CD
DI8C0RD {skor' — da lat. discors, ordis, m6me sens) adj. m. Se dit d'un instramont qui n'est point d'accord : Piano Diacuuu.
DiscordaQce.
— Par ext. Qui manque d'harmonie, de convenance, d'accord entre les parties : Appartements dans lesquels tout est discokd.
— Fig. Incohérent, inconséquent : Esprit discord.
— Syn. Discord, discordant. Ces deux mots, en musique, ne s'emploient pas de la même manière ; ils indiquent tous deux l'état de discordance dans lequel se trouvent un ou plusieurs instruments, lorsque les sons de ces instruments n'ont pas entre eux un rapport parfait d'intonation ; mais le premier s'applique uniquement aux instruments et même marque plus particulièrement l'état passif (piano, violon discord, c'esi-à-dire mal accordé), tandis que 1 antre s'étend aux voix. On dira donc un piano discord et non pas discordant, mais on dira, surtout au pluriel, des voix disco7-danles, des instruments discordants, c'est-à-dire qui ne sont pas d'accord entre eux.
— n. m. Autref. Désaccord, discorde, désunion :
Le cri de la patrie, étoufTant lea discords. Doit contre 1 étranger unir tous nos efforts.
A. GuiRJiUD.
DISCORDAMMENT (skor-da-inan) adv. Sans ordre, d'une ra<;on discordante. (Vieux.)
DISCORDANCE (skor'-danss — rad. discord) n. f. Mus. Défaut d'accord entre les sons : La discordance de deux iiistrumeitts.
— Par anal. Défaut de proportion, de convenance, d'ensemble, d'accord entre les parties : La discordance des couleurs, des monOres d'une statue, des parties d'un édifice.
— Fig. Défaut d'harmonie ; mésintelligence, discord : Les discordances égarent l'imagination et rebutent les affections. (Senancour.)
— Géol. V. la partie encycl.
~ Encycl. Géol. Il y a discordance dans les couches
géologiques, lorsque ces ^__ ■
couches no se superpo- ■:'?'/= z"\-lr^------^i^T?^.rV
sent pas régulièrement f^-" ~r~.- ; ~ --,-\- -- = ^^^ --~.^r^^^ les unes au.x autres. Il 3" " " z
est arrivé maintes fois, "^ que des dépôts se sont trouvés déplacés par les mouvements du sol, et que leur position horizontale est devenueplus ou moins oblique. Plus tard, de nouveaux sédiments se sont formés sur leurs couches redressées, mais, généralement, aplanies par la dénudation, et des assises horizontales ont recouvert les assises obliques. C'est un des exemples les plus communs de discordance.
DISCORDANT (skor'-dan), ANTE adj. Dont les sons discordent, ne sont pas d'accord : Instruments discordants. 11 Faux, qui manque de justesse, en parlant d'un son : Voix discordante. Cris discordants.
— Par anal. Qui manque d'harmonie : Vers discordants.
— Par ext. Qui manque d'ensemble, d'accord dans ses diverses parties : Des ornements discordants, ii Qui manque d'ordre et d'unité : Un plan discordant.
— Fig. Qui ne s'accorde point, qui ne s'harmonise point : Caractères discordants. Humeurs discordantes.
— Stratification discordante. Géol. Celle dans laquelle les couches d'une formation recouvrent celles de la formation sous-jacente, sans que les plans de stratification soient parallèles.
DISCORDE {skord' — du lat. discordïa, venu du préf. priv. dis, et de cor, cordis, cœur) n. f. Division, dissension, querelles produites par une opposition d'intérêts ou de sentiments : Semer, bomenter. Allumer la discorde. Apaiser, Etonner la discorde.
— Poétiq. Pomme de discorde, Sujet de division, de querelle. "V'. l'art, suiv.
— Jeux. Au jeu do l'hombre, Réunion des quatre rois dans la même main.
— Anton. Accord, concert, concorde, entente, harmonie, sympathie, unanimité, union.
— Allus. littér. : La discorde est au camp d'Agramant. V. Agkamant.
