‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 135 sur 828 · AIGLE · texte numérisé non relu

AIGLE

Dieu se montre favorable aux gens actifs, laborieux.

■ Dieu aidant, loc. prov. qui signif. Avec l'aide, la protection de Dieu, n S'empl. dans plusieurs autres phrases inalogues : Lo. science aidant. Le temps aidant.

S'SLider, v. pr. Faire tous ses efforts, employer tous les moyens pour réussir dans une chose :

Aidez-vous seulement, et Dieu vous aidera.

RtONIER.

— S'aider de, Se servir d'une personne ou d'une chose, en faire usage : On devrait s'aider de la main gauche cmnmc DE la main droite, il S'assister, se secourir mutuellement : Il faut s'aider les ims les autres.

— Syn. Aider, assister, secourir. Secourir indique un anger ; aider, une peine ; a.çsiiî/er, un besoin. On va au

secours de quelqu'un dans un combat; on Vaide à porter un fardeau; on assiste les pauvres.

— Anton. Contrarier, contrecarrer, desservir, gêner, grever, incommoder, nuire, paralyser, préjudiciel".

— Prov. littér. :

Aide-toi, le ciel Vnidura, Vers de La Fontaine, dans le ChaiTetier embourbé, ot qr. est souvout rappelé par les écrivains.

AIDEUR n. m. Celui qui aide. (Vieux.)

AIDIE (du gr. aidios, éternel) n. f. Genre créé pour ui grand arbre de Cochinchine dont le bois, blanc et dur, es: excellent pour la construction des parties inférieures de: édifices, car il se conserve très bien dans l'humidité. Le^ descriptions données jusqu'ici sont trop imparfaites poui qu'il soit possible d'assigner à cet arbre une place dan; la classification.

AÏDIN, surnommée Guzel-Hissar, ville de l'Asie Mineure, sur le Tabak-Tchaï, affluent du Mendereh , 50 hab. Cette ville, l'ancienne Traites, est le chellieu d'un district peuplé de 205.600 hab. Aux environs, de;: sources minérales nombreuses et abondantes.

AlDONE, ville d'Italie, prov. de Caltanisetta (Sicile), prè^ lasnurcodu fl. côtierdeTerranova; 7.600 hab. Sources

AlDONÉE, roi des Molosses, en Epire. Il vivait cini|ti:iin(' ans avant la guerre do Troie. Pirithous, aidé de Tlii s-.o, voulut enlever sa fille Proserpine, dont il étail ;niiMiireux. Mais ils échouèrent dans leur expédition ; 1 lusro fut emprisonné par ordre du roi, et Pirithoiis l'Mir.' par Cerbère, le cliien d'Aïdonée. — Ce récit est

' interprétation évémériste du mythe célèbre de la

I iMito de Thésée et de Pirithoiis aux enfers. AiDOS, ville de la Roumélie, sur les pentes méri-

'ii'iiialos du Balkan oriental, près du défilé du même inMii ; -i.ooo hab. Sources minérales.

AIE interj. {a-ïe. comme dans paille — vieux mot qui 'i.iK une contraction du mot airfe. En effet, l'interj. aie est '111 .ri de douleur par lequel on semble appeler au se- • "ils, à l'aide). Cri do douleur qui ordinairement se répète.

II t II par lequel les charretiers excitent les chevaux.

- S'empl. parfois substantiv. ; Jeter des oh! et des aie. AÏEUL (du lat. avus, grand-père, qui a donné au ba:lai. le diminutif aviolus, dont notre vieille langue a fait aviol et aiol, puis avieul) n. m. Grand-père. \\ Aïeul paternel. Grand-père du côté du père, il Aïeul maternel. Grandpère du côté de la more.

— Par oxt. Un dos ancêtres, lo chef d'une race : Il n'est

nu pouvoir de personne d'avoir eu un aïeul qui se soit rendu célèbre il y a trois ou quatre cents ans,

— Notre premier aïeul, Adam.

— Par compar. Se dit do ceux qui ont devancé los autres dans une profession, uno entreprise, une idée, otc. : lienaudot a été I'aÏhvl des journalistes.

— Gramm. Ce mot a deux pluriels, aïeuls ot dieux. Aïeuls se dit lorsqu'on veut désigner particuliôromont, uniquement, los deux grands-pères. Aïeux sort à désigner les ancêtres en général ; Une seule vertu vaut mieux qu'un siècle d'jiïKUX. (Lo roi Stanislas.)

Le mérite tient liou des plua noble» aïeux.

Destouciies.

— Par ext. Ceux qui ont vécu avant nous, dans notre patrie : C'était la mode chez 7io8 aïeux.

— Fam. Il est allé voir ses aïeux, Il est mort.

— Prov. littér. :

Qui srrt bion son pays n'a pas besoin tl'alewr. Vers de Voltaire. V. pays.

— Syn. Aïeux, ancêtres, pères. Ces trois mots désignent ceux de notre nation qui ont existé avant nous, et do qui nous descendons sans être précisément de la môme famille. Ces expressions diffèrent en co qu'il se trouve entre elles une gradation d'ancienneté; de manière que le siècle de nos pères a touché au nôtre, que nos aïeux les ont devancés, et que nos ancêtres sont les plus reculés de tous. On emploie plus particulièrement lo mot pères quand on veut exprimer la transmission, dans une famille, d'un caractère, d'une qualité physique ou morale, etc.

AÏEULE (rad. aïeul) n. f. Grand'mère. n Aïeule paternelle, Grand'mère du côté du père, il Aïeule maternelle, Grand'mère du côté de la mère.

— Par ext. Se dit pour désigner des femmes du temps passé : La mode revient aux chansons de nos aïeules.

— Fig. ; L'économie politique a été /'aïeule dxL socialisme. (L. Veuillot.)

AiFFRE (Raymond-René), peintre français, né à Rode/ ou 1806, mort à Paris en 1867. Cet artiste a exécuté des peintures religieuses allégoriques, des portraits et des tableaux de genre dont les plus connus sont : l'Enfance d<. Poussin (1845) ; Il n'jj a pas de rose sans épines (1846).

AiFFRES, comm. des Deux-Sèvres, arr. et à 6 kil. dn Niort, sur la Guirande, affluent de la Sèvre Niortaisc; 970 hab.

AIGAIL ou AIGUAIL (ga-i, et II mil. — rad. aiguë, eau' n. m. Nom que, dans les vocabulaires de la chasse, on donne aux petites gouttes de rosée : /.'aigail ôle au chien de chasse la finesse de son flair.

AIGAIRE {ghè — rad. aiguë, eau) n. m. Rigole large et profonde, séparant les billons et servant à faciliter l'écoulement des eaux : On pratique Z'aigaire dans les terrains gras, peu perméables à l'eau.

— Encycl. Cette pratique donne au champ une surface inégale qui empêche l'emploi do certains instruments perfectionnés, comme la moissonneuse mécanique par exemple. L'assainissement des terres humides par le drainage permet de substituer le labour à plat aux systèmes des aigaires.

AlGALADES ou 'AygaladeS (Les), fleuve côtier de Franco, qui descend du plateau de la Viste et se jette ilaiis !'• golfe de Marseille à Arenc, après avoir arrosé un joli vallon où se trouve le village appelé Les Aigalades (Bouches-du-Rhône), cant. et à 6 kilom. de Marseille; 1.080 hab. Le château du roi René est sur le territoire de ce village.

AIGEON (corrupt. d'agneau) n. m. Nom donné quelquefois aux agneaux pour lesquels la mère montre de l'antipathie et qu'elle refuse d allaiter ; Il n'y a guère qu'un AIGEON sur cent agneaux. (E. Sue.)

AIGLAT {la) n. m. Aiglon, petit de l'aigle. (Vieux.) AIGLE (du lat. aquila) n. des deux genres. L'un des plus grands et des plus puissants oiseaux de proie diurnes :/.es aigles habitent les rochers sauvages et escarpés.

— Aigle est du masc. : 1" quand il désigne en général l'oiseau qui porte ce nom :

X'aigle est fier ; Z" nuand il désigne un homme de génie, un homme supérieur par son esprit, ses talents : Napoléon P' fut un

AIGLE. Ai^lo

est du féminin ;

10 quand il désigne la femelle de l'oiseau : Z-'aigle est remplie de tendi'esse pour ses petits; Z" en termes de blason et dans le sens d'étendard, enseignes militaires : Plusieurs aigles furent prises par les ^.

Germains après la défaite de // i// >^/ /A'r^js Varus. (Cependant, on dit : /' ^^fJ ^^^% L'aigle blanc de Pologne; l'.w- ^^^«v^ ^^\j OLE noir de Prusse.)

