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DICTE — DICTIONNAIRE

— Enctcl. Antiq. rom. Le gouvernement de Rome était un gouvernement parlementaire. Mais les Romains avaient compris qu'en certains moments diiticiles, il était bon de concentrer tous les pouvoirs entre les mains d'un dictateur, ayant mission de rétablir l'ordre ou de tirer la république d'un péril extérieur. Grâce à l'institution régulière de la dictature, le peuple romain profita des avantages du pouvoir personnel sans compromettre la liberté. Un sénaus-consuîte proclamait la nécessité détablir la dictature, puis le consul, s'il le jugeait à propos, choisissait un dictateur. En l'absence du consul, le peuple nommait un tp7-odictat€ur. Un tribun militaire pouvait également suppléer au consul absent. Mais les dictatures de Sylla et do César, proclamées, l'une par un interrex. l'autre par un pr.^/eMr, furent illégales; le nom seul, d'ailleurs, leur était commun avec la véritable dictature républicaine. Lps tribuns ne pouvaient s'opposer à la nomination d'un dictateur. Les patriciens purent seuls, à l'origine, étj'e dictateurs ; plus tard, les plébéiens eurent accès à cette magistrature. La durée en était de six mois et ne fut jamais dépassée. Souvent, le dictateur abdiqua avant l'expiration de ce délai. Le dictateur prenait, aussitôt nommé, les auspices, et entrait en charge immédiatement. Il s'adjoignait un maître de la cavalerie, qui était son lieutenant. Il était maître absolu, sauf en ce qui concerne le trésor public (êerariumy, auquel il ne pouvait toucher sans l'assentiment du sénat. C'était la seule limitation de son pouvoir. Le pouvoir de tous les autres magistrats était suspendu, mais non abrogé. Ils le reprenaient de droit, quand le dictateur cessait ses fonctions. Enfin, le dictateur était irresponsable, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas contre lui de recours au peuple (proroc(if/o), sauf, peut-être, en cas de sentence capitale à partir de 479 av. J.-C. {lex Valeria Horatîa), et qu'on ne pouvait lui demander compte de ses actes quand il était sorti de charge. Il n'était justiciable que d'un blâme des censeurs. Les tribuns tentèrent, d'ailleurs, plus d'une fois d'user de leurs prérog:atives à rencontre du dictateur. Le pouvoir dictatorial était, en principe, limité à l'Italie. Il V eut, à Rome, 88 dictateurs jusqu'à l'établissement de l'empire, qui les rendit inutiles.

On appelait aussi dictature une magistrature toute temporaire, créée en vue d'un acte spécial, par exemple de planter un clou dans la paroi du temple do Jupiter en temps de calamité, de présider certains jeux, etc. Ces dictateurs n'étaient irresponsables que pour l'acte précis qui leurétait désigné. Enfin, certaines villes de la Confédération latine avaient à leur tête des dictateurs qui exerçaient successivement le pouvoir royal.

— Temps mod. La dictature apparut aux heures des grandes convulsions nationales. En Angleterre, elle s'appela Cromwell ; en France, comité de Salut public. Directoire, Bonaparte, Cavaignac. Gambetta considérait que la réaction l'outrageait quand elle l'appelait « le dictateur de Tours et de Bordeaux ».

Dictatus papae {Ordonnances du. pape). Le recueil qui

Sorte ce titre a été inséré dans le Iter/istre des Actes de régoire VII. Il contient la doctrine de la suprématie du pape sur les princes séculiers. Son authenticité est discutée.

Dicte MonS ou Digt^US Mons, ancien nom d'un rocher de l'ile de Crète, sur la côte orientale, où Jupiter avait un antre sacré qui tirait son nom de la nymphe Dicté.

Dicté. Myth. gr. Nymphe de Crète. Pour échapper à Minos, qui là poursuivait de son amour, elle se jeta à la mer du haut d une montagne, et donna son nom au mont Dicté.

DICTÉE n. f. Action de dire ou de lire quelque chose qu'une autre personne écrit : Ecrire sous la dictée, il Leçon ou devoir qu'un maître dicte à ses écoliers : Recopier, Corriger une dictke.

— Fig. Inspiration, suggestion : L'Académie ne fait pas la langue ; elle en tient registre sous la dictée des hommes de génie. (Arnault.)

DICTER (lat. dictare; de dieere, dire) v. a. Prononcer à haute voix, pour que quelqu'un écrive à mesure ce que l'on dit : Dicter une lettre à son secrétaire, un devoir à des élèves.

