DAME
DAHASSEUR {jna-seur'), EUSE n. Celui, celle qui travaille à la fabrication du damassé.
DAMASSIN (ma-sin) n. m. Etoffe plus légère et moins forte que le damas ordinaire.
DAMASSDRE (ma-5ur') n. f. Dessin du linge damassé. Il Travail subi par la toile pendant l'opération du tissage, pour obtenir le damassé.
DABIASTER {ma-stèr') u. m. Genre d'insectes coléoptères pentamères, famille des carabidés, comprenant des caraoes de grande taille, très allongés et atténués eu avant, à longues pattes, et dont les élytres sont souvent terminés en^pointes divergentes.
— Encycl. On connaît cinq ou six espèces de damasters ; toutes sont propres au Japon, vivent dans les forêts, au pied des arores, dans la mousse, et se nourrissent de mollusques. Les damasters sont noirs, violet sombre ou métallique terne; ils varient beaucoup.
DamaSTÈS de Sigée, historien grec (V s. av. J.-C). Contemporain d'Hérodote, il fut, au rapport de Suidas, disciple d'Hellanicos de Losbos. Il écrivit une histoire grecque, des généaloeies des héros de la guerre de Troie, im catalogue ethnographique, un traité Sur tes poètes ci les sophistes. 11 reste do lui quelques fragments, réunis dans les Historicorum grxcorum fragmenta de C. Mùlier.
DamASTÈS. Myth. gr. Nom du brigand surnommé Procroiistès ou Procuste.
Damastob. Myth. gr. Un des Titans qui escaladèrent le ciel. (,So trouvant sans armes, il saisit un des géants qu'Athéna venait de pétritier avec la tête de Méduse, et le lança contre les dieux.) — Un des Troyens qui périreut sous les coups de Patrocle.
DamatrION, femme do Sparte, célèbre par son patriotisme. iSon rils ayant pris la faite dans une bataille li%Tée par les Lacédéiuoniens aux Messéniens, elle le tua de ses propres mains.)
DAMATRIS n. m. Bot. Syn. de haplocarphe.
DAMAYANTIA {ina-yan-si — de Damayanti, n. raythol. de rindei n. f. lienro de mollusques gastéropodes pulmoués stylomniatophores, famille des limacidés, comprenant des limaces malaises, dont le manteau est converti en sac viscéral placé eu avant. (Les damayantia sont voisines des parmarion et des vitrinoidea; l'espèce type, damayantia dilecta, habite Bornéo.)
SaMAZAN, ch.-l. de cant. de Lot-et-Garonne, arrond. et à 22 kilom. de Nérac, sur le canal latéral à la Garonne, et non loin du fleuve; l.hZZ hab. Bastide ou ville régulière fondée en 1265 sous le nom de Castel-Comtal. — Le canton a 11 comm. et 7.779 hab.
Dambagh, petite ville d'Alsace-Lorraine, cercle de Schlestadt, située au pied des Vosges; 2.820 hab. La plus importante région viticole de la Basse-Alsace. Dambach fut conquise et annexée à ses possessions par l'évéque de Strasbourg, Berthold de Teck, en 1227. En 1444, les Armagnacs, sous la conduite du Dauphin (Louis XI), l'assiégèrent, et le Dauphin y fut blessé au genou par une flèche. En 1870, elle faisait jpartie du département du Bas-Rhin, arr. de Schlestadt. Dambach est très curieuse au point de vue archéologique, ayant gardé intacts, depuis le moyen âge, ses remparts, ses fossés, ses tours et de très nombreuses maisons en bois sculpté, à encorbellements et à larges galeries de bois.
DAMBONITE U. f. Chim. V. inosite.
Damborszitz ou DAMBORSCHUTZ, bourg d'Austro-Hongrie (Moravie); 2.000 hab. Fabrique de potasse.
DAMBOSE n. f. Chim. V. inosite.