Discorde. Myth. gr. et rem. Divinité allégorique malfaisante, à laquelle on attribuait non seulement les guerres entre les peuples, mais aussi les querelles entre les particuliers et les dissensions dans les familles. Elle est déjà mentionnée chez les Grecs. Selon Hésiode, elle était fille de la Nuit, et mère de la Misère, de la Famine, des Batailles, des Combats, du Meurtre, de la Querelle, du Mensonge, etc. Mais ce sont surtout les Romains qui aimaient à personnifier la Discorde. Virgile la donne comme compagne à Mars, à Bellone et aux Furies. Jupiter l'exila du ciel, parce qu'elle ne cessait d'en brouiller les habitants. On la représente les cheveux épars, hérissés de serpents, la bouche écumante, les yeux enflammés. D'une main elle porte une torche, et de l'autre un poignard. Après avoir été exilée du ciel, furieuse de n'avoir pas été invitée dux noces de Pelée et de Thétis, elle lança dans la salle du festin une pomme sur laquelle elle avait tracé ces mots : « A la plus belle. » Paris, pris pour juge par Junon, Minerve et Vénus-, adjugea la pomme à Vénus. C'est depuis cette sentence que les querelles et les guerres se sont déchaînées sur le monde. La Discorde joue un rôle chez la plupart des poètes latins, (ifpuis Ennius, jusqu'à Claudien. On la retrouve encore chez l'Arioste, dans le Lutrin de Boileau dans la Henriade de Voltaire, et jusque chez Victor Hugo.
DISCORDER {skor' — rad. discord) v. n Se dit des sons et des instruments qui no sont pas d'accord ; Des insUmmcnts qui discordknt. || Par anal. Manquer d'ensemble, d harmonie ; faire disparate : Des couleurs gui discordent.
— Fig. Etre en désaccord, ne pas s'accorder, ne pas s'harmoniser.
DISCORT {skor' — rad. discorder) n. m. Pièce de poésie, uù les troubadours mêlaient des vers en plusieurs langues.
DISCOSAURE {sko-sor') ou DISCOSAURUS {sko-$o~rms) n. m. Paloont. Genre de reptiles énaliosanriens, famille dos jdésiosauridcs, com[)renant des plésiosaures appelés aussi cimolia.^aurms, et caractérisés par leur tète petite, leurs dents grêles, leur cou très long. (Le type du genre est le discosaurus magnus, do l'Amérique du Nord.)
DISCOSIAou DISCOSlE(ri') n. m. Genre de champignons, (le la famille des spliîcropsidccs, à périthôccs discoïdes, noires, à spores incolores, allongées, ayant un nombre de cloisons variable, généralement trois. (Parasites sur les feuilles de divers arbres.)
DISCOSOME ou DISCOSOMA {sko) n. m. Genre d'arachnides phalangides, famille des phalanpidés, tribu des opilioniués, comprenant des formes orbiculaires, aplaties» à abdomen caché dans le céphalothorax. (Les discosomes sont des faucheurs à très longues pattes égales, qui habitent l'Amérique du Sud. L'espèce type, brune, bordée de blanc, est proj're au Brésil.)
DISCOUREUR, EUSE (skou) n. Parleur, considéré au point de vue des qualités de sa parole, de sa manière de s'exprimer en parlant ou en écrivant, de l'étendue de ses discours : U7i ennuyeux discoureur. U71 beau discoureur.
— Dans certaines provinces. Sorte de barde ou de poêle qui sert de messager officiel aux amoureux.
— Adjectiv. Qui parle beaucoup, qui fait des discours : Femme discoureuse. Il Par ext. Qui se traduit en paroles: Passions discoureuses.
DISCOURIR {skou — rad. discou7's. [Pour la conjug-, V. courir]) v. n. Traiter oralement un sujet, avec quelque méthode et une certaine étendue : Discourir sur la politique. Il S'entretenir, parler : Perdre son temps à discourir. Il Tenir des propos sur le compte d'autrui ; Laissez discourir le monde.
— n. m. : Le discourir. (Vieux.)
