MKDIC.VTION NEVROTROPIQUE. — CYANIQUES
nerveux moteur comme le curare; elle paraît 20 fois plus active que le bon curare. L'ex-
trait du PaulUnia curara agit sur les grenouilles comme le curare (Cl. Bernard).
Acide cyanhydrique et produits cyaniques.
L'acide cyanhydrique pur est le plus redoutable des poisons.
On a rangé cet acide et les composés et produits cyaniques dans la classe des médicaments narcotiques; il n'est guère cependant d'assertion plus hasardée que celle-là. Evidemment l'action des composés cyaniques diffère complètement de celle des autres narcotiques; je n'oserais même affirmer qu'ils agissent spécialement sur le système nerveux ; car ils empoisonnent non-seulement l'homme et les animaux où le système nerveux est le plus développé, mais leur action toxique est aussi des plus énergiques sur les animaux inférieurs, et sur les plantes où la présence du système nerveux est si équivoque. Tout ce qu'on peut dire de généralement vrai sur ces redoutables poisons, c'est qu'ils éteignent la vie dans tous les êtres vivants, la vie n'eut-elle pour support qu'une simple cellule.
Ils diffèrent aussi complètement des narcotiques en ce qu'ils sont rebelles à l'accoutumance.
On a beaucoup vanté les médicaments cyaniques ; mais je crois qu'il faut rabattre de ces louanges exagérées, et surtout ne jamais oublier qu'il faut employer ces préparations avec une grande léserve.
On emploie V acide cyanhydrique comme calmant dans les toux hectiques rebelles, l'asthme, la coqueluche, les gastralgies opiniâtres. On l'a vanté à l'extérieur contre certaines alfections cutanées accompagnées de vives démangeaisons.
Les préparations de /««r/cr-cer/.sx et iVamandes amères agissent par l'acide cyanhydrique qu'elles contiennent : on les emploie dans les cas où cet acide est indiqué; on les prescrit encore comme antispasmodiques. Le cyanure de potassium et le cyanure de zinc jouissent de propriétés semblables.
Substances incompatibles. — Le chlore et la plupart des sels métalliques.
Conire-poisons. — Faire respirer du chlore liquide; employer la compresse chloro-vinaigrée; faire respirer de l'ammoniaque; employer des affusions froides sur la colonne vertébrale; administrer un mélange d'hydrate de protoxyde et d'hydrate de peroxyde de fer. Pour le préparer, on prend
ACIDE CYANHTDRIQUE. 121
7 parties de sulfate de protox) de de fer, dont on transforme à parties en persulfate. Au mélange de ces sulfates dissous on ajoute, par chaque partie de ceux-ci, 4 parties de carbonate de soude.
Préparations cyaniques pour l'intérieur.
Jcide cyanliyJrlque médicinal (acide prussique médicinal).
Le Codex de 1884 a donné, pour préparer r^aVe prussique médicinal^ un procédé qui permet de le conserver assez longtemps sans altération. Le dosage a été modifié. Vacide prussique médicinal est maintenant au centième^ c'està-dire qu'il contient en volume 1 centième d'acide cyanhydrique ; 1 0 fois moins que l'acide médicinal du Codex de
On doit le conserver dans des flacons bouchés à Témeri et le placer à l'abri de la lumière. Comme malgré ces précautions il s'altère assez promptement, il est indispensable d'en vérifier le titre de temps en temps, et de le renouveler dès qu'il n'a pas le titre exigé.
On doit administrer l'acide prussique médicinal dans une potion de 120 grammes d'eau pure non édulcorée, et par cuillerées; il conserve ainsi jusqu'aux dernières cuillerées une force égale à celle qu'il avait aux premières.
En prenant ces précautions, l'acide cyanhydrique médicinal peut être administré et manié avec facilité, pourvu que l'on ait le soin de commencer par des doses assez faibles (5 à 6 gouttes, par exemple) et de l'élever peu à peu de 1 à 2 gouttes à la fois. Il procure du soulagement aux malades atteints de quintes de toux nerveuse ou spasmodique.
