CRIME
GBIGOSTOME {stoin — du gr. krikos, anneau, et stoma, bouche) adj. Eq T. d'hist. nat.,Qui a la bouche ou l'ouverture ronde.
CRICOSTOMES (stom') n. m. pi. Famille de mollusques, avant pour type le genre turbo. — Un cbicostomk.
CRICO-THYROÏDIEN {di-in) adj. et n. m. L'un des muscles du larynx : Àluscle crico-thyroïdien.
— Encycl. Le cricû-thyroïdie7i est un muscle pair, triangulaire, situé à la partie postérieure du larynx ; il s'insère à la face antérieure du cartilage cricoïde, d'une part, et de l'autre au bord inférieur du corps et des petites cornes du cartilage thyroïde et à la face postérieure de ce cartilage. En faisant basculer le cartilage thyroïde sur le cartilage cricoïde, les crico-thyroïdi3ns agissent comme tenseurs des cordes vocales.
CRICO-TRACHÉAL, ALE, AUX (Are) adj. Qui appartient aux cartilages cricoïdes et à la trachée-artère.
CRI-CRI (onamatop.) n. m. Entom. Nom vulgaire du grillon domestique, du grillon des champs, et aussi des petits insectes orthoptères stridulants, comme les criquets {stenobothrys) : Des cri-cri.
— Ornith. Proyer, sorte de bruant.
— Techn. Petit instrument composé d'une lamelle d'acier tordue, enchâssée dans une monture en cuivre ou en fonte, et imitant le bruit produit par lo grillon.
CRIC-TENSEUR ykri-tan) n. m. Instrument quo l'on emploie pour tendre les lils de fer des clôtures ou les fils télégraphiques, il PI. Des CRics-
TENSEUKS. -1- j/tI'M^ ^
CRID n. TH. Armur. V. cbiss.
CRIE {kri — rad. cner) n. f. Cric-tenseur.
Criée, proclamation. (Vieux.)
— Pierre de ta crie, Pierre sur laquelle on faisait autrefois les publications, et où l'on vendait à l'encan les meubles saisis. (A Paris, une table de marbre, dans la cour du palais, servait à cet usage ; c'est là, aussi, qu'on brûlait les libelles dont la destruction était ordonnée.)
CRIÉE (rad. crier) n. f. Vente publique aux enchères : Meubles vendusàla criée, ii Se disait autrefois de l'annonce obligatoire de cette vente : Faire la criék. il Audience des criées, Audience consacrée à l'adjudication des immeubles, tant sur expropriation forcée que sur vente volontaire.
— Enctcl. Vente â la criée. Le nom do venle à ta criée, appliqué à la vente aux enchères, vient de la coutume où l'on était jadis de faire crier publiquement, par un huissier ou sergent, la vente des meubles ou immeubles faite par autorité de justice. La vente à la criée, qui existait déjà chez les Grecs, est souvent mentionnée à Rome, où l'on désignait sous le nom d'a«c//o les diverses sortes de ventes publiques {auctîo bonorum, bonorum vendicio, bonorum distractio), faites par le questeur au nom de l'Etat, par le magister ou syndic au nom des créanciers, ou même par le propriétaire. Les proclamations se faisaient sous la lance, sub Jiasta; de là était venu le terme de subkastation , longtemps usité dans quelques-unes des anciennes provinces françaises. Aux proclamations on ajoutait des libelles ou tables d'enchères, qui contenaient la désignation des objets, le jour de la vente, et ledit du magistrat qui l'avait ordonnée. Les ventes se faisaient sur les places publiques et étaient présidées par les administrateurs du trésor de Saturne ; une pique dressée devant leur tribunal annonçait que c'était une vente à l'encan. Un héraut, monté sur une pierre, criait l'objet et son prix. Toute criée commençait par une formule assez bizarre : Biens de Porsenna à vendre. C'était un souvenir du lucumon étrusque, qui était venu assiéger Rome et l'avait soumise.
