‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 92 sur 568 · COCA · texte numérisé non relu

COCA

COBOURG ou Saxe-Cobourg (Josias, prince de), feld-maréchal autrichien (1737-181-5). Il commanda avec succès contre les Turcs en 1788; occupa Bucharest et une partie de la Valachie, remporta sur les Français la victoire de iNeerwinden, dans les Pays Bas, prit Condé et Valenciennes, mais fut ensuite complètement battu par les troupes républicaines.

COBRA-DE-CAPELLO s. m. [ko-bra-dé-kapèl'-lo] (port, couleuvre à capuchon). Erpét. iNom portugais du naja tripudians, serpent venimeux des Indes orientales, ainsi appelé à cause de l'habitude où il est de dilater son cou de manière à former une espèce de capuchon qui couvre une partie de sa tête. Couleur générale d'un jaune brun; longueur de 3 à 4 pieds; diamètre moyen de 3 centimètres.

Cobia-ae-Captllo.

Dès qu'on l'attaque, il se redresse courageusement sur sa queue et offre une apparence formidable, avec son corps recourbé, son cou dilaté et sa tête menaçante. Il dévore des crapauds, des grenouilles, des oiseaux, de petits quadrupèdes et aussi d'autres serpents. On le trouve dans les Indes orientales et dans plusieurs autres îles de l'archipel Indien. Il est nocturne et entre souvent dans les maisons, à la recherche de sa proie. Son poison, quoique moins violent que celui du crotale, est extrêmement redoutable; il fait mourir un chien ordinaire en moins de 27 minutes et un poulet en moins d'une demi-minute. Il est également dangereux, qu'on l'insère par incision ou par inoculation. La morsure du cobra est ordinairement mortelle pour l'homme, à moins que l'on applique promptement des remèdes sur la plaie.

'COCA s. m, [ko-ka]. Bot. Nom vulgaire

Coca,

d'une plante du genre érylhroxylon. C'est un arbrisseau dont les feuilles, mâchées par les

cocc

COCH

COCH

muletiers, les voyageurs, les mineurs, leur pernu'ltcut de rester un jour ou deux sans prendre d'aliments. Le coca se trouve à l'état sauvajje dans les répions élevées des Andes, sur le versant du Pacifique ; ses feuilles sécliées forment aujourd'hui un article important du commerce de la Bolivie et du Pérou; on les recherche à cause de leurs propriétés narcotiques et stimuinntes. Mâchées avec un peu de chaux ou de cendres, elles produisent des efl'ets semblahles à ceux de l'opium, mais elles agissent avec moins de violence. L'habitude de mâcher des feuilles de coca est générale parmi les mineurs, les muletiers et les ouvriers do l'Amérique du Sud.

• COCAGNE s. f. [gn mil.]. Est surtout usité dans celle locution proverliiale et figurée. P.\YS DE cocAGN'E, pays OÙ tout abondc, où l'on fait bonne chère à bon marché : c'est un vvai pays de cocagne. — Se dit aussi d'une fête donnée au peuple, où il y a des distributions de comestibles et des fontaines de vin : don-

'ner une cocagne.— Mat de cocagne, mât' rond et lisse, planté en terre, en haut duquel sont suspendus des prix qu'il faut aller détacher, en grimpant sans aucun secours : on plante ordinairement des yndts de cocagne les jours de fêtes publiques. — Coc(('ine. (V. S.)

COCALUS, roi de Sicile qui accueillit Dédale

fuyant la colère de Minos. Ses filles, les cocalides, charmées par des présents d'automates que leur lit Dédale, étoullèrent Minos dans un bain.

COCANGE s. f. Jargon. Coquille de noix. — Jeu tenu par les lilous qui courent les foires.

COCANTIN s. m. Jai-gon. Intermédiaire entre le débiteur et le créancier.

