‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 404 sur 828 · ARGENTERIE - ARGENTINE · texte numérisé non relu

ARGENTERIE - ARGENTINE

Ai'éenté, ée part. pass. Qui a la couleur blanche, 1 éclat de rlr^entiionrfe ARGENTEE. Il Gris argenté.Coalexiv grise mêlée de blanc, ce qui lui donne de l'éclat : Cheveux, barbe

d'un GRIS ARGENTÉ. i. j ^

— En T. de bot. Se dit des feuilles couvertes d un duvet blanc et soyeux. , ^ . ■

S'argenter, v. pr. Etre argenté : Cerlains melattx ne neuvent s'argi-:nter que par des procédés particuliers.

— Par anal. Devenir blanc : Barbe qui s'argente.

— Anton. Désargenter.

ARGENTERIE n. f. Meubles, ustensiles d'argent. (Se dit particulièrement de la vaisselle et des ustensiles de taljlc) : Argenterie de famille.

— Collectiv. Croi.x, chandeliers, vases d'argent qui servent aux cérémonies du culte catbolique.

— Ancienn., Lieu où l'on versait les deniers publics. Il Chez le roi. Fonds qui s'établissait tous les ans pour

certaines dépenses extraordinaires.

— Enoycl. Econ. domcst. Pour entretenir en bon état {'argenterie, on doit, lorsqu'on s'en est servi, la laver successivement à l'eau bouillante, à l'eau chaude, à l'eau froide, la frotter avec une brosse et un morceau de flanelle, et enfin l'essuyer avec un linge fin et une peau de buffle. Plusieurs fois par mois, on doit la nettoyer avec du blanc d'Espagne délayé dans de l'eau ou dans un peu d'eau-de-vie, et enlever l'enduit avec une brosse douce, lorsqu'il est presque sec. Par ce procédé, on rend à l'argenterie son premier éclat. .

Lorsqu'on veut vendre de l'argenterie ancienne, on doit la soumettre à un nouveau contrôle et la faire marquer de nouveau, sous peine d'amende. V. orfèvrerie.

— Hist. des institutions. 'L'argenterie faisait partiede l'hôtel du roi. La date précise de la création de cet office n'est pas connue ; elle se place vers le commencement du XIV» siècle. La cause en fut dans l'accroissement des dépenses de la famille régnante et de la domesticité royale. On trouvera le détail des fonctions de l'argenterie, cidessous, au mot argentier.

Le mot argenterie parait encore, sous une autre forme, dans l'histoire des institutions : c'est au point de vue des lois somptuaires. Ces lois remontent jusqu'à l'époque de Charlemagne. Los invasions normandes firent disparaître la vaisselle d'or et d'argent usitée en France, mais elle ne tarda pas à reparaître. Les rois commencèrent par en interdire l'usage à ceux qui n'avaient pas une fortune considérable ; Philippe le Bel, impressionné par la grande crise monétaire que le royaume traversa sous son gouvernement, finit par prohiber entièrement la vaisselle d'or et d'argent, et, en 1310, il défendit aux orfèvres d'en fabriquer. Ces lois eurent l'inefficacité de toutes les lois somptuaires, et, malgré les désastres de la guerre de Cent ans.leluxedesvaissellesd'orotd'argentneht que grandir.

Argenteuil, ch.-l. de cant., arrond. et à 21 kilom. de Versailles (Seine-et-Oise), sur la Seine; 15.116 hab. Ch. de f. Nord. Vignobles, carrières de plâtre. Le réseau des chemins (le for du Nord se soude, à Argenteuil, avec celui des chemins do fer de l'Ouest. — Le cant. a 10 comm. et 34.29B hab.

— Histoire. Au vu' siècle, on fonda à Argenteuil un monastère de filles où se retira Héloise, l'amante d'Abélard, fuyant le ressentiment de son oncle. En 1129, Suger remplaça les religieuses par des religieux. L'église de ce prieuré possède, suivant la tradition locale, la tunique sans couture de Jésus-Christ.

ARGENTEUR, EUSE n. Celui, celle dont le travail consiste à argentor les métaux, etc. : C'est sur le cuivre surtout que ('ARGENTEUR exerce son art.

— Se dit adjectiv. de ce qui sert à argentcr : Le cyanure double est le sel argenteur j^ar excellence.

ARGENTEUX (<•«), EUSE adj. Qui a beaucoup d'argent : Vieillard argenteux. (Pop.)

ARGENTICO (du bas lat. argenticus, d'argent), mot employé dans des adjectifs composés, servant à désigner des combinaisons chimiques dans lesquelles entre un sel argentique : ARGENTico-ammom'îue, etc.

ARGENTIER (li-é) n. m. Nom donné anciennement à tous ceux qui faisaient le commerce de l'argent (banquiers, changeurs, etc.), et aux orfèvres. Il Percepteur et distribuleur des biens d'une église.

— Fam. et en mauvaise part, Préteur d'argent.

— Officier qui, à la cour et dans les maisons princières, était chargé de contrôler les dépenses. V. Encycl.

— Encycl. Hist. des inst. Le titre de argentier paraît pour la première foison 1317. C'étïtit le chef de l'argenlorie, institué par les gens des comptes, et spécialement préposé à la garde des joyaux de la couronne et de tout ce qui concernait, dans l'hôtel du roi, l'ameublement et l'habillement. Le premier en date des argentiers de qui le nom nous ait été transmis est Geoffroi de Fleuri, promu à cette charge le 20 janvier 1317. L'existence de la charge, néanmoins, était antérieure, comme en témoigne le compte même de Geoffroi de Fleuri, publié en 1851 par Douétd'Arcq. Lo plus illustre des argentiers a été Jacques Cœur, argentier de Charles 'VII, de qui on connaît la glorieuse et poignante histoire. L'argenterie de la reine fut séparée, en 1393, de celle du roi ; il y eut donc, à partir de cette date jusqu'au xvii* siècle, des argentiers de la reine. L'office d^ argentier du roi ne disparut qu'avec la Kévolution ; mais, au vill' siècle, le titre en avait changé.

— BiBLloGK. ; Douët-d'Arcq, Comptes de l'argenterie des rois de France au XIV siècle (Paris, 1851), et Nonreau Hecueil des con^ptes de l'argenterie (Paris, 1874) ; Achille Luchair, Manuel des institutions françaises (Paris, 1892).

ArgentièrE (L'), ch.-l. de cant. des Hautes-Alpes, arrond. et à 21 kilom. de Briançon, sur un plateau dominant le confluent du Fournel et de la Durance ; 961 hab. Mines de plomb argentifère aux environs. ( Le cant. a 7 comm. et 5.679 hab.). — Ch.-lieu d'arrond. du départ, de l'Ardèche-CV. Largentiéke.) — Nom d'un grand et beau glacier du massif du Mont-Blanc, descendant dans la vallée de Chamonix, dominé au N.-E. par l'aiguille do l'Argentière, et délimité par lo col du môme nom.

ARGENTIFÈRE (du lat. arqentum, argent, et ferre, porter) adj. Qui contient de l'argent : Minéraux argentifères.

ARGENTIN, INE adj. Se dit du son même de l'argent et d'un son clair analogue à celui de l'argent :

Les cloche*, dans les nirs. de leurs voix arijenlineu Appelaient à grand bruit les chantres à matines.

BoiLCAU.

Qui a la blancheur, l'éclat de l'argent : Flots abgen-

'—' Ton argentin. Peint. Efi'et de couleur qui imite le blanc de l'argent.

