‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 771 sur 870 · V. DORItiN · texte numérisé non relu

V. DORItiN

— Mus. anc. V. doriex.

— Archit. Ordre dorique. Architecture dorique ou substantiv. Dorique, Ordre d'architecture caractérisé par la solidité de ses formes et par l'absence de toute base dans les colonnes : Le premier étage de l'amphithéâtre de Nîmes appartient au dorique robuste. (Mérimée.)

— Enxycl. Archit. L'ordre dorique est le plus simple, le plus mâle des trois ordres ; il est aussi le plus ancien. Vitruve attribue son invention à Doros, fils d'Hellen. Ceux qui l'employèrent les premiers « mesurèrent, dit Vitruve, le pied d'un homme, et, trouvant qu'il était la sixième partie de la hauteur du corps, ils appliquèrent à leurs colonnes cette proportion :

quel que fût lo diamètre de la colonne à son pied, ils donnèrent à la tige, ycompris lo chapiteau, une hauteur égale à six fois ce diamètre. > Ce n'est là qn'nne légende.

Le proto-dorique doit-il être vu surtout en Egypte, dans les hypogées des Béui-Hassan (IX" s. av.

notre ère)?

Ccrtaiocs ressemblances sont indéniables; maisc'ost en Grèce seulement f|UC Tordre dorique a été appliqué dans sa perfection, Co qui lo caractérise , c'est l'absence de base : la colonne pose do fond surlcsou-

Ordrc dorique : 1. Romain; 2. Grec (temple de Piesluin).

bas.scmcnt général. Elle est ordinairement de forme conique; sur le fût sont creusées des cannelures larges, à vives arêtes, pcn profondes et terminées dans lo haut par une ligne droite. Lo chapiteau n'a point d'astragale, mais seulement un ou plusieurs filets, qui séparent Tes cannelures du tore. Celui-ci, qui se nomme échine (du gr, échina», cuvette), a une forme évasée, débordant beaucoup le fût do la colonne, et supporte une dalle carrée, sans moulures, appelée tailloir ou abaque. L'entablement olfrc le m''?me caractère de simplicité et de force ; l'architrave on est très élevée et entièrement lisse ; la frise, décorée do trifjli/p/tes (rainures verticales) et de métopes (enfoncements tantôt lisses, tantôt sculptés), en est la partie la plus riche; la corniche, enfin, présente des profils fort «impies et se distingue par les mutulea inclinées qui, selon Viiniv^, fiimnteraiont les forces do la toiture. Pour ajouter ^'' i': et do solidité, les Grecs ont réduit

I'' -ment à une dimension telle, que les

*■' toucher. Au reste, les proportions des

Doris (pêch.).

divers membres de cet ordre ont subi, en Grèce même, des variations assez sensibles. Ainsi, la diminution du fût varie du quart à la moitié du diamètre inférieur, et; au lieu de se produire suivant une ligne droite, elle est interrompue quelquefois par un léger renflement [entasis), comme on le voit dans le temple de Pœstum. La hauteur de la colonne, comparée au diamètre inférieur, varie entre 4 diamètres et 5 diamètres 3/4; la dimension des entrecoloanemonts est de 1 diamètre environ; le rapport de l'entablement à la colonne est à peu près de i à 3 ; la hauteur de l'architrave est généralement de trois quarts de diamètre ; celle de la frise, de 1 diamètre ; celle de hi corniche, d'un quart de diamètre ; celle du chapiteau, y compris l'échiné, le tailloir et les filets, d'un demi-diamètre. Le nombre des cannelures du fût varie de seize à vingtquatre. Chaque triglyphe tombe à l'aplomb du milieu de chaque colonne et du milieu de chaque entre-colonnement, excepté le triglyphe de chaque extrémité, qui se trouve rapporté à l'angle de l'entablement.

Outre ces difierences dans les proportions et les divisions, l'ordre dorique a éprouvé, en Grèce, des variations assez remarquables de caractère et de style. La frise du Parthéuoo est ornée de bas-reliefs. La plus belle application qui ait été faite de ce système d'architecture se voit à Athènes, dans les Propylées et le Parthéuon. V. Propylées, et Parthénon.

L'ordre dorique est l'ordre par excellence, celui dont les autres ordres ne ront que des émanations. Ce fut le système d'architecture que les Grecs employèrent dans le plus grand nombre de leurs monuments.

Les Romains firent subir au dorique de notables altérations : l'ordre gagna en élancement, mais perdit en force et en majesté; sa forme cessa aussi d'être pyramidale. Le chapiteau fut surtout modifié : l'échino et le tailloir devinrent moins saillants. La hauteur de l'entablement fut diminuée. Les triglyphes se multiplièrent entre les entre-coionnements. La corniche reçut une cymaise, un larmier et même des denticules ; on lui donua le tiers do la hauteur de l'entablement, au lieu du cinquième, et on réduisit en proportion inverse la dimension de l'architrave.

