CROCOS — CROISADE
se cliargoaient de répandre ces marchandises en Kurope. U'aulro part, les Arabes laissaient les pèlerins venir en foulo visiter la Palestine; au xi" siècle, do grandes troupes do chrétiens venaient do tous les pays d'Kurope so prosterner sur le saint sépulcre. Or, justement à cotto époipio où la ferveur catholique redoublait, la tolérante domination dos Arabes s'écroula on Asie, au profit dos guerriers turcs, fanatiques et braves. Les Turcs Seldjoukidos s'emparèrent do l'Arménie, do la Syrie, do Nicée, et occupèrent Jérusalem en 1076. Les relations économiques entre l'Asie et l'Europe furent troublées, et les cités commerçantes de la Méditerranée craignirent de se voir fermer, par les Turcs, les marchés d'Orient. Mais la première croisade fut surtout l'efl'et de la ferveur religieuse, et l'œuvre do la papauté, alors toutepuissante. Urbain II, ému par les plaintes des pèlerins revenus do Palestino, et inquiet des progrès terrifiants dos musulmans en Espagne (victoire do Zalacca, lOST), profita du grand concile de Clermont, auquel assistèrent des milliers de chevaliers, pour exhorter les fidèles à " so charger de la croix » ot à conquérir le saint sépulcre. Une foulo d'hommes de toutes les classes promirent do partir pour la Palestine et prirent l'emblèmo de la croisade, une croix d'étollo rouge sur l'épaule droite (109.5). La croisade eut une multitude d'adhérents en Italie, en Angleterre, et surtout en Franco; le papo leur accordait la rémission de leurs péchés et excommuniait quiconque toucherait à leurs biens pendant leur absence. Sans attendre les armées féodales, lentes à s'organiser, le bas peuple partit d'abord, sans armes et sans ressources : telles furent les bandes do misérables réunies par le moine Pierre l'Krmite et Gauthier sans Avoir. Ceux de ces malheureux qui ne périrent pas en route furent exterminés par les Turcs. A la fin de 1096, quatre armées féodales se trouvèrent réunies à Constantinople : Lorrains et Allemands, avec Baudouin do Hainaut et Godefroy de Bouillon ; Français du Nord, avec le comte de VermanAois et le duc de Normandie; Provençaux, avec le comte de Toulouse; Normands d'Italie, avec Bohémond de Tarente et Tancrède. Aucun roi n'était présent, et les croisés ne s'entendirent jamais pour se donner un chef. L'empereur Alexis Comnène, qui espérait se servir d'eux pour reconquérir lAsio sur les musulmans, obtint qu'ils lut fissent hommage; mais, dès cette première entrevue, Byzantins et " Latins " so détestèrent et se méprisèrent mutuellement. Au bout de deux ans et demi de luttes et de souflVances affreuses, les croisés, après avoir pris sur leur route Nicée pour le compte de l'empereur, batru l'armée de Soliman à Dorylée, pris Edesse (1097) et Antioche (1098), parvinrent enfin à Jérusalem et s'en emparèrent (1099). Cette longue et sanglante expédition, qui coûta la vie peut-être à un demi-million d'hommes, aboutit à la fondation de quatre principautés : royaume de Jérusalem, principauté d'Antioche, comté d'Edesse, comté do Tripoli. Elles furent partagées en fiefs, au profit de chevaliers occidentaux. Les grandes villes du littoral formèrent de véritables colonies européennes. Marseille et les cités italiennes s'y firent donner des quartiers entiers. Les pèlerins recommencèrent à affluer, et des ordres militaires furent créés ou réorganisés pour les protéger, (hospitaliers, templiers.) A certains égards, les institutions do 1' » Orient latin « pouvaient être enviées par les Occidentaux; c'est ce que prouve le recueil do coutumes, rédigé au xm* siècle, qu'on appelle les Assises de Jérusalem. Malheurcuscmont, les chrétiens latins usèrent leurs forces à so quereller entre eux ou avec les Byzantins, et leur domination en Orient fut éphémère.
'La défiance, d'ailleurs assez légitime, qu'e-xcitaient les Grecs, so marqua dès IIOI, époque où une nouvtdlo croisade fut faite par les Français, les Lombards et les Allemands; l'expédition avorta, trois armées immenses furent anéanties; on accusa l'empereur prec de traliison. Cette campagne ne figure pas sur la listo des croisades, telle que Vont établie les historiens français. Ils comptent huit croisades, de 1095 à 1270; on pourrait doubler ce chiffre ; mais il faut s'en tenir à la convention en usage, pour ne pas dérouter lo lecteur.
