‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 150 sur 870 · COMPARAITRE — COMPAS · texte numérisé non relu

COMPARAITRE — COMPAS

présence, pour expliquer ou faire valoir l'un des deux : Les esprits justes donnent naturellement dans la comparaison et la métaphore. (La Bruy.)

— Prov. : Comparaison n'est pas raison, Une comparaison n'est pas un argument, ii Toutes comparaisons sont odieuses, On blesse presque toujours l'amour-propre do deux personnes que l'on compare, ii Toute comparaison cloche, Aucune comparaison n'est rigoureusement exacte.

— Enctcl. Philos. La comparaison est une opération de l'esprit, consistant à rechercher les rapports qui peuvent exister entre divers objets. Pour que l'esprit accomplisse cette opération, il est indispensable de l'appliquer au moins à deux objets, soit alternativement, soit en m&mo temps. Ainsi, la comparaison n'estqu'une double attention. De là il résulte qu'elle est, de même c^ue l'attention, sous la dépendance de la volonté; de là il resuite aussi qu'il no faut pas confondre la comparaison avec la perception mémo du rapport, perception qui ne dépend pas do l'application volontaire de l'esprit, qui parfois la précède, qui d'autres fois lui résiste et reste cachée.

La comparaison est la condition essentielle des idées générales qui dérivent de rexpérience ; elle rend posï-iblcs les jugements mathématiques, qui sont fondés sur des perceptions de rapports déterminés entre certains objets que l'esprit conçoit et dispose conformément à des hypouièses volontaires.

— Littér. Les rhéteurs distinguent deux espèces do comparaisons : l'une oratoire, l'autre poétique. La première est donnée pour exemple ou pour raison, conclut, et fait sentence. La comparaison poétique éclaire, colore, embellit, souvent élève et agrandit l'objet. La comparaison oratoire conclut du plus au moins, ou du moins au plus, ou d'égal à égal. Elle n'est en somme qu'une sorte de raisonnement, d'induction. Le but de la comparaison poétique est de rendre présent à l'imagination l'objet do fa pensée ; voilà pourquoi Longin lui donne le nom à'imnge. Le plus souvent, en effet, c'est une image qui rend sensible une idée, un sentiment, une vérité abstraite. Quelquefois on suit dans la comparaison un ordre inverse, et Ion emploie l'abstrait pour mieux peindre le sensible.

Pour qu'une comparaison produise l'effet voulu et no nuise pas à l'œuvre, il faut se garder de l'étendre au delà de son objet. On a souvent reproché à Homère la longueur de ses comparaisons. Cependant on remarquera qu'elles se présentent au cours d'une narration épique, où leur ampleur descriptive, par des effets d'agrandissement ou de contraste, ajoute à la variété et à la force du récit. Plus l'on approche du pathétique, ;ilus la passion est véhémente, plus les comparaisons deviennent rares et concises. L'abondance et les termes des comparaisons varient, du reste, selon les siècles et les pays.

COMPARAÎTRE [kon, rètr' — du préf. corn, et de paraître. [Se conjugue comme paraître]) v. n. Se présenter par ordre : Comparaître devant la justice, ii Fig. Etre soumis à un examen critique : Heureux celui dont la con~ science comparaît sans crainte à la barre de ses souvenirs! (Petit-Senn.)

— Syn. inus. de par.aÎtre :

Les filles de l'Egypte à Suse comjiarureut.

Racine.

COMPARANT {kon, ran), ANTB [rad. comparoir] adj . Procéd. Qui comparaît devant un tribunal ou devant un officier public : Le sieur comparant a déclaré... La dame COMPARANTE allègue...

— Substantiv. : Ouï la comparante...

— Anton. Contumax, défaillant.

COMPARATEUR, TRICE ikon) adj. Qui aime à comparer, qui est apte à comparer ; Esprit comparateur. (Peu us.)

COMPARATEUR {kon — rad. comparer) n. m. Physiq. Instrument qui sert à évaluer de très petites différences de longueur. \\ Comparateur à traits, Instrument servant à comparer les règles divisées et à vérifier l'exactitude des divisions de même ordre.

— Télégr. Jauge servant à mesurer le diamètre des fils télégraphiques.