La vente à la criée est une forme de vente des meubles très ancienne en France. Le mot « criée » ne s'appliquait pas seulement à la vente, mais aussi aux proclamations à haute voix qui devaient être faites à certains jours, pour faire savoir que le bien saisi réellement serait vendu et adjugé par décret. Ces criées étaient répétées ordinairement trois fois, de quinzaine en quinzaine, le dimanche à l'issue de la messe. La criée était faite par des crieurs jurés, qui ont disparu depuis l'emploi des affiches. Les ventes à la criée furent d'abord faites par les sergents, puis par les huissicrs-priseurs, auxquels ont succédé les commissaircsprisours actuels. Elles portent sur les objets mobiliers vendus soit après décès, soit par autorité de justice. IjCs ventes à la criée sont devenues importantes du jour où le goût des aris eut donné naissance à la classe si nombreuse des coUectiouneurs. Elles se font ordinairement dans les salles de ventes publiques, quelquefois dans la maison même où sont les meubles, par lo ministère des commissaireS'priseurs. On fait aussi des ventes à la criée dans les monts-de-piété.
GrœFF, ville d'Ecosse (comté de Perth), sur l'Earn, affluent duTay, au pied des Monts Grampians; 4.900 hab. Tanneries; produits chimiques. Son marché de bestiaux, autrefois le plus imijortani de rEcosse, a été transporté à Falkirk, en 1770. Collège Sainte-Marguerite.
CrieL, comm. de la Seine-Inférieure, arrond. et à 22 kilom. de Dieppe, sur le fleuve côtier l'Yères, non loin de la Manche ; 970 hab. Bains de mer, moulins. Château de Briançon (xvi« s,).
CRIER (du lat. quiritare, appeler les citoyens [Quirites'\ à son secours. — Prend deux i de suite aux aeux prem. pers. pi. de l'imp. de l'indic. et du prés, du subj. : Nous criions, (jue vous criiez) v. n. Jeter, pousser dos cris : Crier de douleur, u Trop forcer sa voix en chantant ou en parlant : Causez sans crier. Les mauvais artistes ne chantent pan, ita citiBNT.
— Faire entendre des sons inarticulés ot caractéristiques de l'espèce, en parlant des animaux : Ilihuu r/Hi crie.
— Par anal. Produire un son aigu par le frottement : Grillon f/ui crie dans l'herbe. Les souliers neufs crient. La lime nui crie agace les dents, w Avoir un son aigre et désa- Çréablo : Piano qui crie, n Produire des borborygmes : Quand on a besoin de manger, les entrailles crient.
— Fam. Gronder, se fâcher, réprimander en élevant la voix : Crier après quelqu'un, ii Se plaindre, réclamer : La lourdeur ci l'iniquité de l'impôt ont de tout temps fait crier tes populations. (Proudh.) ii Prier avec insistance ; Crier vers Dieu. La voix du sang de Jésus-Christ crie pour nous. fMast».)
— Fig. Etre offensé, servir do protestation éclatante : On dit aussi que la conscience crie, et l'expression est fort
juste. (M»« Campan.) n Etre criant, être d'une injustice évidente : L'organisation de la société crie.
— Loc div. Crier à. Dénoncer, accuser violemment, se plaindre hautement de : Crier à l'opprVssion, au scandale.
11 Crier à tue-tête, Crier comme un aveugle, comme un sourd, comme un perdu, etc., Crier de toutes ses forces.
Il Crier comme un fou, comme un furieux, comme un enragé, comme un aigle, comme un paon, comme un veau, comme un beau diable, etc., Pousser des cris furieux.
— Arg. Crier au vinaigre. Crier au voleur. Il Crier aux petits pâtés. Pousser des cris, eu parlant d'une femme en mal d'enfant.
— V. a. Dire, prononcer en criant : Crier gare. Crier adieu. Il Chanter ou dire trop haut : Crier son rôle, son morceau. Il Dire vivement, d'une manière accentuée : Crier tout bas des reproches à quelqu'un.
— Fam. Gronder, blâmer : Crier un enfant. (Vx.) il Gémir hautement de : Crier famine, misère, il Crier une chose sur les toits. Proclamer, déclarer hautement, publier, faire savoir à tous.
~ Fig. Demander impérieusement : Crime qui crie vengeance. 11 B'xborter, exciter par des cris ou avec insistance : L'espérance nous crie sans cesse : En avant! en avant! et nous attire ainsi jusqu'au tombeau. (M"* de Maint.)
— Comm. Vendre à la criée, aiLx enchères : Crikr des meubles, des propriétés inunobilières. il Annoncer publiquement les marchandises, qui se vendent dans les rues : Crier de la salade, de vieux habits, des journaux.
