivie el du Pérou, le 1°'' sept. La bataille navale de Mejillones entre les flottes cuirassées du Chili et du Pérou se termina par la capture du magnifique cuirassé Huascar qui tomba entre les mains des Chiliens, le 8 ocl. I87'J. La défaite des alliés devant Pisagua, leSnov., fui suivie de la prise de la ville qui porte ce nom, ainsi que de Tarapaca, le S nov. Une revanche des alliés à Quinllagoa, près de Loa, le 13 nov., ne put empêcher les Chiliens d'occuper la ville de Conclias Blancas, le 17, el eut pour réplique la déroule complète de l'arméebolivienne-péruvienne du général Buendia devanlSan Francisco (Pérou), le 19 nov., et la prise de la corvette péruvienne Pilcomayo, le 22. Les Chiliens subirent un échec devant Tarapana, le 25, mais ils se relevèrent aussitôt et ne tardèrent pas à envahir le territoire de leurs ennemis. — Bibliogr. Amtario Estadistico, Santiago de Chili, 1S79, in-8o.

CHILIADE s. f. [ki-] (gr. chilias, de chilioi, mille). Millier, mille objets de même nature. — Becueil de vers divisé par parties de mille vers : les chiliades de Tzctzès.

CHILIARCHIE [ki-li-ar-kî]. Ant. grec. Troupe placée sous les uidics d'un ch'diarque el composée de 1,024 hommes formant 64 files d'hoplites sur Itj de piofondeur.

CHILIARQUE s. m. [ki-] (gr. chiliarchos ; de chilias, mille ; arche, puissauce). Ant. gr. CummanJaiit d'une chiliarchie.

CHILIASME P. m. [ki-] (gr. chilias, millier). Milléimim uu règne de mille ans ; chez les Fersans, chaque prophète a son chiliasine, et quand le cercle des chiliasmcs sera lipuisé, viendra le paradis défuiilif. (Renan.)

CHILIEN, lENNE s. et adj. Qui est du Chili ; qui afipai'Uent au Chili.

CHILLAN, ville du Chili, capitale de la province de Nubie, à 154 kil. N.-E. de la Conception ; 20,800 hab. Laine très estimée.

CHILLEURS-AUX-BOIS, village du cant. età

cm. M

CIIIM

14 lîil. rie rilhiviers (Loiret), sur la lisière de la forèl d'Orléans; I,j7:ilial). Combat très vif enlri! les Français du lii" corps (général Martin de Pallières) et les Allemands, le 3 décemlirc 1870. Les Français battirent en retraite et laissèrent sans prolectionlaviUe d'Orléans, qui l'ut occupée le lendemain par les cnneniis.

CHILLICOTHE Llchil-li-ko-tbe]. 1. Ville de l'Etat d'Obiu (Etats-Unis sur la rive droite du Scioto, à 13o kil. N.-E. de Cincinnati; 11,288 hab. De iSOO à 1810, cette ville fut la capitale de rOliio. Aux environs, se trouvent de remarquables travaux de terrassement dont on

jourd'hui d'arsenal. Uyron l'a rendu célèbre dans son « Prisonnier ilo Cliillon )>.

CHILMARI ou Chilmaree [tchil ma-ri], ville du Bengale, sur le Brahmapoutre, à 55 kil. S.-E. de l{u[igpour.

CHILOE [tchi-lo-é] l. Province méridionale du Chili, comprenant les archipels de Cliiloe ft de Chonos; 10,348 kil. carr.; 80,500 hab. Capitale : San Carlos ou .\ncud, dans l'Ile Chiloe. Les iles de la côte occidentale de Palagonie appartiennent nominalement à celte province.— IL lie situéeà l'extrémité S.-O. du Chili, entre 41» 4!;' et 43" 30' lat. S., et entre 7,ï" 30' et 76" uO' long. 0., séparée du continent au N. par le détroit do Cliacas, large de 1 kil., et àl'E. par le gulfe d'.\ncud, large do 50 kil. La longueur dè'ccttc île est de ISO kil. du N. au S.; sa largeur, de 2i; à 80 kil. La côte occidentale est rocheuse et s'élève, d'une façon abrupte, à ,'>00 et même 1,000 mètres de hauteur. On rencontre çà et là quelques baies.

AiicIlus Iravaux, près de Chillicolhc (Ghio).

ne connaît pas l'origine, mais que l'on suppose avoir servi do fortification à des peuplades qui existaient il v a environ 2,000 ans. — IL Ville de l'Etat de'.Missouri, à Mb kil. E. de Sainl-Josepb; 6,000 hab.

CHILLINGWORTH ( 'William ) [ tchil'lignoue'jrllii, ecclésiastique anulais 1 1602-'44). Ses œuvres complètes ont été pul>liées eu 1742 (nouv. édit. en 1838). Chillingworth était considéré comme le plus habile logicien de çon siècle.

CHILLON (château de), castrum de Chillionne, forteresse fcudak', située à l'extrémité E. du

àkau de Chillon.

lac de Genève (Suisse), et construite au yiie ou au xiii" siècle. Pendant longtemps, le château de Chillon fut une prison d'Etat; il sert au-

nulle part de grandes rades. L'intérieur est couvert d'âpres montagnes. Climat tempéré et sain. La saison pluvieuse dure pendant dix mois. Production de pommes de terre, de lin, de tabac, de légumes et de fruits. Poissons et coquillages. — Outre cette île principale, l'ar cliipel de Chiloe comprend plus de 60 petilciles, situées entre elle et le continent, etduni :iO à peine sont habitées.

