‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 82 sur 828 · V. ACONITINE · texte numérisé non relu

V. ACONITINE

ACONITANIUQUE (de aconitique et anilide) adj. Se dit d'un acide que l'on obtient en faisant agir le perchlorure de phosphore sur l'acide citranilique, et en ajoutant do l'eau au produit de cette réaction. Cet acide, appelé encore acide phémjlaconitamique, cristallise en petites aiguiUesjaunes.

ACONITATE (rad. aconitique) n. m. Nom générique de sels formés par l'acide aconitique qui est trioasique.

ACONITINE n. f. Alcali découvert dans l'aconit napel.

— Encycl. Chim. Lo nom d'aconitine a été donné à plusieurs alcaloïdes, qui n'ont guère de rapport entre eux que leur communauté d'origine et leurs propriétés toxiques.

1° Aconitine amorphe. C" H" Az 0'. Cet alcaloïde, auquel Wurtz réserve le non> d'aconitine (il appelle napelline l'aconitine cristallisée), a été découvert par Hep dans l'aconit napel. A l'état hydraté, l'aconitine présente l'aspect d'une poudre blanche," très légère. Si on la chauffe â 85°, elle perd les 20 pour 100 d'eau qu'elle contient. Cette substance est soluble dans l'acide azotique et l'eau bouillante, et forme avec les acides des sels incristallisables.

Voici un procédé très usité pour sa préparation : Hottot, après avoir réduit en poudre la racine d'aconit, la fait macérer pendant huit jours dans l'alcool à 85", filtre la teinture, la distille au bain-marie, l'agite avec de la chaux éteinte, précipite la solution par un 'léger excès diacide sulfurique, évapore a consistance sirupeuse, ajoute au dépôt trois fois son poids d'eau et laisse reposer; il se forme alors à la surface du liquide une huile verte, qu'on enlève à l'aide d'un filtre mouillé ; on ajoute ensuite à la liqueur de l'ammoniaque, on porte à l'ébuUition, et, après avoir recueilli sur un filtre le précipité, on le lave, on le sèche, on le traite par l'éther pur, qui dissout l'aconitine. On obtient ainsi de 4 à 6 milligr. d'aconitine amorphe par kilogramme de racine.

2» Aconitine cristallisée. Ce produit, nous l'avons dit, est différent du précédent; il a pour formule C"H'"AzO'». Il se présente en tables rhombiques ou hexagonales, quel- ([uefois sous forme de prismes. Très peu^'solublo dans 1 eau, il est insoluble dans la glycérine et les huiles de pétrole, mais se dissout parfaitement dans l'alcool, l'éther et le chloroforme.

L'aconitine cristallisée est beaucoup plus active que l'aconitine amorphe. Dans les cas d'empoisonnement, on peut roconnaitre la présence de l'acouitiue dans l'organisme au moyen de l'acide phosphorique, du tannin, de l'ioduro de potassium, etc. ; en peut encore dissoudre la matière dans l'acide acétique et ajouter un petit cristal d'ioduro de potassium : il se forme des lamelles d'iodhydrato d'aconitine dont l'aspect est caractéristique et qu'on examine au microscope. Une sensation de fourmillement sur la langue suit de près l'ingestion do toutes les préparations d'acoait.

ACOLOGIE — ACORIE

— Physiol. et méd. A la dose do 1 à i milligrammes, Vuconitine, mise on contact avec la muqueuse buccale, détermine une sensation d'engourdissement ot do picotemont très caractéristique. Arrivée dans l'estomac, ello produit : do la chaleur, parfois dos nausées, le ralentissement du pouls ot do la respiration, l'abaissement de la température, de» alternatives de contraction et do dilatation do la pupille, une grande somooleoco. .Son élimination entraîne une augmentation dans les principales sécrétions : bile, urine, salive, sueurs.

Des doses do 10 ùl 20 milligrammes détormiocntde la pesanteur de tète, des vomissements, la petitesse du pouls, le refroidissement des extrémités et la pâleur des tissus, la dilatation excessive do la pupille, uno salivation abondante, des sueurs profuses, 1 exagération de la diurèse, lo coma ot la mort : 1/10 de milligr. est une doso mortelle pour la grenouille; 1/4 de milligr. pour lo lapin; 1/2 quart do milligr. pour le cobaye. L aconitine agit directement sur la moelle épinière, surtout sur sa partie bulbaire. .Ses manifestations sont donc le résultat do son action sur lo système nerveux.

L'aconitine est employée dans le traitement des névralgies, des névroses, contre la goutte, le rhumatisme, les affections cardiaques. Elle se prescrit on pilules à la dose de un demi-milligramme. Dans l'cmpoisonnorncnt par cet alcoloïde, les antidotes utilisés sont : les vomitifs, lo tannin, les stimulants internes ot externes. La mon par l'aconitino étant une mort par asphyxie, la respiration artificielle est le meilleur moyen de prévenir l'effet fatal de l'intoxication.

ACONITIQUE adj. Se dit d'un acido [C H* 0"{0H)"] qui se trouve à l'état de sel de chaux dans lo suc d'aconit napel et d'autres aconits; il so rencontre dans certaines espè<:os de prèles {equisetum). Syn. acide éql-isétique ou

ClTRIDlgL'E.

ACONTIAS {si-âss — du (jr. akontias, sorte de serpent) " ~, Genre do reptiles sauriens, do I?. famillo dos scincol-

i n'ayant

ACONTISMOLOGIE (du gr. akontismos, art do lancer lo javelot, et logo-i, discours, traité) n. f. Chez les anciens, art de tirer de l'arc, de lancer des armes à pointe, et particulièrement, théorie de cet art.

ACONTISTE (gr. akontistés, (jui lance un javelot) n. m. Soldat de lantiiiuité qui lançait des traits.

AcONTIUS. Antiq. gr. V. AcoscK.

ACONZ (Etionne-Kover), noble Arménien, abbé général des mékhitaristes de Venise, né en Transylvanie en 1740, mort à Venise en 1824. Il dirigea la congrégation pendant vingt-quatre ans. et publia, entre autres ouvrages, une Géographie universelle (IS03-U16U une Vie de l'abbé Mékhitar (1810) et une Histoire des Conciles œcuméniques.

