‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 438 sur 568 · PAYS · texte numérisé non relu

PAYS

iuuigraxtb

Angleterre

Irlande

Galles

Suède et Norvège

France

Italie

Pays-Bas

Chine

Asie

Amérique anglaise

Mexique

Amérique centrale

Amérique méridionale

Iles de l'Atl-inlique

Iles du Pacifique

Autres pays. .

Total

Il faut déduire de ce total environ 2 millions d'émigrants qui, découragés ou enrichis, sont rentrés dans leur patrie. Parmi les découragés, on remarque qu'ilyaun grand nombre de Français; ce qui s'explique par la difficulté qu'éprouvent nos compatriotes à adopter les mœurs anglo-allemandes des habitants des Etals-Unis. — Agric. Les propriétaires cultivateurs portent le nom de fermiers (farmers), mot qui n'a pas la même signification que chez nous. La civilisation américaine est agricole aussi bien qu'industrielle et commerciale. Plus de 200 millions d'acres sont en culture. Principales productions : laine (200 millions de livres par an); coton (4 millions et demi de balles ou 2 milliards de livres). Animaux domestiques : 10 millions de chevaux, 1 million et demi de mulets, 1 1 millions de vaches laitières, 17 millions de bœufs, 34 millions de moutons. 28 millions de porcs ; le tout évalué à 3 milliards de fr. — 'Vins. Dès 1565, on fît du vin avec les raisins indigènes de la Floride. Le premier vignoble des colonies anglaises fut planté par la compagnie de Londres en Virginie en 1620; mais l'entreprise fut abandonnée. On tu du vin en Virginie en 1647, et les primes furent offertes pour sa production

en 1631. En 1722, les vignobles de cette colonie produisaient déjà 3,000 litres devin par an. En 1664, Paul Richards, de New-York, ayant été le premier à cultifer la vigne sur une large échelle, obtint le privilège de fabriquer et de vendre son vin sans payer de droits. Beauchamp Plantagenelnous ajiprend qu'en 1648, les colons anglais de l'Uvedale (aujourd'hui Delaware) avaient des vignes qui couraient sur les mûriers et sur les sass,afras ; il nomme quatre cépages : le muscat de Toulouse, le doux-parl'umé, le grand renard et la petite grappe. En 1795, les colons français dans rillinois firent 110 muids d'un vin fort, provenant de raisins de ce pays. A llarmony, près de Piltsburgh, un vignoble de 10 acres fut planté par Frederick Rapp et ses associés allemands. En 1790, une colonie suisse, fondée a Jessaraine (Kentucky), y établit un vignoble, mais ne put réussir, parce que tous les cépages étaient étrangers. Cette colonie s'étanl reformée à Vevay (Indiana) en 1801, elle planta des cépages indigènes et réussit un peu mieux. — Les vins et les cépages américains peuvent se diviser en vins de l'Atlantique et vins de la côte du Pacifique. Les vins de la première division ressemblent davantage à ceux d'Allemagne et de France ; ils contiennent plus d'acide, plus de feu, plus d'arôme, plus de bouquet que ceux du Pacifique, et particulièrement que ceux de la Californie, qui ont moins d'acide et plus d'esprit, et qui se rapprochent davantage des *ins d'Espagne et de l'Europe méridionale. Les causes de cette diftîérence sont le sol et le climat. — I. Vins des côtes de l'Atlantique. Ils peuvent être divisés en trois classes bien distinctes, les vins ; 1° blancs ou légèrement colorés; 2» rouges ou très foncés; 3° les vins ressemblant au vin de Xérès. 1. Vins blancs. Le Catawba est le principal vin légèrement coloré ; il provient du cépage Catawba, originaire du Maryland et qui fut depuis cultivé près de Cincinnati par Nicolas Longworth. Les au très genres, don tquelques-unssont égaux ou supérieurs au Catawba sont : le Cassidi, le Diana, l'Isabella, le Lindley, le Massasoit, le Delaware, le Salem, le Maftha, le.Maxatawney et l'iona. — 2. Vins rowjes. La Concord produit le meilleur vin rouge, les autres sont le Creveling, le Bloom, le Calawissa, le Hartfyrd, l'Alvey ou Hagar, leCynthiana, le Devereaui. — 3. On fait un vin semblable au vin de Xérès avec des raisins de Cunningham et d'Hermann. — II. Vins des côtes du Pacifique. Le vin fut introduit en Californie, au milieu du xviii" siècle, par des missionnaires catholiques. Les plants importés par eux portèrent le nom de Los .Angeles. Aujourd'hui il existe en Californie plus de 200 sortes de raisins : le Riessling, le Tokay, le muscat, le Hambourg noir, le chasselas, d'trigine européenne et asialkjue; sont d'origine américaine, le Catawba, l'Isabella, la Concord, l'Ives, l'Herbemout, le Delaware, le Diana ,1e Salem et quelques autres. La valeur des vins, annuellement produits sur les côtes du Pacifique, peut être estimée à 2,000,000 liv. slerl. et leur quantité à 4 ou 5,000,000 de gallons (de 16 à 20 millions de litres). Plus de 20 millions de gallons (80 millions de litres) sont aujourd'hui produits par les divers vignobles des Etats- Unis. Lesprincipaux étals de production sont ; Californie, 5,000,000; Ohio, 3.500,000; New- York, 3,000,000; Missouri, 2,500,000; Illinois, 2,500,000; Pennsylvanie, 2,000,000. - Industrie. L'industrie américaine est extrêmement développée. Elle comprend 300,000 usines ou manufactures et emploie deux millions et demi d'ouvriers. La filature du coton alimente plus de 1 0 millions de broches, dont un demimillion seulement dans les étals du Sud, agricoles plutôt qu'industriels. On fabrique, ajji Etats-Unis, tous les objets nécessaires à la consommation intérieure. Presque partout le sol renferme d'immenses gisemegis de charbon,