— Dr. anc. Citer à comparoir : Cri'îr un prévenu, n Crier haro sur, Ordonner l'arrestation de. — Fam. Crier liaro sur quelqu'un. Exciter, animer les autres contre lui. il Crier à -son de tro/npe. Crier à ban. Publier à son de trompe.
— Véner. On dit que les chiens courants crient lorsqu ils donnent de la voix en poursuivant la béto de meute ; ils aboient au chenil. (Le cerf crie lorsqu'il est en rut; on n'emploie plus l'expression bramer.)
— pROV. et Loc. PROV. : On a tant crié Noël, qu'à la fin il est venu, Ce qu'on avait tant désiré est enfin arrivé.
11 Plumer la poule sans la faire crier, Exigerd'une manière adroite, sans éclat, des choses qui ne sont pas duos. 11 Crier famine sur un tas de blé, Se plaindre d'être dépourvu de ce qu'on possède en abondance.
— Allus. littér. : L'essieu crie et se rompt, Hémistiche do Racine dans Phèdre. V. essieu.
Se crier, v. pr. Etre crié, proclamé.
CRIERIE {krî-r'i — rad. crier) n. f. Bruit de cris importuns ; réclamations bruyantes : Des criëries d'enfants.
— Syn. Clabauderie, clameur, etc. V. clabauderie.
GRIERIEN (krî-ri-in) n. m. Nom qu'on donnait à des fantômes de naufragés qui sortaient la nuit do l'océan, disait-on, pour demander la sépulture.
CRIEUR, EUSE n. Personne habituée à crier, à faire des éclats do voix, à gronder : Tais-toi, crieur éternel! Il Personne qui fait une proclamation, une annonce publique : Un ciîiiiUR de Bourse. Un crieur de vin.
— Crieur de nuit, Individu qui, en Espagne, et encore dans quelques villes de France, crie les heures dans les rues, pendant la nuit.
— Anc. coût. Crieur des corps ou simplement Crieur, Sorte d'entrepreneur des pompes funèbres, qui conduisait les convois, et précédait lo corps en sonnant d'une clochette et proclamant le nom du défunt, n On disait aussi clocheteur des trépassics.
— Dr. anc. Juré crieur, Individu qui proclamait le prix des objets, dans une vente publique, il Officier public, qui faisait les proclamations officielles d'édits, arrêts royaux, etc.
— Syn. Crieur, braillard, brailleur, etc. V. braillard. " Encycl. Ethol. L'usage des crieurs publics remonte à
l'antiquité ; c'étaient les xTjpjxc; dos Grecs, les prœcones des Romains. Les crieurs publics, au moyen âge, s'organisèrent en corporation. Ils avaient pour patron saint Martin le Bouillant. Ils étaient les seuls organes de la publicité. C'étaient des employés préposés aux funérailles, ceux qui criaient des prières, des agents du fisc et des courtiers pour le vin, des agents qui annonçaient la vente des denrées et de toutes sortes de marchandises. Les crieurs de corps s'occupaient des funérailles, ils annonçaient les décès et la date des enterrements; vêtus de dalmatiques noires, timbrées devant et derrière aux armes du défunt, ils faisaient office do maîtres do cérémonies. A Paris, il y en avait vingt-quatre. Les crieurs de la patenôtre étaient d'autres employés municipaux qui annonçaient les fêtes, les jeûnes, etc. Les crieurs de vin ou jurés crieurs de inn annonçaient le vin et présidaient à sa vente à la criée. Ils portaient une rube aux armes de la confrérie. Lorsque l'un d'entre eux mourait, tous l'accompagnaient au cimetière; quatre portaient le cercueil, les autres suivaient avec des sonnettes, un grand broc de vin et des gobelets. A chaque carrefour, les porteurs étaient relayés, tous buvaient et invitaient les passants à se joindre à eux. Au xiv" siècle, les attributions des crieurs s'étendirent considérablement : on leur confia les annonces et réclames de touto sorte. Au xvni" siècle, lo bruit que faisaient, dès le matin, dans les rues de Paris, les crieurs et crieuses produisait un vacarme tel que tous les étrangers en parlent dans leurs relations.
L'importance des crieurs publics a considérablement diminué; on les trouve encore dans les localités rurales et, à Paris, principalement pour la vente des journaux.
