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CERTIFICAT DE DÉCÈS

Je soussigné, docteur en , d'après le mandat

de visite délivré par M. le maire, certifie avoir fait à heure du (i) la visite du corps (2) de

ùgé de nati d

département d exerçant la profession

de (3) , décédé le

jour du mois d à heure du

, quartier d rue

, n° , dans un logement {k) si lue

et à l'exposition d Je déclare que le décès est constant et paraît avoir été causé par (5)

Je déclare, en outre, qu'il a été attesté par que, pendant la durée de la maladie, M.

rue , n° , a été appelé

à donner des soins au décédé et que les médicaments ont été fournis par M. (6) rue n^

Fait 18 .

(1) Indiquer le jour et rheure de la visite.

(2) Indiquer les nom, prénoms, sexe: si la personne décédée est mariée, non mariée ou veuve.

(")) Désigner la profession personnelle, sMl y a lieu, ou celle du mari, eu cas de décès de la femme, ou celle des père ou mère, en cas de décès des enfants.

(/l) Faire connaître l'étage et l'exposition (nord, sud, est, ouestj du logement.

(5) Relater la nature de la maladie, les causes antécédentes ou complications, la durée de la maladie, et s'il y a eu ouverture du corps.

Dans le cas où il s'agirait d'un enfant sorti vivant du sein de la mère, mais décédé a>ant que la déclaration de naissance ait pu être faite, indiquer, d'après les déclarations, quelle a été la durée de son existence.

(6 Enfin inscrire le nom des personnes, ayant titre ou non, qui ont donné des doins à la maladie et de celle/} qui ont fourni les médicaments.

•"'08 HYGiÈNE THKKAPEITIQUE.

Considérations générales sur Thyglcne tbé* rapeutiquo. — La bonne direction des modificateurs hygiéniques dans le traitement des maladies est une des parties les plus importantes, mais aussi les plus difficiles de la médecine ; elle était désignée jadis sous le nom de diélélique; aujourd'hui ce mot est généralement employé dans un sens plus restreint : on n'y comprend guère que ce qui se rapporte à l'étude du régime alimentaire dans les maladies. Ribes donne le nom d'hygiène thérapeutique à tous les objets que les anciens réunissaient sous le titre de diététique. Cette science a donc pour objet de diriger remploi des modificateurs hygiéniques dans le traitement des maladies, d*en régler les conditions de manière à conduire le plus promptement et le plus sûrement possible au rétablissement de la sauté. Ces moyens sont aussi nombreux que puissants ; ils ont constitué, pendant longtemps, les vraies ressources de la thérapeutique. L'incomparable mérite de la médecine grecque, c'est de les avoir judicieusement employés. Ce sont les armes que maniaient presque exclusivement Hippocrate, les pythagoriciens, etc. Il faut arriver à Galien pour voir naître, parmi les grands observateurs de la médecine, la foi dans les médicaments composés ; les médecins grecs en employaient très-peu, et d'une si grande innocuité qu'ils pouvaient passer pour des modificateurs hygiéniques ; beaucoup de médecins de cette école ne prescrivaient les médicaments qu'à l'extérieur. Les successeura de Galien compli-quèrent la Ihéjrapeulique d'une foule de préparations dans lesquelles les drogues les plus diverses se trouvaient associées, beaucoup plus par des idées théoriijues que par une saine observation. Pendant des siècles, on attacha plus d'importance à ces médicaments

composées qu'à la thérapeutique hygiénique, dont l'étud»} fut à peu près délaissée.

Au commencement du xvi® siècle, Pa accise réa^Mt avec U[ie grande vigueur contre cette polypharmacie encombrée de tant d'éléments ridicules. 11 introduisit dans la thérapeutique ou consacra l'usage de préparations de mercure, de fer, de plomb. 11 dégagea plusieurs médicaments importants de diverses associations. H défendit, avec autant de verve que de talent, la théorie des spécifiques. Ces nouveautés éloignèrent plus complètement de tout ce qui se rapportait au\ études des modificateurs hyc;iéniques.