— Représentation d'un aigle on cuivre ou en bois dont les ailes étendues forment un lutrin, un pupitre de chœur ; ChaïUer à /'aigle.

— Enseignes de quelques nations , surmontées de la figure d'un aigle : Gei-Tuanicus porta les aigles romaines

aux rires de l'Elbe. (Chateaub.) n Aiqles françaises. Xos aigles, Armes du premier et du second Empire français

/une aigle tenant un foudre dans se» î»crre»). U L'afgle germanique, L'empire d'Allemagne.

— Ce n'est pas un aigle. Se dit souvent d'un homme qui n'a (ju'uno intoUi^onco bornée. Il Avoir des yeux d'aigle. Avoir dos yeux vifs ot perçants, il Avoir une vue d'aigle, un regard, d'aigle, un coup d'aril d'aigle. Avoir une grande pénétration d'esprit, des vues do génie, u Crier comme un aigle, Crior d'une voix aigué, perçante.

— Vaigte de Pathmos, Saint Jean l'Evangélistc. parce qu'il composa l'Apocalypse dans l'iledo Pathmos. (Laijglo est aussi l'attribut de cet évangélistu.) ii L'aigle des doC' leurs de la France, Surnom donné au célèbre théologien Pierre d'Ailly, à cause de ses profondes connaissances en théologie. Il L'aigle de Meaux, Bossucc, évéque do Meaux, à cause do son éloquence.

— En poésie, le mot aigle est souvent remplacé par diverses périphrases : Le rot des oiseaux, le roi des airs. L'oiseau de Jupiter. L'oiseau royal. L'oiseau de Ganymède. L'oiseau qui porte le tonnerre. Le ministre ailé du roi des dieux, otc.

— Alchim. Aigle blanc, Morcuro doux, n Ai/jte noir, Es- I>rit de la cadmic vénéneuse, appelée cobalt, u Aigle céleste, ïsorto do panacée, préparée avec le mercure réduit en essence. Il Aigle de Vénus, Safran composé do vert-de-gris, au moyen d'un feu de réverbère, auquel on ajoute du sol ammoniac, quelquefois sublimé. W Aigle volante. Mercure sublimé, u Aiyle étendue, Sel ammoniac sublimé, ii Nom que l'on donnait au protochloruro de mercure et à Thydrochlorate d'ammonium.

— Astron. Constellation do l'hémisphère septentrional, située entre lo Serpentaire et lo Dauphin.

— Blas. Figure héraldioue. L'aigle est représentée vue do face, la tôte tournée do profil vers la oroitc, les ailes étendues ou parfois pendantes (abaissées). Elle est dite bicéphale, quand elle a deux têtes; éployée, quand les ailes sont ouvertes; becquée, lampnssée, membrée, suivant que son her, sa lariLTM**, ses patios, sont d'un ^niail

Ailles héraldiq

différent; contouméej quand la tôle regarde à gauche ; couronnée ou diadémée, si elle porte couronne ou diadème ; essorante, quand elle semble devoir s'envoler ; essoré':'.

représentée au vol ; au naturel. quand elle est figurée vue de profil, ou avec sa tête de face comme sur les armoiries de Napoléon. L'aiglo apparaît comme emblème souverain au xvo siècle (Sigismond, 1410), et devient le signe du Saint-Empire que l'on joint, à Aix-la-Chapelle, aux ornements du tombeau de Charlemagne. Cette aigle est à deux tètes. Symbole de l'Empire, elle est prise par la R-ussie au xviii" siècle ( Pierre -le - Grand, 1721 1; elle sert de support àl'écu de l'Empire d'Autriche. L'aigle

de Prusse (Pologne, Prusse, Sagan) a uno seule tête. L'aigle adoptée par Napléon I" n'a aucun caractère héraldique ; elle est représentée au naturel d'après un dessin d'Isabey, emprunté aux aigles des tombeaux àes Visconti, qui ressemblent à des aigles de lutrin. Dans les armoiries particulières, l'aigle à une ou deux têtes est employée dès les croisades.

— Bot. Aigle impériale. Espèce de fougère du nord de l'Europe, ainsi appelée parce que sa racine , coupée transversalement , rappelle la figure d'une aigle à deux têtes,

— Comm. Papier grand-aigle, ou simplement Grand-aigle. Papier d'une très grande dimension (environ !"■, 06 sur 0", 75), que l'on emploie surtout pour les cartes géographioues et les tableaux synoptiques, u Les cartonnters appellent aussi grand-aigle le plus grand format des feuilles de carton, ii Papier petit-aigle. Papier un peu moins grand que le papier grand-aigle (environ 0'»',94 sur 0", 601.

— IchtyoL Aigle, et Aigle de mer, Nom volgaire des raies de la famille des mvliobatidés ou mourines, ainsi appelées à cause de leurs larges nageoires pectorales.

— Iconogr. et symboliq. L'aigle est prise comme symbole de force, de puissance, de hauteur, il Attribut de saint Jean l'Evancéliste. Il S^inbole de la résurrection chrétienne. (Elle devient commune sur les écus des chevaliers, au moment des croisades, comme signe d'intrépidité et de courage.)

— Métrol. Monnaie d'or des Etats-Unis, qui porte 1 effigie d'un aigle. Elle vaut 51 fr. 83 c. do notre monnaie. Il y a aussi le double aiqle valant 103 fr. 65 c. le denunf/?;e valant 25 fr.îtl c.,ct le quart d'aigle yalani 13 fr.05 c. Le double aigle équivaut à 20 dollars.

— Miner. Pieire d'aigle, L'actite. V. ce mot.

— Moll. Aigle royal. Nom vulgaire d'une coquille terrestre du genre bulime.

— ProvV L'aigle ne chasse point aux mouches, L'homme supérieur dêdaicne les bagatelles, ne descend point aux petites choses. ^(V. aqt.ila non capit mlscas.) ii L'aigle n'engendre point la colombe, C'est la nature, les qualités ou les défauts du père, et non auue chose, que l on retrouve chez le nls.

Aigle de l'Empli

AIGLEFIN - AIGRETTE

ORDRES DK CHEVALERIb:

Aigle blanc, Ordre russe, fondé par Wladislas IV (1325). Restauré Sar Auguste II (nOo), il cessa d'être conféré par suite de 1 annexion au territoire russe d'une partie de la Pologne. Alexandre I" le rétablit (1815), et le réserva tout d'abord aux services rendus au « royaume de Pologne ». — C'est le troisième des ordres russes ; il vient après ceux de Saint -André et de Saint- Alexandre-Nevski. Une seule classe : grand cordon (avec plaque) bleu foncé, auquel est suspendue une croix en émail rouge bordée d'argent.

Aigle noir. Le premier des ordres prussiens, fondé par Frédé- Ai„li i lam iR i m rie I" en 1701 , la veille de son , , j

couronnement. Croix de Malte en émail bleu bordée d or, portant au centre les initiales F. R {F7ede}tius Jlex) cordon orange. Une seule classe de chevaliers de trente, portent le grand cordon avec. une plaque au centre de laquelle est un aigle noir tenant dans ses serres une couronne de lauriers.

En costume de cérémonie, les chevaliers ont un grand manteau de velours rouge et un collier (le costume créé par Frédéricl"ne se porte plus); les reines de Prusse ont parfois reçu cet ordre.

Frédéric I" avait choisi la couleur orange en souvenir de sa mère, née princesse d'Orange. Ait'le umi-

Aigle rouge, Ordre prussien, immédia- (AUema"ue). tement inférieur à l'Aigle noir. Créé par Georges Guillaume, margrave de Bayreuth, il fut confirmé comme ordre prussien en 1790 par Frédéric-Guillaume II, après la réunion du margraviat à la Prusse et réglementé de nouveau en 1861. L'ordre comprend cinq classes : des grands-croix, des grands officiers, des commandeurs, des officiers et des chevaliers. La décoration est une croix en émail blanc bordée d'or et portant au centre, d'un côté, l'aigle rouge ; de l'autre, figurent les initiales F. W. qui signifient Frédéric-Wilhelm.

Le rnban est Diane, avec une raie orange sur chaque bord.

Aigle d'Esté, Ordre fondé en 1855 par François II, duc de Modène; cessa d'être conféré par suite de l'annexion du duché de Modène.

Aigle blanc. Ordre fondé en 18S3 par le roi Milan I» premier en date des ordres serbes. Ciuq classes. Ruban rouge liséré de bleu.

