‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 396 sur 828 · LE PUY · texte numérisé non relu

LE PUY

Les rivières sont toutes des torrents redoutables : l'Ardèche peut monter de 20 m., rouler des quartiers de roche, et, dans son élan, traverser le Rhône. Le seul lac un peu considérable est celui d'Issarlès ( 90 hectares), qui remplit un cratère.

Le climat, généralement sain, est variable; très chaud dans la vallée du Rhône, il est tempéré dans les vallées du nord, froid et quelquefois très âpre dans les Cévennes. Le pays est essentiellement agricole ; la récolte en céréales, inférieure à la consommation, est suppléée par celle de la pomme de terre. L'ouest, très accidenté, est seul à peu près stérile. Les montagnes même et les plateaux sont exploités. L'altitude, l'exposition font varier les cultures. Les plaines de l'est et du nord

f)roduisent des céréaes, des légumes, des pommes de terre ; les coteaux sont couverts de vignes, d'arbres fruitiers (mûriers surtout et châtaigniers). Les arrond. de Largentière et de Privas sont les meilleurs pour le mûrier, les vers à soie, par leur douce température. Les châtaignes du Vivarais sont très estimées sous le nom do « marrons de Lyon ». Les vins du Vivarais sont vantés fvins blancs de Saint-Péray, vins rouges de Limony, de Villeneuve-de-Berg et de Rosières). Sauf la race bovine, les animaux domestiques sont chétifs; peu de gibier à poil, sauf les lièvres et lapins, mais beaucoup d'oiseaux (bartavelles du Vivarais). Les cours d'eau sont poissonneux.

L'Ardèche est devenu manufacturier, grâce à la culture du mûrier et à l'éducation des vers à soie. On y compte aujourd'hui quarante-cinq filatures de cocons et près do trois cents fabriques de soie. Le départ, possède aussi de grandes manufactures de papier (à Annonay surtout), des fabriques d'huile de noix, des mégisseries, des tanneries (préparation de peaux de chevreau pour la ganterie). L'Ardèche est riche en minéraux : fer, houille, lignite, zinc et plomb sulfurés, antimoine, kaolin, cristal de roche, spath flTuor, pierre de taille, pierre à chaux, pouzzolane, marbre, porphyre, basalte. La chaux hydraulique du Teil, les marbres de Chomérac et du Pouzin, le silex de Rochemaure, la pierre Hthographiquc <ie Saint-Péray, la pierre de laill.- de Cruas, de Bourg-Saint-Andéol et de Viviers,

en 1710, mort à Londres on l7i5G. Il grava à la manière noire des sujets religieux et de nombreiLx portraits, d'après Murillo, Rembrlindt, Rubens, Van Dyck, Hogarth, Reynolds, œuvres remarquables par le moelleux^et la finesse.

ArdemanO (Teodoro), architecte, peintre et sculpteur, né à Madrid on 1664, mort en 1726. D apprit la peinture sous Claudio Coello et se livra ensuite à l'étude des mathématiques et de l'architecture. Ses principaux travaux sont : la construction d'une partie de la cathédrale de Grenade, le palais de Saint-Ildefonse et le beau maître-autel de la chapelle. Ses meilleures sculptures sont celles des tombeaux du dauphin de France et de la reine de Savoie. Parmi ses peintures, on cite les fresques de l'église Saint-François, à Madrid.

ARDEMMENT adv. D'une manière ardente, n Ne s'emploie qu'au fig., dans le sens de Avec chaleur, avec passion : Aimer ardemment. Vouloir une chose ardemment. Discuter aedemment.

Arden de Feversham, tragédie anglaise attribuée à Shakspeare. C'est la mise en action, très dctaillce, de l'assassinat d'un mari par sa femme et par l'amant de

celle-ci. Avec Arden de Feversham. la tragédie a fait deux progrès importants. D'une part, elle a trouvé dans le monde moderne, en dehors de la mythologie et de l'antiquité, une situation et des caractères dramatiques nouveaux; de l'autre, elle a appliqué au drame la langue riche et variée de la poésie lyrique... C'est l'avènement du lyrisme dans le drame anglais.

