ARNAL — ARNAULD
Arnauld, Arnaut ou Arnault, famille célèbre dont la destinéo se lie t-n quelque .sorte à l'histoire du jansénismo ot do Pori-Royal. EUo était origioairo do l'Auvergne, et beaucoup do 808 membres curent un rang distingué dans la robo et les grands omploiN. On connaît surtout les suivants : Amauld (Antoinej. né à Paris eu 15C0, morten 1610, avocat au parlement de Paris, avocat
Î:énéral sous Catherine do Métlicis, conseiller d'Etat sou» lenri IV. [Il se distingua par lo plaidoyer qu'il prononça, en 1594, en faveur do l'université de Paris contre les iésuites, ot par plusieurs pamphlets politiques. C'était un nomme probe, austère et désintéressé. Il eut vingt enfants, dont dix seulement lui survécurent. Parmi ces derniers, il y avait six filles, qui toutes prirent le voile & Port-Royal, monastère que lui-même avait restauré. Son écrit le plus connu est le suivant : le Franc et VéritatAe Discours du roi sur te rétablissement qui lui est demandé des jésuite» (1602)] ; —Amauld d*AndiUy (Koubbt), fils aîné d'Antoine Arnauld, né en 1.^88 à Paris, mort à Port- Royal des-Champs en 1674, qui vécut longtemps à la cour, et quitta lo monde à l'âge de cinquante-cinq ans, pour so retirer à Port-Royal. [On a do lui, outre .ses Mémoires, uno Traduction, plus élégante que fidèle, dos Confessions de saint Augustin ; des Vies des saints Pères du désert, et de quelques saintes ; des Qiunres de sainte Thérèse, etc. Son portrait, peint par Ph. de Champaigne, en 1650. est un des meilleurs tableaux du célèbre artiste (Louvre). Lo marquis Arnauld de Pomponne, qui devint ministre d*Etat, était un de ses fils (v. Pomponne)]; — Amauld (Henri). frère du précédent, né à Paris en 1597, mort en 1692. [.Nommé évoque de Toul en 1037, il n'accepta point co siège, par suite de contestations survenues entre le roi ot le pape sur le droit d'élire et se borna à son abbave do Saint-Nicolas. Il accepta enfin le poste do chargé d'affaires à Rome, où il négocia très habilement la réconciliation des Barberini avec la cour pontificale. A son retour, il fut nommé évêque d'Angers (1649), et se voua entièrement à l'administration de son diocèse, qu'il édifia par ses vertus. Ses dernières années furent attristées par la querelle du jansénisme et par la persécution dirigée contre Port-Royal, où il avait une partie de sa famille. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-quinze ans, après quarante-quatre ans d'épiscopat. Le peuple lo vénéra comme un saint. Ses négociations diplomatiques ont été publiées (Paris, 1748) par son petit-neveu, labbé de Pomponne ; " Arnauld (Antoine), théologien et controversiste célèbre, surnommé le grand Amauld, frère du précédent et fils d'Antoine, né à Paris en 1612, mort à Bruxelles eu 1694, oui fut dirigé vers l'étude de la théologie par les conseils do sa mère et de l'abbé de Saint-Cyran, son confesseur. Il fut reçu docteur en Sorbonneenl641, lorsqu'il était déjà converti aux doctrines austères du jansénisme.
Deux ans après, il fit paraître son livre De la fréquente communion, où il paraissait critiquer la morale des jésuites. La querelle soulevée par les doctrines do Jansénius était alors dans toute sa force. Arnauld ayant écrit deux lettres au sujet d'une absolution refusée par un prêtre de Saint-Sulpice, ses ennemis en tirèrent deux propositions qui furent censurées par la Sorbonne, et lui-même fut exclu do la faculté de théologie (1656). Il retourna alors s'ensevelir dans sa retraite de Port-Royal et n'eu sortit que douze ans plus tard, à la paix de Clément IX (1668). Dans l'intervalle, il avait composé avec Nicole la Logique de Port-Boyal {16G2), et avec Lancelot la Grammaire générale et raisonnée (1664). A cette époque, il tourna contre les protestants l'impétuosité de son génie polémique, et publia plusieurs ouvrages qui eurent un grand retentissement : la Perpéiutté de la foi (en collaboration avec Nicole, 1669, 1672, 1679) ; le Henversement de la morale de J.-C. par les calvinistes (1672) ; l'Impiété de la morale des calvinistes (1675). Bientôt, entraîné de nouveau par son ardeur, il reprit sa guerre contre les jésuites, fut calomnié auprès du roi, et jugea prudent de se retirer en Belgique, en 1679. I^ U publia son Apologie du clergé de France et des catholiques d'Angleterre contre le ministre Jurieu{l6i\). Peu après, il eut de vifs démêlés avec Malebranche, dont il attaqua, en termes peu mesurés, la doctrine sur la grâce et sur la vision en Dieu. Cette dispute dura jusqu'à sa mort. Les jansénistes perdirent en lui leur plus ferme appui, et les jésuites leur plus redoutable adversaire .
Son esprit est l'un des
S lus philosophiques et es plus étendus du XVII» siècle. Sou humour impétueuse ne pouvait souff'rir le repos ; un jour que Nicole , d'un caractère plus accommodant, lui représentait qu'il était temps de se reposer :
« Vous reposer! répondit l'i m p é t u e u x A rnauld, eh '. n'aurez-vous pas pour cela l'éternité entière? ■ Ses principaux ouvrages , outre ceux déjà cités, sont : Lettre à un évêque (1680); Cotisidérations sur les araires de l'Eglise (16S1) ; Traité des vraies et des fausses idées (1683) ; Béflexions philosophiques et théologiques sur la Xature et ta Grâce (1685-S6)J: — Sa sœur, Jacqceli>e-Mabie-Angé- LiQCE Arnauld, de Sainte-Madeleine, née en 1591, morte en 1661, qui fut abbesse de Port-Royal-des-Champs dès l'âge de quatorze ans, et réforma son abbave à dii-sept. [H faut lire dans l'ouvrage de Sainte-Beuve {Histoire dePort-
Aiiloiiie .Aruauld
Angélique Arnauld.