Sirop d'acide cyanhydrique.
Sirop simple blanc 190 gram.
Ac. hydrocyaniquc médicinal 10 gram.
Mélt'Z trés-exaciement.
Ce sirop ne doit être préparé qu^à mesure du besoin. 20 gram. contiennent 100 centigram. d'acide cyanhy drique médicinal ou 1 cent, d'acide anhydre.
Dose . 30 grammes dans une potion appropriée.
Eau dist. d'amandes amSfes,
Tourteau récent d'amandes
améres 1000 gram.
Kau commune froide q. s.
Délavez le tourteau d'amandes dans
l'eau de manière à obtenir une bouillie bien liquide; introduisez-la dans lacucurbite d'un alambic ; montez l'appareil distillatoire, et laissez macéier pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, distillez au moyen de vapeur d'eau que vous ferez arriver au fond de la cucurbite à l'aide d'un tube communiquant avec une chaudière pleine d'eau en ébullition. Continuez lu distillation jusqu'à ce que vous ayez obtenu en produit distillé 2000 gram.
Filtrez l'eau distillée à travers un liltre de papier mouillé, pour en séparer exactement l'huile essentielle non dissoiUe.
Dose : 10 à 30 grammes dans une potion appropriée.
L'eau distillée de launer-ceri$e sej)vt3-
Cl'i MKDICATION
«M"it aux mêmes doses : elle est plus fré quem. employée en France (v. p. 6S)
Potion peciorale (Magendie).
Acide prussique médicinal 15 goutt.
Infusion de lierre terrestre 100 gram.
t^irop de guimauve 30 gram.
Une cuillerée toutes les trois heures.
Potion avec l* acide prussique»
Potion gommeuse 150 gram.
Acide prussique médicinal 20goutt.
Mêlez dans un flacon bien bouché.
A prendre par cuillerées.
Potion pectorale,
Infusion d'espèces béchiques 100 gram.
Sirop de Tolu 20 gram.
Acide cyanhydrique médic, 20 soutt.
Mêlez dans un flacon bien bouché.
A prendre par cuillerées.
Potion calmante.
Eau distillée de laitue 100 gram.
Eau dist. ^e laurier-cerise 10 gram.
Sirop diacode 30 gram.
Mêlez. A prendre par cuillerées.
Potion calm, antispasmodique.
Eau dist. de laurier-cerise 10 gram.
Eau distillée 100 gram.
Sirop de fleurs d'oranger 30 gram.
Extrait de suc dépuré d.-î
belladone 5 centigr.
Ether sulfurique 2 gram.
Une cuillerée toutes les heures.
Mixture de Kroyher.
Eau dist. de laurier-cerise k gram.
Teinture de noix vomique 2 goutt.
Mêle/. On prend chaque matin et cbaqur soir 10 gouttes de ce mélange.
Vomissrnients des femmes enceintes.
Mixture de Pigcaux.
Eau dist. de laurier-cerise 16 gram.
Sucre 120 gram.
Mêlez. Une euillerée à bouche après chaque repas. On peut remplacer cette potion par un mélange de parties égales de kirsch et de sirop de sucre.
Emutsion fébrifuge (Mylius),
Amandes amères 10 gram.
VIIOTP.OPÎQUE. — CYANIQUES.
Eau 100 gram.
Sirop de sucre 30 gram.
A prendre en une seule fois.
Mixt, pectorale (Magendie).
Eau distillée de laitue 60 gram
Cyanure de potassium 1 décigr.
Sirop de guimauve 30 gram.
Mêlez. Pa. cuillerée toutes les heures, contre ies allections catarrhales.
Potion antihystèrique (Josat),
Cyanure de potassium 5 centigr.
Eau de laitue vireuse 64 gram.
Sirop de fleurs d'oranger 32 gram.
Par cuillerées à bouche.
