II. BRANCHE DE JOStPH
Bonaparte (Joseph), frère aîné do ^al■olcon I", ne a Corte (Corse) en 1768, mort
à Florence en 1844, fît ses études comme boursier au collège d'Autun, revint en Corse, où il fut reçu avocat (1788), et dut quitter sa patrie quand Paoli l'eut soulevée contre la France.
Etabli à Marseille avec sa famille, il y épousa (f août 1794), Julie Clary (1777- 1345), fille d'un riche négo- , La fortune rapide de
tbien
son frère lui permi de jouer un rôle politique.
Successivement chargé d'unemission enCorse(1796- 1797), résident à Parme (mars 1797), ambassadeur à Rome , député aux Cinq- Cents, il vécut dans la retraite pendant la campagne d'Egypte et en sortit après le 18 brumaire pour diriger les négociations qui aboutirent au traité de LunévUIe (9 f%vr. 1801), au Concordat (juill. 1801) et à la paix d'Amiens (27 mars 1802). La proclamation de l'Empire et les conquêtes de Napoléon allaient faire î ment de lui, d'abord l'héritier présomptif de 1;
Joseph Bonaparte
de France, puis le souverain de Naplcs(1806-180S; cl d'Espagne (1808-1813).
Son caractère faible et indécis, son penchant pour les plaisirs et sa philanthropie sentimentale le rendaient peu propre à remplir ces hautes fonctions, que son ambition irréfléchie l'avait porté à accepter et même à rechercher. A Naples, il ne fit guère que passer ; en Espagne, il n'exer>;a qu'une royauté nominale sur un pays dont les liabitauls étaient soulevés, et dont le territoire était occupé soit par les troupes anglaises, soit par les troupes françaises. Lorsque les revers de Napoléon l'eurent forcé à repasser les Pyrénées, il reçut à Paris les fonctions de lieutenant général de l'Empire, et dirigea, en cette ([ualité, la défense de la capitale (30 mars 1814) ; ce fut le dernier acte de sa vie politique. Pendant la Restauration, il vécut aux Etats- Unis, sous le nom de .< comte de Survilliers .. En 1841, il fut autorisé par le grand-duc de Toscane à habiter Florence, où il mourut. Il avait laissé deux filles :
Zénaïde-Chaklotte-Julie, née à Paris en 180i,mortoà Naples en 1854, mariée en 1832 à Charles, fils de Lucien;
Charlotte, née à Paris en 1802, morte à Sarzane en
1839, mariée en 1831 à Napoléon-Louis, fils de Louis.
m. BRANCHE de NAPOLÉON (V. NAPOLÉON^ IV. BRANCHE DE LCCIEN
Bonaparte (Lucien), prince de Canino, second frère de Napoléon I", né à Ajaccio en 1775, mort à Viterbe en
1840, fit SCS études à Autun, à Brienneet à Aix, revint en Corse en 1789, et y devint un des plus chaleureux partisans des idées révolutionnaires. Sa brouille avec Paoli le força à se réfugier avec sa famille à Marseille où il se maria (1794), et où il vécut jusqu'à ce que les succès de son frère et la reprise de la Corse par la F rance lui eussent permis de représenter le département du Liamone au conseil des Cinq-Cents (1798). Il s'y rangea dans l'opposition constitutionnelle, attaqua les actes du Directoire, fit informer son frère, alors en Egypte, de la situation critique où se trouvait la France, et, sans attendre son retour, se concerta avec Talleyrand et Sieyôs pour préparer un coup d'Etat. Le jour venu (19 brumaire), Lucien montra une décision et une fermeté qui contrastèrent avec les hésitations de Bonaparte, et triomphèrent de la résistance des Cinq-Cents, dont il était le président. Récompensé du rôle qu'il avait joué, d'abord par le ministère de l'intérieur, où il resta dix mois, puis par l'ambassade de Madrid, il en revint (févr. 1802) avec une grosse fortune, dont il profita pour reprendre son indépendance. Il quitta en effet
Paris (avr. 1804) pour aller vivre à Rome en simple particulier. Les causes de cette détermination étaient diverses ; depuis longtemps ses allures frondeuses avaient irrité son frère; d'autre part, après la mort de sa première femme (1800), il avait épousé, malgré la volonté formelle de Napoléon, qui lui offrait des alliances princières, Alexandrine de Bleschamp, veuve de l'agent de change Jouberthon. Ayant constamment refusé de la répudier, il vécut en disgrâce et partit pour les Etats-Unis en 1810. Capturé en mer par les Anglais, il fut interné à Thorngrow, (pendant les' ?ille de prédilection, où il écrivit s mariage avec sa première femme, Christine Boyer, étaient nées deux filles :
Charlotte, née à Saint-Maximin en 1796, morte à Rome en 1865, mariée à Rome au prince Gabrielli, en 1815 ;
Christine-Egypta, née à Paris en 1798, morte à Rome en 1847, mariée en 1818 au Suédois ArvedPosse, et, en 1824, à lord Dudley-Coutls.
