FILA
• FIL s. m. [flil] (lat. filum). Petite partie longue et déliée qu'on détache de l'écorcedu chanvre, du lin, etc. : les fils de ee chanvre, de ce lin sont extrêmement déliés. — Substance longue, flexible et très déliée, que les chenilles et les araignées tirent de leur corps : la soie est le fil que produisent des chenilles qui vivent sur le mûrier, et qu'on appelle Vers a SOIE. — Fils de la Vierge, filandres qui voltigent dans l'air en automne. — Ce qui se forme des petits brins longset déliés du chanvre, du lin, etc., tordus ensemble entre ks doigts, avec le fuseau ou le rouet, et qu'on emploie principalement pour faire de la toile et pour coudre : les fils de la chaîne, de la trame d'une toile. — Ce qui est faitde petitsbrinsde soie, de laine, de coton, etc., tordus ensemble ; mais ne s'emploie guère alors que dans les locutions suivantes et autres semblables : fil de laine, de coton, de soie, etc. — Couper, aller de droit fil, couper une étoffe entre deux fils sans biaiser. — Aller de droit fil, aller directement à son objet. — Donner du fil a retordre a quelqu'un, lui causer de la peine, lui suscilerdesembarras. — Defil en aiguille, de propos en propos, en passant insensiblement d une chose à une autre: de fil en aiguille, ils en vinrent à se quereller, jusqu'à se dire des injures. — Cela ne tient qu'a un iil, se dit de ce que la moindre cause peut aisément détruire, faire manquer, etc. Il ne tient qu'a un fil, en parlant d'un homme qui est près de perdre sa place, son emploi. — Des finesses COUSUES DE fil rlanc, dcs (Inesses grossières et qu'il est aisé de reconnaître. — Le fil de la
VIE, de NOS destinées, DE NOS JOURS, elc, le
cours de la vie, de notre existence; par allusionà la fable païennedesParques, qui filaient, dévidaient et coupaient le fil de la vie des hommes.
Et dans rin?tant fatal ou la Parque ennemi* Coupera de mes jours le fit délicieux,
Louit Racinb. Odet,
— Le fil d'Ariane, ce qui sert à diriger, à guider dans certaines recherches difficiles; par allusion au fil qu'Ariane donna secrètement à fhésée, pour qu'il retrouvât son chemin dans les détours du labyrinthe. On dit même simpl. Fil, dans le même sens. — Fig. etfam. Tenir, faire jouer, faire aller les fils, se dit d'une chose que l'on dirige à son gré, par allusion aux fils de chanvre ou de métal qui servent à faire mouvoir les marionnettes.
Fil de perles, collier de perles enfilées. —
Fil a plomb, instrument de charpentier, de maçon, etc., qui consiste en un morceau de plomb suspendu à un cordonnet, et qui sert à mettre les ouvrages d'aplomb. — Se dit aussi des métaux, lorsqu'ils sont tirés en long d'une manière si déliée, qu'il semble que ce soit du fil : broderie en fils d'or. — Fil d'Archal, fil de laiton, passé à filière. Se dit, par anal., du fil de fer. — Tranchant d'un instrument qui coupe : le fit d'un rasoir. — Passer au fil de l'épée, tuer eu passant l'épée au travers du corps. Ne se dit guère qu'en parlant d'un grand nombre de personnes massacrées de celte manière dans une ville, dans une place de guerre qui vient d'être prise. — Donner le fil a un
RASOIR, A UN couteau, A UNE ÉPÉK, etC., les
rendre tranchants. Dans un sens anal. Ck
COUTEAU, CKTTK BPÉg, CK RASOIR, etC, A LE FIL.
— Otcq L8 Fa A vu RASOia, a un coutbau, etc..
passer sur la pierre un rasoir, un couteau, etc., fraîchement repassé, pour enlever la partie faible et pliante du fil. — Avoir lk fil, être fin, rusé. — Se dit également de ces petites parties longues et déliées dont l'assemblage forme le corps des végétaux, et principalement des arbres : suivre le fil du bois. — S'applique, dans un sens analogue, aux viandes : couper une pièce de bœuf dans le fil.