CHILON, l'un des sept sages de la Grèce ; vivait en .'iOO av. .1 -C. 11 était éphore à Sparte et mourut de joie lorsque son lils remporta leprix de pugilat aux jeux olympiques. On lui attribue les mots « Connais-toi toi-même » qui sont inscrits dans le temple de Delphe.-.

CHILOPLASTIE s. f. [ki-](gr. chcilos, lèvre ; plassi-iji, fin; on lier). Cliir. Opération qui consiste il ri'sliluer une lèvre détruite.

CHILOPODE adj. [ki-] (gr. cheilos, lèvre ; pous, podoa, pied). Entom. Uoiit la lèvre inl'rrieure est formée de la réunion de doux pieds, ^ s. m. pi. Famille de myriapodes, dont la lèvre inférieure est formée do la réunimi dr deux pieds. Goures principaux : scutigère, lithobie et scolopendre.

CHILPÉRIC. nom de deux rois francs. — \. Quali ii'iur, fils de Clolaire 1", né en o3 i. roi de Soissons en ■'itil. 11 fit étrangler su femme légitime, Galswiuthe, pour épouser Frédégonde, sa concubine; et celle-ci le lit assassiner en 584, après l'avoir poussé à comineltre un grand nombre de crimes. — IL Hoi fénéant, fiils présumé de Childéric II, l'ut tiré du cloître en 715 et régna 5 ans sous le joug de Charles Martel.

CHIMAPHILE s. f. [ki-ma-fi-le] (gr. cheima, hiver; pliileo, ]'a.\aic]. Bot. Genre de pyrolacées comprenant trois espèces d'arbu.stes toujours verts, que l'un rencontre sous les latitudes septentrionales des deux continents. La chinuiphile à ombelles {chimiiphila umbellala) porte des feuilles employées en médecine dans les maladies des reins et des voies urinaires. CHIMAY [chi-mé].L Ane. principauté de la province de Hainaut (Belpique). Elle appartint depuis I7')0 à la famille française Kiquel de Caraman, — 11. Capitale de cette principauté, sur la Blanche, à 44 kil. S. de Charleroy; 3,360 hab.

CHIMAY (Jeanne - Marie - Ignace - Thérèse, PRINCESSE de), femme célèbre, née en Espagne vers 1775, morte en 1835. Fille du ministre des finances espagnol Cabarrus, elle épousa à BordeauxM.de Fonlenay, devint bientôt libre par un divorce, adopta les principes de la Révolution, en fut ensuite ell'rayée, voulut s'enfuir en Espagne et fut arrêtée. Mais Tallien, en mission dans la Gironde, la lit mettre en liberté, et, frappé de sa grande beauté, ne larda pas a l'épouser. Elle l'encouragea dans sa résistance contre Robespierre et fut la cause indirecte de la révolution de

Thermidor, qui renversa ce' proconsul. Sa beauté, son esprit et la haute position de Tallien firent d'elles pendant plusieurs années la reine de la mode. Ses mœurs laissaient forl à désirer : elle se présenta un jour aux Tuileries dans un costume romain des plus transparents qui révélait, d'une manière un peu trop apparente, les beautés classiques de su personne ; et elle donna à son époux des motifs de plainte beaucoup plus sérieux; elle profita de la captivité de Tallien en Angleterre pour faire prononcer son divorce et elle épousa, en 1805. le comte de Caraman, plus tard prince de Chiinay. — La cour impériale lui l'ut fermée, mais elle conserva son prestige pendant longtemps. Elle mourut au château de .Méiiars, [liés de Blois.

CHIMBORAZO |tchimm-bo-rà'-ço], montagne do lEi-iiador (Amérique du Sud), par '■" 20 lai S. et 81" 22' 30" long. 0. Saciine, éternellement couverte de neige et qui s'élève à 6,530 mètres au-dessus du niveau de la mer.

passait aulrefois pour le point ciilminnnl du globe. En juin 1802, Humboldt gravit cette montagne jusqu'à une hauteur de 5,80 ) mètres, et le 16 décembre 1831, J.-B. Boussuigault atteignit (),004 mètres.

• CHIMÈRE ?. f. (gr. chimaira). .Monsiro f.iluileux, ayant le devant d'un lion, le milieu du corps d'une chèvre, et le derrière d'un dragon : Bellérophon combattit et tua la Cliimérc.

— Imaginations vaines et qui n'ont aucun fondement: avoir des chimères dans la tête.

Nous pouvons, s"il nous plait, donner pyui- vèri ables Les chimères des temps pastê».

La MoTiiE.

— IV Icht. Genre de poissons carlilaginenx, de l'ordre des holucéphales, et qui semble former un groupe entre les esturgeons et les requins. Ils sont ovipares et portent leurs gros œufs dans une membrane semblable à une capsule. Dans la chimère arctique [chimxra monstrosa, Linn.), les yeux ont une pupille vcrdàlre, entourée d'un iris blanc ; leur prunelle brille, surtout dans l'obscurité, comme celles d'un chat, d'où vient leur nom populaire de chuts de mer. Leur couleur est d'un blanc d'argent avec des raies noirâtres; leur queue, presque aussi longue que le corps, se termine en pointe allongée; leur longueur varie entre I mètre et 1 mètre 30. On les ren-

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coiilre dans la mer du Nord el dans l'Atlantique septentrionale, où elles poursuivent les

(.liiiiicre arctique (Chimsera itioo^trosa).

bancs de harengs et d'autres poissons migrateurs. Elles se nourrissent également de crustacés et de méduses. Leur chair est coriace ; mais les Norvégiens mangent leurs œufs.