Alexandrine de Bleschamp (1778-1855) lui avait donné neuf enfants :
(CTar/es-Lucien-Jules-Laurent), prince de premier enfant du second mariage de Lucien, né
mort dans cette ville en 1S57, passa sa
jeunesse en Italie, épousa en 1822, à Bruxelles, sa cousine Zénaïde, fille de Joseph, et alla avec elle rejoindre son beau-père aux Etats-Unis. Il y publia de nombreux travaux d'histoire naturelle, qui lui valurent le titre de » corres-
Sondant de l'Institut de France » (1844). Les événements e 1848 allaient faire de lui, pour un temps, un liomme politique. De retour en Italie, il prit une part active au mouvement libéral et national qui agitait ce pays, présida les congrès de savants qui se terminaient presque toujours à ce momentpar des manifestations politiques, et accepta même un siège dans le gouvernement provisoire qui s'empara du pouvoir après la fuite du pape à Gaëte (nov. 1848). Solennellement désapprouvé par son cousin Louis-Napoléon, il n'en siégea pas moins à l'extrême gauche de l'Assemblée nationale romaine (janv.-juin 1849). Il dut quitter son pays après la crise de Rome, et n'obtint qu'en 1850 la permission de se fixer à Paris. Il y termina ses jours, en se consacrant tout entier à ses études de géologie. Il avait eu douze enfants, dont huit seulement survécurent. Ce furent :
Joseph-Lucien-Charles-Napoléon, prii né à Philadelp'aie en 1824, mort à Rome e
Ldcien-Louis-J ordonné prêtre en 1853, éleà Rome en 1895 ;
Julie-Charlotte-ZénaIde-Pauline - Laetitia - DésiRÉE- Bartholomée, née à Rome en 1830, mariée en 1847 au marquis de Roccagiovine:
Charlotte-Honorine-Joséphine, née à Rome en 1832, mariée en 1848 au comte Primolia;
MARIE-DÉSlRÉE-EUGÉNIE-JOSÉPHINE-PHILOMiiNE, née à
Rome en 1835, mariée en 1851 au comte de Campello, morte en 1890;
AnansTA-AMÉLiE-MAXiMiLiENNE-jACQUELiNE, née àRomo en 1836, mariée en 1856 à son cousin le prince Gabrielli ;
Napoléon-Charles-Geégoirb-Jacqoes-Philippe, né et mort à Rome (1839-1899), marié en 1859 à la princesse Marie-Christine Ruspoli, dont il a eu deux filles ;
Bathilde-Aloysis-Léonie, née en 1840, mariée en 1856 au comte de Cambacôrès, morte eu 1S61.
Bonaparts.
vint à Rome en 1814, alla
à Paris
de Canino,
Bonaparte ;La;titia), second enfant du second mariage de Lucien, née en 1804, morte à Florence en 1871, fut mariée, en 1821, à Th. 'Wyse, diplomate anglais. Une de ses filles, Marie, mariée successivement à de Solms, au ministre itahen Rattazzi, et à de Rute, s'est fait un nom dans la littérature par les romans qu'elle a publiés.
Bonaparte (Jeanne), troisième (
mapa
second
1828, épousa, en 1827, le marquis Onorati. Sa mère publia après sa mort, sous le titre de Inspirazioni d'affetto ai una giovine musa, les vers qu'elle avait laissés.
Bonaparte (Paul-Marie), quatrième enfant du second mariage de Lucien, né à Rome en 1808, mort à Nauplie en 1827, s'engagea dans la marine britannique pour prendre part à la guerre de l'indépendance grecque. Nommé commandant en second de la frégate la Hellade, il fut tué dans un engagement.
Bonaparte (Louis-Lucien), cinquième enfant du second mariage de Lucien, né à 'Thorngrow (Angleterre) en 1813, mort en 1891 à Fano (Italie), passa la première moitié de sa vie aux Etats-Unis, où il s'adonna à l'étude de la linguistique et de la chhnio, et revint en France lorsque la répuDlique de 1848 eut rapporté le décret d'exil contre la famille Bonaparte. Elu successivement député de la Corse à l'Assemblée constituante et député de la Seine à l'Assemblée législative, il adopta la politique do l'Elysée, et en fut récompensé après le 2-Décembre par un siège de sénateur, ainsi que par le titre de « prince » et de (laltesse impériale » . Mais il ne joua qu'un rôle politique effacé, 6t se consacra touj entier à la pubUcation d'ouvrages de linguistique estimés. 11 continua ses études à Londres, où il se retira après le 4 septembre.
