‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 210 sur 828 · ALPES-COTTIENNES — ALPHABET · texte numérisé non relu

ALPES-COTTIENNES — ALPHABET

comme les premières. Seul le massif elliptique du Mercantour entre laTiiiée, la Stura et laRoya, est cristallin. Le climat de ce département, froid sur les montagnes, tempéré dans la région moyenne, est très doux sur les bords de la Méditerranée ; Cannes, Nice, Menton, Amibes, Grasse et leurs territoires sont renommés pour leur salubrité e-vceptionnelle et attirent des milliers de malades et de riches oisifs tout le long de la route côtière de la Corniche. Les arrond. de Nice et de Grasse cultivent les arbres méditerranéens (oranger, citronnier, olivier, caroubier). Le N.-E. est moins fertile, quoique aussi saluljre. couvert de hautes montagnes, où les torrents ont creusé des gorges profondes et pittoresques, avec des chutes d'eau bruyantes et des pentes toujours vertes.

Dans son ensemble, le département n'est pas agricole; les pâturages sont assez nombreux, mais les terres arables trop rares. L'insuflisance de la récolte en céiéales force d'en importer par Marseille et Gênes. Le chanvre, la vigne et le tabac sont cultivés dans quelques vallées. La principale richesse agricole du pays vient des fruits (olives, oranges, citrons, ligues), des primeurs, dont la culture s'accroit, et des fleurs qu'on expédie en bouquets, ou qu'on distille pour la parfumerie.

L'industrie ne compte (lue des fabriques d'huile d'olive et de savon, de cire, de pâtes d'Italie, de conserves de fruits secs, de poissons, et quelflues manufactures de drap. Le mouvement des ports est assez actif grâce à la pèche (thon, anchois, sardine).

Ce départ, élève des mules et des mulets. On y trouve dos loups, des renards, des putois, des belettes, et beaucoup de gibier dont nombre d'oiseaux de proie. La pèche y donne beaucoup. Le dép. s'est considérablement enrichi depuis l'annexion, grâce à l'afflux des étrangers sur la côte.

AlpeS-COTTIENNES (en lat. Alpes Co«ij'), petite prov. de l'empire romain , tirant son nom du roi dos bogusini, Cottius. Gouvernée depuis l'an 8 av. J.-C. par un pmfectus indigène, elle passa au temps de Néron (65 ap. J.-C.) sous la direction d'un ;))-oci(ra/oi- romain résidant a Suse. Le territoire de cette province s'étendit d abord sur les deux versants des Alpes (do Briançon à Suse, des sources de l'Isère à colles du Var) : depuis la fin du i"' siècle, il fut transporto dans la plaine du Po et eut Gènes pour capitale.

Alpes de L'AllgaU (AUqàuer Alpen), partie des Alpes centrales située au S.-E. du lac de Constance, sur les frontières de la Bavière, de la Suisse et de l'Autriche. Ces Alpes calcaires s'étendent entre le Rhin, le Lech et l'iller, depuis le Vorarlberg et le Tyrol septentr. jusque dans le S.-E. du Wurtemberg, où elles disparaissent dans le plateau de la haute Souabe. Leur altitude moyenne est de 1.382 m. au-dessus de la mer. Parmi les points culminants des Alpes de l'AUgau (où se distinguent les trois eto\ioesàe& Alpes Algaviennes, du Lech et du Vorarlberg). il faut citer la Parseierspitze (3.021 m.), le Hochvogel (2.509 m.), le Madelegabel (2.643 m.), le Kanisfluhc (2.042 m.), la Soiterspitze (2.754 m.)

Alpes de Romsdal, chaîne de montagnes de la Norvège centrale, au bord de l'océan Atlantique, renfermant do nombreux pics élevés et escarpés, en partie inaccessibles. Elle est traversée presque dans son milieu, dans la direction du N.-O. au S.-E., par la grande vallée étroite et sauvage de la Rauma, qui descend du lac de Lesjesliog, à 620 m. d'alt., et forme comme une crevasse, à parois presque verticales, dans la partie la plus élevée du massif.