• CHIMÉRIQUE adj. Visionnaire, plein de chimères, d'imaginations ridicules et vaines : esprit chimérique. — Se dit des imaginations, des prétentions, des espérances ou des craintes qui n'ont aucun fondement solide et réel: être ihimi'riijue, prétention chimérique.

CHIMÉRIQUEMENT adv. D'une manière chi-

niéii(iue.

CHIMIATRE s. m. [chi-] (gr. chémeia, chimie ; intrus, médecin). Médecin qui pratique la chiniiatrie.

CHIMIATRIE [chi-] (rad. c/i/mmire). Application des théories chimiques à la science médicale. — Abus des préparations chimiques dans le traitement des maladies.

' CHIMIE s. f. (gr. Chemeia ou Chcmia, nom primitif de l'Egypte, où l'on suppose que cette science a pris naissance). Science qui a pour objet la coi'.naissance de l'action réciproque et moléculaire de tous les corps de la nature les uns sur les autres ; autrement dit, science qui recherche la composition et certaines propriétés de la matière. — Il serait impossible de déterminer exactement à quelle époque la chimie obtint un développement tel qu'elle mérita le nom de science, mais il est certain qu'un grand nombre de faits chimiques ont été constatés dès les premiers siècles. Les Egyptiens avaient de très prandes connaissances en cette matière ; leur habileté dans l'art de la teinture fait supposer qu'ils connaissaient les produits chimiques indispensables et surtout les mordants; leurs prêtres avaient évidemment quelques notions de la chimie appliquée à la pharmacie. Les Phéniciens faisaient de la teinture, du verre, et pratiquaient l'importation de l'étain. Les Grecs, au temps d'Homère, paraissent n'avoir eu d'autres connaissances en chimie que celles qu'ils avaient empruntées aux Egyptiens et aux Phéniciens Les Romains connurent le mercure, et pour dorer, ils mirent à profit la propriété qu'il a de dissoudre l'or. Ils combinèrent plusieurs alliages dans lesquels entraient l'acier, le verre, le vinaigre et le savon. Mais leurs connaissances en teinture étaient inférieures à celles que possédaient déjà les Egyptiens. La conversion des métaux les plus vils en métaux de valeur, et la préparation d'un élixir de vie furent chez eux les premiers essais de la chimie ; l'intérêt qu'on porta d'abord à ces travaux fut, sans aucun doute, la cause première de la constatation d'un grand nombre de faits utiles. — Les Arabes tirèrent probablement leurs connaissances en chimie, connaissances qu'ils étendirent ensuite, de rE;;yple, qu'ils envahirent dans le vii« siècle. Leurs" connai.ssances sur les sels étaient relativement étendues; ils étudiè-

rent cl dci'iivireiit avec exactitude l'alun, le salpêtre, l'ammoniaque et le sulfate de 1er. Geber a jiarfailement décomposé les carbonates des alcalis, et a décrit l'emploi de la chaux pour les rendre caustiques, ainsi que la |iréparatioii de l'acide sulfurique par la dis- , iillation de l'alun : et celle de l'ariiic nitrii[iR' par la distillation du salpêtre et du sulfate de fer; enfin la préparation de l'acide acrti(pie par le vinaigre, et de Vaqiia-reyia par l'acide nitrique el le sel ammoniaque. Au moyen des acides ainsi obtenus, on a pu préparer des sels artificiels, tels que le nitrate d'argent et le bichlorure de mercure; c'est ainsi qu'on put i dissoudre l'or. Les découvertes importanli's des Arabes comme chimistes subirent un temps d'arrêt à partir du xii= siècle, mais au siècle suivant cette science se répandit de nouveau, grâce à l'impulsion que lui avait donnée ce peuple industrieux dans la plus grande partie du N.-O. de l'Europe. Albert le Grand, au xiii" siècle, surpassa Geber. Au xn" siècle, l'alchimie ou transformation des métaux devint dans tout le monde civilisé l'objet principal des recherches cliimiques, en dépit d'une bulle par laquelle le pape Jean XXII défendit ces recherches en 1317. — Au xve siècle, Basile Valentine donna, pour la première fois, une définition claire el précise du bismuth et du zinc ; il prépara l'antimoine el plusieurs nouveaux sels. Il obtint également l'acide murialique, en distillant du sel commun avec du vitriol vert. Au xyi^ siècle, une séparation commença à s'établir entre la chimie proprement dite et l'alchimie. Le trait caractéristique de celte époque fut l'intime alliance entre la médecine et la chimie, et Paracelse, qui contribua puissamment à ce changement, introduisit dans l'usage de la médecine d'innombrables préparations chimiques. Pendant la première moitié de ce siècle, Agricola, le Saxon, perfectionna l'art de la métallurgie, dont il est regardé comme le fondateur. Les idées de 'Van Helmont (I.Ï77-1644), au sujet des éléments ditïèrent essentiellement de celles des chimistes précédents. 11 considérait l'eau comme le principal ingrédient de toutes choses. D'après lui, l'eau formait toutes les parties des végétaux, les parties lerri'uses aussi bien que les paities combustibles. 11 introduisit dans la chimie le terme ;jaz, définit plusieurs espèces de gaz et les distingua des vapeurs. Dans l'autre moitié du svii« siècle, la fondation de plusieurs sociétés savantes fit faire d'immenses progrès à l'élude de la chimie ainsi qu'à celle des autres sciences. Vers la fin de ce siècle, une quantité d'observations servirent de cadre à la chimie moderne et amenèrent des explications et des classifications importantes. A celte époque, des données nouvelles furent mises en avant par Boyle (1626-'yi), qui définit d'abord les acides el les alcalis par rapport à leur action sur les couleurs végétales, el démontra que ce qui a été dissous dans l'un, peut être précipité par l'addition de l'autre ; et encore aujourd'hui, plusieurs réactions d'abord décrites par Boyle, sont d'un usage commun. Bêcher, qui mourut en 1()82, considérait la calcination des métaux el la combustion en général comme un procédé de décomposition dépendant de l'expulsion, au moyen du feu, des terres combustibles. Cette doctrine lut bientôt adoptée par Stalil, elsous le nom de <( théorie phlogislique >> caractérisa uneépo<pi'- dans l'histoire de la science. Pour la première fois alors, la chimie marcha sur un pied d'égalité avec les autres sciences naturelles. Le but de la chimie ne fut plus de fabriquer de l'or, ou de guérir des maladies, mais d'arriver à la connaissance de la composition des corps, d'expliquer les phéuoinènes qui accompagnent leur formation et leur décomposition, et d'établir quelle relation existe entre leurs propriétés et leur composition. Durant la dernière moitié du xvir sii'p'lc