ACOPE ou ACOPEUX, EUSE (gr. akopos, qui délasse) adj. •Se disait de médicaments, surtout d'onguents, propres à dissiper la fatigue produite par l'excès du travail.

ACOQUINANT, ANTE adj. Qui attache, retient par l'habitude ; Le coin du feu est acoquinant.

ACOQUINER (du lat. ad. à, et coquina, cuisine) v. a. Attirer, retenir par la bonne chère, et plus généralement par une habitude à laquelle on prend plaisir : La chasse au marais a des charmes qui vous acoquinent. (Toussenel.)

S'àcoquiner, v. pr. S'attacher, s'adonner trop.

ACORE u. m. Bot. V. ACCRUS.

ACORÉE ou ACORIE (du gr. a priv., et koré, pupille) n. f. Absence de la pupille, soit anormale, soit patnologiquo. Quand elle est congénitale, elle résulte de la persistance de la membrane pupillaire. On la guérit en pratiquant une [lupille artificielle.

AçORES Les), groupe d'Iles do l'océan Atlantique septcntr., â environ 1.300 kil. du Portugal, dont elles dépendent. Los .\çorcs sont au nombre de neuf : Sainte-M^rie

Torcetra

AT L A N7 I Q u E

et Saint-Michel, au S.-E. (district de Ponta Delgada' ; Terceira, Saint-Georges, Graciosa (district d'.\ngra do Héroïsme) ; Fayal etPico (au centre) ; Corvo et Florès, au N.-O. (district de Horta).Ces îles montuouses, volcaniques, sujettes aux coups d© vent et aux tremblements de terre, jouissent d'un climat tempéré et sain. Le sol bien arrosé, fertile, produit des ignames, des bananes, des oranges, des citrons, des vins appréciés. Elles sont peuplées de 236.000 hab. (Acariens, ennes). La capitale est Angra, dans l'Ile Terceira. Ilorta. dans l'Ue Fayal, est lo meilleur port.

Lorsque Cabrai découvrit cetarchipel (1431), il y trouva beaucoup de milans (açor, dans le langage indigène) ; de là le nom d'Aço7-e*.

— BiBLiOGR. : Description nautique des Açores (Paris,

ACORINE — ACQUÊT

ACORINC (rad. acore) n. f. Glycoside azotée, extraite de l'acoi'iis calamus (Linné). C'est une substance molle, aromatique, couleur do miel, ayant une saveur amère. Elle est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther; elle réduit le chlorure d'or.

ACORINË, ÉE adj. Qui ressemble à un acore.

ACORMOSE (du gr. a priv., et kormos, tronc) adj. Se dit d'une plante dont les feuilles et les fleurs semblent partir de la racine.

ACOROÎDÉES (rad. acore) n. f. pi. Nom d'une tribu des

aroïdées.

ACORUS [russ) n. m. Genre d'aroïdées, à fleurs hermaphrodites recouvrant entièrement le spadice. Ce sont des plantes vivaces, à rhizome ramifié, à feuilles rubanées et engainantes, à inflorescence terminale. L'espèce principale est Vacorus calamus (vulgairement jonc odorant ou Us des marais)^ dont le rhizome est employé en parfumerie. On s'en sert en thérapeutique comme aromatique et sudoritique. Enlin, une infusion ou une décoction de ses racines (de 12 à 15 grammes pour 1 litre d'eau) s'emploie contre la gastralgie. Il On dit aussi acore.

ACOSMIE (gr. akosmia, dérèglement) n. f. Désordre, dérèglement dans l'époque critique dune maladie.

ACOSMISME {du gr. a priv., et kosmos, monde) n. m. Système philosophique : L'athéisme nie Dieu au profit du monde, Z'acos- MiSME nie le monde au profit de Dieu. (A. Bertrand.)

ACOSTA (Christophe), médecin et naturaliste portugais, né à Mozambique vers 1515, mort à Burgos en 1580. Il se rendit dans les Indes pour en étudier les plantes médicinales, puis revint en Espagne, cil il acquit une grande réputation comme médecm. On a de lui : Tratado de las droijas y medicinas de las Indias orientales, con sus plantas (Burgos, 1578), ouvrage remarquable qui a été traduit en français par Monardez (Lyon, 1619). Acosta a, de plus, donné une Relation de ses voyages et écrit un livre à la louange des femmes (Venise, 1592).

Acosta (Joseph d'), provincial espagnol des jésuites du Pérou, né à Médina del Campo, vers 1540, mort en 1599. On a de lui une Histoire naturelle et morale des Indes (Séville, 1591), fort estimée, et traduite eu français (1598).

Acosta (Uriel), gentilhomme, né à Oporto, vers la fin du xvi" siècle, mort en 1647. Il fut tour à tour juif, saducéen, sceptique, incrédule, et termina enfin par le suicide une vie troublée par de longues souffrances morales et dos persécutions, et dont il a esquissé les agitations dans un écrit saisissant : Exemplar vitse humanx, publié et réfuté par Limborch dans son Arnica Collatio (Gouda, 1687).

AGOT [ko) n. m. Adossement de fumier autour d'une couche.

ACOTAl (tè) n. m. Pied de chèvre empêchant la vis de la cuve et do la presse du papetier de rétrograder.

ACOTAR n. m. Sorte de coin que l'on chasse entre les varangues, alin do mieux lier les fonds d'un navire.

ACOTER V. a. Entourer d'un acot : Acoter une couche.

ACOTHÉRULUM {lo7n') n. m. Genre de mammifères ongulés fossiles dont une espèce, découverte en 1883 dans les phosphorites du Quercy, est appelée acotherulum pan-us.

ACOTYI^, ÉE adj. Syn. de acotyi,édone.

— n. m. pi. Turbellariés dendrocœles dépourvus de ventouses, ayant pour types les leptoplana, les cestoplana, Qtc.

ACOTYLÉDONE OU ACOTYLÉDONÉ, ÉE (du gr. a priv., et do cotylédon) n. et adj. Se dit dos plantes dont l'embryon est privé de cotylédons, n Ce terme, actuellement peu usité, est synonyme de cryptogame.