AlpeS-GRÉES (en lat. Alpes Graim [ouPsninx]), prov. de l'empire romain créée par Auguste. Elle dépendit peutêtre de la Rhétie pendant le i" siècle apr. J.-C, mais eut certainement ensuite une vie indépendante. Elle comprenait la vallée supérieure du Rhône jus(|U 'au lac de Genève puis les deux versants des Alpes jusqu'aux sources de l'Isère. Villes principales : Octodurus (Martigny) et Darantasia (Moutiors-en-Tarentaise).

Alpes-maritimes (en lat. Alpes Marilim,T), prov. de l'empire niinain rni-i- par Auguste on 14 av. J.-C, gouvernée daijur.l r;ir un préfet, puis par un prociirator de ran" énucsire. Elle s'étendit d'abord aux deux versants des^Alpes, des sources du Pô jusque près de la Méditerranée, et comprit le cours supérieur de la Stura et du ■Verdon, ainsi que presque tout le territoire arrosé par le Var Puis, â la fin du xw siècle, elle devint beaucoup plus considérable (des sources de l'Isère au golfe de Ligurie, avec Nice). Villes principales : Ebrodunum (Embrun) et Dinia (Digne). — Dép. formé en n93 par la Convention avec l'ancien comté de Nice, la principauté de Monaco et les pays situés sur la rive dr. de la Taggia; ch.-l. Aïce. Rendu on 1814 à la Sardaigne.

Alpes Merles, chaîne de montagnes de la Nouvelle- Zélande (lie du Sud), courant du N.-E. au S.-O. le long de la côte occid., s'approchant parfois à quelques kilom. du rivage. Ces montagnes, formées de roches primaires ou

3 transition, renferment u'immenses placiers descendant (lu'à 1.000 m. et s'élèvent à 4.000 m. Le point culminant

squ à 1.000 m. et s eicvcnt a 4.uuo it le mont Cook, haut de 4.020 m.

est le mont uook, nauL ue i

alpestre (pèss) adj. Qui appartient, qui a rapport aux Alpes ■ Stles. plantes alpestres. Les courts et brusques dessins de 'J-opffer sont relevés d'une saveur alpestre. (Ste-Beuve.) Il Esta peu près synonyme de alpin.

— Par compar. Apre, rigide ; M. Joseph de JUaistre esl un Dossuet alpestre. (Lamart.)

ALPHA n. m. Première lettre de l'alphabet des Grecs, Il Signe de numération chez les Grecs qui signine un.

11 S'emploie dans certaines énumérations, avec le sens de premier ou premièrement (a). Dans ce cas, l'énumération se continue au moyen de bêta (?), gamma (y), delta (S), etc. Los astronomes, en particulier, désignent souvent sous le nom de alpha la première étoile d'une constellation . ii S'empl. quelquefois pour désigner le commencement d'une chose, par opposition à on\éga, dernière lettre de l'alphabet grec et qui marque la fin. Saint Jean dit, dans son Apocalmse. que Dieu est Valpha et Voméga de toutes choses. -- /; n'en sail ni l'alpha ni l'oméga. Il ne sait rien de cette science, de cet art, etc.

ALPHABET {bé — du gr. alpha, et bêta, n. des deux premières lettres de l'alphabet grec), n. m. Réunion de toutes les lettres d'une langue, disposées dans un ordre conventionnel : Mesrob inventa ('alphabet arménien; Cyrille et .Méthode VM.paA.BETslaron .

— Petit livre contenant les lettres et les éléments de la lecture : Mettre un alphabet entre les mains d'un enfant.

— Fig. : Il y a cinquante ans que je repasse (alphabet de la nature humaine. (B. d'Aurevilly.)

— B'M'iogr. Alphabet augustinien. Histoire, par ordre alphabétique, des monastères de l'ordre des augustiniens.

— Im'prim. Série do poinçons d'acier, de fer ou de petites plaques de cuivre, présentant, les unes en relief, les autres en découpage, toutes les lettres de l'alphabet.

— Pbov. N'en être qu'à l'alphabet. Ne posséder que les premiers éléments d'une science, d'un art. il II laut le renvoyer â l'alphabet. Se dit d'un homme qui n a pas les premiers principes de la chose dont on parle.

