V. CORALLlAlRiiS
ANTHRACÈNE n. m. ou ANTHRACINE n. f. (du gr. anthrax, akus, charbon), carbure d'hydrogène solide, extrait du goudron de houiHe.
— Encycl. UanthracèneC^^H*" a.été signalé pour la première fois en 1832 par Dumas et Laurent, qui lui ont attribué, sous le nom de paranaphtalinb, une formule (C'^H") et des propriétés inexactes. Fritzsche prépara à l'état de
Fureté ce carbure, qu'il appelap/iOiéne.Ânderson démontra identité du photèue et do la paranaphtaline purifiée ou anthracène. Grœbe et Liebermann ont réalisé la transformation de l'anthraoèno en alizarine.
— Préparation. Lanlhracène se forme dans la décomposition pyrogonée du toluène, du xyléne, du cumène et de divers composés aromatiques, et la réduction par la poudre de zinc de l'anthraouinone, de l'alizarine et de ses isomères : le premier de ces groupes de réactions indique le caractère aromatique de la molécule de lanthracène, et le second a mis sur la voie de l'importante synthèse de l'alizarine. Dans la pratique, lanthracône se relire exclusivement du goudron de nouille; on le trouve dans les huiles lourdes et les huiles ù. antliracène provenant de la distillation du brai restant après l'extraction des huiles lourdes.
— Purification. L'anthracène brut provenant du goudron ne contient qu'environ 60 p. lOO de produit pur, et par suite ne peut être transformé immédiatement en anthraquinone (pour la fabrication de l'alizarine). On le purifie en le lavant à la benzine ou au naphte de pétrole, ou plus souvent aux huiles légères de houille, qui dissolvent la naphtahne et les huiles lourdes. Puis on le comprime: il contient alors environ 95 p. 100 d'anthracène pur. La purification par voie sèche consiste en une sublimation dans un courant de vapeur surchauffée à 220" ou 240", suivie dune condensation dans des chambres closes, sous une pluie d'eau froide.
— Propriétés. L'anthracène cristallise en lamelles blanches clinorhombiques possédant un bel éclat et une fl.uorescence violette. Les rayons violets et ultra-violets y développent une belle phosphorescence. Il fond à 213" et se sublime à cette température eu répandant une odeur irritante. Il distille vers 360'», mais en se décomposant partiellement et en prenant une teinte jaunâtre. .Sa densité de vapeur est 6,3.
Il est insoluble dans l'eau et l'alcool à froid, beaucoup plus solublo à chaud dans l'alcool, l'éther, les huiles essentielles, la benzine, le sulfure do <arbone.
Dissous (Unis I.. i.rii/iiir n •...iinii. ,i l'.irfM,ndos rayons solaires, il sr 1 1 ,, i, ,, , , ni-ps msofuble
ANTHOSPERMK
ANTHRAGALLOL
, fond à Les oxyd'i
nthraqui-
none. Les hijdraf/.nants fixant de Ihyarogùiio sur saniôl cule en proportion variable. Si on le chauffe à 280" avec ^ l'acide lodliydrique. on obtient le tétradêcane, Vheptane. En ménageant l'action do l'acide iodhydrique en présence du phosphore, on obtient le dihvdrure et l'hexahydrure d'anthracène. carbures non saturés.
Le chlore ot le brome l'attaquent vivement, avec déga-
fement d'acido chlorhydrique ou bromhydriquo ; l'iode agit 'une manière analogue et polymérise ranthracêne en une matière charl)onneuse.
— Réactifs. L'acide picrique, mis en dissolution avec I anthracène dans la benzine à l'ébullition, laisse déposer par refroidissement dos cristaux de couleur rubis.
La dinitranthraquinone {on réactif de Fritzsche], obtenue par l'ébullition de l'anthracène avecracide nitrique de concentration moyenne, se combine avec l'anthracène et forme un composé solide, cristallisé en lamelles rhomboïdales. La couleur de ces lames est le rose si l'anthracène est très pur, le violet rouge ou le violet bleu quand il contient quelques impuretés. Si la proportion d'impuretés est peu considérable, la réaction colorée ne se manifeste plus. — La picramide donne une combinaison
qui cristalliso dans l'alcool on belles aiguilles rouges.
ANTHRACÉNU8E (du çr. anthrax, «/fo*, charbon) n. f. Proritiit rcsiiUunt do l'action do l'acide nitriuuo sur l'antiirar.M.c.
ANTHRACHRYSONE {/cri — du gr. anthrax, akos, charbon, et khruHus, orj n. f. Substanco cristalline jaune, qui se forme dans la distillation do l'acide dioxybonzoïquo.
— Encycl. L'an^AracAry-îone C'H'O' s'obtient en chauffant l'acide dioxybonzoïquo avec de l'acido sulfuriquo vers VM)", précipitant par I eau, lavant, traitant en solution alcoolique par le noir animal et précipitant de nouveau par l'eau. Ce sont des cristaux floconneux d'un beau jaune, fondant à. 320", insolubles ou à peu près dans les dissolvants ordinaires, sauf l'alcool où elle est peu soluble, ct l'acido acétique qui est son véritable dissolvant. Réduite par distillation en présence du zinc on poudre, elle donne do l'anthracène. Elle colore en brun les mordants do fer ot on beau rouge mat les mordants d'alumine.
Elle est isomérique avec Voxtjpnrpurine, la rnfiopine ct la quinalizarine. L'anthrachrysone .s'unissant aux bases alcalines et alcalino-torreusos donne de véritables sols colorés.
ANTHRACIAS {si-àss—àvi gr. anthrakias, Anthracias noir comme du charbon) n. m. Genre d'in- (grossi 2 foi»), sectes coléoptères hétéromères, famille dos ténébrionidés, renfermant des formes do petite taille, k tète cornue, habitant l'Europe. Ciious ï'anthi-aciasbicomi s (Europe orientale).
ANTHRACIDES (du gr. anthrax, akos, charbon) n. m. pi. Famille de minéraux dont le carbone est le type. — Un
ANTHRACIDE. V. CARBONIDES.
AN THRAGID OXYDE (du gr. anthrax, akos, ct de oxyde) II. f. Composé résultant del'action de l'acide nitrique sur l'anthracène.
ANTHRACIFÈRE 'du gr. anthrax, akos, charbon, et ferre, porter) adj. Qui contient de l'anthracite, il Terrain anthracifère, Nom donné aux couches qui constituent la partie inférieure du système carbonifère. (Do Lapparent lui préfère le nom de dinantien.) ii On dit aussi a.nihbaxi-
KÈRE.
nthrax, ot /"orne) adj. Qui a la
ANTHEIACIQUE adj. Relatif à l'anthrax: qui tient de l'anthrax.
