V. BRANLANT
— Vie de château. Ensemble des habitudes et des occupations des personnes qui habitent, à la campagne, un château ou une maison vaste et opulente.
— Châteaux de verre. Nom que l'on a donné à d'anciens châteaux construits dans les montagnes de l'Ecosse avec des pierres vitrifiées.
— Blas. Figure héraldique, représentant une forteresse flanquée de deux tours rondes, qui parfois portent chacune
d'azur girouette d'or. (Le château figuré en ruine est dit masure; sans toit, il est dit découvert ; quand les ouvertures sont d'un émail difi'érent, il est ajouré pour les fenêtres, ouvert pour la porte, maçonné pour les joints des pierres: il est dit donjonné, quand un ou plu-
— Hydraul. Château d'eau. Bâtiment surélevé à une certaine hauteur et servant de réservoir commun à plusieurs fontaines. Il Fontaine très vaste et très abondante, déversant l'eau de tous côtés. Il Ancien nom des réservoirs d'eau placés dans les gares et dans les ateliers pour l'alimentation des locomotives, et appelés aujourd'hui n réservoirs des grues hydrauliques a.
— Mar. anc. Château d'arrière ou de poupe. Château d'avant ou de proue. Désignaient les constructions élevées aux extrémités des anciennes nefs. (Les jonques chinoises
l'équipage.) il Châteaux de mâts. Hunes mobiles hissées jadis, au moment du combat, pour permettre de jeter des objets incendiaires à bord et de frapper d'en haut.
— Prov. : Ville prise, château recdo, On ne peut tenir dans la forteresse quand la ville est prise. [| Fig. Quand le principal est obtenu, les accessoires ne peuvent guère
— Stn. Château, hôtel, palais. Le château etl'hôtelsoat de grandes maisons construites avec art, dans le double but de flatter les yeux du passant et d'offrir toutes les commodités de luxe à ceux qui les habitent ; mais le château est à la campagne, et l'hôtel à la ville. Il y a des palais â la ville comme à la campagne ; ce sont des châteaux ou des hôtels plus grands et plus beaux que tous les autres ; les palais sont proprement la demeure des rois, des princes ou des plus hauts fonctionnaires.
— Encïcl. Archéol. Si l'on veut comprendre l'importance du château tort au moyen âge, il faut bien se pénétrer des conditions de la vie à cette époque ; le château est beaucoup moins le castellum, la forteresse romaine, camp retranché ou poste militaire, que la villa, maison des champs, avec ses fermes et ses exploitations agricoles. Le château est non seulement la demeure du seigneur et de ses hommes, mais encore un lieu de refuge où se retireront, en cas de danger, les paysans et leurs troupeaux; ainsi s'explique l'étendue des enceintes. La partie principale du château est le donjon, tour massive, élevée au début sur une butte naturelle ou artificielle, nommée motte. Autour de cet ouvrage se déroulent les enceintes, dont la forme, l'épaisseur varient suivant les époques. Tant qu'on n'eut pas à redouter l'elïet de la poudre, on s'attacha surtout à faire les courtines et les tours qui les reliaient aussi hautes que possible, pour éviter les escalades. Des ouvrages avancés, des barbacanes, des tourelles, des avant-corps défendaient les approches de la porte qu'un pont-levis jeté sur le fossé entourant l'en-
nmunication avec le dehors. La preitait un espace, haile ou basse-cour, ; la chapelle seigneuriale, les communs, les étables, les puits et quelquefois de véritables fermes pouvant suffire au ravitaillement en temps de siège. Suivant l'importance des châteaux, le nombre des enceintes se multipliait, et tel était l'agencement des murailles crénelées, des tours, des portes et des escaliers, que chaque pouvait être longuement défendu. Les ouvrages eurs étaient, en général, plus élevés à mesure qu'on se rapprochait du centre. C'est ainsi que dans le fameux château Gaillard, les murailles étaient bosselées, c'est-àdire renflées en sements de cercle successifs qui ne laissaient pas un seul point oh les mineurs ptissent trouver un abri s'ils voulaient saper la muraille à son pied. Quand on avait pu forcer les enceintes, on devait faire à nouveau un siège, celui du donjon. Des souterrains passaient sous les fossés, de manière que lesassiégés pussent s'enfuir dans la campagne. Les murailles massives, crénelées, ne présentaient pas d'ouvertures sur le dehors, non plus que les tours; elles prenaient leur jour sur l'intérieur du château, et montraient seulement à leur partie supérieure de hautes et étroites embrasures par oii l'on pouvait envoyer des traits. Indépendamment de l'ensemble crénelé, merlons couronnant toute l'enceinte et tous les ouvrages, des mâchicoulis régnaient partout, pour pouvoir jeter du sable brûlant, de 1 huile bouillante, du plomb fondu sur les assaillants. En outre, des galeries de bois nommées hourts ou hourds étaient disposées extérieurement, au sommet des tours, d'où l'on pouvait envoyer des projectiles que le talutage ou frmt du pied des ouvrager. faisait rebondir utilement.