Les causes du succès et de l'engouement pharmacologique sont faciles à comprendre. De tout temps il y a eu parmi les hommes une singulière dispositioji à croire aux promesses des empiriques qui leur assurent une prompte guérison par des moyens cachés. La liaison que Paracelse et ses disciples établirent entre l'astrologie, fort en honneur dans leur temps, et les médicaments énergiques qu'ils piéconisaient, fut encore une des causes de leur succès. On adopta facilement Tidée que chaque maladie avait son spécifique qu'il fallait trouver. C'est à la recherche de ces spécifiques et non au développement des vérités fondamentales de la thérapeutique que se dirigèrent toutes les forces vives du corps médical. Ce mouvement continua et s'accrut par les richesses pharmacologiques que nous procura la découverte du Nouveau-Monde. 11 n'est besoin de mentionner que le quinquina et l'ipécacuanha. Puis la chimie analysa, fit connaître la composition des remèdes héroïques, et ces travaux amenèrent la découverte d'une foule de préparations d'une eflicacité dans les maladies aussi grande que leur puissance.

Comment ne pas comprendre et admirer les succès éclatants de la thérapeutique pharmacologique, lorsqu'ils s'appuient sur la découverte et l'étude des propriétés de la quinine, de la morphine, de l'atropine, de la digitaline, des iodure et bromure de potassiuni, du chloroforme et du chloral, etc.? Avec de pareilles armes à manier, on

apprécie t/ès-bien ramoindrissement progressif de la thélapeutique hygiénique. Il y a quarante ans à peine, on ne mentionnait à la fin des consultations que des règles banales formulées à peu près dans les mêmes termes. Ces prescriptions se bornaient généralement à l'alimentation; et quelles prescriptions! Pour les sectateurs de Broussais, c'était la diète; puis, dans les convalescences, du bouillon de poulet et des viandes blanches ; ses adversaires théoriques ordonnaient des côtelettes, des viandes rôties, du vin de Bordeaux; tout se bornait là, d'oii la pensée généralement admise de l'identité de l'hygiène thérapeutique et de la médecine expectante. Nous allons voir combien diffèrent ces deux méthodes de traiter les maladies.

On donne en médecine, dit Littré, le nom d'expectation à des règles de conduite qui consistent à abandonner le malade aux seules ressources de la nature sans intervenir, dans le cours de TafTection, par une médication active, et en se bornant à éloigner les agents et les circonstances nuisibles.

\ oulonzedip^eWe médecine expectante celle qui s* ahsiieni de tout secours ou qui n'emploie que des moyens incapables de produire un changement notable dans la suite des modifications que la maladie éprouverait sans elle. C'est la négation de l'art, le respect de la maladie ; ce respect peut être bon dans quelques conditions exceptionnelles, uîais il est presque toujours mauvais. En chirurgie^ où les indications sont précises, a-t-on jamais posé l'expectation comme une règle, lorsqu'il s'agit d'une luxation, d'une hernie étranglée, etc. ?

La thérapeutique hygiénique est une médecine très puissante, mais aussi très difficile; elle varie dans ses indications suivant les individus, suivant Tintensité et les phases de la maladie.

« L'hygiène bien entendue est la médecine des hommes bien portants; les moyens hygiéniques prudemment dirigés sont plus nécessaires au malade qu'à l'homme sain.

» A l'aide des seuls secours de Thygiène, et sans l'em-

HYGIENE THERAPEUTIQUE. 511

ploi des médicaments, la plupart des maladies aiguës peuvent se 'terminer favorablement; sans leur concours^ les médicaments les mieux indiqués seraient toujours insuffisants. » (Chomel.) ®

« La thérapeutique hygiénique, dit Requin dans son remarquable ouvrage de pathologie médicale, est la base nécessaire de l'art. Ses moyens n'éblouissent pas le vulgaire, il est vrai, mais le praticien consciencieux qui en sent toute l'importance doit approfondir cette utile étude. »

Je vais citer rapidement quelques exemples pour montrer rimportance et les difficultés de Thygiène thérapeutique.

Personne ne méconnaît les effets si considérables, si utiles de Tabstinence pour abattre la fièvre, pour modérer les accidents des maladies aiguës. Mais que de difficultés dans la bonne direction de la diète ! Combien sont grands les dangers de l'abstinence trop prolongée à la fin des maladies aiguës ou dans leur convalescence ! Je démontrerai, lorsque j'aborderai ce sujet, que, dans ces conditions, un jour de diète peut agir plus puissamment, et le plus souvent en mal, que la saignée la plus copieuse.

Est-il besoin d'insister sur les heureux emplois du froid et des alternatives du chaud et du froid par les procédés divers de l'hydrothérapie et par d'autres méthodes? Je reviendrai bientôt sur les résultats considérables que l'on peut attendre dans les maladies aiguës de l'emploi sagement réglé de ces puissants modificateurs.

Uappelons maintenant quelques exemples *se rapportant à des imminences morbides ou à des maladies chroniques très-communes.

