I V. DÉCADE
BecCAFUMI {Domenico Mecherino ou Mi- I CHARiNo. plus connu sous le nom de), peintre, 1 sculpteur, fondeur, mosaïste ot graveiu* italien, \ né à La Cortina, près de Sienne, en 1484, mort fiécat, I dans cette ville en 1551. Un riche bourgeois de I Sienne nommé Lorenzo Beccafumi, s'étant fait son protecteur et l'ayant placé dans l'atelier de Capanua, ce jeune peintre ajouta 4 son nom celui do son bienfaiteur. II étudia d'une façon toute particulière les œuvres de Pérugin, de I Raphaël et de Michel-Ange, ot devint, à Sienne, le rival I du Sodoma. Il exécuta un nombre considérable de pein- I tures à fresque, à la détrempe, à l'huilo, dans les églises I et les palais. Parmi los sujets dont il décora la cathéj drale, on remarque les Evangélistes et divers épisodes de l'histoire de Moïse. Mais son œuvre la plus importante, l dans cet édifice, fut la mosaïque en marbre du pavé, dans j laquelle il représenta le .*?acn^ce rf'A6ra/frt77i, Moïse brisant les tables de la loi, le Frappement du rocher et quelques autres scènes bibliques, vastes compositions qui ont été gravées par Andreani et Baldassare Galbuggiani. A Gênes, dans le palais Doria, Beccafumi a terminé une frise représentant dos enfants, ouvrage commencé par Pierino del I Vâga et lo Pordoi - ■ . -
I à Sienne. Ses coi de telle sono qu" sur les murs \n> détrempe .[u'à î ii avec esprit. Les nombre dans los i sur cuivre, Jésu.
Naples. une Dépositi
pemtures se voient i sont nettes, brillantes, et fondues so sont conservées sans altération iii.s l'.iir'^- Il réussit mieux à la Il ;i naiN 1,1 1 rcsrjue avec grandeur, iiiiiis Ip ];, I i-alumi sont en petit ■s Le LiPiivr.' possède une grisaille Jardin deft (Hiciers; le musée de , . ae Croix; la galerie des Offices, une
Sainte Famille et le portrait do l'artiste; le palais Pitti, une Sainte Famille, etc. Beccafumi fut aussi habile comme sculpteur que comme peintre ; il fondit lui-même en bronze plusieurs statues, qu'il avait modelées. BECCARD n. m. Ichtyol. V. bécard.
Becgari (.A.uguslin^ poète italien, né à Ferrare en 1540, mort on ir>'.io. II est connu par une pièce, il Sacrifizio, dont Alfonso «lolla Viola composa la musique, et qui fut représentée eu 1554. Cette pièce, froide et langoureuse, fait époque dans l'histoire du théâtre italien, parce qu'elle est la première comédie pastorale que l'on connaisse et parce qu'elle fait do Boccari le véritable inventeur du genre.
Begcari (Jacquos-Barthélomy), médocia ot savant italien, né à Bologne on 1082, mort on 17C0. Un dos créateurs do l'académio des Jnquieti, il fut chargé, on 17U, do professer la physique à l'Institut dos sciences ot dos arts do Bologne, ot il on devint lo président on 1750. H avait l'habiiudodo dire qu'il importo au moins autant d'étudier la médecine do l'esprit que colle du corps, ot quo so modérer, c'est durer. On a de lui un grand nombre d'écrits, uutammont : Consulta niedica (Bologne, 1777-1781).
Becgari (Odoardo), naturaliste ot voyageur italien, né à Klurenco on 1843. Il suivit lo marquis Doria à Bornéo, oii il resta trois ans (1805-1808), sorenait on Abyssinie (1870), accompagna do Albortis, d'abord à la Nouvelle-Guinée (187 1-1872), puis dans un voyage où ils firent presque le tour du monde (1877-1879). U visita l'Inde, Java, l'Australie, lu Nouvelle-Zélande, Sumatra, ot rapporta on Kuropo d'intéressants spécimens delà flore du pays, entre autres Vamor- (,l,i.j,h,illiifi Ti/iuius,\a. plus grande fleur connue jusqu'à présent, iiti iiiillior d'autres plantes nouvelles ot d'importantes coll' riions zoologiques. Après son retour, il publia un ouvrîige intitulé : la Malaisic, et fut nommé directeur du muséum ot du jardin botanique do Florence.
