‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 460 sur 828 · ARTILLEUR — ARTISTE · texte numérisé non relu

ARTILLEUR — ARTISTE

nouvelles batteries à pied en 1S38. En 1851, une réorganisation nouvelle sépara les diverses spécialités qu on avait rapprochées en 1829. Il y eut des régiments a pied, <X^\itresmonlés, d'autres à cheval entièrement composes de batteries de la même espèce. Les régiments à pied comptaient en outre des batteries de paix, que l'on supprima en 1860, pour reconstituer à part le train d'artillerie. En 1867, remaniement en sens inverse par la réunion de batteries à pied ot de batteries montées dans les mêmes régiments. Le corps des pontonniers, rattaché à l'artillerie depuis 1795, eut jusqu'à 32 compagnies en 1814, forma ensuite un seul bataillon, et devint régiment en 1840.

En 1870, l'artillerie française comptait deux régiments de la garde impériale (un monté, un à cheval), à 6 batteries; 15 régiments montés, à 8 batteries montées et 4 à pied; un régiment àQ pontonniers Qt A régiments à cheval à 8 batteries. A quoi il faut ajouter : 2 régiments du train à 16 compagnies chacun, 10 compagnies d'ouvriers^ 6 compagnies d'artificiers, dont une fut supprimée au commenceriiont de 1870, en même temps que l'unique compagnie d'ar-

A l'étranger, la composition de l'artillerie était moins complexe,notamraent en Allemagne, où la séparation était complète entre Yardllerie de campagne et l'artillerie de forteresse ; chacune avait un personnel entièrement distinct. La justesse de ce principe fut démontrée, et l'application n'a fait que s'en accentuer partout. En France, il a fini par s'imposer, et la réorganisation de 1883 l'a consacré dans une certaine mesure, en créant des bataillons d'artillerie de forteresse, dénommés depuis bataillons d'artillerie à pied et distincts, quant à la troupe, des régiments d'artillerie de campagne. V. France.

Le matériel de l'artillerie n'a pas moins varié que son personnel, dans la dernière moitié de ce siècle, où les progrès techniques ont été plus étendus que pendant les cinq cents ans écoulés depuis l'invention de la poudre. On en trouvera le détail aux articles : canon, projectile. Nous en résumons ici le caractère général, qui est celui d'une triple tendance à réaliser : P l'unité de bouche à feu et de projectile, au moins pour la guerre de campagne ; 2*' les grandes portées et les grandes tensions de trajectoire ; 3" la mobilité des pièces et la rapidité du tir.

Le premier résultat avait été atteint presque complètement en France, dès 1852, par la création du canoJi-ohusier de 12, qui lançait à volonté des boulets ou des obus, remplissant à la fois les rôles de canon et d'obusier, pièces jusqu'alors distinctes. Mais, bientôt, l'obligation de rayer les canons, comme les fusils, pour conserver leur supériorité de portée, fit adopter de nouvelles pièces, et l'artillerie de campagne comprit au moins deux calibres distincts : 4 et 12 en France, 6 et 9 en Allemagne, etc. Toutefois, les pièces rayées ne tiraient plus que des obus qui avaient en même temps les propriétés du boulet, et le principe de l'unité de projectile avait fait un grand pas. Aujourd'hui, cette unité est presque réalisée, grâce à l'adoption des obus à balles ou o shrapnells perfectionnés «, dénommés en France » obus à mitraille " .

Le rayage des canons a fourni le moyen d'obtenir les grandes portées, et l'adoption des poudres lentes, puis des poudres sans fumée, avec l'emploi de l'acier comme métal à canon, a permis de réaliser les grandes vitesses initiales et la tension de trajectoire qui en est la conséquence.

Enfin, ce même emploi de l'acier a permis de rendre les pièces plus légères, en môme temps que le chargement par la culasse, indispensable d'ailleurs à la précision du tir, permettait d'accélérer celui-ci, accélération qu'on s'efforce d'augmenter encore en limitant et annihilant presque complètement le recul des pièces.

C'est grâce à ces perfectionnements que l'artillerie a pu conserver, sinon même augmenter, l'importance de son rôle sur les champs de bataille et dans les sièges, où l'emploi des puissants explosifs actuels lui permet de produire ces effets irrésistibles. Ajoutons, cependant, que, malgré sa faculté de détruire les obstacles matériels, l'artillerie •comporte dès maintenant, dans la plupart des armées, ■des pièces relativement légères, dites moi'tiers de campagne, dont le tir courbe permet d'atteindre les défenseurs d'une position, derrière les abris qui les protègent.

Outre ses bouches à feu, l'artillerie comporte diverses sortes de voitures et d'engins, auxijuels on donne encore le nom de attirails de l'artillerie.

La plupart de ces voitures servent an transport des munitions. Les unes accompagnent les pièces de campagne, les autres sont réunies en unités spéciales, dites sections de munitions fou colonnes de 7nunitions, en Allemagne) ou ■encore parcs (petits ou grands), etc.

Les unités de combat sont les batteries ; généralement il six pièces, mais quelquefois à huit ou à quatre. Réunies par deux ou trois, elles forment un élément dénommé firoupe en France, abtheilung en Allemagne, brigade en Russie et en Angleterre, division en Autriche, etc., qui •constitue l'unité tactique de l'artillerie et facilite son emploi par masses sur le champ de bataille, seul mode d'action qui lui permette de produire tous ses effets.