ANTHRACITE (du gr. anthrax, akos, charbon) n. m. Cliarbon fussile qui brûle avec difficulté ct ne donne qu'une flamme courte, sans aucune fumée ni odeur.
— Encycl. Le nom de anthracite csi donné particulièrement aux variétés de charbon de terre qui ont le moins conservé les caractères de leur origine végétale. L'anthracite, appelé aussi houille éclatante et charbon incombustible, est une substance noire, à cassure conchoïdale, souvent irisée, sèche au toucher, avec un éclat métallique assez prononce. Il est composé de 87 à 94 p. loo de carbone, et ne contient quuno très petite quantité do principes volatils.
L'anthracite na besoin que d'une faible quantité d'air pour produire en brillant une chaleur très intense. Sou principal usage est la cuisson do la chaux et des poteries, le chauflTage des fours de verrerie, celui dos poêles domestiques spéciaux à combustion lente, le traitement métallurgique des minerais, etc.
En France existent de nombreux gisements d'antliracite. Les principaux se rencontrent dans les départements du Nord, de la Loire, de la Sartlio, de l'Isère, des Bouches-du-Rhône, etc. A l'étranger, le Caucase, la Bohême et les Etats-Unis sont des centres importants de production d'anthracite.
ANTHRACITEUX {eu), EUSE adj. Qui contient de Tan-
ANTHRACNOSE (du gr. anthrax, akos, charbon, et 7iosos, maladie) n. f. Maladie parasitaire de la vigne, qui reçoit des noms différents suivant les pays : charbon, carbonnat, picontat (Languedoc): /lei/re^at/e" (Bordelais) ; rouille noire (Isère); tacon (Sologne), etc.
— Encycl. h'antkracnose est un parasite cryptogame qui a reçu los noms vulgaires de : « maladie noire » , « carie » , ' charbon », ot le nom scientifique de glxosporium ou sphaceloma ampelinum. Il se reproduit et se propage épidémiquement, au moyen de spores que le moindre vent emporte au loin, et que la plus petite trace d'humidité fixe sur les feuilles et les branches.
C'est ordinairement au mois de mai qu'apparaissent les premiers signes de cette maladie. Elle se signale d'abord sur les jeunes pousses, par de petites taches arrondies noir brunâtre, plus ou moins nombreuses, envabissa-it en même temps les rameaux et, finalement, les grains de raisin. La végétation de la vigne se trouve plus ou moins arrêtée, et, si la température est favorable, les spores nouvelles se détacbent bientôt ct envahissent tous les pampres. Les jeunes tiçcs prennent une apparence maladive et finissent par périr. En France, ce fléau est encore peu redoutable, mais il n'en est pas de même en Italie et en Amérique. Le remède le plus curatif contre l'aiithracnùse est le soufre.
— BinLiOGR. : Pulliat, Ahnanach de l'afjriculture ; la vigne américaine (1879); Marchant, i'Anth7'àcnose en Touraine (1S70).
ANTHRACODE (du gr. anthrax, akos, charbon, et eidos, forme) adj. Qui a la couleur du charbon ; qui présente les caractères de l'anthrax.
ANTHRACOXDE (du gr. anthrax, akos, charbon, et eidos . formel adj. Qui a la couleur du charbon ; qui ressemble à l'anthrax, r Tumeurs anthracoides, Syn. de tun}eui'S mélaniques. {\' . MÉL.\:iOSE.) il Furoncle an t h racoide, Furoncle qui, par sa forme et son étendue, se rapproche do l'anthrax.
ANTHRACOKALI (du gr. anthrax, akos, charbon, et do kali. nom arabe de la potasse) n. m. Nom donné à un carbure de potassium employé en thérapeutique, pour combattre les scrofules, les affections cutanées eczémateuses, etc.
ANTHRACOLITE fdu gr. anthrax, akoH, charbon, ot /ithijfi, pierre. - l/ortho(^r. rationn. Kcrait antubacolitur) n. m. Nom d'une variété d'anthra4:ite que l'on lire do Hongrie.
ANTHRACOMARTIDÉS (du gr. anthrax, ako», charbon» cl marplein, saisir) n. m. pi. Groupe d'arachnides fossiles érigé par F. Karscn. Le genre anthracomarte, qui en esc 1» type, se trouve dans lo terrain carbonifère de Silésio. —
un ANTHnAf:OMARTIDB.
ANTHRACOMtTRE ('\u gr. anthrax, ako», charbon, et méirou, mesure) n. m. Instrument qui sert à déterminer la quantité d'acide carbonique contenue dans un fluido
aérifurmo.
ANTHRACOMÉTRIQUE adj. Qui concerne l'anthraco-
mèiro. lapprcciaiion de la quantité d'acide carbonique entrée dans la composition d un mélange gazeux.
ANTHRACONITE (du gr. anthrax, akot, charbon) n. f. Sorte de calcaire noir charbonneux.
ANTHRACOSAURE (du gr. anthrax, akos, charbon, ct sauras, lézard) n. m. Genre d'amphihicns stégocéphales fossiles, du lorrain carbonifère do Gla.sgow.
ANTHRAGOSE (du gr. anthrakàsis, transformation en charbon) n. f. Nom sous lequel on désignait autrefois un ulcère escharotiquc avec fluxion et gonflement, survenant sur une partie quelconque du corps, et quelquefois à l'oeil, dans le cours do certaines fièvres.
ANTHRACOSIS [ziss—àu gr. anthrakôsis, formation de charhon) n. f. Affection caractérisée par la présence, dans les poumons et les ganglions bronchiques, aune matière de couleur noire, constituée par des particules de charbon.
— Encycl. Vanthracosis se rencontre à des degrés variables chez tous les vieillards. Elle constitue une maladie qui s'observe chez les bouilleurs, les chauffeurs, les mouleurs, qui vivent dans la poussière du charbon. Les poumons sont envahis par l'emphysème ; ils ont une coloration noire, ne crépitent plus, crient sous le scalpol à la coupe. La densité du tissu pulmonaire a augmenté. La surface de la coupe est marbrée de noir, elle teint les doigts en noir. On trouve en outre des cavernes pulmonaires, des dilatations broncbiques, des tubercules pulmonaires. La maladie évolue lentement. Audébut, on trouve du malaise avec perte d'appétit, de l'amaigrissement, de la toux avec expectoration noirâtre. L'auscultation permet de constater des râles de bronchite, avec affaiblissement du murmure vésiculaire. Les symptômes se rapprochent do plus en plus de ceux de la phtisie, qui finit par se déclarer et qui emporte le malade. L'ouvrier qui est atteint de cette affection doit changer de profession. On peut essayer d'empêcher l'inhalation des poussières en portant des masques munis d'épongés humides.
