‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 50 sur 568 · CHOC · texte numérisé non relu

CHOC

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CHOCO. I. District de l'Etat de Cauca {Etats- Unis de Colombie), sur le Pacifique ; environ 43,000 hab., presque tous nègres ou mulâtres. Territoire traversé par la branche occidentale des Andes et arrosé par le San Juan et l'Atrato. Gisements d'or et de platine. Villes principales, Quibdo et Nevita. — II. Baie de la côte du Pacifique entre les caps Guascama et Chirambira, entre 2° 40' et 4° 18'lat. N.

* CHOCOLAT s. m. (aslèque, chocolali). Pâte alimentaire, composée de cacao, de sucre et de canelle: le chocolat fut apporté du Mexique en Europe parles Espagnols, en '1520. — Boisson faite avec cette pâte dissoute dans de l'eau ou dans du lait : le chocolat est une boisson agréable et noinrissante. — Couleur chocolat, couleur semblable à celle du chocolat, qui est le brun-rouge foncé. — Encycl. La fabrication du chocolat était fort simple au xvii« siècle. Les colons d'Amérique faisaient rôtir les grains de cacao dans une poêle percée ; ensuite, après les avoir dépouillés de la pellicule fibreuse qui les enveloppe, ils les broyaient sur une pierre, et ajoutaient à cette pâte deux fois son poids de sucre, avec du poivre et de la vanille, du musc et de l'ambre gris. Pour préparer l'infusion, ils râpaient cette pâte comme on fait de la muscade, et versaient de l'eau bouillante sur sa poudre, dans une espèce de cafetière destinée à cet usage. — Aujourd'hui, cette fabrication est plus compliquée. Le cacao étant trié et torréfié, on le réduit en une pâte butyreuse ou grasse, de couleur brune, au moyen d'un rouleau de fer sur un porphyre chaull'é en dessous par de la braise allumée. Lorsque cette pâte est uniformément broyée et molle, on y incorpore un poids égal au sien de sucre, on broie de nouveau, on met la pâte dans des moules de ferblanc que l'on remue pour unir la surface du chocolat. Quand cette pâte est refroidie, on l'enlève des moules et on recouvre les tablettes d'une feuille d'étain. — Le chocolat de santé est celui dans la pâte duquel on a incorporé un peu de poudre de cannelle; les chocolats slH'^cs contiennent de la vanille, et un chocolat médicinal est celui auquel on a ajouté une substance médicamenteuse, dont il dissimule le goût. Tels sont: le chocolat purgatif (à la scammonée), le chocolat vermifuge (à la santonine), le chocolat tonique (au fer), etc. — L'usage du chocolat se répandit chez nous dès l'époque d'Anne d'Autriche; sa fabrication a pris une grande importance depuis 1815 et elle a fait la fortune de plusieurs grands industriels, tels que Ménier, Devinck, Ibled, Marquis, etc. — Le bon chocolat constitue une alimentation saine et agréable ; malheureusement les chocolats à bon marché sont ordinairement falsifiés: le beurre du cacao a été remplacé par des huiles et on y ajoute des farines ou des fécules. — Pour bien préparer le chocolat, on le ramollit d'abord dans un peu d'eau, et on le délaie parfaitement dans la chocolatière à l'aide d'un moussoir; et l'on y ajoute ensuite graduellement la quantité d'eau ou de lait que l'on veut employer (une tasse par tableite), on fait bouillir, en remuant toujours avec le moussoir. — Le droit de douane à percevoir sur les chocolats importés en France estde 88 fr. par 100 kilog., en vertu de la loi du 19 juillet 1880. Ce droit n'a pas été modifié par le tarif général de 1881, ni par les traités de commerce de 1882. (Voy. Cacao.)

CHOCOLATERIE s. f. Fabrication du chocolat ; Usine où on le fabrique ; magasin où on le vend.

' CHOCOLATIER s. m. Celui qui fait et vend

du chocolat.

• CHOCOLATIÈRE s. f. Vase d'argent, de cuivre, de terre, etc., pour faire fondre et bouillir le chocolat, lorsqu'on le veut prendre en boisson: chocolatière d'argent.

CHOCTAWS. Voy. Chactas.

CHODORLAHOMOR [ko-], roi des Elamites au temps d'Abraham; il étendit ses conquêtes jusqu'à la mer Morte et fit Loth prisonnier.