"COCARDES. f.(vieux. franc, cocurd, coq). Signe qui ditfèrc de couleur pour chaque nation et que les militaires portent à leur coilfure : il consiste en un morceau d'étoffe taillé en rond et plissé, ou en une plaque de métal peinte, ou bien en un simple nœud de ruban : on reconnut à leurs cocardes qu'ils étaient Fi'ançais. — Fig. Prendre la cocarde, entrer au service, se faire soldat. — Nœuds de ruban ou d'étolfe qui servent à orner certaines parties de la parure des femmes, et principalement leurs coiffures. — « Jargon. Tête. — Fig. Taper sur la cocarde, frapper sur la coitfure qui couvre la tête. — Avoir sa cocarde, être en état d'ivresse.

COCARDER (Sei v. pr. Jargon. Se griser.

COCARDIER s. m. Jargon. Homme qui exagère ses devoirs. — Se dit encore dans l'armée d'un officier trop nerveux : c'est un cocardier.

' COCASSE adj. (rad. cocard qui signifiait autrefois fou). Plaisant, risible, ridicule. Se dit dos personnes et des choses : cet homme est fort cocasse ; peut-on rien voir de plus cocasse ? (pop.)

COCASSERIES, f. Jargon. Plaisanterie coniiclue, nsible.

COCCEJUS (Johannes) [kok-tsè'-iouss], héliraï>lc allemand, dont le vrai nom était Cock nu Koken (l603-'69). Il enseigna l'hébreux à Brème, l'hébreu et la théologie à Fraueker, et la théologie à Leyde; il a laissé de vcilumineux cùiiimentaires sur la Bible et fonda la secte mystique des Coccéiens.

COCCIA (Carlo) [kott'-cha], compositeur italien ( 1789-1 S73). Il dirigea des théâtres à Lisbonne, à. Londres et à Turin ; sus productions comprennent 60 opéras.

* COCCINELLE s. f. [ko-ksi-nè-le] (gr. kokkos, grain rouge). Knlom. Genre de coléoptères triraères, remarquables par la forim,' hémisphérir[ue de leur corps, comprenant plus de 120 espèces ri'|iaiidues sur loul'le globe, et «[ipelées vulgairement uiiiLS a QoN lUX. Leur»

ne

couleurs générales sont le rouge, le jaune ou l'orange avec des points noirs, ou le noir avec des points blancs, rouges ou jaunes. Leurs larves sont de petits vers bleuâtres, tachés de rouge ou de jaune, et avec six pattes à Coccinelle. ^^ pai'lie antérieure du corps. Us naissent d'oeufs jaunâtres, d'une odeur désagréable, que les femelles déposent au printemps, en amas au milieu des [lucerons; car les larves do la coccinelle sont aphidiphages (voy. ce mot).

COCCULE s. m. (lat. cocculus; diminut. de coccus, graine). Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants de la famille des ménispermées, comprenant environ 70 espèces qui croissent dans les régions tropicales. Le cocculus Indiens ou cocculus acuminalus, de la grandeur d'un pois de senteur, produit la coque du Levant.

COCCULINÉ, ÉE adj. Bot. Qui ressemble aux coccules. — s. f. pi. Tribu de ménispermées, ayant pour type le genre coccule.

COCCYGIEN, lENNE adj. [hok-si-ji-ain] (rad. coccyx). .\nat. Qui appartient, qui a rapport aux coccyx.

* COCCYX s. m. [kok-siss] (gr. AoMusj.Anat. Petit os qui est comme un appendice de l'os sacrum, à l'extiéiuité duquel il est attaché : la queue des animaux n'est qu'un coccyx prolongé.

COCHABAMBA. I. Départ, central de Bolivie; 66,000 kil. carr; 380,000 hab. Production d'or, d'argent, de colon, de sucre, de bois de teinture et de bois de construction. — H. ! Ville (autrefois Orupcsa), capitale du déparle- ' ment de Cochabaniba, a l'extrémité orientale d'une vaste plaine qui s'étend à 2,478 m. au-dessusde la mer, et sur le Rio de Rochal, à 190. kil. N.-iN.-O. de Sucre; 35,000 hab. Hues larges, bien entretenues, et aboutissanlà une grande place centrale. Jolies maisons à un étage, entourées de jardins. Cotonnades, draps, verreries, etc. I.a langue dominante est le quichua. — Lat. 17" 21' 30" S.; long. 68» 12' '24" 0.