— Syn. Fausse mélanose du poumon, pseudo-mélanose pulmonaire, mélanose pneumo-kocioBe.
ANTHRACOTHÉRIUM om — ,iu çrr. anthrax, akos, charbon, et thérion, animal) n. m. Genre de mammifères fossiles, famille des anthracothéridés. groupe des artiodactyles, renfermant des formes apparentées aux porcs, et apparu au cours de la période éocène.
ANTHRACOTYPHDS Ifuss — du gr. anthrax, akos, et de (!//'h"s n. m. Typhus charbonneux. V. charbon.
ANTURACOXÈNE (du gr. anthrax, akos, charbon) n. m. Résine niuièrale d'un brun noir, partiellement soluble dans l'éther, peu soluble dans l'alcool.
ANTHRAFLAVIQUE (de anthracène, et du lat. /lavus; jaune) adj. Se dit d'un acide cristallisable jaune, dérivé de l'anthracène et isomérique avec l'alizarine. u Se dit aussi des éthers de cet acide.
— Encycl. L'acide anthraflavtque a été découvert en 1871, par Schunk, dans les produits accessoires de la fabrication de l'alizarine artincielle. Perkin a établi sa composition, qui répond à la formule C'H'O* et qui en fait un isomère de l'alizarine.
L'ai izarine commerciale en contient, ainsi que l'anthraflavone. On peut aisément l'extraire de ces produits au moyen de l'eau de baryte à l'ébullition ; Tant h rafla vate de baryum presque insoluble à froid se dépose. Avec l'anthraflavone, on obtient en même temps le composé barytique d'un isomère, la métabenzdioxyanthraquinone que' la benzine dissout sans dissoudre ïanthraflavate. On met l'acide anthraflavioue en liberté par l'acide chlorhydrique.
Il cristallise en aiguilles jaunes, brillantes, insolubles dans l'eau et la benzine, très peu solubles dans l'alcool, l'acide sulfurique et l'acide acétique. Il se sublime avec décomposition partielle.
L'acide anthraflavique est bibastque ; son sel neutre de sodium est très peu soluble dans l'eau froide et facilemont cristallisable, ce qui le distingue de ses deux isomères, l'acide isoanthra/lavique et la métabeyizdioxyan- Ihraquinone.
Le premier de ces isomères se trouve aussi dans le produit brut do la fabrication deralizarineartificielle. Son sel do baryum est soluble, mais son sel de chaux est insoluble. Pour lo préparer, on précipite l'alizarine brute par l'eau de chaiLX et on met l'acide en liberté par l'acide chlorhydrique. Il cristalliso avec une molécule d'eau en aiguilles ou en paillettes jaunq d'or.
ANTHRAFLAVONE (éù anthracène, et du lat. flarus, laune) n. f. Substance jaune ayant la même composition que l'alizarine et contenant trois corps isomères qui se rattachent à l'anthracène.
— Encycl. L'anlhraflavone a été découverte en 1873 par Barth et Sonhofer, qui chauffaient vers 800% en tubes scellés, l'acide métaoxybenzoiquo avec l'acido sulfuriquo ; deux molécules d acide métaoxybenzoiquo se soudent avec perte de deux molécules d'eau.
L'anthraflavone est un mélange en proportions différentes de trois corps, isomcriques tous trois avec l'alizarine : l'acide aniraflavique, la métabenzdioxyanthraquinone, l'anthrarufine.
On prépare aisément l'anthraflavone en chauffant à lOO" pendant quatre heures, dans un ballon à long col non fermé. 40 gr. d'acide métaoxybenzoïque. 180 gr. d'acide sulfurique pur ot 20 gr. d'eau. On verse le produit dans l'eau, et il se précipite de Tanthraflavone brute d'un noir verdàtre (Rosenstniel).
ANTHRAGALLOL (de anthracène, et tjaUol) n. m.îsomere de la purpurine,- ainsi appelé parce qu'on- peut
ANTHRANILATE — ANTHROPOGRAPHIQUEMENT
le considérer comme de l'anthraquinone trihydroxylôe, ce qui en fait un phénol triatomique comme le pyrogàllol.
— Encycl. Uanthragallol C'H'O'' a été découvert par Seuberlicli en IS77. On le prépare en faisant agir l'acide suJfurique sur l'acide benzoïque, mélangé à l'acide gallîque ; la température doit être portée graduellement à 125°.
L'anthragallol ainsi cristallisé est orun. Il est peu soluble dans l'eau, le sulfure de carbone, le chloroforme : soluble en brun dans l'alcool, l'éther, l'acide acétique et l'acide sulfurique, en vert dans les alcalis caustiques. L'anthragallol se volatilise sans fondre ; au-dessus de 290"», il se décompose. L'acide azotique le transforme en acide phtalique. L'amalgame de sodium le réduit et donne une dioxyanthraquinone qui paraît identique à l'alizarine.
ANTHRANILATE n. m. Sel formé par l'action do l'acide anthranilique sur une base. Les anthranilates sont encore appelés carbanilates et phénylcarbamatcs.
ANTHRANILIQUE (du gr. anthrax, charbon, et de anilique) adj. Se dit d'un acideque l'on obtient en faisant bouillir de la potasse caustique avec de lindigo bleu. L'acide anthranilique a pour formule C'H'AzO^;on l'appelle encore acide carbaniiK^ue, et acide phénijlcarbamique. II cristallise en prismes mcolores. transparents, très brillants. Il est peu soluble dans l'eau froide, mais très soluble dans l'eau bouillante, l'alcool et l'éther.
— Se dit encore d'un éther que l'on obtient en faisant dissoudre l'éther nitrobenzoïque dans l'alcool et en y ajoutant une petite quantité de sufhydrate d'ammoniaque. V éther anthranilique, appelé aussi éther carbanilique, car^ baniléthajie, phénylcarbamate d'éthyle, est une substance huileuse, presque incolore, insoluble dans l'eau et soluble dans l'alcool.
ANTHRANOL (de anthracène, et terminaison ol de alcool) n. m. Corps jaune cristallisé, l'une des trois formes de l'anthracène monooxygéné (Libermann et Topf).