ARGENTINE (du lat. argentum, argent) n. f. Bot. Nom vulgaire de la potentilla argentea et de l'anserina, dont le dessous des feuilles brille d'un éclat argentin.

— Ichtyol. Nom vulgaire de divers poissons à écailles blanches et brillantes.

— Miner. Sorte de chaux carbonatéc, qu'on désigne sous le nom de spath schisteux.

— Techn. Poudre d'étain obtenue en précipitant le métal i>ar la voie galvanique, et que l'on emploie dans l'impression des tissus pour produire des effets d'argenture.

Argentine, comm. de la Savoie, arr. et à 32 kilom. de Saint-Jean-de-Maurienne, dans la vallée de l'Arc; 1.540 hab. — Mines de plomb et d'argent à Montohabert.

Argentine (RÉpnBLiQUE), Etat de l'Amérique du Sud, bordé à l'E. par l'océan Atlantique, et àl'O. par la chaîne des Andes; il couvre une superf. do 2.789.000 kil. carr., et a une population de 4 millions d'habitants. (Argentins.)

— Enctcl. I. Géographie physique. Ce qui domine dans le territoire argentin, le plus grand de l'Amérique du Sud, après celui 'du Brésil, ce sont les plaines et les plateaux. Au N., le Gran Chaco, avec ses solitudes encore imparfaitement explorées, ses cours d'eau frangés d'arbres, ses savanes et ses fourrés inextricables ; au centre, les pampas, immenses plaines herbeuses qu'interrompent seules quelques ondulations, d'assez faible altitude; au S., \e plateau de la Patagonie, où des croupes pierreuses alternent avec des vallées fertiles. C'est dans fa république An/entine que les Andes atteignent leur plus grande hauteur : le point culminant de la chaîne est le volcan d'Aconcagua , auquel on donne 6.970 m. d'altitude, et qui se dresse à l'E. de la ligne de séparation des eaux. Une série de rangées parallèles accompagne le versant oriental des Andes sur le territoire argentin ; entre ces sierras, dont la plus élevée et la plus longue est la sierra de Cordoba, s étendent de vastes plaines et de fertiles vallées, capables de nourrir une nombreuse population.

L'Argentine est située presque tout entière dans la zone tempérée du sud ; seule l'extrémité septentrionale appartient encore à la zone tropicale. Son immense étendue en latitude implique forcément de grandes différences climatériques. Au N., les températures moyennes d'hiver et d'été oscillent entre 20» et 30°; au S-, elles vont de 0° à 10», présentant ainsi la même différence qu'entre l'Algérie saharienne et la Norvège méridionale. Dans la région andine, le climat varie naturellement suivant l'altitude.

Les pluies amenées par les vents du S.-E. vont en diminuant graduellement d'abondance du N. au S. et de l'E. à l'O. La partie voisine du Brésil, région encore tropicale, reçoit avec les pentes andines les précipitations les plus fortes (de 1 m. à 2 m. par an). La région centrale et le plateau de Patagonie sont beaucoup moins arrosés ; la distribution des pluies y est surtout très inégale suivant les saisons, et varie d'une année à l'autre ; ce sont le plus souvent des averses orageuses violentes et courtes, qui s'écoulent sans pénétrer sur un sol durci par de longues sécheresses.

De là résulte que, sous le rapport des voies fluviales, la république Argentine est moins bien partagée qu'on ne le supposerait à l'inspection do la carte. Elle possède un fleuve majestueux, le Parana- Paraguay, qui, venu des confins du plateau Brésilien , au centre du continent, offre une magnifique voie navigable, longue do 3.000 kilom., de Cuyaba à Montevideo ; mais presque tous les autres cours d eau sillonnant les plaines manquent de profondeur, et finissent dans les sables ou les marais ; tels sont les affluents de droite du bas Parana, qui se perdent souvent dans des lagunes avant do l'alteindre. Quant aux rivières de Patagonie, comme le rio Colorado et le no Ncgro, elles peu abondant

i dispa-

^publique Argei

service à la navigation; il en est même q raissen

d'arriver à la mer. Une rangée de lacs analogues aux lacs alpins d'Italie ou de Suisse s'étend au pied oriental des Andes, dans des brèches profondes qui rendent faciles les communications entre les doux versants de la chaîne (le Nahuel, le Viedma).

Les eaux du Parana-Paraguay se confondent avec celles de l'Uruguay, venu du plateau brésilien, dans le golfe appelé Rio-dê-ia-Plata. large de 175 kilom. Cet estuaire, la plus remarquable indentation du littoral argentin, est malheureusement encombré de bancs de sable, et la navigation y est très difficile, d'autant qu'il est largement ouvert à tous les vents. Lès autres golfes qui échancrent la côte plus au S. ne valent guère mieux, et la baie Blanche, ainsi que celle de Saint-Antoine et de Saint- Georges, ne se prêtent pas à l'établissement de bons ports ; elles sont peu profondes et difficilement accçssibles.

II. Population, Indcstrie, Commerce. C'est en 1509 que Diaz de Solis, au service de l'Espagne, découvrit l'estuaire de La Plata ; mais c'est seulement dans la seconde moitié du xvi» siècle que les Espagnols s'établirent dans cette région, qui devint la vice-royauté de Buenos-Ayres. Les progrès de la colonisation y furent plus lents ((ue dans les autres pays hispano-américains, parce qu'on n'espérait pas V trouver d'or et d'argent ; de très faibles étendues du sol furent mises en valeur au xvii» et au xviii' siècle. Au déliut de ce siècle, les rares habitants du pays s'insurgèrent contre l'Espagne (1810) et proclamèrent leur indépendance ; mais ce n est qu'à la suite de longues guerres civiles que la république Argentine fut définitivement organisée, en 1854. Depuis cette époque, malgré de nouveaux troubles, elle n'a cessé de progresser.

Actuellement, la population de l'Argentine se compose pour un peu plus de moitié d'Argentins proprement dits, descendants des anciens colons espagnols mélangés aux indiens et aux nègres; l'autre moitié a été fournie par l'immigration venue d'Europe. C'est vers 1820 que les immigrants ont commencé à arriver ; ils ont été peu nombreux jusqu'en 1860, plus de 40.000 en 1870, 100.000 en 1885, enfin 260.000 en 1889. Bien que ralenti depuis lors, le flot de l'immigration est encore énorme et ne peut être comparé qu'à celui qui se dirige vers les Etats-Unis. Cette afûuence de l'élément européen (latin et italien surtout) est destinée à assurer un jour à la république Argentine la prépondérance dans l'Amérique du Sud.

Une partie importante de la population vit dans les villes ; Buenos-Ayres. la capitale, renferme à elle seule un sixième de la population de la république. Les autres centres urbains sont ; Rosario, Cordoba, La Plata (la nouvelle capitale de la province de Buenos-Ayres), Tucuman, Santa-Fé, Parana, Salta, Mendoza.

L'Argentine, qui comprend 14 Etats et 10 territoires confédérés, est une république fcdérative. Le pouvoir exécutif central est confié à un président élu pour six ans. Lo congrès national (Sénat et Chambre des députés) exerce le pouvoir législatif. Les provinces se gouvernent elles-mêmes et votent leur budget.