Le vrai traitement de la goutte, de la gravelle, ne repose-t-il pas sur le judicieux et persévérant emploi des modificateurs hygiéniques ?

Comment combattre sûrement l'obésité, si ce n'est par un régime sagement ordonné et par des exercices suffisants? Combien les procédés si bien éprouvés de l'entrai-

nement des pugilastes sont plus efficaces dans cette condilions que tous les médicaments les plus vantés! < Je termine par un exemple qu'une longue pratique m'a appris à connaître dans tous ses détails.

Est-ce aux drogues que je demande aujourd'hui la guéridon dp la glycosurie? Combien leur intervention est douloureuse et souvent nuisible ! Toujours, au co traire, une alimentation sagement dirigée, suivant les individualités morbides, un exercice de tous les jours suffisant pour amener la destruction du sucre, conduisent à des résultats heureux. Qiiand il n'existe pas encore d'irrémédiables complications, tous les giycosuriques qui ont de 1 » volonté, de l'intelligence et de la persévérance, guérissent sans médicaments et avec la seule puissance des moyens hyj^iéniques.

Disons, en terminant, que cette thérapeutique hygiénique^ fondée sur l'ob<ervation, guidée par les méthodes précises et nouvelles dont la science dispose, ne fait jamais de mal et du bien toujours. Mdis elle exige des connai»;sances a})profondies, une étude sérieuse et minutieuse de chaque cas individuel. Ajoutons que, pour beaucoup de maladies, elle estencore'peu avancée et surtout peu goûtée des élèves et des malades même éclairés, qui aiment mieux ce qui témoigne de la puissance qu'une méthode qui demande du temps et de l'observation. On prclère toujours ce qui a l'apparence d'être facilement compris et ce qui se grave aisément dans la mémoire: à tel maladie tel remède.

J'ai eu deux phases distinctes dans ma vie thérapeutique.

J'ai consacré une partie de ma jeunesse à la thérapeutique pharmaceutique, et mon âge mûr aux recherches originales de thérapeutique hygiénique. En avançant dans la vie, les jeunes médecins verront comme moi que la pharmaceutique ne tient pas tontes ses promesses, et ils reviendront bien souvent à l'emploi sagement dirigé des modificateurs hygiéniques.

Dans ditférentes parties de cet ouvrage j'ai traité de divers modificateurs hygiéniques ; je crois utile de donner ici des notions tiiérapeutiques suffisantes sur la gymnastique, le lait, le vin, les raisins et sur le traitement hygiénique général des maladies aiguës et des maladies chroniques.

Oyiiinastique thérapeutique*

J'ai eu tant de fois l'occasion de constater V incomparable puissance de la gymnastique dans le traitement de la glycosurie, de plusieurs autres maladies chroniques et imminences morbides, que je crois être utile à mes lecteurs en résumant mes travaux sur ce sujet (1). Voici en quels termes j'expose cette utilité dans mon dernier mémoire :

« Nous ne saurions insister assez sur la puissante efficacité » de la fréquentation journalière du gymnase dans la glyco- 0 surie. Là, après des exercices qui en moyenne doivent durer » unelieure, le corps étant baigné de sueur, des personnes » exercées vous lotionnent avec de l'eau froide, vous essuient » vivement, vous frictionnent, vous frappent et vous mas- » sent avec énergie : il faut les aider dans ces opérations afin « d'obtenir une réaction complète qui est soutenue au sortir » ffu gymnase par une marche convenablement accélérée, »

Il est bien entendu que, concurremment avec la gymnastique, le régime devra être réglé d'après l'état des urines.

L'exercice du gymnase est surtout utile quand le chef de l'établissement a une grande habitude pratique, que les appareils sont bien conçus, que le personnel des servants est convenable, que les amateurs sont assez nombreux pour donner de l'attrait au travail, que la leçon est conduite avec un entrain communicatif. Pour beaucoup de personnes, la fréquentation du gymnase offre de sérieuses difficultés. On comprend sans peine que l'on peut, par des exercices bien choisis, suppléer à domicile aux travaux du gymnase ; mais il faut de l'énergie et une certaine habitude pour amener par le travail une sueur abondante de tout le corps, pour pratiquer, pendant la saison clémente, dos lotions froides et, en toute saison,lrsfrictions, le massage, la marche, pour éviter après des sueurs les chances de refroidissements non suivis de réaction,

(1) De l'' entraînement dei pugilittes, ae set moyens, des résultats çu'on peut espérer de son application pour perfectionner, rétablir et consolider la tante . Ménioiri; imprimé dans le supplément de VAnnuaire de thérapeutique de 1861, p. 181 à 267. Reproduit intégralement dans mon Traité de la glj/cosurie.

