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BON-CONTI

CoNTI, illustre famille romaine, qui date du xi' siècle. Elle a fourni à l'Eglise de nombreux cardinaux, et la dignité de maître du palais apostolique fut longtemps héréditaire chez elle. Elle avait obtenu de l'Empire le utre de • duc de Poli ». Un de ses membres, Michel- Ange Conti, fut pape de 1721 à 1724, sous le nom d'« Innocent XIII » (v. ce nom) et se distingua par sa piété et son impartialité entre les jansénistes et les jésuites.

CoNTI (Nicolas), voyageur italien du xV siècle, qui, après avoir appris l'arabe en Syrie, visita, avec une caravane partie de Damas, Babylone et Bassora, s'embarqua sur le golfe Persique, et gagna la côte du Malabar. 11 passa ensuite à Ceyian, à Sumatra, parcourut 1 Inde et la Chine méridionale, toucha à Java et revint enfin dans sa patrie, en 1544. Ramusio a publié dans son recueil la très intéressante relation de Nicolas Conti.

CONTIiGiovanno-Francesco), écrivain et savant italien, néet mort àQuinzano, près de Brescia (1486-1557), connu sous les surnoms de Quiuzano et de QuintianuS Stoa. Il professa les belles-lettres à Padoue et à Pavie, se rendit en France, où il fut le précepteur du duc d'Angouléme (depuis François I"). et retourna en Italie avec Louis Xll. h reçut à Milan la couronne poétique, puis devint professeur de littérature à Pavie. 11 a composé en latin un grand nombre d'ouvrages sur les sujets les plus divers.

CoNTi (Primo), en latin Petrus Cornes ou de Comitibus.savant italien, né à Milan en 1498, mort en 1593. Il acquit une grande réputation par son savoir, sa connaissance de plusieurs langues, son éloquence ; fut professeur à Corne, et reçut la mission de combattre la Reforme en Allemagne, où il connut Erasme. De retour en Italie il fut chargé de préparer les questions qui devaient être soumises au concile de Trente, où il accompagna l'évêque de Vintimille.

CONTI (Noël), en latin NataliS Cornes, érudit et écrivain italien du xvi" siècle, né à Milan vers 1520, mort en 1582. On a de lui : Mylhologiie sive Explicationes fahularum (Venise, 1551); Eiegiarum libri VJ (1560); Umversx historié (1572) ; des poèmes latins, des traductions, etc.

CONTI (Antonio Schinella), littérateur italien, né à Padoue en 1677, mort en 1748. Il voyagea dans une partie de l'Europe, et contribua à !a propagation du cartésianisme dans sa patrie. On lui doit un poème : il Globo dt Venere, des tragédies, des poésies, etc. Ses œuvres ont été publiées à Venise (1739-1756).

CoNTI (Francesco), compositeur italien et un des plus habiles virtuoses sur le théorbe qu'on ait connus, né à Florence, mort vers 1732. Admis à Vienne, en 1703, dans l'orchestre de la chapelle impériale, il devint ensuite compositeur de la chambre de l'empereur, puis premier maître Se cette chapelle (1722). Il a fait représenter à Vienne une quinzaine d'opéras italiens, parmi lesquels : Clotilde, Alba Cornelia, Teseo in Crela, Ciro, Don Chisciotte, Pénélope, Griselda, Isifile, Galalea vindicala. Il a écrit aussi une trentaine de cantates. On croit qu'il mourut en prison, à la suite d'un scandale.

CONTI (Gioacchino), chanteur italien, né à Arpino en 1714, mort à Rome en 1761, prit le surnom do Gizziello, par affection pour D. Gizzi, le maître qui lavait formé. Il avait subi la castration et débuta à Kome vers 1 âge do quinze ans avec un succès proditiieux. Aljrès s'être produit à Naples, il partit pour Londres, où I appelait liœiidol Pendant plusieurs années, il excita l'admiration du public anglais. Il se fit entendre à Lisbonne, puis se rendit â Naples où l'appelait le roi Charles III, qui venait do faire construire le théâtre San-Carlo. En 1749, Gizzicllo se rendit à Madrid où il obtint dimmenscs succès, retourna à Lisbonne, où le roi de Portugal le combla de bienfaits, puis, vers 1753, il prit sa retraite, et se fixa à Rome.