CHODZKO (Jakob-Leonard) érudit, né à Oborek, sur la Bérésina, en 1800, mort à Poitiers en 1871, visita la plus grande partie de l'Eurofie, se fixa à Paris en 182(), prit part aux journées de Juillet, fut nommé capitaine aide de camp du général Lafayette, fut, en 1830-'1, l'agent le plus actif dii Comité central franco-polonais, et rendit populaire, par ses nombreux ouvrages, le passé de la Pologne. Ses œuvres comprennent une Histoire des légions polonaises en Italie (1829); le Tableau des révolutions de la Pologne (1837) ; la Pologne historique, littéraire, monumentale, etc. (3 vol.) ; une Histoire de Pologne; une Histoire de Turquie, elc.

CHŒRILUS. 1. Poète tragique athénien ; il concourut pour le prix de tragédie en .ï23 av. J.-C. et remporta treize fois la victoire. On a perdu ses œuvres. — 11. Pot te épique grec du ve siècle av. J.-C. On a conservé plusieurs de ses poèmes et des fragments.

* CHŒUR s. m. [keur] (gr. choros). Troupe de musiciens qui chantent ensemble : excellent chœur de musique. — Morceau de musique à plusieurs parties, qui est chanté par le chœur : il y a de beaux ehœws dans cet opéra. — Théâtre ant. Se dit de plusieurs personnages qui, accomplissant dans une partie du théâtre certaines évolutions, chantaient, soit dans le cours de la pièce, soit entre les actes, et qui prenaient une certaine part à l'action, et prenaient quelquefois le rôle d'interlocuteurs : le cfiœur paraissait sur le théâtre immédiatement après le prologue, et n'en sortait qu'à la fin de la pièce; le chœur s'attachait ordinairement Cl observer le principal personnage de la pièce, pour le plaindre, le louer ou le blâmer. — Ce que chantait le chœur : il y a dans les chœurs de cette tragédie des passages très obscurs. — Par anal. Certains intermèdes lyriques qui se chantent entre les actes de quelques tragédies modernes : les chœurs d'Esther, d'Aihalie, etc. — Les neuf chœurs DES ANGES, Ics neuf ordres des anges. — En CBŒUR, en chantant tous ensemble : chanter en chœur. — Chœur. Partie de l'église où l'on chante l'oflice divin, et qui est séparée de celle qu'on appelle la nef : le chœur est magnifiquement orné. — Prêtres du chœur, ceux qui chantent au chœur : après que le célébrant a fini, le chœur répond. — Enfants de chœur, enfants qui chantent au chœur. — Dans les couvents de filles. Religieuses du chœur, DAMES DU CHŒUR, toutcs les religicuses qui ne sont point sœurs converses.

CHOI. Voy. Khoi.

CHOIN. I. (Marie-Emilie Joly de), femme célèbre, nioite en 1744. Elle était d'une famille originaire de Pavie, devint maîtresse du dauphin (lils de Louis XIV), qui finit, diton, par l'épouser secrètement. Après la mort de ce prince, elle vécut dans l'obscurité et la retraite k Meudon, où elle se fit remarquer par sa dignilé et sa vertu. — IL (Louis-Albert Joly de), théologien, né à Bourg-en-Bresso en 1702, mort eu 1759, de la même famille que la précédente. Fut évèque de Toulon et publia : Ins(ri(c(WîiS sur le rituel, Lyon, 1778, 3 vol.; nouv. éd., 1828, G vol. in-8".

* CHOIR V. n. (lai. cadere), chu, chue, je chois, tu chois, il choit, (les autres personnes manquent) ;ye chus, nous chûmes; je choirai ou je cherrai, nous choirons ou 7wus cherrons ; je choirais ou je cherrais, nous choirions ou nous cherrions. (Les temps non indiqués font défaut.) Tomber : tira la chevillette et la bobinette cherra. (Pei'rault.)

CHOISEUL, commune de farr. el à 40kil.

S.-E. de Chaumont (Haute-Marne), sur la rive

droite de la Meuse; 243 hab. Ancienne baroniiie du Bassigny ; -a donné son nom à la famille de Choiseul.