Les ressources agricoles de la république Argentine sont énormes et ne pourront que s'accroître avec le développement de la population : d'immenses espaces cultivables restent inexploités faute de bras et attendent les colons. — Dans ce pays neuf, les céréales sont devenues en quelques années une des principales sources de la richesse publique ; l'Argentine qui, en 1880, se trouvait encore au rang des pays consommateurs, exporte maintenant ses blés et son mais jusqu'en Europe. C'est dans les régions de l'O. et du S.-O. que les champs de céréales sont le plus nombreux et rencontrent les meilleures conditions de prospérité. — Les vignes plantées sur le versant des Andes ont bien réussi : elles prospèrent surtout dans les provinces de Rioja et de Catamarca. — C'est dans la même région que sont groupées les plantations de cannes à sucre, dont la culture prend tous les ans une plus grande extension.

La plupart des cultures, surtout celle du tabac, sont localisées dans les vallées andines et sur les collines qui les bordent. Quant à la grande plaine centrale, à la pampa, elle est avant tout une région d'élevage, qui nourrit des millions de chevaux, de bêtes à cornes et de moutons, répartis en cstancias ou fermes d'élevage de dimensions très diverses. Les bergers par excellence, ce sont les gauchos à cheval, surveillant à deux ou trois un troupeau de plusieurs milliers de têtes. Ici, comme en Australie, le petit bétail a le plus d'importance ; c'est lui qui s'accommode le mieux de la sécheresse et de la température ; comme en Australie aussi, c'est pour la laine, bien plus que pour la viande, qu'on élève le mouton. Grâce à ses immenses troupeaux, l'Argentine vient au second rand parmi les pays producteurs de laine, immédiatement après l'Australie, avant les Etats-Unis et la Russie. Quant au gros bétail, les peaux, les cornes et les produits secondaires forment la plus forte part des revenus qu'on en tire, la lutte avec les Etats-Unis pour le transport de la viande fraîche et des animaux vivants en Europe étant impossible. En somme, malgré les rapides développements de l'agriculture, l'élevage est encore la grande richesse du pays ; il est appelé, il est vrai, à se restreindre à mesure que les champs cultivés gagneront du terrain, mais il lui restera toujours une place suffisante, car, sur dévastes espaces, la culture ne pourra jamais s'introduire.

L'Argentine, riche en minerais, comme tous les pays de l'Amérique du Sud, est une des régions de ce continent où l'ex-ploitation des mines est le moins avancée et a lo moins préoccupé les habitants. Cela vient, au reste, de ce que la plupart des gisements sont situés dans les Andes, â une grande distance de la mer. Le cuivre abonde dans le Catamarca et dans la sierra de Cordoba; le charbon a été découvert en couches épaisses dans la Patagonie et sur les bords du rio 'Vermejo ; mais on commence à peine à mettre en valeur toutes ces richesses.

L'industrie proprement dite est fort peu avancée et !'-« Argentins sont encore tributaires de l'Europe pour la l'I'i part des produits manufacturés ; les industries agricol. meuneries, sucreries, préparation de conserves de viandi' . sont les seules exploitées, ou peu s'en faut.

Faute de voies commodes, beaucoup de richesses minières ne sont pas utilisées, et de vastes territoires restent fermés à la culture. Aussi l'Argentine a-t-cUe fait tous ses efforts pour développer les voies ferrées destinées à mettre en rapport avec la côte les pays que la navigation fluviale ne pouvait atteindre. Toutes les lignes ont pour point d'attache commun Bucnos-Avrcs; elles rayonnent dans trois directions principales : au N. jusqu'à Salta et Jujuy, et presque jusqu'à la frontière de Bolivie ; à l'O., à travers les Andes, jusqu'à 'Valparaiso, sur la côte chilienne ; au S. enfin, jusqu'à Bahia Blanca.

Le commerce est très actif entre tous les points desservis par les voies fluviales ou les voies ferrées. Buenos- Ayres est le principal port d'embarquement des produits destinés aux pays d'outre-mer ; mais sa rade n'étant pas sCire, cette grande cité ne tardera pas à être supplantée par La Plata, nouvelle ville construite plus près de la mer et dotée d'un excellent port. Les exportations comprennent avant tout les produits de l'élevage (laines, peaux, crins, cornes, suifs, viandes congelées ou conservées), et ceux de l'agriculture. Les importations consistent surtout en matériaux de construction et instruments de travail (bois, fers, machines, outils), et aussi en objets manufacturés (tissus, habillements) et en substances alimentaires (sucres, huiles, boissons).

La France, l'Allemagne et l'Angleterre se disputent la prépondérance sur le marché argentin.

Enivrée par son rapide essor, la république Argentine a multiplié sans compter les grands travaux publics, les créations de chemins de fer, prodigué des concessions aux immigrants étrangers. Aussi la crise financière est-elle surveliue, ralentissant les progrès en voie de s'accomplir ; mais la prospérité du pays repose sur des ressources trop sûres pour que cette crise ne soit autre chose que passagère. La république Argentine a devant elle un brillant avenir ; elle est appelée, semble-t-il, à devenir, dans l'Amérique du Sud, ce que sont les Etats-Unis dans 1 Amérique du Nord. , , ■ j

— Histoire. La découverte et l'élude géographique du pays. C'est en l'année 1515 que le pilote espagnol Juan

Diaz do Solis découvrit l'ostuairo du rio do la Plata, dans lequel il poiuUi'a lo promicr. Sébastien Cabot, mi<ïl(|Uos aonùus plus tard, on (■oninicnça la roconnaissanco(15'i"3j,ot oxocula lui-mi'Muo ou lit cxi^cutur la promiùro cxpIoratioD

au XVII' siècle, quolquoa roconnaissancos ft main armi^o. Dans la proiniorc moitié du xviii' «iùclo, toutefois, on no possédait ^ut-To encore que des nuiions plus ou moins précises sur lu littoral atlantique de la future république Ar-

f. Sulfure naturel d'argent. Syn. do

ARGENTIQUE — ARGENTURE

préci.icr dos notions qu'augmf*nt^:rent (;ncoro les travaux de la commission constituée par suilo du trait4Sdo Saint-Ildefonso (lTî7jpour délimit«r les possessioDS do l'Kspagno et du Porlugafcn Amérique. lion Félix de Azaca fil alors bt-aucoup progresser la connaissance du pays arrosé par te haut Uruguay, ITguasau, lo haut Parana et lo Paraguay. Mais les parties les plus proches do la mer restèrent fncore à porno étudiées.

Alcide d'Orbigny commença, dè« l'année 182<î, à combler cette lacune par ses travaux sur la partie sud-csi de la provinre de liuenos-Ayres, et, en 1832, parut uno bonne description du Gran Cliaco. Enlln, l'année Igr»* marque lo début d'un ensemble do travaux topograpbiques sur lint*^ rieur do la réfiubliquo Argentine. Les D'* Martin do Moussy, Burmeistcr, Brackebusch, M. Paz-Sohlan, étudient succossivemeni le pays et ajouumt cbacun aux iravaux do ses prédécesseurs des données nouvelles très précieuses, tandis que le lJ'Morénoentreprcn<î {depuis 1873) l'étude do la partie orientale de la Patagonio unie À la république Argentine. Ainsi se trouve préparé le travail topograpiliquo qui classera un jour la république Argentine parmi les pays possédant un lové précis pour tout leur territoire.

-- BiBLioGR. : Martin do Moussy, Detcription géoffraphiquc et statistique de la confédération Argentine (Paris, 18tiu-Ci); Burmeister, P/iysijic/ie fitscfireibung der Argentinischen y/c73H6/jA{Bucnos-AyreK-Paris, I87.'i-76) ; Latzina, Gcof/rafia de la liepuhlica Artjentina (Bucnos-Avrcs-Paris, 1891); Uaireaux, la /{épubliaue Argentine {Pariai lï'89J;Lo pez, Historia de la Itepuèlica Argentina (Bucnos-Ayres, 188:i). — Carte ; D' Brackcbusch, Mapa de la Jtepublica Argentina (Hambourg, 1891).