Ardennais. aise, celui, celle qui habite les Ardennes. — Les Ardknnais. n On écrit aussi Ardennois.

— Adjectiv. Qui appartient aux Ardennes ou à leurs habitants : Race ardennaise.

— Encycl. Zootechn. La race bovine ardennaise se trouve entre la Meuse et l'Aisne. Son corps est long, sa poitrine étroite, son encolure mince, ses cornes petites, ses jambes fines; son poil est pie, blanc et noir; sa peau est assez fine. Elle est nonne laitière, mais médiocre pour la boucherie. V. bœuf.

— Chevaux ardennais. Les Ardennes produisent des chevaux d'attelage et de petits bidets. Le cheval ardennais proprement dit a la tête très expressive, l'encolure large, fortement garnie de crins, les extrémités sèches, les hanches saillantes, mais la croupe trop avalée. Lorsqu'il a la taille voulue, ce cheval convient très bien pour l'artillerie et la cavalerie de ligne. Il est fort, rustique, résiste bien aux intempéries et aux privations. V. cheval.

Ardenne. On désigne sous ce nom un pays bien délimité s'étendant en France, en Belgique et en Allemagne, des sources de l'Aisne à celles de la Roër, entre les plaines ondulées e t sèches de la Champagne et du Luxembourg et les plaines basses et fertiles de la Belgique. Des couches schisteuses et des quartzites appartenant aux plus anciennes formations sédimentaires, voilà ce qui constitue presque uniformément la géologie de l'Ardenne et donne une grande simplicité à sa contexture physique. L'Ardenne est un vaste plateau marquant la fin des plaines, du grand système montagneux de l'Europe centrale. Ce plateau, large d'environ 50 kilom., découpé par des vallées et des gorges profondes, se dresse à une hauteur à peu près uniforme de 300 à 500 m. : il atteint même 700 m. Sa partie centrale, entre la Meuse et l'Amblève, constitue l'Ardenne propre, tandis que la partie qui va en s'abaissant au delà de la rive gauche de la Meuse forme la Thiérache.

La région de l'Ardenne présente presque partout un sol maigre et peu favorable à la végétation. Elle est jurassique dans le centre, calcaire dans les montagnes du N.-O. et du S.-E., crayeuse dans la portion S.-O. Sa partie septentrionale forme l'Ardenne proprement dite, contrée hérissée de montagnes que couvrent des forêts ou que tapissent des bruyères. Dans le S.-O. s'étendent de vastes plaines nues ou des marécages ; la région centrale et la vallée de l'Aisne sont seules fertiles; là apparaissent les champs de blé, les vignobles et les vergers ; entre Mézières et Sedan, une sorte de rempart naturel abrite les terres contre les vents du N. et du N.-O., et les rend propres à toute espèce de cultures.

Dans ce pays au climat froid, à l'air vif, aux précipitations atmosphériques médiocres, parcouru par des rivières de plus en plus encaissées vers l'E., 1 eau ne peut pas filtrer dans des couches imperméables ni s'écouler partout, faute d'une pente suffisante. Aussi la contrée est-elle peu favorable à la culture, couverte de forêts, de landes et de terrains tourbeux ou marécageux {fanges ou fagnes). Le plateau ardennais, longtemps fermé aux progrès de l'agriculture et au mouvement industriel, est sillonné maintenant de routes et de voies ferrées en grand nombre, destinées à mettre en communication la France, la basse Allemagne et la Belgique, et qui ont amené à fusionner les gens de la plaine et les habitants très clairsemés du plateau (les Ar-minots).