L'expédition de 1147, qui porte le nom de seconde croisade, fut provoquée par les con(|uétes des Turcs, qui prirent et délruisirent Edesse. Sur les exhortations de saint Bernard, lo roi do France, Louis VII, et lo roi de Germanie, Conrad lïl, so croiseront. Leurs armées so fondirent en route, ils no purent mémo pas prendre Damas, ot revinrent sans avoir rien fait (1147-1149). Les Turcs continuèrent leur marche en avant. Salah-cd-Din, qni prit lo titro do sultan, s'empara de Jérusalem en 1187.
Cette nouvelle jota la consternation parmi les chrétiens. Grûco aux efforts du papo Urbain III, trois souverains prirent la croix : Frédéric Barberousso, Philippe Auguste et Richard Cncur do Lion (troisième croisade). Los Allemands suivirent la routo do terre. Ils ne purent traverser l'Asie Mineure qu'au prix d'atrocos soufiVancos. I^ mort tr;igiipio do Frédéric dans les oanx du Cydnus acheva do désorganiser son armée, qui so dispersa (1190). Les rois de France ot d'Angleterre, qui se taisaient la guerre au moment où ils prirent la croix, no so mirent en marche qu'au moment ov'i l'expédition allemande était déjà condainiiée à l'avortement; do plus, leur réconciliation n'était pas .sérionso, et Hicbard soupçonnait, à bon droit, Philippe do vouloir lo trahir. Us s'emparèrent, cependant, do Saint-Jean-d'Acre (juin. U91). Philippe Auguste se rembarqua pou après, ot, malgré ses serments, s'euteuditavoc Jean sans Torro pour envahir les domaines du roi d'Angleterre. Richard se décida alors au retour (1192). Un sièele après lo concile do Clorniont, les chrétiens, grftco à leurs dissensions, no possédaient plus do leur royanmo de Jérusalem que la cùto, l'ancienno Phénicio, do Tyr à Jaffa, avec Saint-Jean-d'Acro comme capitale; ot au N., la principauté d'Antioche, très réduite, leur restait seule do leurs auciennos conquêtes. U est vraî que, ou componsalion, Richard Cœur de Lion avait conquis Chypre, qui devint, aux mains dos Lusignan, un royaume latin prospère; et lo royaume de Potite-Arménio, fondé en Cilicio par l'Arménien Léon II, fut peuplé do chevaliers ot de mari-hands européens.
La délivrante do la Terre sainte fut I objet constant do la politique d'Innocent III. Lt\ quatrième croisade, cepon daiit, n'atteignit nuHcineut ce but, par suite do riiahiloté de Venise. Les grands seigneurs fi'auçais, connue Thibaud iity Champagne ot Haudonin do Flandre, qui entreprirent cette expédition, voulaient faire le trajet par mer ot obtenir dos vaisseaux do Venise. Us durent, pour s'acquitter, prendre pour lo compte do cotto république
CROISAT — CROISER
la ville chrétienne de Zara; ensuite, le doge Dandolo leur persuada do secourir l'empereur Isaac, qui avait été détrôné. Les croisés prirent d'assaut Constantinople, et y restèrent. L'empire byzantin tit place à un empire latin (1204-1261). Baudoin de Flandre devint empereur, et il y eut des comtes de Thèbes, des marquis de Corinthe, etc.. Les Vénitiens, s'adjugeant la meilleure part, établirent des comptoirs sur toutes les côtes do la péninsule. Mais les empereurs latins usèrent leurs forces à lutter contre les Bulgares. Michel Paléologue s'empara do Constantinople en 1261 et rétablit l'empire byzantin.
hà cinquième croisade (1219-1221 /fut formée d'Allemands et de Hongrois. Ils s'attaquèrent au prince musulman le plus puissant alors, le sultan d'Egypte Aladil, mais la crue du rsil, qu'ils ne prévoyaient pas, les obligea à la retraite.
I^ sixième croisade (1228-1229) eut pour chef l'empereur Frédéric U, qui partit excommunié par le pape. C'était un politique : au lieu de se battre, il négocia avec le sultan d'Eeypte, et obtint pour dix ans la cession de Jérusalem, de Bethléem et de Nazareth. Los dix années une fois écoulées, Jérusalem retomba aux mains des musulmans.