ARGENTIQUE (bas lat. argent icuê ; de argeittum, argent) a'ij. ^(; 'lit d'un oxyde et des sels d'argent.

ARGENTITE

ARGVROSE.

ARGENTOMÈTRE (du lat. argcntum^ argent, et du pr. nu'iron, mesure) n. m. Aréomètre spécial, imaginé par Davanne, destiné au titrage rapide des solutions d azotate d'argent employées en photographie.

ARGENTON (lat. argentum, argent) n. m. V. argkntan.

Argenton, riv. des Deux-Sèvres, affluent du Thouet. furiiK-r- par 1 union de l'Argent et du Ton, Iré ou Doio» qui bai-iie Bres:^^^^e. Cours: 60 kilom.

ARGENTON (Marie-Louise-Madelcinc-Victoire Lb Bel DE La BoissifeïŒ DE Sery, comtesse d"), ime des premières maîtresses de Philippe d'Orléans, née vers 1680, morte en 1748. Fille d'honneur de Madame, elle devint enceinte des œuvres du duc d'Orléans, lit reconnaître et légitimer son fils (1706), et reçut du duc la terre d'Argenton, dont elle prit le nom. Vers 1712, elle épousa secrètement le chevalier d'Oppède, qui mourut en 1717.

ArgentON-CHÂTEAU, ch.-l. de cant. {Deux- Sèvres), arr. et à 18 kilom. de Bressuire, au confluent do l'Ouère avec l'Ar^enton; 1.169 hab. {Argentonnais.) Fabriques do serges, d étamincs. de toiles, do coutils, d'étoffes dites ba.7^res, etc. Le château d'oii ce bourg tire son nom fut bâti par Philippe de Commines, et détruit pendant les guerres do Vendée. — Le cant. a 19 comm.et 13.300 hab.

Argenton-SUR-GREUSE (VArgentomagus des Romains, ch.-I. de cant (Indre), arrond.

et à 30 kilom. de Châieauroux, sur la Creuse; 6.118 hab. {Argentonnais.) Fabriques de draps, de toiles et de ])oteries, papeteries, blanchisseries de toiles, filatures de laine. Antiquités romaines. Ruines d'un vieux cliâleau, assiégé et pris par Henri IV, détruit par Louis XIV. — Le cant. a 10 comra. et 15.168 hab.

— Histoire. Cette ville commandait, an temps des Romains, une voie qui conduisait de Nantes à Bourges et à Néris. Détruite par AVaïfre, duo d'.'Vquitaiue, elle fut relevée immédiatement par Pépin. En 1020, elle tomba aux mains d'Eudes l'Ancien, et subit dès lors les diverses fortunes du Bcrry.

ARGENTOPYRTTE (du lat. argentum, argent, et de py-

■nt'-' II. I'. SitHuiP naturel de fer et d'argent (Ag*Fe'S'*) qui

si^ Iir-'s'iiti- rii i ii:>taux gris rhombiques.

dos fleuves TTruguay, Parana, Paraguay et Vermejo. Ainsi fut do bonne heure reconnu sommairement le système hydrographique du Rio-de-la-Plata; quant à l'intérieur des terres, son exploration ne commença qu'après la fondation de Buonos-Ayres (1535), d'où partirent, au xvi* et

gontine, sur les deux fleuves Parana et Parairuay, et sur les deux grandes routes postales faisant conmiuniquer la colonie espagnole avec le Pérou et le Chili. En 1750, des reconnaissances topographiques, exécutées sur la partie supérieure de l'Uruguay et du Parana, commencèrent à

Argentoratum,

ArGENTOVARIA 01

ne. nom latin de Strasbourg.

ArgentaRIA, ville de la Gaule, irquable dans l'histoire par la vietien sur les Germains, l'an 378 de débris que s'est élevé

tuirc do lcmiH:-rear G

iiutre ère. C'est sans doute sur

Ilorbourg, près Colmar.

ArgentRÉ, ch.-I. de cant. (Mayenne), arrond. et à 11 kilom. do Laval, près de la Jouanne; 1.414 hab. Carnères do marbre. — Le caut. a 9 comm. et 6.988 hab.

ArgentRÉ {Bertrand d'), savant jurisconsulte, né à Vitro en 1519, mort en 1590. Il était grand sénéchal À Rennes. On lui doit un Commentaire sur Ta coutume de Bretagne (1568), où il se montre l'inflexible partisan du droit féodal et coutumicr. D'Argentré a écrit au.ssi une Histoire de Bretagne.

ArGENTRÉ-DU-PLESSIS, ch.-l. de cant. (llle-ct-Vilaine}. arrond. et à 9 kilom. de Vitré, entre des étangs qui forment un bras de la Vilaine ; S. 226 hab. Carrière de marbre noir, blanchisseries et tanneries. Aux environs, château des Rochers, célèbre par le séjour do M"* do Sévij;né. — Le cant. a 9 comm. et 12.262 hab.

Argent-SUR-SAOLDRE, ch.-l. de cant. (Cher), arrond. et à i7 kilom. de Sancorre. sur la Sauldre; 2.079 hab. Ch. de f. Orléans et P.-L.-M. — Le cant. a 4 comm.el 7.035 hab.

ARGENTURE n. f. Art, action d'argenter, de recouvrir les objets do feuilles d'argent ou dune solution d'argent, pour leur donner l'apparence de ce métal.

— Enctcl. L'application do l'argent sur un antre métal s'opère à l'aide de différents procédés désignés sous les appellations de procédés anciens et modernes. Quelquesuns des premiers sont encore en u.sage à l'heure actuelle, pour l'exécution de certains travaux a'ar<îenture.

La plus ancienne des méthodes consistait à b raser une

fdaquo darcont rin sur le métal à argenter. et à laminer es deux métaux jusqu'à l'épaisseur voulue. Puis est

ARGENVILLE — ARGIOPE

venue l'argenture en feuilles, consistant à recouvrir d'une feuille d'argent l'objet à décorer, après l'avoir préalablemeot décapé, et à l'appuyer à l'aide du brunissoir en acier. — L'argenture à la bouiUitoire s'obtenait en plongeant la piôce à argenter dans un bain bouillant de cnlorure d'argent. — Li argenture au trempé à chaud ou à froid se pratique en immergeant les objets dans un bain, porté peu à peu à l'ébuUition, et renfermant de l'azotate d argent. Le trempé à froid s'obtient en faisant un bain de bisulfite

preparauL argenture galvanique : M. pile: PN.

une pâte ducteurs; B, cuve renfermant un bain de cya-

de chlorure nure double de potassium et d'argent.

d'argent , de

sel commun et de bitartrate de potassium, que l'on étend

sur les objets à argenter. On laisse sécher et on procède

au brunissage à l'aide du gratte-boêsse.

— Argenture galvanique. Ce procédé a remplacé presque complètement les méthodes anciennes. Après avoir décapé les pièces soumises à l'argenture, on les suspend dans un bam contenant en dissolution du cyanure double de potassium et d'argent. Le support en cuivre rouge des objets communique avec le pôle négatif d'une pile, tandis qu'une plaque d argent plongée dans le bain communique avec le pôle positif. Le courant électrique décomposant le cyanure d'argent, le métal précieux se dépose sur les pièces. La plaque d'argent reconstitue lo cyanure au fur et à mesure de sa décomposition.