el le commencement du xviiie, les noms de Boerhaave, Homberg, GeolTroy, Margratf et Macquer, sont célèbres sur le continent; elles chimistes anglais de cette époque s'occupèrent à observer des faits qui. dans la suite, furent les armes les plus redoutables des ennemis de la théorie phlogislique. Les expériences de Black, de Caveodish el de Priestleysur la chaleur et les gaz conduisirent naturellement au renversement de ce système, quoique les deux derniers en eussent adopté certaines idées modifiées. Une des plus importantes découvertes de Priestley fut la préparation de l'oxygène par l'oxyde rouge de mercure et la chaleur. Les travaux des chimistes suédois, Bergmann et Scheele, ajoutèrent beaucoup aux progrès de la chimie. La méthode d'analyse par la voie humide, introduite par Boyle, n'avait été que peu suivie, lorsque Bergmann, mettant cette idée en pratique, établit une série complète de réactifs, et en enseigna l'usage. 11 établit ainsi les fondements du système actuel d'analyse inorganique. Il faudrait un volume pour énumérer les observations originales et les découvertes de Scheele (1742-'86). Rien que ses recherches dans la chimie organique, suffiraient pour le désigner comme l'un des meilleurs analystes qui vécurent jamais. Il prépara l'oxygène à peu près à la même époque que Priestley, et d'une manière tout à fait indépendante, ainsi que Priestley lui-même l'a reconnu. 11 l'obtint, en ell'el, du peroxyde de manganèse el du salpêtre, aussi bien que des oxydes d'arirent et de mercure. Rarement, l'introduction d'une doctrine entièrement nouvelle, n'a dépendu aussi complètement d'un homme que le système actuel de Lavoisier. Lorsque, à la loni.'ue, ses recherches eurent prouvé que l'oxydation des métaux est accompagnée d'une augmentation de poids, les partisans de la théorie phlogislique alléguèrent, que le feu combiné avec les corps, possédait une légèreté absolue, et qu'en conséquence son absor|)tioii dans la calcination devait augmenter le poids d'un corps. Guylon de Morveau essaya le premier, en 1782, de donner une idée de la composition d'une substance au moyen de son nom ; il s'associa à Lavoisier, Berlhollet et Eourcroy pour donner naissance à un système qui se rapprocha tellement de la perfeclion, que malgré l'immense développement que cette science a reçu et malgré la découverte d'un grand nombre de substances dont l'existence n'a pu être prévue à l'époque de la formation de ce système, il n'a subi de changement que tout récemment. Berlhollet fit plusieurs recherches importantes; il détermina la composition de l'ammoniaque, découvrit le mercure fulminant et contribua beaucoup à faire connaître ce qu'on sait de l'acide prussique, du chlore et de l'acide hydrosulfurique. Les applications techniques qu'il tira do la chimie furent aussi nombreuses qu'importantes. La principale est l'usage du chliu-e pour le blanchiment. 11 n'admettait qu'un petit nombre de corps composés dans lesquels les éléments composants n'entraient que dans une proportion constante. Dans la plupart des corps, il considérait les éléments comme capables de s'unir dans une proportion quelconque entre deux limites ; par exemple, le fer pouvait s'unir avec l'oxygène dans n'importe quelle proportion entre le proto.xyde et le peroxyde ; mais Proust démontra que, lorsque deux substances s'unissent dans des proportions diverses, les composés formés sont peu nombreux et sont séparés les uns des autres par des intervalles sans jamais se fondre graduellement l'un dans l'autre. Il a expliqué correctement la composition du minium, de l'oxyde magnétique de fer, etc., el a fait voir les erreurs commises par ceux qui, auparavant, s'étaient livrés à des recherches sur le même sujet, et la nécessité de ne pas confondre les comjiosés cliiniiqucs avec les mélanges