Saint Louis résolut de la leur arracher: les deux dernières croisades furent son œuvre. Septième croisade : En 12-48, il attaqua le sultan Ej'oub, non en Syrie, mais en Egypte, le centre de sa puissance. Comme en 1221, les croisés prirent Damiette et échouèrent devant Mansourah (mort de Robert d'Artois). Ils furent tous pris et durent payer une énorme rançon. Cependant, saint Louis repartit en 1270. avec une armée péniblement rassemblée [hnitième croisade). Son frère, Charles d'Anjou, lui persuada de se diriger d'abord sur Tunis. Saint Louis mourut de la peste devant cette ville, le 25 août.
En 1291, les chrétiens ne possèdent plus rien en Palestine. Il y aura encore des expéditions contre les musulmans, en Espagne, en Hongrie, mais non plus en Terre sainte. La Doolesso d'Occident ne sera même plus capable, au xiv* et au XV* siècle, d'arrêter les progrès des Turcs en Europe. L'ère des véritables croisades s'est terminée en 1270; l'esprit qui les inspirait s'est éteint avec saint Louis.
Les croisades n'ont pas atteint leur but, à cause des dissensions entre les chrétiens. Elles ont eu, néanmoins, de grands résultats. Elles ont retardé los progrès des Turcs. Elles ont fait connaître des pays nouveaux à des millions de gens qui. jusque-là. perdaient rarement de vue leur clocher, et elles ont ainsi élargi l'intelligence des chrétiens. Les relations commerciales entre l'Europe et l'Asie se sont multipliées, et cette activité a sur%'écu à la domination latine en Orient. Ce sont là des résultats incontestables. Hceren, dans son Essai sur l'influence des croisades (1821), a été plus loin, et leur a attribué une part immense dans le développement de la civilisation européenne. Il est évident qu elles ont rendu plus rapide la diffusion des produits et des usages orientaux, de la science byzantine et arabe dans les pays d'Occident; mais on ne saurait dire dans quelle mesure, puisque les chrétiens, en dehors des croisades, entretenaient des relations régulières avec les musulmans d'Espagne et d'Afrique et avec les Grecs. Quant aux transformations politiques de l'Europe du XII* et du xm" siècle, on ne peut en démêler avec sûreté que les causes directes et internes, qui n'ont que de lointains rapports avec les croisades.
— BiBLiOGR. : Recueil des historiens des croisades, publié pari' Académie des insorii)tions(1841etsuiv.); H. von feybel, GeschiclUe des ersten Kreuzzuqs (Leipzig, 1881) ; Kugler, Geschichte der Kreuzzùge (Berlin, ISSO) ; H. Prutz, hulturgeschichte der Kreuzzùge (Berlin, 1883); G. ï)oà\x' Histoire des institutions monarchiques dans le royaume de Ji''rusalem, l09f-IS9i (1894); Rôhricht, die Deuischen im Heiliqen Lande (1894); Hevue de l'Orient latin (depuis 1893). — Sur les croisades et projets de croisade 'au xiv" siècle : DelaviUe le Roulx, la France en Orient au xiv* siècle (1886); N. Jorga, Philippe de Mézières et la croisade au xiv* siècle 0896). — Bibliogr. détaillée dans : Monod, Bibliographie de l'Histoire de France (1888).
— Croisades des enfants (1212). Albénc des Trois-Fontaines rapporte qu'en 1 212 un jeune berger, nommé Etienne, se disant envoyé de Dieu, appela à lui les enfants pour les emmener à la croisade : beaucoup le suivirent, qui, grossis de vagabonds de toutes sortes, arrivèrent à Marseille au nombre de près de trente mille. Deux armateurs s'engagèrent à les transporter gratuitement, les firent s'embarquer sur sept vaisseaux, et allèrent les vendre aux marchands d'esclaves de Bougie et d'Alexandrie. La plupart périrent : un petit nombre recouvra plus tard la liberté- A la mémo époque, en Allemagne, vingt mille enfants, dirigés par l'un d'entre eux, Nicolas, franchirent los Alpes poar aller s'embarquer à Gènes. Là, les privations et les obstacles les obligèrent à se disperser et à renoncer à leur projet. Cependant, leur chef parut en 1219 au siège de Damiette. I^a réalité de ces Croisades des enfants a été révoquée en doute par plusieurs historiens.
