‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 434 sur 568 · ÉTAL · texte numérisé non relu

ÉTAL

neux, SnO; l'oxyde stanoso-stanniqùe Sn'O' et l'oxyde stannique SnO*. L'eau régale, en dissolvant l'étain, le transforme en chlorure stannique SnCI». Un mélange de chlorure stanni([ue et de chlorure stanneux ajouté, au chlorure d'or en solution, précipite une poudre pourpre, que l'on suppose être de l'oxyde stannique, coloré par l'or métallique en fines particules, ou qui pourrait être un mélange ou une combinaison des oxydes d'or et d'étain. Ce précipité est connu sous le nom de pourpre de Cassius (voy. Cassius), et employé à colorer la porcelaine et le verre, auxquels on l'incorpore par fusion. — L'étain métallique natif est l'un des minéraux les plus rares. On le trouve quelquefois en Sibérie, en Bolivie et cn Pennsylvanie. Il existe un sulfure natif (stannine, or mussif, pyrite d'étain); mais le seul minerai utilisé dans l'industrie est l'oxyde stannique, SnO' appcAé rassitérite, stannite ou pierre d'étain; gravité spécifique, 6-94. Forme cristalline : pyramides tétragonales. Ce minerai contient environ 78-38 "/o d'étain; il se présente en cristaux jaunâtres et translucide.» quand il est pur; mais, sous sa forme la plus ordinaire, il est d'un brun foncé, presque noir, en raison d'un mélange d'oxydes ferrique et manganique; on le rencontre sous cette forme en veines, en lits ou dans les dépôts secondaires (alluviaux et diluviens). La pierre d'étain se trouve dans les roches cristallines quartzeuses, associée aux pyrites ar senicales, aux pyrites de fer et de cuivre, au bismuth, à la blende, au wolfram,àla molybdénitc, etc., et à des minéraux terreux, tels que le feldspath, la tourmaline, la topaze, l'apatite, etc. Les mines les plus riches en dépôts de ce genre se trouvent dans la Cornouailles (Angleterre) et dans l'Erzgebirge saxonne et bohémienne. En France, on ne rencontre la cassitérite qu'à Piriac (près de Nantes) et à Saint-Léonard(près de Limoges). 11 existe un remarquable dépôt de minerai d'étain dans une dyke de trachyte, à Durango (Mexique). U y a de la stannite dans les mines de cryolite du Groenland. Le tableau suivant fait connaître (en tonnes) l'imporlance relative des principales régions de production de l'étain.

RKCroifS DB PRODUCTIOn

Grande-Bretagne.

B.Tnca

liilliton

Malacca

Australie

s.seo

i.S.IS

Les nombres portés à la Grande-Bretagne comprennent la quantité d'étain produite dans ce pays au moyen de minerais provenant d'Australie. Depuis 1872, la produétion australienne a pris un développement extraordinaire qui a jeté la perturbation sur les marchés européens. — Usages de l'étain. L'étain en feuilles sert à revêtir l'une des surfaces des miroirs, à envelopper certains articles que l'on veut soustraire à l'action de l'air, à doubler l'intérieur de certainesboites, à recouvrir en partie les bouteilles de Leyde, etc.; on l'obtient en laminant de l'étain fondu pour le réduire en lames que l'on bat ensuite. L'étain entre dans la composition de plusieurs alliages; il est la base de l'opération appelée élamage et de la fabrication du fer-blanc.

ÉTAIN. ch.-l. de cant., arr. et à 20 kil N.-E. de Verdun (Meuse) sur l'Orne ; 2,6o0 hab.

* ÉTAL s. m. (haut ail. stal, lieu clos et couvert). Sorte de tabiC sur laquelle on expose ec vente de la viande de boucherie. — Boutique même où l'on vend de la viande : ce boucher est riche, il a plusieurs étaux.

' ÉTALAGE s. m. Exposition de marchandises qu'on veutvendre, marchandises mêmes: cela ne vaut pas t'étalage. — Marchandises de choix, et quelquefois de rebut, qu'on étale,

ÉTAM

ETAN

ETAT

qu'on déploie pour servir de montre : ce magasin n'a de beau que l'étalage. — Cerlain droit qu'on prélève pour permettre aux marchands d'étaler. — Fig. et par plaisanterie. Toilette, ajustements, surtout en parlant des femmes : elle s'était bien parée pour le bal, mais il n'y en a pas eu :elle a perdu son étalage, elle en a été pour son étalage. — Fig. Tout ce dont on fait parade par vanité, par ostentation : faire étalage de son esprit.