— Fig. Inspirer, suggérer : Dicter à un homme tout ce qu'il doit dire et faire, ii Prescrire, disposer, ordonner : Dicter la loi. il Prononcer : Dicter des arrêts.

Se dicter, v. pr. Etre dicté.

DICTÉRIADE (du gr. deiktérias, ados, actrice de mime) n. f. Antiq. gr. Pantomime; comédienne; courtisane.

— Encycl. Les dictériades proprement dites étaient des actrices de mimes ou do pantomimes. Mais on désignait souvent par le même nom les joueuses de flûte et do lyre qui paraissaient dans les festins, les danseuses, même les courtisanes de bas étage, les hétaires de la dernière catégorie.

DICTÉRION (du gr. deiklêrion ; de deikmimi, je montre) n. m. Antiq. gT. Maison de prostitution : Solon fit élever un temple à la Prostitution avec les produits des dicterions gu'il avait fondés à A thènes.

DICTIÉ n. m. Littér. V. dit.

DICTILÈME n. m. Bot. Genre d'algues marines.

DICTIO DOTIS n. f. Dr. rom. Mode do constitution de dot, qui consistait dans une déclaration verbale faite sans interrogation préalable, ce qui le distingue de la promissio dotis. (De plus, cette forme ne pouvait être employée que par la feinmo qui se mariait, son ascendant f>aLernel ou son débiteur. Elle n'eut plus sa raison d'être, orsque la dot put faire l'objet d'un pacte légitime.)

DICTION (ksi'On — du lat. dictio, môme sens) n. f. Rhétor. Choix et arrangement des mots : Horace porte dans ses descriptions ctlte curiosité, cette ciselure de diction gui ne l'abandonne jamais dans ses odes. (Stc-Beuve.) ii Art ou manière de lire ou de réciter en public : Diction lourde, traînante. Diction pure, nette, incisive. It Mot, expression : Les synonymes sont plusieurs dictions fjui signifient une même cfiose. (La Bruy.) [Ce sons a vieilli. 1

— Encvcl. Le mot diction, exprimant la manière de dire, do débiter des vors, un discours, un rôle théâtral, désigne un art, dont l'instrument est un organe souple ou assoupli par le travail. Cet art embrasse un ensemble de procédés dont les orateurs et les acteurs doivent faire une étude, et qui sont ; l'articulation, la prononciation, la ponctuation, 1 intonation, la déclamation. La diction oratoire et ihéMrale peut aider le talent, mais n'y supplée pas. Les orateurs, no ^'appliquant pas assez à bien dire,

ont. en général, des vices de prononciation qui tiennent à leur pays natal, des inflexions qui naissent de mauvaises habitudes trop facilement contractées.

— Syn. Diction, élocution, style. La diction est la manière de dire; c'est le choix et l'arrangement des mots considérés au point de vue grammatical ou à celui des convenances do toute nature. L'élocution considère moins les mots que les phrases ; c'est la manière d'exprimer les pensées, considérée au point de vue de la rhétorique et de l'éloquence. Le style comprend tout à la fois la diction etVélocution, mais considérées dans un ouvrage tout entier ou même dans tous les ouvrages d'un même auteur ; c'est la diction et l'élocution habituelle, ou plutôt c'est le caractère spécial par lequel elles se distinguent et montrent le talent ou le génie de l'écrivain.

DICTIONNAIRE {ksi-o-7ièr' — \ât. dictionarium ; de dictio, onis, locution) n. m. Recueil des mots ou d'une catôç;orie do mots d'une langue, rangés soit par ordre alphabétique, soit par ordre de matières, soit par analogies, et expliqués dans la même langue ou traduits dans une autre : Le DICTIONNAIRE de l'Académie. Becueillir, définir les mots d'une langue et ert fournir des exemples tirés du bon usage, c'est le propre d'un dictionnaire. (Racine.) ii Ouvrage dans lequel on traite, par ordre alphabétique, les matières relatives à une science, à un art, à un objet quelconque, ou même à toutes les connaissances humaines : Dictionnaire encyclopédique. Dictionnaire de médecine, d'histoire naturelle. Il Ensemble des mots dont se sert un écrivain : Le DICTIONNAIRE de Comeille est très étendu. (Dans ce sens, on dit plutôt vocabulaire.)

— Fam. Dictionnaire vivant. Personne dont les connaissances sont fort étendues.

— Traduire à coups de dictionnaire, Se servir fréquemment du dictionnaire pour traduire les mots d'une langue que l'on étudie, et que l'on ne sait qu'imparfaitement.