Croisade des dames (la), opéra-comiquo en un acte, paroles do Castelli, musique do Franz Schubert, écrit par celui-ci en I8I9 et représenté pour la première fois à Francfort-sur-Ie-Mein , le 19 août 1861 , puis à Vienne le 19 octobre suivant. Ce petit ouvrage qui, au point de vue musical, est un pur chef-d'œuvre, avait eu d'abord pour titre les Conjurés, puis ta Guerre domestique. « La musique est vive, dramatique, animée, fraîche, pleine d'entrain. d'originalité et d'une richesse mélodique rare. Chaque morceau a son charme propre. <> Le sujet est aimable et simple. Do braves chevaliers reviennent do la croisade; leurs épouses, irritées de leur longue absence, ont comploté do se venger d'eux à leur retour en les déconcertant par la froideur de leur accueil ; mais plusieurs d'entre elles ne peuvent s'empêcher de trahir en secret leur serment, et, Dient^t, la réconciliation devient générale. Ce joli petit ouvrage, traduit en français par Victor "Wilder, a été représenté avec succès, on 1868, sur le théâtre des Fantaisies-Parisiennes.
CROISAT (za) n. m. Ancienne monnaie qui se frappait à Gênes. 'Sa valeur comparative était d'environ un écu et demi fram^ais.)
CROISÉ n. m. Celui (noble, bourgeois ou paysan) qui, a;^ant pris la croix, s'en allait combattre les infidôles : L'armée des croujbs. V. croisadr.
— Nouveaux croisée. Confédérés polonais sous Stanislas Auguste.
Croisée (Archéol.).
CROISÉ n. m. Une des armures que l'on emploie le plus dans le lissage des diverses étoffes de laine, de coton ou de lin. (Cette armure donne avec la laine le tissu connu sous le nom de cachemire; avec le cotoù, elle fournit ce que l'on nomme le croisé proprement dit; avec le lin, on obtient le coutil.)
CROISÉ, ÉE adj. Blas. V. cBOisÉ,part. pass. du v. Croiser.
CROISÉE {zé — de croix, parce que, dans les très anciennes constructions, il y avait des ouvertures carrées, séparées en quatre par une croix en pierre) n.f. Baie, ouverture pratiquée dans un mur pour donner du jour et de l'air à l'intérieur d'un édifice. [Tel était, du moins, le sens primitif. Aujourd'hui, le mot qui signitio proprement <i ouverture » est fenêtre. Ainsi, l'impôt des portes et fenêtres frappe toutes les ouvertures, qu'elles soient ou non munies de croisées. Ce dernier terme désigne proprement le châssis vitré servant à fermer la fenêtre. Mais, dans le langage courant, on emploie indifféremment l'un et l'autre mot : Fermer, Ouvrir la fenêtre ou la CROISÉE. Jeter quelque chose par la croisée ou par la FEîiÈTRK.]\\ I>emi-c7'oisée, Fe- Croisée,
nôtre do hauteur ordinaire, mais d'une largeur moitié de celle d'une croisée ordinaire.
— Agric. Bâtons croisés au haut d une ruche.
— Archéol. S'entendait pour nombre d'objets où des brauches se croisent à angle droit ou aigu, comme l'intersection de voies à un carrefour, la rencontre des traverses des lustres en bois, etc. La croisée d'une fenêtre était l'endroit où les meneaux se croisaient avec les montants intérieurs,.
— Archit. Partie d'une église qui rencontre la nef à angle droit, en avant de l'abside, et que l'on appelle plus ordinairement transept.
Il Croisée d'ogives, Croisement des nervures d'une voûte d'aréte.
— Arm. anc. Dans les anciennes épées. Croix formée par les quillons horizontaux avec la fusée et fe talon de la lame : Bayard... prit son épée par la poignée et en baisa la croiséiî en signe de la croix de Notre-Seigneur (Brantôme). [On disait aussi croix, croisillon, croi- SETTE.] Il Terme générique par lequel on désignait toutes les épées dont la garde était faite de deux quillons droits.
— Hist. A signifié croisade. (On a dit aussi croisicment et croiserie.)
— Mar. En mer, Grande envergure des voiles, et en rade, Longueur des vergues : Bâtiment qui a peu de croisée. Il Ouverture des pattes d'une ancre ; Ancre qui a trop peu de croisée.
— Teclin. Rayons d'une roue d'horlogerie. Il Branches d'une croix d'orfèvrerie. Il Petites croix do bois à l'usage du couverturier et du potier d'étain. Il Croix de fer dont se sert l'épinglier pour passer les fils de laiton. Il Cliâssisou cadre qui fait partie croisée d'épée (1380). des machines à lainer, et dans lequel
sont encadrés les chardons, n Pièces fixées en croix dans l'axe d'un dévidoir, n Eiitrelacementde fils très serrés, dans un tissu. Il Triangle faisant osciller le babillard d'un moulin. Il Planche clouée sur la face intérieure du boisage d'un puits de mine, pour augmenter la solidité de ce boisage et en relier toutes les parties. Il Bois en croix, attachés au tourillon supérieur de l'ancienne presse typographique.