CONTI (Jean-Baptiste, comte du), poète italien, né à Sandinara (Véuéticj en 1741, mort en 1820, fut avocat à ■Venise. Parmi ses œuvres, on remarque surtout son poème : l'Jncoronazione délie imagine (1796), dont la versification est brillante et facile. Ses poésies complètes ont paru à Padoue (1819).

GONTI (Carlo), compositeur italien, né et mort à Arpino (1797-1868), fut élève du Conservatoire do Naples. Malgré

les succès qu'il obtint en faisant jouer une douzaine d opéras, il abandonna do bonne heure la carrière de compositeur. Plus tard, nommé membre, puis secrétaire perpétuel de l'Académie des beau-x-arts de Naples, il devint professeur de contrepoint et de composition au conservatoire de cette ville, et suppléa Mercadante. Parmi ses ouvrages, il faut citer : la Paee desiderata, Misanlropia e l'cntimentu, il Trionfo délia c/iustizia, rlnnocenza m periqlio, ijli Aragonesiin Napoli et VOlimpiade. On connaît aussi do lui nombre de compositions religieuses ; six messes solennelles, deux messes de Beqmem, un Te Deim, un Magnificat et beaucoup de motets, ainsi que des canzones avec piano.

CoNTI (Charles-Etienne), ancien chef du cabinet de Napoléon III, né à Ajaccio en 1812, mort à Pans en 1872. D'abord avocat en Corse, il alla s'établir à Pans vers 1847, et organisa une active propagande en faveur des idées napoléoniennes. Elu représentant du peuple à la Constituante, il s'afficha comme un des plus fougueux partisans du prince Louis-Bonaparte. Conti ne fut pas réélu à la Législative. Mais son dévouement à la cause bonapartiste lui valut, après le Deux-Décembre, un siège de conseiller d'Etat, et, â la mort de Mocquart, la haute situation do chef de cabinet de l'empereur. Il fut nommé sénateur en 1868 Après le 4-Septembre, il se retira auprès de l'ex-impératrice Eugénie. Eu février 1871, il fut élu représentant de la Corse à l'Assemblée nationale; mais il n'y joua aucun rôle.

CoNTI (Auguste), philosophe et homme politique italien, né à San-Miniato (Toscane) en 1822. Il s'éprit d'abord do l'an dramatique et composa une tragédie : Laton d'Ulique, puis deux drames : Jeamie d'Arc et Buondelvwnte, qui obtinrent un certain succès. Use tournaensuite vers la philosopliie spiritualiste, qu'il enseigna aux collèges de San-Miniato et de Lucques, puis, en 1867, à 1 Institut de Florence. Il fut élu en 1866 député de San-Minialo au parlement italien; il se rangea parmi les catholiques libéraux et démissionna en 1870, après la prise de Konio. Ses principaux ouvrages sont : Evidenza, amore e /eilc (1852); Histoire de ta pliilosophie (1856); Choses d'htstoirc et d'art (1874).

CONTICH, comm. de Belgique, prov. et arrond. admin. et jud. d'Anvers, sur un affluent de l'Escaut; 4.452 hab. Tanneries, filatures de lin. Château.

CONTIGLIANO, comm. d'Italie (Ombrie [prov. de Pérouse]), sur le Turano, affluent du Volino ; 3.500 hab.

CONTIGNATION {si-on — du lat. contignalio ; de cum, awec.et'tigmim, poutre) n.f. Archit. Assemblage de pièces de bois qui servent à soutenir ou à supporter.

— Astron. Bâti, sorte de charpente qui supporte un grand instrument astronomique.

CONTIGNÉ, comm. de Maine-et-Loire, arr. et à 34 Icil. do Segré, prèsdo laSartlie; 1.025 hab. Manoir de Gâtinos. CONTIGNY, comm. de l'Allier, arr. et à 24 kilom de Moulins, près de la Sioule, un peu en amont de son confluent avec l'Allier ; 1.094 hab. Bons vins. Elevagede chevaux et de bestiaux.

