‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 729 sur 870 · DISSEMBLABLE — DISSIPER · texte numérisé non relu

DISSEMBLABLE — DISSIPER

mémo nature. Ainsi, dans pèlerin, il y a ou dissimilation du premier r de 7)erp^n>(um, sous l'inlluenco du second r, lj'ddissi7nilation est le contraire do l'assimilation.

DISSIMILER (du préf. priv.c/is, et do as5amifer)v. a. Rendre dissemblable.

— En T. de linguist., Modifier un son sous l'influence d'un autre son : Pour qu'un phonème puisse en dissimiler un autre, il faut qu'ils possèdent tous deux un ou plnsieui's éléments communs. (Graramont.)

DISSIMILITUDE (du préf. priv. dis, et de similitude) n. f. Man(|U6 de similitude, do conformité; défaut de ressemblance : La DISSIMILITUDE de deux ouvi-ages.

— Encycl. Rhétor. En rhétorique, la dissimilitude est un lieu commun propre à la preuve et aux passions, qui sert à invoquer la différence, ou plutôt la aisproportion entre deux ou plusieurs objets, soit qu'on les compare ensemble dans leur état actuel, soit que l'on compare l'état présent d'un seul objet avec son état passé. Les anciens rhéteurs appelaient la dissimilitude un argument a dissimili. Voici un exemple de dissimilitude, emprunté à Racine :

Déplorable Sioo ! qu'as- tu fait Je ta gloire?

Tout l'univers admirait ta splendeur ; Tu n'es plus que poussière, et «le cette grandeur U ne nous reste plus que la triste mémoire.

On voit que la dissimilitude peut avoir beaucoup do rapport avec l'antithèse.

DISSIMULATEUR, TRICE n. Celui, celle qui emploie la dissimulation : Ces ho7)imes vieillis dans les cours sont de

profoilds DISSIMULATEURS.

DISSIMULATION {si-on) n. f. Action ou art de dissimuler, de feindre un sentiment qu'on n'a pas, ou de donner le change sur celui qu'on a : La dissimulation est U7ie imposture 7-éfléchie. (Vauven.) il Etat, caractère de celui qui dissimule : Eti-e d'u7ie dissimulation profonde.

— Anton. Bonhomie, candeur, effusion, franchise, loyauté, simplicité, sincérité.

DISSIMULER (lat. dissimi'lare, même sens) v. a. Cacher, ne pas laisser voir, au pr. et au fig. : Dissimuler sa fortune. Les femmes fières dissimulent leur jalousie par orgueil. (H. Beyle.) il Feindre de ne pas remarquer : Dissimuler U7ie injure, il Tenir secret, cacher : Un despote habile dissimule les chaînes qu'il fait porter. (La Rochef.-Doud.)

— Rendre moins visible, moins apparent, atténuer : Dissimuler par quelque artifice les défauts d'un ouvrage. Babil qui dissimule les défauts de la taille.

Dissimuléf ée part. pass. Façonné» accoutumé à la dissimulation :

Les filles, par ma foi, sont bien dissimulées.

Molière.

— Substantiv. Personne dissimulée : Ces/ un dissimui.k.

— Anton. Comznunicatif, franc, loyal, naïf et candide, simple, sincère.

Se dissimuler, v. pr. Etre dissimulé, caché, ii Ne pas s'avouer une chose à soi-même. ii Faire en sorte de n'être pas vu ; s'esquiver ; partir à la dérobée : Sk dissimuler derrière une tapisserie. Il Se faire moins visible ; être rendu moins apparent : Ouvrage dont les défauts se dissimulent par leur originalité.

— Gramm. Après dissiynuler que, on emploie le subjonctif ; 7£ /aurfra dissimuler que «o»s en ai/ons été inforntés Après ne pas dissiinuler, on emploie l'indicatif ou le subjonctif, selon qu'on veut présenter la chose d'une manière positive ou douteuse; mais, quand on emploie le subjonctif après ne pas se dissimuler que, le verbe suivant prend ne sans qu'il y ait négation expresse dans la pensée : Je ne ME dissimule pas que cela ne soit difficile.

— Prov. uistor. : Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner, Devise de Louis XL V. qui nescit dissimulare...

— Syn. Dissimuler, cacher, celer, etc. V. cacher.

— Aston. Dire, divulguer.

DISSIPANT {pan), ANTE adj. Qui entraîne à la dissipation : Idée dangereuse et dissipante. (J. de Maistre.)

DISSIPATEUR, TRICE (rad. dissiper) n. Celui, celle qui prodigue follement sa fortune : Diderot dépensait ses idées avec l'ijisouciance d'un riche dissipateur. (L. Blanc.) n Par ext. En parlant de certaines choses personnifiées : Le jeu est le dissipateur des biens et des richesses. (J.-J. Rouss.)

— adj. : Jeune homme débauché et dissipateur.

— Syn. Dissipateur, dépensier, prodigue. V. dépensikk.

— Anton. Econome, parcimonieux.

Dissipateur (le), comédie do Destouches, imprimée en 1130, jouée en 1737 en province, et seulement on 1753 à Paris. — Destouches a imité Ti77ton d'Athènes, do Shakspeare, et a fait des emprunts de détail au Détour i7uprévu, do Regnard. Une jolie veuve que Cléon doit épouser, pour lo corriger do sa prodigalité et lui conserver sa fortune, entreprend do la lui gagner au jeu, et y réussit. Ce moyen,

aui est un peu en dehors do la morale malgré la bonté 0 l'intention et qui, en tout cas, est invraisemblable, a fait sévèrement juger la pièce par Laharpe. Le rôlo do Géronto, l'oncle avare do Cléon, est fort comique.