CROISEMENT (man) n. m. Action de croiser, de disposer des objets en croix.
— Arboric. Opération consistant à croiser les branches d'un arbre fruitier, de manière que ces branches forment des losanges.
— Ch. de f. Croisement de voie. Point où deux voies se coupent, et Appareil destiné à faire passer le train d'une voie sur l'autre, à l'endroit où cette intersection a lieu. Il Ci'oisement des trains. Partie de la voie où des trains marchant en sens contraire doivent se croiser conformément aux indications contenues dans des tableaux de service qui déterminent ces points.
— Escr. Croisement du fer, Action de croiser les fleurets, les épées.
— Hist. V. CROISÉE (hist.).
— Techn. Disposition des fils qui, par leur entrelacement, forment un tissu qui est du tavelas, du sergé ou du sat in .
— Encycl. Ch. de f. Le croise7ne7it le plus communément employé sur les chemins de fer est le croisement avec pattes de lièvre, qui consiste, pour livrer passage aux boudins des roues, à couder les deux rails contigus de la voie et de la traversée, de manière à les faire servir de contre-rails, en les continuant en forme de pattes de lièvre jusque vers un point peu éloigné do l'intersection des faces extérieures do leurs champignons. Pour forcer les roues à suivre la file des rails et empêcher los déraillements que pourraient produire les secousses, on dispose les contre-rails dans le voisinage des rails non interrompus.
On distingue encore les croisements avec pattes de lièvre mobiles, à rails mobiles, à pointos mobiles, les croisements Burleigh, etc., qui tous remplissent le môme but que los croisements ordinaires et n'en diffèrent que par quelques pièces do détail et le système do fabrication.
CROISEMENT (man) n. ra. Accouplement d'un mâle d'une espèce on d'une race donnée avec une femelle d'espèce ou de race différente.
— Encycl. Le croisement n'est pas possible entre dos formes trop éloignées, et, quand il est mécaniquement possible, il est généralement infécond lorsque los doux
êtres accouplés sont trop différents ; on sait que cela a donné un critérium pour la définition de Vespèce.
Les croisements féconds donnent des hybrides quand ils ont lieu entre animaux d'espèce différente, et des métis quand ils ont lieu entre animaux de même espèce, mais de race distincte.
Les animaux domestiques se croisent plus facilement que les animaux sauvages; les éleveurs utilisent cette propriété, parce que les métis sont souvent mieux doués que los individus de race pure; il en est do même des hybrides, mais ceux-ci sont en général peu ou pas féconds, comme cela a lieu pour le mulet.
Les produits de croisement, surtout les hybrides, sont en général intermédiaires aux parents. Au point do vue de la couleur, par exemple, les métis do plantes à fleurs colorées sont généralement panachés, les hybrides ont une couleur uniforme, intermédiaire à celle des parents.
Mais tout cela n'est vrai que pour la première génération ; aux* générations suivantes, quand elles sont possibles (métis), on constate, le plus souvent, une grande variabilité dans le type et un retour marqué vers lune des deux formes parentes, de sorte qu'il est à peu près impossible de conserver une race métisse pendant longtemps.
Une observation intéressante de Darwin a montré que, chez les canards, le croisement de deux races domestiques distinctes donne un métis ressemblant au canard sauvage; cela a été remarqué aussi chez d'autres espèces animales. On explique ce lait en disant que seuls les caractères communs aux deux parents (et ce sont les caractères de leur ancêtre commun, l'animal sauvage) peuvent, dans ce cas, se développer dans le produit de leur métissage.
Il faut signaler quelques croisements exceptionnels entre individus appartenant à des genres ou même à des classes différentes, mais Ce sont là des cas tout à fait extraordinaires.
CROISÉ-OBLIQUANGLE (/:an5r) adj. Se dit d'une variété de stauroiide composée de deux prismes qui se croisent sous un angle de 60".
CROISER (rad. croix) v. a. Disposer en forme de croix : Croiser des fils, des épées. Croiser les jambes, les mains. Il Eu parlant d'un vêtement. Placer une partie de façon à en couvrir une autre : Croiser sa redingote. Il Couper, passer en travers de : Sentier qui croise la route. \\ Couper le chemin de : Croiser un passant. Croiser la route d'un viuvire. il Aller eu même temps dans une direction opposée à colle de : Lettre qui croise une autre lettre.