Dahbournet (Louis-Auguste), chimiste et naturaliste français, néet mortàRouen(1722-179ô).Il se livra, sur la botanique et la chimie, à des expériences et à des travaux aux- (|uels ces deux sciences durent de précieuses découvertes. J.e premier, en 1748, il songea à acclimater la garance dans son pays, et la cultiva en grand dans les plaines d'Oissel. Il eut aussi l'idée d'employer les racines fraîches pour la teinture; il parvint à tixer solidement sur le fil de lin la teinture rouge des Indes. Mais, ce qui a surtout rendu son nom célèbre, co sont ses persistantes reclierches sur les couleurs qu'on peut tirer des végétaux indigènes de France : en moins de six ans, il on obtint plus de douze cents nuances solides sur laine. Ces résultats sont consignés dans un ouvrage imprimé aux frais de l'Etat (1783). Une pension de l.OOO livres fut accordée en 1783 à Dambourney, qui était devenu, en 1761, secrétaire do l'académie de Rouen. C'est à Oissel, où il avait créé un laboratoire, que Dambourney fit toutes SCS expériences de teinture, aidé des conseils de son ami Delafollie. Ses principaux écrits sont : lé Coup d'œil purin, poème burlesque en patois normand (Rouen, 1774) ; Becueil de procédés et d'expériences sur les teintures solides que nos végétaux indigènes communiqué!} t aux laines et lainages fl786); Instruction sur la culture de la garance (1788); Histoire des plantes qui servent à la teinture (1792).
DaMBRAY (Charles-Henri, vicomte), magistrat et homme politique français, né à Rouen en 1760, mort à Dieppe en 1829, devint avocat général d'abord à la Cour dos aides (i779), puis au parlement de Paris (1788). Quand la Révolution survint, il se retira dans ses terres, n'y fut pas in(|uiété, et vécut dans uno retraite dont il ne sortit qu'un instant en 1797, pour être député do la Seine au conseil des Cinq-Cents, Sa fortune politique commença à la Restauration. Nommé par Louis XVÏII chancelier de Franco, président do la Chambre des pairs et garde des sceaux, il perdit cette dernière charge après les Cent- Jours. mais conserva les deux premières jusqu'à sa mort. Comme président de la Chambre des pairs, il dirigea les débats relatifs au procès du maréchal rs'ey. Il se fit remar- (lucr. sinon par sa supériorité intellectuelle, du moins par 1 honn'"-icté Je son caractère et la modération de son esprit.
Dambrowski (Samuel), théologien luthérien polonais, né en Liihuanir; en 1577, mort en JG25. Il étudia la théologie dans diverses universités d'Allemagne, et fut nommé, 00 1601, pasteur do la commune réformée de Posen. Kn 161S, \i:n difficultés suscitées dans cette ville aux dissidoaus le forcèrent à se retirer à Wilna. Les écrivains luthériens du temps louent le savoir et l'éloquonco de Dambrowski. Son ïiecueil de sermons (Thorn, 1621) est une mino dans laquelle ont longtemps puisé les théologiens proieitanis polonais.
DAMCKE(Berthold\ musicien allemand, né à Hanovre en 1812, mort à Paris en 1875. Il se fixa à Paris et fut l'exécuteur testameniaire de Berlioz. On connaît de cet artiste : Catherine de Heilbronn, opéra, représentée K6nigsberg en 1845; Deborah, oratorio exécuté à Kreuzenach ; des chœurs pour le Faust de Gœthe ; uue ouverture pour un drame de Shakspeare ; un oratorio de Noël ; le 32* Psaume; des lieder; des chœurs à quatre voix d hommes, et de nombreuses compositions pour le piano.
DAME (du lat. domina, souveraine et maîtresse de maison; d'où sont encore sortis l'ital. dojina et l'espagn. doua) n. f.Autref. Femme d'un seigneurou d'un chevalier; femme noble possédant uu fief: Ba! dame, dit le roy à la royne. j'aimasse trop mieux que vous fussiez autre part qve ry. (Froissart.) il Femme noble à laquelle un chevalier consacrait des soins et faisait hommage de ses exploits : Combattre, Mourir pour sa damk. Porter les couleurs de sa dame.
— Par anal. Femme à laquelle on offre ses hommages et son amour : Jurer fidélité à sa dame, ii Femme mariée de certaines villes ou certains Etats anciens : D'ne dame romaine. Une dame carthaginoise, il Titre honorifique donné aux femmes de distinction : Grande dame. Haute dame
Il Titre que portent aujourd'hui toutes les femmes mariées : Les jeunes filles n'aspirent qu'à devenir des damics. (Rem. Ccst une incorrection de dire sa dame pour sa femme. On doit dire : Il part, il vient, etc., avec sa femme et non avec sa dame.) Il Maîtresse de la maison : Les domestiques sont seuls, la dame est sortie, il Nom sous lequel on désigne toutes les personnes du sexe féminin :
Rien ne pèse tant qu'un secret; Le porter loin est difficile aux dames. La Fontaine.