CHOISEUL, ancienne et illustre famille du Bassigny. qui a fourni plusieurs maréchaux de France : Charles de Choiseul du Plessis-Praslin (Ib63-I626), servit sous Henri IV et Louis XIII ; César, duc de Choiseul (i:i98- 1673), défit Turenne à Réthel (lO-aO); Claude, comte de Choiseul-Francières (1632-171 I), maréchal en 1093. — A cette famille appartenait Etienne-François, duc de Choiseul (I719-'8o), connu d'abord sous le nom de comte de Stai.nviLLE, f un de nos plus célèbres ministres, né en 171 9, mort en 178b. Comme comte de Slain ville, il devint lieutenant général. M^^dePonipadour le protégea et il fut nommé successivement ambassadeur à Rome, puis à Vienne, ministre des affaires étrangères (I758-'61 et 1766-'70, ayant été pendant l'intervalle ministre de la guerre et ministre de la marine) ; il reçut la dignité de duc et pair. Il conclut le « pacte de famille », alliance des Bourbons contre toute agression étrangère, expulsa les jésuites en 1764 et s'opposa au partage de la Pologne. Le mépris qu'il témoigna pour la du Barry causa sa chute ; il fut exilé de la cour en 1770. — Un autre membre de cette famille, Claude- Antoine-Gabriel, DUC de Choiseul, neveu du précédent, né en 1762, mort en 1838, ne fut pas moins célèb:e. La Révolution le trouva duc, pair et colonel du Hoyal-Dragons. Sous les ordres de Bouille, il fut chargé de protéger, avec un détachement, la fuite du roi et fut arrêté à Varennes. Amnistié peu après, il fut chevalier d'honneur de la reine, émifrra après les massacres de septembre, servit dans l'armée anglaise, combattit la France à la tête d'un régiment de hussards, fut fait prisonnier, s'évada sur un navire qui lit naufrage près de Calais (179')), fui comlamné à mort mais non exécuté, recouvra la liberté en 1800 et fut comblé de biens par iNapoléon, qui lui accorda une rente de 12,000 fr. La Restauration lui rendit son titre de pair. Membre du tribunal qui jugea le maréchal Ney, il refusa de prononcer la peine de mort. Lors de l'accession du minislère de Villèle en 1820, il donna sa démission de major généra! de la garde nationale. 11 fit partie, avec Lafayette et Gérard, du Gouvernement provisoire, après les journées de juillet 1830.

CHOISEUL-GOUFFIER (Marie-Gabriel-Florent-Auguste, coMïE de), di|iliiiiiate et antiquaire, né u Paris en 17.t2, mort en 1817. Son fameux Voyage pittoresque en Gréée (3 vol. 1782-1824) est le récit de ses propres explorations. Membre de l'Académie française en 1784, il fut, à la même époque, nommé à l'ambassade de Coastaiitinople, ne voulut pas servir la Révolution, livra sa correspondance diplomatique aux émigrés, abandonna son ambassade, se retira à Saint-Pétersbourg où il fut nommé directeur de l'Académie des beauxarts et des bibliothèques impériales. Il rentra en 1802.

• CHOISI, lE part. pass. de Choisir.— Substantiv. et fam. : c'est du choisi, c'est ce qu'il y a de mieux, de meilleur.

" CHOISIR V. a. (ail. kiesen). Élire, préférer une personne ou une chose à une aulre, à plusieurs autres : je l'ai choisi entre mille. — Absol. : il y a chez ce marchand de quoi choisir.

CHOISISSABLE adj. Qui peut, qui doit être choisi.

CHOISY (François-Timoléon de), abbé et écrivain, né a Paris en 1044, mort en 1724. Fils d'une précieuse, il fut élevé sous des vêtements de fille et reçut une éducation eflêminée qui déveloijpa en lui les idées de libertinage. Après avoir mené une vie licencieuse, sous le nom de la comtesse des Barres, dont il a écrit l'histoire, il fit partie de la mission que Louis XI Vcnvova au roi de Siamen 1683. A son

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retour en 1687^ il publia la Relation du voyage de Siam, qui n'est pas aussi spiriluello ni aussi exacte que celle de Korbin sur le même sujet. Clioisy donna ensuite de nombreux ouvrages écrits avec facilité, mais sans exactitude. Nous citerons : Vie de saint Louis, de l'hilippe de Valois , de Charles V et Charles VI ; Histoire de l'Eijlise (Paris, 4 vol. in-4''), longtem|is populaire ; Mémoires pour servir â l'histoire de Louis XIV. Ces ouvrages font partie do la Collection des Mémoires relatifs à l'hisloire de Franee, de Pelitol, 2« série. L'abbé de Clioisy succéda au duc de Saint-Aignan à l'Académie française.