— Encycl. Histoire de l'alphabet. Plus do 3.000 ans avant notre ère, les Egvptiens possédaient vingt-deux articulations difl'érentes et se servaient, pour rendre chacune d'elles, d'un ou de plusieurs signes aue 1 on peut a la rigueur qualifier de signes alphabétiques. Mais ils ne sont pas arrivés à isoler un alphabet fixe en donnant à tous les caractères sans exception la valeur d'une simple articulation, et en faisant table rase de l'idéographie. Cette révolution est due aux Phéniciens, ou du moins — si Ion veut ne rien affirmer au delà de ce que la science peut démontrer — au groupe sémitique des populations chananéennes (Phéniciens, Syriens, Hébreux). Dans ce groupe, ce qui plaide en faveur des Phéniciens, outre la tradition antique, c'est leur caractère de peuple essentiellement marchand, qui a dû les porter de bonne heure à imaginer une écriture plus pratique que celle des Egyptiens, avec qui ils ont été pendant longtemps en relations journalières. Les Phéniciens ont sans doute imité l'écriture hiéroglyphique proprement dite, mais ils n'ont emprunté directe'ment aux Egyptiens que douze ou treize lettres : les autres seraient sorties peu à peu do traits difl'érontiels.

L'alp'habetp/iiînicienprimitifcomprendving^deux lettres consonnes ou semi-voyelles, rangées dans un ordre qui a été conservé à peu près par tous les alphabets postérieurs: alef, beth, guimel, daleth, hé, rau, zain, heth. teth, lod, Icaf, lamed, mem, nun, samedi, dm, plié, çade, qiiof. resh. sin,t.au.

Les Grecs, en s'appropriant l'alphabet phénicien, 1 ont singulièrement enrichi. Ils ont créé un système de voyelles inconnu du phénicien: àeValef'ûs ont faituna(p/ia(A), du hé un é (e), du iod un i (i) et de l'ain un o (o) ; d une

forme particulière du vau, ils ont tiré Vupsilonn (T) .■ enfin, plus tard, du beth ils firent un é long ou eta (h) par opposition à l't! bref ou epsilonn (E), et ils inventèrent 1 o long ou oméga (Q), par opposition à l'o bref ou omicronn (o.) Pour ce qui touche les consonnes, il faut signaler dans l'alphabet grec l'apparition du ksi (ï), sorte de fusion du samech et du code, et la création des trois lettres complémentaires p/ii)*) khi (X) etDsi(V). Naturellement, les premiers monuments épigraphiques du monde grec ne nous offrent pas un alphabet absolument un dans le temps ni dans l'espace; on y distingue des variétés régionales, dont les principales sont Valphabet éolo-dorien, I alphabet des lies. Valphabet ionien et \ alphabet attique. A partir du iv siècle avant notre ère, Valphabet ionien de vingt-quatre lettres est devenu d'un usage général dans toute la Grèce. C'est encore lui qui sert aujourd'hui à écrire le grec moderne. Il a en outre fourni la plupart dos lettres de l'alphabet copte, de l'alphabet arménien, de 1 alphabet cyrillique et de falphabet glagolitique. ,

On a cru longtemps que l'alphabet phénicien avait pénétré directement dans l'ancienne Italie comme dans I anrienne Grèce, et qu'il avait donné naissance à 1 alphabet .trusqiie. Mais l'alphabet étrusque, qui n'a que vingt lettres, possède certaines lettres additionnelles que ne connaissaient pas les Phéniciens (Y. *, x) : cette remarque suffit pour qu'on adopte l'opinion dOttfried Mnll'-r, le Mommsen et de Lenormant, d'après laquelle les l.inis- .mes n'ont connu l'alphabet que par I intermédiaire .i. s