— Fam. Espèce do titre qu'on joint au nom de baptême des femmes de la campagne. (S'est dit à une époque mémo où le titre de ■< dame » était réserve aux femmes nobles : Dame Nicole. Dame Françoise.)
— Par plaisant. Femelle d'un animal ; animal ou objet inanimé dont le nom est du genre féminin ; personnification, sous un nom féminin, d'un être métaphysique : Dame fourmi. Dame inargot (la pie). Dame justice.
— Agric. Mettre en petites dames. Dans le département de l'Isère, Dresser debout les gerbes qu'on a attachées avec un lien de paille, près des têtes, en ayant soin de les laisser écartées du pied.
— Bot. V. belle-dame, bonne-dame, dame d'onze
HEURES, DAME-HONTEUSE, DAME-NUE, CtC.
— Entom. V. belle-dame.
— Fortif. Nom donné à une sorte de massif en maçon- Dorie, légèrement tronconique, construit sur la crête des I)atardeaux établis dans les fossés d'un ouvrage, pour empêcher de pénétrer dans celui-ci en marchant sur cette crête. (La dame doit avoir un diamètre égal à l'épaisseur du batardcau et d'au moins i mètre à 1°,50 pour qu'on ne puisse pas la franchir en l'entourant des deux bras. Sa hauteur est de 2 mètres à 2"", 50). w Dame de mine. Monceau de terre resté debout au milieu de plusieurs fourneaux qui ont sauté d'un même coup.
— Hist. Dames de France, Filles du roi de France. Il Dames d'honneur. Dames de la cour ou du palais. Premières dames de la suite des souverainesetdes princesses de la cour, il Dame d'atours. Celle qui préside au choix des parures et des toilettes des princesses. Ii Dame du lit, Celle qui assistait au coucher et au lever de la reine.
Il Dame de lingerie. Celle qui préside à la lingerie dans une maison royale ou priocière. n Dame à carreau. Celle qui avait a l'église un carreau de velours.
— Hist. monast. Titre que portaient les religieuses d'abbayes, et particulièrement les chanoiuesses : Les dames de Chellcs. Les DAMES de Fonlevrault. \\ Aujourd'hui, ce titre se donne aux religieuses engéncral : /.es dames rf" Sacré-Cœur.
Il Darnes de c/urur. Nom donné aux religieuses qui ont place dans le chœur, par opposition aux novices et aux sœurs converses, qui siègent dans les bas côtés, ii Pauvre dame, Nom donné aux clarîsses ou religieuses de Sainte-Claire.
— Ichtyol. Nom vulgaire de la sciène ombre.
— Jeux. Nom de la seconde figure des cartes françaises, qui représente une femme : Brelan de dames. La dame de cœur se nomme Judith, la dame de carreau Itachel, la dame de pique Pallas, et la dame de trèfle Argine. (On dît aussi, quelquo-
fois, REINE,
i quatre t
parce que toutes ces figures portent uno couronne.) — Fam. Cultiver, Courtiser, Taquiner la dame de pique. Aimer les cartes, le jeu. Il Aux échecs. Seconde grande pièce du jeu. (On l'appelle aussi reine, parce qu'elle représentait primitivement une reine : Fou de la dame, Cavalier de la dame. Tour de la dame.) Il Chacune des cases alternativement blanches et noires qui forment la première rangée du côté de chaque joueur. — Mener tai pion à dame. Se dit du joueur qui conduit un de ses pions sur une de ces cases, dans le jeu de son adversaire, il Au trictrac. Nom des disques dont on se sert pour jouer, et que l'on appelle aussi tables. — Dame découverte, Dame placée seule sur uno flèche. — Dame couverte, Dame qui en porte une seconde. — Dames accouplées, Dames placées l'une sur l'autre. —Dame aventurée. Dame qu'on avance toute seule, et qu'on ne pense pas pouvoir couvrir promptement. — Dame passée, Dame qui ne peut plus servir à faire le plein, parce qu'elle so trouve au dcUi des flèches vides, et aussi , au jan de retour et au petit jau, Dame qui pont passer dans les tables do l'adversaire. — Dame .^wnuinéraire. Se dit de la troisième dame placée sur une case déjà faite. — iJamc touchée, darne jouée. Règle d'après lacjuelle le joueur qui a mis la main sur une dame est obligé de la jouer, si, en la touchant, il n'a dit : <■ J'adoube. » — Sortir les darnes, Au jan de retour. Les tirer liors du trictrac. — Lever les dajnes, S'en aller, remettre les dames en piles. Il Z^dm*'.? rabattues, Sorte de jeu difl'érent du trictrac, et qu'on joue avec les mêmes pièces, n Au jeu dit jeu de dames. Nom de disques semblables à ceux du trictrac, et que l'on appelle aussi pions, n Pion qui est arrivé à la dernière ligne du damier, c'est-à-diro à la première do l'adversaire. i| Anjou de ligues, Coiirse pour lus ^/anjc5. Première course, qui necon«ourt pas au prix. — Se dit de même, à phi.sieurs autres jeux, pour exprimer un premier coup qui ne compte pas dans la partie.