DISSIPATION {si-on — rad. dissiper) n. f. EvJiporation, déperdition : La dissipation des esprits anit7iaux.

— Action de faire cesser, de faire disparaître : Bemèdc pour la dissipation de la mig/'aine. il Action do prodiguer follement l'argent : Ce qui est dans les gra/tds splctidenr, somptuosité, est dissip.vtion, /b/i'e, tnep^e, chcs les particuliers. (La Bruv.) ii Vie de désordre et do prodigalité : La dissipation mène au vice.

— Distraction, inattention, indiscipline, qui empêche le travail ou le calme do l'esprit : ia dissipation e.'î/ le prop/^e des écoliers, il Récréation, amusement destiné à reposer l'esprit : Il vous faut de la dissipation. (Volt.) [Pou usité.I

— Anton. Economie, épargne, parcimonie. — Application, attention, réflexion.

— Encycl. Miiit. Le Code de justice militaire punit d'un emprisonnement de six mois à doux ans la dissipation d effets, c'ost-ù-diro lo délit commis par un militaire qui pord, vend ou donne à des étrangers, môme A d'autres militaires, les eflets d'habillement, do grand ou petit équipement, armes, munitions, otc, A lui confiés.

DISSIPER (lat. dissipare, mémo sons) v. a. Faire disparaître, faire cesser : Le soleil dissipb les nuages, il Mottro fin à : Dissiper des illusions, il Ecarter do soi : Personne qui DiftsiPE SOS a/armes.

— Distraire, récréer , divertir : La comédie dissipk

DISSITIFLORE - DISSOLUTION

l'esprit. (Peu us.) il Rendre inattentif, sans application : Il suffit d'un hanneton qui vole pour dissiper une classe.

— Disperser, mettre en déroute; Dissipée l'ennemi, des rassemblements.

— Dépenser follement, consumer en prodigalités : Dissiper sa fortune, il Employer sans utilité, perdre : Dissiper sa jeunesse au milieu des plaisirs.

— V. n. Phjsiol. Perdre par le mouvement vital : On DISSIPE par l'exercice. (Littré.)

Dissipé, ée part. pass. u Vie dissipée. Vie de celui qui se livre trop aux amusements, aux plaisirs.

— Substantiv. Personne dissipée : i\> ynariez pas votre fille à un DISSIPÉ.

— Anton. Appliqué, attentif, réfléchi, studieux.

Se d/ss/per, v. pr. Etre dissipé ; s'évanouir, ii Avec suppression du pronom se :

Elle voit dissiper sa jeunesse en regrets, Son amour eu fumée et soq bien en procès.

Racine ■

— Par est. Cesser, disparaître, il Se disperser, se débander. Il Etre consumé, gaspillé follement, il Se distraire, se divertir, se récréer. (Peu us.) il Se livrer à la dissipation; devenir dissolu, désordonné.

— Syx. Dissiper, dilapider, gaspiller, prodiguer. V. dilapider.

DISSITIFLORE (du lat. dissitus, séparé, et fîos, oris, fleur) adj. Dont les fleurs sont divisées, écartées les unes des autres.

DISSITIVALVE (du lat. dîssitus, séparé, et de valve) adj. Qui comprend plusieurs valves distinctes les unes des autres.

DISSOCHÈTE (A-èO n. m. Genre d'arbrisseaux, de la famille des mélastomacées, à feuilles entières quintinervées. à fleurs en c^'mes, habitant la Malaisie.

DISSOGIABILITÉ (si-a) n.f. Qualité de ce qui est dissociable.

DISSOCIABLE {si-abV — du préf. priv. dis^ et de sociable) adj. Qui peut être dissocié : L'hydrogène et l'oxygène de l'eau sont dissociables.

— Rem. Quelques-uns définissent ce mot : Qui n'est pas sociable ; c'est mal comprendre la portée du préfixe dis. Dans ce dernier sens, c'est insociable qu'il faut dire.

DISSOCIAL, ALE, AUX {si-al' — du préf. priv. dis, et de social) adj. Qui est contre la nature de l'homme ; qui s'oppose à la sociabilité : Bans la nature de l'homme, il existe certaines affections dissociales. (Bentham.)

DISSOCIATION (si-a-si-on) n. f. Chim. Réaction limitée qui se produit, lorsque certains corps composés sont maintenus, à une température donnée, en présence des produits de leur décomposition.

— Encycl. Chim. Le mot dissociation a été créé par H. Sainte-Claire Deville, qui, le premier, attira l'attention sur ces phénomènes : les deux leçons que le savant chimiste professa à ce sujet devant la Société chimique de Paris, le 18 mars et 1" avril 1864, font date dans l'histoire des théories chimiques modernes. Les recherches faites depuis par Debray, Isambert, Troost, Hautefeuille, Ditte, et beaucoup d'autres, ont apporté des données certaines et ont permis d'établir les lois que nous allons exposer.

Un système est dit homogène lorsque le corps composé et les produits de sa décomposition sont tous gazeux ; hétérogène, quand le corps composé est solide et que l'un, au moins, des produits do sa décomposition est gazeux.

I. Systèmes hétérogênks. Le cas des systèmes hétérogènes est régi par des lois parfaitement établies, que nous exposerons avec quelques exemples.