Grecs. A l'alphabet étrusque se rattachent les alph: is

ombrien, osque et 'sabellique. Michel Bréal pense même ciue l'alphabet latm ne dérive de l'alphabet grec que par I intermédiaire de l'alphabet étrusque: cette opinion nouvell& aura de la peine à triompher de l'opinion traditionnelle qui voit dans les colonies grecques du S. de 1 Italie et de la Sicile la source de la civilisation romaine. Quoi qu'il en soit, l'alphabet latin, une fois constitué, s'est imposf peu â peu à toutes les nations civilisées de l'Europe cenraleet occidentale, à quelque famille qu'appartint la lauue m elles parlaient. En effet, cène sont pas seulement 1 s langues dérivées du latin ou romanes {/'rani,-ais, espn. ol portugais, italien, roumain) qui emploient auiourd luii 1 alphabet latin, accommodé à leurs besoins par tliyers arhces mais les langues Scandinaves {danois, suédois, nmje ) et eermaaianes (anglais, hollandais, allemand) [ia-ipl abet dit allemand n'est que la conservation de l'écriture Su moyen âge assez improprement sommée gothique., I certa es langues slaves (poionai's, ic/téçue, etc. i,les idiomes I aaes [breton, gallois, etc.) et même des langues tout à fa t étrangères à la famille indo-européenne, comme le lo jrois et le basque. Par suite, les langues des peiip!i-s sauvages (Asie septentrionale, Alrique, Amérique, O.-eanie) sont généralement écrites avec le caractère latin, comme étant le plus répandu et le plus familieraux savants. A 1 alphabet phénicien se rattache de très près 1 alphabet hébraïque, tel tiu'on le trouve constitué dans les plus an lens monuments, par exemple dans la célèbre stèle du roi Mesa, découverte on 1869 à Dhiboii (pays do Moab), et dans l'inscription commémorative du percement du canal de Siloé, découverte en 1882 ; ces deux monuments remontent aux ix» et viii» siècles av. J.-C. .Ma;l'alphabet primitif des Hébreux s'altéra rapidement, ■ cepté sur les monnaies. Au retour de l'exil, au trn. d'Esdras, apparaît Yhébreu carré, qui est à peu de cli- ■ près tel qu'on l'écrit encore aujourd'hui ; cette transl-i mation importante est due en grande partie à linfluen. ■' araméenne. Seule, la variété dite samai'i<ame do 1 e. n ture hébraïque, variété encore employée de nos jouis dans la communauté de Naplouse, a échappé à cette influence, et peut être considérée comme 1 héritière Ic-itime do l'alphabet hébreu primitif. ,.,,..

Dans les plus anciennes inscriptions, 1 alphabet nmméen se confond presque avec l'alphabet phénicien. Puis les divergences s'accentuent, grâce à la grande extension nue prend l'alphabet araméen, que l'on trouve emplove d'Antioche à La Mecque et de 1 Egypte au centre de la Perse C'est de cette étude du développement interne et externe de l'alphabet araméen qu'est sortie tout récemment la solution â peu près définitive d un problème qui a passionné et qui passionne encore les savants : 1 oricino des alphabets de l'Inde. Longtemps on a considère I alphabet sanscrit comme une création indépendante du tuîiie hindou. Il est aujourd'hui démontré, et Volney la\ait pressenti, qu'il en est autrement. Un type deçritur.j a été retrouvé dans les inscriptions du N. de lli.dr, depuis les frontières de l'Afghanistan jusqu à Mathura , ce type, auquel on donne le nom àindo-bactrien, se lai taclie manifestement à l'écriture araméenne, mais, d aiiti .part, il contient déjà des particularités notables on sr trouve comme en germe le type indien dou sont ika i vées toutes les variétés postérieures des écritures 'Il'Inde. Cependant, tout dans l'alphabet indien ne peuts r\nliquer par l'indo-bactrien, et il est possible qu un ■ erande part de vérité se trouve dans 1 hypothèse ■<•• Halévy qui attribue à l'alphabet indien une triple .m gino à la fois indo-bactrienne, araméenne et grecque. I- ii tout 'cas, si les habitants de l'Inde n'ont pas ete les en a teurs de leur alphabet, personne ne contestera leur ■i<nh. 1 d'adaptation, plus remarquable encore que celui des Gi . 1 L'alphabet sanscrit, sous une forme ou sous une auii donné naissance à tous les alphabets aujourd hui en us ' non seulement dans l'Inde proprement dite mais à Sii au Cambodge, en Birmanie, dans 1 archipel de la Maltnsn, auThibet et jusque dans une partie de la Chine proprcmeni dite. Certains auteurs vont même jusqu'à voir dans 1 alpliabetcoi-ée!! un dérivé de l'ancienne écriture indienne.