— Argenture des glaces. Cette opération s'obtient en préparant deux liqueurs, dont la première se compose a'azotate d'argent dissous dans l'ammoniaque, dissolution à laquelle on ajoute de l'acide tartrique. La seconde no diffère de la précédente que par une quantité double d'acide tartrique. La glace à argenter est lavée, décapée, placée sur la table d'argenture, que l'on couvre d une mince couche de la première liqueur. "Vingt minutes après, on soulève la glace, on lave soigneusement la pellicule d'argent déposée à sa surface, on fait écouler la dissolution restante, et on la remplace par la seconde. L'opération est terminée au bout de quinze minutes, et il ne reste plus qu'à faire sécher l'argenture et à la recouvrir d'une couche de peinture.

— Argentures diverses : Tissus. On emploie un vernis très épais dont on imprègne les parties à argenter. On applique le métal précieux en feuilles qui adhèrent sur les enaroits recouverts de vernis. — Porcelaines. On applique sur la porcelaine une sorte de bouillie, composée de poudre d'argent broyée avec de l'essence. Les pièces sont ensuite recuites, puis passées au brunissoir. — Papiers. Elle s'obtient en recouvrant les parties à argenter avec des feuilles d'argent qu'un vernis siccatif retient sur les parties préparées. — Boiseries ou murs. On procède à cette opération en appliquant les feuilles d'argent sur do l'huile siccative ou de la colle de poisson dont on a imprégné les parties à argenter.

Argenville (Dezallieb d'), écrivain et amateur d'arts. V. DiiZALLiER d'Argenville.

ARGENVILLE (r>'), pseudonyme sous lequel Papillon de La Ferté a publié un Abrégé de la vie des peintres français (1796).

ARGÈS ijèss) n. m. Genre de poissons physostomes, famille des siluridés, renfermant des silures américains habitant les eaux douces : arges cyclopus (cavernes des Andes), etc.

Arghana ou Argana, ville de la Turquie d'Asie (AIdgesirêh), ch.-lieu de district du paclialik de Diarhekir, sur la branche occid. du Tigre; C.ljO hab. Riches vignobles aux environs. — Pop. du district d'Art/hana : 134.500 hab. Il A 18 kilom. au N.-O., la petite ville d'A?-ghana-Maden, sur la rive gauche du Tigre (3.150 hab.), est bâtie sur une riche mine de cuivre en exploitation.

ArghOUN, empereur mogol, fils d'Houlagou et quatrième des rois persans de la race de Gengis-Khan,mort en 1291. Il succéda à. son oncle Nikudar en 1284. Il se signala par sa tolérance religieuse, mais se laissa gouverner par son favori Bouka, auquel succéda Saad-ed-Daulah. médecin juif, dont l'administration fut sage et modérée.

ArgiA ou Argie, mère d'Io, fille d'Adraste et femme de Polynice, auquel elle rendit les honneurs funèbres, conjointement avec Antigone, et maigre la défense de Créon ; les dieux la changèrent en fontaine. — Femme do Polybe et mère d'Argus, constructeur du vaisseau A ;'(/o. — Fille de Pontus et de Thalassa.

Argien, ENNE (m, en), celui, celle qui habitait Argos et l'Argolide. — Les Argiens.

— Adjectiv. Qui appartenait à cette ville ou à ses habitants. Religion argienne.

— Jeux argiens. Jeux que l'on célébrait à Argos en l'honneur de Hôra (Junon), divinité protectrice de la ville.

ARGILACÉ, ÉE adj. Qui a la couleur do l'argile.

ARGILE (du lat. argilla; en gr. argîlfos; formé de argos, blanc, à cause de la couleur la plus ordinaire do cette substance^ n. f. (Les poètes, et quelques. bons prosateurs, H. de Balzac par exemple, l'ont fait du masculin.) Terre molle et grasse dont on fait des vases de toute sorte, des modèles pour la sculpture, etc. : Argile blanche, verte, n Vase fait d argile :

Cette argile où sa main préparait ses repas...

Thomas.

— Argile s'emploie souvent au fig. dans un sens facile à comprendre, par allusion : l" à la terre avec laquelle, selon la Bible, le premier homme a été formé : Tous les enfants des hommes so7if pétris de la même argile (PortalisJ; 2" à la nature molle et flexible do cette matière : L'enfant est une argile que l'éducation pétrit à sa volonté; Z" au peu de consistance, à la fragilité de cette matière : La réputation qui est fondée sur le V7'ai mérite est de granit; celle çui ne s'appuie oue sur la coterie et l'intrigue est ^'argile.

— Enctcl. Miner. I. Propriétés générales des ar-

giles. Les composés désignés sous le nom générique de argiles sont des silicates d'alumine hydratés, rarement purs. Blanches, quand elles sont pures, les argiles sont le plus souvent colorées en gris, en violet, en jaune ou en rouge ; il en est de bleuâtres, de verdâtres et de bariolées. Elles se désagrègent par le contact de l'eau et forment avec ce liquide une pâte glutineuse. L'argile desséchée se fendille ; elle est alors très avide d'eau et adhère fortement à la langue. Soumise à une température élevée, elle devient anhy^dre, inattaquable par l'eau, sonore, et tellement dure, qu'elle fait l'eu au briquet. Pure, elle est infusible.

Les argiles sont en général douces, onctueuses au toucher; on peut aisément les rayer avec l'ongle. Certaines argiles absorbent les corps gras comme elles absorbent leau; de là l'usage qu'on en fait pour le dégraissage ou foulage des draps.

— II. Origine et classification des argiles. Les roches cristallines, telles que granités, gneiss, micaschistes, sont formées de minéraux essentiellement composés de silice et d'alumine, et auxquels sont associés quelques autres silicates. Ces silicates multiples ont la propriété de se décomposer sous diverses influences, de telle sorte que le silicate alcalin est entraîné. Le silicate d'alumine se combinant avec l'eau donne l'argile.

On divise le genre argile en cinq groupes, qui sont : l" hallovste, comprenant les variétés lithomarge, lenzinite, sévérité, glossecollire, etc.; 2" allophane, avec lavar. cvUyrite ; 3° kaolin, var. : pholérite, nacrite ; 4" pyeophvllitk, avec pagodite, agalmatolite, cimolite; 5" montmorillonitb, var. : confolensite, smectite, mallhacite, miloschine. On réunit en outre sous le nom de bol les argiles riches en oxyde de fer ; sinopite, sphragide, mélinite, vierzonite, etc.

— Géoi L'argile est imperméable ; elle sert de lit aux nappes d'eau souterraines. Les argiles proprement dites appartiennent aux terrains secondaires et tertiaires.

— Argile de Barton, Importante couche d'argile qu'offre, en Angleterre, l'étage éocène moyen du terrain tertiaire.

