PALAIS DE L’INSTITUT DE FEANCE
(Quai Cooti, 22.)
Le palais de l’Institut de France était autrefois le Collège des Quatre- Nations. Le cardinal Mazarin avait ordonné, par son testament (6 mars 1661), qu’il serait fondé un collège sous le titre de Mazarini, destiné à soixante gentilshommes ou principaux bourgeois de Pignerol et de son territoire, d’Alsace, de Flandre et du Roussillon, pays nouvellement conquis ou réunis à la couronne.
Comme il fallait être originaire de l'une de ces quatre contrées pour être admis dans cet établissement, on le nomma Collège des Quatre-Nations. Ces soixante jeunes gens y devaient être logés, nourris, instruits dans la religion et les belles -lettres. On devait leur apprendre, en outre, l’escrime, l’équitation et la danse.
Pour subvenir aux frais de cette éducation, Mazarin laissa une somme de deux millions ajoutée à sa riche bibliothèque. Louis XIV, par lettres patentes du mois de juin 1665, ordonna l’exécution de ce testament, et voulut que ce collège fût réputé de fondation royale.
Les exécuteurs testamentaires, ayant acheté une partie des bâtiments de l 'hôtel et séjour de Nesle, ainsi que plusieurs maisons voisines, firent jeter les fondations de l’édifice destiné à ce collège, qui fut élevé sur les dessins de Levau, • ....
La façade est située sur le quai Conti et forme un segment terminé, à l’une et à l'autre extrémité, par un pavillon. Au centre est le portail de l’ancienne église, où se tiennent aujourd’hui les séances publiques de l’Institut.
Ce portail, faisant avant-corps, est composé d’une ordonnance corinthienne et couronné d’un fronton. Au-dessus s’élève un dénie dont une lanterne forme l'amortissement. Dans l’intérieur du dôme sont pratiqués des escaliers à vis, conduisant à des tribunes.
L’église était décorée de statues et de tableaux remarquables. A droite du sanctuaire était placé le tombeau du cardinal fondateur. Sur un sarcophage de marbre noir, orné de supports en bronze doré, on voyait la ligure de Mazarin, en marbre blanc : il était représenté les mains jointes et dans l’attitude d’un homme en prières.
Le monument s’élevait sur deux marches de marbre blanc ; et trois figures allégoriques en bronze : la Prudence, l'Abondance, la Fidélité, reposaient sur ses marches. Ce tombeau, l’un des plus beaux ouvrages de Coysevox, fut d’abord transféré, lors de la suppression de l’église, au musée des Monuments français, rue des Petits- Augustins, puis à celui du Louvre, où il se trouve maintenant.
Le collège des Quatre-Nations devint une prison politique au temps de la Terreur; puis, on n’y renferma que des prisonniers pour dettes. Enfin les anciennes académies qui siégeaient au Louvre en prirent possession le 3 brumaire an V (25 octobre 1795).
Sous l’Empire, en 180G, les bâtiments du Collège, que l’on désigna sous le nom de paldiS des Beaux-Arts, furent destinés aux séances particulières de l’Institut, et l'église, transformée en une salle, fut destinée aux séances publiques.
Plusieurs autres parties de l’édifice durent recevoir des changements qu’il serait inutile de détailler ici.
La bibliothèque Mazarine et celle de l'Institut sont placées dans les dépendances de ce palais. (Yoy. BIBLIO- THÈQUES.)
La façade du palais de l'Institut présente, à son centre, un avant-corps d’ordre corinthien qui servait anciennement de portail à l’église; le perron est décoré de deux fontaines. Chacune se compose de deux lions en fer fondu et de grandeur colossale, jetant de l’eau dans un même bassin. Les deux ailes du monument forment deux pavillons supportés par des arcades : le tout est couronné par un dénie très-élevé.
Il est à remarquer que le plan du Louvre est en harmonie parfaite avec celui de l’Institut, et que l’axe de l’ancienne église des Quatre-Nations est le même que celui qui traverse les parties latérales du Louvre.
Cette correspondance n’est pas l’effet du hasard : elle a été combinée. On a voulu donner à ces deux édifices, séparés par le cours de la Seine, une perspective agréable; et, en effet, ils se prêtent un mutuel secours. Du reste, cette correspondance a été d’autant plus facile à établir, que les deux monuments ont été construits en même temps et sur les dessins du même architecte, Levau.