Le travail, ton influence sur la santé, 1 vol. gr. in-8 de 156 pa},'es.

De l'entrninement ou de l'exercic* forcé dans le traitement de la glycoturi»^ 1 vol.ni-32.

Il est bon, quand cela se peut, de s'initier à toutes ces pratiques en fréquentant pendant un mois un gymnase bien conduit.

Voici quelques indications qui peuvent être utiles pour atteindre le but proposé. Quand le travail a été continué pendant environ une heure et que tout le corps est inondé de sueur, on change de flanelle, on se douche, ou Ton se lave vivement avec des linges imbibés d'eau froide ; puis on se frictionne avec énergie avec de gros linges, puis avec la brosse de caoutchouc ou avec ces gants ou tissus rudes composés de matières variées et qui sont si communément usités en Angleterre pour animer les fonctions de la peau. Pour terminer, on se frappe, on se masse, afin d'obtenir une réaction complète qui est soutenue par une marche d'un quart d'heure au moins, le corps étant protégé par de bons vêtements de laine.

En rentrant au domicile, il est opportun d'y trouver un repas bien préparé, et pendant la saison rigoureuse une pièce convenablement chauffée.

Chacun peut à sa guise varier les exercices gymnastiques ; quand ils sont bien conçus, ils sont préférables aux travaux ordinaires avec lesquels on peut les alterner.

On comprend avec facilité la grande puissance de l'exercice forcé dans la glycosurie.

Sous l'influence de mouvements rapides, une plus grande masse d'air est introduite dans les poumons.

Une quantité plus grande d'oxygène, est employée, une plus grande quantité de chaleur et de force produite ; cette chaleur et cette force nécessitent une consommation plus grande des matériaux alimentaires: celui qui se prête le mieux à ces métamorphoses, c'est la glycose; il est tout simple qu'étant détruite en plus grande proportion, elle n'apparaisse plus dans les urines, et que l'on puisse ainsi par l'exercice forcé utiliser une masse plus grande d'aliments glycogéniques.

Maintenant que l'expérience a prononcé, rien n'est plus simple ; mais je dois avouer que j'ai été conduit aux résultats que j'ai obtenus, non par la théorie, mais par l'observation.

Ce n'était pas une chose si naturelle que de persuader à un homme qui avait perdu toutes ses forces, que pour les récupérer il fallait se soumettre à un travail forcé. Il est heureux que j'aie commencé par faire les découvertes et les observations se rapportant au régime ; car la dépense des forces devient chaque jour plus facile, non-seulement par l'habitude progressive, mais aussi par l'influence d'un régime bien réglé.

Nous allons maintenant passer en revue les principales maladies qui peuvent être guéries ou améliorées par la gymnastique secondée par une alimentation réglée d'après la dépense en force et en chaleur.

Névroses, — Parmi les névroses que les exercices gymnastiques modifient de la manière la plus heureuse, il faut citer la chorée. Les faits nombreux recueillis à Thôpital des Enfants par M. Blache, sur des sujets dirigés par l'habile gymnasiarque M. Laisné, ne laissent aucun doute dans mon esprit.

Vèpllepsie est aujourd'hui amendée ou guérie, dans beaucoup de cas, par l'emploi méthodique et soutenu du bromure de potassium ; Tefficacité du remède est puissamment aidée par des exercices gymnastiques bien conduits et suivis avec persévérance.

Uhystérle sera combattue avec plus de succès par la gymnastique que par tout l'arsenal pharmaceutique. Celse avait déjà insisté sur sa toute-puissante efficacité.

Les maladies de misère, scrofules, tubercules, et surtout les imminences à ces affections indiquées par l'hérédité, par l'alanguissement des fonctions de nutrition, voilà les cas les plus nets après la glycosurie dans lesquels se révèle la puissance de la gymnastique. Toutes les fois que la paresse, l'indolence, conduit l'organisme dans cet état que j'ai fait connaître sous le nom de misère physiologique, animez la dépense par le travail corporel, et, pourvu que l'alimentation soit réglée de telle façon que la réparation soit au moins proportionnelle à la dépense, vous pouvez être assuré de faire toujours du bien.