' COCHE s. m. (probablement dérivé de kocs [kotss], nom d'un village de Hongrie, au S. du Danube, où l'on fabriqua les premiers coches, au xvi"= siècle). Espèce de chariot couvert et à quatre roues dont le corps n'était pas suspendu, et danslequel on voyageait. Vers 1.3o0, il y avait seulement trois coches à Paris. Leur nombre augmenta rapidement, et ils servirent au transport des voyageurs jusqu'à l'introduction des diligences. — Fig. et lam. Do.NNER DES ARRHES AU COCHE, prendre quelque engagement dans une alfaire. — Manquer le coche, perdre l'occasion de faire une chose utile, avantageuse. — Faire la MOUCHE DU COCHE, faire l'empressé, le nécessaire, et s'attribuer le succès des choses auxquelles on a le moins contribué. — S'est dit aussi des personnes qui étaient dans le coche : le coche dina, coucha dans telle hôtellerie. — Coche d'eau, bateau établi pour transporter d'une ville ù une autre les voyageurs et les marchandises : le coche de Melun, d'Auxerre. — L'usage des coches d'eau a commencé vers le xvii° siècle. On emploie aujourd'hui des bateaux à vapeur.

* COCHE s. f. (fémin. de cochon). Truie, grosse coche ; vieille coche.

- COCHE s. f. (celt. coche). Entaille faite à un C(ir|H solide :/■((«'« WHe coche à un bdton. — La COCHE d'une arbalète, entaille qui est sur le fût, et qui sert [lour arrêter la corde quand on bande l'arbalète. — La coche d'une FLÈCHE, entaille qui est au gros bout de la flèche, et dans laquelle on fait entrer la corde de l'arc. — Marque ({u'on fait sur une taille, à un morceau de bois, pour tenir le compte du pain, du vin, de la viande, etc., qu ou prend à crédili

COCHE, EE adj. Beaux-arts. Qui figure un creux li'op profond ou inutile : ti'aits cochés.

COCHELET s. m. Petit coq.

* COCHENILLAGE s. m. Décoction faite avec de la cochrnille, pour teindre en cramoisi ou en écarlale.

* COCHENILLE s. f. [Il mil.] (lat. coccinus,

écarlate; de coccus, gr. kokkos, grain rouge et kermès ; esp. cochinilla). Entom. Genre d'hémiptères, famille des gallinsectes, qui servent à teindre en cramoisi et en écarlate : lacochenille du Mexique vit sur le nopal; avant la découverte de l'Amérique on employait au même usage la cochenille du chêne vert, nommée aussi Kermès. (Voy Kermès.) — Technol. Principe colorant de la cochenille : teindre en cochenille. - Adjectiv. : Couleur cochenille, couleur écarlate fournie par la cochenille, ou semblable à celle de la cochenille. — Encycl. On réserve le nom de cochenille au coccus earli ou cochenillr du nopal, insecte de la grosseur