Grigglestone, localité d'.\ngletorre (comté d'York [We-si-RidiLigJ), sur l'.^ire, affinent de l'Ouse ; 2.800 liab.
CRIGNARD ignar [gn mil.]) n. m. Nom vulgaire do la sarcelle commune.
GaïKVENlCAt bourg d'Austro-Hongrie (Hongrie [Croa-
tie-Slavonioj), coinitat de Modrus-RickaouModrus-Fiume ; :t.33."s hab.
Grillon (Louis Balbis de Berton de), homme do guerre français, né à Murs (Provence) on I5i3, mort à Avignon en 1G15. Sa famille était originaire du Piémont. Aide do camp du duc do Guise on 1557, il contribua à la reprise de Calais et de Guines, assista à la prise de Kouen en 1562, prit part aux principales affaires des guerres de religion, et fut plusieurs fois blessé. II so couvrit de gloire à Lépante. en 1571. 11 fut blessé de nouveau au siège do La Rochelle on 1573, et servit en Polou'ne avec lo duc d'Anjou. Crillon fut blessé à la prise do LaFèro(l580), devint mostro do camp, chevalier du Saint- Esprit, puis lieutenant-colonel général; il fut oncoro
Grillon.
blessé à La Réole, eu 1586. Après la journée des Barricades, il protégea Heni' III dans sa retraite et le suivit à Blois. Le roi, qui projetait de sq débarrasser du duc d^ Guise par un assassinat, s'adressa à Crillon ; mais ce dernier se refusa à pareille besogne, se déclarant prêt à un combat singulier.
En 1589, il défendit vaillamment le pont de Tours contre Mayenne , et fut grièvement blessé. Ses blessures l'empêchèrent d'assister à la bataille d'Arqués ; on le retrouve toutefois à celle d'Ivry. En 1600, il commanda avec Sully l'armée de Savoie, et ses exploits lui firent donner par Henri IV le titre de brave des braves. Los fatigues et ses blessures l'obligèrent à quitter, bientôt après, le service.
La phrase adressée à Crillon par Henri IV, après la journée d'Arqués, et devenue un dicton populaire, est le début d'une lettre prêtée à Henri IV par Voltaire, dans une de ses notes sur la Henriade : « Pends-toi, brave Crillon : nous avons combattu à Arques, et tu n'y étais pas. » (Par analogie, cette phrase s'adresse à touto personne absente d' une réunion d'une solennité où sa place était marquée.)
Grillon (Louis des Balbes de Berton de), duc de Malion, général français, né en 1717, mort en 1796. Il fit la guerre en Italie (1733-1736), puis en Bavière (1742) et se distingua à Fontenoy et à Neslo. Il fut promu maréchal de camp en 17-16. Pendant la guerre de Sept ans, il prit part aux batailles de Weissenfels et de Rosbacli. Lieutenant général en 1758, Crillon fut chargé du gouvernement de la Picardie et do l'Artois. En 1762, il passa au service de l'Espagne, qui lui confia le commandement de l'expédition contre Minorquc, occupée par les Anglais. Il força ceux-ci à capituler. Crillon commandait l'armée franco-espagnole qui assiégea Gibraltar. Il a laissé des Mémoires militaires^ publiés en 1791.
Grillon (François-Félix-Dorothée des Balbes de Berton de Quiers, duc de), fils du précédent, né et mort à Paris (1748-1820). Il fut lieutenant général, constituant, pair de France. Elu aux états généraux par la noblesse de Beauvoisis, il se réunit au tiers état, et fut l'un des fondateurs du club des Feuillants. Il servit comme lieutenant général sous Luckner; mais, devenu suspect, il passa en Espagne revint en France sous le Directoire, et siégea à la Cbambre des pairs en 1815.
Grillon (Louis-Antoine-François de Paule des Balbes DE Berton de Quiers, duc di-;), lieutenant général espagnol, frère du précédent, né à Paris en 1775, murt à Avignon en 1832. Il combattit dans les Pyrénées contre les Français, fui fait prisonnier en 1794, et rendu à la liberté en 1795. Crillon, qui commandait Saint-Sébastien lors de l'invasion, finit par se soumettre au roi Joseph, qui le nomma vice-roi de Navarre. Proscrit par Ferdmand VII en 1814, il se retira à Avignon, et jouit, sous Louis XVIII, du grade de lieutenant général honoraire au service de la France.