— Artillerie de marine. Dès le xiv« siècle, on trouve à bord des navires, concurremment avec les hommes d'équipage, des soldats de marine et des artilleurs de marine ou bombardiers. L'artillerie de marine fut créée par ordonnance de 1692; Choiseul la fusionna avec l'artillerie de terre, en 1761 ; rétablie en 1786 par le maréchal deCastries. ■qui fonda les canonniers marins et un nouveau corps d'artillerie de marine, elle subit un bouleversement sous la première République, qui désorganisa toute la flotte. Napoléon I*"" la réorganisa, mais il l'emmena avec la grande armée, tout comme les matelots disponibles. En 1822, ses attributions furent nettement définies; les marins canonniers restèrent seuls à bord des vaisseaux, et elle eut la charge des services, tels qu'ils existent encore actuellement. Elle confectionne les pièces et artifices de la marine, arme les batteries de côtes, en France et aux colonies, emmagasine, dans les directions d'artillerie, le matériel nécessaire aux navires de la flotte, forme aussi les contingents coloniaux.

Le service de l'artillerie, tel qu'il est organisé aujourd'hui, comprend un état-major sortant soit de l'Ecole polytechnique (deux tiers) ; soit de l'école des sous-officiers de Versailles (un tiers). Les hommes proviennent en grande partie d'engagements volontaires. Un général de division, inspecteur général, dirige tout le corps, qui a dans ses attributions les directions d'artillerie des ports en France ctaux colonies, la fabrication des poudres, projectiles, affûts, canons, artifices, les directions do la fonderie de Ruelle

et du laboratoire central de Paris, l'armement des batteries de côtes de la marine ; enfin, deux régiments de dépôt, le premier à Lorient, le second à Cherbourg.

Artillerie (musée d'). La magnifique collection d'armes de notre musée de l'hôtel des Invalides ne date officiellement que du Consulat; toutefois, ses origines remontent au xvii* siècle. En 1685, le maréchal d'Humières avait installé dans les magasins de la Bastille un dépôt des modèles réglementaires de l'artillerie, et cette collection fut continuée et augmeiTtée par le lieutenant général de Vallière, en 1755 ; on rassembla des armures, des armes, et on dressa du tout un inventaire. L'Inspecteur de l'artillerie, V. de Gribeauval, continua cette collection, mais la prise de la Bastille en amena la dispersion et la destruction presque complète. En 1790, la direction de l'artillerie se remit à l'œuvre, et des saisies nationales faites au cours de la Révolution amenèrent à Paris des armures et armes de toutes sortes, tirées des arsenaux et des châteaux. Bonaparte, en 1796, fit rassembler cet embryon de collection, et l'installa au couvent de Saint-Thomasd'Aquin, où le musée de l'artillerie est demeuré pendant de nombreuses années. L'empereur l'enrichit sans cesse, notamment des dépouilles de l'Italie et de l'Autriche. Dès lors, le musée alla toujours en augmentant d'importance. En 1830, les émeutiers le pillèrent en partie, et le conservateur, de Carpégna, faillit être tué en défendant les collections. Beaucoup d'armes de grand prix disparurent et furent vendues à l'étranger. Napoléon III, ^rand amateur d'archéologie et d'armes, protégea particulièrement la fundation, qu'il priva cependant de Ta ^érie darmes et harnais royaux, transportés par son ordre au Musée des souverains. En 1870, on emballa et cacha les collections; elles ne revinrent à Paris qu'à la fin de 1871. C'est alors qu'on installa le musée, pour lequel Saint-Thomas-d'Aquin était devenu trop étroit, aux Invalides où il est définitivement fixé. En 1872, les armes du Musée des souverains, du gardemeuble, presque toutes celles de la Bibliothèque nationale, y furent réunies; puis, en 1880, on y transporta la collection d'armes de Pierrefonds.

Le musée d'artillerie est une des plus riches collections d'armes du monde; comme nombre d'objets, il vient après le musée de Vienne, mais il est bien au-dessous de l'Armeria de Madrid pour le complet et la beauté des armures. Il en possède, cependant, plus de deux cents complètes, parmi lesquelles celles de tous nos rois. La plus belle de cette série royale est celle de François I'^ qui fut faite par Jong Seusenhofer d'inspruck, armurier de Ferdinand, empereur d'Allemagne, qui voulait en faire cadeau au roi de France. Mais, comme les deux souverains se brouillèrent, l'armure ne fut jamais livrée et ne quitta l'Autriche qut quand Napoléon s'en empara. La collection d'épées comptt

plus de cinq cents spé un officier supérieur de l'artillerie qui est

du musée.

— BlBLIOGR.:

Colonel Robert. Catalogue complet; Pencuilhy L'Haridon, 'Notices (dans le « Ca-

des plus remarquables. C est

gue

Artilleurs: 1. Canonnier à cheval (ten gardel; 2. Artilleur de forteresse (t''niiedi pagne) ; 3. CaQonaier conducteur (grande t

lH(î2) ; Maurice Maindron,£'^«de (dans la " Gazette des

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