1» Carbonate de calcium. Expériences de Debray. Du spath d'Islande est mis dans un^ réservoir en porcelaine communiquant par un tube fin avec un manomètre, et pouvant être relié soit à une pompe à mercure, soit à un réservoir contenant du gaz carbonique. Après avoir fait le vide dans l'appareil, on chauff'e à une température constante T ; si cette température est suffisamment élevée, les cristaux perdent leur transparence et se recouvrent de chaux anhydre, tandis que de l'anhydride carbonique est mis en liberté; la pression dans l'appareil croît progressivement et atteint una valeur F, qui reste ensuite constante pendant tout le temps que la température T est maintenue invariable ; 85 ""^ à 830», 520 ""^ à 960°]. Mais, si, conservant toujours cette température T et la pression F étant établie, on extrait du gaz au moyen do la machine à mercure, une nouvelle décomposition du carbonate se produit, du gaz carbonique est dégagé jusqu'à ce que la pression F soit rétablie. Et l'on pourrait ainsi, en faisant le vide un nombre de fois suffisant, décomposer complètement le carbonate de calcium à la température T.

Cette décomposition eff'ectuée, il reste dans l'appareil de la chaux anhydre et du gaz sous la pression F. La température T étant toujours maintenue, introduisons du gaz carboniûue sous une pression supérieure à F : le gaz se combinera alors à la chaux, jusqu'à ce que la pression se soit abaissée à cette même valeur F. Il peut donc y avoir à cette température T décomposition du carbonate de calcium, ou combinaison de la cnaux et de l'anhydride carbonique : le sens do la réaction dépend de la pression du gaz carbonique.

Jl faut remarquer d'ailleurs que cette pression limite F prise par le gaz carbonique dans l'un et l'autre cas est indépendante de l'espace offert au gaz, indépendante aussi de (juantités de chaux et de carbonate en présence. La tension F est en tout point comparable à une tension maximum de vapeur; on l'appelle tension de dissociation à la température T.

2» Chlorures ammoniacaux. L'étude de la dissociation de chlorures ammoniacaux se produisant à des températures relativement basses, a permis à Isambert de généraliser les résultats obtenus par Debray ; c'est le cas des

deux chlorures d'argent AzCl3 AzH', ot AzCl-AzH*.

3* Oxyde de cuivre. L'oxyde do cuivre CuO se décompose au rouge on sous-oxyde Cu*Oet oxygène, jusqu'à ce que, dans l'appareil clos où l'on opère, la tension ae dissociation F s établisse, caractéristique de la température de l'expérience ; inversement, le sous-oxyde Cu*0, mis en préspnœ d'oxygène à cette mémo température sous une pression supérieure à F, absorbe do l'oxygène jusqu'à ce que la pression s'abaisse à F dans l'appareil.

Tube chaud et froid de Sainte-Claire Deville.

4" Efflorescenct,. i)ebray a montré qu'un sel est efflorescent ou dt^liquescent, suivant que la tension de la vapeur d'eau dans 1 atmosphère qui le surmonte est inférieure ou supérieure à sa tension ae dissociation à la température où il se trouve.

5* Dissociation des sels par l'eau. Un certain nombre de sels se décomposent au contact de l'eau, suivant des lois analogues à celles de la dissociation dans les systèmes hétérogènes. Tel est le cas du sulfate mercurique C[ui, au contact de l'eau, se décompose en sulfate tribasique jaune et acide sulfurique : cette décomposition s'effectue tant que l'eau renferme moins de 67 grammes d'acide sulfurique libre par litre ; au contraire, en présence d eau contenant pl"S de 67 grammes d'acide par litre, c'est le sulfate tribasique qui s unit à l'acide sulfurique et se transforme en sulfate neutre.

6» Les mêmes considérations thermodynamiques, qui permettent de relier la chaleur latente de vaporisation à la loi de variation des tensions de vapeur, peuvent être appliquées au cas des tensions de dissociation.

II. Systèmes homogènes. Ici, les phénomènes sont plus complexes ; nous n'aurons à citer que des expériences d'ordre qualitatif.

1" Vapeur d'eau. On sait, depuis Grove, que l'eau est décomposée par le platine incandescent. Sainte-Claire Deville a montré, le premier, que cette décomposition de l'eau n'est qu'un cas particulier du phénomène général de la dissociation.

On prend un tube en porcelaine vernissée, suivant l'axe duquel on dispose un tube plus étroit eu terre poreuse : dans l'espace annulaire circule un courant de vapeur d'eau ; dans le tube central, un courant de gaz carbonique. On porte le tout à 1.300" environ : à la sortie des deux tubes, on recueille un mélange de gaz carbonique, d'hydrogène et d'oxygène : c'est que, l'eau étant partiellement décomposée à cette température élevée, l'hydrogène libre est passé au travers du tube poreux plus vite que l'oxygène, à l'action ultérieure duquel il a été soustrait; si, en effet, on supprime le tube poreux, on ne recueille aucun gaz tonnant ; la vapeur d'eau, décomposée dans les régions très chaudes du tube, se reconstitue dans les régions plus froides.

2" Oxyde de carbone, gaz sidfureux, acide chlorhydrique, etc. Un appareil connu sous le nom de tube chaud et froid a permis à Deville de vérifier la dissociation de ces gaz. Le tube de porcelaine poreuse du système précédent est remplacé par un tube en laiton argenté, que traverse un courant rapide d'eau froide ; dans l'espace annulaire on fait circuler le gaz à dissocier :

s'il y a dissociation dans les régions très chaudes du tube de porcelaine, les particules dissociées se refroidissent brus quement au contact du tube de métal et ne peuvent réagir l'une sur l'autre. Dans le cas de l'oxyde de carbone, la surface argentée du tube est recouverte de charbon. Dans le cas du gaz sulfureux, l'argent est noirci, par suite de la formation de sulfure d'argent. Enfin, si le tube métallique est amalgamé et que l'on fasse passer un courant d'acide chlorhydriquo dans l'espace annulaire, on constate, après l'expérience, un dépôt de chlorure mercureux.