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qael'oQ exploite souvent à ciel ouvert ; on no compte pas moinsde 8,000 mines de charbon, occupant 200,000 ouvriers. 11 y a des mines d'or, surtout dans l'ouest, des mines d'argent, de cuivre, de fer, etc., et des carrières de granit; la pierre est rare. — Commerce. Le commerce intérieur est immense, parce qu'il est facilité parles nombreuses voies de communication (cours d'eau, canaux, chemins de fer). Les étals échangent entre eux leurs différents produits (agricoles dans le sud, industriels dans le nord). — Les Etats-Unis exportent annuellement pour environ 280 millions de dollars de céréales, 1-50 millions de dollars d'animaux ou de viandes, 230 millions d'étoffes, 20 millions de labac, 15 millions de bois, 2o millions d'objets métalliques manufacturés (quincaillerie, machines, etc.), 13 millions de crins, de peaux et de cuirs, 16 millions de filets, de tissus, de corderie et de confections, 50millionsde résines, de graines et d'huiles, et plusieurs autres objets bruis ou manufacturés, formant un total de 850 millions de dollars par an. — Les importations ont lieu surtout pour les denrées coloniales (168 millions de dollars), les métaux bruis ou demi-bruts (70 millions), les crins, peaux et cuirs (32 millions), les filets, tissus et confections (130 millions), les métaux précieux (100 millions), etc. Le total des importations n'est que de 760 millions de dollars en moyenne.

— Le commerce extérieur a lieusurlout avec la Gfande-Brelagne, la France, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, le Canada, les Antilles, la Chine, le Japon et les Indes. — La marine marchande des Etats-Unis ne compte pas moins de 2a,00U navires, jaugeant 4 millions de tonnes. Dans le nombre des navires sont compris 4,900 vapeurs, 1,200 ferries (bacs à vapeur) et 1,500 bateaux de canal.

— Constitution. La constitution des Etats- Unis peut être considérée comme un modèle pour les fédérations démocratiques. Voulant éviter recueil de la dictature, les législateurs ont corrigé le gouvernement démocratique par la décentralisation, sans laquelle il dégénère rapidement en césarisme. Chaque état possède son congrès (sénat et chambre), qui veille a l'exécution des lois; il vote les lois particulières de l'Etal, dans la limite de la constitution, c'est-à-dire qu'il n'aurait pas le droit derélablirl'esclavage, de réglementer la presse, de créer une religion d'Etal, etc. Pour tout le reste, il est libre. Il modifie la constitution particulière, il réglemente tout, rien ne le contraint ni ne le gêne; il est une puissance. Sa liberté, garantie par la conslilution, lui permet d'établir dans l'Etal des lois, en désaccord avec celles de l'Etat voisin. Ici, le mariage est réglementé d'une certaine manière ; la il l'est d'une autre; ailleurs le divorce n'est admisqu'avec de grandes réserves. Dans certains pays, il n'y a pas d'état civil; dans d'autres, l'instruction est obligatoire; partout ou presque partout, elle est gratuite. 11 y a des Etats où les temples de toute religion sont exempts d'impôts; les lerraius sur jesquels ils sont bâtis peuvent jouir de la même immunité. Ces dilïérentes constitutions sembleraient disparates à nos amateurs d'unité. Mais les Américains, élevés, dès leur plus tendre enfance, dans des idées de liberté, considèrent celle de l'Etal comme la première de toutes. Notre centralisation leur parait monstrueuse. Chaque état est divisé en un certain nombre de comtés, administrés jiar des conseils élus, mais entièrement soumis aux lois de l'Etat. Eiilin la commune, base de tout l'édilice, est presque complètement indépendante. Le gouvernement central n'a rien a voir dans la manière dont elle s'administre. Elle établit elle-même ses écoles et les dole à sa guise. Son droit n'est borné que par la constitution d'un cûté et par la liberté individuelle de l'autre. Nul ne peut empêcher un citoyen d'agiritbrement en respectant la loi.

