MAISON DE S. JOSEPH
de Saint-Joseph, mais anciennement elle était connue sous le nom d'église de la Nutrition.
Depuis quelque temps, Marie était solennellement fiancée à Joseph ; mais la cérémonie de la réception dans la maison de Tépoux n'avait pas encore eu lieu. Une épreuve attendait la Vierge et son fiancé. Les signes de la maternité devenaient visibles. Qu'allait faire Joseph qui ignorait encore le mystère de l'Incarnation du Verbe? L'ange de Dieu lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne craignez pas de recevoir dans votre maison Marie, votre épouse. Ce qui est né d'elle est de l'Ësprit-Saini ^ » Après que Joseph eut reçu cet avertissement du ciel, la réception de Marie dans la maison de son époux fut célébrée sans retard, suivant les lois de Moïse et les coutumes du pays. Après son retour d'Egypte, Joseph vint à Nazareth occuper avec la Vierge et le divin Enfant son ancienne demeure.
Le plus ancien document recueilli en 1037 par Pierre Diacre, bibliothécaire du Mont-Gassiu,dit : « A Nazareth, il y a aussi un jardin là où habitait le Seigneur après son retour d'Egypte *. » L* deuxième témoignage, que M. Gamurrini attribue à sainte Sylvie d'Aquitaine, dit : « La grotte dans laquelle Jésus habita est grande et très claire ; on y a placé un autel. A l'entrée de la grotte, est le lieu où il puisait l'eau 3. » Le Traité des Lieux saints du vi* s. * dit ensuite : « A Nazareth... il y a une autre église à l'endroit où le Seigneur fut élevé (nutritus). » Arculfe parle de ce sanctuaire en ces termes : « L'une des deux grandes églises est au milieu de la ville, bâtie sur deux voûtes (super duos fundata cancres), au lieu où s'élevait jadis la maison dans laquelle Notre Seigneur et Sauveur fut élevé. Cette même église s'appuie, comme on vient de le dire, sur deux tertres et les arcatures placées entre eux (tumulis et interpositis arcubus suflulta). En bas, entre les deux tertres, se trouve une fontaine limpide où tout le peuple de la ville vient puiser de l'eau, que l'on élève dans l'église avec des vases au moyen de poulies.»
Au viii* s., cette église était détruite ou privée de culte ; mais elle fut
reconstruite par les Croisés. Dans un passage fort embrouillé de la description de Nazareth par le moine grec Jean Phocas, on lit : « La Vierge
Notre Seigneur a demeuré depuis le retour d'Egypte jusqu'à la décollation du Précurseur. » Le Continuateur de Guillaume de Tyr reproduisit en 1261 une chronique qui place l'flabitation de la sainte Famille parmi les trois sanctuaires de Nazareth. Dans sa lettre à saint Louis, le pape l'rbain IV y fait également allusion (Annales Reynalde, an. 1263, 7).
Boaiface de Raguse, Quaresmius, Eugène Roger et d'autres nous ont laissé des descriptions intéressantes des ruines de l'église de la Maison de Saint-Joseph, que les pèlerins visitèrent en allant du sanctuaire de l'AnnonciaÛon à la Fontaine de la Vierge.
En 1754, les Franciscains purent acquérir Tune des maisons construites sur les ruines de l'église de la Nutrition, à l'extrémité orientale, et la remplacèrent par une chapelle en l'honneur de saint Joseph. Renversée par un tremblement de terre ^n 1837, elle fut rebâtie l'année suivante. Finalement, ils ont réussi à acheter l'une après l'autre toutes les maisons musulmanes qui encombraient ce Lieu saint.
Le déblaiement mit au jour les premières assises d'une belle <^glise d'architecture romane à 3 nefs, longue de 29 m. et large
1. Matth., I, 20. - 2. Ed. Gamurrini, 129.- — 3. irf., 130. - 4. V. p. 368.
de 15 m. 60 dans œuvre. Sous le mur méridional de l'édifice, près d'une porte latérale, existe une grande et superbe citerne artistiquement construite en forme de bouteille; un canal y amenait autrefois l'eau de la source de la Vierge. Par deux orifices pratiqués en partie dans l'épaisseur du mur de l'église, l'un à l'intérieur, l'autre à l'extérieur, on en lirait l'eau « avec des vases au moyen de poulies, » suivant les expressions d'Ârculfe. L'église est bâtie au sommet du ravin qui borde la ville au S.-Ë., et le chœur est nécessairement établi sur une substruction. C'est là, sans doute, qu'en reconstruisant le noble sanctuaire de la Sainte-Famille, on trouvera l'explication des cancri et tumuU d'Arculfe, de la grotte de sainte Sylvie et de la construction sans lumière de Phocas.
 l'intérieur de la chapelle actuelle, on voit un autel en beau marbre blanc, don du marquis de Nicolay. Au-dessus de l'autel, un bon tableau représente l'Enfant Jésus entre son père et sa mère, sanctiûant le travail par son propre exemple. Au bas du tableau on lit ces mots : hic erat subditus illis.