Grillon (Marie-Gérard-Louis-Félix-Rodrigues des Balbes de Berton, duc de), général français, né à Paris en 1/82, mort vers 1870, fils de François-Félix-Dorotliée. Il épousa, en 1806, M"" de Mortemart. Très jeune, if quitta la France, y revint avec Louis XVIII, en sortit pendant les Cent-Jours. En 1820, il devint colonel et hérita du titre de duc et de la dignité de pair de France. A la suite de la guerre d'Espagne (1823), il fut nommé maréchal de camp. Il se montra très modéré à la Chambre des pairs. A la chute de Charles X, il continua de siéger et ne rentra dans la vie privée qu'en 1848.
CRIME (du lat. crimen, même sens) n. m. Violation très grave de la loi naturelle ou positive : La fortune (ait passer tes CRIMES des gens /te ur eux pour des bagatelles, tt les bagatelles des malheureux pour des crimes. (Bussy-Rab.) ii Infraction grave à la loi religieuse, péché mortel : Commencez par vous absteyiir des crimes que vous viendrez pleurer aux pieds des mittistres. (Mass.) il Par exagér. Acte ou omission dont les conséquences sont regardées comme très fâcheuses : C'est U7i crime d'exposer des chefs-d'œuvre à une perte presque certaine, il Acte reproché comme un crime : Cumbattre les abus, voilà le crime de bien des gens, il Par cxt. Habitude du crime : Homme vieUli dans le crime.
— Personnes criminelles : Le crime va tète levée. (Mass.)
— Loc. div. Crime contre nature, Crime opposé aux prescriptions les plus puissantes do la loi naturelle : Le parricide est un crime contre nature, n Acte de débauche accompli en dehors des lois de la nature : La sodomie est un CRIME CONTRE NATURE. Il Crime d'Etat, Crime commis contre la sûreté de l'Etat. — Fam. Faute grave ou considérée comme telle : Un peu de paresse 7i'est pas un crime d'Etat, n Crime politique. Crime relatif au gouvernement d'un pays, qu'il soit commis dans le but do renverser ce gouvernement, ou dans le but de lui être utile, n Faire un crime. Imputer comme une grande faute : Faire un crime (( quclqu'tin d'une bagatelle.
— Dr. Fait délictueux, entraînant une peine afflictivo ou infamante : Les crimes et les délits.
— Prov. hist. : C'est plus qu'un crime, c'est une faute, Phrase prononcée par lo prince de Talloyrand lorsqu'il apprit 1 exécution du duc d'Enghien ; elle signifie quo certains actes politiques sont phis blâmables à cause do leurs conséquences quo parce qu'ils violent les lois du juste ot do l'injuste.
— Allus. littér. :
Quelques crtjnes toujours précèdent los grands crimes Ainsi que la vertu, le crii7ie a ses degrés.
Vers do la. Phèdre do Racine, acte IV. Us se trouvent dans la réponse que fait à son père, Hippolyte, accusé faussement d'un crime alTreux, et se passent de commentaire.
— Prov. littér. :
Le crime fait la honte, et non pas l'écharaud, Vers de Th. Corneille. V. échafauii.
— E>'cycl. Dr. pén. Dans le langage usuel, le mot crime s'entend des infractions à la loi pénale qui ofi'rent
ini
10 l'iiis de gravitô. Sans mt^roiinaîtro ot sans modinpr la valoiir lin tcrino, los roiiai'tctirs liii Cfdo i*i5nat français lui (Uil lionnô uiio signilication plus pri-fiso. Ils ont classù lus infractions on trois groupes : crimes, dr'lils, contraventions, ot, pour fournir aux juges un moyen rapide et infailliblo do reconnaître lo caractère légal de chaque iiifraottou, ils ont fondé leur division sur la nature de la peine cdictôe. I/articlo 1" du Code pénal rôsorvo la qualilication de
11 crime » à « l'infraction que les lois punissent d'uDo/ït'i/(f uffliclive ou infamante ». Cette définition, injustomont critiquée, a une valeur pratique incontestable. Ainsi, la tentative d'un crime est punissable comme lo crime lui-même, taudis quo la tentative d'un délit échappe à la répression, à défaut d'un texte formol. La compétence est détorniinéo par la qualilication du fait. Sauf de rares exceptions, les mdividus accusés de crimes sont traduits devant la cour d'assises, les prévenus de délits devant le tribunal correctionnel. Le temps par lequel s'accomplit la prescription varie suivant qu'il s'agit do crimes, délits ou contraventions. On pourrait citer nombre de différences moins saillantes.
