DÉBONNAIRE
— Ironiq. àfai'i débonnaire. Mari qui ferme les yeux sur les légèretés de sa femme.
— Substantiv. Personne débonnaire : Les historiens ont nomyné /e débonnaike celui qu'ils n'osaient nonuner le sot. (G. de Balz.)
— Anton. Cruel, dur, méchant, redoutable, terrible. DÉBONNAIREMENT (nâ-re-man) adv. Avec débonnai-
reté : Traiter dkbonnairement les vaincus, il Avec une patience empreinte de faiblesse : Subir i>êbonnairement le joug.
DÉBONNAIRETÉ {bo-nè) n. f. Bonté poussée jusqu'à la faiblesse.
— Syn. Débonnaireté, bénignité, bienfaisance, bienveillance, bonté, humanité. V. hëmgnitk.
DÉBONNETER [bû-ne-té — du préf. priv. dé, et do bonnet) V. a. Crever avec i'ongle le papier qui couvre l'amorce d'une fusée.
— V. n. Perdre le calice desséchéquiavait adhéré jusquelà, en parlant d'un fruit : Les raisins ont débonneté.
Se débonnetev, v. pr. Etre, devenir débonneté.
DÉBOQUETER [ke-lé — do la partie, dé, et de bosc, forme dialectale de bois) v. a. En parlant d'un pilotis, Déclouer et enlever les planches dont il était environné.
Se déboqiieter, v. pr. Etre déboqueté.
DÉBORAH (en hébr. abeille), prophétesse et juge d'Israël, qui vivait au xiii= siècle avant J.-C. Elle appartenait à la tribu d'Ephraïm ; son mari se nommait Lepidoth. Après la mort d'Aod, elle jugea le peuple de Dieu pendant quarante ans. <> Elle siégeait soub un palmier qui portait son nom, entre Rama et Béthol, dans la montagne d'Ephraïm, et les fils d'Israël montaient vers elle dans tous leurs procès. » {Jutjes, IV, V.) Par son ordre, le Nephtalien Barac fit appel aux honmies de bonne volonté de toutes les tribus, et, à la ti-te de dix raillo soldats, marcha contre Sisara, général de Jabin, roi des Cananéens. Les ennemis furent taillés en pièces et Sisara périt, tué par une femme nommée Jahel, auprès de qui il s'était réfugié. Déborah avait assisté à la victoire d'Israël : elle la célébra elle-même dans un cantique fameux. La beauté littéraire de ce poème est universellement admirée, li débute par la peinture do l'oppression d'Israël. Déborah chante ensuite le réveil do la nation, le combat et la victoire. Le tableau de la part de chaque tribu dans le mouvement national forme la conclusion.
Déborah, drame allemand, do Samuel Mosenthal, paru en 1850. — L'héroïne, qui est une figure allégorique du judaïsme, est abandonnée par son amant, qui l'a délaissée pour une chrétienne. Elle assiste avec sérénité au bonheur de cette nouvelle union, et elle finit par se retirer au milieu des siens. Déborah incarne le judaïsme comme une noble doctrine méconnue. Mais la trame n'est pas finie et le dénouement n'en est pas un. L'œuvre est plutôt uno série de tableaux poétiques que do scènes dramatiques. La représentation en est froide, mais la lecture attachante.
Déborah, oratorio, paroles de Humphreys, musique de Hœndel, exécuté à Londres, au Théâtre royal de Haymarkot, le I7 mars 1733. C'est l'un des chefs-d'œuvre du compositeur.
DÉBORD [bor' — subst. verbal de déborder) n. m. Pathol. Ecoulement considérable : Le rhume de cerveau donne lieu à un néiiORD pénible.
— Fig. Débordement : Les députés se laissent invinciblement t-n traîner au dkbord */*; l'esprit local. fCormen.) [Inus.]
— Monn. Partie de la pièce qui se trouve en dehors du cordon de la légende.
— Techn. Doublure qui dépasse l'étoffe et forme passepoil. Il Partie d'une route longée par un pavage, n Elévation du niveau des eaux d'une rivière, par suite d'une crue subite.
DÉBORDANT {dan), ANTE adj. Qui déborde, plein à l'excès : Oes vases nÉBORDANTS.
— t'ig. Qui no peut plus contenir son activité ou l'oxprossiun do s*:*s sentiments : Ileconnaissance déhordante.