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mécaniques. Les Tues de Proust furent bienlôt considérées comme correctes par les chimistes, en dépit de l'opposition de Bertliollet. Dans la suite, de plus importantes découvertes furent fuites, et les chimistes commencèrent à considrrer les rapports que les poids des divers éléments d'un corps ont les uns avec les autres, et à rechercher quelle quantité il faut d'une substance pour en remplacer une autre dans un composé. C'est ainsi que prit naissance l'idée des équivalents chimiques, et on reconnut bieutôt que les combinaisons chimii[ues ont lieu, nou seulement dans des rapports constants, mais aussi dans de simples rapports de poids. Wenzel, en 1777, et Richter, en 1792, en .Vllemagne,- furent les premiers qui s'elïorcèrent d'appeler l'attention sur ce sujet, mais leurs opinions fuieiit ncgiiiîées jusqu'à ce qui; la publication de la théorie atomislique de Dalton (1766-1844) y ait ramené les esprits des chimistes, et alors ces opinions contribuèrent à établir solidement la doctrine de Dalton. Wollaston ( 1766-1 SiS) étendit et répandit cette théorie, sui'toul par la publication de son Echelle des équivalents chimiques. La découverte que lit Gay-Lussac (1778-1830) de la loi des combinaisons en volume, en vertu de laquelle les gaz se combinent les uns avec les autres, fut la plus impoi-tante de toutes celles qui out rapport à la doctrine de Dalton ; elle prouva que les composés chimiques sont formés seulement dans des proportions peu nombreuses, fi.xeset définies, ainsi que l'avaient déjà démontré les recherches de Proust sur la composition des corps solides. On ne tarda pas à s'apercevoir que, la gravité spécifique d'un gaz étant conuue, son poids atomique peut être facilemeni calculé, d'où la détermination de la densité des gaz prit une grande importance. Simultanément aux investigations sur les poids atomiques et sur les volumes atomiques qui occupèrent les chimistes après les découvertes de Dalton et de Gay-Lussac, on s'occupa des rapports qui existent entre le galvanisme et les phénomènes de l'affinité; une vive lumière fut jetée sur ce sujet par les recherches de sir Humphry Davy, qui démontra le premier que l'eau pure, quand on la décompose par le galvanisme, ne produit que de l'hydrogène et de l'oxygène; que les acides (nitrique et muriatique) et les bases (ammoniaque et soude) (jbtenus par ses prédécesseurs, avaient été produits soit par l'air contenu dans l'eau, soit par l'action du courant galvanique sur les vases employés pendant la préparation. Etudiant cette action avec plus de soin, il parvint à séparer les métaux des alcalis fixes, de la potasse, de la soude, et prouva que ces dernières sont des oxydes métalliques. Des recherches sur les composés du chlore, que l'on considérait déjà comme un élément, naquit l'idée des acides d'hydrogène, el l'on admit que les substances ne contenant pas d'oxygène sont des sels. Nul chimiste, depuis Lavoisier, n'exerça une influence comparable a celle de Berzélius (1779-1848). 11 existe bien peu de substances à la connaissance desquels il n'ait pas contribué, et on lui doit la découverte des éléments métalliques. En même temps que Hisinger, il obtint le remarquable amalgame que forme le mercure avec le radical hypothétique appelé ammonium; l'admirable système de symboles chimiques aujourd'hui en usage, lui doit son origine. Suivant les traces de Davy, Faraday (1791-1867) fut plus heureux dans le développement dos relations de l'électricité à la chimie. Toutes ses expériences tendirent à soutenir l'idée, suggérée par Davy, que l'électricité et l'affinité chimique ne sont que différentes expressions d'une seule et même force. Bien que ses principales recherches se rapportent particulièrement à la physique, elles sont quelquefois du plus grand iiiléièt pour la chimie. De

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môme que Faraday, .Vlilscherlich, de Berlin (I79i-I863), travaillant à la fois dans le domaine de la physique el dans celui de la chimie, exerça une grande inlluence, surtout par sa découverte do la loi de l'isoinorphismc et du dinmrphisme. Cette découverte, venant après toutes celles de Faraday, el celle des physiciens français Dulong et Petit, concernant la relation entre les chaleurs spécifiques et les poids équivalents des substances, appela l'altentioii des chimistes sur les relations physiques des corps. Une école physico-chimique se fonda ainsi, el à cette écoleappartiennenl plusieurs de nos sommités scientiliques contemporaines. La théorie des radicauxcomposés proposée par Berzélius prit de l'importance après que Liébig et 'Wœhler eurent publié, en 18:32, un mémoire sur les séries du benzoyie. La théorie de l'éthyle suivit presque aussitôt et fut adoptée par beaucoup de chimistes anglais et allemands. Ces résultats maniuent le commencement d'une ère nouvelle dans l'histoire de la chimie. Une foule d'élèves s'assemblèrent immédiatement autour de Liébig, qui e.xerça, par eux, une immense inlluence sur la direction de la science. Parmi les travau.t spéciaux de Liébig, on doit mentionner ses elîoris pour déterminer quelles substances il faut regarder comme des radicaux et pour classer, relativement à ces substances, tous les corps organiques connus; on cite aussi ses importants perl'ectionnements dans les méthodes d'analyse des substances organiques. — Le développement com|iarativemenl immense que l'étude des composés organiques a pris dans ces dernières années, a lini par conduire la science de la chimie à un point tellement élevé, que l'on peut prédire l'arrivée prochaine d'une ère nouvelle. Les lois par lesquelles les relations chimiques des composés inorganiques ont été si bien expliquées jusqu'ici, ne sont pas exactes, dans beaucoup de cas, lorsqu'on les applique aux substances organiques ; mais on pense que la division artilicielle en chimie organique et chimie inorganique n'a pas une base sérieuse. — Ne s'occupant plus de la résolution de certains problèmes, comme la transmutation des métaux, les chimistes ont complètement abandonné les ridicules aspirations de l'alchimie. Néanmoins, la possibilité d'elfectuer une telle transrjiutation a été récemment suggérée par la découverte de remarquables exemples d'allotropisme, terme employé pour signifier que le même corps peut exister sous deux ou plusieurs conditions diiîérentes, el posséder des propriétés physiques et chimiques distinctes. Le fait que le diamant, le graphite et le charbon, si dissemblables dans leurs propriétés, sont chimiquement identiques, attira peu l'attention tout d'abord, ainsi que les différents états du soufre et l'allotropisme moins apparent de plusieurs autres corps. Mais un profond intérêt fut éveillé par la découverte de l'ozone, découverte due à Schœnbein, de Bàle, et particulièrement par la découverte du phosphore rouge, due à Schrœtter, de Vienne. En 1828, Wœhler produisit artificiellement l'îo-ée, corps jusqu'alors connu seulement comme provenant de l'organisme animal. Depuis lors, l'acide acétique, l'alcool, le sucre de raisin, plusieurs huiles essentielles, similaires à celles de la pomme de pin, de la poire, de l'ail, etc., ont été formés par les combinaisons des gaz, de l'oxygène, de l'hydrogène et de l'acide carbonique. La barrière élevée par les anciens chimistes entre les corps organiques et les corps inorganiques a donc été brisée.