— Enctcl. Jussieù avait divisé le règne végétal en trois embranchements : les acotylédones, les monocotylédones et les dicotylédones. Les plantes (lichens, champignons, mousses, fougères, etc.) qui composent le premier embranchement sont remarquables par leur nombre, leur prodigieuse variété de formes, et par leurs modes nombreux de reproduction. Les acotylédones de Jussieu correspondent aux trois embranchements suivants : thallophytes (champignons et algues), bryophytes ou muscinées [mousses, hépatiques, etc.) et ptéridophytes ou cryptogames vasculaires ;(fougères, équisétinées, etc.).

ACOTYLÉDONIE n. f. Plante dont les graines sont dc-

■dons

ACOTYLOPHORE (du gr. a priv., kotulê, cavité, et phoûs, qui porte) adj. Qui n'a point de suçoir.

ACOUCHI n. m. Zool. V. agouti.

ACOULURE n. f. Nom donné, dans l'exploitation du bois de fiutrage, à de petites mises ou portions do û^ill environ, qui entrent dans un coupon.

ACOUMÈTRE [du gr. a/iûud, j'entends, otmétron, mesure) n. m. Instrument pour mesurer l'étendue du sens de l'ouïe chez l'homme ; on emploie dans ce but des diapasons permettant d'apprécier le ton, le timbre et l'intensité des sons.

À-COUP (kou) n. m. Chose qui se fait brusquement, tout à coup, intenipestivement : L'évolution sociale en Angleterre ne procède point, comme chez nous, par à-coups, par soubresauts. (Bareste.)

— Equit. et gymn. Temps d'arrêt ou mouvement brusque : îl est important de ne donner aucun à-coup, aucune secousse sur l'engin conducteur. (Boutigny.)

— Tactiq. milit. Temps d'arrêt qui survient dans le mouvement d'une troupe et qui en fait onduler le froni ; stationnement à contretemps, départ brusque et désuni.

ACOUROA n. m. Arbre de la Guyane, dont la graine, pilée avec du saindoux, forme un remède contre les maladies delà peau, et principalement les dartres, ii On l'appelle vulgairement dartrier.

ACOUSMATE (du gr. akousma, ce qu'on entend) n. m. Bruit imaginaire ou dont on ne voit pas la cause, l'auteur.

ACOUSMATIQUE n. m. Nom donné aux disciples de Pythagore, qui, pendant cinq années, écoutaient ses leçons cachés derrière un rideau, sans le voir, et en observant le silence le plus rigoureux.

— adj. Se dit d un bruit que l'on entend sans voir les causes dont il provient.

ACOUSTICIEN n. m. Physicien qui s'occupe de l'acoustique.

ACOUSTICO-MALLÉEN n. m. et adj. Se dit du muscle externe do l'osselet de l'oreille moyenne appelé marteau.

ACOUSTIQUE (du gr. akoustikê, sous-entendu techné. science du son) n. f. Physiq. Science qui traite de tout ce qui se rapporte à la formation, à la propagation du son.

— Par ext. Qualité d'un local au point de vue de la propagation du son : Cette salle a une bonne acoustique, ^'acoustique de ce théâtre est défectueuse.

— adj. Qui a rapport au son, qui concerne l'ouïe : Pliénomène acoustique, il Cornet acoustique. Instrument qui renforce le son et dont se servent les personnes atteintes de surdité. Il Tube ou Tuyau acoustique, ou simplement Acoustique, Long tuyau en caoutchouc terminé à chaque extrémité par un embout muni d'un sifflet avertisseur, et

1. Vase acoustique. — 2. Cornet nrnustirjiif' ■ n. hont qu'i'H introduit dans l'orp-iUe; fa, f-avillM,, — j. luyau acuii,>uque: c, sifflet; d, tuyau; e, embuui.

qui sert à porter le son à distance. Il Nerf acoustique ou auditif. Nerf ou Conduit par lequel les rayons sonores sont dirigés vers la caisse du tympan.

— Antiq. Vases acoustiques, Vases de terre ou de bronze ayant à peu près la forme de cloches, et que les anciens disposaient dans leurs théâtres pour augmenter le volume de la voix des acteurs. Au moyen âge, on s'en est servi aussi dans plusieurs églises ; ils étaient accordés entre eux et placés, dans des niches, entre les sièges : » Il faut qu'ils soient inclinés, dit Vitruve, et que, du côté qui regarde la scène, ils soient élevés et soutenus par des coins. »

— Encycl. Physiq. Vacoustique est l'étude des causes extérieures qui ont pour effet de produire les sons et leurs différents modes. C'est une partie de la physique. Elle confine à la physiologie, qui étudie le mécanisme intime de la perception des sons, c'est-à-dire de l'ouïe; à la psychologie, qui envisage la sensation du son en elle-même et dans ses rapports avec les idées et les sentiments; à la musique, qui est l'art d'arranger des sons en vue de procurer un plaisir ou d'évoquer des sentiments et des idées. Elle a cependant son domaine propre. Les sensations auditives existent en effet indépendamment de toute cause extérieure ; par exemple, dans certaines maladies de l'oreille, dans le rêve, dans les hallucinations de toute espèce : avant de s'endormir, les malades chloroformisés entendent «sonneries cloches». D'autre part, si l'oreille ou les centres nerveux de l'observateur sont lésés, toutes les circonstances qui provoquent ordinairement les sensations'auditives peuvent se produire sans éveiller aucune sensation.

Le fait qui domine toute l'acoustique, fait qui était connu des anciens philosophes grecs, c'est que, quand un corps provoque la sensation du son, il est en état de vibration, c'est-à-dire qu'il exécute des oscillations rapides se propageant dans l'air en ondes comparables aux cercles produits à la surface de l'eau par la chute d'une pierre. Le corps vibrant est dit n corps sonore « et, par abréviation, on appelle son l'état vibratoire lui-même. On peut donc dire à ce point de vue que l'acoustique est l'étude des sons et des ondes sonores.