Les médecins les plus éminents de notre époque ont confirmé la plupart des applications de l'exercice dans la thérapeutique des aflections de l'appareil digestif; qu'il me suffise de citer ici le passage du dernier ouvrage de mon vénéré maître et ami le professeur Ghomel : « Le défaut d'un exercice régulier est l'une des causes les plus fréquentes de la dyspepsie ; son influence sur le dérangement des organes digestifs est d'autant plus grande que le sujet a des muscles plus forts et plus aptes à supporter le mouvement : la vie sédentaire est généralement, par ce motif, plus nuisible aux hommes qu'elle ne l'est aux femmes, qui, d'ailleurs, trouvent dans la surveillance et les soins du ménage une cause de mouvement que n'ont pas les hommes. Un exercice modéré est auxiliaire, indispensable, pour les bonnes digestions; on pourrait dire proverbialement qu'on digère avec ses jambes autant qu'avec

son estomac. C'est donc un des points les plus importants à considérer dans le traitement de la dyspepsie. » (Chomel, Des dyspepsies.)

Maladies de richesse, — Parmi les maladies de dépense insuffisante ou de richesse physiologique auxquelles j'ai déjà appliqué quelques-unes des pratiques de la gymnastique, je citerai Tanorexie chronique, Tobésité et la goutte.

Si Vanorexle coniinue n'est pas une maladie par elle-même, on doit certainement la considérer comme le prélude d'un grand nombre d'aflections.

Aucun agent thérapeutique ne peut être mis pour la combattre au même rang qu'un exercice régulier et bien gradué.

La goutte a une éliologie si nette, qu'elle est admise par tout le monde, excepté par les goutteux. On n'ose pas s'avouer à soi-même qu'on est enclin à la bonne chère un peu plus que de raison, et qu'avec cela la paresse a pris sur vous tant d'empire que peu à peu, par l'habitude, on s'est fait une hygiène qui se résume ainsi : dépense insuilisanle, réparation trop grande.

La prophylaxie de la goutte est aussi limpide que son étiologie. Mais obtenir la réforme nécessaire dans l'hygiène du goutteux, c'est là qu'est le nœud gordien. Quand le mal est invétéré, l'application du remède devient très-difficile. Un homme a perdu l'habitude de tout travail corporel, vous ne pouvez lui prescrire immédiatement un exercice énergique. Il faut y aller avec mesure : de la patience, de la persévérance, sont deux choses nécessaires mais difliciles à obtenir ; puis, malgré ses réserves alimentaires, le goutteux a perdu l'habitude de réagir facilement ; on doit éviter par-dessus tout de l'exposer à des refroidissements sans réaction, tant que le fond de sa santé n'est pas profondément modifié; ils sont aussi dangereux pour lui que pour le rhumatisant le plus appauvri.

Boerhaave fait choix pour les goutteux valides des exercices les plus énergiques, et il exige qu'on les continue avec persévérance ; il insiste aussi sur l'utilité des frictions.

Pour Sydenham, la base du traitement de la goutte c'est l'exercice. Avec cette haute raison qui caractérise cet émiment observateur, il préfère dans cette maladie les moyens hygiéniques aux drogues les plus vantées.

J'ai eu à diriger la santé de plusieurs goutteux (voyez Annuaire^ 1851, 1867), et je suis aujourd'hui convaincu que, lorsqu'ils sont encore valides, rien n'est meilleur pour eux que les pratiques de l'entraînement bien dirigées, avecla mo-

dificalioi) de leur permettre assez d'eau pour que la quantité d'urine évacuée en vingt-quatre heures ne soit pas moindre d'un litre et quart.

Gravelle iirlque, — Ce ne sont pas seulement les goutteux, mais aussi les malades aftectés de gravelle urique (tous ceux qui se trouvent compris dans la désignation commune de polyuriquesy Annuaire thérapeutique^ 1867, p. 251) qui doivent trouver dans la gymnastique le moyen thérapeutique le plus efficace. «• L'exercice journalier au grand air, en utilisant largement les forces, est pour moi le premier, le seul remède de la polyurie. Il est bien évident qu'il faut le graduer selon l'habitude, qu'il faut éviter l'excès qui conduit à la prostration et qui recule la guérison; mais, retenez bien ceci, l'exercice énergique est la pierre angulaire de la prophylaxie de la polyurie. La fréquentation d'un gymnase bien dirigé est le conseil qui doit être donné de préférence. Là tout se trouve réuni : émulation, mouvements variés, pratiques d'hydrothérapie, précautions intelligentes pour éviter toutes les mauvaises chances de refroidissement non suivi de réaction. Respirer aussi largement qu'on le peut en marchant au ])as gymnastique, en développant complètement les poumons, voilà un précepte d'une très-grande utilité.