— Mar. Appareil ou instrument destiné à servir do point d'appui à l'aviron pendant la nage et consistant, soit en un évidement du bordage, ordinairement garni de cuivre, soit en la réunion de doux tolets entre lesquels se place l'aviron ; soit en un seul tolet portant une estrope dans lequel passe 1 aviron; soit en unesorte de fourche faisant corps avec un tolet qui lui sert de litige, et dans laf|uelle repose l'aviron, n Nom donné aussi à un tam-
Dames (mar.).
pon de bois qui sert à boucher la dame quand celle-ci ccnsiste en un évidement du bordage, et lorsque l'aviron en est retiré, il La principale des bittes latérales du guindeau, appelée aussi petite-bitte, ii Nom de deux chevilles de fer plantées sur 1 arrière d'une embarcation, de chaque côté d'un grelin, pour le fixer.
— Métall. Petit mur incliné et ordinairement recouvert d'une plaque de foute qui forme la partie antérieure du creuset d'un fourneau, et par-dessus lequel les laitiers s'écoulent : La face opposée à la dame se nomme rustine (Debette.) n Plaque de fonte sur laquelle s'écoulent les laitiers.
— Ornith. Nom vulgaire de plusieurs oiseaux, tels que l'efl'raio, la mésange à longue queue, le grèbe huppé, la pie, la hulotte, le couroucou, etc.
— P. et chauss. Nom donné à de petits cônes qu'on laisse intacts dans les fouilles, pour servir de point de repère dans le métrage des travaux, u Nom donné à des digues pratiquées de distance en distance dans les canaux que l'on creuse, pour se réserver de l'eau et protéger les ouvriers contre les submersions.
— Relig. Notre-Dame, Titre de la Vierge Marie : Fêtes de Notre-Dame. Office de Notre-Dame. Notee-Dame de Don-Secows. Il Nom dos églises qui lui sont dédiées : Notre-Dame de Pa7'is. Notri>Damb de Lorette.
— Superst. Dames blanches. Nom d'êtres surnaturels que les Allemands et les Ecossais croyaient attachés à. la destinée de certaines familles.
— Techn. Espèce de pilon. V. demoiselle, hie.
— Loc. div. : Dame de compagnie, Femme qu'une dame ou un homme âgé prennent chez eux, moyennant rétribution, pour se créer une société, ou pour faire les honneurs de leur maison, il Dame de comptoir, Personne chargée de la caisse et de la vente dans certaines maisons de commerce. Il Dame de lettres. Femme écrivain. (On dit plue, ordinairement ficmme de lettres.) ii Dame de charité. Femme faisant partie d'une association de bienfaisance et désignée pour recueillir les aumônes destinées aux familles nécessiteuses. (On disait autrefois Dame de paroisse.) Il Lkime patronnesse, Femme qui soutient de son nom, de son action et parfois aussi de ses deniers une œuvre de bienfaisance : Les dames patronnesses de la crèche, il Dames de la halle. Nom sous lequel on désigne la corporation des marchandes de la halle, il Dame galante. Femme légère, de mœurs équivoques, ii Faire la dame, la grande dame, So donner des airs d'importance; affecter des manières de femme de haut rang. (On dit dans le même sens, en parlant des petites filles : Jouer à la dame, à la grande darne.)
— Prov. anc. : Vides chambres font dames folles, Le besoin, la gêne au logis font commettre aux femmes ries folies, des fautes.
— Adjectiv. Astrol. Se disait de chacune des planètes dominantes dont le nom est féminin.