1. Cochenilles sur utu! brandie de caclus Dopai. — 2 femelle. — 3. inùle.

et de la forme d'une punaise. Le mâle, qui est rare, et qui suffit à 300 femelles et davantage, est actif et mince; sa couleur est d'un roufe clair; la femelle estplus lourde et plus foncée; on l'a prise pendant longtemps pour une graine végétale. Les cochenilles se trouvent particulièrement dans l'Etat d'Ûajaca (.Mexique); les meilleures proviennent du distntde Meslique. 11 y a de grandes plantations de nopal {iiopa- Ica cnccinellifera), et sur ces plantes on élève les cochenilles avec un soin au moins égal à celui que nous apportons en France à l'élevage du ver à soie. Chaque femelle est capable de produire plus de 1,000 jeunes; elles seules produisent la teinture appelée cochenille; les mâles (qui naissent au nombre de I pour 200 femelles), n'ont d'autre utilité que la fécondation. Les femelles séchées ont la forme de grains, convexes d'un côté, et concaves do l'autre; on les fait sécher (après les avoir tuées dans l'eau chaude) en les exposant pendant plusieurs jours au soleil, où elles prennent une teinte de brun roux, ou en les mettant au four, ce qui leur donne une couleur grisâtre veinée de pourpre. En cet état, elles sont presque incorruptibles et se conservent dans des boites hermétiquement closes. Les Français ont réussi, en 1844, à établir des plantations de nopal en Algérie, et les cochenilles qui y ont été élevées sont égales ou même, dit-on, supérieures à celles du Mexique; les Hollandais ont introduit a Java cette branche de l'industrie agricole, qui est aujourd'hui une source de richesse pour les Canaries et pour le Brésil. La Californie nourrit une variété de ces insectes. — Le principe colorant de la cochenille a été étudié par John, qui lui donna le nom de cochenilline. C'est une couleur rouge pourpre brillante, très soluble dnut l'sau et dant l'altiawl,

COCH

mais insoluble dans l'éther; on l'obtient en faisant macérer des cochenilles dans l'éthor et en traitant le résidu par l'alcool et ensuite par l'évaporation. La matière colorante e^t précipitée par dill'érents sels métalliques, tels que ceux du zinc, du bismuth, du fer, du nickel, de l'étain, etc.; elle produit alors des précipités de diû'érentes couleurs très brillantes. Au moyen du chlorure et du nitrate d'étain, on en obtient desplendides teintures cramoisies et écarlates, auxquelles la cochenille doit sa arande valeur. Voy. Carmin.

* COCHENILLER v. a. Teindre une étolfc dans un bain fait avec delà cochenille.

COCHENILLIER s. m. [ko-che-ni-lié]. Bot.

Nom vulgaire du cactus nopal, sur lequel vit la cochenille.

COCHENILLINE s. f. [Il ml\.] Chim. Principe colorant de la cochenille. On dit aussi carmine.

' COCHER s. m. (rad. coche). Celui qui mène un carrosse ou toute autre voiture du même genre : coclicr de fiacre, de cabriolet ; le siège du cocher. ■ — CocHiiR du coups, s'est dit du cocher qui menait le carrosse où était ordinairement la personne du roi, de la reine, du dauphin, etc. — Astron. Le Cocher, constellation de l'hémisphère septentrional.

•COCHER (rad. coq). Se dit du coq quand il couvre la poule; et par e.\t. des autres oiseaux quand ils couvrent leurs femelles.

COCHER v. a. Faire une coche, une entaille.

* COCHÈRE adj. f. Se dit d'une porte par laquelle les voitures peuvent passer pour entrer dans la cour d'une maison, d'un hùlel : mie maison à porte cochére.

COCHEREL, village de la commune d'Houlbec-Cocherel, caul. de Vernon (Uure), célèbre par la brillante victoire que (i,000 Français, commandés par du Guesclin, remportèrent sur 10,000 Anglo-Navarrais, sous les ordres du captai de Buch et du roi de Navarre, Charles le Mauvais, le 16 mai 1364. Le captai de Buch fut fait prisonnier. Le lieu de la mêlée est connu sous le nom de Croix de la Bataille. Un monument commémoratif rappelle cet événement mémorable, qui fut suivi de la conquête de toutes les possessions du roi de Navarre en Normandie.

•COCHET s. m. (diminut. de coq). Petit coq, poulet à qui la crête vient et qui commence à chanter : un cochet et une poulette; chaponner des cochcls.

' COCHEVIS s. m. (wallon, colilici). Alouette ayant une huppe sur la tête : le cochevis chante à merveille ; il est familier, mais il supporte mal la capticité.

COCHIMI , nation indienne de la Basse Californie. Les jésuites, fi.xés au milieu d'eux dès 1706, leur ont enseigné l'agriculture.