Aigle mexicain. Ordre fondé en 1865 par Maximilien et qui disparut avec ^,. v ,

l'empire éphémère fondé au Mexique ^'iz0:ir.

par l'archiduc d'Autriche. ,,^ ' - -

— Aigle de Saint-Michel, Ordre mili- ,, taire portugais, fondé en 1711, par le /;,', roi Alphonse Henriquez. i '

— Gran(iaio/e, Nom primitif du grade I' de la Légion d'honneur que l'on appelle l aujourd'hui grand'croix.

— Encycl. Ornith. Genre d'oiseaux ' '\.,yj,/ rapaces, famille des accipitridés, sous- vi %'# famille des aquilinés, de très grande ^i<,,ç y^^^ (gj^bic). taille, à vue perçante, à vol rapide, de

formes robustes, à longues ailes arrondies au bout et à bec long, droit à la base, sans échancrure. Les pieds des aigles sont emplumés jusqu'à la naissance des doigts. Habitent les régions montagneuses du globe. Vivent par couples et se nourrissent d'animaux vivants, ou même de corps morts. Nombreuses espèces : aigle fauve ou doré, ou royal (aquila chrysaétos), brun chocolat avec du jaune â la tète et aux pattes ; longueur : 90 centimètres, envergure : 3 mètres (hautes montagnes d'Europe et steppes de la Russie), s'aventure parfois dans la France centrale ; attaque les chèvres, les chamois, les bouquetins, les moutons ; on en a même vu enlever des enfants. Aigle impérial [aquila lieliaca), plus petit ; plumage marqué de blanc, surtout à la nuque, bec bleuâtre, noir à la pointe (Europe méridionale et orientale, Asie, nord de l'Afrique) ; aigle criard {aquila clanga), à peine 2 mètres d'envergure ; petit ; couleur fuligineuse ; nombreuses variétés répandues dans les régions accidentées de l'Europe, l'Asie et l'Afriquo moyenne. Des formes fossiles e.xisieiit dans les brècnes osseuses de Sardaigne.

— Aigle pécheur, v. pygakgde. n Aigle bateleur, v. hélo- T.iKSE, et les mots circaète (pour aigle Jean le Blanc et pandion), haliaète, etc. il Aigle autour, v. haliastur, balnuZARD, orfraie, etc.

AIGLEFIN (ou .«GLEFIN), AIGREFIN (ou «GREFIN). n. m. Poisson du genre gade, voisin des morues, mais plus petit. On le pêche dans les mers du nord. V. morue.

AiGLER (Bernard), cardinal français, né à Lyon, mort en 1282. Il entra dans l'ordre des bénédictins, puis devint abbé du Mont-Cassin. Aigler reçut du pape Clément IV le chapeau de cardinal. Ou a de lui une Exposition de la ri'gte de saint Benoit et quelques livres ascétiques, notamment le Miroir des moines.

AIOLETTE (rad. ail/le) n. f. Nom donné aux aigles mises en nombre sur un écu. n On dit aussi aiglon, et aiclat.

h'aigliau est l'aigle jeune, sans serres, sans bec.

— Éncycl. Les aiglèttes sont ordinairement au nombre do trois au moins. Quelquefois, on appelle aiglel/e une aigle seule, quand elle est posée sur une pièce honorable, et qu'elle n'occupe point la partie la plus apparenie de l'écu. Famille La Trémoille : d'or, au chevron de gueules accompagné do trois aigletles d'azur, becquées etmembrées de gueules. V. alébion.

AIGLITE (de Laigle [Orne], et du gr. lilhos, pierre. — L'orthogr. étymol. "serait aigeithe) n. f. Nom donné par Stau. Meunier a un type de roche météoritique pierreuse {sporadosidére oligosidére), de structure grésiiorme. On re-

trouve ce type dans les matériaux de plus de quinze chutes différentes.

AIGLON, ONNE n. Petit de l'aigle : L'aigle noun-it de chair ses aiglo.ns. . , ,

— Fig. et iron. Celui qui, sans avoir les talents nécessaires, veut s'élever trop haut dans une science, dans un

— EnT. de blas. Aiqlons se dit de plusieurs aigles figurées sur un mémo écu.' il On dit aussi aiglats et aiglèttes.

— Adj . Qui appartient à l'aigle, à sa race, à sa famille : /.a gent aiglonne.

AIGLURE (rad. aigle) n. f. Taches rousses sur le plumage d'un oiseau do proie : Faucon bigarré ^'aiglubes.

AiGNAN, ch.-lieu de cant. (Gers), arrond. et à 39 kilom. de Mirande ; 1.517 hab. Ce fut un instant la résidence dos comtes d'Armaçnac au moyen âge. Le canton a 13 communes et 6.629 nab.

AiGNAN (Etienne), littérateur français, né en 1773 i Beaugency (Loiret), mort à Paris en 1824. Il fut aide des cérémonies de Napoléon 1" et succéda, en 1814, à Bernardin de Saint-Pierre à l'Académie française. On lui doit des tragédies : Pohjxéne (1804), Brunehaut (1811), Arthur de Bretagne (1816), une traduction en vers de l'Iliade, des Extraits des Mémoires relatifs à l'histoire de France depuis 1767 jusqu'à la Révolution (1825), avec de Norvins.

AiGNAY-LE-DUC (lat Agnaium), ch.-l. de cant. (C6tedOr), arr. et à 33 kilom. de Châtillon-sur-Seine, sur la Cociuille, sous-affl. de la Seine par le Revinçon; 811 hab. Le canton a 16 comm. et 3.816 hab. — Aignay-le-Duc était, au xviu" siècle, une prévoté ressortissant au bailliage do Cbâtillon.

AiGNER (Joseph Matthâus), peintre, né en 1818 à Vienne, où il se suicida en 1886. Elève d'Amerling, il s adonna spécialement et avec succès à la peinture de portraits (portraits des poètes Lenau et Grillparzer, de l'empereur François-Joseph et de l'impératrice Elisabeth, ilu compositeur Rubinstein). Il a illustré aussi des contes. Kn 1848, il avait été condamné à mort, pour agitation politique, puis gracié.

AlGOUAL, anc. Marcha Algoaldi, nom d'un petit massif des Cévennes, entre le Gard et la Lozère, duquel partent les vallées du Gardon et de l'Hérault vers la Méditerranée, et celles de la Jonte, du Tarnon et du Tarn vers l'Océan. Son principal sommet est le pic de l'Aigoual ( 1 .567 m.), sur lequel on a construit, suivant les indications du colonel Périer, un observatoire météorologique, important par sa situation au nœud de la liaison météorologiaue entre la France du nord et celle du midi, au point le plus arrosé du pays, dans une région de l'air où les conflits des vents sont incessants et terribles.

— BiBLioGR. ; Martel, les Cévennes (Paris, 1889), ch. xv, " l'Aigoual ".

AÏGOUN, ville do Chine (Mandchourie), sur l'Amour, à 35 kilom. en aval de la ville russe de Blagovechtchensk ; 15.000 hab. Marché central des nomades de la province septentrionale et chef-lieu de tout le district amourien de la Mandchourie, considéré comme capitale par tous les Mandchoux et les Chinois de la rive sibérienne. Là fut conclu (16/28 mars 1858) le traité qui céda officiellement à la Russie la rive gauche de l'Amour, depuis l'Aïgoun jusqu'à la mèr.

AIGRE (du lat. acer, aigu) adj. Qui est acide, piquant au goût : Fruits AIGRES. Cerises aigres. Pommes aigres. Il Qui s'est corrompu, qui a acquis une certaine âcreté ; Lait aigre. Vin aigre. V. vin.

— Par anal. Vif, saisissant, en parlant de l'air, du vent, etc. : Vers la fin de l'automne, le froid devient aigre.

Il Aigu, rude, perçant, en parlant des impressions produites sur l'ouie : Voix aigre. Sons aigres. Il Qui manque de liaison, d'harmonie ; qui n'est pas bien nuancé, en parlant des couleurs, du ton, etc. : Couleurs aigres.

— Fig. Rude, sévère, désagréable, en parlant des choses : Humeur aigre. Esprit aigre. Style aigre. Départie AIGRE. Il Revêche, acariâtre, en parlant des personnes : Les femmes sont ordinairement plus aigres et plus colères nue les hommes. (Amyot.)

— Pop. Etre aigre comme rerjus, comme citron vert. Se dit d'une personne très acariâti*e.

— En T. de techn. Qui n'est pas ductile, malléable ; qui est sec, cassant et se brise sous le marteau lorsqu'on veut le travailler : Le fer et le cuivre aigres renferment des traces de soufre et de phosphore. Il Se dit des pierres dans un sens analogue : La pieire siliceuse est singulièrement âpre, aigre, cassante. (Michelet.) Il Se dit des terres marneuses difficiles à cultiver, qui durcissent par la sécheresse et se transforment en marais dans les temps de pluie.