— Encycl. L'antiquité a eu d'excellents dictionnaires, mais ils sont pour la plupart perdus. Dès le m* siècle avant J.-C, le grammairien grec Callimaque écrivait, sous le titre de Musée, un ouvrage en cent vingt livres, où les auteurs connus à cette époque étaient mentionnés, et leurs productions critiquées. Au temps d'Auguste, Verrius Flaccus composa un traité considérable, intitulé ; De significatione verborum, qui est également perdu, mais dont Pompeius Festus donna un abrégé, qui a été édité par Egger (Paris, 1838). U Onornasticon de Jules Pollux, qui professait la rhétorique à Athènes, du temps de l'empereur Commode, ouvrage précieux par les explications qu'il donne sur les acceptions diverses des mots, par les citations nombreuses d'auteurs anciens, par d'intéressants détails sur les mœurs, les institutions, la religion, a été imprimé dès 1502 et reproduit plusieurs fois. Los lexiques de Phrynicus, de Timée, d'Harpocration,d'Helladius, d'Hesychius, nous sont également parvenus et ont été imprimés au XVI' ou au xvii« siècle.

Dans la période qui sépare l'invasion des Barbares du moyen âge proprement dit, il faut signaler le Lexicon do Suidas ( xi" s.), qui est à la fois un vocabulaire, une encyclopédie, et un dictionnaire biographique ; compilation précieuse par ses citations souvent tirées d'auteurs dont il ne reste rien de plus (imprimé en 1499). Le Vocabularium de Papias, qui remonte aussi au xi' siècle, présente d'utiles renseignements tirés des lexicographes anciens, et, malgré de nombreuses erreurs, il est fort curieux, en tant qu'il reste comme un témoignag-e des dernières manifestations d'une langue qui achève de mourir. On l'a imprimé en 1476 et en 1496.

Pendant la Renaissance, les dictionnaires se firent très nombreux. Le dictionnaire latin de Calepin (Reggio, 1502) fut l'instrument de travail do beaucoup d'érudits au xvi' siècle, ainsi que le Thésaurus Ciceronianiis de Rizzoli (1537). Mais les grands lexicographes de la Renaissance furent Robert Estienno : Inesaurus linguae latinx (1532 et 1543), immense travail où les exemples sont rangés par ordre alphabétique, co qui rend les recherches plus faciles et permet de passer en revue toute la latinité, et Henri Estienne, fils de Robert, qui mit au jour, en 1572, le Thésaurus grs-cx linguas, préparé par son père, et sacrifia sa fortune à l'impression de ces cinq volumes, riche trésor ou ont puisé les philologues de tous les pays. Il nous faut encore mentionner le GÏossaj'ium ad scriptores mediœ et infime latinifatis de Du Cange (1678), ouvrage d'une prodigieuse érudition sur le latin du moyen âçe; le Glossarium ad sc7'iplores médise et infime f/nrcitatis, du même érudit(1688) ; le Grœcumlexicon mnHim/e de Hederich (1722), et le savant répertoire de Forcellini : Totius latinitatis lexicon (1771), qui fait encore autorité.

Toutes les langues, anciennes et modernes, de l'Orient et de l'Occident, du Nord et du Midi, ont leurs dictionnaires. Il y en a, de plus, un grand nombre dans chaque langue, sur toutes sortes de matières : dictionnaires scientifiques, artistiques, littéraires, biographiques, bibliographiques, tantôt embrassant l'ensemble des sciences ou des lettres ou des arts, de la biographie ou de la bibliographie, tantôt se bornant à quelque oranche particulière des connaissances humaines. Ce sont autant de dictionnaires spéciaux, dont mention est faite aux matières dont ils traitent. Nous nous contenterons de parler ici des plus importants de ceux dont la place n'est pas nettement marquée ailleurs.

1" Dictionnaire de l'Académie. C'est en 1638 que l'Académie, sur l'invitation de Richelieu, s'occupa de rédiger un dictionnaire " qui devait porter la langue à sa dernière perfection, en traçant un chemin pour parvenir à la plus haute éloquence ». Vaugclas et Chapelain en présentèrent le projet, et Vaugelas fut chargé de diriger la rédaction. L<^s noms des autours qui, seuls, pourraient être cités comme faisant autorité, furent fixés à l'avance. La première édition ne parut (|u'en 1694.