' ÉTALAGISTE adj. et s. m. Marchand qui expose sa marchandise en vente dans les rues, sur les places, dans les marchés :il y a des règlements de police concernant les étalagistes, les marchands étalagistes — »v Commis spécialement chargé des étalages dans un magasin: commis étalagiste; c'est un habile étalagiste.

' ÉTALE adj. f. Ne s'emploie que dans celte locution, Mer étale, moment où la mer ne monte, ni ne descend, à la fin du flot ou du jusant. — »* Far ext. Se dit en parlant des fleuves et des rivières, dans lesquels le mouvement des marées se fait sentir.

'ÉTALER V. a. (rad.f'fa/). Exposer en vente, dans une boutique ou dans quelque autre lieu, des marchandises, des denrées, etc. : étaler des draps, des toiles, etc. — Absol. Il est défendu d'étaler les jours de fêtes. — Etaler sa marchandise, tirer vanité de ce qu'on fait, de ce qu'on a de rare, de singulier, en faire parade.

— Etendre, déployer, montrer en détail : ces plantes entassées ne sécheront pas, il faut les étaler sur cette table. — Etaler son jeu, montrer toutes ses cartes, les étendre sur la table.

— Fig. Montrer avec ostentation: cette femme étale tous ses joyaux.— S'étaler V . pr. S'étendre de son long : s'étaler sur l'herbe pour se reposer. Dans cette acception, est familier. — »* Etre étalé.

* ÉTALIER adj. et s. m. Celui qui vend la viande pour le maître houchar: garçon étalier; il n'est pas maitre, il n'est qu'élalier.

* ÉTALINGUER v. a. Mar. Amarrer un câble, un grelin, etc., à l'organeau de l'ancre : étalingucr les câbles.

* ÉTALON s. m. (bas lat. stalla, écurie). Cheval entier qu'on emploie à couvrir des cavales : ce cheval est bon à servir d'étalon.

* ÉTALON s. m. (anc. haut ail. stihil, pieu, bâton). Modèle de poids, de mesure, qui est réglé, autorisé et conservé par le magistrat, et auquel les mesures, les poids des marchands doivent être conformes : rectifier un poids à l'étalon.

* ÉTALONNAGE ou Étalonnement s. m. Action d'étalonner des poids ou des mesures : il en coulera tant pour l'étalonnement de ces poids.

' ÉTALONNER v. a. Imprimer certaine marque sur un poids, sur une mesure, pour attester qu'ils sont conformes à l'étalon, ou qu'on les a rectifiés sur l'étalon : ce marchand fttt mis à l'amende, parce que ses mesures n'étaient pas étalonnées. — Haras. Se dildu cheval qui rouvre une juinent.

* ÉTALONNEUR s. m. Officier commis pour étalonner, pour vérifier les poids et mesures.

* ÉTAMAGE s. m. Action d'étamer; état de ce qui est étamé ; l'étamage de cette casserole ne vaut rien.

' ÉTAMBOT s. m. Mar. Forte pièce de bois qui, élevée à l'extrémité de la quille du bâtiment, termine l'arrière de la carène : l'étambot sert de support au gouvernail.

ET AMBRAI s. m. Mar. Ouverture pratiquée dans l'épaisseur de chaque pont de bâtiment, entre deux baux, afin de donner passage aux mâts, aux pompes, aux cabestans.

* ÉTAMER T. a. Enduire la surface d'un métal d'une couche d'étain fondu, pour empocher 1.1 rouille ou le verl-de-gris do s'\

former : étamer du fer, de la tôle pour en faire du fer-blanc. — Etamer une glace, un miroir, y mettre le tain. (Voy. Tain.)

• ÉTAMEUR s. m. Ouvrier qui étame.

•ÉTAMINE s. f. (lat. stamen, fil). Petite étolïe mince, qui n'est pas croisée : étamine de laine, de soie. — Tissu peu serré, fait de crin, de soie ou de fil, qui sert à passer le plus délié de la farine, quelque poudre ou quelque liqueur : blutoir fait d'étamine de soie. — Fig. et fam. Passer par L'ÉTAMiNE,se dit d'une personne dont on examine sévèrement la conduite, les mœurs, la doctrine, ou à laquelle on fait subir quelque épreuve fâcheuse. Se dit aussi des choses qui sont examinées en détail et à la rigueur : cet ouvrage a passé par V étamine, par une rude étamine.