— n. m. Goût, odeur aigre : Le vin débouché tourne à /'aigre. Il On dit de même : Un goût d'aigre, une odeur d'aigre.

— Par anal. : Il g a encore de l'aigre dans lair. Le temps n'est pas encore adouci.

— Sorte de liqueur agréable à boire, faite avec du jus do cédrat, de limon ou de bigarade, de l'eau et du sucre : Aigre de cédrat. Aigre de lïhion. Aigre de bigarade, il Suc exprimé de citrons à demi mûrs, préparé en grand dans les environs de Gènes, et employé en parfumerie.

— Syn. Aigre, acerbe, acide, acrimonieux. V. acerbe.

— Anton. Doux, sucré, mielleux.

Aigre, ch.-lieu de cant. (Charente), sur l'Houme, affluent de la Charente, arrond. et à 22 kilom. do Ruffec ; 1.453 hab. Distilleries d'eau-de-vie dite » de Cognac ». Le canton a 16 comm. et 9.185 hab.

AIGRE-DOUX, ca: adj . Qui a un goût mêlé d'aigre et de doux : Fruits aigres-doux. Oranges, cerises aigres-douces.

— Cidre aigre-doux. Vieux cidre (|ue l'on a passe sur du marc nouveau, afin d'adoucir son aigreur.

— Fig. Dont l'aigreur se fait sentir sous une apparence de douceur : Paroles .ugbes-douces. Style aigre-doux.

— Substantiv. : L'aigre-doux, Ce qui est aigre-doux.

Je vous dirai, monsieur, que j'ai vu le jaloux. Qai m'a reçu d'un tua qui tient Je î'uiQredoux.

Reqnard.

Il .Se dit aussi des personnes dont l'humeur aigre se couvre d'une apparence de douceur : Les aigres-doux sont déplaisants. (Peu usité.) AIGREFEUILLE (Charles d'), ecclésiastique français,

né à Montpellier en 1668, mort dans cette ville en 1743, auteur d'une Histoire de la ville de Montpellier (Montpellier, 1737-1739); réimprimée de 1878 à 1882 (Montpellier).

AIGREFEUILLE, ch.-lieu de cant. (Loire-Inférieure), non loin de la Maine, arrond. et à 19 kilom. de Nantes; 1.390 hab. {.iigrefeuillais.) Le cant. a 7 comm. et 13.929 hab.

AlGREFEUILLE-D'AUNIS, ch.-lieu de cant. (Charente- Inf ), arrond. et à 20 kilom. deRochefort; 1.619 hab. (Aigrefeuillais.) Distilleries d'eau-de-vie, dite aigrefeuille. Bifurcation des voies ferrées (Etat) de Poitiers à La Rochelle et à Rochefort. Le canton a 11 comm. et 8.677 hab.

AIGREFIN n. m. Homme adroit et rusé qui vit d'industrie : Gardez-vous des aigrefins. Il Le mot aigrefin, dans ce sens, ne semble pas antérieur au règne de Louis XIV.

— Ichtyol. V. AIGLEFIN.

AIGRELET (W), ETTE adj. Légèrement aigre, un peu aigre ; Le fruit de l'épine-vinette a un petit goût aigrelet. Il Fig. et fam. Se dit du ton, des manières, des discours qui marquent quelque chose de piquant : Humeur aigrelette.

AIGRELIER (U-é — rad. aigre) n. m. Nom vulgaire do l'alizier des bois.

AIGREMENT adv. Avec aigreur.

AIGREMOINE (du gr. argémônê; de argémos, taie, parce que celle plante passait pour guérir les taies de l'œil) n. f. Genre de plantes de la famille des rosacées, tribu des potériées. Une de ses espèces, Yaigremoine eupatoire, remarquable par ses fleurs jaunes, est commune dans nos campagnes. On l'emploie en médecine comme astringente

Aigremoine.— A, fleur ; B, fruit.

i'AiGBETTE du héron, orne de

et vulnéraire.

AIGREMORE n. m. Charbon pulvérisé de bois tendre, dont se servent les artificiers pour leurs préparations pyrotechniques.

AIGRET igré), ETTE adj.

Un peu aigre : Fruit aigret.

AIGRETTE (du gr. akros, cime) n. f. Faisceau de plumes effilées et droites qui orne la tête de certains du hibou.

— Par compar. Bouquet de plumes parfc pierres précieuses ou de perles, (lui orne certaines coiffures de femmes et d'hommes : Turban surmonté d'une aigrette, il Ornement analogue placé sur les dais, les lits de parade, et sur la tète des chevaux dans les grandes cérémonies, particulièrement dans les cérémonies funèbres, il Sorte de pompon qui surmonte les coiffures militaires : /.'aigrette d'un shako, d'un colback.

— Aigrette de verre, Sorte d'ornement composé de fils de verre droits et fins. Il Aigrette d'eau, Petit jet d'eau présentant la l'orme d'une aigrette.

Il Aigrette de fumée. Petite colonne de fumée.

— Blas. L'aigrette, espèce de héron, est, en signe héraldique, nommée sakfbe ; mais on entend aussi par .. aigrette » le héron ordinaire. V. héron et saffre.

— Bot. Nom donné à la réunion des poils ou des appendices de formes variées qui couronnent le fruit ou accompagnent la graine, dans les composées, les dipsacées, les valérianées . les apocynées,

les asclépiadées, etc. Suivant sa nature, on distingue l'aigrette en soyeuse, plumeuse, inembi'aîiettse, écailleuse, etc.

C'est un organe de dissémination ; c'est par Vaitjrette que certains fruits peuvent être transportés par les vents à de grandes distances.

— Conchyl. Aii/rette blanche. Nom vulgaire donné à la coquille d'une espèce de volute.

— Electr. Aigrette lumineuse. On appelle ainsi un faisceau de rayons lumineux, divergents entre eux, d'une teinte violacée, qui se forment aux pointes et aux extrémités anguleuses des corps élcctrisés. On ne les obsorvo que dans l'obscurité.

— Entom. Petits bouquets de poils disposés en toufi'es sur le corps de certains insectes ou de certaines larves.

— Ichtyol. Poisson des mers du sud , ainsi nommé a cause d'un appendice qu'il a au-dessus des yeux.

— Ornith. Genre d'oiseaux échassiers, voisins des hérons, renfermant de nombreuses espèces répandues sur tout le globe, et caractérisées par les faisceaux de plumes déliées qui, à l'époque des amours, se développent sur le dos des mâles.

— Encvcl. Ornith.

La plupart des aigrettes sont blanches, quelques-unes rousses. La plumassorie fait un important commerce des plumes d'aigrettes mâles; les plus estimées sont celles d'un

blanc pur et recour- ,

bées que l'on nomme de ta crosse : elles valent jusqui 4.000 francs et plus le kilogramme. On les prend sur des

cuardon.

algrottos des régions tropicales, surtout on Amériqtio du Sud ; on a pu en élever on Tunisie pour lo commorco des plumes. Lo genre aigrette est scientifiquement divisé en heriodas, egrftta ou aigrette proprement dite, budnfcus (ou gardo-bœuf).

— Electr. On obtient do très bollos aigrettes en plaçant dans lo voisinage d'une machine électrique un conducteur isolé offrant une grande surface. Il est à. remarquer que les aigrettes etPrent une forme différente suivant qu'elles sont duos à un écoulement d'électricité positive ou négative : celles qui sont duos à l'électricité positive s'épanouissont bien plus que les autres. La manitestation dos aigrettes est toujours accompagnée d'un bruit sourd, ce qui suffirait à démontrer leur discontinuité, phénomène qu'on a vérifié avec lo miroir tournant do Whoatstono. — Ce qui distingue l'aigrotto do l'étincoUo, c'est que l'aigrette no laisse écliapper qu'une faible fraction do l'électricité du conducteur. D ailleurs, l'une et l'autre so produisent à la mémo distance, ot la transformation dos aigrettes en une succession d'étincoUos paraît no dopondro que de l'augmontation du débit de la machine ou do la capacité des conducteurs, ot non de l'accroissement dos différences do potentiel.

AIGRETTE, ÉE adj. Qui porte une aigrette : Graine

AlC.RKTTKi;.

AIGREUR n. f. Qualité do ce qui est aigre : Ce vin. ce lait api-is de Taigreur.

— Big. Disposition d'osprit ot d'humeur qui porto à faire ou à dire dos choses piquantes ot blessantes : La douceur vient à bout de résistances que Taigrkur rend invincibles. (La Rochef.) il Mots piquants, mordants : Il me vient encore des AIGREURS au bout de ma plume. (M"" de Sév.)

