‹ Nouveau langage des fleurs, ou, Parterre de floreChapitre 71 sur 85 · TUBÉREUSE · texte numérisé non relu

TUBÉREUSE

EMBLEME. VOLUPTE.

Cette fleur n’est autre que la Jacinthe des Indes , apportée en Europe par un certain Francus, qui commerçait sur les différentes mers : d’autres en attribuent l’introduction au P. Minuti, minime, qui l’apporta de Perse en 1632 • M. Peiresc , de Beaugencier, près Toulon , est le premier qui l’ait cultivée en France * elle était simple alors, mais une main habile (M. Lacour) a doublé ses pétales , et elle s’est répandue sur toute la terre. En Russie , elle ne fleurit que pour les rois et ceux qui les entourent j au Pérou elle croît sans culture , et s’unit à la brillante Capucine pour orner le sein des ardentes Américaines. Linnée l’a nommée par excellence Polianthe7 fleur digne des villes. Chez nous, comme en Perse , elle est devenue l’emblème de la volupté. M. de Bernis a consacré les vers suivans à la Tubéreuse :

Dans ses bras amoureux l’imprudente la presse :

Quand tout-à-coup , saisis d’une douce langueur,

Ses bras sont accablés sous le poids du bonheur.

A ce trouble inconnu, la jeunesse alarmée Veut éviter les traits du Dieu qui l’a charmée ;

Mais, hélas! ses combats se changent en plaisirs,

Ses craintes en espoir, ses remords en désirs !

Confuse, elle retombe au milieu de ses chaînes :

Un charme involontaire accompagne ses peines :

Elle voudrait haïr, elle ne peut qu’aimer ;

Son cœur cherche le calme et se laisse enflammer. C’est alors qu’à ses yeux se découvre l’abyme :

Mais un chemin de fleurs la conduit jusqu’au crime.

La Tubéreuse est la fleur d’automne la plus odorante. Roucher parle d’une femme qui devint imbécile pour avoir respiré trop vivement les parfums de cette fleur.

Que son baume est flatteur, mais qu’il est dangereux !

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