III. Applications. La conception exacte des phénomènes de dissociation permet d'interpréter un grand nombre de réactions chimiques ; telles sont : la décomposition de l'eau par le platine incandescent, la préparation du potassium par le procédé de Gay-Lussac, l'action de l'hydrogène sulfureux en excès sur les carbonates alcalins en dissolution, l'action inverse du gaz carbonique sur les sulfures alcalins dissous, etc. De même, cette théorie a permis de faire la lumière sur la constitution de diverses vapeurs complexes, sur les températures de combustion, etc.

On a expliqué la constance de la proportion de gaz carbonique contenu dans l'atmosphère par l'état de dissociation du bicarbonate de calcium dissous dans les eaux. On a même étendu au monde extérieur la théorie de la dissociation, et l'on a donné de la lenteur de refroidissement du soleil une explication basée sur les phénomènes de dissociation.

— Philos. La dissociation joue dans la vie de l'esprit un rôle aussi important que Vassociation. L'esprit débute par une synthèse vague d'impressions : c'est l'association spontanée. De cette synthèse, il sépare tel ou tel élément : dissociation. Il réunit cet élément à d'autres qu'il a également mis à part : réassociation. Il rompt cette association nouvelle par une nouvelle dissociation, et ainsi de suite. La dissociation permet seule à l'esprit de former les associations par ressemblance, qui sont bien plus importantesque les associations par contiguïté. Tandis que Spencer s'efforce de l'expliquer mécaniquement, "W. James en fait l'œuvre de l'attention volontaire.

DISSOCIER {si-é — du lat. dissociare; du préf. priv. dis, et de sociws, compagnon) v. a. Désagréger, désassocier les molécules d'un corps : Les affinités chimiques dissocient après la mort les éléments des corps organiques.

— Autref. Dissoudre une association, une société.

Se dissocier, v. pr. En parlant des molécules d'un corps, Se désassocier : Le carbonate d'ammoniaque se Dissociiî à 50 degrés environ. (L. Figuier.)

— Autref. Se séparer ; rompre son association.

DISSODON n. m. Genre do mousses, de la famille des tayloriées, caractérisé par une coifl'e en forme de mitre. iLcs dissodons croissent sur la terre humide des montagnes élevées.)

DISSOLÈNE n. f. Genre d'arbres, rapporté avec doute ;'t la famille des apocynées, et dont l'espèce type habite la Chine. fOn cultive dans les serres européennes le dissolena l'crticillata.)

DISSOLU, UEflat. dissolutus, même sens) adj. Adonné à la débauche, au libertinage : Monique pleurait Augustin. DissoLD et infecté des erreurs les plus monstrueuses. (Mass.î Il Par ext. En parlant des choses, Corrompu, impudique : Mœurs dissoldes. Vie dissolde. Chansons, Discours dissolus.

— Anton. Austère, rangé, rigide, vertueux, chaste, pur.

DISSOLUBILITÉ n. f. Qualité de ce qui est dîssoluble .- La DissoLDBiLiTÉ du sucre dans un liquide.

DISSOLUBLE (lat. dissolubilis ; de dissolvere, dissoudre) adj. Chim. Qui peut être dissous : La gomme est une substance DISSOLUBLE dans l'eau. (Vieux.) ii En ce sens, on dit plus ordinairement solddle.

— Dr. Qu'on peut rompre, annuler : Contrat dîssoluble. Union dissolubli;:.

— Anton. Indissoluble.

DISSOLUSSENT adv. D'une manière dissolue : Messaline virait dissolument. (Brant.)

DISSOLUTÉ n. m. Pharm. Produit de la dissolution d'un corps dans un liquide, il On dit plutôt soluté.

DISSOLUTIF, IVE (du lat. dissolvere, supin dissolutujn, dissoudre) adj. Qui a la propriété de dissoudre : Hemède dissolctif. (Vieux.)

— Substantiv. : Un dissolutif.

— Syn. Dissolutif, dissolvant. Le premier exprime plutôt la puissance de dissoudre ; le second, l'action de dissoudre. Cependant, aujourd'hui, on dit plus souvent, d'une façon générale, dissolvant.

DISSOLUTION [si-on — rad. dissolutif) n. f. Désorganisation d'un corps qui fait cesser la cohésion de ses molécules : Dissolution du sel, du sucre dans l'eau. \\ Résultat de cette dissolution : Employer une dissolution de sulfate de cuivre.

— Par ext. Séparation : La corruption du corps s'opère par la dissolution des parties, il Absolum. Mort naturelle.

— Libertinage, dérèglement de mœurs : Corintlte fut fameuse par son luxe et par ses dissolutions. (Fén.)

— Par anal. Décadence, corruption ; La polémique politique est le plus puissant instrumerit de la dissolution des langues. (St-Marc Girard.)

— Dr. comm. Acte par lequel une société commerciale déclare prendre fin. ii Déchéance, annulation de pouvoir : La dissolution de l'Assemblée législative, il Anéantissement, ruine : L'empire rotnaijt avait en lui, dès le temps d'Auguste, le germe de sa dissolution. (Renan.)

— Physiq. V. la part, encycl.

— Rhétor. anc. Syn. peu usité do disjonction.

— Anton. Convention. — Combinaison, synthèse.

— Encycl. Géol. Les phénomènes de dissolution ont. en géologie, une très grande importance. L'eau pure suffit pour dissoudre des rocnes comme le sel gemme et le gypse, mais l'action des eaux chargées d'acide carbonique a un pouvoir dissolvant considérable sur certaines roches et sur les calcaires en particulier. En pénétrant dans le sol, ces eaux donnent lieu au phénomène chimique de la corrosion. Les fissures des terrains calcaires s'élargissent, deviennent l'objet d'une véritable circulation souterraine et, avec l'aide de l'action érosive des eaux courantes, forent les grottes et les cavernes. Les stalactites et les stalagmites sont édifiées par les eaux d'infiltration qui avaient dissous le carbonate de chaux formé dans leur course. C'est aussi aux phénomènes de dissolution qu'est due l'altération si fréquente d'un grand nombre de roclies et de minéraux.