— Présenter la pointe d'une arme : Croiser /a 6nion»e/^'\
— Barrer, rayer avec des traits qui se croisent ou autrement : Croiser un mot, une page.
— Fig. Traverser des projets : Passer sa vie à croiser les autres. \\ Croiser les bras. Rester inactif.
— Econ. rur. Mêler par l'accouplement des races d'animaux : Chez les ayiimaux, il faut croiser les races pour perfectionner tes espèces. (Beauchêne.) n Fig. Associer, en parlant d'éléments hétérogènes : Les régimes qu'on croise 7ie produisent que des gouvernements bâtards. (E. de Gir.)
— Escr. Croiser le fer. Croiser l'épée. Mettre épée contre épée, fleuret contre fleuret, do manière à former une croix, et, par extens.. Se battre à l'épée.
— Grav. Croiser les tailles. Traverser avec le burin des tailles faites par d'autres tailles.
— Littér. Employer des rimes croisées : M. de Voltaire A CROISÉ les vers de la tragédie de Tancrède. (Marmontel.)
— Manôg. Croiser la gaule en arrière, Frapper le cheval sur la croupe.
— Mar. Croiser les vergues carrées, Les mettre perpendiculaires aux mâts et parallèles entre elles, ii Croiser les tnngons, Les mettre perpendiculaires à la muraille, ii Croiser tes écarts de deux pièces de bois, Disposer ces écarts de telle façon que l'écart de l'une corresponde à la parlio pleine de l'autre.
— Techn. Croiser un tissu. Travailler à quatre marches. Il ('roiser les soies, Los tordre légèrement avec un moulin.
— Manufact. C7-oiser une étoffe. Faire passer les fils de la trame d'une étoffe dans une trame double.
— Vanner. Croiser les brins. Placer les brins d'osier les uns sur les autres en les travaillant.
— Véner. Croiser les chiens. Traverser en avant des chiens le chemin qu'ils suivent dans la poursuite.
— V. n. Avoir assez d'ampleur pour être croisé : Habit qui ne croise pas assez.
— Mar. Occuper et surveiller une certaine étendue do mer, en la parcourant dans toutes les directions.
Croisé, ée part. pass. du v. Croiser.
— Anat. Ligaments croisés, Nom donné à deux forts ligaments qui se trouvent à la partie postérieure de l'articulation du fémur avec lo tibia.
— Art milit. Feux croisés. Feux portant sur un même point de diverses directions. Il Fig. Attaque simultanée : Le FED CROISÉ des épigrammes.
— Blas. Se dit d'un globe surmonté d'une croix, et du panonceau de l'agneau pascal, quand la croisetto est d'un émail particulier, il On dit également croisetk, ée.
D'argent h un
globe de piieules,
croisé d'or.
Croisement de voies.
— Bot. Disposé en croix en parlant des pétales. (Se dit des feuilles et des rameaux qui sont opposés par paires, et disposés perpendiculairement à la paire précédente.)
— Entom. Dont lo protborax est marqué d'une croix.
— Escr. Se dit du tireur qui n'est pas en ligne et a lo pied droit trop en dedans.
— Littér. liimcs croisées, YlimGS masculines et féminines alternées, il Vers croisés, Vers à rimes croisées. — Signifie aussi Vers de diverses mesures employés dans une môme pièce et se succédant régulièrement.
— Mamni. Marqué d'une tache en forme de croix.
— Moil. Marque de stries croisées : Coquilles croisées. Se croisçr, v. pr. Etre croisé, il Suivre dos directions
Alfred Croiset.
liirt'éroiites ou opposées. Il Etre mis, so produire à la fois en grand nombro et divers sens, il Môler son sang, on parlant do doux racow.
— Fig. Chorchor à nuire l'un à l'autre : Ils se croisent dans tout ce qu'ils font.
— Croiser ù. soi : Sk croiser les bnts. il Fam. 5e croiser les bras, Kestor dans l'inaction.
— Hist. Prendre la croix pour aller combattre les intidèles. il Fig. y'ontendro pour la dol'onso d'un intârôt commun.
— Manèg. Eq parlant du cheval, Ne pas avancer dans la même ligne les doux jambes du même côte.
— Teohnol. Se croiser sur l'établi, So dit du tailleur qui s'assoit sur l'établi, en croisant les jambes sous lui.
— Anton. Décroiser.