DISCOURS Iskoiir' — du lat. disciirrere. sup. discursu7n, courir çà et là) n. m. Talent de discourir ; Avoir le discours prompt et facile. Il Ce que l'on dit on ce que l'on écrit ; assemblage de mots, de phrases dont on se sert pour exprimer ses idées : Faire de lo7igs discours. Les discours ne sont rien sans l'exemple. (Lamenn.) n Sujet de conversation que l'on développe : Je quitte un discours, on croit en être dehors, et tout d'un coup je le reprends. (M"" de Sév.) Il Propos que Ton tient en conversant : Tenir de sots discours. Être sensé, mesuré dans ses discours. Il Exhortations, conseils, réflexions, observations qui font la matière d'un entretien familier : Les lo7igs discoi'Rs de l'a7nitié. (J.-J. Rouss.) Il Elocution, façon de s'exprimer, de s'énoncer : Moins les raiso7ïncnients sont convainca7its, plus on a besoin de séduire par les grâces du discours. (Volt.) Il Vaines paroles : Payer quelqu'un en beaux discours. Il Vain bruit : Des discours me7isongers. Il Explications, raisonnements, réplique : Point tant de Discovïis ',je n'ai7nepas les raisonneu7-'s.
— Gramm. Parties du discours. Mots considérés au point de vue de leur rôle grammatical : Il y a dix parties du DISCOURS : le nom, l'adjectif, etc.
— Polit. Discours-ministre, Discours où un homme politique, en passe de devenir ministre, expose ses vues.
— Rhétor. Morceau oratoire, dont le but est de produire la persuasion dans l'esprit des auditeurs : Discours d'un avocat, d'un député. L'exorde, la péroraison d'itn discours.
Il Discours d'ouverture, Discours prononcé par un professeur à l'ouverture d'un cours public. 11 Discou7's académiq7ie, Discours prononcé devant une académie. 11 Discours de 7'éception. Discours prononcé par un membre nouvellement élu à son entrée dans une académie. |i Discours familier. Le parler familier, il Le discours écrit, Le parler tel qu'il est quand, en écrivant, on soigne son style, li Discours en ve7's, Dissertation poétique sur un sujet moral, il Composition que l'on donne dans les lycées, collèges : Discours fra7îçais. Discours latin, il Discours sur-le-champ. S'est dit pour Improvisation. 11 Traité oratoire et concis sur un sujet quelconque : Discours rfeZ>escnries sur la méthode. Discours de Bossuet sur l'histoire universelle. Discours de Buffon sur le style.
— Loc. fam. t Tenir un discours, Parler de. il Reprendre le fil de son discours, Recommencer à parler, revenir à son idée principale, après une interruption ou une digression.
Il C'est un autre discours, Ce n'est pas de cela qu il s'agit.
[| Cela est bon pour le discours. C'est une chose que I on dit, mais que l'on ne fait pas. — On dit plus souvent : Cela est bon à dire.
— Encycl. Rhétor. On nomme discours une suite de développements oratoires enchaînés avec art, avec l'intention de convaincre, de persuader ou d'émouvoir. 11 y a plusieurs sortes de discours. Les rhéteurs grecs et "romains les divisaient en trois classes : ceux du genre démonstratif, appliqués à la louange ou au blâme; ceux du genre délibé/-atif, faits pour conseiller ou dissuader; ceux du pcnre judiciaire, ayant pour objet la défense ou l'accusation. Cette antique classification ne correspond plus aux divers genres de l'éloquence moderne. Les discours prononcés à la tribune ou sur les bancs des assemblées délibérantes sont rattachés à l'éloquence politique. On y joint les discQui's de la couro7ïne, les adresses, \gs p7-ocla7nations militaires, les harangues, etc. Véloqucnce de la chaire comprend le ser^mon, Vhomélie, le prône, la conférence, le panégy7'ique, Yoraison funèb7'e. On range sous le titre d'éloque7ice du ban'eau non seulement les plaidoyers, mais aussi les réquisitoires et 1ns 7nercuriales. En dehors de ces genres, se placent les discours académiques et les discours prononcés sur la tombe d'un personnage qui vient de mourir.