— Encycl. L'anthranol C'*!!'''© ou C'H'OH est un alcool anthracênique. Le meilleur procédé pour l'obtenir consiste à ajouter de la grenaille d'étain à un mélange d'anthraquinone et d'acide acétique cristallisable ; on chautfe et on traite par l'acide chlorhydrique; on purilie le précipité par cristallisation dans l'acide acétique. Il se présente en aiguilles jaunes, fusibles vers 170» avec traces d'altération La poudre de zinc le réduit et régénère l'anthracène ; l'acide azotique ordinaire l'oxyde et ramène à l'anthraquinone.
ANTHRAQUINONE (de anthracéne, et quinone) n. f. Composé qui présente avec l'anthracène le même rapport de composition que la quinone vis-à-vis de la benzine, et qu'on a aussi appelé paranaphtalosk, anthracénuse,
OXANTHRACKNE, OXYPHOTÊNE. V. QUINONE.
— Encycl. Chim. Constitution de l'anthraquinone. "L'anthraquinone a été découverte en 1835 par Laurent dans les produits d'oxydation de l'anthracène. Grœbe et Libermann ont choisi le nom de anthraquinone, parce que ce corps présente avec l'anthracène la même rapport de composition que la quinone avec la benzine : la Denzine étant C'H% la quinone est C'H'O'; l'anthracène C"H'", l'anthraouinone C'*H«0'.
Préparation. I/anthraquinone se produit en chauffant un mélange de benzine et de chlorure de phtalyle en présence du zinc ou du chlorure d'aluminium. Elle se produit encore en distillant du benzoate de calcium avec de la benzophénone. Dans l'industrie, elle se prépare en oxydant l'anthracène dissous dans l'acide acétique par un mélange de dichromate de potassium en présence de l'acide sulfurique. On précipite ensuite par l'eau, on distille le précipité, puis on le sublime.
Propriétéa. L'anthraquinone cristallise en aiguilles jaunes fusibles à 273°. Elle est insoluble dans 1
soluble dans l'alcool, assez soluble dans la beni
cide azotique la dissout à chaud et la laisse déposer froid sans altération.
L'acide sulfurique agissant à 200" donne, avec l'anthraquinone, des acides sulfo-conjugés; le bisulfate de sodium, chauffé vers 270" en vase clos avec l'anthraci^uinone, donne l'acide disulfo-conjugué. Un mélançe d'acide sulfurique concentré avec son volume d'acide nitrique de densité 1,50 fournit à 40» le dérivé dinitré.
Les oxydants ont peu d'action sur l'anthraquinone L'acide iodhydriquo àrébulliiion conduit successivement par son action hvdrogénante, à l'anthranol, puis à l'hydrure d'anthracèrie.
Le perchloruro de phosphore, à 300», fournit du dicliloranthracène mélangé avec d'autres dérivés substitués. A 250°, la potasse solide la transforma en acide benzoïque.
— Isomère de l'anthraquinone. On connaît un isomère de l'anthraquinone cristallisé en aiguilles rouges rappelant l'alizarine, mais soluble dans les alcalis. Sa vapeur, chauffée à 300", se transforme en anthraquinone. On obtient cet isomère dans l'action successive de l'acide nitrique et de l'acide sulfurique sur la matière formée eu traitant l'anthracène par le chlore.
— Oxyanthraquinones. On peut les considérer comme les produits de substitution de OH à H dans l'anthraquinone; il en existe un grand nombre qu'on peut répartir ainsi :
1° Mono — C'*H'0'OH : Oxyanthraquinone, érythroxanthraquinone.
2" Ui — C"H<'0' (OH)' : Alizarine, quinizarine, xanthopurpurine , métabenzdioxyanthraquinone , anthrarulîne , isoalizarine, acide anthrallavique, acide isoanthraflavique, acide frangiilique, chrysazine, hystazarine.
3» Tri — C'*H»0'{OH}» : Purpurine, isopurpurine, flavopurpurine, oxychrysarine, anthragallol, bioxyanthraquinone.
4" Tetra — C'*H'0' (OH)' : Rufiopine, anthrachrysono, oxvpurpurine, quinalizarine.
5" Penta— C'H'OXOH)» : Dioxyanthragallol.
6» Hexa — C'*H'0' (OH)*' : Acide rutigalTique.
A part l'alizarine, aucune des dioxyanthraquinones n'est susceptible de teindre les mordants : au contraire. les trioxyanthraquinones sont toutes douées de pouvoir tinctorial.
Monoxyanthraquinones, C'*H'0'OH. On obtient simultanément l'oxyanthraquinone et l'érythroxyanthraquinone en chauffant le phénol avec l'anhydride phtalique et l'acide sulfurique. On les sépare assez facilement, car lo second est beaucoup plus soluble dans l'alcool à chaud
qu'à froid, ce qui n'a pas lieu pour le premier. Ces deux corps, traités par la potasse, sont transformés en alizarine. L'oxyanthraquinone joue le rôle d'acide monobasique et forme des seJs colorés en jaune ou en rouge. Elle ne teint pas le coton mordancé. L'érythroxyanthraquinone donne un spectre d'absorption qui présente une baudo jaune n'existant pas dans celui de l'oxyanthraquinone; l'acide azotique la transforme en acide phtalique.
Nous étudierons les autres oxyanthraquinones à leur ordre alphabétique.
— Dérivés substitués de l'anthraquinone. Le chlore et le brome fournissent des dérivés mono, di. tri, létra et pentasubstitués qui présentent quelques isoniéries ; on connaît aussi les dérivés mono et disulfoniques, les dérivés mono et dinitrés, ainsi que quelques dérivés amidés et azoiques. Beaucoup de ces composés, surtout les dérivés disuDstitués, donnent de l'alizarine au contact de la potasse en fusion. La divitroanthraquinone on réactif de Fritzsche s'obtient en faisant bouillir l'anthracène avec de l'acide azotique.
— Acides anthraquinone-sulfoniques. L'acide monosulfonique CH'O'SO-'H se produit en même temps quo l'acide disulfonique C"H"0» (SO'H)" dans l'action de l'acide sulfurique sur l'anthraquinone. Ces deux corps sont jaunes, assez solubles dans l'eau ; les sels de l'acide disulfonique sont plus solubles que ceux de l'acide monosulfoniquo. L'acide disulfonique, traité par la potasse on fusion, donne de l'alizarine : c'est l'intermédiaire le plus avantageux pour la fabrication do l'alizarine artilicielle.