' ÉTAMINE s. f. (lat. stamen, fil). Bot. Organe mâle des fleurs, qui est ordinairement formé d'un filet plus ou moins allongé, et d'une espèce de tête, nommée Anthère, dans laquelleeslrenfermée lapoussièrefécoudante : laplupart des fleurs ont plusieurs étamines.

• ÉTAMINIER s. m. Qelui qui fait de l'étamine.

ÉTAMPAGEs. m.Maréch. Action d'étamper.

ÉTAMPE s. f. Techn . Instrument pour percer le fer.

'ÉTAMPER v. a. Maréeh. Ne s'emploie que dans ces phrases : Etamper un fer de cheval, y faire les huit trous. Etamper gras, percer des trous près du bord intérieur. Etamper maigre, percer les trous près du bord extérieur.

• ÉTAMPURE s. f. Évasement que présente l'entrée d'un trou percé dans une plaque de métal. — Trou lui-même.

ÉTAMPES, ch.- 1. d'arr., à 50 kil. S. de Versailles ^Seine-et-Oise), et à ofj kil. S.-O. de Paris, par 40° 26' 8" lat.N.; 0° 10' 32"long. 0., au clocher ; 8,000 hab. Collège, tribunal, bibliothèque, hôpital, bellespromenades, églises remarquables, château qui fut l'apanage de la duchesse d'Etampes et d'autres favorites royales ; plus de iO moulins à blé, filatures de laines et autres manufactures.

ÉTAMPES (Anne de Pisseleu, duchesse d'), l'une des maîtresses de François 1"', roi de France, née vers 1308,- morte vers 1576. Elle était demoiselle d'honneur de Louise de Savoie, lorsque François I"', rentrant en France après le traité de Madrid (1520), la vit et s'éprit tellement de sa beauté qu'il lui sacrifia la marquise de Châleaubriant. Le roi la fit épouser par Jean de Brosse, qu'il nomma gouverneur de Bretagne et duc d'Etanipes. Belle, intelligente et spirituelle, la duchesse d'Elampes ne tarda pas a acquérir une grande influence, dont ses amis profitèrent largement. Malheureusement sa jalousie contre Diane de Poitiers, maîtresse du dauphin Henri, la poussa à livrer à Charles-Quint le secret des opérations de l'armée française en 1344, et à déterminer François I" à signer le désavantageux traité de Crespy (1344). Après la mort du roi, elle fut bannie de la cour et se retira dans ses terres, oti elle consacra sa fortune à propager le protestantisme.

" ET AMURE s. f. Matière qu'on emploie pour l'élamagu : cette étamure est trop légère.

' ÉTANCHE adj.. Se dit d'un corps que les liquides ne peuvent pas pénétrer, traverser :

chaussée éianche.

• ÉTANCHÉ, ÉE part, passé de Etancher. — Vaisseau rtancué, vaisseau dont on a bouché une voie d'eau.

• ÉTANCHEMENT s. m. Action d'étancher : remèile pour l'elan-:hement du sang.

' ÉTANGHER v. a. (bas lat. stancare; du lat. sliignife ou stannare, resserrer). Ar rêter l'é-

coulement d'un liquide qui s'enfuit par quelque ouverture : ce tonne au s' en fuit, il faut l'étancher. — Etancher la soif, apaiser la soif.

— Fig. Etancher la soif des honneurs, des RICHESSES, etc., la satisfaire. — « S'étancher V. pr. Etre étanché.

' ÉTANÇON s. m. Grosse pièce de bois qu'on met sous un mur ou sous des terres minées, pour les soutenir : quand on reprend une muraille sous œuvre, on y met des élançons.

ÉTANÇONNEMENT s. m. Action d'étançonner.

* ÉTANÇONNER v. a. Soutenir par des étançons : étançonner une muraille.

' ÉTANFICHE s. f. Dans les carrières. Hauteur de plusieurs lits de pierre qui font niasse ensemble.

* ÉTANG s. m. (lat. s(agnum). Grand amas d'eau retenu par une chaussée, et dans lequel on nourrit du poisson : ouvrir, lâcher, fermer la bonde d'un étang. — Etang salé, étang qui communique avec la mer.

