F. Guérin, op. cit
l'histoire profane, la ville du Flcmc du Thabor n'apparaît qu'avec le nom donné par les Paralipomènes. Elle figure sous le nom de Dapoûra et de Dapour dans le papyrus d*Anastasi parmi les cités galiléennes conquises par Ramsès IP. C'est le même nom, Daboùra^ qu'elle porte encore aujourd'hui. Polype parle de cette ville quand il dit : « Atabyrium (nom grec du Thabor) est situé sur une colline qui s'élève légèrement au-dessus de la plaine en forme de mamelon, ayant une hauteur de quinze stades... Antlochus (le Grand) prit la ville par ruse et par stratagème... Après s'être assuré de la ville, il s'en alla plus loin^. » Depuis les sanglantes batailles livrées au pied du Thabor entre Alexandre, fils d'Aristobule, et Aulius Gabinius, lieutenant de Pompée, l'an 53 av. J.-C, cette ville ne joua plus aucun réle. Un siècle plus tard, pendant la révolte des Juifs contre les Romains, Josèphe créa de toute pièce une nouvelle forteresse au sommet de la montagne. Il donne à celle ci une hauteur de trente stades, le double de celle que Polype indique pour la ville d'Atabyrium.
Eusèbe seul rappelle encore cette ville : « Dabira, bourg des Juifs sur le mont Thabor. »
Eusèbe lait de Dabira un bourg distinct de Dabéreth qu'il appelle Dabrath. On confond généralement Céseleth Thabor avec Gasaloui, la moderne Jksâl (V. Voy. XVI, p. 394). Casaloth, cependant, est toujours présentée dans la Bible comme une ville de la tribu d'Issachar et non pas de Zabulon. Elle est située au pied des montagnes de Nazareth, à 5 km. à l'O. de Dabouriyéh, et nullement sur les pentes du Thabor. Céseleth- Thabor, ou la ville de Thabor, et Casaloth sont deux villes distinctes, appartenant à deux tribus différentes.
En 35 min. on atteint le plateau de la montagne, et l'on aperçoit à main g. un reste de l'enceinte de Josèphe, qui couronne le dernier talus naturel. En s'avançant de 400 pas, le chemin se bifurque et conduit à g. dans la propriété des Grecs, à dr. dans celle des Franciscains.
En suivant ce dernier sentier, on arrive à la forteresse construite au XIII* s. par les Sarrasins. Le fossé, autrefois traversé par un ponMevis, est comblé par un amas de pierres qui forment un pont au-devant de l'ancienne porte, Bâb el Hdoua, porte du Vent, restaurée en 1898. Après avoir franchi la porte, on s'avance de 400 autres pas et l'on arrive à l'Hospice des Pères de Terre sainte.
Histoire.
Plateau du mont Thabor. Le mont Thabor servait de limite entre la tribu d'Issachar et celle de Zabulon.
1. K. noire ouvrage, Le mont Thabor, 1-7. — 2. H. y IX, v, 70.
Quand 150 ans après la conquête de la Terre promise, les Israélites étaient cruellement opprimés par les Chananéens, Débora, poussée par l'esprit prophétique, jugea que le moment de la délivrance était arrivé. Elle fit appel au patriotisme des Hébreux, et lO.OOO braves se réunirent secrètement au mont Ihabor sous le commandement de Barac. A un moment donné, sur l'ordre de Débora, Barac descendit précipitamment de la montagne et s'élança avec impétuosité contre l'armée de Sisara. Le ciel combattit pour Israël et l'ennemi fut anéanti*.
Les Hébreux ont exprimé leurs sentiments de i-econ naissance envers Dieu dans l'admirable chant de victoire connu sous le nom de Cantique de Débora.
Plus tard, les Madianites et les Amalécites envahirent la plaine d'Esdrelon et. par leurs razzias et leurs meurtres, ils firent beaucoup souffrir les Israélites. Ceux-ci se réfugièrent en grand nombre au mont Tbabor, mais poursuivis par les ennemis, ils y trouvèrent la mort avec les frères de Gédéon *^.