— Dérivés amidés et azoiques. Citons : l'a- monamidoanthraquinone C'H'O' (AzH"), poudre rouge brique, fusible à 2.ÏG» et sublimable : Ta- diamidoanthraquinono C'*H^O^ {AzH')' cristallisant en aiguilles rouge grenat, fusibles à 230» et sublimables ; l'azotate d'a-diazoanthraquinone C'H'O'Az'AzO' en poudre rose, qui, par ébullition avec l'eau, fournit l'oxyanthraquinone.
ANTHRARUFINE (de anthracéne, et du lat. rufus. jaune) n. f. Corps jaune cristallisé se rattachant à l'anthracène et isomérique avec l'alizarine.
— Encycl. L'nnthraru/ine C'H'O' est un des corps qui constituent l'anthraflavone. CV.cemot.) On l'obtient soit à partir des résidus de fabrication de l'alizarine, soit par l'action de l'acide nitreux sur la diamidoanthraquinono.
C'est un corps jaune, presque insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool, assez soluble dans la benzine, lo
-- suffit pour colore
chloroforme ot la potasse.
l'acide sulfurique en rouge cerise très intense. Les acides azotique ou azoteux font virer la coloration au jaune. L'anthrarutine ne teint pas les mordants de fer et d'alumine • elle forme avec la baryte et la chaux des laques cramoisies insolubles. Fondue avec la potasse, elle s'oxyde en donnant l'oxyanthraruline isomère de la purpurine.
ANTHRAX (du gr. anthrax, charbon) n. m. Tumeur inflammatoire du tissu cellulaire sous-cutané et des glandes sébacées.
— Encycl. Le nom de anthrax désignait autrefois deux affections; Yanthrax bénin a seul conservé le nom d'anthrax; Y anthrax malin a pris celui de charbon.
L'anthrax diffère du furoncle seulement par le volume. Il consiste lui aussi dans l'inflammation des prolongements que le tissu cellulaire envoie dans les aréoles Kbreuses du derme. Dans l'anthrax, plusieurs paquets cellulo-graisseux sont atteints, un seul est pris dans le furoncle.
L'anthrax se présente sous la forme d'une tumeur circonscrite, dure, luisante, tendue, chaude, d'un rouge vif à la base et violacé au sommet. Cette tumeur est le siège d'une douleur très vive, continue, à la fois brûlante et lancinante. Au bout d'un temps variable, quinze à vingt jours, la peau se perce en plusieurs endroits, et il sort un pus sanguinolent, une matière grisâtre et pulpeuse appelée bourbillon. Le volume de 1 anthrax varie entre celui d'un œuf de pigeon et celui d'un œuf de poule. Quand l'anthrax reste circonscrit, lagaénson est la règle; il est di/fus ou envahissant quand il gagne les tissus environnants par pousses successives ; il est alors très grave et peut amener la mort, par suppuration prolongée, par gangrène. L'ongine microbienne de l'anthrax ne fait aucun doute; on incrimine le staphylocoque doré, qui pénètre dans le tissu cellulaire à la suite d'érosions, ce qui explique son siège aux parties les plus découvertes du corps et surtout aux limites de ces parties. Il peut être sous la dépendance du diabète, de la goutte, de troubles gastriques, de l'azoturie. — Le traitement consiste en pulvérisations antiseptiques, onctions grasses, bains locaux antiseptiques, cataplasmes de fécule. L'ouverture de la tumeur est quelquefois nécessaire; elle se fait soit au bistouri, soit au thermocautère. Le pansement antiseptique est de rigueur. Le traitement interne consiste surtout à soutenir les forces du malade.
ANTHRAX (du gr. anthrivr, cliarijon) n. m. Genre d'insectes diptères, brachycères. A *v groupe des tanystomes onho- *°*"^ 'S''' '""' céres, famille des bombylidés, renfermant de très nombreuses espèces parasites de divers insectes hyménoptères. Les anthrax sont des mouches de taille grande ou moyenne ; leurs ailes sont vitrées, tachées de noir ou do brun. Us sont répandus sur tout le globe.
ANTHRAXANTHIQUE (de anthracéne. et xanthique'i adj. Se dit d'un acide isomérique avec l'alizarine trouvé dans l'alizarine artifici ot probablement identique avec 1'; anthraflavique.
Anthn
ANTHRÈNE (du gr. anthréné, nom d'insecte) n. m. Genre d'insectes coléoptères clavicornes, famille des dermestides, renfermant de nombreuses espèces répandues sur tout l'hémisphère boréal.
— Encyhl. Les anthrénes sont de trè beaucoup attaquent les fourrures, les herbiers, les collections d'insectes, comme Yanthrenus musœorum.
petite tail
fleur, et rhepein, avoir du d'oiseaux ténuirostres, famille
ANTHREPTE (du gr. antlv penchant pour) n. m. Genre des méliphagidés, renfermant des soui-inangas de Malaisie à bec robuste et peu recourbé. Citons l'aiithreptes javanicus (Java).
La taiUo de l'anthrepto varie ; tantôt c'est celle du roitelet, tantôt celle du chardonneret.
ANTHRIBE (du gr. anthos . fleur , et tribein , broyer) n. m. Genre d'insectes coléoptères, type de la famille des anthribidés, renfermant quelques espèces des régions tropicales et une seule européenne : anthribus albi- 7ms, assez rare en France.
ANTHRIBIDÉS (même étyra. qu'à l'article précéd.) n. m. pi. Famille d'insectes coléoptères rhynchopliores, voisins des curculîonidés. —
Un ANTHRIBIDÉ.
— Encycl. Les anthribidés renferment de nombreuses formes principalement répandues dans les régions chaudes du globe, vivant dans les bois; certains, parleurs longues antennes, ressemblent à des longicornes. Le type de la famille est le genre anthribe.
ANTHRISQUE (trisk' — du gr. Anthribe (gr. d'un tiers)
Genre pèce est connue sous le nom
thriskos, cerfeuil) d'ombellil'ères, dont une de cerfeuil.
— Encycl. Calice à limbe presque nul ; fleurs blanches; pas d'involucre ; involucelles à plusieurs folioles; carpelles prolongés supérieurement en bec ; tels sont les principaux caractères du genre anthrisque. Les espèces les plus connues sont Y anthrisque commun^ Yanthrisque cerfeuil, et Yanthrisque sauvage.