* ÉTAPE s. f. (bas lat. stapula] Provision de vivres et de fourrages que l'on distribue aux troupes lorsqu'elles sont en route : recevoir son étape en argent. — Lieu où l'on distribue l'étape aux soldats : arriver à l'étape.

— Fig. Brûler l'étape, ne pas s'arrêter dans un lieu d'étape, et passer plus loin. — Ville de commerce où l'on décharge les marchandises, les denrées qu'on y apporte de dehors : cette ville est une bonne étape. Ce sens a vieilli. — ïv Distance entre deux étapes.

* ÉTAPIER s. m. Celui qui a le soin de fournir et de distribuer l'étape aux gens de guerre.

ÉTAPLES Slapulx, ch.-l. de canl., arr. et à 13 kil. N.-O. de Montreuil (Pas-de-Calais), sur la rive droite de la Canche; 2,830 hab. Ruines d'un château bâti en M 60. On y a trouvé (1842) des médailles et des objets antiques, qui font supposer que cette ville est l'ancienne Qunntovicus

* ÉTAT s. m. (lat. status). Disposition dans laquelle se trouve une personne, une chose, une affaire : il a envoyé s'informer de l'état de votre santé. — Etat de nature, par opposition à Etat de société, se dit des mœurs, de la vie habituelle des peuples sauvages et de quelques hommes isolés. — Etat de la question, exposition et dé''eloppement des rapports à considérer dans la question. — Etat du ciel, disposition où se trouvent les astres les uns à l'égard des autres dans un certain moment : troiLver l'état du ciel pour tous les jours du mois. — Jurispr. Etat de prévention, état de Vinculpé contre lequel la chambre du conseil du tribunal de première instance a déclaré qu'il y a lieu de suivre. Etat d'accusation, état du prévenu contre lequel la chambre d'accusation a prononcé le renvoi à la cour d'assises. — Mettre quelqu'un en état ou hors d'état de faire quelque chose, lui en donner ou lui en ôter les moyens. — Mettre

LES CH0.5ES, LES LIEUX EN ÉTAT, mclire les

choses, les lieux dans la disposition convenable à leur destination. — Pi'océd. Mettre UN procès, une affaire en état, faire les procédures et les produclions nécessaires pour qu'elle puisse être jugée; et, la mettre nor.s d'état, faire quelque nouvelle procédure qu; en recule le jugement. — Tenir une chose en état, la tenir ferme, de manière qu'elle ne se dérange pas : il faut mettre des liens de fer pour tenir ces poutres en état. — Tenir uns CHOSE EN ÉTAT, la tenir prêle : tenir un compte en état. — Tenir les choses en état, les tenir en suspens, les laisser comme elles sont. Toutes choses demeurant en état, sans qu'il soll fait de changement à l'état des choses, les choses demeurant dans leur situation et d .lis leur force et valeur actuelles. —Jurispr.

ETAT

crim. Se mettbk ïn état, se disait autref. de colui qui avait été décrété de prise de corps ou condamné par coiilumace, ou qui avait obtenu des lettres de grâce, et qui se constituait prisonnier, afin de se justifier ou de faire entériner sa grâce dans les formes : il ne suffit pas d'obtenir sa grâce, il faut se mettre en état. — Faire état, estimer, faire cas : je fais beaucoup d'état, peu d'état de cet hommelà. — Présumer, penser : je faisétat ju'il y a là vingt mille hommes. Se proposer de : je fais état de partir tel jour. Etre assuré de, compter sur : faites état que vous aurez cette somme dans quinze jours. — Liste, registre : coucher, mettre quelqu'un sur l'état, le rayer de dessus l'état. — Mémoire, inventaire : état de frais ; l'état des meubles qui garnissent un appartement. — Etat de la Franck, de l'Ancle- TERHE, etc., litre de certains livres qui contiennent le dénombrement des charges, des dignités, des forces, et autres renseignements relatifs à la France, à l'Angleterre, etc. — Etat-major, se dit, en général, des officiers et sous-officiers sans troupes. Se dit aussi des officiers supérieurs d'un corjis de troupes. Etat-major général, corps des officiers généraux de l'armée. — Chef d'état-major, officier chargé de remplir auprès d'un officier général, ayant un coiiimandement supérieur, ou auprès d'un chef de service à l'armée, des fonctions analogues à celles que remplit le major général auprès du généralissime, c'està-dire d'e.xpédier tous les ordres, de rendre compte des opérations, etc. — Etat-major de l'artillkrie, du génie, officiers d'artillerie, du génie, qui ne sont point attachés aux régiments de l'arme. — Etat-major des places, corps des officiers, sous-officiers et caporaux ou brigadiers employés au commandement et au service des places de guerre. — Corps de l'état-major , corps d'officiers destinés à remplir les fonctions de chefs d'état-major, d'aides-majors généraux et d'aides de camp, ou à seconder les officiers de ces divers grades.