Les propriétés générales des sons seront étudiées au mot SON. Les cas particuliers des tuyaux sonores, des cordes, des verges et des plaques seront traités à leur ordre alphabétique. On se reportera aussi, pour les détails, à tous les mots soulignés dans l'article. Nous nous bornfrons ici à un exposé sommaire de l'histoire de l'acoustique.

Pythagore, qui étudia au moyen du monocorde les rapports entre la nauteur du son et la longueur de la corde vibrante, est sans doute le premier qui^it fait intervenir les nombres dans l'étude d'un phénomène physique. Pondant les deux mille ans qui suivent, l'acoustique ne fait guère de progrès. Bacon et Galilée posent définitivement les bases de cette science qui, au.t xvii* et xvm* siècles, se développe rapidement. Gassendi explique l'acuité et la gravité des sons par la fréquence relative des vibrations, et le P. Mersenne détermine le rapport entre les nombres do vibrations des diverses notes de la gamme. Otto de Guéricke établit que !e son ne se propaae pas dans le vide ; le P. Kircher donne l'explication do lécho; J. Sauveur découvre les nœuds et les ventres do vibration que Chiadni met en évidence sur les plaques vibrantes en les saupoudrant de poussière fine. Voilà pour l'expérionce. Quant au calcul. Newton donne la théorie mathématique d© la transmission du son fondée sur la seule élasticité des milieux et qui rond bien compte de tous les faits observés. Brook-

Taylor. Daniel BernouUi, Euler, d'Alembert soumettent à l'analyse la tnéorie des cordes vibrantes.

C'est vers la lin du xvm" siècle qu'apparaissent les premières méthodes destinées à mesurer les nombres de vibrations eu valeur absolue : les sirènes, auxquelles viennent s'ajouter les méthodes d'enregistrement et les méthodes optiques appliquées avec fruit au cours du xix' siècle. Sturm, Colladon, Wertheim, Regnault déterminent la vitesse de propagation du son dans divers milieux. A l'aide des résonnateurs, Helmholtz et Kœnig analysent les sons complexes et débrouillent la question délicate du timbre des sons, et en particulier de la voix humaine. Bientôt, Scott enregistre la parole d'une manière déchiffrable à l'aide du phonautographe (1863), puis Edison, en créant, (1877) le p/ïono(/ra/>/te parieur, la stéréotype de manière à pouvoir la reproduire mécaniquement à un nombre indéfini d'exemplaires, pendant que Bell, appelant à l'aide l'électricité, réussit à la transmettre au loin au moyen du téléphone. — L'acoustique est donc actuellement une science parfaitement constituée et coordonnée dans ses grandes lignes. Elle a, en outre, servi do modèle pour l'établissement dune autre science, celle de l'optique.

ACOZ, village de Belgique (prov. dePIainaut), à 12 kil. do Charleroi ; 1.450 hab. Hauts fourneaux.

ACQUA (César dell"), peintre autrichien, né à Pirano en 1821. Il a traité successivement des sujets religieux ot des sujets historiques. Il peignit, de 1858 à 1866, au château de Miramar, une série de tableaux relatifs à la vie de l'archiduc Maximilien, empereur du Mexique. Dell" Acqua s'est adonné, depais, à la peinture de genre.

ACQUAPENDENTE, ville d'Italie, dans lesanciens Etats de l'Eglise: 3. 40O hab. Patrie de l'anatomiste Jérôme-Fabrice d'Acquapendente, un de ceux qui découvrirent !a circulation du sang, et de l'historien Grcgorio Leti.

ACQUASANTA, petite ville d'Italie, près d'Ascoli (Marrhesj; 6.200 hab. Eau minérale chaude, sulfureuse, chlorurée sodique. — Village d'Italie, près do Gènos ; 300 hab. Eau minérale sulfurée sodique.

ACQUA-TOFFANA (/iO«-a~ de l'ital. acgua, eau, et Toffana. II. pr.) n. f. Poison violent, de nature indéterminée, auquel on attribua en Italie, aux xvi" et xvii» s., un grand nombre de morts mystérieuses. La Toffa aurait été, d'après la légende, une vieille mégère connaissant la composition secrète de ce poison, et qui en aurait vendu des quantités considérables.

AcQUAViVA délie Fonti,- ville d'Italie (prov. do Poiii!le[distr. de Barij); 8.500 hab. Vins, olives, amandes.

AcQUAVTVA (André- Mathieu), duc d'Atri et de Teramo, homme politique et érudit italien, né vers 1466, mort vers 1520. Quand Charles VIH envahit l'Italie, il servit glorieusement dans les rangs français. Fait prisonnier et envoyé en Espagne, il recouvra la liberté, moyennant une forte rançon. De retour en Italie, il encouragea les lettrés et les savants et établit dans son palais une imprimerie. On lui doit un traité sur les Moralia, do Plutarque.

ACQUAViVA ou Aquaviva, célèbre famille napolitaine, dont le membre le plus distingué est Claude Acquaviva, général des jésuites (1542-1615). Il gouverna l'ordre avec beaucoup de fermeté et fit dresser l'ordonnance Ratio studiortan, dans laquelle il régla les études, et qui fut supprimée par l'Inquisition.

ACQUÉE(a-A*É''— dulat. esca, nournture)n.f. Syn. achée.

ACQUERirt-/t('}v. a. Amorcer ; Acqvkr un ka}neçon.{Yx.)

AGQUÈREMENT (a-Ar<?,ïnan — rad. acquérir) n. m. Dans

I aiic. dr., Ce que les épouxacquéraient pendant le mariage.

ACQUERESSE ( n-ké-rèss) R.f.Fèm. de acquéreur. (Inus.) Il Femme chargée de préparer les haims ou hameçons.

ACQUÉREUR, EURE (ou EUSE) [a-ké] n. Personne qui acquiert, qui fait l'acquisition d'une chose. [Acquéreur se dit surtout de l'acheteur d'un immeuble.)

— Acquéreur de bonne foi. Celui qui croit tenir la chose du véritable propriétaire, ii Acquéreur de mauvaise foi. Celui qui acquiert d'une personne qu'il sait n'être pas légitime propriétaire.