— Chim. Une substance solide, liquide ou gazeuse, se dissout dans un liquide, mis à son contact, quand elle dis-

f)araît dans la masse de ce liquide pour donner un tout lomogène.

Le sucre qui se dissout dans l'eau donne une dissolution sucrée qui laisse déposer, quand on l'évaporé, du sucre solide identique à celui qui a été employé en premier lieu. Le phénomène n'est pas aussi simple quand ou dissout un métal dans un acide, du fer dans de l'acide sulfurique étendu, par exemple : l'évaporation donne, dans ce cas, des cristaux de sulfate ferreux hydraté ; ces cristaux sont le résultat de l'action chimique de l'acide sur le fer. Ce cas où le dissolvant commence par réagir chimiquement, suivant des lois connues, sur le corps à dissoudre, est en réalité le plus fréquent ; auta.nt qu'il est possible d'ailleurs, on sépare avec soin du phénomène complexe les réactions cliimiques connues et étudiées par ailleurs. Malheureusement, les phénomènes de dissolution et do combinaison sont liés par une chaîne continue qu'il est impossible de rompre en un seul point [Deville) ; et même, pour les dissolutions simples, le mécanisme suivant lequel le corps se liquéfie et change d'état nous échappe.

— Dissolutions satu7'ées. Une dissolution est dito saturée quand, à la température à laquelle elle se trouve, elle renferme la plus grande quantité possible de la substance à dissoudre. (V. saturation.) En évaporant à sec un poids connu d'une telle dissolution saturée, on peut peser la substance dissoute qui reste comme résidu, et obtenir par différence le poids du liquide dissolvant évaporé. On a alors toutes les données pour calculer la quantité de solide dissoute dans 100 parties du liquide ; le nombre ainsi obtenu caractérise la solubilité du corjis à la température où s'est effectuée la saturation. — Les causes qui font varier la solubilité sont : 1" la nature des corps; 2" la température; 3° les substances déjà dissoutes.

— Dissolutions sursaturées. La solubilité diminuant en général à mesure que la température s'abaisse, si l'on a une dissolution saturée à une température T, et qu'on la refroidisse à une température t inférieure à T, une portion du corps dissous doit se déposer; c'est effectivement ce qui se passe en général. Dans certains cas pourtant, il arrive que le sel ne se dépose pas par refroidissement d'une dissolution saturée à chaud; on dit alors que la dissolution est sursaturée. V. surs.aturation.

— PhénomèJies thermiques gui accompagnent les dissolutions. Quand un corps se dissout dans un liquide, il éprouve un véritable changement d'état, une liquéfaction : il existe une clialeur latente do dissolution en tout point comparable à la chaleur latente de fusion. C'est là l'explication des abaissements de température observés lorsque l'on prépare certaines dissolutions utilisées comme mélanges réfrigérants.

il peut arriver qu'une réaction chimique s'effectue en même temps que la dissolution, et que la variation de température ooscrvée résulte de la superposition des deux phénomènes. C'est le cas du chlorure de calcium anhydre dissous dans l'eau : le sel s'unit à l'eau et la chaleur de formation de l'hydrate l'emporte de beaucoup sur sa chaleur de dissolution.

— Température de solidification et d'ébullition des dissolutions. V. CBYOSCOPIE, et ébullioscopie.

— Dissolution des gaz. Les gaz se dissolvent dans los liquides, suivant la loi expérimentale suivante : le volume d'un gaz dissous ù une température donnée dans l'unité

do volumo d'un lu|iiide, mosuré sous la pro&sion oxorci5o par lo gixz à la surface du dissolvant et à la temnôraluro 0", est uuo constante que l'on appelle lo coefficient de solubilité du gaz. Le coofliciont do solubilité dos gaz diminue en général quand la température s'élève; enlln, quand un mélange gazeux ost en contact avec un liquide, chacun dos gaz se dissout comnio s'il était soûl.

— Polit, et admin. La dissolution ost l'acte par lequel

10 pouvoir exécutif mot lin à. l'existence des assombléus législative, départemontalo ou communale.

Admis en Angleterre, non reconnu on Suisso ot aux Etats-Unis, lo droit do dissoudre la Chambre des di'puttKt a été conféré, en Franco, au président de la République par la loi constitutionnello de lévrier 1875. Ce droit osl subordonné à l'avis du Sénat, lequel no peut être dissous.

La dissolution d'un cotïseil général ne peut ôtro prononc6o que par décret. Si ollo a lieu pondant los sessions législatives, les Chambres fixent la date des élections nouvelles. Si ello a liou dans riulervalle des sessions, lo décret doit ôtre motivé.

Un conseil municipal no peut ôtre dissous également que par décret motivé, rendu en conseil des ministres, publié au « Journal officiel i>.

S'il y a urgence, le conseil peut être provisoirement suspendu par arrêté motivé du préfet, qui en rend compte au ministre de l'intérieur. La durée de la suspension ne peut excéder un mois. En cas de dissolution, une délégation, nommée par décret, remplace le conseil.

DISSOLVANT {van), ANTE n. m. et adj. Se dit de ce qui dissout, qui a la propriété do dissoudre : Substance dissolvante. L'eau régale est le dissolvant de l'or.

— Fig. Cause de désordre, de dissolution, de corruption : Les opinions, au lieu d'être la force, sont le dissolvant des armées. (Lamart.)