DÉBORDEMENT {tnnn) n. m. Action de priver de son bord ou do sa bordure ; Le DÉBORnEMi;NT d'une robe. Il Saillio des bords ou de l'extrémité d'une chose sur les bords ou l'extrémité d'une autre chose. (Pou usité.)
— Déversement dos eaux d'un fleuve par-dessus ses bords : La Loire est sujette aux déborokmknts.
— Par oxt. Invasion, irruption : Le débordement des barbare* emporta l'empire romain.
— Fig. Expansion, invasion subito : Le nfinoRDEMENT des idées nouvelles. (Ijamart.) n Libertin^o excessif, débauche éhontéo. Il Profusion, explosion : Un débordement de paroles, d'injures, de louanges.
— Pathol. Dans lo langage vulgaire. Evacuation soudaine et abondante : Un débordement t/e ii7e.
DÉBORDEMENT adv. Sans retenue, sans frein : Se conduire i-tKiîoiujÉ-MKNT. (Inus.)
DÉBORDER fdu préf. nriv. dé, et do bord) v. a. Otor lo bord, la bordure, ce qui borde : Déboruuu un chapeau.
— Dépasser lo bord de : Pierre qui déborde le mur. Il Avoir son front plus étendu que celui des ennemis, en
parlant d'une troupe de soldats ou d'une escadre.
— Fig. Envahir complètement : La politique nous déborde, on la trouve partout. (Balz.) il Dépasser, surpasser, être plus grand que : La réalité déborde toujours nos conceptions. (B. Scherer.)
— Mar. Déborder un navire. Enlever les bordages. n Déborder une embarcation. Empêcher qu'elle frotte contre la carène d'un navire ou la pousser au large, il Déborder une voile, Empêcher la toile de se prendre quelque part pendant qu'on hisse la voile. Syn. do choqukr les ëcodti:?. (Peu usité.) Il Déborder les avirons : Les rentrer complètement eu dedans. Syn. de désarmer.
— Techn. Ecarter des bois do flottage du bord de la rivière, ii Faire subir à des peaux l'opération du palissonnage, consistant à les ouvrir et à les étaler, ii Couper avec le débordoir les bords irréguliors d'une table de plomb.
— V. n. Etre plein, au point que le liquide se déverse par-dessus les bords : Verre qui déborde, ii Couler, .=;e répandre par-dessus les bords : Fleuve qui dêbûrdr. ii ^'écouler en grande quantité : Bile qui nÊBOBDii. it Dépasser les objets environnants : Bourrelet de chair qni déborde.
— Par oxt. S'étendre au dehors : On a beau reculer les enceintes, Paris déborde toujours, w Faire irruption, n Sécarter du bord. En parlant des bois de flottage.
— Fig. S'échapper; ne pouvoir contenir l'expression de ses sentiments : Un ctrur plein d'un sentiment qui déborde aime à s'épancher. (J.-J. Rouss.) il Faire déborder le vase. Combler la mesure, pousser la patience à bout.
— Pop. et triv. Vomir.
— Mar. Se détacher d'un navire qu'on avait abordé, il S'en aller, s'éloigner : L'embarcation a déhouue du quai à deux hcu7-es. il Débordez ! Ordre à uno embarcation de pousser au large.
— Pnov. : Une goutte d'eau suffit pour faire déborder UQ vase plein, Quand la patience a été mise à une longue épreuve, un rieu suffit pour qu'elle échappe tout à coup.
Débordé, ée part. pass. du v. Déborder, ii Rogné, en parlant dune monnaie : Un louis débordé.
— Fig. Déchaîné : Toutes les passions débordées, h Dissolu, débauché, qui a dépassé les bornes do l'honnêteté, de la décence ; Une vie débordée.
— Sulistani.iv. Personne débordée, dissolue.
Se déborder, v. pr. Etre débordé, dans tous les sens de l'actif. Il Se répandre hors de ses bords : Le Nil se déborde et son débordement rend la terre fertile. (D'Ablanc.) II S'emporter, s'échapper : Se déborder en injures.
— Encycl. Milit. Déborder, c'est exécuter une manœuvre tactique ayant pour olyet d'étendre son front au delà d'une des ailes du front <le son adversaire, afin de menacer le flanc et même la ligne de retraite éventuelle de celui-ci. Cette maud'uvre est généralement d'un ort'et très puissant, mais on ne pont guère l'exécuter que si l'on dispose de forces numériquement supérieures ù celles do l'ennemi. Car, en s'étendant pour déborder la ligne opposée, on risque d'affaiblir sa propre ligne, qu'un adversaire entreprenant et hardi pourrait alors couper en deux. Pour empêcher l'effet de ce genre de manœuvre, quand on la prévoit, on cclielonno dos réserves en arrière do l'aile quo l'ennemi semble vouloir essayer de déborder.