— BiBLioGR. : D'Omalius d'Halloy, Mémoire pour servir à la description géologique des Pays-Bas et de la France (Namur, 1828); Gosseïet, l'Ardenne (Paris, 1888); Rayeur, la Trouée des Ardennes {Tour du monde, 1894).

Ardennes (caj^al des). Projeté dès Louis XIV, exécuté de 1821 à 1835, ce canal réunit la Meuse à l'Aisne, et par suite la Seine au Rhin. Il se détache de la Meuse près de Pont-à-Bar (entre Donchéry et Flize) et se termine à Vieux- lès -Asfeld, sur l'Aisne, après un parcours do 100 kilom. dans les dép. des Ardennes et de l'Aisne.

Ardennes (département des), formé de la hain Champagne et d'une partie du Hainaut français. Supci i 523.289 hect. Il comprend 5 arrond. {Mézières, ch.-l. ; lo tbel, Rocroi, Sedan et Vouziers), 31 cant., 503 comni et une population de 318.865 hab. Il fait partie du 6' cor]d'armée (Chàlons), de la 4* inspection des ponts et chau^ sées, de la 6" conservation des forêts, et de l'arrondisse ment minéralogique de Nancy. H ressortit à la cour d'appel de Nancy, à l'archevècné de Reims, à l'acadénu de Lille.

Ce département se divise en quatre zones principales : champenoise (vastes plaines nues, crayeuses et marécageuses); axonienne ou vallée de l'Aisne; centrale (Vouziers, Buzancy, Grandpré, Mouzon, Carignan, Sedan, Chêne-Populeux, Mézières, etc., si célèbres en 1792 et 1870), et ardennaise (Mézières et Rocroi).

Le département est couvert par l'extrémité du plateau do l'Ardenne au N. et au N.-O., et par l'Argonne, entre la Meuse et l'Aire. Les points culminants de ces plateaux n'ont guère que 400 ou 500 m. d'altitude. Les étangs sont nombreux, mais il n'y en a guère d'assez considérables pour qu'on leur donne le nom do » lacs » ; l'étang de la Fosse-au-Mortier, près de Signy-l'Abbaye, est le plus important.

Le climat est déjà continental : brusques variations dans l'année et dans le jour. Les mois de septembre et d'octobre, presque constamment secs, senties plus agréables de l'année. V. Ardenne.

Le département des Ardennes, autrefois riche en forêts seulement, est devenu aussi agricole par des défrichements et des dessèchements. Les larges vallées du centre sont admirablement riches en blé ; le sud donne des vins passables ; les pâturag:es sont abondants et excellents ; bœufs et vaches sont petits, mais vigoureux; le mouton des Ardennes est renommé pour la qualité de sa chair et la finesse de sa laine. Les forêts et bois sont habilement exploités, de façon à entremêler les récoltes de céréales pauvres aux coupes de taUlis. Elles abondent en gros gibier, même en loups ; tout le département, d'ailleurs, est giboyeux, et les rivières sont poissonneuses.

L'industrie est très développée et disséminée dans le

Says : minos do for à Grandpré, Omont, Raucourt, etc., 'où industrie inétallurgiquo trôs variée. Lo cardago. lo poi^nage, la lUature, lo tissago ot lo tricotage do la laiiio onrichlssont aussi les Ardouaes (draps do Sedan). Viennent ousuito la tannerie, la fabrication du cuivre jaune ou laiton, lea verreries, les fabriques do blanc de côruso ot do blanc do plomb, la boisseilorio, l'exploitation du marbre (Givct), des pierres de taille (^oo carrières environ), des ardoisières (Kumay, Ilaybes, Rocroi, Rïmogno). La tourbo est oxploitéo dans la vallée do la lîar, à Renwez, Rocroi, etc. On trouve encore de la craie, du phos-

Fhato de chaux, dos marnes, du plomb, do la calamine, do argile à creuset, du sable à verrerie, du grés, do la pierre à chaux, etc.

ARUENNES

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