Ainsi, jusqu'au xiv" siècle, les châteaux féodaux furent construits, sans qu'on en changeât beaucoup le type, d'après les principes de la tradition franque, appuyée" sur l'expérience des Romains et l'observation de l'architecture orientale que firent connaître les croisades. Les châteaux Gaillard, d'Arqués, de Montargis, de Coucy, etc., en furent les plus notables exemples.
mcy, transformé, peut donner une idée, ainsi
Ïae le vieux Louvre de Paris, remanié par Raymond du emple, sous Charles V. Au commencement du xv« siècle, Louis d'Orléans construit le superbe château de Pierrefonds. La nécessité de se défendre contre l'artillerie entraîna la modification de l'architecture des châteaux dont on renforça les murailles. Avec le règne de François I" commença la décadence de ces châteaux formidablement fortifiés, auxquels on avait adjoint des quantités d'ouvrages extérieurs pour défendre les points saillants où eût pu s'installer l'artillerie des assiégeants. La noblesse, tout en gardant ces donjons comme signes de suzeraineté, se mit à jeter le reste par terre, afin d'élever des palais encore assez fortifiés pour résister à un coup de mam, mais pas assez pour pouvoir soutenir un siège. Entre les châteaux féodaux et ceux de la Renaissance, on trouve toutes les transitions. Citons, comme exemple, celui de BonagnU, construit sous Charles VII et fait pour contenir de l'arâllerie comme pour résister au canon ; ceux de Creil, de Chantilly, etc. Parmi les plus beaux de la Renaissance française, il faut citer celui du Verger, remanié au commencement du xvi' siècle, détruit par le cardinal de Rohau ; ceux do Bary , de Blois, de Gaillon ; le château neuf de Loches, celui d'Ussé, et Chambord, où les Valois essayèrent de faire fondre en un tout le château fortifié du moyen âge et le palais de la Renaissance. Pendant les guerres de religion, les châteaux reprirent une grande importance : on se les dispute sans trêve, comme les villes. Beaucoup furent rasés. Mazarin acheva la ruine des forteresses féodales ijue Riclielieu n'avait pu abattre. Des anciens châteaux léodaux, il n'existe plus guère, çà et là, que des ruines.
Château d'eau (ancienne fontaine duj, à Paris. Elle fut inaugurée le 15 août 1811, à l'entrée au faubourg du Temple, sur le boulevard de Bondy, et donna, peu après, son nom à la place, que l'arrêté du'4 mai 1879 a dénommée
Fontaine du Château d'eau
• place de la République » . Œuvre de l'architecte Girard, elle se composait de trois bassins concentriques, superposés, du plus haut desquels l'eau jaillissait en gerbe et retombait en cascades. Huit lions accroupis dans le bassin inférieur et lançant des jets d'eau par la gueule complétaient cette décoration, qui a été transportée place Daumesnil, près de la gare de Reuilly.