— Amertume d'un sentiment, d'une passion : Z'aigreur de la jalousie, d'une perte. Combien d aigreurs naissent sur tin mot, sur l'oubli de quelques égards! (Turgot.) L'ai- GREUR de Féneloyi contre liossuet se dissimulait sous des dehoi'S souriants et calmes.

— Grav. Défaut d'harmonie dans le degré du fini : Figurr dans les traits de laquelle il y a de I'mqrmtjr. il Au pi. Tailles où l'eau-forte a trop mordu ou mordu d'une manière disproportionnée.

— Méd. Sensation désagréable causée dans la région épigastrique par les renvois acides de l'estomac. S'empl. plus ordinairement au plur. : Avoir, éprouver des aigreurs. (Pour les combattre, on emploie le plus souvent la magnésie calcinée, le sel do Vichy ou bicarbonate de soude et toute substance alcaline.) V. pyrosis.

— Syn. Aigreur, âcreté, acrimonie. V. ÂCRETB.

AIGRIETTE uu AIGRIOTTE {rad. aigre) n. f. Espèce de merise. V. agriotb.

AIGRIN n. m. Nom donné par les horticulteurs à de jeunes poiriers ot pommiers, à cause de l'aigreur de leurs fruits.

AIGRIR v. a. Rendre aigre : L'air aigrit le vin.

— Fig. Rendre plus amer, plus pénible, plus douloureux : Les consulaHons indiscrètes ne font (/k'aigrir les violentes afflictions. (J.-J. Rouss.) il Indisposer, irriter :

Si le mal voua aigrit, que le bienfait vous tourhe.

Racine.

— v. n. Devenir aigre : Le vin mgrit prompt ement dans les tonneaux où pénètre l'air.

S'ai^tir, V. pr. Devenir aigre : Boisson qui s'aigrit.

— Fig. S'irriter : L'orgueil est toujours hautain, impatient, prêt à s'aigrib. h S'aggraver : Ressentiment qui s'aigrit.

AIGRIS5EMENT n. m. Action d'aigrir, résultat de cette action : Z-'aigrissement du vin, du lait, w S'empl. rarem. au lig. : Zaigrissement rfes espî'iis.

AIGU, UË (du lat. acutus; formé de acuere, aiguiser) adj. Terminé en pointe : L'arme de l'espadon est aigué.

— Par anal. Clair et perçant, en parlant des sons de la voix : La marmotte fait entendre un sifflement aigu.

— Fig. Subtil, piquant, mordant : Plus un mauvais mot est aigu, plus il pénètre en nos cœurs. (S. Franc, de Sales.) il Cuisant, cruel, profond : Chagrin aigu. ",:"

— Ane. musiq. Notes aiguës. Expression par laquelle on désignait l'étendue des notes comprises depuis le la, sur la cin- ^ :.^', quième note de la basse jusqu'au sol, sur la dernière ligne du violon, n Substantiv. :

Vaigu, Son très élevé de l'échelle musicale. 11 s'opposo au mot grave .-Monter du grave à i/aigt.

- Géom. Angle aigu, Angle mesurant moins de quatrevingt-dix degrés, c'est-à-dire plus petit que l'angle droit.

— Gramm. Accent aigu. Accent incliné de droite à gauche, et qui se place sur la plupart des é formés, il E aigu, L'é qui est surmonté d'un accent aigu.

— Hist. nat. Se dit, en parlant des animaux et des plantes, de toutes les parties qui sont terminées en pointe.

- Pathol. S'applique aux douleurs vives, aux maladies à marche rapide : Douleurs aiguës. Affection aiguë.

— Prosod. Dans la langue espagnole. Vers aigus,YeTS qui finissent par des mots accentués sur la dernière syllabe.

— Encycl. Méd. Le mot aigu a une double application en médecine. On dit douleur aiguë par opposition à douleur sourde; maladie aiguë par opposition à maladie chronique. Une douleur est aiguë lorsqu'elle est intense, vive, pénétrante. On appelle maladies aiguës celles dont l'invasion est brusque et çiui parcourent promptement leurs périodes ; selon leur durée, on les dit subaiguës, aiguës, suraiguës. Les maladies chroniques sont celles qui, se perpétuant, acquièrent une sorte de régularité. Une maladie aiguë pent devenir chronique, et une maladie chronique peut présenter des phases aiguës.

— Anton. Emoussé, épointé, mousse, obtus. — Grave ou bas (son), sourd (bruit), chronique (maladie).

AIGUASE {qa — rad. aiguë, eau) n. f. Lieu où se trouve l'eau douce que les embarcations vont chercher pour un navire, il Se disait autrefois pour cotte eau elle-même.

AIGUADIER (ga-dié — rad, aiguë, eau) n. m. Employé chargé de la surveillance et do la distribution des eaux d'un canal entre les propriétaires riverains.

AIGUAGE iga — rad. aiguë) n. m. Ancienne servitude qui donnait le droit de conduire de l'eau à travers le fonds

d'antrni sur lo sien ot, à cot effet, d'appuyer un tuyau au cours d'un ruisseau pour on dériver l'eau, ii On dit aussi Aii;A(if-: ot AiGUt-:KiK.

AIGUAIL n. m. Chass. V. Air.Air,.

AIGUAYER {ghè-ié — rad. aiguc) v. a. Baigner, laver dans l'eau.

— Aiguayer un cheval, Le faire entrer dans la rivière jusqu'au ventre, ot l'y promener pour lo laver ot lo rafraîchir, ii Aiguayer au linge, Lo laver ot lo remuer quoique temps dans l'eau avant do lo tordre,

AIGUE (du lat. aqua, oau) n. f. Eau, dans le vieux français. !! Cotto forme est restée dans plusieurs noms do villes : Aj'.y«esmortes, Aiguei)erse, Ciiaudesa/^MC.?, etc., et dans plusieurs mots do la langue usuelle, comme aiguière, aiguade, etc. n Les littérateurs l'emploient encore do nos jours : Le regard de Frédérigue, doré dans ses yeux d'MQVEmarine. (Alph. Daudet.)

AlGUEBELETTE, village de Franco (Savoie), arrond. et à 17 kilom. de Chambéry ; 235 hab. Au N.-E. de ce village se trouve le petit lac du mftme nom, le quatrième lac do Franco, par 374 métros d'altitude ; profondeur maximum : 71 mètres.

AlGUEBELLE (lat. Aqua /îe^^a), ch.-!. de cant. (Savoie), arrond. et à 34 kil. de Saint-Jean-de-Maurionno; 945 hab. (Aiguebellams.) Français et Esi)agnols y battirent le duc de Savoie on 1742. Les Français y battirent les Autrichiens en 1814. Le canton a 12 comm. ot 9.353 hab.

AlGUEBELLE (Paul-Alcxandre Neveue d'J, marin français, né en 1831, mort à Paris en 1875. Envoyé en Chinn en J862, il fut attaché, en qualité de lieutenant, à un petit corps d'armée composé de Français et de Chinois. Il en reçut bientôt le commandement en chef et battit les Taïpings. Lo gouvernement chinois lui proposa d'organiser sa marine à l'européenne. D'Aiguebelle v consentit, créa l'arsenal maritime de Fou-Tchéou, et y îit construire des navires de guerre. En récompense de ses services, l'empereur Toung-tchi le nomma grand amiral.

AlGUEFONDE, comm. du dép. du Tarn, arrond. et à 23 kilom. de Castres; I.e2t3 hab.

AIGUE-MARINE n. f. Variété commune d'émeraude, d'un vert bleuâtre : L aigue-marine se trouve en Sibérie.

— Par compar. Qui est d'une couleur tirant sur le vert, comme l'aigue-marine : Prunelles ^'aiguë-marine.

— Aigue-marine orientale. Nom donné improprement à une variété de topaze bleu verdâtre, de Sibérie.

— Encycl. Les belles aigues-marines sont celles qui ne sont ni jardinées, ni déparées par des herbes, c'est-à-dire celles où l'on ne remarque ni tissures, ni glaces, ni portions presque opaques. Néanmoins, leur valeur est toujours bien mférieure à celle des émeraudes.

AlGUEPERSE {lat. Aqua Sparsa), ch.-l. de cant. (Puyde-Dôme), arrond. et à 17 kilom. de Riom ; 2.325 hab. Aux

capitale du duché de Montpensier a joui de bonne heure des privilèges municipaux et possède une église intéressante (Notre-Dame). C'est la patrie de l'ambassadeur Charles de Marillac, du chancelier Michel de L'Hospital et du poète Delille. Le cant. a 12 comm. et 11.554 hab.