— Encycl. Physiq. Le plus simple des comparateurs se compose : l» d'une table AB pouvant se raccourcir ou s'allonger à volonté, parce que la partie A peut s'engager plus ou moins dans la partie B ; 2" d'un talon fixe C, contre lequel

K~T / L~ÏÏ~~

Comparateur.

on appuie l'une des extrémités des barres à comparer; 3" d'une pièce DE mobile entre guides, qui vient presser l'autre extrémité de ces barres, sous l'action du ressort G, transmise par le levier coudé FH ; 4" du levier coudé FH ; 5» du ressort G; 6* d'un arc IJ divisé en millimètres,

fjarcouru par l'extrémité H du levier coudé, extrémité à aquelie est fixé un vcrnier. On peut munir l'appareil d'une loupe pouvant se mouvoir au-dessus de l arc divisé et faciliter ainsi les lectures ; on peut aussi, pour être sûr ûuo les barres ont toujours la même direction, se servir de deux guides fixes tenant à l'instrument, et contre lesquels on placera les barres dont on veut apprécier les longueurs.

Pour comparer deux barres entre elles, on les place successivement dans la position do la barre KL, et on lit chaque fois le numéro de la division do l'arc divisé IJ, à laquelle correspond le zéro du vernier. La différence des deux lectures donne la différence des longueurs des deux barres.

Ce qui fait la sensibilité de l'instrument, c'est que cotte différence do longueurs se trouve multipliée par le rapport des deux bras de levier, par m, si le grand bras est m fois plus long que le petit. Do sorte que si l'erreur de lecture

est pins petite que - do millimètre avec le vernier, l'erreur

que l'on commettra dans l'appréciation de la longueur de

do

l'une quelconque des barres sera plus petite que -

millimètre. Par suite, la moindre différence entre les longueurs dos barres deviendra appréciable. Dans ce raisonnement nous avons supposé que le déplacement do l'extré-

mité du petit bras de levier est le même que celui de l'extrémité de la barre. Ceci est permis, car ces déplacements sont tous les deux très petits.

COMPARATIF, IVE {kon) adj. Qui sert à comparer : facullé comparative de l'esprit humain. Méthode comparative. Il Dans lequel on compare : Tableau comparatif. Il Qui exprime une comparaison : Plus, moins, autant sont des adverbes comparatifs.

— Respectif, proportionnel, relatif : Forces comparatives de deux armées.

~ Anatomie comparative. Se dît quelquefois pour anatomih comparée.

COMPARATIF {kon) n. m. Degré de signification dans les adjectifs, qui s'exprime en faisant accompagner l'adjectif d'un adverbe de comparaison, ii Cornparatif d'infériorité, Celui qui exprime un état inférieur; Être moins RiCHii. Il Comparatif d'égalité. Celui qui exprime un état égal : Etre AUSSI riche, u Coynparatif de supériorité. Celui qui exprime un état supérieur : Etre plus riche.

— Encycl. Gramm. Beaucoup de langues, comme le français, n'ont pas de formes synthétiques pour exprimer les diverses idées de comparaison ; elles se contentent do faire précéder d'un adverbe l'adjectif ou l'adverbe, seuls mots susceptibles de recevoir cette modification ; mais il y a des langues, comme le grec, le latin, l'anglais, etc., qui expriment le rapport de supériorité au moyen de terminaisons spéciales.

En grec, les comparatifs ont diverses terminaisons : tantôt ils sont en -ccpo;, comme ooço:, sage ; ffo^uTtpo;, plus sage; tantôt en tuv, comme i^'ïû;, agréable; ■^Suov, plus agréable. Il y a, en outre, des comparatifs irréguliers.

En latin, on forme le comparatif en ajoutant au radical Je l'adjectif le suffixe lor (visiblement apparenté avec le suffixe iôn du grec} pour le masculin et le féminin, et ius pour le neutre; c'est ainsi qu'on dit : sanctior, saîictius; fortior, fortius, eic. Mais tous les comparatifs ne se forment pas régulièrement; ainsi, 6onu5 a pour comparatif MivLiOR : malus, PKJOR ; magnus, major ; parvus, minor. Quelques adjectifs ou adverbes latins n'ont pas de comparatifs ; alors, on emploie, pour ce degré de comparaison, des périphrases analogues à celles qui sont usitées dans les langues privées de comparatif; ainsi, au lieu de pior, qui n'existe pas, on dit magis plus. Les comparatifs des adverbes ne sont autre chose que les comparatifs neutres des adjectifs correspondants; ainsi, l'on dit sapienter, sagement; sapientius, plus sagement.