CONTIGU, UË (du lat. contiguiis; do ciim, avec, et tangcre. toucher) adj. Qui touche immédiatement, mais qui est distinct : l^kambres coNTlGDi;s.

— Fig. Très voisin, qui a de grands rapports d analogie ; Idées coNTioniis.

— Bot. Se dit des organes qu'on peut séparer du végétal sans déchirer les tissus. (Tels sont les aiguillons du rosier, les feuilles de l'orange, et en général tous les organes articulés.)

— Géom. Angles contigus. S'emploie quelquefois pour Angles adjacents.

— Syn. Contigu, adjacent, attenant, joignant, proche, prochain, voisin. V. adjacent.

CONTIGUÏTÉ n. f. Etat, manière d'être de deux choses nui sont contigues : La contigdïté de deux maisons, de deux terrains. . . , . vi

— Anat. Diarlhroses de contiguité, Articulations mobiles.

— Chir. Amputation dans la contiguttf. Désarticulation, amputation qui se fait, non en coupant les os, mais en les séparant après avoir tranché les liens qui les unissent.

— Hist. nat. Voisinage immédiat do deux organes qui se touchent, mais que l'on peut séparer sans déchirement.

CONTINENCE (nanss — du lat. coji(inere, contenir) n. f. Contenance, capacité; étendue ; Continence d'un vase, d'un champ. Mesures de continence. (Peu usité.) Il On dit généralement contenance.

CONTINENCE {nanss — lat. continentia; de continerr. contenir) n. f. Vertu par laquelle on s'abstient volontairement des plaisirs de l'amour : Oliserrer la continence. Vivre dans la continence, ia continence est plus difficile aux hommes qu'aux femmes. (Bourdon).

— Svn. Continence, chasteté, pureté, etc. V. chasteté. Anton. Concupiscence, impureté, incontinence, lasci-

veté, libertinage, lubricité, luxure.

— Encycl. La continence est, à proprement parler, l'abstentiou de l'union des sexes. On peut donc être chaste sans être continent, c'est-à-dire dans le mariage, comme on peut être continent sans être chaste; la chasteté comportant aussi la pureté de l'âme. La continence, d après la loi de Moise, devait être observée temporairement par les prêtres et les lévites, pendant la durée de leurs fonctions sacrées. Dans l'Eglise d'Occident, elle fut toujours imposée aux évêques et aux prêtres, tant qu on leur permit de continuer à habiter avec les femmes qu'ils avaient épousées avant leur ordination. Dans l'Eglise d Orient, il 11 est pas permis aux prêtres mariés d'offrir le sacrifice do la messe s'ils n'ont, auparavant, pratiqué la continence pendant un laps de temps fixé par les canons. Enfin, la continence a éié observée, soit par vœu, soit à titre de pratique de vertu, par plusieurs saints engagés dans le mariage, et en particulier par saint Edouard le Confesseur, roi des Anglo-Saxons, et par saint Henri, empereur d'Allemagne. , ^ ,,

Mais, aux yeux même do l'Eglise, cola no peut être qu'une exception rare, qu'on no saurait se permettre que dans des circonstances tout à fait spéciales et pour de très graves motifs, le mariage imposant des devoirs que la conscience défond d'éluder-. . , ,

— Ali.ds. hist. Continence de Sciplon. Après la prise de Carthagène, Scipion trouva ii:i grand nombre d otages appartenant aux premières familles espagnoles, et que les

