HUILE DE FOIE DE MORUE OU DE RAIE
bromure de potassium , et le bromure de fer.
Bromure potassium. — Les bromures alcalins agissent comme les iodures correspondants, leur action est plus énergique que celle des bromures alcalins, et plus capricieuse.
Le bromure de potassium agit, comme l'iodure de potassium, à des doses moitié moindres ; donné à très petites doses , il stimule Ténergie des fonctions digeslives. Quelquefois son administration est suivie d'une douleur assez vive qui a pour siège le grand cul-de-sac de l'estomac.
Lorsqu'on administre pen dant quelques jours le bromure de potassium , il survient sou vent, comme lorsqu'on prescrit l'iodure, de l'embarras dans les fosses nasales , de l'enchifrèneraent quelquefois accompagné de céphalalgie assez intense ou d'excitation cérébrale.
Nous pensons que le bromure de potassium peut être employé dans toutes les conditions où l'iodure a réussi , mais les doses doivent être moitié plus faibles , et son administration sera graduée et attentivement surveillée.
Potion bromurée (Magendie).
Bi'omure de potassium 6décig.
F.iites dissoudre dans :
Eau de luilue 100 gram.
Sirop de guimauve 30 gram.
Ajoutez : Sirop de guimauve 30 gram.
Par cuillerées à bouche , daus les viiigt-quatie heures, contre les scrofules.
PU. bromure fer (Magendie).
Bromure de fer pulvérisé 2 gram.
Conserve de roses 2 gram.
Gomme q. s.
Mêlez très exactement, et faites 50 pilules, 2 le matin et 2 le soir.
Pomm. hrom. (Magendie).
Bromure de potassium
2 gram.
Brome liquide
6 goult.
Axonge
40 gram.
Mêlez.
Huile foie morue ou raie.
Ces huiles sont efficaces pour combattre les scrofules , le rachitisme , les tumeurs des os ; on les a vantées contre le rhumatisme articulaire, les pneumonies chroniques, la phthisie.
L'huile de foie de morue est de jour en jour employée davantage à l'hôpital Saint-Louis et à l'hôpital des Enfants contre plusieurs affections scrofuleuses de la peau et le rachitisme.
A i.'ihtéiiii;t)b, on l'administre pure à la dose de 5 à 20 gram. On peut'arriver progressivement à en donner une cuillerée à bouche matin et soir. On y ajoute quelquefois, pour la faire tolérer, laudanum de Sydenham, 5 goutt., et on fait boire immédiatement au malade une tasse d'infusion aromatique ou du café à l'eau , ou mâcher de l'écorce d'orange.
Potion huile foie de morue.
Huile de foie de morue
Eau de laurier cerise
Gomme arabique
Eau
Sirop.de fleurs d'oranger
50 gram.
10 gram.
20 gram .
200 gram.
50 gram.
F. s. a. Prendre par cuillerée, toutes les heures.
Potion huile foie raie (Rayer).
Iliiilc de foie de raie 90 gram.
Gomme arabique 15 gram.
Sirop d'opium 60 gram.
Eau 60 gram.
Cette potion se prendra en 3 jours et chaque jour en trois doses égales, dans les pneumonies chroniques.
Mixt. huile morue (Roesch),
Huile de foie de morue 30 gram.
Sirop d'écorces d'oranges 30 gram. Eau distillée d'anis 30 gram.
Essence d'acore vrai 3 goutt.
Contre les aflections scrofuleuses, le carreau , la coxalgie , certains cas de phthisie au début , racbitis, tumeurs blanches , tumeurs glanduleuses , à la dose d'une cuillerée 3 fois par jour.
Sirop d'huile de foie de morue.
Huile de foie de morue 250 gram.
Gomme arabique pulvérisée 156 gram.
Eau 3"5 gram.
Mêlez. Faites un sirop. Dose: 16 a 32 gram. par jour; et plus progressivement. (Duclou.)
Sirop de foie de raie (Mialhe).