Obésité (polysarcie). — Les Grecs et les Romains regardaient l'obésité comme une infirmité fâcheuse; rien de mieux pour la guérir que la gymnastique avec un régime bien réglé.

Frictions, massagk. — Les principaux moyens d'action sur la peau après la gymnastique et le travail corporel, soni les frictions, le massage, les bains, les procédés de l'hydrothérapie. Voici, en résumé, les résultats qu'on peut en atlen dre : 1" enlever et activer les excrétions sudorales, grasses, épidermoïdales, amyloïdes ; 2" ranimer la sensibilité tactile, la calorification, l'évolution des muscles.

Les frictions journalières et le massage sont d'une inconteslable utilité, surtout pour les personnes oisives; bien des maladies surviennent par suite delà négligence de ces soins, auquel un palefrenier ne manque jamais, non pas pour luimême, mais pour l'animal dont il dirige la santé. Ces frictions et ces massages méthodiquement pratiqués, ont pour résultat certain de maintenir la peau vive et souple, de ranimer la calorification quand les appareils de la respiration et de la circulation fonctionnent normalement.

Il se développe aussi, à la périphérie, de l'électricité qui apparaît chez certains individus, dans des temps secs, sous forme d'étincelles, sous l'influence du peigne. Des frictions

journellement pratiquées ont certainement pour résultat d'animer ce développement de l'électricité à la surface de la peau ou de ses annexes. Un des effets les moins contestables des frictions et des massages, c'est d'activer la formation des excrétions épidermoïdales qu'il importe tant à la conservation de la santé de ne pas voir diminuer. Les frictions et le massage contribuent efficacement à faciliter l'élimination libre de la transpiration insensible et de la sueur, par l'enlèvement des écailles épidermoïdales anciennes, des poussières que la sueur et les excrétions sébacées agglutinent, et qui doivent, à n'en pas douter, nuire à la liberté d'action des glandes et des canaux de la sueur, et rendre ainsi une complète régularité de fonctions à ces quatre cent mille glandes qui fonctionnent continuellement à la peau.

Le massage et les frictions bien et régulièrement pratiqués entretiennent et fortifient la sensibilité tactile. L'organe nerveux conserve la régularité de ses précieuses fonctions quand l'appareil dans son ensemble est animé d'une vie active. Lorsque toutes les transformations si variées, si importantes, qui s'exécutent à la périphérie du corps, sont énergiques, l'économie entière se fortifie, si la réparation alimentaire est suffisante et bien réglée.

Les frictions rudes et le massage peuvent suppléer en quelque sorte à la gymnastique et au travail corporel, il faut l'avouer, incomplètement ; mais il faut bien s'en contenter pour les personnes pour lesquelles l'exercice est impossible. Dans ces conditions, il est une pratique additionnelle de la plus grande importance. On doit insister sur l'absolue nécessité de la gymnastique du poumon (voyez Mémoire sur l* entraînement et l'exercice forcée p. 63), qui a pour but, par le fait d'une respiration plus large, plus accélérée, d'introduire plus d'oxygène dans la circulation et d'animer les transformations organiques.

Je vais emprunter à mon Cours d'hygiène quelques exemples de l'influence pathogénique de la diminution, de la perversion ou de la suspension de quelques-unes des fonctions de la peau. On pourra en déduire facilement la puissante utilité des moyens qui ont pour but de rétablir l'intégrité de ces fonctions.

1° Citons en première ligne la congestion, l'exagération de fonction, la perversion de fonction et l'altération de la vitalité de la peau, du rein, d'où la polydipsie, l'albuminurie. 2" Quand les fonctions de la peau languissent, on ne tarde pas à ressentir les effets de la misère physiologique. Si