Le caractère de crimes appartient à toutes les infractions punies, soit par le Code pénal, soit par des lois spéciales, do peines afflictives ou infamantes.
— Milit. Les faits spécialementq^ualiliéscrimespar le Code de justice militaire sont de plusieurs sortes: 1» trahi'^on, espionnage et embauchage (porter les armes contre la France, livrer une troupe ou uno place à l'ennemi, comploter en sa faveur, lui procurer ou chercher à lui procurer des documents, provoquer des militaires à passer à l'ennemi, etc.) ; 2** contre le devoir militaire (capitulation avec l'ennemi en rase campagne, ou comme commandant d'une place qui se rend sans avoir épuisé tous les moyens de défense, abandon do son poste étant en faction en présence de l'ennemi ou do renelles armés); 3<* révolte, ijisubordination et rébellion (refuser d'obéir étant sous les armes, ou prendre les armes sans autorisation — au nombre de quatre au moins ; se livrer à des violences en faisant usage des armes et refuser de se disperser — au nombre de hmt au moins; refuser d'obéir à l'ordre de marcher contre l'ennemi ; violer ou forcer une consigne en présence de l'ennemi; violence à main armée contre une sentinelle ; voies de fait envers un supérieur sous les armes ou à l'occasion du service) ; désertion à l'ennemi ou en présence de l'ennemi, vol d'armes et de munitions, pillage, destruction, dévastalion d'édihces ; faux, corruption, prévarication en matière d'administration militaire.
Crime (Histoire d'un), par Victor Hugo.
C'est le récit du coup d'Etat de 1851. — Le poète fit ce livre à Bruxelles, sous l'impression toute vive encore des événements. Ecrit en cinq mois, l'ouvrage ne parut que vingt-cinq ans plus tard, le l" octobre 1877, à un moment où l'on pouvait craindre, de Mac-Mahon et de ses ministres, un attentat contre la République. De là les deux lignes do préface : « Ce livre est plus qu'actuel ; il est urgent. Je le publie.» Outre les faits généraux déjà notoires, on y trouve maintes scènes dont l'auteur a été témoin, maints épisodes où luimême a joué son rôle, car il fut un de ceux qui, "iarmi les représentants du peuple, montrèrent o plus d'énergie et de courage. \j Histoire d'un crime se divise en quatre «journées « : le Guetapens. la Lutte, le Massacre, la Victoire. Un dernier chapitre, la Cliuto, fut écrit après 1870 : le poète, en quelques pages éloquentes, fait voir, après le crime, le châtiment, et conclut en exaltant la mission de la France, cette mission de justice et de vérité que les plus terribles catastrophes no sauraient interrompre.
Crime et Châtiment, roman russe de Dostoïevski (18GG ; trad. on fran'^. par V. Derély, en 1884), une des plus admirables œuvres de l'auteur par la puissance du patliétique et la profondeur de l'analyse morale. — Raskolnikof, étudiant pauvre, qui croit être d'une race supérieure au vulgaire, (^ui sent en lui une puissance capable de rendre service à 1 humanité, rinit par se persuader qu'il a lo droit de commettre un crime, si co crime lui donne les moyens de remplir sa vocation. Il tue une vic;illo usurière. Personne ne le soupçonne : rien à craindre. Mais do folios terreurs lo hantent. Il n'aura pas de repos jusqu'à co qu'il libère sa conscience par un aveu. Cet aveu, il le fait d'abord à Sonia, pauvre tille des rues, martyre do la prostitution, qui lui témoigne uno fraternelle sympathie. Le misérable sont son cœur y'amollir, et les larnaos jaillissent do SOS youx. Il entre au bureau de police, il se dénonce. Sonia Taccompagni^ra en Sibérie, ot l'amour achèvera leur régénération, commencée par une mutuelle pitié.