AlGUESMORTES (lat. Aqux Mortux ; provenç. Aygas Mortas), ch.-l. de cant. (Gard), arrond. et à 29 kilom. de Nîmes, situé au milieu des étangs d'Aiguesmortes, à l'extrémité occidentale du delta du Rhône ; 3.897 hab. [Aiguesmortains ou Aiguesmortais.) Saint Louis transforma Aiguesmortes, simple village, en une ville munie d'un

port ; de là, il s'embarqua en 1248 et 1270 pour ses pieuses expéditions. Saccagée par les Pastoureaux (1320) et par les Bourguignons, elle est l'endroit où se rencontrent, en 1538, François I*"" et Charles-Quint ; un peu plus tard, calvinistes et catholiques se la disputent. A partir du xviii* siècle, Aiguesmortes tombe en décadence ; son chenal n'est plus dégagé des alluvions du Rhône, et la création du port de Cette, sous Louis XIV, lui porte un coup sensible. Aujourd'hui, le port est très peu fréquenté, et la ville n'occupe pas entièrement l'enceinte de ses beaux remparts, construits sous Philippe III par Guillelmo Boccanegra. — Capitale d'une viguerie au moyen âge, Aiguesmortes est auj. ch.-l. d'un cant. qui a 3 comm. et 7.224 hab.

AlGUESVIVES, comm. du dép.

Gard, arr. et à 17 kilom. de Nimes ; 1.862 hab.

AIGUIÈRE [ghi-è — rad. aiguë) n. f.

Vase à étroite ouverture, avec anse er bec, et dans lequel on met do l'eau pour divers usages : Benvenuto ne dédaignait pas de modeler des aiguiekes.

(E. Sue.)

— Blas. Dans l'écu, l'aiguière est placée de profil, l'anse tournée à senestre.

— Encycl. h'aiguière comporte une panse développée, surmontée d'une anse ot d'un bec pei'mettant de verser commodément le liquide. On a façonné des aiguières en terre, en cristal, en verre et on matières précieuses. Celles-ci relèvent de l'art de l'orfèvre. On cite plusieurs aiguières exécutées par Bonvenuto CeUini, notamment l'ai-

AIGRETTE — AIGLILLK

guière à této do Minerve que conserve lo musée du Louvro et mii a toujours été considéréo comme sortie dos mains do (orfèvre florentin. Parfois, l'aiguière a pour support un bassin destiné à recevoir l'eau versée sur les mains des convives. Ces bassins n'étaient pas moins ornés (^ue l'aiguière; on en peut juger par lo spécimen en étain ciselô qui est au Louvro et que Ton attribue à Briot.

AIGUIÉRÉE ighî-é) n. f. Ce que contient une aiguièro

pleine ; Jeter une aiguiérbe d'eau.

AlGUILHE, village do Franco (Haute-Loircl, sur la Borne, afOuont do la Loiro, à I kilom. N. du Puy, dont il ost en réalité. Un. faubourg;' Cil hab. Au centre de ce

village s'élôvo le dyko volcanique do Saint-Michel (89 mètres), sur la platurforme duquel est construite l'égliso du mémo nom. Patrie du chanoine Haymond d'AiglilUB ou d'Agiles, historien

la première croisade (XI* siècle).

AIGUILLADE {qu-i, et IL mil.) n. f. Syn.

d'aiguillon pour piquer les bœufs attelés.

AIGUILLAGE(9U-r, et «mil. )n. m. Manœuvre des aiguilles au moyen desquelles on opère les changements de voie sur les chemins de fer.

AIGUILLAT [qu'i-a

I chien de i

Aiguillât c

[Il mil.] — rad. aiguille) n. m. Nom vulgaire de quelques espèces de squales, notamment du squale acanthias, qui lournit l'huile do foie de requin. Ils doivent leur nom  une pointe cornée placée sur le bord antérieur des nageoires dorsales. On en trouve trois espèces sur les côtes do France.

AIGUILLE i'yi(-7". et II m\l. — du lat. acicula, dimïn. do acus, pointe) n. f. Petite liçe ordinairement d'acier, déliée, ► pointue par un bout (pointe), arrondie par l'autre Itéte), qui est percée d'un trou [chas) dans lequel on passe du fil, de la lame, do la soie, etc. : Enfiler une aiguille.

— Le clocher (de Valôgnes); pointu comme une aiguillr et vitré comme une lanterne. (Barbey d'Aurevilly.)

— Sert à spécifier le travail manuel le plus ordinaire do la femme : \ ùire de /'aiguille, de son aiguille.

— Pop. Aiguille à tricoter les côtes, Epée. fleuret.

— S'emploie dans une foule de comparaisons et de locutions proverbiales : De fil en aiquille. D'une chose à une autre, de propos en propos, ii Raconter de fil en aiguille. Raconter avec ordre, longuement et minutieusement.

Il Disputer sur la pointe d'une aiguille. Elever des contestations sur des minuties, des subtilités, il Cherc/ter une aiguille dans une botte de foin. Chercher une chose très diifficile à trouver, il Ne savoir pas faire un point d'aiguille. Se dit d'une fille maladroite ou paresseuse, n Ne pas faire un point d'aiguille. Ne rien faire, n C'est un homme qu'on ferait passer dans le trou d'une aiguille. Se dit d'un homme extrêmement timide, d'un poltron, il Fournir quelqu'un de fil et d'aiguilles, Le pourvoir de tout, môme des plus petites choses.

— Archéol. Pointe d'os, ou de métal (silex, arête de

Eoisson, etc.), bref, toute pointe résistante, qui a été aftiîe, aiguisée, pour pénétrer les corps moins durs.

— Archit. Clocher en pyramide très élancée, flèche : Refaites le Paris du xv* siè'cle; regardez le jour à travers cette haie surprenante ^'aiguilles, de tours et de clochers. (Victor Hugo.) Il Obélisque : L'MGViLLEde Cléopàtre.L'AiguiLle de Saint-Pierre de Rome. Il Se dit également des ornements de pierre en forme de petits obélisques, qui surmontent diverses parties des édifices gothiques.

— Art milit. Nom donné à une espèce de broche de fer qui sert à la confection des artifices de guerre, ii Fusil à aiguille, Fusil se chargeant par la culasse, et dans lequel l'inflammation de la poudre est déterminée par le cnoc d'une fine ti^e métallique. V. fusil.

— Bot. Nom que les jardiniers donnent aux pistils, parce que le style, qui surmonte l'ovaire, a quelque ressemblance avec une aiguille à coudre, il Nom donné aux feuilles linéaires, longues et aiguës : Aiguilles de pins.

Il Aiguille de berger. Nom vulgaire donné, à cause do la forme allongée et aiguë de ses fruits, à une ombellifère du genre scandie, qu'on appelle aussi peigne de Vénus. (V. PEIGNE et SCANDIE.) Il Ai,^Hi7/e rou^e, Nom vul^airo d'un petit champignon du genre hypophyllum {agancus conicus), d'un jaune d*or, dont la saveur est fade et rebutante, quoiqu'il n'incommode pas ceux qui en mangent, il Aiguille ou Pyramide, Autre espèce de champignon, ii Aiguille tachetée. Espèce d'agaric, dont le chapeau, rose ou blanc, noircit avec l'âge, ce qui l'a fait aussi désigner sous les noms à'éteignoir, œuf à l'encre (ou encrier).

— Chass. Nom donné aux fils ou cordotts que les valets de chiens pour sanglier doivent porter avec eux, pour panser et recoudre les chiens blessés.

— Chim. Aif/uilles d'essai. Alliage d'or et d'argent en des proportions diflerentes. (On les appelle aussi touchaux.i

— Chirurg. Instrument d'acier, plus ou moins long, droit ou courbé,dont on se sert dans plusieurs opérations.

— Conchj-l. Nom vulgaire de plusieurs coquilles : Aiquille d'acier. Coquille du genre vis. n Aiguille blanche à queue. Le cérite buire. il Aiguille de tambour. Coquille du genre turritelle. il Aiguille tressée ou à révolution. Coquille du genre vis. n Aiguille dentée. Autre coquille du genre vis.

Il Aiguille à coudre. Tarière subulée. Il Aiguille à fond blanc, La turritelle repliée. ii Aiguille grenue. Coquille du genre ;>our/)re. ii Aiguille grenue à queue. Le cérite granuleux.

