CUISSEAU — CUIVRE
— Chim. Eau dr. cuivre. Eau préparée pour servir à nettoyer les objets do cuivre et composée d'une dissolution d'oxalato de cuivre.
— Grav.^ Planche gravée sur cuivre : Un magnifique CUIVRE. Il Couper le cuivre. L'entailler avec lo burin.
— Min. Banc de cuivre, Pierre dure et jaunâtre qui sert au pavage des cours.
— Miuér. ot métall. Cuivre blanc, Alliage do cuivre, d'arsonic et de zinc, n Cuivre bleu. Variété bleue do carbonate de cuivre. Il C^iyreroï-né, Chlorure do cuivre, il Cuivre (/ns, Sulfure de cuivre antimonifére. Il Cuivre jaune. Laiton.
Il Cuivre ?ioii\ Cuivre non purifié, ii Cuivre rouge. Cuivre de rosette. Cuivre pur, Cuivre natif, il Cuivre vierge, Minerai do cuivre.
— Mus. Instrument à vent, de cuivre ou plutôt do laiton : Les CUIVRES ojU quelque chose de guerrier. (Balz.)
— Pathol. Colique de cuivre. V. satubnisme.
— Encycl. Hist. Le cuivre est certainement le premier métal que l'homme ait mis en œuvre, ce qui s'explique jiar le nombre considérable des gisements, la facilité do l'extraction comme du traitement des minerais. Sans aller jusqu'à affirmer qu'il ait existé un âge du cuivre pur, antérieur à celui du Dronze, on doit remarquer quo de Sarzec a découvert en Chaldéo une figurine de cuivre pur, analysée par Bertholot, et quo Oppert fait remonter, d'après 1 inscription, à quatre mille ans avant J.-C. C'est le plus ancien monument de métal que l'on connaisse, car les objets en bronze égyptiens ne remontent pas à plus de deux mille ans avant J.-C.
L'antiquité classique ne paraît pas avoir fait de difl'érence entre le cuivre pur et le bronze; en tout cas, les Grecs et les Romains désignaient lo métal ou ses divers alliages par le même nom. Ils en reconnaissaient, cependant, des qualités diverses suivant leur provenance : cuivres de Délos, d'Egine, de Chypre, de Syracuse, de Cordouo, etc., ou bien suivant les mines, et alors, les cuivres prenaient le nom des propriétaires : Livien, Marcien. Sallustien. Le marcien était, à Rome, considéré comme le meilleur; il servait à faire les monnaies de valeur, comme les sesterces et les doubles as. Mais les espèces viles étaient frappées sur cuivre de Chypre. Celui-ci était aussi bien du cuivre rouge pur que s"es alliages. Consacré à Vénus en tant qu'astre et que déesse, il se rapportait à l'éclat bleuâtre de l'étoile du matin rappelant la teinte des sels de cuivre. Aussi ce métal était-il figuré par les alchimistes sous le même signe que Vénus ou Cypris, qui avait donné son nom à l'îlo^de Cvpre. Et les Égyptiens identifiaient Vénus ou Cypris à Hàthor, la divinité" multicolore dont les dérivés bleus, verts, jaunes, du cuivre rappellent les colorations diverses. Telle demeura la symbolique des alchimistes du moyeu âge, et, tout comme les anciens, ils s'essaj'èrent à falsifier le métal qui avait l'éclat de l'or. Ce nest qu'au m* siècle de notre ère qu'on distingue sous le nom do cuprum, de l'a-s ou bronze, ce métal dont on avait fait des alliages de toutes sortes, d'une manière purement empirique, jusqu'à obtenir, par hasard, des sortes dont, comme pour l'orichalque, on ignora et on no put retrouver la nature.
— Miner. Le cuivre se présente dans la nature à l'état natif, puis à l'état de sulfure, séléniure, arséniure, arséniosulfure, antimoniosulfure, oxyde, carbonate, sulfate, phosphate, arséniate, vanadate, 'silicate, chlorure, oxychiorure ; enfin, en proportions plus faibles, dans la composition d'un certain nombre d'autres espèces minérales.