Autant le dorique grec est robuste, vivant et fier, autant le romain est dépourvu de fermeté, de caractère, de majesté. C'est pourtant le dorique romain, seul connu on France jusqu au milieu du xviii» siècle. La Grèce n'a commencé à être connue qu'avec le Français Leroy, et les Anglais Stuart et Revett, vers l'époque de Winckelmann. Par là s'explique notre tardive intelligence de l'antiquité.

DOFaQUEMENT [kc-man] adv. D'après les règles du dialecte dorique ; Un mot employé doriqdement.

DORIS [riss) ou DORI n. m. Pêch. Embarcation plate, légère, se manœuvrant à la godille, pouvant contenir deux hommes, et qui sert aux pêcheurs de morue à tendre et à relever les lignes sur les bancs.

D0RIS(m5)n.f.Genre de mollusques, type de la famille des durididés, ren fcrman t des animaux nus, de taille souvent assez grande, elliptiques on arrondis, avec les tentacules labiaux peu développés. (Les nombreuses espèces de doris, réparties dans toutes les mers du globe, ont été distribuées dans une trentaine do sousgenres.)

DORIS. Myth.gr. Fille r»^, „ ,„,^„ ,

de l'Océan et de Téthys. ^°''' ^""^^ '

Elle épousa son frère Nérée, dont elle eut cinquante filles, appelées les Néréides. (Le mot Doris est quelquefois employé par les poètes latins pour désigner la mer.) — Nom dune Néréide. — Femme do Denys l'Ancien.

DoRIS n. f. Planète télescopique, n*^ 48, découverte par Goldschmidt, en 1857.

DORISLAUS (Isaac), magistrat anglais, d'origine néerlandaise, né en 1595, mort en 1649. Juge de la cour d'amirauté, il rédigea l'acte d'accusation contre Charles I". Il fut assassiné à La Haye, où il était allé pour négocier l'alliauco de l'Angleterre et des Provinces-Unies.

DORISMÈNE {riss) n. f. Variété d'anémones à grandes fleurs incarnates, panachées de blanc.

DORISQUES (en lat. Dorisci), ancien peuple de la Perse, sur les limites de l'Arie, de la Caramanie et de la Drangiane. — Un, Une Dorisque.

DORITIS {tiss) n. f. Bot. Genre d'orchidées-vandées, comprenant des plantes herbacées, épiphytes à fouilles distiques, à fleurs jaunes ou rouges groupées en épis. (Les doritis développent des racines sur toutes leurs

f)arties ; on les rencontre on Cochinclnne et dans a Nouvelle-Guinée.)

— Entom. Genre d'insectes lépidoptères rhopalocères, famille des papilionidés, comprenant une seule espèce, joli papillon de l'Asie M inouro et do l'archipel grec, gris et jaune, marqué do noir et do rouge.

DORJÉ n. m. Instrument sacré du culte bouddhique au Thibct, qui représente le imdjra ou foudre du dieu Indra, tombé miraculeusement du ciel, près du monastère do Sera, où il est conservé.

— Encvcl. Lo (?or/^ est l'arme par excellence pour combattre et détruire les démons, ot, par ' suite, lo talisman le plus efficace pour obtenir le bonheur et so préserver du malheur. On lo voit dans les mains de lilusieurs Bouddhas ot Bodhisattvas, do tous les dieux chargés do lutter contre les démons. Le prêtre officiant l'a toujours à sa portée.

DoRjELING [Place du Dorjé), ancien monastère, ainsi nommé ù cause d'une légende, analogue à colle de Sera, relative à un dorjô ou vadjra tombé du ciel, qui a donné son nom à lu capitale du royaume do .Sikhim, près do laquelle se voient encore ses ruines. —Les Aaglais on ont fait DfirJlcliiKj.

DoRKiNG, ville d'Angleterre (comté de Surrey), sur le Mole,allluent do la Tamise; 11.000 hab. Carrières de cal-

Caire, production et exportation de chaux. Villas et maisons de plaisance aux environs.

Dorking {la Bataille de). V. Bataille dk Dorking.

DORKING {dor-kingh' — de Dorking, bourg d'Angleterre) adj. ?Sc dit d une race do poules et de coqs que distingue un doigt supplémentaire.

DORLÉANS (Louis), noète, jurisconsulte, écrivain satirique français et l'un des plus violents ligueurs, né en 1542 à Paris, croit-on, mort en 1G29. Il suivit la carrière du barreau, joua un rôle important pendant la Ligue, et devint avocat général pendant l'administration de Mayenne. Il fit, contre Henri de Navarre et les protestants, plusieurs pamphlets qui eurent un grand éclat, entre autres; Âvcrtissemetit des catholiques anglais aux catholiques français (158G); Second avertissement des catholiques anglais (1590), qui fut brûlé sur la place Maubert, par la main du bourreau. Après l'entrée de Hoiri IV à Paris (1593), il passa neuf années en exil, puis finit par obtenir son pardon et écrivit un panégyrique du roi.