— Encycl. Mœurs et coût. Au xvr siècle, le titre do dame était donné aux femmes de haut rang, et à celles de la plus basse condition, tandis que celles de la classe moyenne étaient appelées demoiselles. Nous voyons ainsi (juc la femme de P. Corneille s'appelait encore «^ mademoiselle Corneille ".
Depuis le règne d'Anne do Bretagne, les reines de France eurent, spécialement attachées à leur personne, un certain nombre de femmes nobles qui reçurent les noms de dames de la maison de la reine, dames d'honneur, dames du palais, dames d'atour. Elles recevaient des pensions et émoluments sur le trésor du roi. Leur influence dans les affaires de la cour et même de l'Etat et du gouvernement fut souvent importante, et trop souvent funeste. Leurs fonctions et prérogatives étaient réglées do la manière la plus minutieuse et donnaient lieu à bien des rivalités et jalousies entre femmes des plus illustres familles.
Sous l'ancien régime, les abbesses étaient également appelées " dames ", avec le titre de leur abbaye. Ainsi, Mario de Rochechouart, abbesse de Fontevrauît, était la " dame de Fontevrauît ». Le même litre était donné aux religieuses professes d'une abbaye. On disait les Dames de Longchamp et on appelait le For aux Dames une juridiction dont le siège était près du grand Châlelet et qui dépendait des religieuses de Montmartre.
Dans un tout autre ordre d'idées, le titre de " dame des filles de joye » était donné, au xvi" siècle, à la surintendante des courtisanes qui suivaient la cour.
— Jeux. Le jeu de dames, le seul usitjé eu France, se joue à deux, sur un damier composé de cent cases blanchet: et noires. {V. damier.) Chaque joueur a vingt pions, de couleur blanche pour l'un, et de couleur noiro pour l'autre. Il est d'usage de placer les pions sur les cases noires. Quand les pions sont en place, il reste entre chaque joueur deux rangs de cases vides sur lesquels se jouent les premiers coups.
Le jeu consiste à s'emparer de tous les pions de son adversaire. Pour obtenir ce résultat, les joueurs poussent tour à tour un de leurs pions en avant et diagoualemeni, soit à droite, soit k gauche. Tant qu'il n'y a rien à prendre, le pion joué ne peut faire qu'un pas à la fois, c'est-à-dire passer d'une case noire sur la case noire vide contiguë à la sienne. Si, au contraire, il doit prendre, il peut faire deux, trois pas et davantage, toujours d'une case noire sur uno case do même Couleur; il peut aussi marcher en arrière. Or, pour qu'un pion puisse prendre, il faut qu'il ait devant lui un pion ennemi, et que derrière ce pion eniioini se trouve une case noire vide. Si, au lieu d'uu seul pion ennemi isolé, il y en a plusieurs à la file et séparés entre eux par une case vide, le pion preneur passe successivement sur chacun d'eux, et va s'arrêter sur la dernière case vide. Dans tous les cas, quand le pion pro-
nour il terminé sa course, lo joueur à (|ui il appartient rainasse tous los pions par-dessus lei>(|Uols il a passé, co iju'il no pont fairo qu'alors. En oxéoutant sos voyages, il arrivo souvent qu'au pion travorso tout lo daniior, ot va so fixer sur uno dos cases do la première ligue horizontale du iou de l'adversaire ; c'est co qu'on appelle » aller à dame " . Tout pion qui s'arrête sur uno do ces cases se nomme « damo a ; ou le couvro d'un second pion do mAme couleur. Los dames procurent do grands avantages à celui qui les possède; elles marchent, mais toujours diagonalemont, en arriére aussi bien qu'on avant, à droite comme à gaucho, et, on faisant dos prises, oUes s'omparont do tous les pions ot do toutes los danios qui sont sur leur passage, H quelque distance qu' ils se trouvent, Irauchissaiit ainsi plusieurs cases à la fois, pourvvi qu'elles soient vides.
La partie est gagnoo par celui dos doux joueurs qui réussit lo iiromier à s'emparor do tous les pions et de toutes les dames do son adversaire.
DAMEt intorj. Sorte d'exclamation aflirmative, dont on so sort aussi pour exprimer rôtonuemcnt, ot que quelques auteurs écrivent dam.