Le discours oratoire se compose de six parties : exorde, proposition, nan-atiojt, preuve ou confirmation, réfutatio7i, péroraison. Ces six parties n'entrent pas toutes nécessairement dans un discours ; en outre, elles ne se présentent pas toujours dans cet ordre théorique. L'arrangement des six parties du discours est ce que la rhétorique nomme disposition, h'exorde, qui prépare l'auditeur à entendre la suite, a pour objet de se concilier sa bienveillance et son attention. La proposition est l'exposé clair et précis du sujet; quand elle est composée, il faut exposer chaque point l'un après l'autre; c'est ce qui s'appelle la division. La 7iarration est l'exposition du fait, assortie à l'utilité de la cause. La preuve ou coy\fir7nation consiste à établir les moyens sur lesquels on s'appuie, et à démontrer ce qu'on avance dans la propositipn. On la tient pour une partie essentielle du discours. Les lieux communs y occupent une grande place. La 7-éfutatio7i consiste à mettre à néant les moyens de ses adversaires. La péroraison, dernière partie du discours, a deux objets : elle achève de convaincre, ot elle persuade par 1 émotion qui s'ajoute aux preuves données.
— Hist. Discours du trône. On appelle ainsi les discours par lesquels les souverains constitutionnels inaugurent les sessions législatives. Ces discours présentent le tableau général do Ta situation, tant intérieure qu'extérieure, font connaître les intentions de la couronne, et annoncent les projets dont les Chambres seront saisies. En Angleterre» ils sont l'œuvre des ministres. En France, ils furent plus particulièrement l'œuvre des souverains, ot ils portèrent leur empreinte individuelle. Napoléon, f|ui les inaugura.
leur donna uno allure guorriôre; Louis XVIII un caractôro contro-ri^vulutionnairo. Charles X y manifesta son aversion noiir la ctuirto on on bannissant nionio lo mot. Louis-Pliilippo y manilosta son incessante préoccupation d'assurer l'accord dos doux Chambres, la satisfaction des intôrôts et la rérormo de la législation. Disparus avec la monarchie, les discours du trône reparurent avec lo second En^JU'o. L'un dos premiers, celui do 1S5'J, (it lo procès de la hborté politiiiuo et essaya do justifier les entraves apportées ù la lioorlé de la tribune et â la publicité dos débats législatifs. Lo dernier, celui do mai 1870, fut tout à fait insignifiant. ActuoUoment, le chef du pouvoir exécutif communique directomoot avec les Chamures, à l'aide do messages. V. ce mot.
— Littér. Discours acadt'miques ou de réception à l'Académie française. Olivier l'atru, qui fut admis on l(îiû ù l'Académie française, y prononça, à cette occasion, un discours do remerciement dont elle fut si satisfaite, qu'olh* imposa ensuitô à tous les récipiendaires l'obligation d'en prononcer un du mémo genre. Quelques membres de la compagnie furent, pourtant, dispensés de cette formalité, par exemple Colbort, et plus tard Maret et Regnaultde Saint-Jean-d'Angely. D'autres n'écrivirent pas eux-mônies leur discours ; Duels lit composer le sien par Thomas. Chateaubriand, désigné en 181 1 pour occuper le fauteuil laissé vacant par la mort do Marie-Joseph Chéuier, ne voulut pas faire l'éloge de son prédécesseur. Avant lui, Condorcot s'était refusé à célébrer les mérites du duc do La Vrilliôre, et avait du à cette circonstance de n'étro appelé à l'Académio qu'après nS2. Cette obligation de haranguer publiquement empêcha La Rochefoucauld de se présenter à l'Académie. Dans lo discours que le maréchal de Richelieu prononça en prenant le fauteuil do Dangeau, on trouve les fautes d'orthographe les plus extraordinaires.
Pendant longtemps, le discours de réception dut contenir l'éloge de l'académicien que remplaçait le récipiendaire, les éloges du cardinal do Richelieu, fondateur de l'Académio, du chancelier Séguier qui en fut le second protecteur, do Louis XIV, du roi régnant, et enfin de la compagnie elle-même. A la suite venait, comme aujourd'hui, 1 éloge du récipiendaire, prononcé par le directeur. Pou à peu, la monotonie et le vide qui résultaient de cette série uniforme de louanges accumulées en tit retrancher une partie. Vers le milieu du xviii* siècle, on commença à y mêler l'examen d'une question littéraire, et l'on se borna souvent, ainsi qu'il est de règle de nos jours, à l'élogo de l'académicien remplacé et à celui de l'élu.