BecCARIA, famillo italienne du xiv" siècle. Son histoire se confond avec celle do Pavie pendant la période de transformation des républiques guelfes en principautés gibelines. Durant les grandes luttes de la révolution catholique contre latyrannio féodale et impériale, ils avaient représenté l'esprit do réaction, tantôt vainqueurs et persécutant la plèbe de Pavie avec le secours do leurs serfs de la campagne, tantôt obligés do fuir do leurs palais incendiés. Leur attachement inébranlable à la famillo des Visconti de Milan leur valut, après la réaction impérialiste que réalisa Henri VII, d'obtenir la domination absolue sur Pavie, d"où ils chassèrent tous les chefs guelfes (1313). Sorte de lieutenants des Visconti, ils gouvernèrent paisiblement durant quarante -trois ans, s'occupant d'amasser des richesses et d'encourager le luxe ot la débauche chez leurs sujets, pour les mieux dominer. Le réveil fut terrible. Ayant eu l'imprudence de prendre parti contre Galéas Visconti pour Jean de Montferrat, leur allié personnel, outragé par le tyran commun, ils se virent assiégés par les mercenaires de Galéas. Eperdu, Castellino Beccaria ne crut pouvoir échapper qu'en déchaînant le vieil esprit révolutionnaire, et il s'effaça devant le moine augustin Jacob Bussolari, héritier de ces tribuns ecclésiastiques qui avaient ■ tenté la révolution catholique des deux siècles précédents (1356). Bussolari souleva le peuple, en effet, et chassa les mercenaires des Visconti; mais il somma ensuite los Beccaria de les rejoindre. Promesses, menaces, tentatives de meurtre, tout fut mis en œuvre inutilement par les Beccaria pour conserver leur pouvoir : à la fin, abandonnés de tous, ils durent s'enfuir honteusement auprès des Visconti (1357). Bussolari fit démolir leur palais, et le peuple s'en partagea les débris comme autant de trophées. A la mort de Galéas, Castellino Beccaria ressaisit le pouvoir sur Pavie et l'exerça durant quelque temps; mais le duc Philippe-Marie Visconti, ayant affirmé son autorité à Milan, reprit Pavie. Lancelot, frère de Castellino, fut pendu sur la place do la ville. Castellino lui-môme périt dans les supplices, avec tous les chefs des Beccaria (1418).
Beccaria (Jean-Baptiste), physicien italien, né à Mondovi en 1710, mort en 1781. Professeur de physique à l'université de Turin (1748), il jouit de la plus haute considération à la cour de Turin et près des savants. Physicien éminent, il s'occupa surtout d'électricité, et fit do nombreuses expériences, qui mirent en lumière la théorie de Franklin. Parmi ses ouvrages, au stylo élégant, nous citerons : Dell' elettricismo natitrale ed artifiziale (Turin, 1753); Lettere suit' elettricismo (1758); Dell' elettricismo artifiziale (1772) ; Dell' elettricita terrestre atmosferica (1775). Sur l'ordre du roi de Sardaigoe, il mesura avec l'abbé Canonica un degré du méridien on Piémont, ot publia les résultats obtenus, sous le titre de Gradus TaurinensisilTlA).
Beccaria (César Bonesana, marquis de), publiciste italien, né et mort à Milan (1738-1794). Elevé chez les jésuites à Paris, il se livra avec ardeur à l'étude des belleslettres et des mathématiques. La lecture de quelques livres français, notamment des Lettres persanes et de l'Esprit, d'Helvétius, le tourna vers la philosophie. Beccaria fut un des premiers membres de la société httéraire qui se forma
à Milan , sur le modèle de celle ^ ^^
d'Helvétius, et qui n'avait d'autres oracles que les philosophes français. Il participa à la rédaction du journal le Café, publié en 1764 et 1765, à l'exemple du Spectateur d'Addison, afin de répandre en Italie les idées nouvelles.