— Défaut de continuité dans lemarbre ou dans la pierre : il y avait un fil à l'endroit où cette table de marbre vient de se casser. — Se dit encore du courant de l'eau :s«nTe le filde l'eau.
— Aller contre le fil dk l'eau, entreprendre une chose à laquelle tout est contraire. — Fig. Suite, liaison, enchaînement: interrompre le fil du discours, le fil de l'histoire, de la narration. — Le fil de l'analogie, la suite et la liaison des rapports que l'analogie indique.
— w Jargon. Nom donné à tous les cordages qui font mouvoir les décorset autres machines des théâtres. — Fil en quatre, eau-de-vie très spiritueuse. Par abrév., on dit Fil. — Boire du fil, un fil, boire du fil en quatre, un verre de fil en quatre. — Argot. Fil de SOIE, voleur. — N'avoir plus de fil sur la bobine, être chauve, n'avoir [)lus de cheveux sur la tête. — Ne pas avoir inventélefil a couper LE beurre, ne pas être malin, rusé. — Fils de FER, jambes très maigres.
' FILAGE s. m. Action ou manière de filer le chanvre, le lin, la laine, la soie, etc. : le filage de la laine destinée pour faire la chaîne d'une étoffe, est différent de celui de la trame.
— *v Jeux de cartes. Action de filer, filer ses cartes, la carte : — Jargon. Action de suivre quelqu'un pas à pas pour l'espionner. On dit dans le même sens Filature et File.
* FILAGRAMME s. m. (lat. filum, fil ; gramma,
lettre). Voy. Filigrane.
•FILAMENT s. m. Petit fil, petit brin long et délié, semblable à celui qui se tire de l'écorce du chanvre ou du lin: les filaments des plantes. — Anal. Fibrille : les filaments qui composent les nerfs, les muscles, etc.
* FILAMENTEUX, EUSE adj. Bot. Qui a des
filaments : écorce filamenteuse.
' FILANDIÉRE s. f. Femme ou fille dont le métier est de filer ; habile filandière. Ne s'emploie guère que dans la poésie badine ou burlesque. — Adjectiv. Les sœurs filandiéres, les Parques.
* FILANDRES s. f. pi. Certains fils blancs et longs qui volent en l'air dans les beaux jours d'automne, et qui s'attachent au chaume, aux haies, aux herbes, etc. ; on croit que /f-s filandres sont formées par de petites araignées. — Fibres de la viande, lorsqu'elles sont longues et coriaces : c'est une viàndepleine de filandres. — Artvétér. Certains filets blancs qui se forment quelquefois sur les plaies des chevaux et qui s'opposent à la cicatrisation. — Petits vers qui se trouvent dans diverses parties du corps des oiseaux de proie.
* FILANDRE¥X, EUSE adj. Rempli de filandres : viande filandreuse. — Fig. Style, discours filandreux, style, discours, dont les phrases sont longues, pesantes, embarrassées. On dit aussi. Ecrivain filandreux.
FILANGIERI [fl-lan-djé'-ri]. I. (Gaétano), publiciste italien, né en 1752, mort en 1788. Il remplit différents emplois à la cour deNaples. Son principal ouvrage estla Scienin delta legis- /aii'one, traduit en plusieurslangues. — Il(Cairlo, DUC DE Taormina), fils du précédent, né en 1783, mort en 1867. Il servit dans l'armée de Mural; Ferdinand II le mit à la tête de l'artillerie et du service des ingénieurs. En 1848, il combattit une révolte en Sicile et fut fait gouverneur général de cette lie avec un pouvoir illimité. Pendant le règne de François II {18o9-'&0), il fut premier ministre et iniat*tie des affaires étrangère*.