DORLÉANS ou D'Orléans (Pierre-Joseph), jésuite et historien français, né à Bourges en 1614, mort à Paris en 1698. Professeur distingue et prédicateur éloquent, il a composé plusieurs ouvrages d'histoire , remarquables par leur précision et leur exactitude. Voici les titres des plus importants : Uistoire des r^^voliitions d'Angleterre [l693); Histoire des révolutions d'Espagne, continuée par les PP. Rouillé et Brumoy (1734).

DORLISHEIM, village d'Alsace-Lorraine (Basse-Alsace

[cercle de Molshcim] ) ; 1.740 hab. Très vieille localité, vestiges gallo-romains. Eglise des xi-xii' siècles.

DORLOT n. m. Etliol. V. dorelot.

DORLOTER (du vx fr. dorelot) v. a. Traiter, soigner avec une certamo délicatesse mignarde : Dorloter un enfant.

— Fig. Adoucir, calmer ; Dorloteïl le chagrin de quelqu'un.

Se dorloter, v. pr. Se traiter délicatement, se donner des soins minutieux, so livrer à une paresse douillette. Il Se parer, saltifer.

DORLOTINE n. f. Longue dormeuse, sur laquelle on peut se coucher.

DoRMAGEN , bourg d'Allemagne ( Prusse-Rhénane [cercle de Neuss]), près du Rhin; 2. 200 hab. Sucrerie, brasserie; fabrication de cigares.

DORMAILLER {}na-ill-é [Il mil.] — rad. dormir) v. n. Dormir à moitié. (Fam.)

DORMAN n. m. Pêch. Nom vulgaire de la torpille.

DoRMANS, ch.-I. de cant. de la Marne, arrond. et à 24 kil. dp:pernay, sur la Marne; 2.231 hab. Ch. de f. Est. Source minérale. Eglise des xu% xm*, xiv* siècles. Victoire du duc Henri de Guise sur une troupe do reîtres allemands, d'arquebusiers français et de gens d'armes, que Thoré, frère du maréchal de Montmorency, conduisait au secours de François d'Anjou, passé aux calvinistes. C'est en poursuivant les vaincus que le duc reçut à la mâchoire gauche une balle d'arquebuse, d'où son surnom de Balafré (1575). Patrie du cardinal Jean de Dormans et de l'architecte Ledoux. — Le canton a 16 comm. et 10.913 hab.

DoRMANS (Jean de), cardinal français, no à Dormans (Champagne), mort à Paris en 1373. Avocat au parlement, il fut chancelier et garde des sceaux sous les rois Jean le Bon et Charles V. En 1370, il fonda, à Paris, lo collège dit » de Beauvais « . — Son frère, Guu.laume de Dormans, mort également en 1373, et son neveu, Miles(ouMilon) de Dormans, mort en 1387, furent successivement chanceliers do France après lui. — Un autre de ses frères, Michel de Dormans, fut évèque d'Amiens, cardinal et contrôleur des finances sous Charles V. A la fin de sa vie, Michel de Dormans se retira à Avignon, où il remplit difiTérentos charges à la cour pontificale. (Cette famille était issue d'un procureur au parlement de Paris, père du cardinal.)

DORMANT [man) n. m. Techn.

Sorte de châssis, portant les diverses pièces qui servent pour les

fonctions d'une fenêtre, d'une porto. A, dormant (menuis.). il Sorte de panneau vitré, placé audessus d'une porte, d'une fenêtre, pour donner plus de jour à l'intérieur d'une pièce, il Nom donné aux barreaux des grilles, dans" les fours de verrerie, il Dormant de table, Fia

Dormant de table. •

toau couvert de pièces de cristallerie, et que l'on place au centre d'une table, dans un dîner d'apparat.

— Archéol. Pièce de renfort do la quille, dans les galères du xvi" au xviii* siècle.

- Mar. Extrémité fi-xo d'une manœuvre : Le dormant du bras, de la balancine. n Faire donnant, Fixer le dormant d'un cordage.

DORMANT {man), ANTE adj. Qui dort, qui se livre au SDiiiniril : L'hommr dokmant n'a qu'un svntimcnt vague de

A, dorniaats (mar.).

son e.rislencc. Il Par oxt. Immobilo, tnii no coulo pas, on

parlant Uos oaux : Les eaux nouMANTiis sont mcilleurrs

pour les chevauw que les eaux vives.

(lîutf.) — Fig. à'au iloi'mantc, Ob-

jot quokonquo privé d'action, do

mouvoniont. — Pcrsouno sour-

Doiso, on dessous, ou sa us activité.

— Fif^. (^ui est dans une sorto d'atonio : Des sens encore dormants.

— Dr. Verre doi^mant, Lutarno vitri'o par laquollo on a lo dcoit do prcM'lro du jour sur lapropru lo voisiiio, mais qui no doit jamais s'ouvrir.

— Mar. Manœuvres dormantes, Cordages placés à poste fixe dans la mAturo, par opposition à MalUL'uvros courantes : Les haubans, galhaubans, étais, sont des manœuvras dormantcs.

— Péch. Ligne dormante. Ligne établie dans l'eau et ijue lo pêcheur no tient pas à la main, il Ou dit aussi lignk dk

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