— Syn. Acquéreur, acheteur. V. acheteur. ACQUÉRIR (a-ké — du lat. acquirere, même sens :

J'acquiers, tu acquiers, il acquiert, nous acquérons, vous acquérez, ils acquièrent. J'acquérais, nous acquérions. J'acquis, nous acquîmes. J'acquerrai, nous acquerrons. J'acquerrais, nous acquerrions. Acquiers, acquérons, acquérez. Que j'acquière, que tu acquières, qu'il acquière, que nous acquérions, que vous acquériez, qu'ils acquièrent. Que j'acquisse, que nous acquissio7is. Acquérant. Acquis, ise) v, a. Devenir propriétaire par achat ou échange; se procurer, venir à posséder : Acquérir du bien, une terre, un héritage.

— Par ext. Obtenir, gagner par un moyen quelconque :

II faut se signaler entre mille rivaux. Et l'oD n'acquiert un nom que par de longs travaux- Ponsard.

II Se perfectionner, devenir meilleur : La jeunesse acquiert en voyageant. Le vin acquiert en vieillissant.

— En parlant des personnes. Gagner leur faveur, leur estime, etc. : La bienveillance acquiicrt des amis.

— Gramm. Acquérir ne se prend qu'en bonne part. (On ne dit pas Acquérir une rnauvaise réputation.)

Acquis, ise part. pass. Dévoué : L^tre tout acquis a quelqu'un.

— p]n T. do méd.. Désignation appliquée aux maladies qui surviennent après la naissance, et sans disposition héréditaire ni organique : Maladie ArQuisE.

— Prov. : Le bien mal acquis ne profite jamais, On ne peut jouir en paix du bien obtenu par des voies illégitimes. (Les Orientaux disent métaphoriquement ; Le pain ynal acquis remplit la bouche de gravier.)

S'acquérift v. pr. Obtenir pour soi : Pasteur, par ses travaux, s KST ACQUIS l'admiration de tous, n Etre acquis, en parlant des choses : La force d'Ame tst une vertu qui s'acquiert. (J. Janin.)

— Anton. Perdre, se démunir, se dépouiller, se dessaisir de.

ACQUÊT {a-kè — rad. acquérir) n. m. Bien acquis pendant la durée de l'association conjugale et qui tombe dans la communauté, n Gain, profits, héritage en général et même au fig. : Travaillons à laisser à nos enfants iin héritage que nous ayons conquis, un acquêt de notre propre génie. (Lerminier.)

— Prov. : Il n'y a al bel acquôt que le don, Il n'y a poiut do bien plus agréablement acquis fjuo celui qui est donné.

— Encycl. L'ancienne lôgislatiôn française distinguait avec soin les aa/uCta des conquêls. Kilo désignait sous ce dernier nom ceux dos bion^i acquis pondant la communauté, et sous colui d'acquits les bions acquis avant lo mariage. Acquits et cnnqu^is s'acquéraient par achat ou donation, tandis quo l'on réservait lo nom do propres aux biens do famille provenant de successions. Aujourd'hui, on dit indifféremment ■ acqurts a ou « conqu/^is 4..

D'après le Code civil, la communauté conjugale peut t'tro rédiiiio aux acqutïts. V. commu.nautk.

ACQUÊTER frad. acquêt) v. a. Dans l'anc. dr., acquérir un iminoublo par un acte quelconque.

S'acquêter, v. pr. Etre acquis par acte.

AGQUETTA {kou-è — dïmin. de l'ital. acqua, eau) n. I'.

TuXIC. V. AL-yLA-TOFI-'ANA.

ACQUI, en latin Aqux StatieU.r., ville et eh. -lieu d'arr. d'Italie (prov. d'Alexandrie), sur la Bormida, affluent du Tanaro ; 11.300 hab. Evôche. Eau minérale sulfureuse et boucs minérales chaudes. Cette ville commando, auN.de Monlenotto, Millésime, Cairo et Dego, les déboucliés dos cois de Garcssio, de Cadibono et do la Buchetia. Elle fui prise par les Espagnols en 1745 ; par les Piémontais, puis par les Français on n-16. Victoire de Bonaparte sur le.s Autrichiens do Beaulieu et les Piémonlais en 1794.

— Pop. do Varr. d'Acqui : lOG.OOO liab. ACQUIESCEMENT (/ci) n. m. Consentement, adhésion

que Ion donne â une proposition, à une idée : Le siienco fait toujours un peu l'effet de /'AcyuliiSCKMENT. (V. Hugo.)

— Éncycl. Dr. On appelle acquiescement l'adhésion donnée par une personne à un acte ou à un jugement, alors qu'elle a encore qualité pour en demander la réformation. C'est une renonciation pure et simple à tout recours possible, par voie d'opposition, d'appel, de cassatiou ou de requête civile.

Ceux-là seuls peuvent donner un acquiescement c^ui ont pouvoir do contracter ; il faut être capable, puisqu'il s'agit de l'aliénation d'un droit. Le mineur non émancipé, le mineur émancipé sans l'assistance de son curateur, 1 intordit, le prodigue sans l'assistance de son conseil judiciaire, la femme mariée sans l'autorisation du mari ou de justice, lo failli, no peuvent acquiescer valablement. L*acquiescement donné par un tiers no serait pas opposable à la partie au nom de qui il aurait été donné, à moins que le tiers ne fût muni d'un mandat spécial. D'où il suit que ni l'avoué, ni l'avocat, ni l'agréé, ni l'huissier, n'ont qualit'pour donner un acquiescement sans un pouAoir de leur client ; le tuteur ne l'a pas davantage sans l'autorisation du conseil de famille et l'nomologation du tribunal, ni le curateur à une succession vacante sans autorisation de la justice, ni des envoyés en possession provisoire des biens d'un absent sans cette mômo autorisation ; l'engagement qu'ils prendraient dans ces conditions ne saurait nuire aux intérêts de la partie qu'ils représentent. Il a môme été jugé que, lorsqu'il s'agit d'une contestation relative aux oiens personnels d'une femme. l'acquiescement donné au jugement par le mari, et en dehors d'elle, ne pourrait lu. être opposé. Seuls, les syndics de faillite peuvent, au nom de la masse qu'ils représentent, acquiescer à un jugement rendu contre eux en leur qualité de syndics.