— 11 serait impossible d'énumérer ici tous les admirables travaux qui ont été accomplis par les chimistes contemporains. Citons seulement ceux de H. Rose (1795-1864), qui donna un grand développement à l'analyse inorganique ; ceux de Regnault, de Bunsen (né à Gœttingon on ISH), do Kopp el de Magiius (ISO!-

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'70). dans leurs recherches sur le rapport de la chimie avec les lois physiques ; ceux des deux premiers de ces savants pour perfectionner les procédés d'analyse du gaz; ceux deRammelsberg, de Pasteur, de Pelouze, deRedlenbachcr, de Malaguti,de Williamson, doHi'.intz, de Itnchleder, de Stiedeler, de Strecker, de Cahours, d'Anderson, de Kolbe, de Draper, de Wurlz, de Kekulé, de Fresenius, ainsi que de ceux qui ont déjà éténommésetd'unefoule d'autres, dans le champ de la chimie ori-'anique. La découverte des acides organiques anhydres par Gcrhardt mérite délie rappelée, aussi bien que le procédé de H. Deville, pour prépaier l'aluminium et le sodium sur une large échelle, découverte qui promet d'exercer sur les progrès de la chimie une inlluence égale a celle qui résulta de la fabricalion du potassium et du sodium par Guy-Lussac et ■fhénard. Parmi les autres chimistes qui ont fait progresser la science, rappelons le nom de Chevreul (né en 1786), auteur des Recherches chimuiues sur les corps gras d'urtyine anim.ale, qui onldonné l'idée des bougies desléariiie et de l'emploi de l'acide oléique pour la préparation des lainages; il s'est occupé aussi des couleurs et de la chimie appliquée à la teinture; citons ausssi Dumas (né en 1800), dont le Traité de chimie appliquée aux arts (8 vol. 1828-'4.')) est universellement connu; Laurent, qui découvrit l'acide carbolique ou [ihéniqueen 1846;Edw.TrdFrackland, qui fut le premierà isoler l'amyle, l'éthyle et le méthyle en 1849, Chaptal, Laurent et autres. L'analyse spectrale fut imaginée en 1861 par Kirchholf et Bunsen. Les méthodes analytiques appelées dialyse et atmolyse furent imaiiinées par l'Anglais T. Graham, l'une en 1861, l'autr* en 1863. Bœyer forma artificiellement de l'indigo en 1878. U y a aujourd'hui une tendance générale à employer la méthode volumélrique d analyse, à faire usage du chalumeau pour l'analyse quantitative comme pour l'analyse qualitative, et à appliquer le spectroscope à la recherche des substances rares. — La nomenclature chimique a subi un changement remarquable pendant ces dernières années. Les noms anciens ont élé abandonnés el ceux qui leur ont élé substitués sont beaucoup plus en rapport avec les notions modernes sur la véritable composition des corps. Les doctrines que quelques chimistes avancèrent d'abord timidement ont été graduellement acceptées par une majorité de savants écrivains elle langage chimi([ue est actuellement en état de transition. La valeur équivalente ou capacité combinanle d'un élément est aujourd'hui mesurée parle nombre d'atomes d'hydrogène ou d'autre élément moiioatomique DU univalentavec lequel rélément en question se combine. Le chlore, qui s'unit à un atome d'hydrogène est monoatomique, monoadique, ou univalent. L'oxygène qui se combine avec deux atomes d'hydrogène, est dialomique, dyadique ou bivalent. L'azote, qui se combine avec trois atomes d'hydrogène, est triatoniique,trialique ou trivalent. Le carbone, qui se combine avec quatre atomes d'hydrogène, est tétratomique, tétradique ouquadrivalent. Les éléments sont divisés en deux classes, l'une d'équivalence impaire, l'autre d'équivalence paire; les corps simples de la première classe sont appelés périssades; ceux de la seconde senommenl artiades; ex. :

Piîrhsades. . . N, P, .^s, Sb. Au.

\rti;idfS 0, S, Se, Te, Ba, Ca, Mg, Sn. Mo, W, etc.