COCHIN. L Pays de l'Hindoustan méridional, sur la cûte de Malabar; o,000 kil. carr.; 300,000 hab. Une partie considérable de son territoire appartient à la province de Madras, et le surplus est gouverné par un rajah tributaire des Anglais. Ses produits les plus importants sont l'ébône, le bois de fer et autres bois de prix. La population cochinoise comprend beaucoup de juifs et de chrétiens, — IL Capitale du district anglais de ce nom et autrefois de tout le territoire de Cochiii, à •260 kil. N.-N-O. de Cap Comorin ; environ 18,000 hab. Elle est bâtie sur un banc de sable de la côte de Malabar. Les Poitugais y construisirent un fort en liJOS; les Hollandais s'en emparèrent en 1063 et en firent la capitale de leurs établissements dans l'Inde; les Anglais s'en rendirent maîtres en I7i)u et détruisirent les fortifications en 1806. Phare, par 9° .ï8' bit. N., et 73" u3' ;il" long. E.

COCHIN .Charles Nicolasi, graveur, né à

COCH

Paris en 1713, mort en 1790. Parmi les 1,500 pièces que l'on a conservées de lui, on distingue particulièrement le Frontispice de l'Encyclopédie, seize grandes batailles de la Chine, seize ports dcr France, d'après Vernet, etc. il a aussi laissé des ouvrages de critique d'art.

COCHIN (Pierre-Suzanne-Augustin), puhliciste, né à Paris en 1S23, mort en 1872. Il fit partie de plusieurs sociétés philanthropiques catholiques, fut maire du X' arr. de Paris (1853), et posa vainement sa candidature à la députation. L'Académie accorda un prix de 3,000 fr. à son ouvrage intitulé : Abolition de l'esclavage (1861).

COCHIN (Hôpital), établissement fondé en 1780, par les hbéralités de Jacques-Denis Cochin, curé de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, et situé à Paris, rue du Faubourg-Saint-Jacques. On y reçoit les malades atteints d'all'ections aiguës ou chirurgicales.

COCHINCHINE. La Cochinchine constituait autrefois une province spéciale, dépondant de l'empire d'Annam, et son nom s'appliquait vulgairement à une grande partie de la péninsule de l'Indo-Chine. — ■ Depuis que la France a pris possession de ce pays, le nom de Cochinchine a été restreint à la partie de l'ancienne Cochinchine soumise à notre domination directe. Aujourd'hui, la Cochinchine estune colonie française, située dans la parlie méridionale de la péninsule indo-chinoise et divisée en six provinces: Bien-Hoa, Saigon, Mytho, conquises en 1861 ; Vinblong, Ciiaudoc et Hatien. annexées en 1867. Superficie : 59,800 kil. carr.; population 2,968,529 hab., dont 4,932 Européens seulement, sans compter la garnison; capitale, Saigon. Pays moulu eux et humide : climat débilitant. Production de riz. de poisson sec, de soie, de citron, d'écaille, d'ivoire, de tabac, de poivre, de cornes, de peaux de buflle.etc.En moy. l'importation s'élève à 40 m il lions de fr.; et l'exportation à 50 millions. Le mouvement commercial s'accroit avec une grande rapidité. Le commerce maritime, évalué à 30 millions, a lieu avec la Chine, par Hong-Kong et Shangaï, et avec le Japon. La France exporte en Cochinchine des lainages et des vins et elle en reçoit des soies. La Cochinchine reçoit, en outre, du thé, des boissons, de la chaux, du papier et de l'opium. Elle exporte du riz, du poisson salé, des sacs de paille, du coton, etc. Le territoire, extrêmement fertile le long des nombreux cours d'eau, y est couvert de vastes rizières et de jardins. Ailleurs, le sol est revêtu de forêts riches en brams, en bambous, en bois de teck, en bois de fer et en bois de santal ; on y rencontre des animaux sauvages, tels que le buffle, l'élephtint, le tigie, etc. Les cours d'eau renferment d'excellent poisson, principale ressource alimentaire des habitants. La culture du riz occupe 244,000 hectares; ensuite viennent les aréquiers, les cocotiers, la canne à sucre, le coton, le maïs, l'arachide, le poivre, le bétel, le mûrier, le palmier d'eau, etc. La France possède, en outre, à 70 kil. environ au sud du Candjodge, l'ile montagneuse et boisée de Poulo-Condor (00 kil. carr.). Au nord-est de la Cochinchine française, le royaume de Cambodge s'est placé sous notre protectorat; et à la suite de l'expédition contre Ha-Noï, dans le Tonkin, le roi d'Annam a signé le traité du 15 mars 1874, qui le place, en quelque sorte, sous la suzeraineté de la France. Après plusieurs tentatives pour amener les Annamites k tolérer les missionnaires, les Français prirent Saigon en 18.-)9, battirent l'armée annamite on 1861, et soumirent trois provinces de la Basse Cochinchine. Diverses révoltes en 1863 et 1864, furent suivies de l'annexion de trois autres provinces en 1867. Cette annexion a été formellement reconnue par le li-aité du 13 mars 1874. Un décret, inséréle3 sept. 1881