Sir. c, enrouew. (Mialhe).
Eau laur. -cerise, nitre, aa 10 gram.
Sirop Tolu, capillaire, aa 50 gram.
Sirop gonmie 150 gram.
Par cuillerée dans une tasse infus.
mélisse chaude.
Pilules antichoréiq. (Josal).
Cyanure de potassium 2 décigr.
Valériane en poudre 1 gram.
Sirop simple q. s.
Pour 8 pilules que l'on tient dans une boîte remplie de charbon en poudre. 2 pilules dans les 2A heures.
PU, cynn. potassium (Bally).
Cyanure de potassium 1 décigr.
Amidon et sirop de gomme q. s.
Pour faire 4 pilules de 25 milligr.
Une matin et soir dans l'orthopnée.
Pilules sédatives (Rougier).
Sulfate de morphine 15 centigr.
(Cyanure de potassium 30 centigr.
Mucilage q. s.
F. s. a. 24 pilules. — En prendre d'abord 4 par jour, une toutes les six heures. On augmentera successivement la dose. On peut la porter à 12.
Poudre antispasmodique.
Cyanure de zinc 2 centigr.
Magnésie calcinée 2 décigr.
Cannelle 15 centigr.
Mêlez. A prendre en une fois. On pomra successivement prendre trois ou quatre prises semblables par jour.
Pilules cyanure zinc (Lutton).
Cyanure de zinc Guimauve en poudre
1 gram.
5 grain.
Sirop dégomme
F. s. a. 40 pilules.
Ujie à l\ dans rhumatisme articulaire.
Sauveur ne dépasse pas la dose de 5 centigr. par jour.
Bleu de Prusse,
Le bleu de Prusse a été vanté à plusieurs reprises contre Pépilepsie; mais les essais tentés à cet égard dans les hospices spéciaux ont échoué. Quoi qu'il en soit, M. Jansion prétend que, sous PinHuence de ce moyen, on voit arriver la cessation des accès. Le bleu de Prusse est administré à la dose de 1 centigr. 1 2, matin et soir, en augmentant del centigr. tous les trois jours, jusqu'à ce qu'on arrive à 10 centigr. malin et soir : en même temps le malade prend une infusion de valériane. Ce traitement est continué jusqu'à ce que les attaques cessent.
Pastilles bleues (Rodriguez).
Bleu de Prusse pur 4 gram.
Poudre de gomme arabique 4 gram.
Sucre blanc 8 gram.
Poudre de cannelle 12 décigr.
Sirop d'écorcc de citron q. s.
Mêlez et f. s. a. une masse bien homogène et de consistance convenable, qui devra être divisée en vingt pastilles égales. Fièvres intermittentes de l'enfance ; 3 à 6 par jour.
Préparations p. extérieur.
Mélange p, /o/tons (Magendie).
Acide hydrocyanique médi>
cinal li gram.
Eau distillée de laitue 500 gram.
Mêlez. Utile pour combattre les démangeaisions et les douleurs dans les cas de dartre et de cancer ulcéré.
Topique calmant (Thompson).
-Acide prussique médicinal 4 gram.
Alcool rectifié 4 gram.
Eau 20 gram.
Mêlez : agitez chaque fois. On imbibe des linges que l'on applique sur les parties douloureuses.
Solut, de cyan, de potassium
Solution contenant 2 décigr. de cyanure de potassium par 30 gram. d'eau distillée. (Lombard, i
PREPARATIONS CYANIQUES.
On applique des compresses sur le lieu douloureux dans les cas de rhumatisme, de névralgie, et particulièrement de migraine.
Mélange pour lotions (Biett).
Cyanure de potassium 5 décigr.
L^mulsion d'amandes
a mères 20 gram.
Eruptions chroniques avec prurit.
Teinture de Gheston.
Feuill. réc. laurier-cerise 120 gram.
Faites infuser 2 heures dans eau bouillante 1000 gram.
Passez, et ajoutez :
Miel blanc 120 gram.