Carthaginois avaient enfermés dans cette ville. • Quelques soldats, dit Polybe, qui connaissaient bien le faible de leur général, lui amenèrent une jeune fille d'une remarquable beauté, dont, suivant les lois de la guerre, il pouvait faire son esclave. Apprenant qu'elle était fiancée à un jeune prince celtibérien nommé Allucius, qui en était vivement épris, il fit venir celui-ci et lui dit : . Celle que vous devez épouser a été parmi nous comme dans la maison de son père et de sa mère. La seule reconnaissance que j exige, c'est que vous deveniez l'ami du peuple romain. » Les parents de la jeune fille, ayant été instruits de cet acte de générosité du vainqueur, se présentèrent devant lui, apportant pour rançon une somme considérable. Scipion l'accepta- puis, s'adressantà Allucius: «J'ajoute, dit-il, cette somme à la dot de votre fiancée, acceptez-la comme un présent de noces. ■ Le Celtibérien, pénétré de reconnaissance, alla faire des levées dans son pays, et revint quelques jours après rejoindre Scipion avec un corps de 1 400 cavaliers. — On fait parfois allusion à la retenue du iéune général, dont on lui fait un grand mérite, tout en reconnaissant que la politique en fut le mobile inspirateur. Continence de Scipion (la), tableau de Nicolas Poussin, au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Le général romain occupe un siège disposé sur une estrade, eu plein air; il l'ait signe â Allucius, qui s'incline devant lui qu'il peut emmener sa fiancée ; celle-ci, chastement enveloppée dans de longs voiles, appuie la main sur son cœur pour témoigner sa gratitude. Derrière Scipion se tient une jeune femme qui, les bras levés, pose une couronne sur la tête du héros. Le Poussin avait tracé à Rome une première esquisse de ce tableau, qu'il y avait laissée ; il la recommença à Paris. — Le même sujet a été traité par Jules Romain {National Calleryj, le Primatice (Louvre), et Broughel de Velours (Pinacothèque de Munich).

CONTINENT (nan), ENTE [du lat. continens, qui retient] adj Qui vit dans la continence, qui fait preuve de continence ■ Tel est continent qui n'est pas chaste. (Dider.) Il Substantiv. Personne qui fait preuve de continence, nui observe la continence : Les continents.

— Hist. relig. Nom donné à des hérétiques appelés aussi encratiques, qui préconisaient la continence absolue et, par suite, condamnaient le mariage.

— Patbol. Causes continentes. Celles dont 1 action se continue durant toute la maladie, il Fièvre continente. Celle dont l'intensité ne subit pas de variation sensible pendant toute la durée de l'accès-

— Anton. InconUnent, lascif, liberUn, lubrique, luxurieux, voluptueux.

CONTINENT {non — du lat. ciim, avec, et tenere, tenir) n. m. Vaste étendue de terre qu'on peut parcourir sans traverser la mer ; Le continent américain. Le continent austral. Il Se dit quelquefois absolument pour désigner, soit la partie continentale de l'ancien monde, soit seulement la panie continentale de l'Europe, par opposition à l'Angleterre et à d'autres lies : Tous les Anglais riclies visitent le continent.

— Ancien continent, Europe, Asie et Afrique. Il Nouveau continent, l'Amérique. , ,. u- .

— Fig. Pavs intimement unis, dont les habitants ne forment, pour ainsi dire, qu'un seul peuple : Aujourd'hui, l'imprimerie et la navigation renaissent en un seul continent la totalité du monde habitable. (Ferry.)

— Encycl. Rien n'est plus élastique et moins défini que ce mot de continent. L'Australie, bien qu'entourée d'eau de tous côtés, est généralement classée au noml :e des continents. Quelques géographes ont également appelé Madagascar le . continent malgache ». Cette désignation est donc réservée aux vastes étendues de terre, sans qu il soit possible do déterminer exactement où se terminerîle et où commence le continent.

On divise habituellement la masse des terres qui constituent la surface du globe en deux parties : l'ancien et le nouveau continent. L'ancien continent se subdivise, a son tour, en trois parties : l'Europe, YAsie, l'Afrique; le nouveau continent comprend l'Amérique du Nord et 1 Amérique du Sud. Mais ce sont là divisions plus histonques que géographiques. Ainsi, dans une répartition rationnelle des continents, l'Espagne devrait être classée, eu raison de son climat, de sa population et de sa flore, avec l'Afrique, dont elle a été accidentellement séparée, et non avec l'Europe, dont l'isole la muraille pyrénéenne. D autre part le Bosphore n'est également qu'un accident ne séparant'qu'en apparence l'Europe du continent asiatique. Enfin l'Oural, loin d'être pour l'Europe une frontière naturelle, ne constitue pas un rempart sérieux entre le continent européen et l'Asie. En outre, l'Arabie et la cote de la mer Rouge ont fait autrefois partie d un seul et même continent, et le Maghreb est séparé du reste de l'Afrique par l'immen<e étendue du Sahara, tandis que le monde méditerranéen, au N. et au S. de cette mer intérieure, constitue un tout homogène, à la faune, à la flore et au'climat identiques. De même pourrait-on, peut-être facilement, démontrer que l'Europe, par le chapelet des îles Britanniques, l'Islande et le Groenland, se rattache assez manifestement à l'Amérique, et qu'il y a eu, dans tous ces parages, dislocation d'un continent qui s est en grande partie effondré. „ . ... ji