Château-des-Fleurs (le), élégant bal i
l.cq.
ui était
situé à Paris au bout de 1 avenue des Champs-Elysées, près de l'arc de triomphe de l'Etoile. Installé dans un parc minuscule, qui a fait place à de hautes maisons, il formait comme une sorte de succursale du bal Mabillo.
Ar\
Coucv d après \ oUet- "e 2 Basse cour ou Porte de Chauny
— BiBLioGE. : Androuet du Cerceau, les Plus excellens aslimens de France (1566); Viollet-le-Duc, Dictionnaire de l'architecture française (Paris, 1858) ; Léon
1S54); Léon PiâusWe, l'Architecture de la Henaissance fn çaise (Paris, 1886) ; Gustave Eyriès et Paul Perret, les Châteaux historiques de France (Paris, 1880-1890).
Château-d'Eau (théâtre du). Ce théâtre, situé rue de Malte, à Paris, fut fondé en 1866 sous la direction de Bastion Franconi, qui l'appela Cirque du Prince-Impérial, et y donna des drames militaires et des représentations équestres. En 1867, Hostein prît la salle, devenue alofs le théâtre du Château-d'Eau, et y joua le drame, mais sans succès. H eut pour successeurs Léon Cogniard, puis Hippolyte Cogniard (1870), qui transforma la salle. Ony représenta des féeries des drames, etc. Cogniard fut remplacé en 1875 par Dejean, puis par Dornay, qui firent faillite. Les artistes du théâtre se constituèrent alors en société (1877), donnèrent des drames, et louèrent, pendant l'été, la salle à Leroy qui y joua des opéras. En 1883, le théâtre devint un opéra populaire, sous la direction de Lagrenée, puis sous celle de Garnier, et représenta notamment l'Etienne Marcel de Saint-Saëns. L'entreprise échoua. Le drame reparut au Châteaud'Eau avec Bessac et Péricaud, qui louèrent la salle à Milliaud pour y jouer des opéras. En 1888, Senterre fit du Château-d'Eau le Tliéâtre-Lyrique, y donna le Jocelyn de Godard, etc., et dut fermer ses portes. Il fut remplacé par Monza et, en 1892, par Lemonnier, qui, en y jouant le drame, rendit la prospérité à ce théâtre, appelé depuis 1894 Théâtre de la République. Pendant le dernier trimestre de l'année 1889, la troupe de l'Opéra-Comique, sous la direction d'Albert Carré, y a donné quotidiennement des représentations en atte'ndant son cniménagemeat au nouvel Opéra-Comique.
Château-Rouge (l'ancien), à Montmartre, rue de Clignancourt (Paris). Le nom de la maison lui venait de sa construction mi-partie brique et pierre, et la tradition voulait qu'elle eût été l'une des nombreuses résidences do Gabriel d'Estrées. Le 30 mars 18U, le roi Joseph, frère de l'empereur Napoléon, occupait militairement le Château- Rouge, où il présidait le conseil de défense de Paris. En 1845, un industriel nommé Bobœuf acheta le domaine et y installa un bal, qui eut longtemps la plus grande vogue, sous le nom de a oal du Château-Rouge. » On n'y fit pas que de la chorégraphie : le 9 juillet 1847, son local servit au fameux banquet réformiste, prélude de la révolution do Février. C'est encore là que, le 18 mars 1871, se tint le comité de la Commune, tlevant lequel comparut le général Lecomte. arrêté avec Clément 'Thomas sur le sommet de la butte. Depuis 1882, des maisons de rapport s'élèvent sur l'emplacement de l'ancien Château-Rouge.
Château-Rouge (le), cabaret parisien qui était situé au fond do la cour d'une maison de la rue Galande. Sa façade était peinte en rouge vif, d'où son nom. Rendez-vous d'individus fort peu recommandables des deux sexes, l'établissement provoquait la curiosité et jouissait, à ce titre, d'une certaine notoriété.
