HISTOIRE DE LA PALESTINE
Dans un cadre aussi restreint que le nôtre, nous ne pouvons donner qu'un précis général de l'histoire de la Palestine. Les événements les plus intéressants seront rappelés sur les lieux mêmes qui en ont été les théâtres.
Période chananéenne. Parmi les plus anciens habitants de la contrée promise par Dieu aux descendants d'Abraham, la Bible nomme les Kénites» les Cédmonites, les Hévéens, les Rapbalm ou Géants* les Enacim, les Emim et les Zomzommtm, vraisemblablement tous de race sémitique. D'après une tradition rapportée par Hérodote et Strabon, une grande migration de tribus d'origine chamite partit des rives du golfe Persique et vint se fixer sur les bords du Jourdain et le rivage de la Méditerranée. Ils empruntèrent la langue sémitique aux peuplades qu'ils venaient de subjuguer, à moins qu'ils ne l'aient adoptée déjà pendant leur séjour au milieu des descendants de Sem, au nord du golfe Persique, la patrie d'Abraham.
Les nouveaux conquérants étaient partagés en plusieurs principautés indépendantes, dont la plus florissante, établie sur les côtes maritimes de la terre de Ghanaan, reçut le nom de Phénicie.
Au nord de la terre de Ghanaan, habitaient les Héthéens ou Hittites, race puissante, qui disputait à l'Egypte et à la Ghaldée la suprématie sur l'Asie occidentale. Une confédération de peuples, la plupart sémites, venant de l'Arabie, de Ghanaan et d&-Syrie, fondit sur l'Egypte, prit possession du Delta du Nil et s'y créa un puissant royaume. Les Egyptiens les désignèrent sous le nom de Hyksos, Pasteurs, dérivé de Hik shasoii, Princes des pillards.
Période patriarcale. A cette époque, environ 21 siècles ay. J.-C Abraham vint dans la terre de Ghanaan et dressa sa tente près d'Hébron, au milieu d'une tribu héthéenne qui, lors de la grande migration, s'était arrêtée dans ce pays. Environ deux siècles plus tard, Jacob, son petit-fils, quitta Hébron avec toute sa famille et alla s'établir auprès de son fils Joseph,
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devenu le premier ministre d'un pharaon sémile. Bientôt les Hykso3 furent expulsés de l'Egypte et un siècle plus lard, Thoulmès I", piis Thoutmès III (16i0-lo7f), envahirent la terre de Chanaan. Les pylônes de Karnak énumôrent 118 cités chananéennes conquises par le dernier pharaon. De là, ils portèrent leurs armes dans le pays des^t^t, Héthécns, et élevèrent leurs stèles de victoire jusque sur les bords de l'Euphrate. Au commencement du xv* s., Ramsès II consacra, à son tour, les 22 premières années de son long règne à faire la guerre aux Hcthéens. Après la mort du pharaon, l'Egypte entra dans une période de décadence.
Telle était l'influence de la domination babylonienne dans le pays de Chanaan avant sa conquête par les pharaons, que les princes cbananéens continuaient à se servir de la langue assyrienne et de l'écriture cunéiforme dans leurs rapports avec la cour d'Egypte, comme ic démontrent les tablettes découvertes en Palestine, et surtout celles de Tell Armarna, en Egypte, retrouvées en 18S8. Dans ces lettres adressées à Aménhotcp III et Aménhotep IV, vers la fin du xv* siècle, les gouverneurs de Chanaan, spécialement Abd-Hibéba prince d'Urusalim^ Jérusalem, racontent que les Habiru^ sous la conduite de Milki-El^ avaient enlevé à l'Egypte plusieurs villes, Lachis, Alalon, Meggldo, Tyr, Sidon, Gaza, Urusalim et d'autres encore.
Au siècle suivant, les Israélites conduits par Moïse, quittèrent les montagnes de Sinul, pour prendre possession de la Terre promise, que le prophète Zacharie (II, 12) appellera la Terre sainte. Au S. de la mer Morte, ils rencontrèrent les Idum(^ens, descendants d'Esaû ; mais comme le Seigneur leur avait défendu de molester leurs frères d'Edom, ils tournèrent leur pays à l'E. et arrivèrent dans le territoire des Amorrhéens, appelé Galaad. Cette importante tribu chananéenne s'était créé un grand empire divisé en deux royaumes : au S. régnait Séhon, roi d'Hésébon, au N., Og, roi de Basan. A la suite de plusieurs brillantes victoires, les Israélites s'en rendirent complètement maîtres. Ils descendirent ensuite dans la vallée du Jourdain, exterminèrent les Madianites et, une fois en possession de tout le territoire transjordanien depuis l'Arnon jusqu'au mont Hermon, ils passèrent le Jourdain à pied sec sous la conduite de Josué, successeur de Molso. Jéricho, Hai, Lachis et la plupart des villes de Chanaan tombèrent successivement en leur pouvoir ; seules, celles de la côte maritime et quelques cités de l'intérieur restaient encore à conquérir.