En lotion contre le cancer des lèvres et les ulcères de mauvaise nature.
Collyre cyanhydriq, (Gunier).
Acide cyanhydrique médic. 1 gram.
Eau dist. de belladone 100 gram.
Instillez quelques gouttes de ce collyre entre les paupières; imbibez-en des compresses de mousseline qui seronttenues appliquées sur les paupières et renouvelées toutes les trente minutes. Photophobie intense accompagnée d'épiphora et de blépharospasme.
Collyre de cyan, de potassium.
Cyanure de potassium 20 centigr.
Eau distillée de belladone 30 gram.
F. s. a. — Employé dans les mêmes conditions. {Cunier.}
Pommade cyan, zinc (Cunier).
Cyanure de zinc 20 centigr.
Graisse et beurre de cacao aa 5 gram.
F. s. a. — Une friction tous les quarts d'heure sur le front, les paupières et les tempes, avec gros comme un haricot.
Pomm, ess, amandes amères.
Essence d'amand. amères ) e-
D 1 > aa 5 gram.
Beurre de cacao \ "
M. s. a. — Une friction douce d'heure
en heure sur le front et les tempes,
avec gros comme un pois. Douleurs
névralgiq. dans le glaucome et l'iritis.
124 MÉDICATION NÉVROTROPIQUE. — ANTISPASMODiCsCES,
Cèrat hydrocyanique (Biett).
Acide liydrocyanique niéd. 1 gram.
Gérât ' 60 gram.
Mêlez. Ulcérations syphilitiques.
Pomtn, cyan, potass, (Biett).
Huile d'amandes amères 8 grani.
Cyanure de potassium 6 gram.
Cérat de Galien 60 gram.
Mêlez, Dans le lichen et le prurigo, lorsque la peau est très-sèche et que les démangeaisons sont vives.
Pommade de James.
Essence de laurier-cerise v 10 gram
Axonge 80 gran».
Mêlez. Pour calmer les douleur»
lancinantes des cancers.
Pom.made contre la migraine (Cazenave, de Bordeaux),
Chloroforme 12 gram.
Cyanure de potassium 10 gram.
Axonge récente 60 gram.
Cire, quantité suflisante pour obtenir la consistance d'une pommade.
médicaments antispasmodiques.
On donne le nom de médicaments antispasmodiques à ceux qui exercent sur le système nerveux une influence spécifique tendant à faire cesser le trouble de ses fonctions et à calmer les contractions musculaires désordonnées connues sous le nom de spasmes.
L'histoire des antispasmodiques est encore peu avancée. Les uns exaltent ces agents thérapeutiques outre mesure; d'autres, au contraire, les dépréciant injustement, ne leur reconnaissent aucune eflicacilé. C'est une classe formée par la réunion d'éléments souvent disparates sous plus d'un rapport. 1° Les éthers forment un groupe très naturel. On pourrait les séparer des autres antispasmodiques sous le nom d^anesthésiques ; mais ce groupe s'étend à un grand nombre d'autres matières gazeuses ou volatiles, rangées parmi les stimulants. Les éthers ont une action physiologique prononcée; ils sont remarquables par l'énergie et la rapidité de leur action. Inefficaces contre Vêlai spasmodique^ ils rendent de signalés services pour combattre et dissiper les accidents spasmodiqucs; ce sont des remèdes d'actualité. 2" Le camphre forme à lui seul un type bien tranché dans les antispasmodiques. 3" Plusieurs autres antispasmodiques peuvent être réunis dans un groupe naturel : ce sont la valériane^ les gommesrésines fétides^ etc. Si l'on considère ces deux derniers groupes sous le rapport de leur composilionchimique, on trouve qu'ils doivent leurs propriétés à des piincipes volatils (essences) et à des résines. Si on les compare aux produits d'une composition analogue, i' faudra évidemment les rapprocher du groupe des résines de la médication stimulante. On pourra peut-être inférer de ce rapprochement que ces corps sont