Château de Kenilvtrorth (le), roman de Walter Scott et la dernière de ses compositions capitales (1831). C'est le tableau du règne d'Efisabeth d'Angleterre, auquel l'auteur a rattaché la mort tragique de la comtesse de Leicester, femme du célèbre favori. Amy Robsart n'€
ment peut-être l'instinct, les affections et les faiblesses d'un cœur de femme. Sa pure et ravissante physionomie inspire le plus vif intérêt au milieu de l'atmosphèVe d'intrigues, do bassesse et de perversité où elle se débat.
CUATEAU — CIIATEAU-GAILLAUD
I I , i.iirts duiuon. Cotto
1 , , I I r , ^. iiips au riportoire.
CHÂri:Ar I i , i I. , , ir la Charento-Infé-
,11,1 1 ii.-imos, sur la rivo
. l'.iit. Marais salants.
I II : ruinin. ot 6.792 hab.
Chaii;au-iu;i<naiui, ■ 'liUM ;. I.i iliaronto, arroiid. ot j Kil.-io t n^ii.i. , i.c.M» lÉ.il.. iK^liiioii. — 11 existe une autre ouiiimuo du mùuio uum dans lo dûparteinont do l'Isôro.
ChÂTEAUBOURO, oh.-l. do cant. do nilo-ot-Vilaine, rr. ot A. 15 kil.do Vitré, sur la Vilaine; 1.281 hab. Cli. do f. iii'^^t- Boiirro rnnninmi^. A ii.v environs, exploitation d'ariiis,-^. - I..' . MiiiMii II -j , ..i.iiu. et 7.121 hab.
CiiATnAUBHiANi) l' i :iiM,uis-René, vicomte de), né à aii.iMal.i .11 1 .1 .^. lu. m a l'aris on 1848. Après une en-
Amérique , entraîné s soit par l'outhousiasir pour la vie s.iuvajïp.
Navarre. En 1791, il se rendit en oit par son humeur aventureuse, e que lui avait inspiré Rousseau La nouvelle du 10 Août lo rappri>s(|ne aussitôt, émigré. Blessé au .1 ii'> l'Angleterre, y vit miserait.-s leçons. Quatre ans après, ■trique, politique et moral sur ".I.Tiies. considérées dans leurs "■■' . ..nvrago confus, mais ' : t traversée comme
.us lo même corclo
Il malaise d'âme qui peut nous liaine de ce sceptique inquiet.
épisode, Atala, romai d'amour et aussi romai « chrétien .. , où se révèle en lui l'admirabh peintre, l'écrivain neuf brillant, hardi, le réno vateur de la poésie de la langue. En 180î parait le Génie duchr stianisme. Château briand y montre, no pas directement qu« religion chrétienne est vraie, mais (lu'ello est belle : de cette beauté
dut à une origi
christianisme sentimental e:
décoratif
resque. Cela suftisait pour faire une révolu A larenaissance païenne, dont les traditions trois fois sécuperdu leur vertu, s'oppose une renaissance , par suite, une conception nouvelle de l'art. Le "" appelle u romantisme .
chrétienne e
SfSr
-. déjà t
Chateaubriaud.
Outre l'épisode à' Atala, il renfermait celui de René. René, dans lequol se peint Chateaubriand, est un type essentiellement . romantique «, le héros du désenchantement, âme démesurée que toute limite gêne comme un obstacle et blesse comme un affront, qui meurt de ses désirs et no peut ni les .satisfaire, ni les préciser.
De retour en France, Chateaubriand s'était rallié au Consulat ; ot morne il fut quelque temps attaché d'ambassade à Komc. 11 venait d'être nommé ministre de France dans le Valais, quand le duc d'Enghien fut exécuté. Il donna aussitôt sa démission, et, dès lors, se fit le défenseur du trône légitime, aussi bien'que de l'autel.
En 1809, parurent les Martyrs. Il y a, dans cette espèce de poème en prose, bien du factice et du convenu, mais nous y reconnaissons aussi une imaginât!
I" ' 1.' i' -randeur, l'heureuse audace du