Bonaparte (Pierre-Napoléon), sixième enfant du second mariage de Lucien, né à Rome en 1815, mort à Versailles en 1881, passa sajeuness de satisfaire son goût pour les surrection des Romagnes de "" bie combattre aux côtés de Bolivar, offrit inutilement ses services militaires au gouvernement français (1838), puis à Méhémet-Ali, et se fixa à Londres jusqu'à ce que la révolution de 1848 lui eût rouvert les portes de la France. Député de la Corse à la Constituante, puis à la Législative, il siégea à la Montagne, et désapprouva le 2-Décembre. Il se retira de la vie politique, après l'avènement de son cousin au trône, et vivait retiré dans sa maison d'Auteuil quand un scandale retentissant vint attirer l'attention sur son nom. Le 10 jan-
Pierre Bonaparte.
I réparati
revolver le journaliste "^
Noir, venu pour lui demander une réparation par les armes, à la suite d'une polémique de presse. Traduit devant une haute cour siégeant à Tours et composée de membres des conseils généraux, il fut acquitté à la suite d'un procès retentissant. Retiré en Belgique, puis en Angleterre, après la guerre, il mourut oublié en 1881. Il laissa deux enfants :
Roland-Napoléon, qui, né à Paris en 1858, entra à Saint- Cyr, d'où il sortit avec le grade de sous-lieutenant d'infanterie, et fut rayé des cadres de l'armée en 1880, par application de la loi du 22 juin. (Il consacra dès lors ses loisirs à des voyages et à des études scientifiques, dont il consigna le résultat dans de nombreuses publications. De sa femme, M"« Blanc, morte en 1882, il a eu une fille : Marie.)
Sa sœur, Jeanne, née on 1861 à Aroal (Belgique), a été mariée en 1882 au marquis de Villeneuve.
Bonaparte (Antoine), septième enfant du second ma- ■ je de Lucien, né à Frascati en 1816, mort à Florence 1877, vécut d'abord en Italie et aux Etats-Unis, repréta l'Yonne à l'Assemblée législative (1849), reçut le iprès le 2-Décembre, mais mena jusqu'à
nage c
très 1
;iré6.
Bonaparte (Alexandrine-Marie) , huitième enfant du second mariage de Lucien, née en 1818, morte en 1874, a été mariée en 1836 au comte de Vincenzo Valentini.
Bonaparte (Constance), neuvième enfant du second mariage de Lucien, née à Bologme eu 1823, morte à Rome en 1876, était religieuse au couvent du Sacré-Cœur de cette ville.
v. BRANCHE DE LOL'IS
Bonaparte (Louis), troisième frère de Napoléon I", roi de Hollande, né à Ajaccio en 1778, mort à Livourne en 1846, prit part, en qualité d'aide de camp de son frère, à la campagne d'Italie, puis à l'expédition d'Egypte, au retour de laquelle il fut nommé colonel de dragons (1800). Il était condamné par son caractère difficile, ombrageux et morose, à ne connaître ni le bonheur dans la vie privée, ni le succès dans la vie poUtique.
Marié malgré lui (janv. 1802) avec Hortense de Beauharnais, fille do Joséphine, il ne tarda pas à délaisser sa femme, tout en ne lui épargnant ni les soupçons, ni les imputations outrageantes. Placé par son frère sur le trône nouvellement érigé de Hollande (juin 1806), il ne put jamais se résigner à n'exercer que les fonctions de préfet, comme le lui demandait Napoléon. Pendant toute la durée de son règne, il fut sans cesse en conflit avec ce dernier, soit à propos de l'occupation française, qu'il voulait voir cesser, soit à propos du blocus continental, qu'il ne voulait jamais appliquer sérieusement. De guerre lasse, il finit par céder ' '^Empire français le Brabant hollandais f-* '- "■"—»■-
triche, il y passa trois
Louis Bonaparte.
la Zélando Au-
apparilion à Paris on If do son frôro, à Homo, j nées do sa vie furent c
; attristées par los ros do ses fils, dont "iirno, où il s'était iroisiôme, Louis-
I Paris on 1804, marié
II r"i Josopli, mon on lit rendu pour pren-
V, Napoléon m.
Napoléon ni, prince
l'i à Ulundi (Zou-
l'i" éclata la ffuorro I s ta au comnat do premiers revers,
S^n''* if"*!'^" '•^P',"''"!^'''. en faisant uno sourdo opposition à la politique do son cousin et on méritant ainsi lo suriiom do prince de la Montagne. Mais après fô 2 Dé° combre, il so souvint qu'il était u->iuïivo
un Napoléon pour accepter le droit do succession au trône, un siègo au Sénat, uno dotation, lo grade do général do division (1853), un commandement dans l'arméo do Crimée (1854-185-,) onlln le ministère de l'Algérie.
L année suivante , son mariage (30 janv. 1859) avec Miirl,.-r|,,tildo do Savoie, lillr .1.. \ i, h,r.
Knimanuel, roi do Sarln-iH im permit do conforni.i- ,,i .T.hiuiFn à. ses idées porsonurllcs ci .|,. .[,■■ fondre, comme priuro, la doctrine dos nationalités qu'il professait
comme homme.