— La nomenclature des composés a été adaptée au nouvel ordre de choses et, au lieu de dire acide carbonique, on appelle aujourd'hui ce composé dioxyde de carbone ou anhydride carbonique. Dans notre dictionnaire, il nous a semblé préférable de laisser aux substances le nom sous lequel on les connaît depuis longtemps; mais nous donnons aussi leurs appellations contemporaines. — Bibliogr.

Vnv. Henrv Watt, Dictionary of chemisty, 1S63

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CHIN

criiN

et suiv. Wuriz, Dicti'iuiiiiirc de rldmie, 4868 et suiv. — Chimie agricole. Science des relations chimiques de toiit'îs les substances que l'acricullure met en présence pour aboutir à la production. — Les plantes se nourrissent du sol et de l'atmosphère; elles ne se composent pas seulement de parties organisées; mais elles contiennent aussi des matières minérales appelées inorganiques ou constituants inorganiques. Ce sont ces matières qui donnent naissance aux cendres lorsqu'on brûle des vépélaux; les parties organiques s'évaporent en produits gazeux. — L'atmosphère fournit air\ plantes du carbone, de l'hydropèue, de l'azote et de l'oxygène, savoir : •1" le carbone, sous forme d'aciiie carbonique, est absorbé par les feuilles sous l'influence de la lu niére solaire. Cet acide subit une décomposition dans les cellules miscroscopiques de la plante; le carbone qu'il contient est seul retenu et assimilé; l'oxygène est exhalé par les feuilles; i" l'humid.té de l'air est une source abondante d'hydrogène et d'oas!/gè/ie ; 3" l'atmosphère contient toujours une petite quantité de carbonate d'ammoniaque. Or, l'ammoniaque, composée d'oxygène et d'azote, fournit cette dernière substance au végétal. L'acide nitrique, formé par l'oxydation de rammoniaque en produit également. La plante étant lixée et à demeure, il faut que sa nourriture soit continuellement en mouvement autour des organes destinés à s'en emparer. Les cendres fournies par les végétaux agricoles consistent en phosphates, sulfates, silicates et carbonates dépotasse, de soude, de chaux et de magnésie; avec une petite quantité d'oxydesdc fer et de manganèse et « de chlorites alcalins. On y trouve quelquefois d'autres oxydes métalliques. Des expériences et la présence invariable de ces substances prouvent qu'elles sont indispensablesà la végétation. Ainsi les céréales n'acquièrent jamais leur complet développement dans un terrain qui contient en quantité insuffisante l'une des substances suivantes : potasse, soude, chaux, magnésie, oxydes de fer et de manganèse, silice, chlore, acides pliospliorique et sulfurique. I^a nourriture des plantes est fournie par le sol ; l'eau la dissout, à l'aide de l'acide carbonique et de l'ammoniaque; lui servant ensuite devéhicule, elle l'amène à la bouche des racines qui la transmettent aux cellules (voy. Pl-\nte). — Les sols se composent de fragments pulvérisés des ruches; les- <piels fragnients se sont mélanf es avec certains produits de leur décomposition chimique et avec des matières organiques, débris de lavégation. La composition du terrain varie donc suivant la nature des roches dont il tire son origine. 11 est rare que de vastes étendue» de terrains dérivent exclusivement des roches qui se trouvent aujourd'hui audessous d'eux, ils consistent particulièrement en matériaux que les eaux diluviennes ont pris à des distances éloignées. — Lorsque le sol ne se laisse pas pénétrer par les racines ou lorsqu'il ne conserve par la chaleur ou l'humidité nécessaires, la végétation n'atteint par son complet développement, quelque riche que soit la composition chimique du terrain. Seules les parties solubles dans l'eau fournissent de la nourriture. Ces principes étant établis, il nous sera facile de comprendre l'utilité des engrais, de {'assolement, des amendements ( voy. ces mots ) et de toutes les pratiques agricoles qui ont pour but de modifier les qualités du sol. — Bibuogr. Sir Humphry Uavy, considéré comme lecréateur delà chimie agricole, tiublia,en 181.}, un livre qui n'excita qu'une médiocre attention [Eléments of agricultural chcmistry), mais qui inspira les travaux de Liébig. — En l'rance, l'Economie rurale de Buussingault (1844) produisit une grande impression. (V. S.)

"CHIMIQUE ad.j. Qui appartient à la chimie : nomenclature chimique; produits chimiques. —

Allumettes chimiques, allumettes au phosphore, que l'on allume par le frottement. — i\ Substantiv : iinc chimique.

CHIMIQUEMENT adv. Selon les lois de la chimie.

CHIMISME s. m. Ensemble des phénomènes qui sont produits par la chimie.

* CHIMISTE s. m. Celui qui sait bien la chimie, qui s'occupe de chimie.

CHIMITYPIE s. f. (de chimie et type). Procédé inventé, vers 1842. par le Danois G. Piil, pour obtenii', à l'aide d'agents chimiques, des planches en relief propres à l'impression.

• CHIMPANZÉ s. m. Quadrumane du groupe des Anthropoïdes. On ne le rencontre qu'en Arri(iue, principalement sur les côtes du Congo, de la Guinée et dans le Gabon. Ses bras" descendent plus bas que son genou. Ses jarabes ont une espèce de mollet; mais celui-ci ne peut se comparer au mollet de l'homme, car il se continue en diminuant in- SMisiblement presquejusqu'au talon. La main difl'ère de celle de l'homme en ce que son pouce est le moins erns des doist^. Son pied

au Jardin dos Plantes de Paris en 1844. La fdasse de la première variété est verdâtre; celle do la seconde est d'un blanc nacré.