COCH

au Journal officiel, témoigne de la vitalité et de la prospérité financière de notre belle colonie de la Cochinchine. Ce décret approuve une convention pour l'établissement d'un chemin de fer de Saigon à Mitho, avec garantie d'intérêts consentie par le conseil colonial. Ainsi, la Cochinchine, la seule de nos colonies qui ne coûte rien au Trésor de la mélropole, peut, en outre, subventionner un chemin de fer.

COCHINCHINOIS, OISE adj. et s. Habitant de la Cochinchine; qui appartient à la Cochinchine ou à ses habitants.

COCHLÉA s. m. [ko-klé-a](lat. cochlea, limaçon). Anat. Synon. de Colimaçon : le cuchtéa de l'oreille.

COCHLÉAIRE adj. [ko-klé-è-re] (lat. cochlea, limaçon). Hist. nat. Contourné comme la coquille d'un colimaçon.

■COGHLÉARIA s. m. [ko-klé-a-ria] (lat.

cochlcar, cuiller). Bot. Genre de crucifères, comprenant une trentaine d'espèces, des régions tempérées et des régions froides de l'hémisphère nord, et que l'on nomme aussi Herbe .^ux cuillers, parce que leurs feuilles ont la forme d'un cuilleron. Le cochléaria rusliiiue (cochléaria ou naslurtium .irmoracia).

Cochléaria rustique (Cocblc.iria ou Naslurliuni A

uiuiaciay.

est probablement originaire de l'Europe méridionale. On le cultive, dans les jardins, à cause de ses racines, que l'on emploie comme condiment et comme médicament; fraîchement récoltée, cette racine a un goût brûlaiil, acre, et une odeur piquante, due à une huile volatile qui s'évapore quand on fait sécher la racine. — Méd. Le cochléaria est l'un de nos meilleurs antiscorbutiques. On mange en salade les feuilles fraîches de cochléaria, on touche souvent les gencives avec l'alcoolat de cette plante.

• COCHON s. m. (celt. cocha, truie). Mamm. Genre do pachydermes, dont le sanglier est l'espèce type et qui comprend , outre le cochon proprement dit, ou sanglier, les genres babiroussa, phacocère et pikari, auxquels on joint souvent le genre hippopotame. — Genre type de ce groupe, comprenant une espèce domestique appelée aussi porc ou pourceau.' — Cochon de lait, petit cochon qui tette encore ou qu'on ne nourrit que de lait : manger tin cochon de lait. — Fig. et fam. Avoir diîs yeux, DE PETITS YEUX DE COCHON, avoir de très petits yeux. — Fam. Sale comme un cochon, gras COMME un COCHON, très sale, très gras. — Fig. et pop. C'est un cochon, un gros cochon, UN vilain cochon, se dit d'un homme qui ne fait que manger etdormir. C'est un cochon, un vilain corhon, se dit aussi d'un homme malpropre, ou qui fait quelque chose de sale. — Pop. Mener une vie de cochon, vivre dans la crapule, dans la débauche. — Prov. et bass. Camarades, AMIS comme cochons. Se ilitdedcuji