Elle offre cette particularité que les mots n'y sont pas rangés par ordre alphabétique: les principaux vocables, considérés comme k chefs de famille >•, amenaient, chacun à sa suite, les termes dérivés ou composés auxquels ils ont donné naissance. L'ordre alphabétique fut adopté dans la deuxième édition (1718), à laquelle l'abbé Régnier- Desmarais prit la part principale, et dans les suivantes, qui sont do 1740 et do 1742. L'édition do 1835 fut dirigée j»ar Morellet, Suard, Raynouard. Auger, Andrieux, Arnault et surtout Villemain, qui en écrivit la préface. La dernièro édition, qui consacra quelques changements orthographiques importants et admit environ 2.200 mots nouveaux, parut en 1877.

S» Dictionnaire de Trévoux (1704). Il fut réimprimé pour la dernière fois en 1771. C'est un dictionnaire de la langue et qui a reçu son nom de la ville où il fut imprimé pour la première fois. Œuvre des jésuites, il a pour principaux auteurs les pères Buffier, Bougeant, Castel, Ducerceau, Tûurnemine, et il ajoui longtemps d'un très grand crédit auprès des lexicographes français et étrangers. On y trouve quantité de mots anciens, que l'Académie avait bannis de son vocabulaire et qui sont utiles pour l'intelligence des vieux auteurs.

3" Dictionnaire de la langue française, par E. Littré (1877-1878). Ce remarquable ouvrage contient une nomenclature bien plus étendue que le -. Dictionnaire de l'Académie " : beaucoup de termes scientifiques, négligés par celle-ci,ontétéadmis; mais il s'en faut, cependant, que cette nomenclature soit complète, car Littré a rejeté non seulement les mots d'argot que les journalistes et les romanciers ont, cependant, fait passer dans la langue, mais presque tous les néologismes. La partie étymologique est peu développée: en revanche, les définitions difficiles au point de vue philosophique ou religieux sont formulées avec toute la science et toute la précision que l'on pouvait attendre d'un homme tel que Littré. La partie neuve, originale de ce dictionnaire, c'est, à chaque mot important, l'historique de ce mot dans l'ordre chronologique, depuis qu'on a pu en constater l'apparition ; on y voit ses formes et ses acceptions successives se dérouler au moven de citations prises dans nos anciens auteurs, de la Chanson de Roland, et du Roman de Brut à Rabelais et à Montaigne, en passant par Rutebeuf, Froissart. Joinville, les chroniqueurs et les auteurs des fabliaux. Cette partie de l'œuvre de Littré a son intérêt propre et son utilité.

4° Dictionnaire de la langue française, du commencement du xvii" siècle jusqu'à nos jours, par Arsène Darmesteter, A. Hatzfeld et Ant. Thomas (1889, gr. in-S"). L'ouvrage comprend : la prononciation figurée des mots, leur étymologie, leurs transformations successives , l'exemple le plus ancien de leur emploi, leurs sens propres et figurés, dans l'ordre à la fois historique et logique de leur développement, avec des exemples tirés des meilleurs écrivains. C'est surtout à montrer les transformations des mots que les auteurs se sont appliqués, et l'explication de ces curieuses transformations forme un traité â part, qui précède le Dictionnaire et auquel il est fait dans 1 ouvrage de nombreux renvois.

5" Dictionnaire analogique de la langue française, par Boissière, répertoire des mots par les idées, et des idées par les mots (1862).

6"» Dictionnaire universel du XIX* siècle (grand), par Pierre Larousse (1866-1876, 15 vol. gr. in-4'', 1" supplément, 1S78 ; 2' supplément, 1888). Conçu et exécuté sur le plan le plus vaste, le Grand Dictionnaire universel du XIX' siècle est à la fois un dictionnaire et une encyclopédie.

Comme dictionnaire, il est le plus complet qui ait paru jusqu'à ce jour. La partie iexicographique a reçu des développements qu'on chercherait vainement ailleurs : définitions, sens propres, sens figurés, par extension ou par analogie, sont nettement déterminés par des exemples nombreux ; chaque mot trouve son historique tout tracé par son étymologie, sa formation et les vicissitudes de sens qu'il a subies avant d'arriver jusqu'à nous. Les plus récents néologismes, l'argot même, y ont trouvé place.

Comme encyclopédie, son caractère propre est d'être, avant tout, un ouvrage de vulgarisation. Histoire, géographie, voyages, mathématiques, sciences naturelles et leurs applications, théologie, puilosophie, métaphysique, exégèse religieuse, littérature, beaux-arts, toutes les questions ont été traitées à ce point de vue avec l'étendue que chacune d'elles comporte, de façon à être mises à la portée du grand public, et à l'y intéresser. On y trouvera encore, et c'est ce qui le rend plus complet que toutes les autres encyclopédies, la définition des types sortis de l'imagination créatrice dos écrivains, les analyses de tous les chefs-d'œuvre de l'art et de la littérature, les allusions historiques, les causes célèbres, les anecdotes caractéristiques, etc. Cet ensemble si abondant et si varié fait du Grand Dictionnaire une mine inépuisable de renseignements de toute nature.