DISSOLVING-VIEWS {di-sol-vign-viouz') n. pi. Nom donné, en Angleterre, aux projections fondantes.

— Encycl. La projecticn amusante ou instructive était, il y a quelques années, beaucoup plus en faveur en Angleterre qu'en France, et le terme anglais fut adopté. Depuis, la projection s'est très répandue en France, et le mot français "Vues fondantes », traduction exacte de l'expression anglaise, est maintenant presque seul employé. (V. fondantes [vues].)

DISSONANCE [jianss — du lat. dissonantia, même sen^ n. f. Mus. FaiLX accord : La septième est une dissonance.

— Par ext. Manque d'harmonie dans le rapprochement de choses quelconques.

— Fig. Sauver une dissonance. Faire disparaître avec difficulté. (Peu us.)

— Gramm. Rencontre peu harmonieuse de svHabes ou de mots; cacophonie : il suffit d'avoir un peu a oreille pour éviter les oissonances. (Buff.)

— Littér. Manque d'unité dans le style ou les idées.

— Mus. V. la partie encycl.

— Peint. Combinaison de couleurs qui ne se marient pas bien ensemble.

— Anton. Consonance.

— Encycl. Mus. Dans les accords, il y a des consonances qui laissent l'oreille calme ot paisible; il y a, d'autre part , des dissonances qui affectent l'oreille d une façon presque pénible. Un morceau ne saurait se terminer sur un accord dissonant; la sensation produite surloreille serait celle d'une phrase restée inachevée ot qui n'aurait plus aucun sens.

11 y a donc, en harmonie, des consonances et des dissonances. Et, do même qu'on trouve des consonances parfaites et des consonances imparfaites, on trouve aussi des dissonances absolues ot ce qu'on peut appeler des dissonances relatives. Les dissonances absolues sont : la seconde majeure ou mineure, !a septième, qu'elle soit majeure, mineure ou diminuée, et la neuvième. Encore faut-il faire ici une distinction. Les dissonances de septième ot de neuvième devraient, en principe, être toujours préparées, c'est-à-dire entendues sous forme do consonances dans l'accord précédant celui oii elles se produisent comme dissonances. Mais, dans la pratique, il n'y a guère que la septième majeure et la neuvième qui exigent impérieusement cette préparation; quant à la septième mineure {septième de dominante) et même la septième diminuée, on les attaque très volontiers, et leur dureté très relative ost très acceptable pour l'oreille.

Les dissonances que nous appellerons relatives sont la <^uarte ot la quinte, qui, de consonances qu'elles sont à 1 état normal, deviennent dissonances lorsqu'elles subissent une altération. Ainsi, la quarte augmentée et la quinte diminuée ou augmentée sont des dissonances.

Une particularité des dissonances, c'est qu'elles doivent toujours êtro résolues, c'est-à-dire qu'elles ont une marche forcée. La quinte diminuée, los septièmes ot los nouviômos doivent toujours descendre d'un degré sur l'accord suivant, ou tout au moins rester en place, do manière à se transformer en consonances. Au contraire, la quarto augmentée doit monter d'un demi-ton, toujours do manière à devenir consonance.

DISSONANT {nan — rad. disBonerV ANTE adj. Qui forme une harmonie peu agréable pour l'oroiUo. ii Accord dissonant, Coiui qui a besoin de se résoudre dans un accord parfait.

DISSONER V. n. Faire dissonance.

DISSOBHYNCHION {Ici-on) n. m. Genre d'orchidées ophrydoos. U péngono on forme de casque, à anthôro volumineuse. (Les dissorhyachicas sont des plantes de Manille, à fleurs lancéolées et ayant lo port dos platanthères.) V r r

DISSOUDRE (du lat. dissolvere, mfimo sens : Je diasouê.

tu dissous, il dissout, nous dissolvons, vous dissohes, ils dissolvent. Je dissolvais. Point do passé déf. ; Je dissoudrai, je dissoudrais. Dissous, dissolvons, dissolvez. Que Je dissolve. Point d'imp. du subj.; Dissolvant. Dissous, dissoute) v. a. irrég. Défaire, dénouer : Dissoudru un réseau. (Vieux.) Il Opéror la dissolution d'un corps : L'eau rt^gale DISSOUT l'or. Il Dét;lai'or la nullité, invalider, révoquer : DiNSOiinui': un mariage, il Suspendre un corps po!itt(|U(' dans l'exorcico do ses fonctions, ii Annuler, rompre : DissoUDUiî une société de commerce, il Mettre Un à : Dihsoodbk les cnli-res. (V. Hngo.)

— Ruiner, au pr. ot au llç^. : Law nissoLVAiT la monarrhie par ses chiinériffues remboursements. ( MontoHfi.)

11 Anéantir par la dispersion : Dirhoudiik des coalitions.

DISSOLVANT — DISTANCIOMÈTRE

— En T. do méd-, Dégager, désobstruer : Dissoudrk un engorgement, une concrétion.

— Par anal. Transformer, môtamorphosor : L'air dissout d'autant plus deau que la température est plus élevée.

Se dissoudre, v. pr. Etre dissous : Le sucre sb dissout dans l'eau, il Avec ellipse du pronom : Faii-e mssouDKK du sucre.

— Fiç. Se résoudre en : Colère qui se dissout en larmes. Il S'art'aissor, devenir mou, perdre sa vigueur : Une chambre à poêle est un matras où se oissolvknt les ho7n7nes d'énergie. (Balz.) il Se disperser : A rm^e* qui se dis-solvent.

Il Etre séparé, rompu; se diviser : Association qui se uissoi;t. Il Etre annulé : Le mariage se iussodt par /a morf de l'un des conjoints. Il Résigner ses fonctions : Assemblée qui menace de se nrssouuRE. il Périr, être anéanti : Société qui SE dissout, n Disparaître : Toutes les guerres se dissoudront rfti«s la fraternité des races. (V. Hugo.)