CHOISY-LE-ROI , commune de l'arr. de Sceaux (Si'iui^), cant. et à ."i kil. de Viilejuif et à U kil. S. do Paris; 9,009 hab. Combat! du 30 nov. 1S70, qui se rattache à la grande opération de Clinnifiigny. Le général Vinoy ne put passer la Marne parce que les ponts étaient trop courts ; il battit encore en retraite et l'ennemi détruisit la Gare-aux-Bœufs. Nombreuses villas. ChâLe.iu construit par M"° de Montpensier, et augincnlé par Louis XV pour M™" de Pompadour. Toudieau de Houget de risie, auquel on a élevé une statue due au ciseau de Léopold Stciner, et inaugurée le 23 juillet 1882.

'CHOIX s. m. [chouâ]. Élection, préférence donnée à une personne ou à une chose sur une ou plusieurs autres : un ton choix, un mauvais choix. — Pouvoir, faculté de choisir: on n lui a donné, laissé le choix. — Elite, ce qu'il y a de meilleur : choix de livres ; marchandise de choix. — Sans choix, sans discernement, sans distinction : acheter sans choix toute sorte de livres.

CHOLÉATE ou Cholate s. m. [ko-]{gi\cholé, bile). Cliiui. Sel produit par la coniLiinaison de l'acide chulique avec une base.

CHOLÉCYSTE s. f. [ko-] (gr. cholé, bile; kustis, vessie). Anat. Vésicule de la bile.

"CHOLÉDOQUE ad j. m.[ko-lé-do-ke](gr.c/ioZ(^, bile; doelujs, (jui reçoit). Anat, S'emploie dans celle déiu)ninuition : c\n.\l cholédoqle, canal qui conduit la bde du fuie dans l'intestin duodénum.

CHOLÉLITHE s. f. [ko-lé-li-tej (gr. cholê, bile; lithos, pierre). Méd. Calcul qui se forme dans la vésicule biliaire.

CHOLÉLOGIE s. f. [ko-lé-lo-jî] (gr. cholê, bile ; lo'jos, discours). Traité sur la bile.

CHOLEM [cho-lèmm]. Point-voyelle long de la giammaire hébraïque.

CHOLÈPE s. m. [ko-lé-po] (gr. chôlos, boiteux ; pous, pied). Zool. Nom sciontilique du paresseux ou bradype.

CHOLÉPOIÈSE s. L [ko-lé-po-iè-ze] gr. cholé, bile ; ]jO(ésis, action de produire). Physiol. Production et sécrétion de la bile.

CHOLÉPYRE s. f. [ko-] (gr. cholé, bile ; j^wr, feu, liévn.'). Palhol. Fièvre bilieuse.

CHOLÉPYRRINE s. f. [ko-] (gr. cholé, bile ; purros, roux). CInm. Matière colorante jaune que l'on trouve dans la bile.

* CHOLÉRA s. m. [ko-lè-ra] (gr. cholé, bile; reô, je coule). Patbol. Maladie épidémique caractérisée par des selles abondantes et d'une nature particulière, par des vomissements fréquents d'un liquide blanchâtre mêlé à des grumeaux épais, par des crampes, par un refroidissement glacial, par le ralentissement et la petitesse du pouls, par la suppression ou la dim'nutionde l'urine, parla couleur livide de la peau qui devient tlasque et ridée et par un amaigrissement rapide du visage. Ou distingue : 1° le ciioLÉHA-MORBUS [mor-buss] ou ASIATIQUE, originaire des bords du Gange; et 2° le CHOLÉnA sporadique, choléra de nos pays, qui apparaît çà et là par cas isolés. Le premier, beaucoup plus grave dans sa forme et