7" Dictionnaire complet illustré, par Pierre Larousse. Dès l'origine, ce dictionnaire présenta un ensemble complet. Il se composait de deux parties : l'une comprenant tous les mots de la langue, avec leur étymologie, leur prononciation, leur signification, des développements encyclopédiq^ues annexés aux principaux; la seconde consacrée à l'histoire, à la géographie, à la mythologie, à la bibliographie, aux beaux-arts, et renfermant, outre les noms de tous les personnages célèbres, la nomenclature des chefs-d'œuvre artistiques et littéraires, les types créés par les poètes, les romanciers, les auteurs dramatiques. Un vocabulaire des locutions latines et étrangères les plus usitées complétait cet ensemble. Dans les dernières éditions (l'ouvrage a été complètement refondu par Claude Auge et Maxime Petit), le plan primitif, qui était excellent, a été conservé ; mais toutes les parties ont reçu des développements considérables. Enfin, l'illustration et la cartographie y tiennent une grande place.

8" Dictionnaire historique et critique de Bayle (1696). Bayle n'avait primitivement l'intention que de compléter Moreri (v. ce nom) : il a fait une œuvre bien supérieure à celle de son devancier, une œuvre qui a marqué dans l'histoire et qui a exercé une immense influence sur la direction des idées au xviii* siècle. Dans son dictionnaire, Bayle suit une méthode à lui : considérant chaque article comme un simple sommaire, il en développe la matière, on marge ou au bas des pages, dans des commentaires très étendus et d'une érudition prodigieuse. Il y aborde, au point de vue protestant et surtout au point de vue du libre examen, une foule de questions de théologie, de philosophie et d'histoire, h' Encyclopédie de Diderot et d'Alembert était en germe dans le Dictionnaire historique et critique de Bayle.

9*' Dictionnaire philosophique de Voltaire (1764). Tous les articles n'y sont pas exclusivement consacrés à la philosophie, loin de là ; Voltaire y traite aussi bien d'histoire, de théologie, degrammaire,de physique, de littérature, etc., avec cet esprit étincelant qu'il s'avait mettre partout. Le Dictionnaire philosophique fut surtout une arme de guerre, dirigée contre le catholicisme.

— Syn. Dictionnaire, encyclopédie, glossaire, lexique, vocabulaire. Un dictionnaire est un ouvrage où beaucoup do mots, souvent tous les mots d'une lanç:ue, sont rangés suivant un certain ordre. Une encyclopédie est un ouvrage contenant seulement les mots qui se rapportent aux dif-

fôrontes branches du savoir humain ot qui fait suivre ros mots d'un articlu do fond plus ou moins d<5voloppé. lAi f/lussaira osL un diftiumiairo consacra sprtcialoniont i"" l'explication dos mots spi^ciaux, ohsc-urs, inusités ou mal connus. Le vocabulaire est un dictionuairo où cliuquo mot no reçoit qu'une explication très courte, ou bien c'est un dictionnaire où l'on no fait entrer que les mots propres à un art, à une science. Lexique no s'est dit d'abord quo des dictionnaires grecs classiques; mais, par extension, il arrive souvent (^u'on l'emploie dans toutes les acceptions du mot dictionnaire. Lo N^uuveau Larousse illustn'n'est pas un vocabulaire; mais il est à la fois un dictionuairo, un {glossaire et une encyclopédie.

DICTIONNARISER (ksi-o-iia) v. a. Classer par ordre alpliabtiti(iue ; ranger sous forme do dictionnaire : Diction- NARisKR les }>tots de ta lanç/ue.

DICTION NARISTE {ksi-0-na-risst') n. m. Autour d'un dictionnaire.

DICTON (du lat. dictum, mot, chose dite) n. m. Parole sentonciouso, devonuo populaire, ii Mot plaisant et pi- ([uant : Le satirique donne à chacun son dicton. fCe sons a vieilli.] it Mot passé eu proverbe: Dicton populaire. Il Maxime, sentence :

Arrière la morale et ses dictoTis moroses!

A. Barbier.

— Dr. anc. Dicton de jugement. Dispositif d'un arrêt.

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