Le comparatif latin sert quobjuefois à exprimer une idée d'excès ou simplement l'idée d'une certaine quantité ; ainsi, ple?iior signifie trop plein ou asses plein.

La langue française n'a qu'un petit nombre de vrais comparatifs comme : meilleur, qui se dit pour plus bon; moindre, pour plus petit; pire, pour plus mauvais; pis, pour plus mal. Ces comparatifs ont été empruntés au latin.

COMPARATIVEMENT [kon) adv. Par comparaison : On ne parle correctement sa langue que lorsguon l'a étudiée COMPARATIVEMENT avcc Une autre. (Proudh.)

— Comparativement à, En comparaison de : Le millionnaire est pauvre, COMPARATIVEMENT AD milliardaire.

COMPARENCE {kon, ranss — rad. comparoir) n. f. Ane. dr. coût. Se disait quelquefois pour présence, comparution.

COMPARER {kon — lat. comparare ; de compar, pareil) V. a. Mettre en parallèle, examiner simultanément pour établir des rapports et des différences : Jouis de ta vie sans la COMPARER â celle d'autrui. (Condorcet.) il Mettre au même rang : On ne peut comparer aucun capitaine à Napoléon 7". Il Absol. : Comparer, c'est juger. (V. Cousin.)

— Dr. Confronter (en parlant des écritures).

— Littér. Assimiler, montrer sous l'image de, dire semblable à : Un sage compare les passions aux verits, sans lesquels un vaisseau ne peut point avancer. (Giraud.)

Comparé, ée part. pass. du v. Comparer.

— Anatomie comparée, Etude comparative de l'organisation de l'homme et de celle des autres animaux, il On dit de même psychologie, mythologie, grammairi-: comparée. (Anatomie comparative se dit moins souvent, mais serait plus régulier.)

Se comparer, v. pr. Etre comparé : Choses gui ne peuvent se comparer, il Se mettre en parallèle : " Vous croyez donc valoir beaucoup, disait un jour Regyiault deSaint- Jean-d'Angely à Maury. — Très peu quand je me considère; beaucoup guand je me compare, » repartit l'abbé Maury. ii S'assimiler, se dire égal : Je puis aiiner le bien, le faire, et je me comparerais aux bêtes ! (VilJem.)

— Gramm. Après comparer, on emploie tantôt la préposition à, tantôt la préposition avec. Dans la plupart des cas, l'une peut remplacer l'autre. Néanmoins, avec indique généralement un examen plus détaillé. Ainsi, comparer une copie à un tableau, c'est dire que l'un des deux vaut plus, ou moins, ou autant que l'autre; comparer une copte avec U7Ï tableau, c'est placer l'une à côté de l'autre, pour les étudier simultanément et prononcer sur les ressemblances, les différences, le mérite relatif.

— Anton. Différencier, opposer.

COMPARES {kon-par') n. m. pi. Ane. dr. coût. Se disait, à Narbonne, de redevances auxquelles le vicomte prétendait assujettir l'évêque.

COMPARETTI (Dominique), helléniste italien, né à Rome en 1835, professeur de langue et de littérature grecques à l'Institut des études supérieures de Florence. On lui doit un certain nombre d'ouvrages, parmi lesquels : Hypéride et son Eurénippée, texte grec et fac-similé du manuscrit (Pise, 1861); Discours a'Hypéridc sur ceux gui soJit morts dans la guerre lamiaque, texte grec et fac-similé (1864); Essai sur les dialectes grecs de l'Italie méridionale (i866); Œdipe et la Mythologie comparée (1868); Virgile au moyen tiyc. excellent travail d'histoire littéraire (1872).

COMPARETTIE [kon, rè-tî) n. f. Genre d'orchidacées, tribu des vandées, comprenant des plantes herbacées épiphytes, du Pérou.

COMPAROIR (Ar^n^ ro-ar' — du lat. comparere; de cum, avec, fit parère, paraître. — Usité seulement à l'infinitif et au participe présent : comparant; les autres temps sont suppléés par ceux du verbe comparaître) v. n. Procéd. Paraître devant un juge, devant un tribunal : Etre sommé de

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