— Constr. Pièce de bois debout pour porter les dosses d'un

Sont. Il Lames métalliques verticales et mobiles en forme o T, juxtaposées les unes aux autres et maintenues à leurs deux extrémités. (Elles servent à conser\"er un niveau à peu près invariable de l'eau en amont d'un barrage, dans un fleuve ou, une rivière navigables.) En cliar-

guille (c harpe:

pa

AIGUILLE AIGUILLETAGE

pente, Pièce de bois verticale sur laquelle les arbalétriers viennent s'assembler. (Se nomme aussi poinçon.)

— Fauconn. Maladie causée aux faucons par des parasites s'engendrant dans leur chair.

— Géogr. Sommet d'une montagne qui s'élève en pointe aiguë et élancée.

— Géol. Nom que l'on donne à certaines formes d'érosion ou de dégradation.

— Gnomon. Verge de fer fixe marquant l'heure sur les horloges et les cadrans solaires. (On dit mieux style.)

— Horlog. Aiguille d'horloge, de pendule, de montre. Petite verge d'acier indiquant les heures ou les minutes. Il Petite aiguille^ Aiguille des heures, il Grande aiguille. Aiguille des minutes, il Aiguille de rosette. Nom donné -X cetle qui, placée sur un petit cadran, dans l'intérieur de la montre, auprès du balancier, sert à faire avancer ou retarder, il Aiguille trotteuse. Celle qui indique les secondes. — Fig. : La perte de la vie est imperceptible, c'est /"aiguille du cadran que nous ne vouons

daller. fM^^deSév.) il En poésie, Z,'aille mobile, l'airain mobile. Périphrases par lesquelles on désigne l'aiguille d'un cadran.

~- Ichtyol. Nom vulgaire de l'orphie et de quelques autres poissons de nos mers, à cause de leur forme allongée et pointue.

— Mar. A iqnille de fanal. Barre de fer AiguUles d'horloge, coudée, sur le coude de la((uelle on établit le fanal de poupe, ii Ait/uille de carène. Longue pièce de bois qui soutient la mâture d'un vaisseau lorsqu'on le met en carène, il Aiguille de ponton. Pièce de bois qui soutient le mât de ponton contre l'effort des palans de redresse. H Aiguille, Massif de charpente en pointe placé à l'avant d'un bâtiment, en saillie sur l'étrave, et servant à fendre les flots. (On le nomme aussi flkcuk.)

— Mécan. Sur les chemins de fer, Portions de rails rabotées, mobiles autour d'un point fixe, et servant à faire passer les wagons d'une voie sur une autre, il Tige de fer se mouvant sur le cadran d'un manomètre, pour indiquer avec précision le degré de pression de la vapeur dans une machine.

— Miner. Aiguilles cristallines. Cristaux aciculaires, do forme allongée et déliée, appartenant à certaines substances, telles que le sulfate simple d'alumine, qu'on ne peut jamais obtenir autrement.

— Pêch. Petit bateau léger et effilé des deux bouts.

— Physiq. Aiguille électrique. Lame de métal en forme d'5. qui, placée sur un pivot fixé au conducteur électrique, tourne avec rapidité, il Aiguille aimantée. Lame d'acier de forme variable, aimantée et soutenue par un de ses points , autour duquel elle peut tourner librement, il Aiguille de déclinaison. Aiguille aimantée , mobile dans un plan horizontal autour d'uu axe vertical, il Aiguille d'inclinaison. Aiguille aimantée, mobile dans le plan vertical du méridien magnétique autour d'un axe horizontal, ii Aiguille asiatique. Aiguille aimantée, soustraite à l'action

gnille de balance. Aiguille fi ^^. .

milieu du fléau d'une balance, et dont l'extrémité libre est mobile devant un cadran divisé. V. balanck.

— Techn. Nom donné, dans les arts et métiers, à un grand nombre de petits instruments que leur forme rapproche plus ou moins de l'aiguille ordmaire. ii Outil avec lequel les voiliers font les coutures, ii Longue broche de fer, dont on se sert pour soutenir un métier de drap.

Il Sorte d'alêne à pointe recourbée, dont se servent les couseuses pour la reliure des livres. Il Instrument diminutif de la barre à mine, et à laide duquel le mineur amorce le trou destiné à loger de la poudre pour faire sauter les rochers, il Tringle de fer employée pour dé»boucher le gréloir, dans les fabriques de cierges et bougies en cire. Etc. il Aiguille à passer ou. Passe-lacet, Aiguille sans pointe, dont se servent les femmes pour passer un lacet, un cordonnet, dans des œillets, dans une coulisse. Il Aiguille à passer les bouts. Aiguille qui porte un gros fil replié en boucle pour embrasser et tirer dans Fétoffe les bouts de chenille et autres, il Aiguille à tricot, aiguille à tricoter. Tige d'acier ou de fer poli, émoussée par les deux bouts, dont on se sert pour tricoter des bas, etc. il Aiguille à tapisserie. Aiguille émoussée, largement fendue, et dont la g;rosseur est proportionnée à celle du canevas qu'on emploie, il Aiguilles à reprises, aiguilles camuses, à tranchefiles. Nom que l'on donne aux aiguilles de tailleurs ou à coudre, en raison de leur longueur et de leur grosseur, il Aiguilles à insectes. Petites tiges très effilées et flexibles dont on se sert pour fixer des insectes dans les collections, il Aiguille à empointer, Carrelet long et fort, dont on se sert pour arrêter avec de la ficelle ou du gros fil les plis des pièces d'étoffes, ii Aiguille à emballer. Aiguille ronde vers la tête et on fer de lance fort allongé ■vers la pointe, ii Aiguille à matelas. Aiguille qui sert aux matelassiers et aux tapissiers pour piquer les matelas et capitonner Ves meubles, il Aiguille à bâtier. Aiguille qui sert à passer de la ficelle à travers les rembourrures de bâts. Il Aiguille à crochet.

ctnce de la terre, n .4/i perpendiculairement au

Aiguille pourvi sorte d'hameçon pour accrocher le fil dans la broderie dite au crochet. (On dit aussi CROCHET.) il Aiguilles à filet. Aiguilles ayant à leurs extrémités des fourchettes se recourbant en arrière. 11 Aiguille à réseau. Petit morceau d'acier fendu des deux bouts, à l'aide duquel les coiffeurs font les réseaux à perruque, il Aiguille à linures, Aiguille dont se servent les chandeliers pour enfiler ensemble les chandelles. (Ils appellent aiguille àmèche celle avec laquelle on place la mèche dans le moule.)

— Encycl. Archéol. h'aiguille paraît avoir existé de tout temps. On en trouve dans le mobilier de l'époque des cavernes. Les cités lacustres la connaissaient.

l'Egypte ancienne ou la Chine d'aujourd'hui. Pompéi en a livré en fer et en bronze. Les étuis à aiguilles, fabriqués à Rome par les acuarii, étaient de bois, d ivoire, ou d'orfèvrerie délicatement ouvrée. Celui de Kertsch est célèbre.

La fabrication d'aiguilles en acier poli ne remonte pas au delà de 1370. Cette industrie fut introduite en Angleterre pour la première fois en 1543, et en France seulement dans la seconde moitié du xviii* siècle.

Au moyen âge. les meilleures fabriques d'aiguilles étaient en Espagne et en Italie, mais aussi en Orient, à Damas et à Antiocho ; cette dernière ville était encore réputée au XVI* siècle pour ses aiguilles damasquinées.

L'aiguille joue un rôle dans les traditions populaires les plus anciennes ; ainsi, en Bretagne, les jeunes filles de tous temps ont jeté et jettent des aiguilles dans les fontaines sacrées pour savoir si elles se marieront. Si l'aiguille surnage, le mariage aura lieu; si elle tombe au fond, le mariage manque. Dans les trésors de vieilles églises, on conserve encore des grandes aiguilles d'orfèvrerie qui servaient à toucher les reliques.

— Archit. Vaiguille est un des éléments les plus importants et les plus caractéristiques de l'architecture ogivale. Parmi les aiguillesles plus remarquables, nous devons citer celles des cathédrales d'Amiens, de Chartres, de Caudebec, de Harfleur, de Reims, de Rouen, de Notre-Dame et de la sainte Chapelle, à Paris.

Les obélisques prennent aussi quelquefois le nom d'aiguilles; tels 1 aiguille de Saint-Pierre de Rome, les deux obélisques de granit rose, dits aiguilles de Cléopàtre, qui se trouvaient à l'une des (extrémités du port d'Alexandrie (le khédive Ismaïl donna la première à l'Angleterre et la seconde aux Etats-Unis); l'obélisque d'Arles. celui de la place de la Concorde (Paris), etc.