ANTHROI^ {do anthracéne, et terminaison oZ de alcool) n. m. Nom de deux des trois corps isomériques qui représentent l'anthracène monooxygéné. (Ces deux sortes d'alcools isomériques, se rattachant à l'anthracène par leur composition, ont été obtenus par Zincke.)
ANTHROPIATRIE (du gr. anlhrâpos, homme, et iatreia, guérison) n. f. Art de guérir les hommes. Il Sj'n. inusité
de MÊDBCINE HUMAIN!-;.
ANTHROPIATRIQUE (rad. anthropmtrie) adj. Qui concerne la guérison des maladies de l'homme.
ANTHROPINE du gr. anlhrâpos, homme) n. f.Mélange de stéarine et de palmitine qu'on retire do la graisse humaine.
ANTHROPIQUE adj. Se dit d'un acide qu'on croyait contenu dans l'anthropine. mais qui n'est qu un mélange d'acide stéarique et d'acido palmitique.
ANTHROPOCENTRIQUE adj. Qui a rapport à l'anthropocentrisme ; L'illusion .ANTHROPOCENTRIQUE.
ANTHROPOCENTRISME (du gr. anlhrâpos, homme, et de centre) n. m. Doctrine, théorie qui voit dans l'homme le centre des choses, la fin absolue do la nature.
ANTHROPOCHIMIE(du gr. anthrôpos, homme, et de chimie) n. f. Nom donné quelquefois à la partie de la chimie qui confine à l'anatomie, et qui, par l'analyse de nos tissus et de nos humeurs, détermine les principes immédiats de notre organisation, il Etude des phénomènes chimiques de la vie.
ANTHROPOCHIMIQUE adj. Qui concerne l'anthropo-
ANTHROPODICÉE (du gr. anthropos, homme, et diké, justice) n. f. Science de Thomme moral. nPartie de la théologie qui traite de la destinée de l'homme.
ANTHROPOGÉNÉSIE (du gr. anthropos, homme, et rjénésis, génération) n. f. Science de la génération de l'homme.
Syn. ANTHROPOGÉNU;, et ANTHROPOGONIE.
ANTHROPOGÉNÉSIQUE adj. Qui a trait à la génération de l'homme. Syn. anthropogénique.
Anthropogénie ou Histoire de l'évolution humaine par Ernest Hœckel. prol'esseur à l Université d'Iéna il" éd., 1875; traduction fran<;aise de Ch. Lotourneau, 1877). L'auteur y étudie d'une part Youtogénie, c'est-à-dire l'histoire du développement de l'homme considéré comme individu , isolé (l'embryologie), et d'autre part la phtjlogénie, c'està-dire l'histoire dudéveloppement de l'espèce humaine et des différentes formes animales qui, par une série do transformations, sont parvenues à la constituer à travers le lent écoulement des siècles. Ses conclusions, fondées sur la paléontologie et l'anatomie comparée, sont quo l'homme doit dériver d'une forme simple, l'organisme unicellulaire,
2ui s'est développée peu à peu à travers une longue série e siècles. "Vers la fin de l'époque tertiaire eut lieu l'apparition de l'homme-singe {alalus), qui, transformant graduellement son cri anormal en sons articulés, produisit, vers la fin du pliocène, l'espèce humaine actuelle.
ANTHROPOGÉNIE ou ANTHROPOGONIE n. f. Syn. do ANTHROPOGÉNÉSIE.
ANTHROPOGÉNIQUE adj, Syn. de ANTHROPOGÉNÉSIQUK.
ANTHROPOGÉOGRAPHIE ( du gr. anthropos, homme, et géoi/ruiiliir) n. f. P.irtie de la géographie qui s'occupe de la répartition à la surface du globe et du mode d'existence des populations humaines.
ANTHROPOGLOSSE (du gr. anthropos, homme, etglàssa^ langue^ adj. Qui iiiiitn la voix, la parole humaine.
ANTHBOPOGNOSIE ( f/n dur— du gr. anthropos, homme, et i/'i'k:!\\ ( niiiKii^sam !■ 1 n. f. Syn. de anthropologie.
ANTHROPOGNOSIQUE adj. Syn. de anthropologique.
ANTHROPOGRAPHE (du gr. anthropos, homme, etr/rapAein, décrire) n. m. Celui qui décrit l'homme physique, ou qui écrit sur l'histoire naturelle du genre humain. Il .\rtiste qui reproduit la forme, la figure humaine.
ANTHROPOGRAPHIE (rad. anthropographe) n. f. Des-
ptiiMi an.-idiiijKjiie du corps humain, ii Reproduction par
d.-la
de la fig
ihun
ANTHROPOGRAPHIQUE adj. Qui a rapport à l'anthropographio.
ANTHROPOGRAPHIQUEMENT adv. D'une manière anthropographique.
ANTHROPOHISTOGRAPHIE (po-iss — du Rr. nnthràpo», ho[iirni>. ot do /iLtlof/raiihir) n. f. Partie do l'anatoinic liuniuiiio ou ant)iro])otomio qui (Hudio les lissus élùmoatairos dont est cunipusù lo corps luimain.
ANTHROPOÏDE (du gr. anthrâpos, hommo, 6t eidos, rossomblanco] adj. Morphol. Qui rossomblo à l'homme; dont la ripnro rappollo la (Iguro luimaino.
— Maniin. Nom donné aux sinj:r6s qui so rapprochent lo plus de l'iiomuio. V. ANïiiuoi'OMORruKS ot singes.
ANTHROPOÏDES n. m. pi. Ornith. Gonro d'oiseaux échassiors, famillo dos hôrodiidés ou ardridôs, ronforniant dos grues africaines dont la plus commune, anthropoidffi virgo {ou demoiselle de iVumidie), so trouve depuis le midi dol'Eurnpc ju*;qu'au contre do l'Afrique ot au S. do l'Inde. Citons Yanihi-djimilfH parad'tftena, grue de paradis (Afrique méridiuiialci. — In ANTunopoiDB.
ANTHROPOLÂTRE (du gr. anthrôpos, homme, et latreta, culte) n. Celui. <'olle qui aUoro un dieu sous des formes humaines, il Celui qui divinise ot adoro un homme.
ANTHROPO LATRIE (rad. anthropolâtre) n. f. Adoration de l'homme doiliô. ii Culte d'un dieu conçu sous des formes humaines. {C'est une conséquence do ranthropomorphisme.)