Indépendamment des éloges, d'autres discours étaient autrefois prononcés par des académiciens, à l'ouverture des séances solennelles de la Saint-Louis, que l'Académie avait choisie pour sa fête. Le sujet fut longtemps lo même : l'utilité des académies; c'est seulement au xviii* siècle que le choix du sujet fut laissé au directeur, chargé de porter la parole en cette occasion. Les rapports sur les concours d éloquence et de poésie, sur les candidats aux divers prix, comme le prix Montyon, peuvent aussi être rangés parmi les discours académiques. Les discours académiques composés par des écrivains qui n'appartiennent pas à la Compagnie sont faits par des aspirants aux prix d'éloquence. Lo premier prix de ce genre fut fondé en 1654 par Guez de Balzac, pour récompenser un concours d'éloquence religieuse. Ce fut M"" de Scudéry qui le remporta pour la première fois. C'étaient de véritables sermons. En 1758, sur les observations de Duclos, rappelant celles de l'abbé de Saint-Pierre, l'Académie se décida à changer les sujets des concours d'éloquence, et proposa l'éloge des hommes illustres. Le premier fut celui du maréchal de Saxo; Tliomas, qui devait pousser si loin sa renommée en ce genre, remporta le prix.
Discours sur la servitude volontaire, de la méthode, sur le style, etc. V. servitude, méthodk, styi-k, etc.
— Syn. Discours, harangue, oraison. Discours appartient au langage usuel; ri s'emploie soûl aujourd'hui pour désigner, à un point de vue général, les paroles suivios prononcées en public par un orateur. Harampie et oraison se disent l'un et l'autre des discours prononcés en public par les anciens; mais harangue convient mieux quand il s'agit de la Grèce, et o7'aison quand il s'agit des Romains ; (cependant, harangue sert exclusivement pour les paroles adressées par un général à ses soldats, et oraison somblo le plus convenable quand on considère les discours sous le point do vue du mérite littéraire. On dit: les harangues do Tito-Live,de Salluste, parce qu'elles s'adressent généralement à des soldats; on dit, au contraire : les oraisons de Cicéron et de Démosthèno, quand il s'agit do les faire étudier comme morceaux d'éloquence.
DISCOURTOIS, OISE {jkou7''toi, oiz' — du préf. priv. dis, et do courtois) adj. Qui manque do courtoisie : Un homme DISCOURTOIS, li Qui n'est pas fait ou dit avec courtoisie ; Action DiscouRToisK. liefus discourtois, ii Chevalier discourtois. Se disait d'un chevalier qui manquait aux cievoirs d'honneur ot de politesse que lui imposait sa jjrofossion.
DISCOURTOISEMENT {s/iour') adv. D'uno manière discourtoise.
DISCOURTOISIE [skour, 3^— rad. discourtois) n. f. Défaut do courtoisie, manque do civilité : C'est une discourtoisie de rt'fusfr a f/ncl'iu'un un service gui ne coûte rien.
DI3COZONIUM {sko, ni-om') n. m. Genro do protozoaires radiolariens, famille dos pylodiscidés, comprenant des animalcules marins propres à l'océan Paciliquo et dont on connaît trois espèces. (L'onvcloppo cuirasséo des diseozonium est circulaire, presque hexagonale, épineuse à la périphérie, et émettant à chacun dos angles doux spiculos vigoureux. L'espèce type est lo discozonium hexagonium.)
DISGRASE n. f. Miner. Syn. do dyscrask.
DISCRÉDIT [skré-di — du préf. priv. dis, ot do crédit) n. m. Etat d'uno personne ou d'une valeur qui a pordu son crédit, ou dont le crédit a diminué : Un négociant tombé dans le discrkuit. Le discrhdit des assignats ruina beaucoup de gens.
— Par anal. Etat d'uno personne ou d'uno choso qui a perdu do son inlluenco ou de sa considération : Un ministre, un écrivain, un livre tombés dans le di.scriÎdit.
DISCRÉDITER {s/cré) v. a. Faire tomber dans lo discrédit, en jiarlant d'une personne ou d'uno valeur : // faut peu de chose pour discrkditkr un négociant. Plusieurs causes s'unirent pour discuiîihtkh les assignats. Il Par anal. Jeter la défaveur, la déconsidération sur ; DiscKiiDiTiiu les œuvres d'un artiste, une opinion, un sysléme.