La Terre promise fut partagée au sort entre les douze tribus d'Israël, savoir : A l'orient du Jourdain, Ruben occupait le midi entre l'Arnon et le Jaboc ; puis venait Gad, entre le fleuve Jaboc et la mer de la Galilée ; ensuite la demi-tribu de
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Manassé qui arrivait jusqu'au pied de l'Uermon. Siméon s'établit au S. du pays de Chanaan. Entre la mer Morte et la Méditerranée voici Juda, qui s'étendit jusqu'à Jérusalem exclusivement. A partir de cotte ville c'était Benjamin dont le territoire était limité à TE. par le Jourdain et k l'O. par la tribu de Dan. Celle-ci obtint la plaine jusqu'à la mer et conûnait avec Juda au S. et Ephraim au N. Ephraim reçut en partage le centre du pays conquis, avec Sichem pour capitale. Au N.-O d'Ephralm jusqu'au mont Garmel, la région devint l'apanage de l'autre moitié de la tribu de Nanassé. La plaine d'Esdrelon fut assignée à Issachar ; le pays montagneux au N. du mont Thabor à Zabulon et la côte maritime à Aser. Au N. de Zabulon, entre Aser et le Jourdain supérieur, se lixa Nephtali. La tribu de Dan, ne pouvant enlever aux Philistins la plupart des villes de la plaine, fonda une colonie autour do Lais, uu pied du Grand Hermon.
Silo, en Ephraim, fut choisie pour la capitale provisoire et pour le dépôt du tabernacle du Seigneur.
Période des Juges. Après la mort de Josué, le peuple d'Israèl déchut rapidement au point de vue national comme au point de vue religieux. Au lieu d'achever la conquête des villes restées indépendantes et d'exterminer les Chananéens, ils contractèrent des alliances avec eux, s'initièrent à leur culle grossier et sensuel et Unirent par oublier le Dieu de leurs pères. Ils ne manquèrent pas alors d'être cruellement opprimés par leurs ennemis. Cependant, lorsque sous le poids de l'affliction ils se tournèrent vers Jahvé, celui-ci suscita des hommes d'action, qui, enflammés d'amour pour Dieu et son peuple, ranimèrent la foi et le courage, entraînèrent la masse au combat contre les oppresseurs et rendirent au pays l'indépendance, la'paix et la prospérité. Ces héros sont appelés les Juges d'Israël. Leur période comporte un peu plus de trois siècles. Les plus terribles adversaires des Hébreux étaient les Philistins, race émigrée de Caphtor, l'Ile de Crête, et établie d'abord sur le Delta du Nil, puis dans la région maritime du midi de Chanaan. Cette contrée reçut le nom de Peleschet, qui, en hébreu, signifie Immi gration^ ou Peleschtim, pays des immigrés. De là le nom de Philîstaea ou Palaestina, que les écrivains profanes de Grèce et de Rome ont appliqué à tout le pays de Chanaan.
Vers la fin de la judicature du grand -prêtre Héli, la situation d'Israël était critique. L'arche d'alliance venait de tomber entre les mains des Philistins ; le peuple était démoralisé ou plongé dans l'idolâtrie, et le sentiment de liberté et de solidarité était tellement émoussé, que les habitants de Juda livraient aux Philistins Samson, le héros de Dan.
Période royale. Dieu suscita alors Samuel, prophète et
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dernier Juge. Il amena le peuple k répudier solennellement l'idolâtrie, le réconcilia avec le Seigneur et releva son courage par l'éclatante victoire qu'il remporta sur les Philistins à Maspha. Comme prophète, il reçut la mission d'instituer la royauté en Israël et sacra Saûl, de la tribu de Benjamin. En plusieurs rencontres Saûi remporta de brillantes victoires sur les ennemis ; mais à cause de ses défauts, surtout à cause de } . son esprit d'indépendance vis-à-vis du Seigneur, Samuel reçut
r l'ordre d'en Haut de donner l'onction royale à David, de lu
tribu de Juda.
Lorsque Saûl et trois de ses fils eurent trouvé la mort sur les pentes de Gelboé, dans un combat contre les Philistins, David fut proclamé roi par la tribu de Juda vers l'an 1058. Sept ans après, à la mort d'Isboseth, dernier fils de Saùl, tout Israël reconnut l'autorité du nouveau monarque. David quitta alors Hébron, sa capitale provisoire, s'empara de Sion, la citadelle des Jébuséens, et fit de Jérusalem la capitale politique et le centre religieux de la nation. Par ses nombreuses conquêtes, il devint le chef d'un puissant royaume, respecté au dehors et solidement organisé à l'intérieur. David était dans toute la force du terme un grand roi et, pour son époque, un saint roi. Toute sa conduite atteste la profondeur de ses sentiments religieux et son zèle ardent pour la gloire de Dieu. Il a commis des fautes très graves, il est vrai ; mais le repentir joint aux actes de pénitence les ont effacées devant Dieu. Salomon, son fils, lui succéda vers l'an 1018. Doué des qualités les plus heureuses, le jeune monarque fut encore, sur sa prière, enrichi du don supérieur de la sagesse. Son règne fut paisible, prospère et glorieux. Il éleva au Seigneur un temple de toute beauté, construisit plusieurs splendides palais et fonda de nombreuses villes, entre autres Palmyre au N.-E., et le port d'Asiongabar sur le golfe Elanitique, d'où partait une flotte pour Ophir. Hélas ! Salomon s'adonna aux voluptés des rois orientaux de ces temps-là et alla jusqu'à sacrifier sa foi à des femmes étrangères. Ce fut pour son malheur, comme pour celui du peuple de Dieu. Do son vivant déjà, deux pays tributaires, la Syrie avec Damas au N. et l'idumée au S., secouèrent son joug et se rendirent indépendants. Â l'intérieur, c'était à Sa cour l'impiété et la corruption, et chez le peuple un mécontentement général causé par les corvées et les impôts exorbitants.
Division des tribus d'Israël. A la mort de Salomon, Jéroboam, de la tribu d'Ephralm depuis longtemps rivale de celle de Juda, entraîna les tribus du N. à se séparer de la maison de David, et forma un nouveau royaume qui s'étendit depuis Béthel jusqu'à Dan. C'est le roYaume d'Israël. La tribu de