Il Argile à blocaux. Nom donné au terrain erratique du nord ou till des savants écossais, quand ce dépôt argileux se présente avec une grande abondance de pierres empâtées. Il Argile de Londres, Puissante couche d'argile que présente, en Angleterre, l'étage éocène inférieur, il Argile à lignites du Soissonnais, Formation d'argile que l'on observe, dans le Soissonnais, entre les saoles de Cuise et les sables de Bracheux (étage éocène inférieur), n Argile plastique, Couche d'argile assez pure développée aux environs immédiats du sud de Paris, à Monteroau, dans l'étage éocène inférieur, au-dessous du calcaire grossier. Cette couche, très importante, peut atteindre près de 50 m. d'épaisseur. Elle contient à la base quelques fossiles d'eau douce, et renferme plusieurs minéraux : sulfate de fer (apatélite)y sulfate de chaux cristallisé (ggpse), pvrite de fer radiée {marcasite, sperkise), carbonate de fer (sidé-

?), etc. L'origine de l'argile plastique, encore très douteuse, pourrait être attribuée à des volcans de boue, n Argile rouge pélagique, Argile rouge ou grise dont la présence a été constatée dans les grands fonds des océans, au cours de la campagne du Challenger. Cette formation, dont l'origine paraît être essentiellement chimique, se produit avec une extrême lenteur, et ne doit former qu'un enduit très mince. 11 y a été recueilli dos débris animaux, parmi lesquels on a cru reconnaître les formes fossiles restées à la surface du sol ^râce à l'absence de tout dépôt. Il Argile à silex, Terram dont l'origine n'est pas entièrement détermmée, et qui recouvre immédiatement la craie, on Normandie, Touraine, Anjou. Sa formation paraît avoir commencé avec la période tertiaire.

— III. Essai des argiles. Les argiles sont souvent mélangées avec des matières étrangères : grains do quartz, de mica ou de feldspath, provenant de l'incomplète décomposition delà roche primitive; oxydes, sulfures, carbonates et silicates de fer, qui colorent l'argile, soit à l'état naturel, soit après la cuisson, et qui la rendent moins réfractaire; carbonate de chaux, qui la rend effervescente avec les acides; alcalis (potasse, chaux, soude, magnésie), qui lui permettent de subir la fusion ; matières organiques biturameuses, qui la rendent, au contraire, très rélractaire.

Le fabricant qui emploie les argiles doit procéder à l'essai de la matière première, afin de déterminer la quantité de matières étrangères qui entre dans sa composition : 1" Par calcination, on dégage l'eau, dont on apprécie la quantité par la différence des poids; 2^ La quantité de fer se détermine par la teinte que prend la matière calcinée, ou dosée par l'acide oxalique ; 3° L'efl'ervescence indiquera la présence du carbonate de chaux; A" On séparera les grains de sable et le quartz, en divisant dans l'eau l'argile impure, et en décantant à plusieurs reprises.

— IV. Des diverses espèces d'argiles. On distingue, d'après leurs propriétés, les argiles infusibles, les argiles fusibles, les argiles ocreuses.

Les argiles infusibles ou réfractairos sont les kaolins et les argiles plastiques. Le kaolin se trouve en abondance dans les pegmatites de Saint- Yrieix, aux environs de Limoges, et dans les roches analogues du Cornouailles (Angleterre) et de la Chine. Il est ordinairement blanc, iriaole, maigre au toucher; il se délaye difficilement, et est éminemment propre à la fabrication des porcelaines. L'argile plastique, qui est douce et onctueuse au toucher, forme une pâte liante et longue, très réfractaire. Elle est employée pour la fabrication dos poteries, briques réfractairos, creusets, fa'iences.

Les argiles fusibles sont moins pufos: qun Ins; aririlps infusibles. Elles sont de deux siMh'^ i .1 ir~ in ,,/,;,,/,,,, , , i

les argiles smectiques. Lps aiL il ' . m n ! m ir

5 à 6 p. ïOO de chaux. Elles m i ^> ui ,, i.i i,, ,,ii..n >;> s

faïences communes, des briqiu.-., lU-.^ inii.-s. .suuiiii.^*'.-^ a l'action du feu, ces argiles se colorent, parce que les matières ferrugineuses qu'elles renferment forment des oxvdes différemment colorés.

Les argiles smectiques absorbent bien l'huile, on les emploie au dégraissage des draps ; dans l'eau, elles se délitent en une poudre fine, aussi quittent-elles facilement les étoffes, tout en leur enlevant leurs matières grasses. A Montmartre, on voit quelques lits d'une de ces argiles que l'on a vendue sous les noms de savon de soldat, de pien'e à détacher.

Les argiles ocreuses sont des argiles siliceuses, maigres, très faibles, et d'un grain extrêmement tin, contenant toujours une proportion notable d'o.\ydc de fer, qui les colore en jaune s'il est anhydre, en rouge s'il est hydraté.

La cuisson modifie leur coloration, et la rend ordinairement plus foncée. Les argiles ocreuses sont toutes préparées et employées pour la peinture. Citons par exemple : l'ocre jaune ou rouge, la terre d'Ombre ou de Sienne, etc.

— Agric. L'argile est un des éléments essentiels d'un sol arable ; mais un sol trop argileux maintient les racines dans un milieu trop humide pendant la saison pluvieuse; il se fendille au contraire, pendant la saison sèche, et ne conserve pas l'humidité nécessaire à la dissolution des sels que les racines puisent dans le sol. Le sable mêlé à l'argile corrige ces inconvénients, parce qu'il la rend plus poreuse et plus perméable. On peut aussi répandre de la chaux sur les terrains trop argiletix. La chaux, en s'humectant, divise les mottes de terre glaise. Le calcaire, l'argile et le sable concourent à former la couche superficielle des terrains les plus fertiles, qui doivent cette qualité particulière à celui des trois éléments qui prédomine dans sa composition. Les terrains argileux sont ordinairement riches en beaux pâturages.

— Techn. Trois qualités ont fait de l'argile la base des arts céramiques. Abondance, plasticité, dureté facile à acquérir par la cuisson, toutes les conditions se trouvent réunies pour que l'argile soit une des premières matières que l'homme ait travaillées, et le progrés de toutes les industries n'a fait que multiplier ses usages.

Une argile qui ne contiendrait aucune matière étrangère, formerait une pâte très facile à mouler et à travailler, mais qui se gercerait à la cuisson. On évite cet inconvénient en ajoutant à l'argile quelque matière qui, en cuisant, ne se contracte pas, ei qui, avec l'eau, ne fait point de pâte, *par exemple le sable, la craie, lo feldspath, etc. Le but est d'obtenir le degré de plasticité qui Î)ermettra à la pâte de prendre toutes les formes. Si, pour a confection de certaines espèces de poteries, on n'emploie que de l'argile, c'est que les matières étrangères dont cette argile est accompagnée suffisent pour lui communiquer les qualités qu'elle doit avoir.

Les pâtes cuites se divisent en deux grandes classes : les pdtes poreuses et les pâtes demi-vi tri fiées. A la première appartiennent les faïences et les terres cuites; à la seconde, les porcelaines et les grès. Les pâtes poreuses se laissent pénétrer par l'eau; les pâtes demi-vitrifiées ont la surface rugueuse qui se salit promptement. On recouvre les unes et les autres d'un enduit ou vernis : les premières pour leur donner l'imperméabilité, les secondes, pour rendre leur surface polie, et par là les empêcher de se salir.

Une des applications les plus importantes de l'argile est celle relative à la fabrication des matériaux hydrauliques. Ils présentent d'autant plus d'hydraulicité, qu'ils renferment une plus grande proportion d'argile. On les appelle ciments, lorsqu'ils durcissent après quelques instants d'immersion, et qu'ils peuvent être gâchés et appliqués seuls comme du plâtre. On leur donne le nom de chaux hydrauliques, lorsqu'ils durcissent avec plus de lenteur que les ciments, et qu'on les emploie mêlés avec du sable.