— Etat-major, lieu où sont les bureaux de l'élat-inajor : aller faire viser sa feuille de route à l'état-major. — Se rapporte aussi, en général, à la manière de vivre. Tenir un grand état, vivre splendidement et avec représentation. Avoir un grand état de maison, avoir une maison considérable, un grand nombre de domestiques. Tenir un état, représenter.

— Profession, condition : remplir les devoirs de son état.

Ueurcux <]ui, satisTait de son humble fortune. Libre du joug superbe où je suis uttiiclié, Vit dans l'état obscur ou les dieux l'ont caché. Ricins.

— Etrk au-dessus de son État , avoir des sentiments ou des lumières supérieurs à sa condition. — Il ï a des grâces d'état, se dit des aptitudes, des qualités qui naissent quelquefois de la situation où, l'on se trouve. Se dit aussi des illusions qui nous aident à supporter une position pénible. — Etat civil d'une personne, état d'une personne, condition d'une personne, eu tant qu'elle est enfant naturel ou adoptif, de tel père ou de telle mère, légitime ou bâtarde, mariée ou non mariée, vivante ou morte naturellement ou civilement, noble ou roturière : on lui dispute son état, on dit qu'il n'est pas légitime. — Question d'état, contestation dans laquelle on révoque en doute la filiation de quelqu'un, ou son état et ses capacités personneMes. — Actes db l'état civil , registres de l'état CIVIL, actes, registres qui constatent l'étal civil des personnes. — Offichrr de l'état qvil, fonctionnaire chargié de tenir les registres de l'étal civil, c'est-à-dire de constater les naissances, les mariages et les décès. — Autref. Tiers ÉTAT, partie de la nation française qui n'était comprise ni dans le clergé, ni dans la noblesse. — Etats généraux, ou absol. Les ÉTATS, s'est dit autref., en France, de l'assem blée des trois ordres du royaume, qui étaient

ETAT

le clergé, la noblesse et le tiers état. — Etats de Blois, d'Orléans, de Tours, etc., états généraux tenus à Blois, à Orléans, etc. — Etats provinciaux, s'est dit autref., en France, des états particuliers, qui coopéraient à l'administration dans quelques provinces, appelées pour cette raison Pays d'Etats. — Forme du gouvernement d'un peuple, d'une nation : état monarchique, démocratique ou populaire, aristocratique, constitutionnel., républicain, etc. — Gouvernement, administration d'un pays, d'une société politique : secrétaire d'Etat; affaires d'Etat.

Que lechar de VEiat s'enfonce dans la boue.

E. Gautisb, Poésies diverses.

— Raison d'Etat, se dit des considérations d'intérêt public par lesquelles on se conduit dans le gouvernement d'un Etat. — Coup d'Etat, mesure extraordinaire, et toujours violente, à laquelle un gouvernement a recours lorsque la sûreté de l'État est à ses yeux évidemment compromise. — Coup d'Etat, action qui décide de quelque chose d'important pour le bien de l'Etat : l'affaire de Denain fut un coup d'Etat. — Fig. Coup d'Etat, tout ce qui est décisif dans quelque aliaire importante : ce mariage fut un coup d'Etat dans cette famille.

— Affaire d'Etat, aliaire importante : la moindre chose est pour lui une affaire d'Etat.