Dame aux camélias (la), roman d'Alexandre Dumas fils (1848). — Marguerite Gautier, surnommée la Dame aux cnmiHins, vit dans lo tourbillon des bals, dos soupers et dos plaisirs. Mais, si elle a eu bien des amants, elle n'a jamais connu l'amour. Elle rencontro un jeune homme "l)on, loyal et candide, Armand Duval. Co qu'elle lui demande, ce n'est ni lo plaisir, ni la fortune, c'est sou cœur même. Il lo lui donne. Les deux amants so retirent donc dans un frais cottage, où ils oublient le passé. Leur bonheur est troublé par l'arrivée du père d'Armand, lionnèto proviucial, grand faiseur de sermons, qui conjure Marguerite do lui rendre son fils. Elle résiste d'abord, puis, devant l'insistance du vieillard, l'ancienne courtisane rachôtesou
Fasse par le plus douloureux des sacrifices. Elle annonce à aimé, dans un billet, qu'elle vient d'accueillir favorablement les propositions d'un certain marquis qu'elle repoussait jadis. Armand s'éloigne, le cœur gonflé d'iudignation, de mépris, et Marguerite languit dans la solitude, pleurant sou bonheur perdu. Peu à pou ses joues se creusent; bientôt elle ne peut plus se lover. Par surcroit, la misère vient s'asseoir à son chevet... Le père d'Armand, touché de tant de douleurs, écrit à son fils une lettre de pardon. Armand revient en toute hâte. Mais il est trop tard ; il n'arrive que pour recevoir, dans un baiser suprême, l'âme de celle qu'il a tant aimée.
Ce roman, a-t-on dit, est une histoire vraie. Quoi qui! en soit, il attache par la vraisemblance de la fable, il séduit par le rapide enchaiueraeut des épisodes, rendus en un stylo sobre et ardent. Ou a fait à l'auteur le reproche de soutenir une théorie fausse, dangereuse pour lotion ordre do la société : celle de la régénération des femmes perdues par l'amour des honnêtes gens. Mais l'invention ne lui en revient pas, la thèse étant déjà bien ancienne. En la reprenant, il a su émouvoir jusqu aux larmes ; il ne se proposa vraisemblablement pas d'autre but : il semble, dès lors, qu'on n'ait plus qu'à le féliciter. — De son roman, Dumas fils tira plus tard un drame en cinq actes (Vaudeville, 1852), qui obtint un succès immense.
En résumé, la Dame aiu; camélias n'est pas, il s'en faut, la meilleure des œuvres de Dumas fils ; mais c'est do beaucoup la plus populaire, c'est elle qui lui ouvrit le chemin de la gloire.
Dame avant tout (ma) [en espagn. Antes que todo es mi dama], comédie de Calderon, pleme de ces imbroglios galants de l'ancien théâtre espagnol. — Un jeune cavalier, fraîchement débarqué à Madrid, tombe éperdumont amoureux d'une dame dont le père est amené à penser que ce jeune homme est un prétendant déjà annoncé pour la main do sa fille, et qu'il attendait de jour en jour. Ce prétendant est lui-même engagé dans une autre intrigue; do là dos méprises, des confusions sur les(|uelles roule toute la pièce. Celle-ci doit son titre à cette idée chevaloresquo, que, toutes les fois qu'il y a eu jeu l'honneur d'une femme ou la sécurité d'un ami, l'ami doit être abandonné pour sauver la femme ; la dame avant tout.
Dame blaiiclie(LA}. Une légende populaire qui a cours en pavs allemand, à Berlin, Anspach, Bayreutn, Clèves, jusqu en Bohême, prétend qu'une femme, habillée do blanc {die uieisse Fraii), mascjnée et gantée de noir, apparaît à minuit ot parfois à midi. Cette apparition annonce, dit-on, à ceux qui on ont été témoins, la mort du chef de la famille ou d'un grand personnage. Elle eut lieu pour la première fois, en 1 i8G, à Plassenbourg, près de Bayreuth ; ou 1677, à Bayreuth mémo; on ifii2, dans le même lieu, on lu'ésenco de Napoléon à son départ pour la campagne do Russie, et, plus tard, en 18io et 1850. L'apparition aurait annoncé, on 1888, la mort do l'empereur d'Allemagne (Tuillaunio I". Cotte légondo so retrouve avec dos variantes dans d'autres pays; par exemple, dans los pays Scandinaves, en Ecosse et au Monténégro.
Dame blanche (l.a), opéra-comique on trois actes,
Faroles do Scribe, musique de Boieldieu, représenté à Opéra-Comique lo 10 décembre i825.C'ostrun des ouvrages los plus justement célèbres du réportoiro do ce théâtre.