ArgilÊTE, Quartier de Rome ancienne, dont la situation n'a pu être étabhe. Les uns font venir ce nom d'Argus, compagnon d'Evandre, qui aurait été tué en cet endroit ; les autres du sénateur Argillus, qui aurait été tué pendant la deuxième guerre punique, pour avoir conseillé la paix avec Carthage; les autres soutenaient que le nom venait d'un devin toscan mort en cet endroit.

ARGIIXUX {eu), EUSE adj. Qui est de la nature do l'argile, qui on contient : Terrain argileux.

ARGHJFÉRE (de argile, et du lat. ferre, porter) adj. Terrain (pii contient de l'argile : Calcaire argilifère.

ARGILITE n. f. Schiste dans lequel domine le silicate d'alumine, base de l'argile {Thonschiefer on Urthonschiefer des Allemands), il On écrit aussi argilute.

ARGILLORNI5 (du gr. argillos. argile, et omis, oiseau) n. m. Oiseau fossile pourvu d'un bec dentelé, trouvé en 1878 dans l'argile éocène de Sheppey, près de Londres.

ARGILO, mot entrant dans la composition de quelques adjectifs, et servant à désigner des combinaisons de l'argile avec d'autres substances : nrffi/o-calcaire, qui contient de l'argile et de la chaux; a;"ji7o-ferrugineux, qui contient de l'argile et du fer.

ARGILOÏDE (de argile, et du gr. eidos, forme, ressemblance) adj. Qui ressemble à l'argile.

ARGILOLITE (de argile, et du gr. //7/jos, pierre; c'est-à-dire H pierre d'argile». — L'orthogr. rationn. serait argilolithe) n. f. Roche formée de tufs felsitiques (cendres feldspathiques), commune dans le terrain permien, et qui accompagne fréquemment les épanchements de felsophyre.

— Encycl. Ces tufs argileux se présentent, soit avec l'aspect des felsophyres, soit à l'état détritique, en passant par les phases intermédiaires. Rubannés ou brêchiformes, ils ont le plus souventjine coloration très variée. Les eaux siliceuses ont été, dans la plupart des cas, intimement liées à leur formation. Ce fait est particulièrement remarquable dans le massif du Yellowstone, où les actions geysériennes ont transformé les rhyoliles on argiloiite vivement colorée.

ARGILOPHYRE n. m. Miner. Syn. de argilolite.

ARGINE n. f. La dame de trèfle, dans les jeux de cartes. C'est laiiagramme du mot regina, reine.

ARGININE n. f. Base extraite dos semences du lupi- V^

AkginuSES, groupe do . !■ 1 1 .mes îles de la mer !■ j. . . ;i TE. de Lesbos, et l>\'t:s de la cote d'Asie. Victoire navale des Athéniens sur les Spartiates pendant la guerre du Péloponèse. Les généraux athéniens, ayant négligé d'ensevelir les morts, furent accusés de sacrilège, et, pour la plupart condamnés à mort (-106 av. J.-C). — Une argincse.

ARGIOPE (du gr. argos, brillant, etôps, ôpos, ceiDn. f Genre d'arachnides aranéides, renfermant de grandes épêires à abdomen ordinairement chargé de bandes sombres, et dont les nombreuses espèces habitent les régions chaudes et tempérées du globe.

^ MoU. Gonro do moltuscoYdos brachiopodos, famille

dos torcibratulidtis, ronfornmnt dos foniios voisines dos iéroliratiilos, et habiiuiit nos mors: argiope decollata {Mù~ dilerradéo).

ArgippÉEN. ENNE {in, en'), nom d'un pouplo do la Sarmatie (|ui, selon Hôrodoto, naissait chauve, no vivait que do fruits, ot jouissait d'uno graodo réputation do sagosso. — Les ARGirPÉKNs.

— Adjecliv. : Sayesse aroippéennr.

AroiS, comm. do l'Ain, arr. ot à 28 kilom. do Bellay, sur l'Albarine, aftl. do l'Ain; 1.015 liab. Carriùros.

Argo (du nom du naviro An/o) n. m. Constellation australe située un peu plus bas quo le Grand Chien. On la nonmio eneore : Vui.'i.sfnii tirs Ai't/onautcs, Chariot de mer. Navire Art/o, ou simithMuent IVavire. Parmi los G\ étoiles qui, suivant Flamsiood, comnosont cotto constellation, il nous faut citer Canopus, bollo étoile do 1" grandeur, ot l'étoile ï], qui varie do la l" à la 0° grandeur ; sa période, irréguliéro, est à peu près do soixante-dix ans.

Argo, nom du naviro qui servit à transporter los Artjonaules on Colchido, à la conquête do la Toison d'or. Il tirait son nom soit do son constructeur Argos, soit do la

villo d'Argos, où il aurait été construit, soit enfin de l'adjectif grec argos, qui signifie " blanc « . Au retour, le navire fut consacré à Poséidon et Alhôna. Il fut conservé comme une relique, et si souvent réparé, que rien ne restait du navire primitif. D'où le proverbe : C'eftt le navire Argo,

fiour parler d'une chose aucienno où tout a changé, sauf 0 nom. V. Argonautes.

ArgoB, pays de l'ancienne Palestine, situé au delà du Jourdain, près du lac de Génésaretli, demi-tribu de Manassé. Cette contrée fertile faisait partie du royaume de Basan, lorsque les Israélites s'emparèrent des possessions

du

I Og

ARGOL n. m. Excréments desséchés d'animaux domestiques, tels que les chevaux, les bœufs et les moutons, et que l'on emploie comme combustible dans certains pays privés de bois, notamment en Tartarie, au Mongol, et dans quelques parties des hauts plateaux algériens.

Argol. comm. du Finistère, arr. et à 32 kilom, de Châteaulin: 1.441 bah.

ARGOLASIE n. f. Bot. Syn. do lanaria.

Argoli (Jean), poète italien, né àTagliacozzo fAbruzres) vers 1609, mort vers 1660. A dix-sept ans, il publia un poème en douze chants, Endymion, qui eut im grand succès, et qu'il avait composé en sept mois, enfermé dans une chambre où l'on n'entrait que pour lui apporter sa nourriture.

Argolide, contrée du Péloponèso, comprise entre les monts d'Arcadie. le golfe Saronique, les hauteurs de Corintlie et de Phlionte. L'Argolide comprenait dans l'antiquité plusieurs villes importantes : Argos, Epidaure, Nauplio, Hermione, Trôzène, etc.

— Histoire. Le pays fut tantôt morcelé en plusieurs petits Etats, tantôt réuni sous l'hégémonie de Mycènes et d'Argos, où se su.^ct'dèrent plusieurs dynasties à demi légendaires. L'Argolide fut surtout prospère et puissante sous les Atrides, au temps do la civilisation achéenno qui revit pour nous dans les ruines de Mycènes et de Tirynthe, comme dans les poèmes homériques. La conquête dorienne amena le morcellement définitif do la région en républiques rivales, qui se mêlèrent aux querelles des Athéniens et des Spartiates. Ces petits Etats furent agrégés plus tard à la ligue Achéenno (en 233), puis tombèrent sous la domination romaine, avec le reste de la Grèce (en 146). Dès lors, l'Argolide n'a plus d'histoire propre : elle obéit successivement aux Romains, aux empereurs grecs, aux princes francs, aux Vénitiens, aux Turcs. Aujourd'hui, 1 Argolide forme, avec la Corinthio, la nomarchie (le mot nome est le nom grec des provinces de l'anc. Egypte) d'Argolide-et-Corintfiie (145.000 hab. en 1889). — Villes pr. : Argos, Nauplie, Corinthe, Spetzia, Hydra.