cnoL

dans sa terminaison, se reconnaît à des évacuations présentant ordinairement des corpuscules riziformes; la pcnu est cyanosée, l'urine est supprimée et la réaction est exagérée. Cette maladie est l'ellet d'un miasme spécifique développé par les cholériques et attaquant les personnes prédisposées, c'est-àdire affaiblies par les maladies ou par les excès. Elle présente deux périodes : 1" période algide, de cyanose ou d'oppression, qui débute par des vomissements bilieux, jaunes ou verdàtres, puis blanchâtres, semblables à l'eau de riz. Les selles, fi'éciiientes, aqueuses, renferment des grumeaux épaix comme du petitlait mal claritié ; la soif est ardente, les crampes, surtout aux mollets, sont extrêmement douloureuses ; les extrémités se refroidissent, les yeux s'enfoncent dans les orliitcs, le corps devient livide, la voix s'affaiblit, la langue se glace et la mort survient souvent dans les cas de choléra-morbus; 2» période de réaction ou de chaleur. Les sym|)tômes précédents disparaissent peu à peu, les uns après les autres. — Traitement. Dès le début, on chendie à ramener la réaction par des boissons stimulantes (chartreuse, élixir de Garus, crème de mentte, eau d'arquebuse, vin chaud); on entoure le malade de briques chaudes, de sinapisnies; on fait de fortes frictions sèches sur les membres. Contre les vomissements abondants, on emploie les boissons glacées, l'eau de Seltz, des quarts de lavements opiacés. A la période de réaction, on remplace les stimulants par des potions calmantes ou des lavements laudanisés ; on surveille la convalescence, parce qu'il faut craindre des accidents congestil's du coté du cerveau. Parmi les moyens hygiéniques que l'expérience a signalés comme utiles pour prévenir les atteintes du choléra, on recommande surtout d'habiter un logement sain, propre, bien éclairé, bien aéré, d'éviter les excès de boissons alcooliques, ainsi que l'usage des glaces, de fruits acides, de crudités et enlin, de se garder du froid et de l'humidité pendant la nuit. Les trois quarts des cholél'iques sont atteints entre minuit et quatre heures du matin. — Uisr Le choléra-morbus fut mentionné par Hippocrate (400 ans avant J.-G.) et par d'autres médecins de l'antiquité; il fut décrit par Garcia del Huerto, médecin à Goa, vers 1360. En ITo'i, il fut reconnu qu'il renail périodiquement tous les douze ans et que l'épidémie correspond aux fêtes indoues qui ont lieu dans les grands temples de douze en douze années. L'une des plus terribles épidémies fut celle de 1817, qui se répandit peu à peu en Orient. En deux semaines, la population du Bengale fut décimée ; 9,000 soldais sur 90,000 que commandait le marquis d'ilastings, sur le Gange, furent victimes du mal en 1826. L'épidémie remonta lentement la vallée du Gange, passa dans celle de l'Euphrate et du Tigre, jeta, pendant dix ans, la terreur en Asie. En iiiènie temps, elle se répandait en Afrique et en Malaisie et dans tous les pays que les pèlerinages mettent en relations avec la vallée du Gange où le choléra est aujourd'liui endémique. C'est particulièrement de Hordouar, où 3 mitions de pélerms s'assemblent tous les douze ans, que l'épidémie rayonne sur le reste du globe. En 1829, (c'est-à-dire douze ans après la grande épidémie de 1817, qui avait menacé l'Europe), les pèlerins répandirent cette maladie aux quatre vents de l'horizon. Les pèlerins chrétiens allèrent la chercher en Asie-Mineure et les musulmans à la Mecque. En 1830, on apprit qu'elle décimait la population de la Russie ; en 1831, elle parut en Allemagne où elle fit périr 900,000 personnes; et ensuite en Angleterre, où elle lit moins de ravages; le i.T mars 1832, elle était à Calais ; le 20 mars, à Paris, où elle fit 18,406 victimes en moins de six mois ; de là elle se répandit dans le midi de la France et dans les pays circonvoi-