— Chirurg. L'or, l'argent, le platine, l'acier sont employés à la confection des aiguilles. La forme est variable, suivant l'usage qu'on

on veut faire. Certaines aiguilles sont tubulées ; par exemple, celles qui servent aux ponctions, etc. La pointe est ou conique ou aplatie et en fer de lance plus ou moins allongé.Le chirurgien se sert d'aiguilles pour les sutures, les ligatures d'artères. Certaines formes dai-

ï^^'l tlZ- ^. ^'S^^-e^ - — - B. ai."UIes . vaccn. dications diverses sont connues sous ies noms des chirur-

tiens qui les ont imaginées. Ainsi, nousavonsles aiguilles eScarpa, de Dupuytren, de Deschamps, de Lembert,etc.

— Géol. h'aiguille que la mer a isolée des falaises, à Etretat, est un curieux exem-

-, — A, flpche sainte Chapelle; ■ruille d'Arles.

pie d'érosion. La dégradation se rencontre surtout en montagne, et en particulier dans le massif du Mont- Blanc. L'acuité des cimes est le résultat logique de leur désagrégation, les alternatives de gel et de dégel agissant sur toute l'étendue de leurs flancs.

— Physiq. V. aimant, ma-

GNÈTISMH TERRESTRE, BOUS- SOLE, ASTAT[qUE.

— Techniq. et vie pratiq.

Aiguille à coudre. On distingue trois parties dans une aiguille : la pointe, le corps et la tête. C'est dans la tête qu'est percé le trou . qu'on nomme l'œil ou le chas.

Malgré leur bas prix, les aiguilles passent successivement par les mains de cent à cent vingt ouvriers avant d'être livrées au commerce. On divise en cinq séries les opérations diverses par lesquelles doit passer une aiguille : 1*» façonnage de l'aiguille ou conversion du fil métallique en aiguilles brutes, comprenant une vingtaine d'opérations dont les principales sont le calibrage et le choix des fils ; le découpage et le dressage ; Vempointage ou formation de la pointe des fils à la longueur de deux aiguilles; l'estampage, qui a pour but de dessiner la double gouttière de la tète, et le perçage du chas ; 2*» cémentation, trempe et recuit des aiguilles brutes, comprenant une douzaine d'opérations, parmi lesquelles la trempe proprement dite, dans un baquet plein d'eau; la recuite et le redressage ; S^po/iwa^e (cinq opérations répétées chacune dix fois et une dernière qui ne s'exécute qu'une fois, et qui consiste à nettoyer les aiguilles polies); A" triage (cinq opérations : la mise à part des aiguilles carrées à la pointe et un nouveau redressage) ; 5" derniers tours de main (bronzage, drillage, brunissage et mise en paquets), une dizaine d'opérations.

Dans la couture ordinaire, il vaut mieux employer les aiguilles longues pour les reprises, les aiguilles courtes pour les piqûres et les ourlets : on travaille ainsi mieux et plus vite. Les bonnes aiguilles sont bien droites, ont la tête de la même grosseur que la tige et le chas drille, c'est-à-dire poli à l'intérieur. Faute de remplir cette dernière condition, elles coupent le fil; on remédie à cet inconvénient en passant légèrement la tête de l'aiguille dans la flamme d une bougie. Conservées dans un étui, surtout s'il est métallique, les aiguilles perdent par le ballottement la finesse de leur pointe : le mieux est de les piquer sur une ménagère, l'ancien aiguillier.

— Technol. Canal creusé le long d'une table salante et qui sert à la remplir et à la vider.

— Trav. publ. Dans la construction des chemins de

fer, les aiguilles jouent un très grand rôle pour les bifurcations et branchements des voies. Elles donnent le moyen de ramifier les voies principales en un certain nombre d'autres secondaires et de constituer ce que l'on nomme les voies de garage et voies d'évitement. Elles permettent également aux trains de bifurquer. Les aiguilles se composent de barres mobiles, se terminant en pointes suivant un profil voulu, après avoir subi un rabotage particulier et qui diffère avec les types de rails employés par les compagnies. Des entretoises rendent les deux barres constituant Vaiguille ou l'aiguillage solidaires lune de l'autre en les maintenant à une distance immuable, ce qui est d'une extrême importance pour éviter des déraillements.

Sur les voies de garage, d'évitement ou de bifurcation secondaires, les aiguilles sont mises en mouvement à bras d'homme, à l'aide d'un levier coudé dont une des branches porte une lourde lentille métallique qui forme contrepoids et s'oppose à ce que les barres mises en place

reviennent en arrière, sous l'action des trépidations occasionnées par le passage des véhicules d'un train. L'agent de la compagnie chargé spécialement de la manœuvre de ce genre d'aiguilles, l'aiguilleur, maintient du reste le levier dans la position qu'il lui a donnée, jusqu'à ce que le dernier wagon ait franchi l'aiguille.

Mais, afin de diminuer le nombre des agents préposés à cette manœuvre, on fait usage d'aiguilles manœuvré'es à distance et réunies à leur mécanisme de commande par des tubes en acier guidés par des galets à gorge. Les mouvements du levier moteur se transmettent dans les différentes directions à l'aide de renvois analogues à ceux des cordons de sonnettes, et on centralise au même point, dans un poste spécial, plusieurs boîtes de manœuvre. Pour que les trépidations au passage des trains ne puissent faire varier les aiguilles, les compagnies emploient des appareils spéciaux appelés contrôleurs, et notamment celui de Lartigue. Il arrive fréquemment que l'agent préposé à la manœuvre des aiguilles d'une bifurcation se trompe dans la direction à donner ; dans ce cas, il a une funeste tendance à modifier la position des aiguilles pendant le passage du train ; aussi certaines compagnies emploientelles l'appareil Hohengger, ou celui de rÈlisabeth-Bahn, en Autriche, lequel empêche les aiguilles de se déplacer pendant le passage des wagons. Le franchissement des aiguilles se fait, du reste, à une allure modérée, n'excédant pas 20 kilomètres à l'heure. Outre les disques placés en avant de chaque bifurcation et qui indiquent si le passage est libre, les aiguilles prises en pointe par les trains en marche régulière sont pourvues de signaux indiquant leur position et manœuvres par le changement de voie luimême. Les aiguilles qui doivent généralement être prises par le talon ne portent aucun signal.

Aiguille (l'/, montagne du dép. de l'Isère l'territoire de la comm. de Chichiliaane). On l'avait appelée la Montagne inaccessible. Alt. : 2.09'? mètres. C'est une des sept merveilles du Dauphiné. Elle fut gravie pour la première fois ])ar le gouverneur de Montélimart, Julien de Beaupré (24 juin 1492).

AIGUILLÉ, ÉE igu-i, et /;mll.)adj. Qui est en forme d'aiguille : .Stglcl AIGLILLK.

— En T. de techn. Nettoyé avec des aiguilles, sur le dévidoir : Soie aiguillée.

AIGUILLÉE {gu-i, et II mil.) n. f. Longueur de fil, do soie, de laine, nécessaire pour travailler à l'aiguille : Apprêter des AIGUILLEES.

— En T. de techn. Dans les fabriques de fil. Développement du fil dans une course de chariot : La longueur ordinaire de Taiguillee est de 1^,250 pour les fins, et de /■" pour les extra-fins.

AIGUILLER {gu-i, et // mil.) V. a. Chirurg. Abaisser la cataracte au moyen d'une aiguille : Aiguiller le cristallin. (Vieux.)

— Chem.de fer. Aiguiller un train. Le diriger sur une voie en manœuvrant les aiguilles.

— Techn. Aiguiller la soie, La nettoyer avec des aiguilles sur le dévidoir.

S'aiguillep, v. pr. Se dit. dans les chemins de fer, d'une voie qui se réunit à une autre au moyen des aiguilles : Voies }wuvelles qui vont s'aiguiller sur les anciennes.

AIGUILLEEUE {gu-i, et II mil.) n. f. Fabrique, commerce d'aiguilles.

Aiguilles (lat. Aguilli), ch.-l. de cant. (Hautes-Alpesi, arr. et à 65 kilom. de Briançon, près du confluent du Guil et d'un torrent descendu du col de la Croisette; 515 hab. Le canton a 7 comm. et 4.509 hab.

Aiguilles (cap pesi, appelé par les Portugais cap de las Agnlhas, pointe la plus méridionale de l'Afrique, au S.-E. du cap de Bonne-Espérance. La presqu'île du même nom, dont il est le point terminus, se poursuit en mer par un banc trè^ dangereux à cause de ses bas-fonds.

AIGUILLETAGE (';)(-/, et // mil.) n. m. Action d'aiguilleter, état de ce qui est aiguilleté : Z-'aiguilletage d'un h aut-de~cha usse .

— En T. do mar. Amarrage réunissant deux cordages

•l'iih

Page 1