Dans la Perse, l'alphabet araméen a joué un rôle pi ■ que aussi considérable que dans l'Inde. On sait que I cien perso se sert de l'écriture cunéilorme, qui a point de départ dans le système des écritures ideo^ia phiques; mais les derniers monuments qui nous sont parvenus de celte écriture nous montrent que 1 elenn-ni idéographique v est de plus en plus réduit, si bien qu m se trouve en présence d'un véritable alphabet melanj^. quelques signes svllabiques. On a attribué cette tranmation à l'influence araméenne; peut-être, ccii.i s'est-elle accomplie d'une manière independanie . i vertu de la même tendance de l'esprit huniam qui ww^.^ ' peu à peu l'alphabet phénicien des hiero-lM i.s u,l'Egypte. En tout cas, les deux écritures pun-nn m aiiUia bêtiques qui ont remplacé en Perso les cun. ilnrims, ,. «n<f à l'E., et le pMvi à i;0., ne s expliquent que par le long usage de l'alphabet araméen dans ce pays.

Hovonons maînteDant dans lo mondo s<^mitiauo, où nous avons placé le bercouu do l'ulphabot. A cùto do Vhéhreu carré (dovoDu au moyen àgo \'/iébn:u rabOinique). nous trouvons deux alpliabois très voisins : l'alphabot palmyrénien ot l'alphabol nabatèen, lo proinior adoplô par los Aramôcns scdontaires , lo second par los Araméons nomades, précurseurs dos Arabos modornos. Au palmyrénien cursif se rattaclio l'ancion alphabet attriaque ou estranqhélo, oui, bientôt banni do son pays d origine ot refoulé dans I E-, a pénétré jusquo dans lo territoire do la Chine, et a planté dos racines durables dans l'Asie centrale, où il a donné naissance aux ali>habois ouii/our, mongol, kalmouk ot mandchou. Pendant que l'ostranghélo éniigrait à l'E-, sa place était prise par lo jacohite ou syriaque occidental, qui est l'écrituro dont so servent encore aujourd'hui les maronites. C'est par lo syriaque et le naoatéen que s'explique clairement lu l'orm'aliou do l'alphabet arabe, auquel lo rôle historique ot religieux do Alahomet a donné une si grande extension. Les doux variétés do l'écrituro arabe, le coufinue et lo ncskhi^ correspondent moins pout-ôtro à une ditréronco chronologique 3u'à une ditféronco régionale. L'arabe s'est scindé en eux, très anciennement, comme le syriaque : la branche occidentale (nes/f/ij). qui représente le développement libre do l'ancien alphabet nabatéen, et la branche orientale {coufique), qui trahit l'influonco do l'alphabet syriaque. Lo coufique s'est d'ailleurs éteint rapidement, et c'est le ncskhi qui est la base de l'alpliabet arabe actuel, adopté partons les peuples mu<tulmans.

Dans cotte esquisse rapide nous avons laissé de côté un certain nombre d'alphabets dont la place dans l'ensomble est encore mal détinie. Il nous suflirade los énumérer ici : ccltibérien^ éthiopien {ou ghez), himyarite [on sabéen), libyqite (ou berbère), offamique, runique, snfaitique, sibérien. Enfin, la question do la direction des caractères alphabétiques sera examinée à. l'article écriturk. On trouvera les types les plus importants des diverses écritures au nom des peuples ^m los ont respectivement employées. V. Egypte, PHÉiNiciE, etc.

— Alphabet universel. Convaincus que la diversité des alphabets est un obstacle à la communication des esprits, par conséquent à la diffusion des connaissances, un certain nombre de penseurs, de hnguistes, ont vu dans la création d'un alphabet universel un problème de la plus hauto importance pour le progrès de la civilisation et l'avenir do l'humanité.

Le premier nui mit officiellement cette question à l'ordre du jour fut Voiney qui, en 1818. résuma ses opinions à ce sujet dans un ouvrage intitule : l'Alphabet européen appliqué aux lanques asiatiques.