HYGlÈiXE THIÎRAPEUTIQUE, 519^

celte perversion est subite, apparaissent les congestions vers les séreuses, les muqueuses, le tissu cellulaire; d'où les phlegmasies de ces organes, suivies, quand les aflections deviennent chroniques, de flux muqueux qui représentent les résidus épidermoïdaux qui ne se produisent pas normalement quand les fonctions de la peau sont alanguies. 3" La congestion des lymphatiques est encore une des conséquences forcées de cet alanguissement. Cette congestion coïncide souvent avec une accumulation de résidus insolubles dans le tissu des organes internes. Quand cette accumulation se complique de misère physiologique, et c'est le cas le plus ordinaire, surviennent les manifestations pathologiques, des scrofules, des tubercules et des cancers. Rien de plus puissant pour prévenir, entraver la marche fatale de cette dernière affection, que la gymnastique et les frictions secondées par un régime bien étudié. C'est encore la base de l'hygiène dans les convalescences d'opérations cancéreuses. 4* Par suite de l'amoindrissement des fonctions de la peau, la circulation générale est modifiée. Cet amoindrissement favorise les dépôts dans les capillaires, les maladies du cœur el des autres organes importants. 5" La stase du sang à la périphérie refroidie conduit aux manifestations scorbutiques si la cause pathogénique règne pendant un temps suffisant. 6" La suppression de la sueur, si le rein ne supplée pas à la peau, augmente l'eau du sang, diminue proportionnellement la quantité d'albumine et favorise les hydropisies. 7" Plusieurs maladies de la peau, dartres, psoriasis, lichen, n'ont souvent pas d'autres causes que la perversion de ses fonctions. 3° Les parasites eux-mêmes, podures, mucédinées, etc., se développent plutôt et se propagent sur une peau dont les fonctions sont perverties ou alanguies que sur une peau saine. 9° Ajoutons, et ceci ne manque pas d'importance, que nous commençons à vieillir par les poumons et par la peau. N'est-ce pas la première règle d'une bonne hygiène, que de faire tout ce qui peut maintenir la validité des organes dont la déchéance prématurée va détruire l'harmonie d'une forte santé ? Il n'est pas nécessaire d'insister davantage pour montrer les conditions variées dans lesquelles les frictions et le massage peuvent rendre d'éminents services pour conserver ou rétablir la santé.

Frictions. — Les moyens mis en usage pour opérer les frictions sont des plus variés. Les Anglais, qui ont le mieux apprécié l'utilité de ces pratiques hygiéniques, en ont à Tenvi multiplié les formes. Citons d'abord les tissus de flanelle, les

D'20 BTGIÈ^E TBÉRAPECTIQIE.

toiles rudes de chauTre, de Jin, les tissus croisés en ci in ou en d'autres matières textiles rudes, les lanières fabriquées avec les mêmes tissus, les toiles turques ; puis vient tout l'arsenal des brosses de llanelle, de crin, de chiendent On; puis les brosses de caoutchouc, que j'ai le premier préconisées, qui réchauffent si bien, détachent les écailles épidermoïdales, développent l'électricité. Les entraîneurs anglais préconisent pour leurs fi iclions une terre douce, onctueuse. Les masseurs anciens employaient les raclettes, les strigiles, les roulettes, les palettes, les battoirs, des faisceaux de branches.

Le massage se composait, pendant les temps hippocratiques, de malaxations, de pressions, de frictions sèches ou avec de l'huile, ou à Taide de la brosse ou d'une éponge, et enOn de mouvements imprimés aux articulations allant jusqu'à la douleur. (Littré, Annotât, d'Iiippocr.)

M. Estradère a écrit, en J8G3, une bonne monographie du massage ; je ne puis qu'y renvoyer. Voici, d'après le même auteur, l'énoncé des indications thérapeutiques du massage. On y a eu recours dans l'anémie, la chlorose, le purpura, les épist axis, chez l'enfant qui vient au monde dans un état apoplectique. Le massage est utile dans les ecchymoses, les bosses sanguines, le scorbut, l'œdème des nouveau-nés, Tanasarque ; il l'estaussi dans les rétractions aponévrotiques, la ténosiîé crépitante, les ruptures musculaires de peu d'intensité, l'atrophie musculaire, l'entorse, les ankyloses légères, les adhérence > fibreuses, dans la réduction de tumeurs hémorrhoîdales, contre certaines formes de constipation, l'ictère des nouveau-nés, les névralgies diverses, les névroses paralytiques et con\-ulsives, l'éclampsie des enfants, les rhumatismes clironiques, le cancer. Je termine là cette énuméralîon qui est loin d'être complète, mais qui suÛit pour montrer combien de services on peut attendre du massage employé avec constance; mais j'ai hâte d'ajouter qu'ils le cèdent infiniment à ceux que la gymnastique rend.

On trouve tous les appareils qui sont employés dans la gymnastique thérapeutique chez Collin, successeur de Charrière, 6, rue de l'Ecole-de-Médecine.

[ Lait, U8ag:e8 thérapeutiques.

Il importe au médecin de connaître la composition et les usapjes thérapeutiques des laits de vache, d'ànesse et de brebis comparés au lait de la femme; il doit faire de ces connaissances des applications aussi fréquentes qu'utiles.