Se discréditer, v. pr. Perdre do son crédit, tomT)or dans le discrédit, il Porter atteinte à, son propre crédit, à sa considération, il Nuire au crédit, à la considération l'un do
— Syn. Décréditer, décrier, etc. V. diîcrkditer.
— Anton. Accréditer.
DISCRET (skré), ETE [du lat. discernere, supin àiscrelum, dîstîorner] adj. Séparé, mis à part. (Vieux.) ii Retenu, modéré : 1» dans ses paroles : Sogez si7icère, mais discrkt; 2" dans ses actions : Il faut être discrkt quand on use du bien d'autrui. ii Qui sait garder un secret : L'homme discrkt parle quelquefois pour ne rien divulguer par son silence, {La Rochof.-Doud.) ti Par ext. Réglé par la discrétion ; en qui l'on met de la retenue : Paroles DiscRiiTES. il Qui dénote do la discrétion, do la retenue, de la mesure : Manières, J''açons DISCRÈTES. — Substaotiv. : Faire le discrkt.
— Poétiq. Qui favorise le mystère, ou no lui est pas nuisililo : une ombre discrètk. Une lueur discrète.
— Hist. relig. Vénérable et discrète personne, Titro que l'on donnait autrefois aux prêtres et aux docteurs, ii Père discret. Mère discrète. Religieux, Religieuse faisant partie du conseil du supérieur ou de la supérieure. (Se dit à caust^ du secret auquel ces personnes sont tenues.) il Père discret. Autref. Titre d'un religieux député au discrétoire ou conseil provincial de l'ordre.
— Littér. Style discret, Style qui a le caractère do la retenue, et dans lequel on évite l'ornement, le développement.
— Mathém. Quantité discrète, Expression qui s'emploie quelquefois pour désigner une quantité composée d'unités physiquement distinctes, comme des pièces d or, des grains deulé, etc., par opposition aux quantités continues, comme lo temps, la vitesse, les forces, etc., dont les unités no sont considérées comme distinctes que par un eflTort de l'esprit. Il Proportion discrète. Se dit quelquefois d'une proportion dans laquelle lo rapport du premier au second moyen n'est pas égal au rapport des antécédents à leurs
2 4 conséquents respectifs, comme la suivante : - = -. dans
laquelle - n'est pas égal à -. Dans les cas contraires, la
proportion serait dite continue. Telle est la suivante :
-= — , dans laquelle - = -.
— Pathol. Variole discrète, Petite vérole dans laquelle les pustules sont séparées et distinctes. (On le dit par opposition à variole confluentk.) il Exaiithèmes discrets, Exanthèmes dont les pustules sont isolées.
— Anton. Indiscret, rapporteur, bavard.
DISCRÈTEMENT (skrè) adv. D'une façon discrète, avec
discrétion. Il Avec retenue, avec sagesse, prudence ou à propos.
— Anton. Indiscrètement.
DISCRÉTIF, IVE [skré — du lat. discretus, distingué, mis à part) adj. Log. anc. Proposition composée, qui contient deux affirmations, dont l'une exprime la convenance, et l'autre la disconvenance do l'attribut avec des sujets différents, comme la suivante : Dieu est éternel, l'homme 7ie l'est pas.
DISCRÉTION {skré-si-on — rad. discret) n. f. Discernement : Sans réflexion et sans discrétion. (Bourd.) iVieux.]
Il Retenue, modération, sages limites : il faut mettre de la discrétion dans l'exercice de son droit. Il n'y a pas de discrétion à accepter tout ce qu'on vous offre, il Réserve, sagesse dans les actes : Il faut savoir se retirer avec nis- CHKTION, lorsqu'on s aperçoit qu'on est de trop, n Qualité par laquelle on règle, on mesure ses paroles, de façon à no parler qu'à propos : Avoir de la discrétion, dans le monde, c'est tout entendre et ne jamais rien redire. tSt-Prosper.)
11 Ri-serve (|ui empêche de violer les secrets : Sans discrétion, on n'est pas un honnête homme.
— Age de discrétion, Ago do raison.
— Conim. Discrétion des prix. Taux modéré.
— Jeux. Enieu qu'on ne détermine pas, et que lo perdant règle à sa volonté : Gagner, Perdre une discrétion.