Après Voiney, Destutt de Tracy s'appliqua à indiquer quelle marche on pouvait adopter dans la confection d'un alphabet universel, et, s'en tenant d'abord au français, proposait d'exprimer provisoirement par un chiffre chaque son ou chaque articulation de notre langue. On procéderait de même ensuite pour tous les autres idiomes et, quand lo travail serait achevé, on inventerait autant de signes conventionnels qu'il en faudrait. Mais, précisément, le grand obstacle à la création d'un alphabet rationnel et universel est la difficulté de déterminer d'une façon définitive tous les sons, toutes les articulations simples et distinctes que la parolo humaine peut produire. En réalité, dans cette détermination, il y aura toujours un élément conventionnel, parce que les modifications et les variations de la voix sont, par la nature des choses, indéfinies. Ce qui montre combien le

f)roblème est ardu, c'est le peu d'accord qui règne entre os linguistes sur lo nombre dos sons et des articulations simples existant dans les diverses langues. Eichoff porte ce nombre à 50; Voiney en compte 52, dont 32 consonnes et 20 voyelles; d'autres 70; Buttner veut qu'il y en ait plus do 300. Pour ce qui regaçflo uniquement le français. Féline n'admet dans notre langue que 35 sons; Leray en compte 38 ou 39; Martin Breton 31, dont 12 voyelles et 19 consonnes. — L'alphabet universel restera sans doute encore bien longtemps à létat de simple desideratum.

Alphabet de la Mort, alphabet composé par Holbein et dans lequel une scène, spirituellement agencée autour de chaque lettre, montre un squelette venant saisir le vif. L'inspiration est, comme on le voit, très parente de colle de la Danse des Morts. Les dessins d'Holbein ont été gravés par le xylographe Hans Lùtzelburger. Paul Mantz fixe à 1524 "la date à laquelle cet alphabet fut inventé par Holbein. Depuis, de nombreuses copies en ont été faites dans des dimensions différentes.

En dehors de l'alphabet do Holbein, de nombreuses initiales romaines, gothiques ou grecques, ont été ornées de motifs macabres. Au xvii"^ et au xviii» siècle, les grandes initiales des biUets-affiches annonçant les enterrements étaient pareillement chargées d'insignes funèbres.

ALPHABET AIRE adj. Qui concerne l'alphabet, qui a rapport à l'alphabet : C'est par une pure convention axphabe- TAiRE o»e AU se prononce o.

— Table alphabétaire, Tableau comparatif des différents alphabets.

^ ALPHABÉTIQUE adj. Qui est selon l'ordre des lettres de l'alphabet ; Table Ai.rHABKTiyUE. Ordre alphabétiquk.

— Par anal, et fam. Faire une chose par ordre alphabétique, La faire dans un ordre systématique.

ALPHABÉTIQUEMENT adv. Dans l'ordre de l'alphabet.

ALPHABÉTISER v. a. Lire, épelor l'alphabet : Les enfatux. a l'ccole, ALPHABiÏTisENT tous ensemble. i( Classer par ordie alphabétique : Alphabétiser des notes. (Peu usité.)

ALPHABÉTISME (tiss) n. m. Système d'écriture qui admet un alpliabot, par opposition aux systèmes idéographiques.

ALPHABÉTISTE {tiss) n. m. Inventeur d'un alphabet.

Alphand [Jean-Charles-Adolphe), ingénieur français, né a Grenoble en 1817, mort à Paris en 1391. Admis :\ l'Ecole polytechnique en 1835, il devint, en 1843. ingénieur ordinaire à Bordeaux, où il connut le préfet Haussmann. Celui-ci, éiani devenu jjréfet do la Seine en 1853. se souvint d'Alphand lorsqu il conçut le projet de transformer Paris, et le fit appeler dans ceito ville (1854) avec le titre d' « ingénieur en clief des embellissements • . Alphand dirigea les services des promenades, des parcs, des plantations, des concessions sur la voie publique. Il fut chargé do créer les squares, de transformer en parcs le bois ao Boulogne, lo bois do Vinceones. les buttes Chaumont. de

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