Ayant vu les iniquités de la justice criminelle, il se m :
agiter avec ses amis, noi i ment avec les frères Pu i et Alexandre Verri, les Jia.
ciles problèmes que soule\û cette matière. Ce rut l'origme du livre Dei delitti e délie pêne (1763-1764). Après avoir achevé son écrit, il n'osait le publier; il le fit imprimer en secret à Livourne. Il redoutait la persécution, et il poussa la prudence jusqu'à voiler ses pensées sous des expressions vagues et indécises.
Le Traité des délits et des peines apparut comme l'application do la philosojihio française à la législation pénale; il invoquait contre la tradition juridique la raison et le sentiment; il traduisait éloquommeut les protestations de la conscience publique contre la procédure secrète, lo serment imposé aux accusés, la torture, la confiscation, les peines infamantes, l'inégalité devant le châtiment, l'atrocité dos supplices; il séparait nettement la justice divine de la justice humaine, les délits des péchés, répudiait lo droit de la vengeance, assignait pour base au droit de punir l'utilité générale, déclarait la peine de mort inutile, demandait la proportionnalité des peines aux délits, et la séparation du pouvoir judiciaire et du pouvoir législatif. Jamais li\Te ne vint solliciter les esprits en temps plus opportun. Il eut un succès extraordinaire. Les philosophes français raccueillirent avec enthousiasme. L'abbé MoreUet le traduisit, Diderot l'annou,
Bec-croisé.
Voltaire le commonta. Il fut gofité par d'Alombcrt, BulTon, Hume, Helvétius, lo baron d Holbach. En 1766, Beccaria viol à Paris. Il y fut reçu partout avec l'admiratioD ot la sympathie la plus vivo. Revenu À Milan, il noquitu plus cette ville. Il avait été inquiété à raison do quelques pa»> sages do son livre qui touchent a la religion, mai» la dénonciation n'eut pxs de suites. La crainte qu'il en rosKCHiit le fil renoncer a écrire sur los matières philosophiques. Il était loin d'étro insensible a la renommoo ; mais U voulait la renommée aan» orages.
En 1768, le gouvernement autrichien ayant su quo Beccaria avait refusé les offres de Catherine JI, qui voulait l'attirer ù. Pétersbourg, créa, en sa faveur, imo chaire d'économie politique.
— BmLroGR. : César Cantu, Esnai gur Beccaria et le droit pénal (Florence, 1862) ; Des délit» et des peine*, par lieccaria, édition avec introduction ot commontalre, par Faustin Hélie {Paris, 1870).
BecCLES, ville maritime do l'Angleterre (comté de Suffolk), sur la "Waveney; 6.700 hab. Marchés, église gothique, au portail remarquable.
BEC-COURBÉ ou BEC-COURBE n. m. Omitb. Nom Tolgaire do l'avocotto, oiseau dont lo bec est recourbé ©Q haut. Il PI. Des BEcs-cornBKs.
— Techn. Outil do calfat.
BeC-CRESPIN. nom d'uno ancienne famille do Normandie, (|ui so serait établie dans cette province vers le x* siècle ; elle se prétendait issue do la maison des Grimaldi, princes de Monaco. Le premier membre connu est Gilbert de Brionne, baron de Bec-Crespin, qui fut, vers 1034 , un des fondateurs de Vabbaye du Bec. Plusieurs des membres de cette famillo ont joué un rôle dans l'histoire.
BEC-CROISÉ n. m. Genre d'oiseaux passereaux rostres, famille des fringillidés. renfermant des formes dont les mandibules, so dirigeant chacune de côté dans une direction différente, sont croisées à leur extrémité. U PL Des