— Encycl. Los héros ou demi-dieux do 1 antiquité, plus tard les empereurs romains, furent déiliés et l'objet d'un culte. Cette pratique so retrouve chez certains peuples niodernos, d'une civilisation peu avancée. Des peuplades do l'Amoriquo centrale déifiaient les microcéphales. Beaucoup d'autres ont déifié et déifient les chefs morts. Cette coutume adonné liou à l'interprétation do la mythologie qu'on nomme la'tÔMÉHisMK. V. ce mot.
ANTHROPOLÂTRIQUB adj. Qui a rapport à l'anthropolatrie.
ANTHROPOLÂTRIQUEMENT adv. D'une manière anthropolâtriqne.
ANTHROPOLITHE (du gr. anthrôpos, homme, ot lithofi, pieri"'-: n m N.nii qui a été donné aux ossements humains tossilo>. (',' i.riii-' n'est plus employé.)
ANTHROPOLOGIE (du gr. anthrôpos, homme, et logos, discours) n. f. Traité do niommo, étude de l'homme envisagé dans la série animale ; histoire naturelle de l'homme : L'application des lois pbijsiolorfiqnes à V\s- THRoroLOCiE conduit invinciblement à reconnaître l'unité de l'espèce humaine. {A. de Qualrefages.)
— En T. de rhétor. Figure par laquelle on personnifie un être, une abstraction, qui n'a rien de commun avec l'humanité : Comme l'écriture est faite pour les siynples comme pour les savants, elle est pleine ^'anthropologies. (Mallebranche.) Il On dit aussi ANTHRoropATHiK.
— Encycl. Le mot anthropologie a été employé en divers sens. Lorsqu'on a dit, par exemple, quo u le paganisme fat en réalité le culte de /'anthropologie i», on a entendu par là que l'homme avait prêté à la divinité des organes humains aussi bien que les sens, les passions qui caractérisent l'humanité. Malebranche, en écrivant : « Comme l'écriture est faite pour les simples, elle est pleine d'A'sthropologieso, s'est servi d'une figure de rhétorique par laquelle il a voulu personnifier un être, une abstraction, qui n'a riert de commun avec l'humanité.
Définition et historique. Aujourd'hui, le mot anthropologie s'emploie uniquement pour désigner une science que James Hunt a définie : « la science de l'humanité i>. Pour Broca, l'anthropologie est « l'élude du genre humain considéré datis son ensemhle, daiis ses détails et da/is ses rapports avec le reste de la nature » ; ou bien encore " ihistotre naturelle du genre humain». Cette dernière définition est presque exactement celle de Quatrefages, pour qui «' l'anthropologie est l'histoire naturelle de l'homme». Et ce savant ajoute que l'histoire naturelle de l'homme doit être faite comme l'entendrait un zoologiste qui étudierait un animal. Or, si la connaissance des seuls caractères physiques ne peut donner qu'une idée bien imparfaite d'une espèce animale quelconque, à plus forte raison en est-il ainsi lorsqu'il s'agit de l'homme, chez qui les phénomènes intellectuels se manifestent de mille manières diverses.
L'anthropologie est une science née, pour ainsi dire, d'hier, et on s'explique très bien qu'elle n'ait pas vu le iour plus tôt. Elle s'appuie, en efi'et, sur l'anatomic et sur la biologie, sur la géographie et la linguistique, sur la zoologie, la paléontologie et l'archéologie, et il fallait que toutes ces sciences eussent aci|uis un certain développcmentpour que 1 histoire naturelle de l'homme prit naissance. Il était nécessaire que les voyageurs nous eussent fait connaître les groupes humains qui vivent à la surface du globe pour quoa pût songer à en faire une classification. Les anciens, qui manquaient de ces données essentielles, avaientadmis Vexistencede peuples androgynes(Aristote), de tribus à œil unique, de races à pieds tournés en arrière, d'individus sans tête ou avec les yeux sur les épaules (Pline). Au moyen âge, les écrivains parlent encore gravement d'êtres moitié hommes et moitié poissons. Il faut arriver au xviii* siècle pour voir aborder d'une façon sérieuse les études anthropologiques : Linné assigne une place à l'homme dans sa classification zoologiquo ; Camper montre que l'angle facial varie suivant les races; Buffon écrit son Histoire naturelle de l'homme ; puis Blumenbach essaye de déterminer avec précision les caractères physiques des divers groupes humains et tïeut compte notamment de la conformation crânienne.
Mais ni Bufl'on, ni Blumenbach n'avaient de matériaux suffisants; aussi leurs œuvres renferment-elles de noml^reuses erreurs et des lacunes plus nombreuses encore. Prichard, en Angleterre, et William Edwards, en France, ont. repris l'œuvre de leurs devanciers. Le premier a consacré toute sa vie à la rédaction d'un véritable monument
ANTHROPOIIISTOGRAPIIIE — ANTHROPOLOGIE
anthropolo^ l'ethnologie Lo second (■ dont le but ^ ractère inui historiques Les quest l'homme préhistoriqu
dans lequel l'histoire naturelle générale, hneiii-ifiiin.^ s<^ l'iV-tent un mutuel appui. ' l'tii ■ I- ' l:i Société ethnologique,
■' ■ ' iisation physique, le ca-
i.u. 1 - I. niques et les traditions . :, i.t. < ^ liumaines.
à l'ancienneté de l'humanité, à ù. l'homme fossile, ne pouvaient r elles se
ii; i-
être abordées par Prichard et W. Edw
F osaient à peine. Dès la fin du xvr ouvrage n'a vu le jour (^u'en 18
dont de:;
instruments de pierre, qif il regardai des plus anciens des hommes » ; en i : - i avait,
de son côté, comparé les objets en pirrrr qu on trouva enfouis dans le sol aux instruments employés par quelques
sauvages modernes; Goguotot Mahudol avaient on partie exposé les mftmes théories. Mais les faits étaient peu nombreux, ot tes idées superstitieuses qui régnaient dans toute l'Kurope emp/^chaiont don comprendre la portée.
Dans les premières années do notre siècle, un antiquaire danois, Thomson, entreprit dans les vieux tombeaux do son pays dos fouilles méthodiques, qui lui firent bientôt reconnailro trois âges ditféronts, caractérisés par la matière qui servait habiluolioment à confectionner les outils : l'âge de la pierre, l'âge du bronze ot l'âge du fer. II publia en 1836 les résultats do ses recherches. En 1847, trois autres Danois, Forchammer, Steenstrup et Worsase, firent faire un nouveau pas â l'anthropologie préhistorique. Mais leurs découvertes, comme celles do l'homsen. tout on se rapportant à des tribus antérieures à l'histoire, no remontaient pas au delà do notre époque géologique.
