SAINT-LEU ET SAINT-GILLES
Cure de 2* classe.
(Rue Saint-Denis, -ÎS4.)
Bâtie à la fin du xin* siècle, sur l’emplacement d’une chapelle dépendante de" l’abbaye de Saint-Magloire, celte église fut successivement restaurée en 1611 , 1727 et 1823. Le sanctuaire et le maitre-autel sont assez élevés pour qu’au-dcssous on ait pu construire une chapelle dédiée à Jésus-Christ sur le Calvaire.
Saint-Leu renferme quelques bons tableaux, dont le plus précieux est un portrait de saint François de Sales, par Philippe de Champagne, placé à l’entrée de la sacristie. On peut citer encore Sainte Marguerite lavant les pieds d'un pauvre, par Gassick.
SAINTE-ÉL1SABETII.
(Rue du Temple.)
Église bâtie de 1628 à 1630, pour les religieuses de Sainte-Élisabeth, de l’ordre de Saint-François. Après la suppression de ce couvent, à l’époque révolutionnaire, l’église servit longtemps de magasin de farine. File a été rendue au culte en 1809, comme seconde succursale
de la paroisse Saint-h'icolas-des-Champs, et considérablement agrandie en 1 859.
Le chœur de l'ancienne communauté a été transformé en une chapelle de la Communion. Quoiqu’elle ait été restaurée avec soin, cette église est, comme œuvre d’art, l’une des moins remarquables de Paris.
Septième arrondissement.
SAINT-MERIII.
Cure de i" classe.
(Rue S.iat-Hurtin , 78.)
Cette église doit son origine à un oratoire de Saint- Picrre-des-bois , auprès duquel se logea et mourut , vers la lin du vu* siècle , le pieux solitaire Médéric ou saint Merri, que l’on exhuma l’an 884.
Dans les dernières années du ix* siècle , cet oratoire fut reconstruit par Odon le Faulconnier , qui y eut son tombeau. Dans le xu* siècle , à cette chapelle succéda une église placée également sous l’invocation de saint Merri, devenu , depuis le règne de Louis le Débonnaire , le patron titulaire de la chapelle.
Commencée en 1530, sous François 1er, elle fut rebâtie dans le style gothique fleuri , que la renaissance n’avait pas encore modifié, au moins pour les édifices re- . ligieux : aussi porte-elle tous les caractères des églises du moyen âge, et son portail est-il rempli de détails élégants; mais elle ne fut achevée que l’an *1612.
l’ne ceinture de chapelles l’entoure. Le chœur et les chapelles de la croisée furent ornés, de 1754 à 1761, sur les dessins des frères Slodtz.
L’église Saint-Merri était collégiale , c’est-à-dire qu’elle
avait un chapitre de chanoines, lequel dépendait de Notre- Dame. Elle est remarquable par ses ornements de sculpture, ses vitraux peints par Piuaigrièr et ses tableaux de bois du xvi* siècle. Entre autres personnages remarquables, Jourdain de l’Isle; Raoul de Presles , savant de la cour de Charles V; le poète Chapelain, et le ministre Arnaud de Pomponne y furent inhumés..
On y célèbre avec beaucoup de pompe la fête d’une sainte moderne , d’une Parisienne née près de cette église en 1565 et qui y fut également enterrée: Barbe Avrillot, femme du ligueur Accarie, connue en religion sous le nom de Marie de l’Incarnation, et béatifiée en 1792.
La chapelle de la Communion , éclairée par trois lanternes, décorée de pilastres corinthiens , fut construite , en 1755, sur les dessins de Boffrand. Le tableau de l'autel représente le Repas des pèlerins d'Emmaus , par Coypel ; la Réparation envers une hostie profanée est de Belle; Saint Charles faisant communier les pestiférés milanais, de Colson; un Prêtre administrant un malade, de Robert; un Missionnaire prêchant parmi les sauvages, du même.
Deux statues colossales représentant saint Jean-Baptiste, par Guichard, et saint Paul , par Bra , sont placées sous les arcades.
Saint-Merri est la paroisse du 7» arrondissement. On sait que cette église et le cloître qui l’avoisine ont été le principal théâtre de l’insurrection des 5 et 6 juin 1832.
La façade de l’église, dégradée par les projectiles, a été depuis heureusement restaurée jusque dans ses parties les plus délicates.
C’est dans la rue du Cloitre-Saiut-Merri qu’était situé l’ancien hôtel du président Baillet, où fut établi, en 1570, la juridiction des juges-consuls, remplacée de nos jours par le tribunal de commerce, qui y est resté jusqu’en 1826, époque de son installation au palais de la Bourse. \ * ’ ’ . ‘