Crime d*amour (un), roman do Paul Bourgot, publié en 1880. — Lo sujet on est très simple ot no comporte guère que deux personnages. Armand do Querno, type do l'homme à bonnes fortunes, sec ot blasé, s'est fait aimer do M"'» Hélène Chazel. Non soulomont il no l'aime pas, mais il no croit pas à son amour ; dès qu'elle devient sa maîtresse, il la méprise. Kt bientôt, voulant rompre, il jette au visage de la jeune femme le nom d'un honimo qu'il croit avoir été son amant. Méconnue et insultée, Hélène, dans un accès de furieux désespoir, se livro à cet homme, qu'elle déteste, qu'elle a jadis ignominieusement chassé. Puis, allant une dornièro fois chez Armand, elle l'accuse d'avoir causé sa porto. Mais, après cette chute, elle so promet, revenue à soi, do no plus faiblir, et Armand luimômo, repentant do son crime, so convertit à co qu'on a appelé la « religion do la soufTranco humaine ». — Co livre, soit par la pénétration dos analyses morales, soit par lo pathétique de corlaines scènes, est sans coniosto un dos meilleurs romans qu'ait écrits Bourgot, un do ceux où so mar(|Uo lo mieux son talent de psychologue ot d'écrivain.
Crime de Sylvestre Bonnard (lk), roman d'Anatole Franco, publié en 1881. — Il se compose do deux épisodes : la liûchc ot la Fille de Clémentine, ayant pour héros un vieux membre do l'Institut, M. Ronnard. Celui-ci fait porter du bois à uno paiivro jouno fommo on coucho, sa voisine, qui, devenue plus tard princosso russo, lui témoigne sa reconnaissance par l'envoi d'un manuscrit très raro : c'est lo sujet du premier récit. Kt voit-i r-fjiii du second : uno jeune lillo. dont M. Honnard aima jadis lanière, ayant été onferméopar son tuteur dans une pension où elle se trouve mallinureiiso, lo vieux savant commet co crimo do l'onlovor, et la marie Unalomont avec un éJôvo do l'Ecolo dos
chartes. On sait , d'ailleurs , que les sujets d'Anatole Francr ne lui servent iamais quo do prétexte. Ce qu'il y a do cliarmant dans le Crime de Sylvestre Bonnard, co sont les digressions et les hors-d'œuvre. On y trouve la grâce, l'élégance, un heureux niélango d'ironie et de tendresse.
Grimée, presqu'île do la Russie méridionalo, qui s'attache au continent par l'isthme étroit do Pérékop ; partout ailleurs, des eaux mortes et surtout des eaux vivantes : au N., en séparation d'avec lo reste de la Russie, les llaques, les boues puantes, les marais, les roseaux du Sivach ou Ghelnoïe More ou nior Putride; à l'E., la mer d'Azov, séparée de la Putride par la llècho d'Arabat, qui est uno lovée do sable de lU kiloni. do longueur, dont la largeur se réduit, presque tout du long, à quelques centaines de mètres ; au S. et à l'O., la mer Noiro : en tout, 1.000 kilomètres de côtes, sans compter les 1.120 du Sivach, oxtraordinairement indenté.
Ainsi bornée, la Crimée, qui fait partie du gouvernement de la Tauride, ajoute à la Russie 25.590 kilom. carr. Comme nature, elle est double, avec violent contraste entre son nord et son midi : au septentrion, vaste plaide, légèrement inclinée vers le Sivach, steppes glacés par les vents " hyperboréens » ou brûlés par des cnaleurs de four, traînantes rivières desséchées en été, champs de céréales, herbes pour le bœuf, lo mouton et aussi le chameau, qui se plaît dans les déserts et les demi-déserts ; au midi, faisant front sur la mer Noire, do belles montagnes escarpées (1.524 m.) avec noms tatars, des gorges fermées à tous vents du nord, des baies gracieuses, et, pour tout dire, la Côte d'Azur et la Corniche de l'empire de Russie.
Cette ancienne ChersonèseTaurique, Hou de nombreuses colonies grecques, devint ensuite terre romaine ; puis toutes sortes de barbares se la disputèrent, parmi lesquels des tribus de race turque finirent par hériter de la presqu'île, au détriment des établissements de commerce fondés et accrus pendant deux cents ans par les Génois. Le
fe
.feUlopol BerdîansK'
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Sébastopol L.Hhersonèsr'^
Balak.