Scribe en a puisé lo sujet légonaaire ot semi-fantastique dans deux romans do Walter Scott, te Monastère et ôuy Mannerimi. Un jeune oflîcior, George Brown, arrive chez le fermier Dickson au moment où celui-ci et sa femme s'occupent du baptême de leur enfant. George remplace lo parrain absent. Entre temps on lui apprend quo le château d'Avenol, domaine des comtes dont lo dernier héritier a disparu sans ([uo l'on sache comment, va être mis en vente par l'intendant Gaveston, qui compte, avec co qu'il a volé à sos maîtres, le racheter et devenir ainsi lo soigneur du village. Mais tous les paysans veulent so cotiser pour faire tête à GavoBton, qu'ils détestent, et acquérir le château, aliu do le rendre jilns tard à son véritable propriétaire, qu'ils espèrent revoir un jour. D'ailleurs, do graves événements se préparent, car on a vu la Damo blanche so promener sur los tourelles. La Damo blanche, c'est la protectrice de la famille d'Avenol, qui no so montre que dans dos circonstances exceptionnelles.
George veut faire connaissance avec la Damo blanche. Il va demander à Gaveston la permission do passer la unit nw «diâtiîau, qui sera vendu lo lendemain. Au milieu de la nuit, la Dame blanche apparaît âGeorgo; elle lui ordonne d'assister à la vente, d'y prendre part, et d'enchérir sur Gaveston jusqu'à ciw|ue celui-ci abandoniuOu p;irtie. A la vente, les paysans font tous leurs ofi'orts pour arracher su proie & QavostoD, mais ODtlo ils sont obligés do reculer.
C'est alors que George entre en scène, enchérit à son tour jus(|u'à co ([ue Gaveston s'avoue vaincu.
Lo troisième acte amène lo dénouement. La Dame blanclio n'est autre que la jeune Anna, pupille do la dernière duchesse d'Avenol, qui savait qu'un trésor était caclié dans le château sans connaître l'endroit, ot qui a fini par le découvrir. Et l'on apprend, d'autre part, quo George, qui ne se connaissait pas do famillo, n'est autre queJuUon d'Avenol, légitime propriétaire du domaine, enlevé dés ses plus jeunes années mystérieusement, et (|ui rentre dans ses biens ot dans son titre. Tout finit par l'uniion de George ot do colle qui lui a rendu sa fortune et son nom.
Sur co livret Boieldieu a écrit un chef-d'œuvre, une musique pleine de grâce, de couleur, de poésie. 11 faudrait tout citer dans cotte partition : au premier acte, lo chœur des montagnards : Sonnez, cors et musettes ! l'air d'entrée de George : Ah! quel plaisir d'être soldat ! la ballade de la Dame nlanche, lo duo do la pour et la scène de l'orage ; au second, los couplets de la vieille Marguerite, la cavaline de George : Viens, gentille daine, son duo avec Anna et la scène épique de la vente, (j^ui à elle seule constitue uu chef-d'œuvre ; enfin, au troisième, le chœur : Chantez, joi/enx ménestrel, et toute la scène des souvenirs d'enfance do George et de sa recoimaissanco.
Dame-Blancbe (ordre de la\ véritable ordre de chevalerie, où l'on s'efi'orça de faire revivre les traditions de l'âge héroïque et chevaleresque, fondé â la fin du xiV siècle par le maréchal de Boucicaut, pour la défense des dames et damoiselles « qui estoyent oppressées et travaillées d'aucuns puissants hommes, qui par leur force et puissance les vouloient déshériter de leurs terres, de leurs avoirs et de leurs honneurs, et avoient aucunes déshéritées de faict «.Il y avait treize chevaliers, qui, pour signe de reconnaissance, devaient porter au bras une " targe d'or esmaillée de vert, à tout une damo blanche dedans >'. Les intentions généreuses des fondateurs no purent malheureusement être réalisées d'une manière effective. Le temps de la chevalerie était pjissé.
Dame de Bourbon (la). Littér. Y. Flamenca.
Dame de Montsoreau (la). V. montsoreau [dajne de).
Dame de pique la), opêra-comique en trois actes, paroles de i^ciibe, musique d'Halévy, représenté à l'Opéra- Comique le 2S décembre 1850. Lo sujet est emprunté à uno curieuse nouvelle du célèbre poète russe PouschUine ; la partition, si elle ne compte pas parmi les meilleures d'Halévy, est loin pourtant d'être sans valeur, et l'on y rencontre nombre do jolis morceaux, entre autres un finale très dramatique, un bel air de basse, de charmants couplets de soprano et des chœurs caractéristiques. La Dame de pique n'obtint pourtant qu'un demi-succès.