COCH

personnes qui vivent dans une extrême famiîiai'ilé, qui fontsouvent la débauche ensemble. — l'rov. Il semble que nous ayons gardé lks COCHONS ensemble, sc dit pour faire sentir à un inférieur ou à un bonuiie que l'on connaît peu, qu'il s'oublie et qu'il en use trop familièrement. — Cochon d'Inde, mammifère de l'ordre des rongeurs, qui est plus petit qu'un lapin, et qui grogne comme un cochon. (Voy. Gon.wE). — Encvcl. Le groupe des cochons {SKS), se distingue par quatre doigts à chaque pied, dont deux mitoyens, grands, et armés de forts sabots, et deux latéraux beaucoup plus courtsetne touchantpresque pas àterre; leurs canines sortent de la bouche; leur museau se termine par un boutoir tronqué, pro- [ire à fouir et renfermant un petit os particulier nommé os du boutoir. Le type de ce groupe esllesanglier{«!(s scophra), soi\cha des cochons domestiques, lesquels se rencontrent dans tous les lieux habités. Le cochon était très recherché par les anciens Grecs, qui le sacriliaienl à Cérôs, déesse des moissons. Dans les pays très chauds, comme l'Egypte, sa chair passe pour malsaine, ce qui fait que les an-

COCH

d'Europe non perfectionné, tel qu'on le rencontre encore dans le centre de la France. On lui préfère aujourd'hui les races perfectionnées, parmi lesquelles on dislingue le cochon chinois, à variétés blanches et noires, facile à engi'aisseï et dont les o'^ sont très petits; il

COCH

COL'tioa d EuropL'.

ciens législateurs et lesprètres de ce pays ont défendu d'en faire usage. Les législateurs hébreux et musulmans la prohibèrent également, ce qui fait que les juifs et les mahoniétans se gardent bien d'en laire us.ige, même sous les latitudes septentrionales, où elle est inoffensive. A l'état libre, le cochon est propre ; il recherche l'eau pure et aime à s'y baigner. Enesclavage, ildevient malpropre, fi k défaut d'eau claire, il se vautre dans les boues les plus impures; il est vorace et omnivore. C'est l'un de nos animaux domestiques les plus utiles. Sa chair excellente se conserve

Cochon chinois,

longtemps lorsqu'elle est salée et offre une précieuse ressource pour l'alimentation des populations rurales. Sagraisse remplace l'huile et le beurre en beaucoup de pays. Sa fécondité est prodigieuse, puisqu'une truie peut mettre bas .jusqu'à douze ou quatorze petits et souvent deux fois par an. Elle poite quatre mois seulement. Le cochon grandit jusqu'à cinq ou six ans, il peut vivre vinat ans.

L'une de nos gravures montre le

Coclion perfeclioiiné <iii Bci-ksltirc.

produit beaucoup de lard; par son croisement avec nos variétés françaises, il peut donner naissance à d'excellentes sous-varié lés. Le coç/ionîîapo//((H')?,laphisbelle race européenne, est aujourd'hui très répandu en Anglelei'ie; sa chair est d'une qualité supérieure; il est petit, noir, avec peu do soies, un groin couri, des oreilles dressés et des os menus. Nous avons en France les races normande, craoniiaisc, charolaise, bounjuiQiionnc, elc, qui sont plus ou moins perfectionnées, mais qui ne peuvent rivaliser avec les races anglaises, i'arnii ces dernières, il faut citer ]e cochon du

Cochon pcrfoctionné trEssex,

BerJishîre, noir ou blanc, plus gros que le napolitain, moins gras, mieux en chair, et excellent pour la production de la graisse et des jambons; on le prél'é[ait autrefois à tous les autres, mais le produit de son croisement avec le chinois, est considéré aujourd'hui

cochon

Cochon d'^au à masque ^Polamocliœrus .ifricanus

comme supérieur. Le cochon d'Esscx, mêlé de napolitain, est celui qui obtient actuellement