— Lettres d'Etat, lettres que le roi accordait pour suspendre le jugement et les poursuites contre une personne qui, étant au service de l'Etat, ne pouvait vaquer à ses all'aires propres. ^ Peuple, en tantqu'il est constitué en corps de nation, qu'il forme une société politique distincte : leurs enfants seront élevés aux frais de l'Etat. — Se dit pareillement des pays qui boiil sous une même domination; et alors ne s'emploie guère qu'au pluriel : il leur fit défenses d'entrer dans Sts Etals; étendre les bornes de l'Etat, d'un Etat. — Autref. Etat ecclésiastique. Etats du pape. On disait de même : Etats ou Etat de Venise, de Toscane, etc. — LégisL « L'Etat, considéré non comme unité politique, mais comme personne civile, capable de posséder, d'acquérir, etc., est, en général, représenté par l'administration des domaines. (Voy. Domaine.) — Etat civil. L'état civil d'une personne, c'esl-à-dire sa filiation, son mariage, etc., est constaté par des actes qui bont dressés, en France, par les maires, agissant comme officiers de l'étatcivil. Les règles à suivre pour la confection de ces actes sont rigoureusement tracées par le titre deuxième du Code civil ( art. 34 à 111). L'adjoint au maire ne peut remplir les fonctions d'officier de l'état civil qu'en cas d'absence ou d'empêchement du maire, ou lorsqu'il a reçu de ce dernier une délégation spéciale. En cas d'absence du maire et de ses adjoints, les actes d'état civil sont dressés par un conseiller municipal, désigné par le préfet, ou, à défaut de cette désignation par le conseiller municipal, le premier inscrit dans l'ordre du tableau (L. 5 mai 18b5, art. 4). Le procureur de la République est chargé de la vérification des registres de l'état civil, et il doit constater chaque année cette vérification par procès-verbaux (Ord. 26 nov. 1823). Les actes de l'étal civil sont inscrits en double sur papier timbré et sur des registres dont l'un est déposé au grell'e du tribunal de première instance. L'officier de l'étal civil qui aurait inscrit ces actes sur de simples leuilles volantes serait puni d'un emprisonnement d'un mois à trois mois et d'une amende de Itj fr. à 200 l'r. (C. pén. 192). Des tables annuelles et des tables décennales doivent être dressées pour faciliter les recherches (L. 20 sept. 1792; Décret 20 juillet 1807). Les rectificalioos à faire aux actes de l'état civil, qui ont é\é rédigés d'une manière défectueuse, ne peuvent être opérées qu'en vertu

d'un jugement. Néanmoins, s'il s'agit seulement d'erreurs dans l'orthographe des nom» ou dans l'ordre des prénoms, '« maire peut,

ÉTAT

en dressant un acte de mariage, se contenter de la déclaration des père et mère ou aïeux, et, en l'absence de ceux-ci, de la déclaration des témoins attestant l'identité dej personnes (Avis Cons. d'Etat, 19 mars 1808). A défaut d'actes d'état civil établissant la filiation d'un enfant légitime, celte filiation peut être prouvée par la possession d'état, laquelle s'établit par une réunion suffisante de faits indiquant que l'individu qui réclame le litrf d'enfant légitime a toujours été traité et re cennu comme tel. Les tribunaux civils sont seuls compétents pour statuer sur les réclamations d'état (C. civ. 320 à 330). On ne peut faire aucun compromis sur ces questions (C. pr. 1004). — Etat de siège. La déclaration d'état de siège est une mesure extrême, qui ne peut être prise qu'en cas de péril imminent, résultant soit d'une guerre étrangère, soit d'une insurrection à main armée. Cette déclaration a pour elTet de transporter à l'autorité militaire les pouvoirs, dint celle-ci juge convenable de dessaisir l'autorité civile, pour assurer le maintien de l'ordre etpour exercer la répression des crimes et délits, se rattachant aux causes qui ont motivé la déclaration. L'auteur de la constitution de 18.j2 avait réservé au pouvoir exécutif le droit de déclarer l'état de siège, mais la loi du 3 avril 1878 porte, au contraire, que celte mesure ne peut être décidée que par une loi. Dans certains cas, le président de la République peut déclarer l'étal de siège d'une façon provisoire. La loi doit désigner les localités mises en étal de siège et limiter la durée. A l'expiration du temps fixé, l'état de siège cesse de plein droit, à moins qu'une loi nouvelle n'en prolonge les eliets, mais les tribunaux militaires continuent de connaître les affaires qui leur avaient été déférées. Dans les colonies, le gouverneur a le droit, en cas i/'iirgence, de décl.Trcr l'étal de siège (L. 9 août i849|. » (Cm. V ;