L'individu ne trouve nulle entrave; il peut fonder une religion ou nier Dieu, créer un

journal, une école, répandre ses idées par tous les moyens, vivre de son industrie; l'administration n'a rien à y voir. La décentralisation est poussée jusqu'à l'individualisme. Sous l'influence d'un tel régime, les caractères s'affermissent, deviennent riei'S,iudépeiidanls, incapables de supporter le joug. 'Vienne le danger, chaque citoyen est un homme, chaque commune fournitsa cohorte, chaque étala ses armées, chacun sent qu'en combattant pour la chose publique, il défend son propre bien qui eslsa liberté. Le sort du pays n'est pas lié à celui d'une capitale, puisque chaque état possède la sienne, et puisque chaque commune, en quelque sorte, en est une. — La constitution générale qui régit les Etats-Unis a été promulguée le 17 sept. 1787 ; on y a ajouté 10 amendements lelodéc. 1791, un 11' amendement le Sjanv. 1798, un 12° le 25 sept. 1804, un 13' le 18 déc. 1865, un 14° le 28 juill. 1868 et un 15° le 30 mars 1870. Celle constitution répartit les pouvoirs de l'Etat central entre trois corps indépendants et distincts : l'exécutif, le législatif et le judiciaire. La capitale fédérale est à 'V\'ashinglon , district de Colombie. — 1° Pouvoir exécutif. Le pouvoir exécutif appartient à un président, élu pour 4 ans (ainsi que son vice-président) par un collège d'électeurs. Ce collège est formé de membres élus au suffrage universel; chaque étal élit un nombre d'électeurs égal au nombre de sénateurs et de représentants qu'il envoie au congrès, sans que jamais un sénateur ni un représentant puisse faire partie d'un collège électoral. Il est d'usage qu'avant chaque élection présidentielle, les diÛérents partis politiques forment chacun une sorte de comité électoral appelé convention pour choisir le candidat de leur parti à la présidence et le candidat à la vice-présidence. C'est sur les noms choisis par les diverses conventions que se font les élections des membres du collège, cliacun des candidats collégiaux s'engageant à voter, s'il est élu, pour les candidats présidentiel et vice-présidentiel présentés par la convention

qu'il y ait au moins quatre ans d'inteivaii»; entre le moment où il descend du pouvoir el celui où il y remonte. ^ Dans le cas où un pré.-iident résigne, meurt ou devient incapable avant la fin de son mandat, le vice-président lui succède. A défaut du vice-président, il serait remplacé par le président du sénat et, à défaut de celui-ci, par le speaker de la chambre des représentants; mais,alors, il faudraitprocéder le plus tôt possible à une nouvelle élection présidentielle. — Quand les voix des électeurs se sont également réparties entre les candidats, c'est la chambre des représentants qui choisit le président parmi les trois candidats qui ont obtenu le plus de voix ; tandis que, dans un cas analogue, c'est le sénat qui choisit le vice-président parmi les deux candidats qui ont obtenu le plus de voix. — Le président devient incapable quand il est convaincu de trahison, de corruption ou d'autre crime. — Le président des Etats-Unis est le commandant en chef des armées de terre et de mer, et des milices des divers états, quand celles-ci sont appelées à servir le gouvernement centrai. 11 a le pouvoir, avec l'avis elle consentement du sénat, de conclure des traités et de pourvoir à tous les offices publics dont la nomination n'est pas réservée à l'élection ou aux autorités des états. Depuis 1873, ses appointements annuels sont de 50,000 dollars (ils étaient auparavant de 23,000 seulement); ceux du vice-président sont de 10,000 dollars. Les actes du congrès (sur lesquels il a un droit de veto) n'ont force de loi qu';\près lui avoir été présentés, mais ils échappent à son droit de veto lorsqu'ils ont obtenu les deux tiers de voix dans chacune des deux chambres du congrès. — Le président est assisté par un cabinet de sept membres (ministres), nommés par lui et acceptés par le sénat. Ces membres du cabinet ont chacun un déparlement (ministère), savoir : secrétariat d'Etat et affaires étrangères; secrétariat du Trésor; secrétariat de la guerre; secrétariat de la marine; secrétariat de l'intérieur; office de postemasler gênerai ; office d'attorney gênerai.

LES îl PRESIDENTS DES ETATS-UNIS

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