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CONSIDÉRATIONS SDR L'ART DE FORMULER

bien Gxer est le suivant : Quelles sont les substances auxquelles on peut s'iiabituer ? quelles sont celles dont on peut élever les doses sans danger? On est à cet égard dans une assez grande inceriitude. L'expérience a bien jeté çà et là quelques lumières; maison n*a point encore formulé de principes généraux. En comparant attentivement les observations recueillies à cet égard, en réunissant le fruit des expériences des autres à celles que j*ai moi-même exécutées, je suis arrivé à poser les règles suivantes : 1° On ne s'habitue point aux substances qui agissent comme poisons sur tous les êtres de l'éclielle organique; 2° on peut s'habituer aux substances qui, quoique devant être considérées comme poisons pour l'individu auquel on les administre, épargnent cependant quelques êtres de l'échelle organique. Je développerai ailleurs les faits sur lesquels ces règles s'appuient, j'en donnerai plusieurs exemples dans le cours de cet ouvrage. Mais je dois dire dès à présent qu'il faut distinguer avec soin l'habitude de la tolérance.

Ce dernier mot est entré dans le domaine de la thérapeutique avec les idées de la médecine rasorienne.

Il y a, au premier abord, un certain rapport entre l'habitude et la tolérance: dans les deux cas, on arrive à élever successivement la dose du principe actif. Une des conditions pour que la tolérance s'établisse est, sans contredit, la réitération des doses à de courts intervalles. L'habitude est donc un élément de la tolérance; mais ce qui distingue essentiellement la tolérance de l'habitude, c'est que l'habitude persiste tant qu'on administre la substance; la tolérance, au contraire, peut cesser subitement, et la substance toxique révéler immédiatement sa présence par une série d'accidents plus ou moins redoutables : dans le langage des écoles, on dit que la tolérance a cessé et qu'il y a saturation. Ces effets s'expliquent très bien par les principes que nous avons posés ; les substances qui sont tolérées, mais qui ne sont pas susceptibles d'accoutumance, doivent être rangées dans notre première catégorie, celles qui agissent comme poisons sur tous les êtres de l'échelle organique. 11 me suffit de poser ici ces généralités : j'ai exposé des règles plus détaillées sur cet important sujet dans la cinquième édition de mon Manuet de matière médicale.

Exécution d'une formule.

Une formule étant reçue dans une officine, le pharaia-

00 CONSIDÉRATIONS SDR L*ART DE FORMDLER.

cien doit la lire à deux reprises différentes avec la plus grande attention. S*il remarque quelque inadvertance qui puisse compromettre la santé du malade, ou si l'ordonnance lui paraît n*être évidemment pas conforme aui règles de l'art de formuler, il devra soigneusement éviter que la personne qui la lui remet s'aperçoive de son embar- ►•as, réclamer assez de temps pour la préparer, et, dans cet intervalle, consulter l'auteur de la formule et lui demander les éclaircissements nécessaires. Il devra surtout se garder de faire, sous aucun prétexte, aucun changement ou substitution quelconque sans l'agrément du médecin, quelle que soit l'analogie de la substance substituée ; son

{)remier et son plus impérieux devoir est la plus scrupueuse exactitude, même pour les choses qui lui paraissent les plus insigniQantes.

Le pharmacien ou son représentant remettra la formule à l'élève qui doit la préparer, il surveillera l'exéculion, et, avant de la livrer, il examinera attentivement le médicament préparé, relira l'ordonnance, qui sera rendue après avoir été copiée sur un registre ad hoe ^ et munie d'un numéro d'ordre.

Je vais donner la définition succincte des diverses formes pharmaceutiques; je ferai suivre cette définition d'un ou de [ilusieurs exemplaires choisis parmi ceux qui s'appliquent à un graud nombnî de préparations; j'épargnerai ainsi au lecteur de longues et fasiidieuses répétitions (1).

(t) Pour plus (le détails, on pourra consulter avec fruit : Descliamps (d'Avallon), Mamœl dr pharmacie et art de formider, contenant : lo les principes élémentaires de pharmacie; 2o des tables synoptiques; a, des substances médicamenteuses tirées des trois règnes, avec leurs doses et leurs modes d'administration ; b, des eaux minérales employées en médecine; c, des substances incompatibles; 3° les indications pratiques nécessaires pour composer de bonnes formules, suivi d'un Formulaire de toutes les préparations iodées, publiées jusqu'à ce jour. 1856, 1 vol. gr. in-l8, avec 19 figures.

RECETTES COLLECTIVES-

Injections sous-cutanées.

Les injections sous-cutanées sont exécutées au moyen de la seringue de Pravaz, dont la capacité est d'environ 1 gramme d'eau. La tige du piston est graduée, mais il est nécessaire de vérifier la contenance totale de la seringue et la capacité correspondante à un cran du piston. Pour cela, on pèse la seringue remplie d'enu, on la vide entièrement, on pèse; on a ainsi la capacité intérieure totale. Ensuite on pèse la seringue pleine d'eau, on pousse le piston d'un nombre déterminé de crans, dix par exemple; on pèse exactement l'eau écoulée, et, en divisant par dix le poids trouvé, on a la capacité correspondant à un cran, évaluée pn fractions de centimètres cubes (1). Il est facile dès lors de déterminer la proportion de principe actif introduit d'après la formule de la solution et le nombre de crans dont on a enfoncé le piston.

Les véhicules sont, habituellement : l'eau bouille, pure ou additionnée de glycérine, les eaux distillées de laurier-cerise, d'ulmaire, etc. Les vaselines liquides; quelques substances telles que l'oxyde de mercure rouge, le calomel, les sels de fer insolubles penvent être îiussi administrés en suspension dans l'eau gommée, glycérinée, ou la vaseline. Le meilleur moyen de conserveries solutions est d'employer pour les faire de l'eau bouillie et de les porter à l'ébullition dans un tube à essai, au moment de s'pu servir. On conseille également de renfermer ces solutions stérilisées dans de petites ampoules fermées à la lampe. En raison de la rapidité et de l'intensité des etfcts produits par les injections sous-cutanées, il faut mettre la plus grande prudence dans l'adannistration sous cette forme, de substances toxiques très actives. Pour certaines injections sous-cutinées de substances antiseptiques, on se sert quelquefois de seringues spéciales contenant 5 centimètres cubes.

Solulions aqueuses pour injections hypodermiques (F. H. P.;.

Pour 10 grammes d'eau, on ajoute :

Icc contient

Chlorhydrate morphine 1 décigr. 10 milligr.

Acétate morphine 1 — 10 —

Sulfate morphine 1 — 10 —

Codéine 1 — 10 —

Chlorhydrate apomorphine 5 centigr. 5 —

Suif, atropine 1 — 1 —

Suif. Duboisine 1 — 1 —

Hyoscyamine 1 — 1 —

Eserine 1 — 1 —

Suif, strychnine 3 — 3 —

Brom. catéine 2 décigr. 20 —

Ch. aconitine 1 centig. 1 —

Curare 1 — 1 —

Suif, quinine (1) 2 décigr. 20 —

Chl. quinino 14 — 140 —

Bromh. quinine 15 — 150 —

(1) M. C. Paul propose un mode opératoire un peu différent qui nous paraît moins simple, en ce sens qu'il nécessite des modifications dans la composition des formules pour chaque instrument, v. p. 63.

^1) Avec addition de jus d» citron.

RECETTES COLLECTIVES

Sulfovinate quinine 25

Ch. pilocarpine 2

Ext. aqu. d'ergot G

Peptone mércuri-ammouiquc GO

icc contient

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