ÉTATS GENERAUX. I. Assemblée générale des trois ordres de l'ancien royaume de France, formée, par conséquent," de représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état, ces derniers choisis parmi les bourgeois' ou principaux habitants des villes. Les trois ordres furent pour la première fois convoqués par Philippe le lie), en 1302. Pendant les guerres contre l'Angleterre, le peuple de Paris acquit une influence imméritée, tandis que celui des provinces était imparfaitement représenté. En lT.il, le dauphin Charles chargea les états généraux de la répartition des revenus et déclara inviolables les membres de ces assemblées. Pendant près de SOans,les étalsse réunirent souvent; mais en 1439, ils amoindrirent leur pouvoir en votant une somme fixe pour une armée permanente, et les rois finirent par se sentir capables de gouverner sans aucun contrôle. La dernière réunion avant la Révolution (I6l4-'lb) fut témoin de discussions entre les trois ordres : ce fut le tiers étal qui fut humilié. A la place desétats généraux, les rois réunirent de temps en temps, comme beaucoup plus souple, une assemblée des notables, c'est-a-dire d'hommes éminents de toute condition. Ces notables se réunirent, en ltj26, p^^ur la dernière fois avant le règne de Louis XVI, qui les convoqua encore en 1787 et 1788. Leur insuffisance et l'agitation qui s'ensuivit, forcèrent le roi à rassembler les états généraux, qui s'ouvrirent à Versailles le o mai 1789. Auparavant on les assemblait pour voter des subsides et délibérer sur les mesures prises par la cour, et non pour faire des lois, quoiqu'il leur lût pennis de présenter des cahiers de doléances. L'a?, semblée votait par ordres, ce qui permettait au clergé et à la noblesse de contrecarrer les mesures du tiers état; eu 1789, ce dernier se révolta contre ee mode de voter. Il iusistî pour voter par tête et reviversa la résistance des autres ordres, en se constituant en Assemblée nationale. Plusieurs des provinces, qui

ETAT

ÉTAT

n'appartenaient pas d'abord à la couronne de France, comme la Bretagne, la Bourgogne, etc., eurent des assemblées spéciales {états provinciaux, qui approuvaient les demandes ensuite soumises au souverain. Le tiers état obtint d'abord une place dans ces corps, et, auï étals du Languedoc, il eut un nombre de votants égal à celui des autres ordres réunis. Ces assemblées disparurent avec la Ré volution. — IL Nom porté par l'assemblée nationale de la république hollandaise; elle était formée de députés des provinces, choisis par les assemblées ou états provinciaux. Le corps législatif hollandais porte encore ce nom.

ÉTATS-UNIS, nom qut se sont donné plusieurs républiques fédéralives.— 1. Etats-Unis de l'Amérique centrale, ancienne confédération des cinq républiques de l'Amérique centrale. (VOV. .\UÉRIQUE CENTRALE.) — 11. EtatS-

Unis de "Colombie. (Voy. Colombie.) — 111. Etats-Unis de l'Amérique du Nord ou Etatsr.N:s u'AsiÉRiÇL-E [Viiited Statis of America), république fédérale de l'Amérique du Nord,

ÉTATS

Grand sceau des Etâls-L nis de l'Amérique du Nord.

formée par la partie de ce continent comprise entre 24» 30' et 49° 24' lat. N. et possédant, en outre, le territoire d'Alaska. (Voy. ce mot.) Les Etats-Unis sont bornés au N. par l'Amérique anglaise, dont les séparent en partie les lacs Supérieur, Huron, Saint-Clair, Erie et Ontario, les cours d'eau tributaires de ces lacs et le fleuve Saint-Laurent; à l'E. par le Nouveau-Brunswick et l'Atlantique; au S.

parle golfe du Mexique et la république du Meiique, dont le sépare en partie le Rio- Grande; à l'O. par le Pacifique. Plus grande longueur (du cap Cod, sur l'Atlantique, au Pacifique, 42= parallèle), 4, iSokil.; plus grande largeur (de l'extiémité N.-O. de Minnesota au point le plus méridional du Texas) , 2,500 kil. La république comprend 38 états, un district fédéral (district de Colombie), 8 territoires organisés et 2 territoires non organisés (Alaska et territoire Indien). Le tableau suivant donne la liste de ces états et des territoires. Les 13 états, qui lormèient la confédération primitive, lors de la déclaration d'indépendance, sont marqués de l'astérisque (*).

ÉTATS

KtL. Ci».

POPLLATIO.N

en 1S7U

en 1880

1 Alabama

li.924

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