Les délibérations des conseils municipaux portant acq^uiescementà certains actes, par exemple à une transaction, ne sont exécutoires qu'après approbation du préfet.

L'acquiescement peut être exprès ou tacite.

L'acquiescement exprès peut être donné soit par acte authentique, soit par acte sous seing privé, soit même par simple lettre ; il faut, et il suffit, qu'il y ait un écrit. L'acquiescement donné dans ces conditions, sitôt qu'il est donné, devient irrévocable et produit ses effets; c'est une acceptation intégrale du dispositif du jugement, en même temps qu'un engagement de payer les frais de l'instance.

L exécution d un jugement, avant môme qu'il ait été signifié, emporte acquiescement {tacite). On considérerait de même le fait de laisser passer les délais fixés par la loi pour interjeter appel, ou de payer les frais de l'instance, ou de demander des délais pour le règlement des condamnations, etc. Il est. en outre, bien évident que, si l'exécution a été entachée de dol, de violence ou d'erreur, ou si elle a été accompagnée de protestations ou de réserves, on ne saurait conclure à un acquiescement.

Il est également admis, aux termes dune jurisprudence constante, qu'on ne pourrait acquiescer à un jugement rendu par un tribunal incompétent.

En matière criminelle, l'acquiescement ne se présume jamais, et il doit toujours être donné par écrit dans un acte formel, de telle sorte que, môme après l'exécution du jugement ou do l'arrêt, le condamné est toujours recevable à attaquer la décision do ses juges, soit par voie d'opposition ou d'appel, soit par un pourvoi en cassation, si ces moyens lui sont permis.

— SvN. Acquiescement, agrément, adhésion, approbation, consentement. Acquiescement est plus faible qu'a/ïprobatwn, et ninipliquc nullement l'approbation d'un avis auquel on se rend souvent par importunité. Vapprobation est une sorte de louance que l'on accorde. L'agrément est un consentement que l'on demande par égard, mais dont on pourrait se nassor. Lo cojiscnlement est un acte formel et nécessaire dans certains cas. La ratification est une approbation donnée à ce qu'un autre a fait en notre nom. Vadhésion est un acte par lequel on se joint formelie- 'mcnt à des opinions, à des doctrines, etc.

ACQUIESCER v. n. (A*!— du lat. ad, sur, et qmescere,SQ reposer. — Le c final du radical prend une cédille devant les voyelles a, 0 : Xous acquiesçons. J'acquiesçais). Déférer, se soumettre, se conformer à. : Acquies(i;r aux sentiments, aux volontés d'aatrui. Qui dispute, doute; oui acquiesce, croit. (Ste-Beuvo.)

— Dr. Adhérer à un jugement, à une décision, à un acte, c'est-à-dire Les tenir pour signifiés, et promettre de s'y conformer.

— Gramm. La Cour de cassation, dans quelques arrêts, donne à ce verbe un emploi actif: Attendu que cette décision n'avait pas été .\cqi;iescëe. (Mais cet emploi est abusif, et ncn ne le justifie.)

— Syn. Acquiescer, céder, se rendre. On acquiesce par amour de la paix. On cède par déférence ou par nécessité. On se rend par faiblesse ou par conviction.

— Syn. Acquiescer, accéder, adhérer, consentir, souscrire. V. accéder.

— Anton. S'opposer, résister, protester contre. ACQUIS [fii — rad. acquérir) n. m. Connaissances acquises

par l'oxpérionce, par l'étude ; usa^o du mondo. (On disait autrefois acquisitip.J h So dit aussi dos animaux : Le chien a plus d'ACQVis que les autres animaux. (Buff.) n Relations dans lo monde, influence qu'elles procurent: Ptm on a d'Acguis dans le monde, moins on sait défendre ses amis. (Volt.)

ACQUISITIF, IVE {/ci — lat. acquisititms, qui procure; adj. Qui a rapport à l'acouisition; qui équivaut à uno acquisition : £"71 droit, on divise la prescription en ACQtilsl- TivK {ou usucapiun) et en libêrathice. (Littré.)

ACQUISITION {ki-zi-siin. f. Action d'acquérir à prix d'argent et aussi ^ar le travail, les efforts : /"'aire /'acquisition aune terre, d un cheval, etc. 11 La chose acquise : Les collectionneurs aiment à montrer leurs acquisitions.

— Par cxt. So dit des personnes, des qualités, des vertus, etc. : Condé fut une précieuse acquisition pour la Fronde. 11 Conquête de l'homme sur la nature, découverte : Toutes les grandes acquisitions de l'industrie et de l'intelligence se sont faites arec une excessive lenteur. (Balz.)

— Le peuple d'acquisition. Les chrétiens.

— Syn. Acquisition, achat, emplette. V. achat.

— Anton. Cession, vente.

— Encycl. Lo Code civil (art. 7il) distingue, comme modes d'acquisition de la propriété et autres droits réels ; l» la succession; 2" la donation entre vifs; 3" la donation testamentaire ; 4» l'effet des contrats ^vente, échange, otc.j: 5» l'accession ou incorporation ; 6" la prescription. Il faut y ajouter : 7« la loi (par exemple, c'est en vertu de la loi que le conjoint survivant a un droit d'usufruit sur la succession du conjoint prédécédé}; 8" la tradition; 0» l'occupation. V. SUCCESSION, DONATION, TESTAMI:nT.

Dans la doctrine, on distingue les modes d'acquérir :

l" En modes primitifs et en modes dérivés ou secondaires. Les premiers so rapportent exclusivement aux objets qui se trouvent sans maître au moment do la prise do possession et qui sont saisis par droit do premier occupant. Les seconds se rapportent aux mutations résultant de ventes à titre gratuit ou onéreux, cessions par voie testamentaire ou tout autre moyen de transmission indiquant que la chose cédée était possédée avant l'époque de la cession ;

2» En modes d'acquérir à titre gratuit (par donation entre vifs ou testamentaire) et à titre onéreux, c'est-à-dire contre payement (vente, échange, etc.);

3" En modes d'acquérir à titre universel ^quand un héritier acquiert l'universalité ou uno quote-part de l'universalité d'un patrimoine), et à titre particulier (quand l'acquisition est d'une chose isolée, comme une maison, un champ, etc.).