le plus grand nombre de prix dans les concours; il est noir, bien proportionne, d'une bonne grandeur, d'un caractère doux, facile à engraisser, d'une chair excellente et atteint de 250 à 400 livres vers l'âge de douze à dix-huit mois seulement. Les Anglais possèdent, en outre, le cochon de Middksex, descendant du chinois, mêlé avec les gros cochons de ce pays; il atteint de 800 à 000 livres, dès l'âge de dix-huit mois; le suffolk, croisé de l'ancien suffolli, de chinois et do berksbire; il est blanc, petit, compact, à jambes courtes, à tète fine. — Cochon d'eau, nom donné au cochon africain du genre phacocha;rus{F.Cuvier). C'est un animal farouche, armé de forrniilables défenses. L'espèce la mieux connue est i'arujii(P. Aliani, Riipp.) des eûtes d'Abyssinie, de Guinée et du Mozambique; il a de longues soies au bout des oreilles et le long du dos. Lecoc/(0« d'eau àmusque,hoschmirk des Bocrs (poîamochœrus Africamis, Gruy), habite le sud de l'Afrique ; il est extrêmement sauvage.

* COCHON s. m. Mélall. Mélange impur de métal et de scories, qui bouche quelquefois les fourneaux où l'on fait fondre les métaux.

— Dans l'affinage. Gonflement ou soulèvement des cendres dans la coupelle.

COCHON, ONNE adj. Qui se rapporte aux cochons : la Qcnt cochonne. — Malpropre, dégoûtant : cette enfant est vraiment cochonne.

— Grossier, malhonncle, indécent ; c'est cochon, ce rjtie vous diti:f;-li.

COCHON DE LAPPARENT (Charles, comte), convenlionnel, né dans la Vendée en 1740, mort en 182,t. 11 vota la mort du roi, fut ministre^de la police en f/OO, puis jelé dans l'ile d'Oléron, du ISfrucfidor au 18 brumaire, et devint préfet sous l'Empire. Exilé comme régicide, en ISI6, il rentra en 1818.

COCHONNAILLE s. f. Charculerie. Ce qui se tait avec de la chair de cochon.

COCHONNAILLERIE s. f> Base de la cuisine

des pauvres gens.

•COCHONNÉE s. f. Ce qu'une truie fait de petits cochons en une portée : elle a fait tant de petits cochons en une cochonnée.

' COCHONNER v. n. Il se dit d'une truie qui met bas : ta truie a cochonné. — v. a. Faire salement ou grossièrement un ouvrage : c'est un ii/norant qui co<;honne l'ouvrage, "la besogne. (Fara.)

* COCHONNERIE s. f. Malpropreté : cet homme est d'une coelioniierie dégoûtante. — Par ext. Choses sales, gâtées, ou sans valeur : jetez toutes ces cochonneries. — Fig. Action, propos obscène ou sale : c'est une cochonnerie ; il dit des cochonneries. (Fam.) — »*■ Jargon. Acte indélicat. — Mets repoussant, préparé par des personnes malpropres.

* COCHONNET s. m. Boule à douze faces, marquées chacune d'un point ou d'un cliilfrf, depuis un jusqu'à douze : jouer au cochonnet.

— Se dit aussi de ce que des gens qui jouent à la boule ou au palet, jettent devant eux pour leur servir de Dut : cochonnet va devant.

COCHRANE [kok'-rann]. I. (lord), voy. Dun- DONALD. — 11. (John DuNDAs), sumoinmé le Voyageur pédestre, explorateur anglais (1780- 182.^). 11 débuta, fort jeune, par être mousse, et s'éleva jusqu'au rang decapitaine.En 181.H, il commença une série de voyages pédestres en France, en Espagne et en iF>orlugal. En 1820, il entreprit, toujours a pied, un voyage autour du monde. 11 partit de Londres, se dirigea vers l'est, traversa la Russie, atteignit Petropavlosk (Kamtchatka), s'y maria, abandonna son projet et revint, par le même chemin, à Londres, où il arriva, après une absence de trois ans. 11 a publié : Révil d'un voyage pédestre à travers la Russie et la Tartarie sibérienne, depuis les frontières de la Chine jusqu'à la mer Glaciale et au Kamtchatka. (Londres, 1824, 2 vol.).

Page 1