‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 196 sur 251 · II · texte numérisé non relu

II

de saint Basile. C'est là^ sans doute, que saint Jér6nie, sainte Paule et sainte Svlvie sont venus s'agenouilier yers la même époque.

Antonin de Plaisance (570) trouva trois églises à l'endroit où Pierre dit à Jésus : « Mettre, il nous est bon d'être ici ; dressons trois tentes, une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie. » A Textrémité de la longue crypte, Fhémicycle précédé d'an carré de 6 m. de côté (AB)

JLes parois de la Coniession étaient recouvertes d'un stuc blanc qui porte encore des traces de peinture. Celles de la crypte du xii* s. sont formées de pierres de petit appareil très soigné, qui n'ont jamais reçu un enduit quelconque.

Lorsque de l'an 1210 à. 1212 les Sarrasins construisirent la solide forteresse qu'on y voit encore, ils mirent un soin tout parlioulier à fortifier l'angle S. -*Ë. de l'église, un des points les plus vulnérables, à cause du petit plateau qui s'étend de ce côté-là. Ils élevèrent une grosse tour contre le mur byzantin (FE) et comblèrent les vides de l'église en ruines par un monceau de pierres et de terre, pour obtenir une grande terrase destinée aux défenseurs et aux machines de guerre.

En i22S, l'amnistie conclue entre Frédéric II et Mélek el Kamel rendit aux chrétiens Nazareth et le mont Thabor. Ce dernier fut occupé par de nouveaux Religieux, d'après Boniface de Raguse, les Frères Hongrois ou moines de Saint-Paul -l'Ermite. A leur arrivée, ils trouvèrent la basilique de la Transfiguration non seulement en ruines, mais encore couverte d'un immense monceau de pierres. La crypte seule avait échappé à la destruction. Dans l'ancien atrium^ les Frères Hongrois taillèrent un escalier, et au-devant de la crypte, ils élevèrent une nouvelle église avec les matériaux de l'ancienne. C'est ainsi que les restes du portail furent transportés du point C entre la chapelle de Moïse et celle d'EIie.

Saint Louis, roi de France, visita cette église en 12,'j4 ; mais, 9 ans plus tard, elle fut détruite, à son tour, sur l'ordre de Ribars.

Au midi J , hors de l'ancien atrium, on voit les restes d'un Ijaptistère de 4 m. de côté à l'intérieur. Le pavé est formé d'une splendide mosaïque à double bordure ; au centre s'élevait la cuve baptismale.

Abbaye des Bénédictins. La forteresse, qui au xii* s. renfermait la basilique de la Transfiguration, les trois chapelles dont nous venons de parler et l'abbaye des Bénédictins, occupait une superficie de 6 à 7.000 mètres carrés! Au N. de la basilique on voit encore les arasements de la salle capitulaire ; puis vers l'O., vient le réfectoire et ensuite la cuisine. Cette dernière contient un joli petit bain à la turque.

Eglise Saint -EHe. Vers le N. du plateau, les Grecs hétérodoxes ont reconstruit une ancienne église mentionnée par Guillaume de Tyr en 1183 sous le nom de Saint-Elie dis moines grecs, Phocas est le premier à parler du monastère « où les Nazaréens, dit-il, qui mènent la vie monastique selon nos coutumes, sanctifient ce Lieu saint. » 11 l'indique à gauche, c.-à-d. au N., de l'abbaye latine et de la basilique « lieu où le Seigneur se transfigura entre Moïse et Elie. » L'an 1183, les troupes de Saladln ruinèrent le couvent et l'église Saint Elle,

t il n'en est plus question dans les relations des pèlerin.s ou

es chroniqueurs.

L'église Saint-Elie a le chevet droit, de sorte qu'originairement les rois absides et les trois nefs étaient à peu près d'égale largeur, comme lans l'église de <jariet el Enab ou Abou-Gôche. En la reconstruisant, les

VISITE DES IILINES 393

<}recs ont élargi l'abside du milieu, et, partant, la nef centrale, au dépens lie celle du X. Aussi, l'abside méridionale seule q conservé ses assises inférieures intactes, avec quelques traces de peintures.

A rO. de l'église de Saint-Elie, une grotte, aujourd'hui transformée en chapelle, servait d'habitation à Melchisédech, d'après Daniel le Russe et le moine Jean Phocas. Une fable inventée au vu* s. fait du roi Melchisédech un ermite qui vivait presqu'à l'état sauvage.

Au centre du plateau, k dr. en venant de la porte Bâb el Haoua, on voit une modeste chapelle de 9 m. de longueur sur 4 de largeur entourée de plusieurs habitations en ruine. C'est, d'après Phocas, l'endroit où Jésus dit à ses apôtres : « Ne parlez à personne de cette vision, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. »

Panorama. La tour sarrasine, à l'angle S -O. de la basilique de la Transfiguration, et la terrasse de l'Hospice latin offrent les meilleures places pour Jouir du panorama grandiose qu'offre le Thabor. Le regard est tout d'abord attiré vers le septentrion, où se dressent les masses gigantesques du grand Hermon presque toujours couvert de neige ; puis^ le lac de Tibériade, la gorge profonde du Yarmouk, la chaîne bleuâtre des montagnes du flauran vers le S., et les montagnes de Safed vers le N. forment avec leurs villages un paysage gracieux et varié. Au S. et à l'O. s'étend la plaine d'Esdrelon avec le petit Hermon, le Gelboé et le Carmel, et l'œil aperçoit partout des localités qui évoquent dans l'esprit des souvenirs bibliques ou d'autres faits historiques.

Pour se rendre à Tibériade, on peut suivre le chemin le plus cou ri qui part du N.-E. du plateau ; mais il e»t très raide et mal commode. II est préférable de descendre par le chemin qu'on a pris pour monter. A 40 min. du sommet, on tourne à l'E. et pendant 25 min. on traverse une verdoyante vallée ; 20 min. plus loin, on arrive au Khan et ToudcyAr, Marché des Négociants. C'est un vaste caravansérail construit en 1487, où les marchands échangeaient autrefois leurs denrées. Sur la colline qui s'élève au N.-O. du khan, on voit un château fort arabe. Les deux bâtiments tombent en ruines.

De là on peut se rendre à Kofr Sabt (50 min.) et Tibériade par le chemin le plus court, ou bien vers Loubiéh, où l'on rencontre la route carrossable. (K. p. 384 el 405*.

Si l'on veut revenir à Nazareth par Endor et Naïm ou iirend le chemin qui descend au S.-O. du plateau, f Koir p. 394).

i. Pour d'autres détails, V. noire ouvrage Le mont Thahor.

Page 1