Sucre 600 gram.
Amandes amères 50 gram.
Gomme arabique pulvérisée 50 gram.
Huile de raie 100 gram.
Eau pure 300 gram.
Broyez d'abord les amandes avec la gomme et environ 50 gram. de sucre; ajoutez ensuite, petit à petit, l'huile préalablement mélangée avec environ 100 gram. d'eau; battez bien et long temps; ajoutez ensuite, peu à peu, le lestant de l'eau qui doit entrer dans le sirop ; passez la liqueur émulsive à travers un blanchet, et faites-y fondre le sucre à l'aide d'une température très faible qui ne devra pas dépasser 40° centig. afin d'éviter la coagulation de la partie albumineuse de ces amandes.
Sirop antirachitique (Vanier).
Huile de foie de raie 150 gram.
Extrait de feuilles de noyer 50 gram.
Miel SOO gram.
Eau distillée 5 gram.
lodure potassium 5 gram.
MÉDICATION ALTÉRANTE
Sirop de quinquina 500 gram.
Sirop simple 1000 gram.
Essence d'anis 5 gautt.
F. s. a. A prendre par cuillerées, le matin à jeun.
Air atmosphérique.
Nous venons de passer en revue les principaux moyens qui ont été employés pour combattre les affections scrofuleuses. Les préparations iodurées, quelques toniques, plusieurs, stimulants désignés sous le nom d.' antiscorbutiques , ont contre cette maladie une incontestable utilité ; mais les moyens hygiéniques ont une puissance plus indubitable encore. Les causes principales des scrofules, après l'hérédité , sont : Tair froid et humide, le défaut d'insolation, Tabsence d'une bonne alimentation ; eh bien, un air sec, da soleil et une bonne nourriture, voilà les meilleurs moyens pour seconder l'influence des médicaments antiscrofuleux. Si l'on considère l'air comme moyen thérapeutique, on peut dire encore que l'air trop vif des montagnes ne convient pas dans les maladies de l'organe respiratoire , qui s'accommode bien mieux de l'atmosphère tiède et plus lourde des provinces méditerranéennes.
La pression paraît jouer un grand rôle dans ces effets : on a remarqué dans ces derniers temps , qu'en plaçant un malade qui peut à peine respirer dans un appareil où la pression atmosphérique est doublée , toute gêne disparaît immédia-
tement, il respire avec la plus grande facilité et semble éprouver un bonheur qu'il n'espérait plus ; mais ce moyen sera toujours d'un emploi difficile.
MÉDICATION SUBSTITUTIVE 6 383
Il a encore été vanté pour combattre la goutte et les douleurs rhumatismales ; mais, dans ces cas, les résultats heureux sont plus contestables.
Médication substitutive (ou homœopaihique).
Contraria conirariis curantur, — Voilà le principe qui, depuis Galien, règne en souverain, et, pour ainsi dire, sans partage dans toutes nos écoles ^ ce n'est pas à dire pour cela que Hahnemanu et ses sectateurs soient les premiers qui se soient élevés contre ce dogme trop exclusif. Il y a près de quatre cents ans qu'un homme d'un puissant génie, celui peutêtre qui a laissé les traces les plus nombreuses de son passage dans la thérapeutique, Théophraste Paracelse , s'insurgeait, avec cette inépuisable verve qui le caractérisait, contre le principe dominant des écoles; il proclamait que ce dogme était faux dans nn grand nombre de circonstances. Que le principe opposé {similia similibiis curantur) conduisait aux applications les plus fécondes. Th. Paracelse est , je le sais , une autorité de mince importance pour nos modernes docteurs ; mais on ne doit point cependant traiter avec trop de légèreté un homme qui , né dans un siècle barbare , réformait hardiment toute la thérapeutique monstrueuse des anciens galénistes ; introduisait dans la médecine l'usage des préparations de mercure, d'anlimoine, d'arsenic, de zinc, de fer, d'alumine; les carbonates alcalins, l'opium, etc. Sauf quelques produits importants , dont la découverte de l'Amérique et les recherches des chimistes ont enrichi la médecine, que faisonsnous de mieux aujourd'hui ?
