‹ Nouveau langage des fleursChapitre 30 sur 69 · MAUVE. — DOUCEUR MATERNELLE · texte numérisé non relu

MAUVE. — DOUCEUR MATERNELLE

La mauve est une jolie plante, dont on connaît aujourd’hui au moins cent espèces. Autrefois, elles étaient cultivées avec soin dans les jardins, et on les servait sur les tables diversement apprêtées. De nos jours encore, les Chinois mangent les feuilles de mauve, apprêtées comme chez nous la laitue et les épinards.

Pythagore a dit :

Semez la mauve, mais ne la mangez pas.

C’est-à-dire, ayez de la douceuV pour les autres, et non pas pour vous.

MENTHE. — sagesse. — vertu.

Bernardin de Saint-Pierre prétend que la nature place la menthe dans les endroits humides, pour en purifier les exhalaisons.

Il y a vingt espèces de menthe : la menthe îotondifoliée; la menthe verte; la menthe poivrée; la menthe crépue; la menthe cultivée; la menthe cervinée, etc., etc.

MILLE-FEUILLE. — guérison.

La mille-feuille a, dit-on, la propriété de guérir les blessures. Cette plante est loin de mériter la réputation qu’on lui a faite.

MYOSOTIS. — ne m’ourliez pas.

Qui ne connaît celle jolie petite fleur bleue, à étoile jaune? Rien n’est plus frais, ni plus délicat, ni plus coquet. Elle croît sur le bord de l’eau. On rapporte à son sujet, une tradition touchante, à laquelle elle devrait son nom allemand, Ver g tes mein nicht.

Deux amoureux se promenaient sur les bords escarpés d’un torrent; ils parlaient du ciel et de la terre, du présent et du passé ; ils faisaient de doux projets pour l’avenir, ils avaient la joie dans le cœur : tout à coup une fleur de myosotis leur apparaît... la pauvre fleur va

être entraînée par le torrent; la jeune fille le fait remarquer à son amant, et celui-ci, n’écoutant que son amour, se précipite aussitôt dans les flots... Mais, hélas! le torrent devait être plus fort que lui ; c’est en vain qu’il lutte contre la force du courant, les flots écument et l’entraînent lui-même... Cependant, avant de disparaître pour jamais, ajoute la légende, il eut encore le courage de tendre à sa fiancée la fleur qu’il vient de saisir, et de prononcer ces mots, Ne in’oubliez pas !

MYRTE. — amour.

Arbrisseau dont les fleurs sont menues, et qui porte de petites fleurs blanches, d’une odeur agréable. — Chez les anciens, le myrte était consacré à Vénus. — A Athènes, les suppliants et les magistrats portaient des couronnes de myrte. — On portait également une couronne de myrte, quand on récitait des vers d’Eschyle et de Simonide. — Dans les festins joyeux, une branche de cet arbre passait de main en main, avec la lyre, et c’était pour chaque convive l’invitation de chanter à son tour des vers érotiques.

Sous le simple lambris Des myrtes verts et des rosiers fleuris,

Entrelacés par la main du mystère,

L’amour conduit les enfants de Cypris.

Malfilatre.

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