Cette belle montagne devint l'objet des comparaisons poétiques des prophètes. Jérémie, annonçant l'arrivée du puissant Nabuchodonosor, dit : « H viendra comme le Thabor parmi les montagnes, comme le Carmel au-dessus de la mer^^. » Le Psalmiste prophétise que le Thabor tressaillira de joie au nom du Seigneur : « Le Thabor et l'Hermon, exulteront en ton nom*. » Eusèbo de Ccsarée et saint Jérôme y voient une'allusion à la transfiguration du Christ.
Transfiguration de Notre-Seigneur.
D'après une tradition qui remonte aux temps apostoliques et (jui a été admise universellement comme un fait historique indiscutable, c'est au mont Thabor que Jésus-Christ s'est transfiguré.
Les évangélistes ne nomment pas la montagne de la transfiguration ; mais ils insistent sur le laps de temps écoulé enti*e l(î dernier discours du Sauveur à Césarée de Philippe, et son ascension sur la montagne sainte avec trois de ses disciples. « Environ huit jours après qu'il eut dit ces paroles, raconte saint Luc, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean et s'en alla sur la montagne pour prier''. » L'évangélisle compte le jour du dernier discours et celui de l'arrivée sur la montagne. Saint Matthieu et saint Marc, qui ne comptent que les jours complots, n'en donnent (jue six. Or, si les synoptiques appuient iiur l'intervalle de six à tiuit jours ^ sans mentionner aucune
i. .!«., IV et V. - 2. Jg., Vr, 2 : - VIII. 18-lîl. - 3. Jcr., XLVI, 1«. — 4. Ps. LXXXVIII, 13. — ;•>. Liu-, IX, 28.
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parole, aucun fait, aucun détail qui ait marqué ce temps, ils laissent deviner que la semaine a été employée à faire un voyage.
Un fragment de l'évangile apocryphe des Douze Apôtres, composé vers la fin du i" s. ou au commencement du n«, rapporte que Jésus fut conduit par l'Esprit-Saint « sur la montagne du grand Thabor. » Le passage qui suivait n'existe plus ; mais, d'après les critiques, il devait relater que ce fut pour y être transfiguré entre Moïse et Elle*.
Orjgène (185-254) dit : « Le Thabor est la montagne de la Galilée sur laquelle le Christ s'est transfiguré'^. »
La Dormition de la B. V. Marie, ouvrage composé du m' au IV* s., relate à deux reprises que la transfiguration du Sauveur a eu lieu au mont Thabor 3.
Eusèbe de Cîésarée*, Agathange, l'historien d'Arménie-^, saint Cyrille de Jérusalem ^, Pierre de Sébaste, saint Jérôme ', Pétronius, évoque de Bologne (1420)^, saint Procle, patriarche de ConstantiDople (t 447) », Arnobe le Jeune (f 460) *^ Casslodore*% saint Isidore de Séville^*, saint André de Jérusalem i^, saint Jean Damascène *"*, sans parler des pèlerins du iv% du v* et du VI* 8., tous affirment que le mont Thabor fut le glorieux théâtre de la transfiguration du divin Sauveur.
Au V* concile de Gonstantlnople, l'an 553, on procéda à Téroctlon d'un évêché au mont Thabor i^, qui, dès le iV s., était devenu un lieu de pèlerinage célèbre. Sainte Sylvie d'Aquitaine, sainte Paule, le diacre Théodose, Antonin de Plaisance, saint Arculfe et saint Willlbald gravirent la montagne sacrée, témoin de la glorification du Messie. Longtemps après l'invasion dos Arabes, vers l'an 808, l'auteur du Commmnoratorium nous apprend que le siège épiscopal du mont Thabor était occupé par un évêque nommé Théophane, et qu'au sommet de la montagne on voyait encore quatre églises et un monastère habité par 18 moines.
i( Les témoignages en faveur de la tradition, se continuent sans interruption pendant la durée des Croisades ; et ni les révolutions, ni les guerres, ni les temps, malgré toutes les ruines accumulées, n'ont réussi à faire perdre au Thabor la gloire dont il est couronné*^. » (F. Marc, IX, 1-9, n" 42).