De ce qui précède il résulte que 1 ancien continent désigne tontes les régions connues, du moins en majeure partie, avant les grandes découvertes delà fin du xv siècle et le nouveau continent, les terres découvertes à dater du voyage de Christophe Colomb. Une telle division, absolument arbitraire, est excellente comme classification artificielle, mais il ne faut pas lui donner une importance qu'elle n'a pas.

Les continents (par opposition aux mers) couvrent une superficie do 138 millions de kilomètres carrés, dont 1 ancien continent occupe environ les doux tiers.

Si l'on considère sur la carte ces divers continents, il se dégage un certain nombre d'analogies ou d'oppositions qui permettentde les grouper d'une façon plus scientifique. D'abord, il est évident que le relief du nouveau continent est dans son ensemble perpendiculaire à l'équateur, pondant que le relief central do l'ancien continent est sensiblement parallèle à ce même équateur. On pourrait même dire, plus généralement, que les deux Amériques s étendent du n: au S., tandis que l'Europe et l'Asie samincissent

lîcst également vrai que les continents et les océans se correspondent d'une manière symétrique. Les océans sont très ouverts au S. et vont en so rétrécissant vers

le N. Les continents, au i^onlrairo, s'élargissent et so rapproi'lionl dans riiéniisphèro nord. On pourrait nionio dire, avec quehiuo exagération, que l'iiémisplicre hurt^aj appartient aux continents, l'hémisphère austral aux océans qui s'y confondent.

Constatation plus curieuse encore ; tous les continents { ot c'est une loi génoralo <[ui ne sembla pas souffrir d'exception) s'effilent du N. au S. Ainsi, l'Amérique du Snd so termine par le cap Horn ; l'Afrique du Sud, par lo cap de Bonne-Espérance; ot la Tasmauie cllo-mfîmo (dépendance naturelle de l'Australie) par lo cap Sud. Si, l'on examine, au m^mo point do vue, les continents dans lo détail, la même règle s'applique avec une rigueur presiiuo absolue. C'est ainsi ipio l'Europe et l'Asie se terminent toutes doux par trois péninsules qui se prolongent vers lo S. N'esl-il pas égahîment légitime de constater que les continents du nord i^Ameritpie du Nord, Asie, Europe) ont des formes beaucoup mieux découpées, des côtes beaucoup plus dentelées que les continents du sud CD général, massifs monotones et présentant sur tout leur pourtour des côtes rigides et inhospitalières?

Enfin, il est intéressant d'observer que le continent européen n'est, en quelque sorte, que la copie réduite du continent asiatique. Tous deux ils ont un massif central, d'où s ecliappent, dans des directions symétriques, dos fleuves importants; mais les Alpes sont très inférieures aux monts Himalaya; le Danune au Yang-Tsé-Kiang: le Pô et le Rhône au Gange e*: à l'Indus. Tous deux ils se terminent par trois péninsules; mais l'Espagne est moins massive que l'Arabie; l'Italie moins étendue que rindc; la péninsule des Balkans moins disloquée que la péninsule indo-chinoise. Ce sont bien les mêmes lois, comme l'a constaté Ritter, qui ont présidé à la formation des deux continents théori(|uement distincts. Le nom d'Eurasie, créé par ce géographe pour désigner l'ensemble des deux continents, éveillerait certainement dans l'esprit une idée plus exacte de la réalité.

L'écorce terrestre n'a généralement qu'une très faible épaisseur. Cette écorûp est, d'ailleurs, fréquemment modifiée par les tremblements de terre, les volcans et autres phénomènes thermaux. En dehors même de ces secousses violentes, les continents semblent obéir à des soulè\ements et à des abaissements réguliers qu'Elisée Reclus a poétiquement comparés à la respiration humaine.

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