DÉEORDEUR, EUSE n. et adj.
Celui, celle qui coupe la laine dos peaux d'agneaux.
DÉBORDOIR ((/o-ar)n.m.Outil __
du tonnelier et du plombier for- ^-«.-..^v....
mant une sorte do plane courbée, munie d'un manche a chacune des extrémités, il Bassin d'opticien, servant à façonner les verres de lunettes.
DÉBOSQUAGE {skaj') n. m. Transport hors d'uno forêt du bois coupé.
DÉBOSSELER [bo-.ie-lé — du préf. priv. dé, et de bosse. — Double la lettre / devant un e muet : Je débosselle. Tu débosselleras) v. a. Faire disparaître les bosses de : Débosseler un bassi7i de cuivre.
— Fani. Oter la bosse à : Génie bienfaisant qui débos- SEi.Li-; un pauvre homme.
Se débosseler, v. pr. Etre débosselé.
— Fam. S'uter la bosse.
DÉBOSSER {bo-sé — du préf. privât, dé, et do bosse) v. a. Mar. Démarrer, larguer les bosses frappées sur : Débosser un râble.
Se débosser, v. pr. Etre débossé.
DÉBOSSEUR (lio-sour) ou DÉBOSSOIR {bo-so-ar') [du préf. privât, dé. et de bosse] n. m. Cliir. Coin dont on se servait comme moyen de redressement du rachis, chez les bossus.
DÉBÔT ou DÉBOD. village do Nubie, sur la rive gauche du Nil, à 17 kil. au S. de Phike, avec un grand temple, fondé au milieu du m" siècle av. J.-C. par lo pharaon ôtliiopien Azekhamon, agrandi par Ptolémée Philométor, achevé par les empereurs Auguste et Tibère. A l'époque romaine, un camp y était établi pour la défense de l'Egypte : il est mentionné dans le nom do Parambolé, dans les documents du temps.
DÉBOTTÉ n. m. Syn. de débottrr n. m.
DÉBOTTER {ho-té ~ du préf. priv. dé, et de botte) v. a. Oter les bottes à : Débotter un cavalier.
— V. n. Quitter ses bottes : Se hâter de débotter.
— Substantiv. n. m. Action d'ôter ses bottes; moment où on les ôte. ii Moment de l'arrivée : Arrêter quelqu'un à son débotter.
— Fig. et fam. An débotter, A l'improviste, d'uno manière impromptu, sans préparatifs aucuns.
Se débotter, v. pr. Quitter ses bottes.
Debou, nom égyptien d'EnFou V. ce nom.
DÉBOUCHAGE {chaf} n. m. Action do déboucher des bouteilles, des flacons fermés avec des bouchons en liège ou en verre.
— Artill. Action de déboucher l'évent d'uno fusée.
DÉBOUCHÉ n. m. Issue, extrémité soudainement élargie d'un lieu resserré : Le déboucué d'un défilé, d'une rue.
— Fig. Perspective de position dans le monde, moyen d'arriver : /.c barreau est un riÉBoucnÉ considérable pour les jeunes f/ens qui ont fait des éludes secondaires. |i Expédient : Chercher hh débouché pour se tirer d'affaire. (Acad.)
— Comm. Lieu, place ou moyen d'écoulement do marchandises ou do services.
— Milit. Point où doit so présenter la tête d'une troupe venant prendre part à une action, n Débouché de sape. Opération qui consiste à faire passer une sujte à travers lo parapet d'uno trancliée déjà établie.
— P. et chauss. Débouché d'un pont, Distance entre ses culées. (Le mot débouché sert encore à désigner la capacité d'écoulement que possèdent certains travaux exécutés sur un cours d'eau et dont la présence contrarie plus ou moins le courant; tels sont les ponts, les barrages, etc.)
— Encycl. p. et chauss. La détermination du débouche d'un pont est de la plus haute importance. 11 doit être de dimension suffisante pour permettre l'écoulement des grands volumes d'eau qui peuvent se présenter; lorsque cotte dimension est trop petite, les eaux, atteignant la limite de vitesse à laquelle elles attaquent le fond, produisent des afi'ouillements, déracinent les points d'appui et renversent l'ouvrage ; si cotte dimension est trop grande, les oaux n'ayant plus une vitesse suffisante, il se forme des atterrissemcnts (lui peuvent faire prendre au courant une direction oblique, dangereuse à l'époque des grandes crues.