Composition de laits pour 1000 grammes (Bouchardat et Quevenne).

Vaclie.

Anesse.

Chèvre,

Brebis.

Femme

Beurre.

Aliments ;

Lactine et matières

de

extractives.

calorilication. ^

Ladite

pure.

2° Aliments |

Caséine

et

alLu

plastiques. (

mine

30 Aliments j inorganiques. \

Sels.

Eau.

I*arties solides.

Densités.

Usages thérapeutiques, — Le lait est le plus admirable aliment que la chimie la plus perfectionnée pourrait inventer : il contient en effet des matières azotées, albumine, caséitie; des matières grasses, le beurre; un principe non azoté d'une nature mobile, le sucre de lait; du phosphate de chaux et tous les autres principes qui sont utiles comme éléments réparateurs ou nourriciers de l'économie animale, et cela dans les proportions les plus convenables. Le médecin qui saura convenablement prescrire les laits différents, sous les formes les mieux appropriées , dans les maladies et les convalescences, sera, nous l'assurons, un médecin qui rendra de grands services.

Nous allons sommairement rappeler ici les indications principales du lait, et ce que nous allons en dire s'appliquera plus parliculièrement au lait de vache.

C'est surtout dans les affections de /'esfom«c dans lesquelles tous les aliments, hormis le lait, sont rejetés, que la diète lactée exclusive rend des services évidents pour tous ceux qui l'ont employée dans ces conditions. M. Cruveilhier a montré tout le parti qu'on pouvait en tirer dans V ulcère simple de l'estomac; dans certaines diarrhées rebelles le régime lacté exclusif n'offre pas moins de puissance. Il s'est montré efficace dans certaines formes de dysenterie ayant conduit les malades à une consomption véiitable.

Dans V albuminurie, le régime lacté exclusif a pour effet de diminuer notablement la proportion d'albumine contenue dans les urines, et souvent de faire disparaître les hydropisies

viennent à la suite de cette maladie ; prévient Téclampsie chez les femmes enceintes albuminuriques (Tarnier). Ce régime s'est montré aussi efficace dans plusieurs autres /jy^ro/)£5t es soit essentielles, soit liées à des maladies du cœur ou du foie.

Dans les convalescences^ le lait constitue l'aliment le plus précieux. La tolérance de l'appareil digestif pour cet aliment, l'harmonie des principes qui le constituent, qui sont aussi propres à l'accroissement qu'à la réparation des pertes, nous montrent bien combien sont grandes les indications qu'il peut remplir; nul autre aliment ne peut réunir tous les avantages qu'il présente : s'il n'est pas aliment complet pour toutes les conditions où l'homme peut être placé, il s'en approche au moins beaucoup ; dans le cas d'alimentation insuffisante, il n'est point de réparateur plus efficace.

Dans certaines formes de consomption, le lait rend de grands services ; ce sont celles où les phénomènes de désassimilation sont exagérés, qui sont surtout caractérisées soit par des excrétions trop abondantes d'uiée ou de bile; quand l'amaigrissement est si rapide qu'il semble y avoir une véritable fonte du corps. Il faut en excepter la consomption glycosurique, dans laquelle le lait est contre-indiqué ; mais il est très-efficace dans la consomption ou cachexie iodique, qui se montre assez fréquemment chez les malades atteints du goitre endémique et traités par les iodiques. Pour les cérusiers, c'est un utile remède prophylactique de l'intoxication saturnine.

On le conseille très-utilement aux phthisiques fêbricitants qui ont perdu l'appétit et qui ne peuvent accepter et digérer qu'une quantité insuffisante d'aliments. A. Latour le fait additionner de sel ; je prescris le lait le plus riche en beurre, celui delà dernière portion de la traite.

Le lait rend encore de grands services dans les consomptions lentement produites par des bronchites chroniques, par les bronchorrJiées accompagnées d'expectoration abondante de mucus bronchique, et dans cette forme de bronchorrbée si commune chez les vieux ouvriers des mines de houille, et désignée par eux sous le nom de crachement noir.

M. Péciiolier a préconisé le lait dans les cas d'hypertrophie active du cœur; M. Peter, dans la phase des hypérémies viscérales. Le régime lacté rend de véritables services dans certaines maladies de la peau, Vevzéma et le lichen, et le lichen de la vieillesse, qu'il est bon de respecter ou de ne modifier que parle régimeeten activant les fonctions de la peau.

Le Lait d'ânesse est utile dans les convalescences, dans certaines gastralgies et entéralgies chroniques^ dans la plupart

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