— Syn. Dissoudre, résoudre. Dissoudre marque simplement la séparation des raolcculos qui étaient réunies pour former une substance. Résoudre marque, de plus, le retour à un état primitif ou lo passage à une combinaison nouvelle. L'eau dissout le sucre, et il n'y a plus do sucre proprement dit ; une tumeur se résout lorsque les humeurs qui s'y étaient accumulées retournent a la place qu'elles occupent dans l'état normal.

— Anton. Combiner, composer; convoquer, réunir.

DISSUADER (du lat. dissuadere, même sens) v. a. Persuader quelqu'un de ne pas l'aire une chose; le détourner d'un projet : Dissuader quelqu'un de partir.

Se dissuader, v. pr. Se convaincre soi-même de la nécessité do ne pas faire une chose.

— Anton. Conseiller, persuader.

DISSUASIF, IVE adj. Qui dissuade; qui est de nature à dissuader : Ai^gument dissuasif. 7îai507i5 dissuasives.

— Anton. Persuasif, ive.

DISSUASION (lat. dissuasio, môme sens) n. f. Action de , dissuader; raison qu'on emploie pour dissuader : L'orateur, dans le genre délibératif, a deux principaux objets .■ la PERSUASION et la dissuasion.

— Anto?î. Persuasion.

DISSYLLABE (du gr. dis, deux, et sullabê, syllabe) n. m. et adj. Se dit d'un mot qui se compose de deux syllabes : Mot dissyllabe. Canon est un dissyllabe.

DISSYLLABIQUE [bik') adj. Qui concerne le dissyllabe, qui a deux syllabes ; Forme dissyllabique. Vers dissyllabique.

DISSYLLABISME [bissm') n. m. Etat des langues qui ont des radicaux dissyllabiques.

DISSYMÉTRIE {tri — du préf. priv. dis, et de symétrie) n. f. Défaut de symétrie.

— Chim. V. stéréochimie.

— Encycl. Crisiall. On a donné (v. cristallographie) la définition d'un cristal hémièdre. Un exemple d'hémiédrie, signalé par Hauy, est celui que fournit le quartz. Ce minéral cristallise en prismes hexagonaux réguliers, terminés par deux pyramides à six faces. Or on remarque, dans certains échantillons, une facette plus ou moins développée, qui se trouve à l'angle d'une djes faces latérales du prisme et s'incline vers un des côtés, sans être cependant double, ainsi que l'exigerait, dans ce cas, la loi de symétrie. De plus, cette face est inclinée tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. Haiiy l'a nommée plagièdre droit ou plagièdre gauche, suivant le sens de son inclinaison.

Biot observa que, parmi les échantillons de quartz, les uns dévient dans un sens le plan de la lumière polarisée, et les autres dans Je sens opposé. John Herschel montra que les cristaux qui portent des plagièdres droits ou gauclies dévient, à droite ou à gauche, le plan de polarisation de la lumière. Pasteur montra que l'observation d'Herschel est applicable à tous les corps hémièdres (acide tartrique ot tartrates). La dissymétrie molécidaire entraîne donc la différence de polarisation rotatoire. Les corps à molécules dissymétriques sont tous des substances élaborées par la nature dans un être vivant. On no connaît encore aucune substance artilicielle douée de cette propriété.

DISTACHYÉ {diss, ki-é), ÉE — [du préf. di, ot do stakhus, épi] adj. Kot. Qui porte deux épis.

DISTAL, ALE {diss — du lat. distans, éloigné) adi. Zool. Qui est le plus éloigné (par opposition à proximaî) do la pointe de la colonie. (S emploie dans la description dos graptolithos, colonies d'hydroïdes fossiles.)

DISTANCE {stanss — du lat. distnntia, mOmo sens) n. f. Intervalle oui sépare deux points ditrérents do l'espace : Le son faiblit à mesure que les distances augmentent. Il Espacement, vide laissé entre deux choses : Laisser trop de DiSTANCK entre les boutons d'une redingote.

— Par ext. Intervalle oui sépare deux points différents dans le temps : Du siège de Troie d la naissance de Jésus- Christ, il g a ujie distance d'envii'on douze siècles.

— Fig. Différence entre les personnes ou les choses : La DisrANCB qu'il g a de l'honnête homme à l'habile homme s'affaiblit de jour à autre. (La Bruy.)

— Arcliit. Point de distance. Point où il faut se placer pour saisir tout l'ensemble d'un édifice, il En T. do perspective. Point où tombent, sur le plan du tableau, les (feux rayons visuels horizontaux inclinés à 15 degrés sur ce plan.

— Art milit. Espace laissé entre les rangs et les subdivisions d'une colonne.

— Astron. Distance angulaire de deux astres, Angle formé par los rayons visuels allant do l'oeil do l'observateur ù chacun des astres, ii Distance zénithale d'une étoile, Ant^lo formé par lo rayon visuel allant à l'étoile avec la verticale du lieu. (C'est lo complément de la hauteur.) il Distance polaire d'un astre. Arc compté sur lo corclo do déclinaison do l'astre au pôle élevé.

— Dr. Distance légale. Kloignoment on raison duquel on calcule les délais accordés pat* la justice pour se rendre à une injonction.

— Géom. Distance d'un point à une droite, Distance du point au pied de la perpendiculaire abaissée du point sur la droite, n Distance d'un point à un plan. Distance du point au pied de la perpendii-ulairo abaissée du point sur lo plan.