ACQUISIVITÉ {ki) n. f. Instinct qui porte l'homme à acquérir : /,'acquisivité n'implique pas l'avarice. (Th. Thoré.)

AcQUISTI (Luigi), sculpteur italien, né à Forli en 17-15, mort en 1823. Il a exécuté des travaux pour des églises et des palais de Bologne et pour l'arc de triomphe de Milan. Son œuvre la plus connue est un groupe de Àfars et Vénus.

ACQUIT (ki) n. m. Action de s'acquitter, accomplissement : Vous devez toujours appréhender la négligence, en /'acquit de vos devoirs. (Boss.j 11 Quittance, décharge : Signer un ACQUIT.

— Fig. Par acquit de conscience, pour l'acquit de sa conscience, Pour en avoir la conscience déchargée, n Par manière d'acquit, Négligemment, et seulement parce qu'on ue peut s'en dispenser.

— Pour acquit. Formule de l'acte par lequel le créancier fou son mandataire), en apposant sa signature au bas d'un mémoire, d'une facture, d'un effet de commerce, donne au débiteur libération, reçu ou décharge de son engagement. Sauf les exceptions spécifiées par la loi pourles quittances d'ordre, pour les quittances de secours donnés aux indigents, etc., les acquits sont soumis à un droit de timbre de 0 fr. 25 ou de 0 fr. 10. V. timbre.

— Acquit comptable. Pièce à décharge qui appuie les ènonciations du registre journal, dans la comptabilité militaire, w Acquit-patent. Dans l'ancienne chancellerie, Brevet du roi portant gratification d'une somme et ser\*ant de décharge à colui qui devait en faire le payement.

— Acquit-à-caution, Bulletin extrait d'un registre à souclie qui permet au commerçant de mettre en mouvement des marchandises soumises aux droits de douanes ou à l'impôt indirect et de ne payer ces droits qu'après livraison, c'est-à-dire lorsqu'il est rentré dans ses fonds. Le paiement ultérieur des sommes qui reviennent au fisc est garanti par une caution solvable ou par uh dépôt d'argent.

— En T. do jeu. Au billard. Donner l'acquit. Jouer le premier coup, et le plus près possible de la bande, pour rendre difficile lo coup du joueur qui vient ensuite. (Se dit particulièrement à la poule.)

— Syn. Acquit, quittance, reçu. L'acquit est la décharge complète d'un engagement. La quittance n'est souvent qu'une décharge incomplète: Quittance d'un terme de contributions. — Le mot acquit est surtout commercial, et s'applique aux mémoires, factures ou billets. Heçu a le même sens, à peu près, que quittance, avec une acception un peu moins étendue : On donne une quittance générale après avoir délivré des reçus partiels.

ACQUITTABLE (A:i) adj. Qui est susceptible d'être acquitté: Accusé ACQUiTTABLt:. Dette acquittable.

ACQUITTÉ. ÉE {ki] n. Personne déclarée non coupable par un tribunal : ^'acquitté a le droit d'attaquer ses dénonciateurs en dommages et intérêts.

— A l'acquitté. En T. do douane. Après avoir acquitté les droits, par opposition à : A l'entrepôt.

— Adjectiv. Qui a acquitté les droits de douane : Cafés acquittés.

ACQUITTEMENT (ki) n. m. Action d'acquitter, do payer, do rembourser ce que l'on doit: Toute acquisition de propriété est assujettie à Tacquitti mknt d'un droit.

— Renvoi d'un individu reconnu non coupable : Z.'acquittkment. en cour d'assises, est prononcé par le président après que le jury a déclaré l'accusé non coupable.

— Syn. Acqviittement, absolution. V. absolution. ACQUITTER {ki) v. a. Solder, psiyer : Acquitter les

droits de succession, d'octroi. \\ Reconnaître, au moyen de la formule ordinaire d'acquit, qu'une facture, uu oillet à ordre, etc., ont été payés : Acquitter une lettre de change.

ACQUÊTER — ACRE

Il Rendro quitta, libérer, au prop. et au ùg. : La vanité, par Mon inditcrélion, awlitte la reconnaittance. (Boiste.)

— Fig. Remplir, accomplir, eu parlant d'un devoir, d'un CDga^cmeni, (funo obligation : AajLrTTER ta promette, ta parole, ii Acquitter ta contcience. Agir suivant l'ordre de sa conscience.

— Dr. Dticlarer une personne ou uno chose innocente Ue ce qu'on Jui reprochait: lei tribunaux de police n'jtcqviT- TEXT >ii n'abmkenl; Ht Tentaient de la plainte.

S'acquitter, v. pr. Se libérer dune dette, se rendre quitte : ijnl » acuuittk t'enrichit.

— Kig. Satisfaire à; accomplir, remplir : Il y a de lagrandeurà s'acijlitter contlamment det mémet decoirt. (Flech.)

« "Timoigner sa reconnaissance d'un service : Sire, je doit beaucoup à Votre Majetté, maii je pente M'AcgcirrEE en lui donnant Colbert. (Ma^arin.)

— Exécuter, venir à bout d'une chose : Ingret s'acquittait fort bien de jouer du violon.

— En T. de icu. Regagner ce qu'on a perdu sur parole : S'acquitter d un teul coup.

— SvN. Acquitter, s'acquitter, payer. L'obligation quo tout avez acquittée n'a plus de valeur ; l'obligation dont tout vous étet acquitté no vous pèse plus. On paye une dette en donnant une somme en retour de ce qu'on a reçu; on acquitte une dette en t'acquittanl ou en acquittant an devoir, une obligation.

AcQOOT (Jean-Gérard-Ricbard), historien hollandais, né à Amsterdam en 1829, mort en 1896, à Lejde, où il professa la théologie, puis l'histoire du christianisme. On lui doit : Uerman de /lui/ter ( 1870) ; Jean van Venzay (1873); le Cloître de Windetheim et son influence (1875), etc.