D'après Théodose (530) et d'autres écrivains ecclésiastiques, le
1. Hllgenfcld, Ev. Hebr., fragm., 5. —2. Comm. in Ps., LXXXVIII, i:i
— 3. Tisehendorf, Apocal. apocr., 117. —4, Comm. in Ps., LXXXVIII, 13.
— 5. Hist. Armen,, II, 18. — 6. Catech., II, De Chr. incarn. — 7. Ep., XLVI et CVIfl. — 8. V. ToWer et Molinier, PubL de l'Or, lat., II, 146. — îl. Orat. VIII, In Tra/nsf, D. — 10. Comm. in Ps., LXXXVIII, 13. — 11. Exp. in Ps., LXXXVIII, 13. — 12. De obitu P. V. T., XXV. — 13. Serm. m Tromf. D. — 14. Comm. m Ps,, LXXXVIII, 13. — 15. Notitiae AnHochiae et Jeros. Patriarch. — 16. P. Didon, Jésus-Christ, II, 428.
d90 MONT THABOR
Thabor c»l aussE a la munCagnc de la GalilÉe » sur laquelle J6$us so manifesta â ses apùtres, comme il le leur avait promis'. A cette occasion, le Sauveur a AtéTU par les SDO disciples dont parle saint PauP.
BCnr d'Enceinte de Joaèphe.
Pendant le soulèvement des Juifs, les rebelles chassés de toutes parts par les Romains, se retirèrent au mont Tbattor pour j organiser la dernière résistance. Comme au sommet de la montagne il n'y avait ni ville, ni forteresse, ni aucun autre travail de défense, Josèphe, gouverneur des deux Galilées, fit entourer le baut plateau d'un mur de 26 stades de longueur. Le travail tut exécuta en 40 jours. L'année suivante, Vespaslen envoya Placide avec un corps de 603 cavaliers pour disperser la multitude des Juifs rassemblés en ce lieu. L'officier romain, usant do stratagème, les attira dans la plaine, où il tailla les uns en pièces et mit les autres en déroute^.
On peut encore suivre les vestiges de l'enceinte dans tout son développement (A-A). Ce mur, qui tut construit en 40 jours avec un pourtour de 3 km., est moins un rempart qu'une solide clôture faite avec de gros moellons k peine équarrls. A l'O.. on rencontre les débris des babitations bâties par les Juifs pendant leur scjout d'un à deux ans sur cette montagne.
Mont Thabor an temps des GFoisades.
L'an 1101, le mant Thabor fut confli> à ifs maineg Bénédicling probaliLement d'origine Bilemande, qui en 1130 embrasaèrenl l'observante lie Cluny. Taacmie, prince de GalllM, leur assigna des revenus considérables. Donze ans plus tard, les molues et leurs serviteurs, en lont nues, furent massacrés par les bandes de Malduc eldeToghtékin t irruption gnr le Tbabor el prirent l'abbaye d'assaut. 3, le couvent et l'étilse Salntïile des moines Urecs lurenl sacr les troupes de Saladin qui niontèrent au Thabor pour laire des mais l'abbaye des BéaédictlDS, défendue par des murs solides et 1, résista valllammeni â leurs attaques. Cependant, après la le Hatttn (1187), les moines furent contniinls d'abandonner le •l se téfugièrenl à SalnlJean d'Acre el à Anlloche. el Adel. sultan de Damas, St construire an Thabor nno forlcir menacer Saint-Jean d'Acre. Son llls, Mouadhem Issa. chanté Iger les travaux, la termina en ISit. Cinq ans plus lard, . rai de Hongrie, Léopold, duc d'Autriche, tiuillaume, comle de I«ui8 de Bavière, Jean de Briennc, roi de Jérusalem, el Hugue* nan, roi de Chypre, vinrent avec iint' arméo de 13.U0O hommes sur le ■ ruissel du Cresson devaul .Naïm el Endor. rheiaéles troupes Iranques escaladèrent la montagne: mais an moment a division se mil dans les rangs el j'-rmi. ..h^iian.ia «>tnnpng
Ml,. XXVIII, IG. - S. Ad. Cor., XV, 5-S. - V. La montagne de