Or, la plupart des belles découvertes thérapeutiques de Th. Paracelse reconnaissent pour point de départ le principe similia similibus curantur. Ceci nous montre qu'Hahnemann et ses homœopathes n'ont point inventé ce principe ; le seul mérite que je leur reconnaisse, c'est de l'avoir travesti, de l'avoir rendu ridicule par leur posologie de millionième de grain.
La médication substitutive , dont on commence maintenant à reconnaître l'importance, est appelée à dominer la thérapeutique des affections chroniques. Je suis loin de vouloir défendre , d'une manière absolue , le principe sur lequel elle s'appuie. J'admets la spécificité des causes morbifiques de même que la spécificilé d'effets des agents thérapeutiques;
384 MÉDICATION SUBSTITUTIVE.
mais je reconnais qu'une maladie aiguë , d'une guérison souvent prompte , peut être substituée à une maladie chronique , dont la terminaison a une fin, ou très éloignée, ou imprévue ; les armes dont dispose la médication substitutive sont à deux tranchants : pour réussir avec elles, il faut les manier avec habileté.
J'ai donné dans les sections précédentes diverses formules qui devaient figurer dans la médication substitutive ; je citerai surtout plusieurs préparations mercurielles et iodiques.
Nitrate d'argent.
Voyez , pour l'emploi intérieur, p. 367.
Le nitrate d'argent est le cathérétique le plus employé; il agit assez lentement sur la peau, mais rapidement sur les chairs vives. Il est utile pour réprimer les chairs fongueuses, pour cautériser les plaies de mauvaise nature , les boutons varioliques , l'impétigo , le zo na, etc.
La solution de nitrate d'ar gentestun des meilleurs agents de substitution. On le conseille dans un grand nombre de phlegmasies chroniques de toutes les muqueuses. Ainsi les inflammations chroniques du pharynx, des fosses nasales, de la bouche, du vagin, du col de l'utérus, du canal de l'urètre , de la vessie, ont été efficacement traitées par ce précieux médicament. Plusieurs inflammations aiguës, d'un mauvais caractère , sont heureusement modifiées par la solution de nitrate d'argent ; le croup, l'angine catarrhale, la blennorrhagieaiguë,rophlhalniieblennorrhagique, sont de ce nombre.
Collyre au nitrate d'argent.
Solution contenant 25 niillig. à 1 décigrani. de nitrate d'argent pour 20 ram. d'eau distillée.
On en verse matin et soir 2 à 3 gouttes entre les paupières, soit avec les barbes d'une plume, soit directement et avec précaution avec le goulot de hi bouteille. Le malade doitrouler le globe de l'œil dans l'orbite, afin que toute la surface intérieure se mette en contact avec le liquide.
Collyre nitr. arg. (Desmarres).
Nitrate d'argent 50 centig,
Eau distillée 10 grani.
F. s. a. un Collyre.
Ophtbalmies externes à leur début.
Kératites vasculaires superficielles partielles ou générales ; ulcérations et épanchemen ts supcrticiels de la cornée avec grande pbotophobie. On débute par 50 ceutigr. En 12 ou 24 heures on augmente la dose de nitrate de 20, 30 ou 50 centigrammes, jusqu'à ce que la photopbobie ait disparu.
Pendant les 24 premières heures les instillations sont faites toutes les dt heures sans interruption, puis d'heure en heure seulement pendant le jour, On passe ensuite au traitement général convenable.
Collyre c. Voplitkalm. purif.
Nitrate d'argent 10 à 20 centij;,
Eau distillée 30 grani
En instillations répétées plusieurs foi:
par jour. {Réveil lé-Parise.)
Collyre nitr, arg. (Velpeau)
Nitrate d'argent Eau distillée
2 gram 30 grani