— Econ. polit. Toutes les fois qu'un besoin de produits, de capitaux, de travail, de services est né ou va naitro chez des individus qui, ])ar l'échange, peuvent ou pourront y satisfaire, on dit qu'un débouché est ouvert ou va s'ouvrir. Les besoins créent donc les débouchés.
Chaque perfectionnement apporté à la production : les inventions, l'emploi des machines, les progrès de la division du travail, les améliorations des moyens do transport, bref, tout ce f|ui abaisse lo prix des objets, jjIus particulièrement des objets de première nécessité, permet aux individus do satisfaire à des besoins auxquels ils n'avaient pu songer, et ainsi s'ouvrent de nouveaux débouchés. Il y a donc des débouchés à l'état latent, toujours prêts à absorber une quantité idus considérable des produits d'uno industrie déterminée, lo jour où le prix do ces produits s'abaissera. Toutefois, s'il est vrai qu'en principe, l'offre avec réduction do prix d'un produit tend à augmenter les débouchés de ce produit, cet accroissement n'est pas nécessairement jiroportionnel à une production illimitée : en ne tenant pas compte do ce fait, on provoque des crises do surproduction et l'engorgement des débouchés.
DÉBOUCHEMENT hnan) n. m. Action de déboucher : Le débouchemknt d'un flacon, d'un tuyau, d'an canal, il On
dit aussi DÉBOUCUAGE.
— Débouché, issue d'un lieu serré : Le débouchement d'une vallée. (Inusité.)
— Fig. Débouché, placement, moyen d'écouler: Trouver un débouchement pour des billets. (Inus.) [Dans l'un et l'autre cas, on dira mieux débouché.]
DÉBOUCHER (du préf. priv. dé, et de boucher) v. a. Oter le bouchon do : Déboucher une bouteille, un tunneau. \\ Ouvrir, en parlant d'un objet précédemment condamné, obstrué : DÉBOUCHER une rue, une porte, une fenêtre.
— Fig. et fam. Eclairer, rendre apte à saisir, à comprendre; ouvrir l'esprit de : Débûucuer un enfant, l'intelligence d'un enfant.
— Fam. Faire cesser la constipation de : Déboucher un malade.
— Artill. Déboucher l'évent d'une fusée. Percer la fusée d'un obus à un endroit déterminé suivant la distance ou la hauteur où doit éclater l'obus. (Autref., cette opération consistait à enlever lo bouchon qui fermait Vévejit.)
-^ V. n. Passer d'un lieu relativement étroit dans un plus large : Di':- BOvcREB. d'un bois, n Avoir son embouchure, son issue : Le lihône DÉBoncuii dans la MéditeiTanée.
— Substantiv. n. m. Syn. de débouché.
Se déboucher, v. pr. Etre, devenir débouclié.
DÉBOUCHEUR n. m. Individu qui débouche : Jly a des déboucheurs de pertuis dans les rivières.
DÉBOUCHOIR (cAo-«7'') n. m. Techn.
Instrument qui sert à déboucher.
Il Instrument do lapidaire, servant à repousser une queue do coquille cassée, il Bâton en pointe pour dégager le soc do la charrue, quand il est chargé de terre.
— Artill. Pointe, pince on appareil servant à pratiquer une ouverture dans le canal porte-feu do la fusée à double effet.
— Encycl. Artill. Le débone/io/r était jadis une simple lanu' d'acier, fixée dans un manclie en bois. C'est devenu, en 1S81, une pince-débouchoir, dont les deux branches étaient réunies à. charnière comme celles d'un compas : l'une portant une entaille où s'emboîtait la fusée, l'autre une courte lamo d'acier susceptible d'entamer le chapeau de cette fusée et de percer ensuite le tube en plomb contenant la composition fusante.
Ce débouchoir a été lui-même remplacé par nu instrument automatique, qui, outre l'avantage do mieux assurer l'opération du débouchago eu la rendant plus rapide, a celui d'empêcher, de la part du canonnier qui l'exécute, toute crreu doit
Débouchoir.
Débouchoir automatique :
A, manchons dans lostjupls
on place les projcoliles ;