Argolide- ET- corinthie, nome du royaume de Grèce (Péloponèso); cap. .\auplie. Pop. : 144.800 hab.

ARGOUQUE adj. Géo^r. anc. Qui appartient, qui a rapport à 1 Argolide, à la ville d'Argos ou à leurs habitants.

ARGON n. m. Sorte do trébuchet formé d'un morceau de bois courbé en arc, dont on se sort pour prendre do petits oiseaux.

ARGON (du çr. argon, inactif) n. m. Gaz simple, incolore, inodore, insipide, qui constitue environ le centième do notre atmosphère.

— Encycl. Vnrgon est un eaz qui existe dans l'air et dont on a Ignoré l'existence jusqu en 1894, époque à laquelle lord Rayloigh, secrétaire perpétuel de la Société royale do Londres, et Ramsay, professeur à University Collège (Londres), ont découvert que l'air contenait environ 1 p. loo d'un gaz nouveau, confondu jusaue-là avec l'azote.

II peut sembler étrange quo I existence de ce gaz ait échappé à tous les savants qui ont étudié les propriétés de l'air et fait son analyse, d'autant plus que ces analvses ont été fréquemment répétées avec do l'air pris dans diffé-

ronts pays, au milieu des mors ou dos continents, ainsi qu'à dos altitudes très différonteu. Cotte bizarrerie s'explique par ce fait que l'a/oto a toujours ét^ doué dans l'air, par rosto. Los autres gaz composant l'air sont facilement absorbablos; l'azote, au contraire, est beaucoup moins actif : il est difficile do le faire disparaître d'un mélange gazeux. Dans l'analvse do l'air, on comptait comme azote tout ce qui avait résisté aux agents chimiques employés pour éliminer los autres gaz, de sorte quo l'on dosait à la fois l'azote ot l'argon, encore plus inerte. Toutefois, dans uuo oxuérionce qui remonte ù. une centaine d'années, Cavendish onserva que l'azoto pouvait se combiner à l'oxygt-ne, en produisant des vapeurs aitrcusos, sous l'influenco d'uno longue série d'étincelles; il remarqua, do plus, que dans cotto expérience, où il absorbait par la potasse les vapeurs nitreuses au fur ot à mesure do leur production, il reste un résidu, montant à 1 cent-vingtième du volume primitif do l'azoto, qu'il no put arriver à absorber; cette proportion correspond à peu près à la proportion d'argon contenue dans l'air.

On avait observé que los différentes déterminations de la densité do l'azote présentaient des écarts relativement considérables; en recherchant les causes do ces écarts, lord Rayleigh ot Ramsay reconnurent quo l'azote préparé par los procédés chimiques (décomposition dos oxydes d'azote, do l'azotito d'ammoniaque, do l'urée, etc.) avait une densité voisine de 0,9669, tandis que l'azoto retiré de l'air, en absorbant l'oxygène et les autres gaz par des réactifs appropriés, avait pour densité 0,9717. Ils reconnurent, de plus, qu'en absorbant l'azote de l'air par le magnésium, et en décomposant ensuite le produit formé, on obtenait de l'azote, qui avait la même densité que l'azoto luvparé par les autres réactions chimiques.

La (lilférence constatée entre l'azote atmosphérique et l'azoto chimique pouvait tenir à une transformation partielle en un gaz polymère, analogue à celle qui change l'oxygène en ozone; mais l'effluvo électrique, presqlie exclusivement employé pour produire ce genre de polymérisation, no modifie pas les densités de l azoto chimique ou de l'azoto atmosphérique. Il restait alors à examiner l'hypothèse d'un gaz inconnu, mêlé à l'air. Rayleigh et Ramsay répétèrent l'expérience de Cavendish ; ils absorlièrent jusqu'à 30 cent, cubes d'azote par heure, ce qui leur permettait d'obtenir environ l cent, cube d'argon en trois heures. Ils préparèrent aussi ce gaz en chauffant l'azote atmosphérique avec du magnésium ; il reste un résidu inabsorbablo d'argon; l'azote chimique, au contraire, soumis à l'expérience de Cavendish ou à l'action du magnésium, est absorbé sans résidu appréciable.

Los propriétés du nouveau gaz furent alors étudiées par les savants anglais, puis par Berthelot, Troost, Moissan, Schlœsing fils, etc. La densité de l'argon est 1,376, celle de l'azote n'étant quo 0,97; de là le nombre un peu trop fort trouvé pour la densité de l'azoto lorsqu'il était extrait do l'air et qu'il contenait, par conséquent, un peu d'argon. Cette densité permet d'attribuer à l'argon environ 40 comme poids moléculaire.

L'argon est difficile à liquéfier; on ne peut y parvenir qu'au-dessous de — lai» (température critique) ; liquide, il bouta — 187*»; amené à l'état solide, il fond à — 189", G (01szewski). Le rapport des chaleurs spécifiques de l'argon à pression et sous volume constant est plus considérable que pour les autres gaz (1,6 au lieu de 1,4); on en tire cette conclusion intéressante, que les molécules de l'argon, comme celles de la vapeur de mercure, doivent être formées d'un seul atome. L'eau, mise en présence d'argon pur, en dissout environ 258^,7 par litre; l'azote est moins soluble dans l'eau que l'argon; aussi les gaz dissous dans l'eau sont-ils un peu plus riches en argon que l'air. Sous une forte pression, 1 eau forme avec ce gaz un hydrate, stable à 0*> sous une pression de 105 atmosphères.

L'argon, d'une inactivité plus grande encore que l'azote, se combine cependant à la vapeur de benzine et aux vapeurs du sulfure de carbone, sous l'influence des effluves électriques ; en se combinant à la benzine, il donne généralement une magnifique fluorescence verte, visible en plein jour. L'azote se combine avec le magnésium, à la température du rouge, tandis que l'argon ne réagit pas dans ces conditions; mais, si l'on fait jaillir de forts etfluves entre les fils do magnésium, dans une atmosphère d'argon, la combinaison se fait peu à peu. L'argon ne se combine pas au fluor, sous l'influence des étincelles (Moissan).

L'argon une fois découvert dans l'air, on a recherché si sa proportion était constante : des échantillons d'air, pris à Paris, sur la Méditerranée, l'océan Atlantique et la Manche, aux Açores (à 2.275 m. d'altitude), ont donné une proportion d'argon constante à 1 cinn-centième près de sa valeur . On a retrouvé en outre de 1 argon dans diverses sources d'eaux minérales connues comme dégageant de l'azote; par exemple, à Cauterets, dans les Pyrénées, et à Maizières (Côte-d'Or). On en a recherché aussi dans certains gaz, comme le grisou et le gaz carbonique do la mine de Rochobelle; dans divers minéraux, comme la clévite, et même dans une météorite, ce qui indique quo, si l'on n'a pas trouvé d'argon dans le soleil, par l'analyse spectrale, ce gaz existe cependant dans des corps étrangers à la terre. Jusqu'ici, l'argon ne semble pas jouer un rôlo physiologique important, si même il en a un : on n'a pas trouvé d'argon dans l'azoto extrait des tissus animaux et des plantes ; on en a trouvé, il est vrai, dans la vessie natatoire de divers poissons et dans le sang du cheval, comme il était naturel de lo prévoir.

ARGONAUTE (gr. argonautêss de Argo, et nautés, nau-

Page 1