— Loc. adv. A discrétion : i» A volonté, tant qu'on veut : Manger, Boire k discrétion. ( Vivre à discrétion. So dit particuliôrem. des soldats qui rançonnent à leur gré les habitants des pays qu'ils occupent ou qu'ils traversent); 2'» A son gré, ù. son choix: liendre quelqu'un heureux ou malheureux, k discuétion; 3*>Sans composition, sans conditions, à merci, en parlant d'uno ville, d'un poste ou d'uno troupe qui se rend. (S'emploie dans lo langage courant, dans un sens tout à fait analogue : Lorsqu'on désire, on se rend k discrétion à celui de qui on espèi^e.) [La Bruy.]
— Loc. propos. : A la discrétion de, A la volonté, à la merci, à la libre disposition do : Se mettre k la discrétion DIS gens sans conscience, n A la sagesse, à la retenue ot à la justice de : Uemettre une affaire k la discrétion d'wh homme prudent.
— Syn. Discrétion, réserve, retenue. La discrétion est lo soin avec lequel on évite do dire, ou do faire, co qui pourrait nuire à autrui ou lui déplaire. La réseri'e ei la /•(•tenue so rapportent aux intérêts ou à la dignité do la personne môme qui se les impose. Avoir do la réserve, c'est avoir do la prudence, craindre de so comprometlro : avoir do la retenue, c'est être maître do soi, no pas so laisser entraîner au del;\ des bornes.
— Anton, indiscrétion.
— Encycl. Philos. Loi de discrétion des phénomènes. On appelle ainsi uno loi cosmolo^iquo, affirmée par l'école néo-criticisto. Los mathématiciens distinguent entre les grandeurs discrètes ou discontinues et les grandeurs coiuinues. Los premières sont des collections d'unités distinctes ot semblables; oUos varient brusquement par l'addition ou le retranchement d'une ou plusieurs unités. Les secondes ont la propriété do croître ot.de décroltro d'uno manière continue, insensible. La loi do discrétion ou d(î discontinuité, appliijuéo à la réalité concrèto, signifie qiio celle-ci so compose do quantités discrètes. Elle ost radicalement opposi'-o aux doctrines do déterminisme rigoureux ot do nécessité univorsello, qui supposent absolues l'unité, la continuité et la solidarité.
DISCRÉTIONNAIRE {skré-si-o-nèr") adj. Qui ost laissé A la discrétion, qui n'est pas prévu ot déterminé par la loi, ot que, partant, on fait quand et comme l'on vont : Quoi gnon fasse, il reste toujours, dans les affaires humaines, quelque chose do disciîétionnairh. {U. Const.) (Pou usité dans lo langage commun.]
DISCOURTOIS — DISCDSSIF
— Dr. Pouvoir discrétionnaire. Faculté laissée à un magistrat d'agir, en certains cas et dans certaines limites, selon sa volonté, ot non d'après dos règles ou des lois fixes.
DI3CRÉTIONNAIREMENT (skré-si-o-nè) adv. D'uno manière discrétionnaire.
DISCRÉTOIRE {skré — rad. discret) n. m. Hist. relig. Salle d'assemblée de certains religieux ou religieuses qui composent lo conseil du supérieur ou do la supérieure do la maison, ot que l'on appelle Pères discrets. Mères discrètes, ii Ce conseil lui-mémo : 7out le discrétoire opina dans ce sens.
DISCRIMEN [skri-mên' — mot lat. qui signifie séparation) a. m. Chir. Bandage que l'on employait autrefois dans la saignée de la veine frontale, et dont un chef passait le long de la suture sagittale, divisant ainsi la tète on doux parties égales, fil était maintenu par plusieurs circulaires.) ii Discrimen au nez, Bandage en X employé pour relever le nez, lorsque cet organe a reçu une blessure transversale.
DISCRIMINANT [skri, na7i)y ANTE [du lat. discrimcn, inis, caractère distiuctifj adj. Qui établit une séparation entre deux termes.
— n. m. Algèbr. Fonction des coefficients d'une équation du second degré, qui permet do discerner si la courbe représentée par cette équation en coordonnées rectangulaires est une courbe proprement dite ou un système do deux droites, et, dans le cas de l'ellipse, si elle est réelle ou imaginaire.