11 Plus ctturte distance de deux droites. V. la partie oncyci.

— Turf. Poteau de distance, Poteau autrefois placé, en Angleterre, A 240 yards, ot on France à loo mètres du poteau d'arrivée, et que los chevaux devaient dépasser pour n'Otro pa« di«tanoés. n A la distance, A environ 100 mètres du putouu d'urnvéo.

— Loc. div. De distance en distance : 1° De place en place, ici et là ; g*» De temps on temps : S'écriy'e de distance EN distance. Il A distance : l" A une certaine distance, dans un certain éloignement ; 2" Dans un temps éloigné, reculé ; après l'heure, après le moment où une chose s'est passée : Plus la postérité voit tes qrands homyncs k distance, plus elle les grandit en bien comme en mat.

Il Te7iir quelqu'un à distance : 1« Ne pas le laisser approcher : Tenir l'ennemi \ distance; 2» Lui enlever touto idée, tout prétexte do familiarité : Dans les anciennes familles, le père tenait à distance les enfants. \\ liapprochcr les distances. Combler les inégalités, niveler los positions : Le malheur uapproche les distances.

— Encycl. Arpont. Mesure des distances. Les distances se prennent sur le terrain avec lo mètre, la chaîne et la stadia, lorsque les points sont accessibles; quand ils ne le sont pas, le graphomètre, l'équerro-graphomètre, le cercle, la boussole et le sextant sont les instruments qui servent à mesurer les angles des triangles que l'on est obligé d'imaginer et do résoudre pour obtenir, par le calcul, les distances clierchées.

— Géom. Distance d'iin point à une droite, en géométrie plane.

La distance d'un point M \x, y] à une droite AB, y = ax-{- b, en coordonnées obliques, est :

S = MP = MQ sin (fl —a), MQ étant la parallèle à l'axe des y menée du point M à la droite AB, 9 et a los angles de og et de AB avec ox. Or

MQ = y ~ ax — b; et, par suite,

MP = {g~ax — b) sin (0 — a) ; d'ailleurs,

sin ot

sin (9 — a)

l'élimination de a entre les deux formules donne ()/ — ax — b) sin 9

Vi + 2a cos 6 -f- a' Distance d'un point à un plan. La distance d'un point x,y,z à un plan

Aj+ Bi/ + C: + D = 0, en coordonnées rectangulaires, est :

Ax-L By-h C;-1-D S = ■

Distance d'un point à une droite dans l'espace. La distance d'un point x,y,z à une droite

X = az + p y = bz + q, en coordonnées rectangulaires, est

f{x-az-p)* + {g-bz-q)'-\-{b[x-p]-a[y-g])\

Plus courte distance de deux droites. La plus courte distance de deux droites est la portion de leur perpendiculaire commune qui se trouve entre elles. Cette perpendiculaire commune est l'intersection des deux plans menés par l'une et l'autre droite perpendiculairement au plan de leurs parallèles menées par un même point quelconque de l'espace. Pour les deux droites

X = az -i- p x = az' +p'

y =. bz-k-q 1/ = b's' + q',

la plus courte distance, en coordonnées rectangulaires, est :

V (a — a')" -(- (6 — A')' -h (ai' — 6a')» La distance d'un point à une courbe ou à une surface so compte sur la normale menée de ce point à la courbe ou à la surface.

— Dr. En droit, la circonstance de distance est souvent prise en considération.

Il en est ainsi, tout d'abord, pour la publication des lois et des décrets : los délais de cette ipublication varient selon les distances (C. civ., art. i*"" ; décret du 5 uov. 1870).

Do mémo, sont augmentés en raison des distances les délais pour les actes de procédure judiciaire ou extrajudiciaire (C. proc. civ., art. 73 et 1033).

Dans un autre ordre d'idées, l'observation do certaines distances ost prescrite par le Code civil pour certaines constructions (art. 674) et pour l'établissement de rues directes ou obliques (art. 677 ot suiv.).

II en ost de môme, on vertu do lois spéciales ou do règlements do l'autorité publique, en ce qui concerne los établissements industriels qualifiés inco7nmodes ou insalubres, les servitudes militaires, les cimetières, etc.

— SvN. Distance, éloignement. La distance est l'espace, petit ou grand, qui sépare une chose d'une autre, sans aucune idée accessoire, l/éloignement est ce mémo espace, considéré comme mettant un objet loin do l'autre.

DISTANCER {stan-sé — rad. distance. Prend une cédille sous le c devant un A ou un 0 : Ao»« distançotts. Vous distançâtes) v. a. Turf. So dit d'un cheval qui parvient au poteau d'arrivée avant que ses concurrents soient au poteau do distance : Cheval qui distance facilt'ment ses ri^ vaux. Il Déclarer qu'un cheval sera considéré comme n'ayant pas pris part ù la course : Cheval que les commissaires ont distanck, HOKr avoir passé en dehors d'un drapeau.

— Fig. Surpasser, devancer : Ecolier qui distance tous ses camarades.

—■ ICspacer : Mosaïste qui distancb ses cubes, Distuncé, ée part. pass. Se dit d'un cheval qui a failli & nuolqu'uno dos conditions do la course, ou qui a gôné l'un de ses concurrents ; il ost, alors, réputé n'avoir pas pris part à la course.

DISTANCIOMÈTRE (si-o — do distance, ot du gr. »i('tron, mesure) n. m. Toclin. Appareil lélémétriquo, servant à mesurer les distances.

— Encycl. Il existe un certain nombre d'appareils télémétriques nommés dislanciométres. Celui du major hollandais Inook ost un instrument à double réiloxion, résolvant un triangle dont la base ost proporliounoUe A la longueur qu'on veut mesurer. Les distancinmètres Mer/, lOmmsmauu, Benodictis, musuront los distances d après l'inler*

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