CHINANDEGA [tchi-nann-dé-ga], ville du I Nicaragua, dans la plaine de Léon, à lO'kil. de Realejo, qui lui sert de port sur le Pacifique; 10,000 hab. Elle consiste en deux villes, appelées l'ancienne et la nouvelle Chinandega. Le congrès de la première confédération de r.^mérique centrale s'y réunit.

CHINCHAS (Iles), trois îlots de la côte du

Chimpanzé ^Troglodytes niger). — 1. -Main du chimpanzé. — ï.', pied. — . 3. crâne.

est une main à proprement parler; il possède un pouce extrêmement long, puissant et capable de se sépiarerbeaucoupdesautresdoigts. Les mœurs du chimpanzé adulte sont très peu connues; et ce que l'on en sait est tout au plus ce qu'en racontent les nègres.

CHIMSEYANS, nation indienne qui habite la côte .N.-O. de l'Amérique du N., depuis le détroit de Milbank, jusqu'à l'anse de l'Observatoire, et comprenant les Sebassas, lesNicelos. les Nass et plusieurs autres branches. Les Indiens de ces diverses tribus ont conservé l'habitude d'insérer un morceau de bois dur ou d'ivoire dans leur lèvre inférieure.

* CHINA s. m. Bot. Voy. Squine.

CHINAGE s. m. Action de chiner, de porter des marchandises sur son dos. — Vol au chi- NAGE, action de vendre du doublé pour de l'or et à escroquer sur des échantillons de bijoux; action d'augmenter frauduleusement la valeur apparente des objets.

CHINAGE s. m. Art de chiner les étoffes; ainsi nommé parce qu'il nous vient de la Chine. Il consiste à représenter dans le tissu un dessin quelconque, en donnant aux fils de la chaîne des couleurs différentes, de telle sorte que ces couleurs représentent un dessin après le tissage.

CHINA-GRASS s. m. (angl. China, Chine; gra.ss, herbe;. Uol. Espèce d'ortie asiatique qui fournit une matière te.xlile. On en connait deux variétés : le rkina-gra.ss de (Jhine (urtica nivea), introduit dans nos jardins butaiii(pies vers 1733, et le china-gruns de l'Inde [wiica jiWi's), également cultivé en Chine, introduit

- Extraction "lu i;n.iuû.

Pérou, par 13° 44' latitude S. et 78° 33' longitude 0.; à 19 kil. du port de Pisco. Leurs rivages, escarpés et pleins de précipices, s'élèvent perpendiculairement h 2o ou 30 pieds au-dessus de la mer. Ces lies sont le refuge d'une multitude d'oiseaux de toute grosseur, qui, par la suite des siècles, ont couvert le sol d'une couche de guano profonde de plus de 100 pieds Clilncha, la plus septentrionale et la principale du groupe, mesure 1 kil. de long et 3/4 de kil. de large. On a déjà enlevé la moitié du dépôt de guano dont elle est revêtue.

CHINGHAYCOCHA[tchinn-tchai-ko'-tcha],lac du Pérou, à 15 kil. S.-S.-E. de Pasco, à 4,000 mètres au-dessus de la mer; long de K.ï kil., large de 11 kil. Il donne naissance à la Jauja, l'un des principaux tributaires de l'Ucayali.

* CHINCHILLA s. m. [chain-chil-la]. Manim. Genre de rongeurs gros comme un écureuil et qui fournissent une fourrure très estiiuée. — Fourrure de cet animal. — Couleur gris clair semé de blanc, qui est celle de la fourrure du chinchilla. — Encycl. Le genre chinchina renferme deux espèces seulement : le rhhi'-hilln

Chinchilla lanigcra.

lanigera et le chinchilla brevicauda (watcrhouse), le premier particulier au Chili, le second habitant le Pérou. Les chinchillas vont par troupes et vivent dans des terriers. Ils se nourrissent des racines de plusieurs plantes bulbeuses. Doux et dociles, ils recherchent les caresses.

CHINCHILLA Itchinn-tchil'-ia], ville d'Espagne, sur une colline abrupte, à 11 kil. S.-E.

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d'Albacète (province de Murcie) ; 3,3tJS hab. Coton, j.'rainos, lainages et fruits.

CHINE (chinois, Tsin ou Tai-tsing). I. Empire de l'Asie orientale, comprenant la Chine proprement dite, la Mandchourie, les pays sujets (Mongolie, Thibet, Dzoungarie), et quelques dépendances devenues presque purement nominales, telles que le Turkestaii oriental et quelques autres; entre la Kussie d'Asie, la mer de Corée, la mer Jaune, le polfe du Tonkin, les Indes et le Turkestan; superficie, déduction faite des territoires cédés à la Russie, environ 12 millions de kil. cariés ; population, 4ii0 millions d'hab. — 11. (Chine proprement dite), empire dont le nom mdif-'ène est Tchuuy-Kaoïi, royaume du milieu, ou TchwKj-lioua, terre centrale fleurie; entre 18" et 43° lat. N. et entre 96° et 121° long. E., borné au N.-E. etauiN. par la Mandchourie et la Mongolie, à l'E. par l'Océan, au S. par le golfe du Tonkin, Annam, Siam, la Birmanie, à l'O. par le Thibet et la Tartarie chinoise. Voici, d'après les plus récentes évaluations, quelles sont les divisions, la superficie et la population de ce vaste empire :

pnovincBS

KILOH. CARn.

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