— Encycl. Algèbr. Considérons l'équation du second degré :
Ax' -h 2 Bxy + Cy» -^ 2 Dj: -}- 2 Ei/ H- F = 0.
Si on la résout par rapport à y, après avoir posé :
B' — AC = m
BE — CD = n
E' — CF = p,
on a ■ V = - (B3?+E) ±/»ix' -|- 2na; +p.
Le trinôme sous le radical m.r' -I- 2nx + p joue un rôle important dans la nature de la courbe ; il a ses racines réelles ot inégales si : 7i* — mp >- o ; réelles et égales si : n' — mp = 0 ; imaginaires si : «' — mp -C 0.
Or la fonction n* — mp développée prend la forme :
C[AE> -l-CD' — 2BDE-1-F[B' — AC)].
La quantité entre crochets est le discriminant de l'équation ; ce discriminant A nous a servi (v. conique) à discuter la nature de la courbe représentée par l'équation du second degré.
Dans tous les cas où le discriminant est nul, la courbe se réduit à un système de deux droites. On peut donc encore trouver le discriminant en exprimant que l'équation du second degré peut se décomposer en deux facteurs du premier degré.
Dans le cas des coordonnées trilinéaires, les polaires des trois sommets du triangle do référence, par rapport à la conique, se coupent au mémo point quand la conique se réduit à un système de deux droites. On peut donc trouver le discriminant en exprimant quo ces trois polaires sont des droites concourantes.
Or, a = 0, fi = 0, Y = 0 étant les trois droites du triangle do référence, toute conique peut s'écrire :
aa' + 6^1 + Cï' -h 2/*;;^ + 25ï« -f 2/ja? = 0,
et les polaires des sommets du triangle de référence sont t
aa. -}- /j3 -|- j7y = 0,
Aa -^b^-V f-i = 0,
(J'^ + ft.+ Cï = û.
On exprime qu'elles sont concourantes en écrivant quo lo déterminant des trois équations est nul :
Q f c ou en développant :
abc -f 'ifgh — af* — bg* — ch' = 0, forme plus symétrique quo celle qui a été donnée plus haut.
DISCRIMINATION (skri, si-on — rad. disci'iminant) n. f.
Faculté do discerner, de distinguer.
DISCULPATION (skul', *i-on) n. f. Action de disculper quelqu'un on do se disculper : Poursuivre la disculpation d'un accusé. Il Etat d'uno personne disculpée : Souvent, la disculpation d'une personne acquittée est incomplète.
— Aston. Inculpation.
DISCULPER {skul' — du préf. priv. dis, et du lat. culpa, faute) V. a. Justifier d'une faute, en parlant d'une personne accusée ou soupçonnée : Disculper im accusé, il Justifier d'un défaut : Disculper quelqu'un d'un travers d'esprit. Il Justifier, en parlant d'un vico ou d'un acte : Disculper une action.
Se disculper, v. pr. Etre disculpé, justifié, ii So justifier, so laver d'une faute ou d'un vico.
— Anton. Inculper.
DISCURSIF, IVE (skur' — du lat. diseurrere, supin discursuni, courir çà et là) adj. Logiq. Qui a rapport au raisonnement : Fonne discursive. Faculté discursive, n Qui so déduit par lo raisonnement : liaisonnement discursif. Il Qui a lieu par lo raisonnement, qui n'est pas intuitif ; Science discursive.
— Ascét. Inquiet, agité : Passage de l'état discursif à l'état contemplatif. (Boss,)
— Philos. Méthode di.^cursive. Méthode do déduction.
— Encycl. Logiq. Di.tcursifso dit do tout procédé do raîsonnomont où l'esprit n'aperçoit' pas la vérité dirootomont. et oi"! il no l'atteint qu'après avoir examiné succossivemout, ot on les onchaînant les unes aux autres, plusieurs idées. Ainsi, déduire, comparer, sont pour l'esprit des procédés discursifs. Les connaissances discursives sont opposées aux connaissances intuitives : los unos nous donnent la vérité diroctoment ; los autres nous lu douiiout indirectomont.
DISCUS3IF (sku-sif), IVE [du Int. discutcre, supin discuS' sum, secouer] adj. Logiq. Qui appartient A lu discussion, à lu coutrovorso : Question entrée dans la phase discussiviï.