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sins, excepté en Suisse. Elle atteignit le Canada au printemps de 1832 et ravagea les Etats-Unis. Les pèlerinages de 1841 dispersèrent de nouveau ce fléau qui ne cesse de ravager l'Indoiistan. Le choléra suivit à peu près le même itinéraire que précédemment. Du Gange, il se répandit sur la côte occidentale de l'indouslan ; des navires le transportèrent de Bombay, Surate, Korrachie, etc., jusqu'aux ports du golfe Persique, et il atteignit ceux de la Méditerranée, de la mer Noire et de la Caspienne, d'où il rayonna sur la Russie et sur l'Europe. Telle fut la lenteur de sa marche qu'il arriva à Astrakan en 1847 seulement et en Angleterre en 1848 ; il fit 13,000 victimes dans la seule ville de Londres; il parut à Calais vers la fin de 1848, et à Paris le 7 mars 1849 et y lit 16,16'i victimes en neuf mois; de là, il continua sa route sur l'Espagne et l'Italie. L'invasion de 18.')3 fit 9,219 victimes à Paris en quatorze mois. La dernière des grandes épidémies dites de douze ans, est celle qui commença dans l'Inde en avril 18(it). Celle-ci alla plus vite, à cause des chemins de fer et des bateaux à vapeur. Elle était à la Mecque le 2 mai, à Alexandrie le "2 juin ; son itinéraire changea, parce que les voies de communication ne sont plus les mêmes depuis l'emploi général de la vapeur. Les navires la portèrent à Smyrne, à Constantinople et sur la mer Noire ; puis à Malte, à Ancône, à Marseille, à Gibraltar, à Barcelone, à Alger, à Tunis et à Southampton ; de Marseille (et non plus de Calais), elle arriva le 23 sept, à Paris, où elle fit 13,000 victimes jusqu'à la fin de 1866. Le Havre la reçut de Pans et l'envova eu Angleterre et aux Etats- Unis. — Choléra des basses-cours, improprement appelé choléra des poules, maladie contagieuse qui attaque les poules, les dindons, les faisans, les paons, les pintades, les canards et les oies, et à laquelle sa rapidité, sa facile extension, sa coïncidence avec le choléra asiatique ont valu son nom de choléra. Elle règne surtout pendant les chaleurs, s'annonce par une diarrhée blanchâtre, nauséabonde, une coloration foncée pour les bords de la crête et cyanosée pour le reste de la peau ; l'agonie dure de quelques minutes à quelques heures. De patientes observations faites sur celte terrible maladie ayant indiqué qu'elle est causée par les petits organismes parasitaires appelés microbes, M. 'l'oussaint, après avoir cherché vainement à cultiver ces animaux microscopiques, en envoya un échantillon à M. Pasteur, et cet échantillon fut l'origine de tous les travaux qui ont illustré le nom de ce savant. (Voy. MicuoBE.)

CHOLÉRIFORME adj. Qui a les apparences du choiera.

* CHOLÉRINE s. f. Forme peu grave du choléra, caractérisée par la prostration, par des sueurs faciles, par de la douleur et de la tension au creux de l'estomac et au ventre, par des borborygmes, des coliques, une diarrhée abondante, de la soif, des nausées, des hoquets et quelquefois des vomissements. Elle réclame les mêmes soins que le choléra, mais elle cède plus facilement.

* CHOLÉRIQUE [ko-] adj. Méd. Qui appartient au choléra, ou qui est atteint du choléra. Dans la seconde acception, il s'emploie ordinairement comme substantif : un cholérique. Voy. CoLÉniQUE. — Physiol. TEMfÉRA- MENT CHOLÉRIQUE, tempérament bilieux.

CHOLESTÉRINE s. f. [ko-] (gr. cholé, bile; stéréos, solide). Substance organique non nitrogénée que l'on trouve dans la bile et dans d'autres fluides du corps humain ou de celui des animaux chez lesquels prédomine la sécrétion biliaire. La cholestérine est inodore, insoluble dans l'eau, soluble dans i'élher et dans l'alcool chaud; sa composition est ordinairement représentée par la formule C" 11-- G.

CHOL

Elle cristallise en lattes rliomhoïdalcs, transparentes, incolores, très menues. Elle fut découverte en 178-2, par Poulletier de la Salle, dans les calculs biliaires; .<=a présence dans le sfinp fui démontrée en 11S30 par Denis. Dans I3 condition de santé, la cholestérine existe dqns la bile, dans le sang, dans le foie, dans le cerveau, dans las nerfs, etc. On la trouve en grande quantité dans le inéconium, ainsi que dans les fèces des animaux hibernants et, suivant quelques auteurs, dans les fèces de tons les animaux en bonne santé. D'après Auslin Flinl, la cholestérine est un produit de la détérioration des matières nerveuses, et elle constitue l'un des plus importants parmi les matériaux qui doivent être rejetés du corps. C'est le foie qui la sépare du sang, et la bile la transporte dans le canal alimentaire. CHOLESTÉRIQUE adj. [ko-], Chim. Se dit d'un acide particulier que l'on tire de la oholeslérine.