ACRA (haut, étev('), nom donné, dans l'antiquité, à plusieurs villes ou citadelles bâties sur des lieux élevés.

AcRA, nom d'une des collines sur lesquelles Jérusalem était bâtie, avant qu'on y eut joint la ville de David, construite sur le mont Sion. Les chevaliers de .Saint-Jean v eurent un hôpital.

AcRABATËNE, la troisième ou la cinquième des onze foparchies de la Judée, oui s'étendait vers l'orient, entre Sichem et Jéricho, dans la demi-tribu de Manassé, à l'O. du Jourdain. Elle tirait son nom de la ville d'Acrabata. — Canton de Judée, tribu de Siméon, situé sur les frontières de ridumée, vers l'extrémité de la mer Morte.

ACR/E, ville ancienne de Sicile, dans l'O. de SyraccsB l'auj. /"a^aiioto), colonie dos Svracusains.— Ville de laChersonèse Taurique, sur le Palus-Méotide. — Ville d'Etolie, sur la route de Metapa à Conope.

A.CRJE, montajine d'Argolide, en face l'Heracum, ou

grand temple d'Hera.

AcRœPHÉUS, fils d'Apollon, qui, d'après Strabon,donn.->

son nom à la ville d'Acrrphia, en Béotie.

ACRAGAS, nom donné, dans la géogr. anc, à un Mrrent et à une montagne avoisinant Aerigente, ainsi qu'à plusieurs villes de rantiquité, dont la plus importante

est Agrigente de Sicile.

ACRAGAS, lîls de Jupiter et d'Astérope, une des filles de l'Océan. Il fonda, en Sicile, la ville d'Agrigente. {Hyth.} — Célèbre orfèvre grec qui vivait environ 400 ans avant J.-C. et dont, au dire de Pline, des œuvres étaient conservées dans le temple de Rhodes.

ACRANIE (du gr. a priv.. et kranion, crâne) n. f. Monstruosité constituée par l'absence totale ou partielle du crâne.

ACRANŒN, ENNE( l'n, en') adj . Qui est dépourvu de crâne.

— n. m. |j1. Zool. Sous-classe de poissons, dont le genre ampbioxus est le type. V. leptocardiens.

ACRANTE du gr. akrantos, mutile, u. m. Genre américain de lai.L'iiiens ou lézards, famille des pléodontes.

ACRANTHÈRE (du gr. akron, sommet, et anthêrot. fleuri n. m. Genre de plantes rubiacées de Ceyian.

ACRASIE [;î — du gr. a priv., et kratit, modération.' n. f. Toute espèce d'intempérance. (Ce mot se prend sou vent pour acratie.)

ACRASIÉES {zi — du gr. akrasios, intempérant) n. f. pi. Famille de champignons mj'xomycètes vivant en général sur les excréments des animaux (cheval, vache). Le corps protoplasmique, échappé de la spore, devient immédiatement un myxamibe qui ne tarde pas à se fragmenter. Les divers fragments ou myxamibes, après avoir épuisé le milieu nutritif, se juxiaposent en plasmodes abrégés. Quand les conditions extérieures deviennent déf:i vorables, les myxamibes s'enkystent, se contractent i-t forment, suivant les cas, une ou deux membranes prote*-trices. L'appareil sporifère varie suivant les genres. Cet appareil n'est pas enveloppé par une membrane, et les spores sont entourées d'une matière gélatineuse qui les relie et donne à l'ensemble l'aspect d'une gouttelette laiteuse. Les principaux genres de cette famille sont : acrase, guttuline, cénonie, dictyostéle elpolysphondyle.

ACRASPËDES (du gr. a priv., et craspédon, frange) n. f. pi. Sous-ordre de cœlentérés, renfermant des médusi-s disco'ides à ombrelle lobée sur les bords et munie de quatr» cavités contenant les organes de reproduction. Les acraspèdes, nommées aussi discophores, se divisent eu deiLv groupes ; monostomes et rhizostomes.

ACRASPÉDITES (rad. acraspéde.f) n. f. pi. Genre de méduses fossiles, que l'on trouve dans le terrain jurassique.

ACRATHÈRE fdu gr. akra, sommet, et athér, barbe d'épi) n. m. Genre de graminées, originaire du Nâpaul.

ACRATOPHORE (du gr. akraton, vin pur, et phérein. porter) n. m. Vase dans lequel les anciens Romains plaçaient sur la table le vin pur.

— Adjectiv. Un des surnoms de Bacchus.

ACRATOSou ACRATOPOTES 'Buieurde oinpur). héros de la suite de Bacchus, honoré dans l'Atiique. — Affranchi de Néron, connu par ses exactions en Asie et en Grèce.

ACRE (du saxon acier, champ) n. m. Mesure de superficie usitée en Angleterre, en Allemagne et autrefois en France, et dont la contenance a beaucoup varié. En Angleterre, elle est de 40 ares 47 centiares ; en Ecosse, de

ACRE — ACROCIIORDE

Bl ares 43 ; en Irlande, de es ares 5j ; à Leipzig, de 61 ares 35 ; en Normandie, où elle est encore employée dans les campagnes, de 81 ares 72, etc.

ACRE (lat. acer) adj. Qui a une saveur brûlante : La chaux est acre et brûlante sur la langue. Il Qui atTecte fortement ou désagréablement l'odorat : Les haies de romarins ont un ÂcBE parfum. ^\ Aigu, criard, désagréable à l'ouïe : Le son de la cornemuse est âcee. h Se dit en pathologie d'une chaleur ardente, accompagnée d'une sensation de picotement.

— Par cxt. : Sang âcke, ôiîe acre, humeurs acres.

— Fig. Mordant, piquant, revèche : Louis Veuillot était un polémiste acre.

— n. m. La médecine humorale donnait le nom à'âcres à des principes auxquels elle attribuait une action irritante particulière : Z'âcke vénérien, /-'âcke dartreu.x.

— Syn. Acre, acerbe, acide, acrimonieux, aigre.

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