Dame de pique (la), opéra russe en trois actes, paroles de Modes Tschaïkowsky, musique de son frère Pierre Tschaïkowsky, représenté au théâtre Marie, de Saint- Pétersbourg, en novembre ISi'O. L'action est empruntée, comme celle du précé*ient, à la nouvelle do Pouschkine ; elle est un peu poussée au noir, et la musique s'en ressent. Elle n'en est pas moins fort remar(|uable, et se distingue par la fertilité et l'originalité do l'inspiration, aussi bien quo par la rare élégance de la forme.
Dam.6 du lac (la), nom d'un roman ot d'un personnage appartenantau cycle de la Table ronde. — La Dame du lac, appelée aussi Viviane, est uno fée (pio los conteurs firent intervenir dans l'histoire de Merlin ot do Lancelot. Aimée du premier, elle sut, par ses artifices, lui arracher un à un les secrets de ses enchantemenls et se servit do ces armes pour l'enfermer â tout jamais dans une grotte de la périlleuse forêt de Damantes, selon les uns, dans sa demeure, palais superbe entouré d'une haie magique et infranchissable, selon los autres. C'est là quo Merlin resta ignoré des hommes jusqu'au jour où Arthur envo^'a à sa recherche un chevalier dont la qnête n'eut d'autre succès «(ue d'obtenir du fameux enchanteur l'aveu du sort quo lui faisait Viviane.
La Dame du lac joue également un rôle dans lo roman do Lancelot. Elle emporto ce dernier tout jeune encore, après la mort du roi Ban, son père, dans le lac où so trouve sa demeure, et qui n'a, d'ailleurs, d'un lac que les apparences. C'est une vasto forêt remplie do belles maisons, où elle élève Lancelot avec lo plus grand soin, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de dix-nuit ans. Alors, il se rend à la cour d'Arthur, ot accomplit les prouesses qui ont rendu son nom célèbre.
Dame du lac (la), poème do Walter Scott (isio). — La scène se passe dans le voisinage du lac Katrine, eu Iilcosso. Cotte pastorale a jfour sujet uno irruption de montagnards écossais dans los basses terres, où les nueiirs présentent lo contraste le plus saillant, où lo paysage oJfro ses plus belles lignes à la description, où le clan sauvage est si voisin do ta résidence de la {^our, que sos déprédations peuvent être rattachées sans invraisemblance aux aventures romanesques d'un roi déguisé, d'un lord exilé, d'une belle damo de haute naissance. La narration est très belle. Co poème ost supérieur aux autres œuvres poétiques de W. Scott par l'orit^inalité do la conception, la régularité et l'intérêt de la fable, et par la richesse du pittores<iuo. Il pèche par l'indécision de la couleur et par la fausseté do la peinture morale dos personnages : leurs sentiments et leurs actions sont d'une date moderne. Le grand succès du poèmo détermina, on fiuolque sorte, la carrière do W. S<:ott. On donna le'nom do la Dame du lac à dos robes, à dos coiffures, etc. Dos milliers do touristes visitèrent le lieu de la scène ; on montra aux curieux l'endroit où le cheval gris pommelé lie Jacques succomba de fatigue, l'arbre derrière lequel In prince so cacha pour observer la dame du lac, et la partie du rivage où la nacelle aborda pour la recevoir.
Dame du lac (la), opéra on quatre actes, représenté à rodéon le 31 octobre 1825. C'était une adaptation française de la Donna dcl Lago do Rossini, faite par Lomière de Corvev sur des paroles d'Epagny ot Auguste Rousseau. V. DO.NNA DEL LAGO (LA).
Dame-Revenant (la) [on osnagn. la Dama duende], remédie do Calderon, imitée en français par Douvillo et Mauterorhe, au xvir siècle, sous le titre do t'/Csprit follet. — Den^ frères, don Luis ot don Kenuuid, séquestrent dans son appartement leur sa>ur doua Angida, uno jeune ot cliarmante vouve. Elle trompe leur surveillance pour aller voir uno fête, est rencontrée par don l,uis, rpii, ne la reconnaissant pas sous se» voiles épais, tombe amoureux d'elle, pour routror chez elle, elle supplie uu iucouuu,