CHOLET, ch.-l. d'arr. (Main-^-et-Loire), à 58 kil. S.-O. d'Angers, au S. de la forêt de son nom, en amphithéâtre sur le penchant d'une colline qui domine la rive droite de la Moine ; i7,b44 hab. Toiles dites choicttes, mouchoirs, flanelles, siamoises. Exportation annuelle de 100,000 bœufs de boucherie, de 200,000 moutons et 30,000 porcs provenant du Limousin, du Poitou, de l'Angonmois et expédiés à Paris. Prise par les Vendéens le 15 mars 1793, reprise parles républicains, puis par les insurgés, cette petite ville fut longtemps à se relever de ses ruines. On y a transféré, en 18')8, la sous-préfecture de Beaupréau.

CHOLETAIS, AISE s. et adj. [cho-le-lê]. Habitant de Cholel; qui appartient à cette ville Qu à ses habitants.

CHOLETTE s. f. Argot. Chopine.

CHOLIQUE adj, [ko-] (gr chotê, bile). Chim. Voy Glycocholique. — Cholon. ^V. S.)

CHOLULA [tcho-lou'-la]. Ville ruinée du Mexique , sur le plateau d'Anahuao , à 6.91o pieds an-dessus de la mer, à 8 kil O.-N'.-O. de la ville de Puebla; environ 11,000 hab., tous Indiens. Ancienne capitale de l'Etat indépendant de Cholula. Aux environs se trouve le plus important des tcocallis du Mexique, un terpple de Quetzalcoat], formé

Tfocalli lie Cholula.

]"ar une oolline (probablement artificielle), revêtue de mortier, de pierres et de plâtre et formant une pyramide tronquée, dont les quatre côtés, qui sont égaux, regardent les quatre points cardinaux et sont divisés en quatre terrasses. Sur le somniel de ce rnniiument d'origine loltèquc et haut de plus de BO mètres, on a construit une chapelle dédiée à la Vierge. Le 22 mars 1803, une troupe de cavaliers ' français repoussa, aux environs de

GHOM

Cholula , plusieurs escadrons de cavalerie mexicaine.

* CHÔMABLE adj. Qu'on doit chômer. Ne se dit que di's jours de fêtes ; fête clwmahh.

' CHÔMAGE s. m. Espace de temps qu'on est sans travailler : on paye tant pour le chômage d'iw moulin, quand on l'empêche de moudre. — ■ Dans un sons analogue : le chômage d'nn canal.

CHOMEL. I. (Pierre- Jean-Baptiste), médecin et botaniste, né à Paris eu l()7l, mort en 1740; créa dans un jardin du faubourg Saint- Antoine, le premier jardin botanique ouvert à Paris pour l'enseignement. Son Hist. des Fiantes {\~\i-'2o) a été souvent réimprimée. — 11. (Auguste-François), médecin, iié en 1788, mort à Paris en 18:t9. 11 succéda à Laënnec comme professeur de médecine à la Faculté de Paris en 1827. Ses principaux ouvrages sont : Pathologie générale (1817, in-S"); Traité des fièvres et des maladies pestilentielles (1821, in-8°) et sa Clinique médicale (183i-'40, 3 vol. in-S").

* CHÔJIER V. n. (lat. calamus, chaume ; rester sous le chaume). Ne rien faire, faute d'avoir à travailler, en parlant des ouvriers et des gens de travail : un bon ouvrier ne doit point chômer- Dans ce sen?, on dit quelquefois: ehônwr de besogne, manquer de travail. — Par ext. et fam. Cuômek de quelque chose, manquer de quelque chose ; il ne m'a pas laissé chômer de liores. — Laisser reposer, n'ensemencer point, en parlant des terres: ces terres chôment. — Ce moulin chôme : il ne va point, on ny moud point.— La Mo.nnaie chôme : lorsqu'on cess'î de travailler dans les ateliers de la Monnaie, faute de matière. — Cbômer V. a. Fêter, soleniiiser un jour en cessant de travailler: chùnier une fêle. — Prov, et fig. Il

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