Le cuivi'e natif {Cii), dont le poids spécifique varie de 8,5 à 8,9 et la dureté de 2,r> à 3, appartient au système cubique. Ses cristaux, le plus souvent octaédriques, offrent assez fréquemment des macles ; le métal se trouve en masses filiformes, réticulées, ou bien en plaques courbes. Les rives méridionales du lac Supérieur, aux Etats-Unis, ont fourni à l'exploitation des blocs énormes. Dans le Nassau, on le trouve associé à la cbalcopyrite ou pyrite de cuivre, ainsi qu'à la blende ot à la galène. La couleur du cuivre natif est rouge, mais sa surface est souvent recouverte par un enduit d'o.xydo ou de carbonate vert.
Citons los principaux minerais do cuivre : la chalcosirie (cuivre vitreux), la covelline, la caftlonite, qui sont des sulfures ; ra/(io?jf(e. mélange isomorphe de covelline et do galène; fa chalcopt/rile (pyrite de cuivre), la cabane ou cubauite. Vérubescite ou plullipsite ou bornile ou cuivre panaché, qui sont des sulfures doubles do cuivre ot do for ; la berzélianite (séléniure); la domeykiic, Valgodonite. la W'A(7Hei/(/e (arséniures); Vénargitc, la clarile {arséniosulfures : la famatinite, la wolfsbergite ow chalcostibite (antimoniosulfuros); los cuivres gris, sulfures qui présentent des variétés antimontales : panabase, tétraédrite, freibergite, schwatzite, suaniolUc, et des variétés arsenicales : tennantite, kupferhlende, sandbergérite ; la cuprile, la ziguéline, la chalcotrichite, la mélaconise, lu ténorite, qui sont des oxydes; la malachite verte, Vaznrite bleue ou chessylite, V'aurichalcitc, la buvatite (carbonates); l'Ai/ï/roct/anite, la dolérophanite, la cyanose ou couperose bleue, la c)ialcanthite, la brorhaniite, la langile, la pisunite, la lettsomite ou cyanotrichile ou cuivre velouté, qui sont des sulfates; la iibethénite^ la lunnite (phonpliales) ; ro/ir*'/ii/c. Veuchro'ite, Vaphanése, Vérinite, lu chalcophgllite, la lirocouite (arséuiates) ; la volborthite, la culcvolborthite {v^nadates; le dioptase ot la c/(r7.çoco/^e ; silicates) ; la nantoktte (chlorurel ; Vatacamite (oxyciilorure).
— Chim. et métall. Lo cuivre est un métal d'uno rnnlour rouge caractéristique; sa densité varie de s, S5 (cuivre fondu) à 8,95 (cuivre martelé); il fond à l.o;ir>''. et, au rouge blanc, émet des vapeurs qui brillent à Pair avec uno flamme vorto; il cristallise dans lo système cubique.
D'une faible dureté (il est rave parla calcile), le cuivre est, après l'or ci l'argent, lo ()fus malléable et le plus ductile dos métaux ; quant à sa ténacité, elle est asser grande, venant immédiatement après celle du fer : la charge qui rompt un fil do cuivre de l mllltmétro do diamètre est do 2.5 Uil. 2 à 0», do 21 kil. 1» à lOO», do li> kil. à 200». (Baudrimont.) Enfin, la conductibilité éleclriquo du cuivre parfaitement pur est égale ù. 96,4, colle ao l'argeut étuut égale à 100.
Lo cuivre no s'oxyde pas ù l'nir sec à la température ordinaire ; mais, à l'agir humide et en (irésonco du gar carbonitiue, il so recouvre rapidement d uno couche verdfttre dhy«trocarbonato {vcrl-dc-gris). CliaulVé ù l'air au rouge sombre, lo cuivre noircit en so recouvrant d'o.rv(/(f fiitvrique; il brùlo dans lo chlore, ot, chauffé dans ta vapeur do soufre, il s'y combine avec dégogomoiit do chaleur ot do lumière.
L'acido sulfuriquo u'attaquo lo cuivre quo lorsqu'il est