Cependant, quelques restes antédiluviens, comme on disait alors, avaient été recueillis dès le début du xviii* siècle en Allomagno et en Angleterre ; l'importance do ces découvertes ne pouvait être comprise, car la géologie était dans l'enfance, et la paléontologie n'existait pas. Lorsque Cuvier eut révélé l'existence ancienne do nombreuses espèces animales aujourd'hui éteintes, on fut conduit à so demander si l'homme avait été le contemporain de quelauos-unes d'entre elles ; et c'est alors que neaucoup de savants so mirent à la besogne. Parmi eux, les Français occupent un rang des plus honorables, et on ne saurait passer sous silence les noms do Boucher de Porthes et d'Edouard Lartot.
A la fin de l'année 1838, on commençait à entrevoir l'impoi-tance qu'allaient acquérir les études relatives à l'être humain, et le professeur d'anatomie humaine du Muséum de Paris fut chargé d'enseigner cette branche nouvelle de la science. Lorsque, en 1855, de Quatrefages fut nommé à la chaire, elle prit le titre do chaire d'anthropologie. C'est vers cette époque qu'eurent lieu les premières découvertes importantes relatives à l'homme quaternaire. Ce fut l'année suivante que Darwin et Richard Wallaco publièrent leurs remarquables ouvrages sur le transformisme. L'élan était donné : les grandes questions de l'origine de l'homme, de l'unité de l'espèce humaine ou de la pluralité des groupes spécifiques humains passionnaient tous les esprits. En 1859, Broca l'onda la Société d'anthropologie de Paris pour grouper tous ceux qui s'intéressaient à ce genre d'études. "V. anthropologie {Société d').
Programme. Les progrès de la science nouvelle ont dépassé toutes les espérances, et son domaine s'est élargi de plus en plus. Les questions qui rentrent dans le champ de ses études sont si variées, qu'il est devenu nécessaire d'établirdes divisions. L'anthropologie étudie l'homme au point de vue de ses caractères physiques, de ses organes, depuis la vie intra-utérine jusqu'à Textrême vieillesse. La physiologie a, pour lui, presque autant d'importance que l'anatomio.
Divisions. Parmi les organes de l'être humain, il en est un qui atteint un développement des plus remar(|^uablrs et dont le fonctionnement donne lieu à des manilestations extrêmement variées : c'est le cerveau. L'étude des diverses manifestations de l'activité cérébrale, autrement dit « des caractères intellectuels », a une importance considérable quand il s'agit de l'homme : la sociologie (mœurs, coutumes, arts, industries, etc.), la linguistique, la ps]i~ chique {moralité, mvthologie) rentrent dans cet ordre do phénomènes. Enfin, Vôtre humain doit être étudié dans ses conditions anormales de fonctionnement, aussi bien quo dans ses conditions normales. Certains caractères pathologiques ont même paru assez importants pour justifier la création d'une division spéciale ; I'anthropologie criminelle, fondée, il y a quelques années seulement, par Lombroso et ses disciples.
— L'anthropologie générale s'occupe de l'étude des caractères précédents chez l'homme envisagé comme individu isolé de la grande famille humaine. C'est dans son domaine que rentrent toutes les questions qui se rattachent à l'origine de l'homme, à l'ancienneté de notre espèce, à son centre d'apparition, aux modifications quo subissent les types sous l'influence des milieux, à la formation des races, à l'hérédité, aux croisements, etc.
— L'anthropologie préhistoriqde ne constitue, en réalité, qu'un rameau de l'anthropologie générale.
Les caractères généraux de l'humanité une fois connus, on est conduit à se demander quelle place il convient d'assigner à l'homme au milieu des autres êtres vivants. Pour résoudre cette question, il est nécessaire de comparer l'être humain aux autres animaux, et c'est là le but do I'anthropologie zoologique. On constate rapidement des ressemblances étroites entre l'homme et les singes anthropomorphes (à forme humaine), ressemblances parfois si frappantes qu'on en arrive à se demander si tous ces êtres n'ont pas une origine commune. "L'embryologie démontre, de son côté, de telles analogies entre l'embryon humain et celui des mammifères, que la théorie évolutive de Lamarck, de Darwin, de Wallace, d'Hteckel et de leurs disciples devient bien séduisante. Les microcéphales, les idiots reproduiraient, par atavisme, une disposition normale chez certains de nos ancêtres. Le pithécanthrope découvert à Java par le D*" Dubois formerait le chaînon qui relierait l'humanité aux anthropoïdes.
— L'anthropologie descriptive {ou ethnoi-ogie) compare les divers groupes humains entre eux. L'histoire de chaque groupe, sa répartition géographique, son origine, les migrations qu'il a accomplies, les modifications qu'il a dû subir pour s'acclimater dans les contrées où il a essaimé, rentrent dans son domaine. Les caractères physiques fournissent de précieuses données pour la classification des groupes ; aussi sont-ils minutieusement étudiés par les anthropologues. Les crânes, notamment, (jui existent en grand nombre dans nos collections, ont été examinés au point de vue de leur forme, de leur volume, de leurs proportions, etc. Mais la craniologie n'est pas tout, et les autres caractères, anatomiques et morphologiques, doivent entrer en ligne de compte. La linguistique, la
Kociologio acquièrent une Imporlanco Kp^cialo lorsqu'il s'agit de comparer Io8 rac*;8 entre elle». L'ensemble des manifestations matérielles do rintolligcnco humaine constitue, HOU8 lo nom do kthnooraphik, un rameau particulier de l'anthropologie deHchptivo.
Application. Etant donnée l'ampleur du programme dô ranthropologie, il est facile do comprendre combieD pouvent être nombreuses «es applications. Les artistes sont obligés de la mettre journellement à contribution. Let philosophes, les penseurs puisent dans l'élude des groupes humains do précieux enseignements. Il en est de mémo des hommes politiques, des hommes do loi, des économistes, des sociologues, do tous ceux qui ont lo devoir d'organiser les sociétés modernes conformément aux données do la science. Lo colonisateur, le commerçant sont obligés â tout moment d'avoir recours à l'anibropologio, et 1 industriel, le médecin, tirent chaque jour prolil don
iseignemenis que leur apporte l'ethnographie.
" ' Uno ...
Enseignement .
science qui intéresse à des titres
1, Hache eilex taillé. — 2. Hache pierre polie. — 3. Hache bronze. —4. Poterie néolithique— 5. Crâne brachycéphale.— 6. Crâne dolichocéphale. — 7. Crâne orthogaathe